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nouveau cabinet, qu’il avait été lui-même chargé de former (6 septembre), signala son administration par des mesures de clémence et de conciliation, et fit rendre une loi d’amnistie (8 mai 1 8 :i7 ), mais prêta le flanc à ses adversaires en ordonnant l’évacuation d’Ancône et de la Belgique, et vit se former contre son administration une coalition formidable, à la tête de laquelle se placèrent MM. Guizot et Thiers. 11 déploya beaucoup de talent et d’énergie en repoussant pendant plusieurs mois toutes les attaques; mais, voyant la majorité lui échapper, se décida à se retirer le 8 mars 1839. Il n’en conserva pas moins toute l’affection de Louis-Philippe , qui peu auparavant était allé le visiter dans sa terre de Champlâtreux. En 1840 il fut élu , à l’unanimité moins une voix , membre de l’Académie française; en 1848 et 1849, il fut élu représentant à l'Assemblée nationale, mais il se tint constamment dans l’ombre. Par la dignité de son caractère, par l’exquise distinction de sa personne, de ses manières et de sa parole, M. Molé est un des hommes qui représentaient avec le plus d’honneur l’ancienne société française. En lui s’est éteint un des plus grands noms 5e la magistrature ; il n’a laissé qu’une fille, Mme de La Ferté. Outre les Essais , on doit à M. Molé un Éloge de Matthieu Molé et de nombreux Discours politiques et académiques. Il a laissé des Mémoires , dont la publication est annoncée. M. de Falloux, son successeur à l’Académie française , a fait son Éloge dans son discours de réception (1857).
MOLITOR (Gabriel), maréchal de. France, né en 1770 à Hayange (Moselle), mort à Paris en 1849. Il s’enrôla au début delà Révolution, fut dès 1791 nommé capitaine, commanda une des colonnes ui vainquirent à Weissembourg, devint général e brigade en 1798, après avoir été blessé sous Mayence ; seconda puissamment en Suisse Masséna dans sa lutte contre Souvarow, et battit les troupes russes et autrichiennes dans les combats de Schwitz, de Muttenthal et de Glaris ( 1 7 99 ) : à cette dernière affaire, sommé de se rendre par des forces bien supérieures, il répondit : « Ce n’est pas moi qui me rendrai, ce sera vous; » et en effet, il força l’ennemi à mettre bas les armes. Il commanda en 1800 le passage du Rhin, qu’il effectua le premier à la tête d’une compagnie de grenadiers sous le feu de l’ennemi; fit 3500 prisonniers à Stockach , enleva de vive force Mœskirch , reprit Feldkirch, qui était la clef du Tyrol, et fut en récompense élevé au grade de général de division. Il se signala également en 1805 à l’armée d’Italie , notamment à la bataille de Caldiero , où il assura la victoire en contenant avec sa seule division toute l’aile droite de l’archiduc Charles. En 1806, il occupa la Dalmatie avec trois régiments seulement , et réussit , par un prodige d’audace, à débloquer Lauriston enfermé dans Raguse, en dispersant avec 1670 hommes 11000 Russes et Monténégrins. Chargé en 1807. et 1808 du commandement de la Poméranie, il poursuivit les Suédois jusque sous les murs de Stralsund, et entra le premier dans la place, ce qui lui valut le titre de comte avec une dotation de 30 000 fr. Il eut une grande part aux victoires d’Eckmuhl, d’Essling , de Wagram , et s’empara de l’île de Lobau (1809). Mis à la tête de l’armée d’occupation des villes hanséatiques (1810), puis de la Hollande (1811), il tint jusqu’au dernier moment. Il fit d'admirables, mais d’inutiles efforts à 1& Chaussée, à Châlons, à la Ferté-sous-Jouarre. Quelque temps disgracié par les Bourbons pour avoir acbepté du service aux Cent-Jours, il fut cependant appelé en 1823 au commandement du 2e corps de l’armée d’Espagne; à la suite de cette
campagne, il fut élevé à la dignité de maréchal de France et à la pairie. Il occupa dans ses dernières années le poste de gouverneur des Invalides, puis de grand chancelier de la Légion d’honneur.
MOLLEVAUT (Ch.), né en 1776 à Nancy, mort en 1844, était fils d’un avocat de Nancy qui fut membre de la Convention et du Corps législatif. D’abord professeur aux écoles centrales, puis au lycée de Nancy, Ch. Mollevautse fit connaître de bonne heure par des traductions d’auteurs anciens, qui le firent admettre en 1816 à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il a traduit en vers : les Amours d’IIéro et Léandre de Musée; les Odes d’Anacréon; un choix d [Ovide, de Tibulle , de Properce , de Catulle ; l'Enéide et les Géorgiques de Virgile; en prose ; Salluste , Virgile , la Vie d’Agricola de Tacite. On a aussi de lui de nombreuses poésies originales : Eloge de Goffm, 1812; Élégies , 1816; les Fleurs , en quatre chants, 1818; Chants sacrés , 1824, et nombre de pièces de circonstance, dans lesquelles il loue alternativement Napoléon et les Bourbons. Ses premiers travaux avaient du mérite, son Tibulle surtout; mais il ne sut pas s’arrêter, et ne cessa de produire des œuvres de plus en plus faibles.
MOLLIEN (Franc. -Nie.), habile financier, né en 1758 à Rouen , mort en 1850 à Paris, était en 1789 attaché aux fermes générales. Après avoir rempli divers emplois dans les finances , il fut nommé par l’Empereur ministre du Trésor en 1806, conserva cette haute position jusqu’en 1814, y fut rappelé aux Cent-Jours, puis rentra dans la vie privée. Il avait puissamment contribué à rétablir l’ordre dans l’administration et à créer notre organisation financière : Napoléon, en récompense, le fit comte de l’Empire. Louis XVIII l’appela en 1819 à la Chambre des pairs, dont il fut une des lumières. Le comte Mollien a écrit des Mémoires , imprimés en 1845 sous ce titre : Mémoires d’un ancien ministre du Trésor public , où il expose et développe les doctrines financières qui ont présidé à son administration.
MONCEY (Adrien), duc de Conégliano , maréchal de France, né en 1754 à Moncey, près de Besançon, mort en 1842, fils d’un avocat au parlement de Franche-Comté , s’était engagé à quinze ans, et était capitaine en 1791. Envoyé en 1793 dans les Pyrénées à la tête des chasseurs cantabres , il s’y distingua tellement qu’il devint en peu de temps général de brigade, puis général de division. Nommé, malgré ses refus, général en chef de l’armée des Pyrénées -Occidentales (1795) , il prit Fontarabie , le port du Passage , Saint-Sébastien, fit deux mille prisonniers à Villanova, soumit le Bastan , la vallée de Roncevaux , où il détruisit une pyramide qui consacrait un souvenir injurieux pour la France, et força l’Espagne à demander la paix (1796). Dans la 2e campagne d’Italie (1800), il franchit le St-Gothard , s’em para de Bellinzona, de Plaisance, se distingua au combat de Roveredo et occupa la Valteline. Inspecteur général de la gendarmerie en 1801 , il rendit dans ce poste de grands services au premier Consul en déjouant les plans des conspirateurs ; aussi fut-il en 1 804 compris dans la première promotion de maréchaux et nommé sénateur; il reçut peu après le titre de duc de Conégliano. Lorsque éclata la guerre d’Espagne, Moncey, envoyé de nouveau sur le théâtre de ses premiers exploits, battit les insurgés de Valence au défilé d’Almanza(1808) , et contribua à la prise de Saragosse(1809); mais il cessa, pendant les dernières années de l’Empire , de prendre part à des guerres qu’il désapprouvait, et ne reparut qu’en 1 8 14, pour tenter, comme major générai de la garde nationale , de défendre les murs de Paris (30 mars) ; il