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soutint , de concert avec lui , dans le Journal des Débats , une polémique vigoureuse contre la politique de M. de Villèle; fut nommé conseiller d’Ëtat sous le ministère Martignac (1827), mais se retira de nouveau à l’avénement du duc de Polignac et fit dans la presse de vains efforts pour prévenir une catastrophe ; se rallia , mais un peu tard, à la révolution de 1830, fut élu député de l’Eure en 1832; reçut en 1837 le portefeuille de l’instruction publique dans le ministère conciliateur de M. Molé, fut nommé en sortant ambassadeur à Macfrid, puis à Turin, et fut appelé de nouveau, en 1845, au ministère de l’instruction publique , où il resta jusqu’à la révolution de 1848. Il rentra depuis dans la vie privée, mais n’en fut pas moins, dans sa retraite, un des plus actifs promoteurs du projet de fusion entreles deux branches de la maison de Bourbon. D’un caractère loyal, généreux, chevaleresque, M. de Salvandy eut beaucoup d’amis et sut se faire estimer de ses adversaires mêmes. Comme ministre, il a laissé les meilleurs souvenirs : il tenta de restaurer l’Université impériale , reconstitua le Conseil de l’instruction publique en 'ajoutant aux conseillers titulaires des conseillers ordinaires, améliora le sort des membres du corps enseignant, créa plusieurs chaires, que le progrès de la science avait rendues nécessaires, tenta de rapprocher l’Université et le clergé , et favorisa constamment les gens de lettres. Outre Alonzo , il a publié une Histoire de la Pologne avant et sous J. Sobicsky ^1829); mais il s’est surtout fait remarquer par ses articles de journaux et ses brochures politiques , dans lesquels on rencontre, avec une abondance inépuisable, l’aliiance si difficile de la modération de la pensée et de la vivacité de l’expression. Il fut reçu à l’Académie française en 1835. M. D. Nisard, dans le Dictionnaire de la Conversation, M. St- Marc Girardin, dans le Journal des Débats, ont fort bien apprécié son caractère et son talent.

SANÉ (le baron), habile constructeur de vaisseaux, ne à Brest en 1754, mort en 1832, se lia avec Borda, travailla de concert avec lui à perfectionner la construction navale et mérita d’être , surnommé le Vauban de la marine. Après avoir exercé longtemps comme ingénieur, il fut nommé directeur du port de Brest, puis inspecteur général du génie maritime. Il avait été élu, sur la proposition de Napoléon lui-même, membre de l’Institut (section de mécanique). Parmi les navires construits par lui, on admire surtout le vaisseau V Océan, le plus élégant et le meilleur voilier de l’Europe , et la Ville de Paris. Une frégate à vapeur avait reçu son nom.

SAN-MARTIN ((ion Juan), un des héros de l’Amérique du Sud , né vers 1780 dans la Plata près des Andes, mort en 1851, servit d’abord en Espagne contre l’invasion française et parvint au grade de colonel. Il quitta l’Espagne après la dissolution des Cortès par Ferdinand VII , se rendit à Buenos-Ayres, se joignit aux insurgés, qui l’élurent général, franchit les Cordillères pour pénétrer dans le Chili, et assura l’indépendance de cette contrée par les victoires de Chacabuco et de Maypo (1818). 11 marcha ensuite sur le Pérou, prit Lima en 1S21 , et prépara les succès de Bolivar; pour prévenir l’effet d’une fâcheuse rivalité avec cet illustre général, il réunit son armée à la sienne, lui céda le commandement et quitta l’Amérique. Il vint en 1822 se fixer en France , et y passa dans la retraite le reste de ses jours.

SAVIGNY (Fréd. Ch. de) , jurisconsulte, né en 1779 à Francfort-sur-le-Mein , mort en 1861, professa successivement le droit à Marbourg, à Landshut et, depuis 1810, à Berlin, fut nommé en 1811 membre de l’académie de cette ville,

devint en 1816 conseiller intime de justice et reçut en 1842, avec le titre de ministre d’Élat, le portefeuille de la justice; il renonça aux affaires lors des troubles de 1848. L’un des chefs de l’école historique, Savigny approfondit surtout l’étude du droit ancien et de ses rapports avec le droit moderne. On lui doit trois grands travaux (en allemand) : le Droit de possession ( 1803) , Histoire du Droit romain au moyen âge (1815 et ann. suiv.) , Histoire du Droit romain actuel (1840). Il rédigea depuis 1815 le Journal de Jurisprudence.

SAXE-GOBOURG (Albert de). V. Albert.

SCIiADOW (Jean-Godefroi), sculpteur prussien, né en 1764 à Berlin, mort en 1850, ét:*it fils d’un pauvre tailleur. Son talent pour le dessin s’étant manifesté de bonne heure , les premiers artistes de Berlin s’intéressèrent à son sort et lui procurèrent les moyens d’étudier. Après deux années de séjour à Rome, il fut nommé en 1788 sculpteur du roi, puis professeur de l’Académie des Beaux- Arts de Berlin; il devint en 1822 directeur en chef de cet établissement. Voici les plus célèbres de ses ouvrages : le monument funèbre du Comte de La Marck , dans l’église de Sainte- Dorothée , à Berlin; les statues équestres de Frédéric le Grand, à Stettin; du feld-maréchai Bliicher, à Rostock; du duc Léopold de Dessau , à Berlin; une statue de Luther , à Wittemberg; un groupe colossal en marbre représentant la reine Louise de Prusse et sa sœur , la duchesse de Cumberland , à Londres ; le quadrige placé sur la porte de Brandebourg, à Berlin; les bustes de Klopstock, Kant , Haller , Jean de Muller , pour le Walhalla germanique. — Son fils , Ridolfo Schadow , né en 1786 à Rome, enlevé en 1822 par une mort prématurée, avait débuté par un chef-d’œuvre , Pâris réfléchissant avant de prononcer son jugement. Parmi ses autres ouvrages , on remarque une Jeune fille attachant ses sandales, la Pileuse, Achille protégeant le corps de Penthésilée.

SCHÆFFER (Geoffroy-Henri), philologue, né à Leipsick en 1764, mort en 1840, était professeur de littérature grecque et bibliothécaire à l’Université de Leipsick. Il est surtout connu pour sa jolie collection d’auteurs grecs stéréotypés publiée par Tauchnitz; on lui doit en outre de bonnes éditions d'Hérodote , de Démosthène , d'Apollonius de Rhodes , de Tryphiodore , etc.

SCHEFFER (Ary), peintre d’histoire et de genre, né à Dordrecht en 1795, mort à Paris en 1858, avait pour père un amateur plein de goût qui lui inspira de bonne heure l’amour de l’art. Il fut amené en France en 1809 par sa mère, entra dans l’atelier de Guérin, exposa en 1819 le Dévouement des Bourgeois de Calais , et en 1824 Gaston de Foix mort à la bataille de Ravenne et les Femmes souliotes , œuvres historiques qui fixèrent l’attention , mais s’attacha de préférence aux sujets romantiques , qu’il empruntait à Dante , à Gœthe, à Byron, réussit surtout dans la Françoise deRimini, l’un des chefs-d’œuvre de l’école moderne, et dans les tableaux où figurent Faust et Marguerite. Il traita également avec succès plusieurs sujets religieux (le Christ consolateur , le Christ rémunérateur , Jésus au mont des Oliviers , S. Augustin et sa mère), ainsi que le portrait. A. Scheffer est plutôt l’interprète du sentiment et de la pensée que le peintre de l’action ; tout entier à l’idée dominante , il néglige trop souvent les détails de l’exécution. Choisi pour donner des leçons aux enfants du roi Louis-Philippe) , cet artiste" eut l’honneur de former la princesse Marie. Il fut un (les fondateurs de l’associatiçon des artistes. — Son frère, Henri Scheffer (1798- 1862), s’est aussi consacré à la peintures il a cultivé divers genres, mais a surtout excellé dans

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