ROGE
grande partie, ses progrès. On a de lui un Essai sur l instruction publique (1819) , le Code universitaire (1827 et 1846), ouvrage d’une utilité pratique; De l’instruction secondaire (1842) ; et, dans un autre ordre d’idées, des Considérations sur le prêt à intérêt , un Traité de morale et une Traduction des Psaumes. — Un de ses fils, M. E. Eugène Rendu, aujourd’hui inspecteur général de 1 instruction publique , s’est aussi occupé avec succès des questions d’enseignement: on lui doit, entre autres écrits, utiT Manuel de V Enseignement primaire , devenu classique. — Un cousin d’Ambroise, Louis Rendu, 1789-1859, fut nommé évêque d’Annecy après avoir été longtemps professeur à Chambéry. C’était un savant distingué : on lui doit une Théorie des glaciers des Alpes et une Théorie de la marche desvents. — Une cousine des précédents, Marie-Jeanne Rendu, 1787-1856, en religion sœur Rosalie, de l’ordre de St-Vincent-de-Paul, s’est rendue célèbre par sa charité et son dévouement. Fixée dans un desquarliers les plus pauvres de Paris, elle y était pour le peuple un objet d’amour et d’enthousiasme. En 1852 le prince président lui fit porter la croix de la Légion d’honneur.
RENÉE (Amédée), littérateur, néàCaen enl808, mort en 1859, s’essaya d’abord dans la poésie, puis se consacra à des travaux historiques et à la politique, fut élu en 1852 député du Calvados, et chargé en 1857 de la rédaction en chef du Constitutionnel et du Pays. Gendre de Sismondi, il termina Y Histoire des Français de cet écrivain et en fit paraître en 1844 le 30e volume ( Louis XVI). On lui doit en outre la traduction des Lettres de Lord Chesterfield (1842) et de YHistoire de Cent ans de Cantu (1852), et trois ouvrages originaux, qui se recommandent à la fois par la nouveauté des recherches et l’agrément des récits: Les Nièces deMazarin (1856 ), Madame de Montmorency (1858) , La grande italienne, Mathilde de Toscane ( 1859).
RENOUARD (Antoine-Augustin), bibliophile, né à Paris en 1765, mort en 1853, était fils d’un fabricant d’étoffes de gaze et suivit d’abord la profession de son père; mais , entraîné par son goût pour les livres, il se fit libraire et imprimeur après avoir été simple amateur, et donna, à partir de 1792, une série d’éditions des meilleurs ouvrages latins et français qui toutes se distinguent par l’élégance et la°correction , et dont plusieurs se recommandent par les gravures dues au burin des Moreau, des Desenne, des Prudhon , des Saint- Aubin : ses éditions portent pour marque une ancre surmontée d'un coq , symbole de leur mérite solide et de la vigilance qui a présidé à leur exécution. On doit à Renouard d’excellents travaux bibliographiques : Catalogue de la bibliothèque d'un amateur, 1819; Annales de l'imprimerie des Aides , 1825; Annales de l'imprimerie des Estienne, 1837 et 1843. Maire d’un des arrondissements de Paris en 1830, M. Renouard rendit de grands services dans les moments les plus difficiles. — M. Augustin-Charles Renouard , son fils aîné, né en 1795, d’abord avocat, auj. conseiller à la Cour de cassation et membre de l’Institut, s’est fait connaître par des ouvrages de droit fort estimés , notamment par ses Traités des Brevets d'invention , — des Droits d' Auteurs , — des Faillites.
RITTER (Karl), . géographe, né en 1779 à Quedlinbourg (Saxe prussienne), m. en 1859, fut d’abord précepteur de jeunes gens riches, avec lesquels il visita une partie de l’Europe, puis remplaça Schlosser comme professeur d’histoire au collège de Francfort, fut appelé peu après à l’Université de Berlin et devint professeur, puis directeur des études à l’École militaire de cette ville. Créateur de la géographie scientifique, il avait entrepris, sous le titre de Géographie dans son rapqwrt avec la
nature et l'histoire de l'homme, un grand ouvrage qui devait offrir la description du globe envisagé sous toutes ses faces. Il en avait donné, de 1817 à 1818, à Berlin, une lre édition, qu’il trouva imparfaite; il le refondit dans une 2e édition qui, commencée en 1822, n’était pas terminée à sa mort, bien que comprenant déjà 17 volumes : il n’avait pu y traiter encore que Y Afrique et Y Asie. La lre partie de cet ouvrage a été trad. en français par MM. E. Buret et Ed. Desor, 1836. Ritter avait publ . dès 1 807, à Francfort, un Tableau de l'Europe.
ROBIQUET (Pierre), chimiste, né à Rennes en 1780, mort en 1840, entra fort jeune d^ns une pharmacie de Lorient, fut successivement attaché au service de la marine et des armées, vint se perfectionner à Paris sous Fourcroy et Vauquelin, fut nommé en 1811 professeur à l’École de pharmacie, devint l’administrateur de cet établissement où il introduisit de grandes améliorations , fut décoré en 1830 à la demande de ses élèves, et admis en 1834 à l’Institut. Ce savant découvrit plusieurs principes chimiques importants : l’asparagine (1805), la cantharidine (1810), la caféine (1821), Yalizarine et la purpurine, principes colorants de la garance (1826, 1827 ), Yorcine et le variolarin (1829), Yamygdaline (1830), la codéine et Yacide mc'conique (1834). On lui doit de précieux mémoires , dans les Annales de physique et de chimie, le Journal de pharmacie , et le Recueil des savants étrangers. M. A. Bussy a prononcé son Eloge devant la Société de pharmacie (avril 1841).
ROCHETTE (Raoul), archéologue , né en 1789 à Saint-Amand(Cher) , mort en 1854 , fut d’abord professeur au lycée Louis-le-Grand , remporta en 1813 un prix à l’Institut pour un Mémoire sur les colonies grecques , fut nommé en 1815 maître de conférences à l’École normale et admis dès 1816 à l’Académie des Inscriptions, et remplaça en 1820 Quatremère comme professeur d’archéologie ; il fit partie en 1828 de la commission scientifique envoyée en Morée, fut élu en 1838 membre de l’Académie des Beaux-Arts et bientôt après secrétaire perpétuel de cette compagnie. Il avait épousé fort jeune (1810) la fille du célèbre sculpteur Houdon , artiste dont le commerce l’avait familiarisé de bonne heure avec les beaux-arts. Outre YHistoire des colonies grecques , on a de lui : Monuments inédits d’antiquité figurée, 1828; Peintures antiques inédites , 1836; Lettres sur la Suisse , plusieurs fois réimprimées; Cours d’archéologie , publié , d’après ses leçons , par la sténographie , 1828-1835, de nombreux mémoires et d’intéressantes Notices sur plusieurs membres de l’Académie des Beaux-Arts. En outre , il concourut à la traduction de l'Italie avant la domination des Romains par Micali (F. ce nom). Lespremiers écrits de Raoul Rochette , faits trop vite, n’avaient pas été à l’abri des objections; mais, avec le temps et le travail, il était devenu un antiquaire de premier ordre et un excellent critique.
RODE (Pierre), violoniste, né à Bordeaux en 1773, mort en 1830, n’avait pas 13 ans quand il fut présenté à Viotti, qui, charmé de ses dispositions, se chargea de le former. Il fut appelé au Conservatoire dès la fondation, et y créa l’enseignement du violon ; il était en même temps nommé premier violon de la musique du premier Consul. Il obtint de grands succès dans toute l’Europe et se fit remarquer par sa bienfaisance autant que par son talent. Il a écrit une méthode de violon pour le Conservatoire (avec Baillot) et a composé des morceaux de musique fort estimés.
ROGER (François), littérateur, né en 1776 Langres, mort à*Paris en 1842, était fils d’un receveur des dîmes. Il entra par nécessité dans l’administration, et cultiva les lettres par voca-