‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 1249 sur 1261 · UTAH · texte numérisé non relu

UTAH

ont eu une grande vogue : M. Vieux-Bois, M. Jabot, M. Crépin, le docteur Festus, M. Cryptogame. On a publié de lui, en 1847, un remarquable essai sur le beau dans les arts, sous le titre de : liéflexions et menus propos d’un peintre genevois , 2 vol. in- 12. M. Sainte-Beuve a donné une Notice sur la vie et les ouvrages de Tœpffer, en tête d’un recueil des écrits de cet auteur, publié de 1841 à 1847 ; il le place auprès de Xavier de Maistre.

TOR.ËNO (le comte José de), né en 1786 à Oviédo (Asturies), d’une des plus nobles et des plus riches familles du pays, mort en 1843, se trouvait 'a Madrid lorsque cette ville s’insurgea contre les Français, le 2 mai 1808. Il courut aussitôt faire arborer le drapeau de l’insurrection dans sa ville natale ; fut dépêché en Angleterre par la junte des Asturies pour demander des secours , fut peu après son retour élu député aux Cortès, quoiqu’il n’eût pas l’âge requis (1811); donna dans cette assemblée l’exemple de renoncer aux droits féodaux, provoqua l’abolition de l’inquisition et la suppression des ordres religieux; se vit, en conséquence, après le retour de Ferdinand VII, obligé de quitter l’Espagne, y rentra à la faveur de la révolution de 1820, siégea de nouveau dans les Cortès , fut proscrit en 1823, après le rétablissement du pouvoir absolu de Ferdinand par l’armée française; vint résider à Paris , et consacra ses loisirs forcés à écrire l'Histoire du soulèvement , de la guerre et de la révolution d’Espagne, ouvrage capital, qui révéla en lui un grand écrivain , en même temps qu’il mettait dans tout leur jour ses sentiments patriotiques; profita de l’amnistie de 1833 pour revoir son pays; se prononça, après la mort du roi , en faveur de la reine Isabelle ; fut nommé en 1834 par la régente Christine ministre des finances , et reçut bientôt après la présidence du Conseil avec le portefeuille des affaires extérieures : il reconnut la dette étrangère , supprima les Jésuites, limita le pouvoir des municipalités ; mais se voyant débordé par le parti exalté, il se retira (1835). Il passa ses dernières années à Paris. Son Histoire du soulèvement de l’Espagne a été trad. par L. Viardot, 1834-1838, 5 vol. in-8.

TRAKTIR (c.-à-d. Auberge) , lieu de la Crimée, près et au S.-E. de Sébastopol, où se trouve un pont sur la Tchernaïa. Voy. Tchernaïa.

TRUGUET (J.-Franç.), amiral, né en 1752, mort en 1839, était fils du directeur du port de Toulon. Il entra dans la marine à 15 ans, fit la campagne d’Amérique comme attaché à l’état-major du comte d’Estaing , auquel il sauva la vie à l’assaut

de Savannah ; accompagna en Turquie l’ambassadeur Choiseul, et dressa pendant son séjour d’excellentes cartes de l’Archipel et de la mer Noire, fut nommé en 1792 contre-amiral, seconda l’armée française dans ses opérations contre les Etats sardes, contribua à la prise de Nice, châtia la trahison de la ville d’Oneille, fit une tentative inutile contre Cagliari en Sardaigne , et fut forcé par l’insubordination des troupes de rentrer à Toulon; se vit bientôt après arrêté comme suspect et ne recouvra sa liberté qu’à la chute de Robespierre; fut fait vice-amiral en 1794, et peu après appelé par le Directoire au ministère de la marine, réorganisa promptement les services, arma.de concert avec le général Hoche, une flotte destinée à opérer en Irlande une descente, que les éléments contraires empêchèrent d’effectuer, fut remplacé au ministère en 1797 , puis envoyé en Espagne comme ambassadeur, et bientôt après exilé en Hollande par l’effet de sourdes intrigues; commanda, lors du projet d’invasion en Angleterre, une flotte de 21 vaisseaux, mais se vit destitué en 1804, pour avoir refusé son adhésion à l’Empire; fut néanmoins investi en 1809 du gouvernement des provinces maritimes de la Hollande , où il fit bénir son administration , en 1815 du commandement de Brest, qu’il préserva de l’occupation étrangère, fut en récompense de ses services élevé à la pairie en 1819 et nommé amiral en 1831. L’amiral Roussin a lu son Éloge funèbre à la Chambre des Pairs le 3 juil. 1840.

TURNER (Sharon), historien anglais, né à Londres en 1768, mort en 1847, était solicitor ou avoué à Londres, et un des rédacteurs du Quarterly-Beview. Il se fit connaître dès 1799 par une Histoire des Anglo-Saxons , qui est puisée aux sources , et la fit suivre d’une Histoire de l’Angleterre au moyen âge (jusqu'à la fin de Henri VII), 1814-23 , qu’il continua plus tard jusqu’à la mort d’Élisabeth, 1826-1829. On a aussi de lui une Histoire sacrée du monde , qui parut de 1836 à 1839, mais qui réussit moins; des Méditations sacrées, et un poème de Richard 111 , 1845. Turner compte parmi les bons écrivains de son pays, quoiqu’on lui reproche de nombreux gibbonismes.

Turner (W.), peintre, né à Londres en 1775, m. en 1851, se fit d’abord connaître par des aquarelles, puis s’adonna à la peinture à l’huile et produisit pendant près d’un demi-siècle plus de 200 tableaux, qui se distinguent à la fois par un style original et par une imitation fidèle de la nature. On remarque surtout le Naufrage , l’Incendie du panthéon d’Oxford , et la Chute de Carthage, son chef-d’œuvre.

ULLIAC-TRÉMADEURE (Mlle Sophie), femme auteur, née en 1794 à Lorient, morte en 1862, était fille d’un colonel du génie. N’ayant d’abord cultivé les lettres que par goût, elle le fit, après la mort de son père, par nécessité et par dévouement pour une mère infirme. Elle consacra son talent à l’éducation de la jeunesse et composa dans ce but un grand nombre d’ouvrages aussi remarquables par la pureté de la morale que par la solidité de 1 instruction et l’intérêt du récit, entre autres : Contes aux jeunes Agronomes , Laideur et Beauté , Histoire de Jean-Marie , le petit Bossu et Claude Bernard (cesdeux derniers ouvrages ont obtenu des prix Montyon), la Pierre de touche, couronnée par la Société de l’instruction élémentaire, le Legs d un père , Émilie ou la Jeune fille auteur , Etienne et Valentin , les Contes de la mère

l’Oie, Nouvelles sentes du Monde réel , Souvenirs d'une vieille fille (1860) : c’est sa propre histoire. Elle rédigea de 1835 à 1855 le Journal des jeunes Personnes , dont elle assura le succès. Mlle Ulliac donnait dans sa vie l’exemple des vertus qu’elle recommandait dans ses écrits.

URIAGE, établissement thermal du dép. de l’Isère, à 12 kil. E. de Grenoble; 1800 hab. Eaux sulfureuses, iodurées et salines, recommandées contre les maladies de la peau et les scrofules ; connues des anciens , mais longtemps abandonnées; exploitées de nouveau depuis 1820.

UTAH, lac de l’Amérique du Nord, situé au S. du lac Salé, par 114°, 50' long. O., 40u lat - N., communique par une rivière de même nom avec le grand lac Salé. Il donne son nom à une ville bâtie sur ses bords et à un nouveau territoire des

YATO

VAUJ

Etats-Unis formé en 1850 et colonisé par les Mormons. Ce territoire, qui faisait partie de la Hte- Californie, cédée en 1848 aux États-Unis avec le Nouveau-Mexique , est borné à l’O. par laCalifor-

VALÉE (le maréchal), général d’artillerie, né en 1773 à Brienne,m*rt en 1846, fit avec distinction les guerres de la République et de l’Empire, rendit de grands services en Espagne , surtout aux sièges de Lérida, Tarragone, Tortose, Valence; se rallia aux Bourbons dès leur retour, présida le conseil de guerre qui condamna Lefebvre-Desnouettes; fut en 1837 chargé de commander l’artillerie au deuxième siège de Constantine ; prit , après la mort du général Danrémont, la direction du siège, et emporta rapidement la ville (13 octobre 1837). Nommé presque aussitôt maréchal de France et gouverneur général de l’Algérie, il étendit la domination française, fit occuper Stora, Milah, Setif, Koléah, Blidâh , et dirigea en 1839, avec le duc d’Orléans, l’expédition des Portes- de- Fer , qui eut un plein succès. Il fut remplacé à la fin de 1840 par^ le général Bugeaud. M. Molé a prononcé son Éloge funèbre à la Chambre des pairs en 1847.

VARNER (Antoine-François), spirituel vaudevilliste, né à Paris en 1789°, mort en 1854, fit de bonnes études à Sainte-Barbe, s’enrôla en 1808 , et servit quelque temps dans les dragons, puis entra dans les bureaux du ministère de la guerre, et fit, comme adjoint au commissaire des guerres , la campagne de Moscou. Laissé sans emploi sous la Restauration, il se consacra aux lettres, et composa, soit seul, soit avec MM. Scribe, Ymbert, Bayard, Mélesville, plusieurs vaudevilles qui eurent du succès et parmi lesquels on remarque le Solliciteur, les Deux maris , la Mansarde des artistes, le Précepteur dans Vembarras. Varner avait obtenu après 1830 une modeste place de chef de bureau à l'Hotel de ville de Paris, mais la révolution de 1848 vint la lui enlever.

VATISMÉNIL (H. Lefebvre de), ancien ministre , né en 1789 , mort en 1860, fut nommé en 1815 substitut près le tribunal de la Seine., se fit remarquer dans les procès politiques par son talent et par l’ardeur de son royalisme, fut choisi en 1812 pour secrétaire-général par M. de Peyronnet, alors ministre de la j ustice , reçut en 1828 le portefeuille de l’instruction publique dans le ministère conciliateur de Martignac , fit d’utiles réformes dans | l’enseignement, prit des mesures réparatrices et améliora le sort des professeurs; fut écarté du pouvoir à l’avénement du ministère Polignae et emporta les regrets du corps universitaire, qui à son départ lui offrit une médaille d’honneur. Il fut élu député en 1830 et Vigna l’adresse des 221 ; il rentra au barreau après la révolution , de Juillet et siégea constamment au conseil de l’ordre. Elu en 1849 membre de l’Assemblé législative, il eut une part importante aux lois de 1850 sur les élections et sur l’enseignement. Il rentra dans la vie privée après le coup d’Etat de 1851.

VATOUT (Jean), né en 1792 à Villefranche (Rhône), mort en 1848 , fit de brillantes études à Sainte-Barbe, où il remporta le prix d’honneur, fut secrétaire du ministre de la police , M. Deçàzes, puis sous-préfet de Semur, se vit révoqué en 1820 à cause de ses tendances libérales, mais fut accueilli par le duc d’Orléans, qui le prit pour secrétaire et bibliothécaire, et qui, devenu roi, le nomma conseiller d’Etat et directeur des bâtiments civils. Élu en 1831 député de la Côte-d’Or,

nie, au N.-O. par l’Orégon, à l’E. par le Kansas et le Nébraska , et renferme , outre le lac Salé , les lacs Utah et Humboldt. Il compte environ 50000 h. et a pour capit. S ait- La lie- City .

il fut constamment réélu jusqu’en 1848. Tout dévoué au roi Louis- Philippe , son bienfaiteur, il l’accompagna dans l’exil et mourut près de lui. Il avait été admis à l’Académie françaises peu de jours avant la révolution de Février.” Comme écrivain, Vatout débuta par les Aventures de la Fille d'un roi (1820), spirituelle allégorie où il raconte les vicissitudes de la Charte octroyée par Louis XVIII; il donna en 1822 les Gouvernements représentatifs au Congrès de Troppau, et en 1832 la Conspiration de Cellamare. Outre la description des collections d’art du duc d’Orléans ( Galerie lithographiée, avec texte en prose et en vers,

2 vol. gr. in-fol., 1825-29, etc.), il a rédigé V Histoire du Palais-Royal , celle du Château d’Eu , et les Souvenirs historiques des résidences royales (Versailles , Fontainebleau , le Palais- Royal , Compiègne , Saint-Cloud , Eu), 6 vol. in-8, 1837-45. Vatout cultiva avec succès la poésie légère; il excellait dans la chanson. Pétillant d’esprit, il était fort recherché dans les salons.

VAUBAN (Joseph, comte de), arrière-petit-neveu du maréchal, né à Dijon en 1754, mort en 1816, était colonel en 1789. Il émigra, se rendit à Coblentz où le comte d’Artois le nomma son aide de camp , commanda un corps de chouans à Quiberon, où il faillit périr (1795), remplit depuis div. missions pour la cause royaliste en Angleterre et en Russie, rentra en France sous le Consulat, mais fut arrêté en 1806 et enfermé au Temple. On saisit chez lui des Mémoires sur les guerres de la Vendée qui renfermaient d’intéressantes révélations , et où il portait des jugements sévères sur la plupart des royalistes; le gouvernement d’alors s’empressa de les publier (1306 , in-8), et rendit en même temps la liberté à Vauban, qui depuis resta suspect à son parti.

VAUBLANC (le comte Viennot de), né à Moritargis en 1756, mort en 1845, fut membre de l’Assemblée législative, où il prit place au côté droit, puis du Conseil des Cinq-Cents, où il figura comme un des chefs du parti clichien ou royaliste; fut proscrit au 18 fructidor, rentra en Franceaprès le 18 brumaire, fut député au Corps législatif, et parut s’attachera Napoléon, qui le nomma préfet et comte de l’Empire ; se rallia avec empressement aux Bourbons, et fut en 1815 chargé par Louis XVIII du portefeuille de l’Intérieur. Il signa l’ordonnance qui dissolvait l’Institut, épura l’administration au moyen de nombreuses destitutions et déploya pour la cause royaliste un zèle exagéré : aussi fut-il nécessaire de le remplacer dès 1816. Il fit depuis partie de diverses législatures et appuya constamment M. de Villèle. M. de Vaublanc a publié de nombreux écrits, les uns sur l’économie politique, d’autres sur l’histoire ( Rivalité de la France et de l'Angleterre , 1708, Tables synchroniques de l'histoire de France , 1818, Fastes de la France , 1838); il a aussi cultivé la poésie, mais avec peu de succès : on a do lui des tragédies, Soliman , Attila , etc., et même un poème épique, le Dernier des Césars , 1836. Il a laissé des Mémoires , qui ont été pu-y bliés après sa mort par M. F. Barrière.

VAUJOURS , bourg de Seine-et-Oise , à ?A kil.E. de Paris, entre la Marne et le canal de l’Ourcq; 600 hab. Érigé en duché pour Mme de Pompa-

YILL

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dour, 1752. On y a récemment fondé l’asile Fénelon, destiné à l’éducation de jeunes orphelins.

VENTURA (le P.), prédicateur italien, né en 1792 à Païenne, mort en 1861, entra dans l’ordre des Théatins, dont il devint général en 1824, et fut, pendant quelques temps, un des conseillers les plus écoutés des papes Léon XIII, Pie VIII et Grégoire XVI, mais il se vit obligé en 1836 de s’éloigner à cause des soupçons qu’excitaient ses rapports avec Lamennais , alors rebelle. Il passa 10 ans loin de Rome, livré à l’étude et à la prédication , acquit dans toute l’Italie une grande popularité par sa parole éloquente et par ses efforts pour [concilier la religion et la liberté, fut nommé en 1848, par le gouvernement insurrectionnel de Sicile , commissaire près la cour de Rome, défendit, avecRosmini et quelques autres Italiens marquants, l’idée d’une Confédération italienne, quitta Rome lors du siège de cette ville (1849) et alla s’établir à Montpellier, où il s’exerça pendant deux ans à prêcher et à écrire en français, puis vint à Paris où il se livra, avec un°nouveau succès, à la prédication, et composa en français plusieurs ouvrages de philosophie et de piété : La raison philosophique et la raison catholique (1852), Les femmes de l’ Évangile (18b3) , La femme catholique (1854). Ses sermons italiens forment 5 vol. in-8. M. Veuillot a publié, avec une Introduction, une suite de sermons prêchés en français aux Tuileries par le P. Ventura (1862). Cet orateur excellait dans l’oraison funèbre : on estime surtout son Éloge mortuaire de Pie VIL et son Oraison funèbre d'O’Connell. Ses enthousiastes voyaient en lui un Bossuet italien.

VERHUEUL (l’amiral), né en 1764 à Dœtichem dans la Gueldre, mort en 1845, était contre-amiral dans les Pays-Bas, lorsqu’il fut chargé en 1803 d’une mission près du gouvernement français. Il concerta avec Napoléon le projet de descente en Angleterre ; commanda la flottille fournie pour cette destination par la Hollande , parvint , malgré les efforts de l’escadre anglaise, à conduire cette flottille de Flessingue à Ambleteuse en doublant le cap Grisnez (1804); reçut peu après du gouvernement hollandais le portefeuille de la marine, contribua à placer sur le trône de Hollande Louis Bonaparte , qui le créa maréchal de Hollande; fut, après l’abdication de ce prince et la réunion de ses États à l’Empire, président de la junte administrative, et commandant de la flotte du Texel. A près la chute de l’Empire , il se fixa en France, où il fut naturalisé : il conserva ses titres , et fut même en 1819 élevé à la pairie. Protestant zélé , il consacra ses dernières années à des œuvres pies, et fut un des fondateurs de la Société protestante des missions. M. Pelet de la Lozère a prononcé son Éloge funèbre à la Chambre des pairs.

VILLAFRANCA, bourg de Vénétie, prov. et à 12 k. S.-S.-O. de Vérone, près de la rive gauche du Mincio. Napoléon III et l’emp. d’Autriche François-Joseph y signèrent le 12 juillet 1859 les préliminaires d’un traité de paix par lequel l’Autriche cédait la Lombardie.

VILLÈLE (Joseph, comte de), homme d’Ëtat, né à Toulouse en 1773, mort en 1854, était entré fort jeune dans la marine militaire et servait dans l’Inde quand éclata la Révolution. Il quitta le service, alla à l'île Bourbon, où M. Desbassyns le chargea de diriger ses plantations et lui donna sa fille en mariage; vint en 1807 se fixer à Toulouse, où il fut élu membre du conseil général , accueillit avec enthousiasme la Restauration; fut nommé maire de Toulouse en 1815 et bientôt après élu député par la Haute-Garonne; prit place, dans la Chambre introuvable, parmi les royalistes les plus ardents, mais s’y

fit aussi bientôt remarquer par ses capacités financières ; se mit à la tête de l’opposition ultra-royaliste après l’ordonnance du 5 septembre (1816), qui avait dissous cette chambre ; fut appelé aux affaires en 1820, après la chute du ministère modéré de M. Decazes, entra d’abord au Conseil avec le seul titre de ministre d’État, sans portefeuille; reçut en 1821 le portefeuille des Finances et fut élevé l’année suivante à la présidence du Conseil, avec le titre de comte. Il signala son ministère par des mesures'politiques et financières de la plus haute importance : la guerre d’Espagne, la septennalité de la Chambre élective, le milliard d’indemnité accordé aux émigrés , l’établissement du fonds 3 pour 100 et la conversion facultative des rentes 5 pour 100 en ce nouveau fonds , le dégrèvement de l’impôt foncier, la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti moyennant une indemnité de 150 millions , et fit prospérer les finances du pays ; mais il s’aliéna l’esprit public en proposant des mesures antipopulaires , le rétablissement du droit d’aînesse, la loi du sacrilège, la censure des journaux , la loi contre la liberté de la presse , la dissolution de la garde nationale , mesures qui firent qualifier son administration de ministère déplorable ; perdit ainsi la majorité dans les chambres et dans les collèges électoraux, et se vit forcé , en 1828 , de faire place au ministère réparateur de M. de Martignac. En quittant le pouvoir, il fut élevé à la pairie, mais , sentant que son rôle était fini, il se tint à l’écart. Après les événements de 1830, il renonça tout à fait aux affaires et se retira dans sa terre de Morville, près de Villefranche (Haute-Garonne). M. d’Audiffret et M. Lespinasse de Saune ont donné des Notices sur M. de Villèle (1855).

VILLENAVE (Matthieu-Guill.) , littérateur, né en 1762 à St-Félix de Caraman (Haute-Garonne), mort en 1846, se trouvait à Nantes au commencement de la Révolution : n’ayant pas craint de blâmer ouvertement les excès de l’époque , il fut arrêté par ordre de Carrier, envoyé à Paris avec 132 Nantais, et n’échappa à la mort que grâce à la chute de Robespierre. Devenu libre, il dévoila dans de virulents pamphlets les crimes des oppresseurs de la France, et prit part à la rédaction de plusieurs journaux réactionnaires. Il fut en 1814 et 1815 le rédacteur en chef de la Quotidienne , fonda en 1819 les Annales politiques , qui l’année suivante prirent le titre de Courrier français , et fit de 1824à 1831 à l’Athénée un cours d’histoire littéraire de la France. S’intéressant à tout, il était de l’Académie celtique , de la Société des antiquaires, de la Société philotechnique et viceprésident de la Société de la morale chrétienne. Outre une foule d’écrits de circonstance, on lui doit une bonne traduction des Métamorphoses d’Ovide, 1807-22, 4 vol. in-8 et in-4, édition splendide ornée de 144 figures, une Vie d'Ovide , 1809, où il cherché à percer le mystère de l’exil du poète; quelques poésies (le Dévouement de Brunswick, Kosciusko , la Jacobinade , la Vie future ); de bonnes éditions de plusieurs auteurs français (Barthélemy , Duclos, Marmontel , Thomas'), et un grand nombre de notices historiques, insérées pour la plupart dans la Biographie universelle des frères Michaud. Villenave possédait une riche bibliothèque et une précieuse collection d’autographes et de manuscrits historiques qui a été dispersée après sa mort. — M. Villenave était père de Mme Mélanie Waldor, si connue par ses Poésies du cœur , et de M. Théodore Villenave, né en 1798, auteur de plusieurs poèmes de circonstance ( les Trois jours, 1830; Constantine, 1837 ; les Cendres de Napoléon , 1840, etc.).

VILLENEUVE , nom porté par deux grandes fa-

WA LC

WALC

milles du Midi , l’une de Languedoc , l’autre de Provence, toutes deux originaires d’Espagne.

La plus ancienne, issue des vicomtes de Narbonne, tire son nom de Villeneuve-lès-Béziers (Hérault), etapourchefWalchaire, fils de Maïeul, vicomte de Narbonne, qui vivait au ixe siècle. Elle a produit plusieurs personnages historiques : Arnaud de V. , qui était l’ami et l’écuyer du comte de Toulouse , et qui se distingua à la première croisade (1095); Pons de Y., sénéchal du comte de Toulouse, Raymqpd VII, qui combattit avec lui dans les rangs des Albigeois et partagea sa mauvaise fortune; Pierre de V., qui accompagna S. Louis dans la croisade contre Tunis et y mourut avec lui; Antoinette deV. , qui cultiva avec succès la poésie languedocienne et fut couronnée aux Jeux floraux en 1494 ; et plus près de nous , Pons-François , marquis de V., né en 1774 à St. -Pons , m. en 1 842 , qui servit ardemment la Restauration , fut en 1814 administrateur général du gouvernement du duc d’Angoulême , comprenant presque tout le Midi, puis préfet de divers départements, enfin conseiller d’Êtat, et qui a publié un Précis de l’Histoire, 1821, et Y Agonie de la France, 1835.

La deuxième, qui paraît se rattacher à la précédente, tire son nom distinctif du bourg de Bargemont près de Draguignan (Yar). Elle a fourni plusieurs hommes distingués, et a donné naissance dans le dernier siècle à six frères , dont trois sont connus dans l’administration ou les lettres :

1° Le comte Christophe de Villeneuve, né à Bargemonten 1771 , m. en 1829 , d’abord militaire, puis préfet de Lot-et-Garonne sous l’Empire, des Bouches-du-Rhône sous la Restauration, auteur de la Statistique des Bouches-du-Rhône , 1821- 29; de Notices sur Nérac , sur la Ste-Baume , etc.;

2° Le marquis Louis-François, dit de Villeneuve-Trans, 1784-1850 , membre libre de l’Académie des Inscriptions, auteur de recherches sur la Chapelle ducale de Nancy, 1826; d’une Histoire de René d'Anjou , 1825; — de S. Louis , 1836 ;

3° Le vicomte Alban de Villeneuve- Bargemont , 1 7 84-1 850 , frère jumeau du précédent, qui fut sous l’Empire et la monarchie préfet de la Meurthe, puis du Nord, et fut plusieurs fois élu député. Il est auteur d’un remarquable ouvrage sur le Paupérisme, 1834, qui lui ouvrit les portes de l’Académie des Sciences morales; d’une Histoire de l'économie politique, et du Livre des affligés , œuvre d’une philosophie pieuse et consolatrice.

VINDÉ. Voy. Morel de Vindé.

VINET (Alex.) , critique distingué, né près de Lausanne en 1797, mort en 1847, était ministre calviniste et professeur : il fit avec un grand succès des cours de littérature française à l’Université de

WALCKENAÊR (le baron Ch.-Athanase) , polygraphe, né en 1771 , à Paris, d’une famille appartenant à la riche bourgeoisie, mort en 1852, montra de bonne heure un goût prononcé pour les études les plus variées. Il fut appelé sous les drapeaux en 1793, se fit admettre à l’École polytechnique dès la création, mais sans entrer dans les services publics; publia en 1798 un Essai sur l'histoire de l’espèce humaine , ouvrage ambitieux qu’il ne tarda pas à condamner lui-même; remporta en 1811 un prix à l’Institut pour un mémoire sur les anciens habitants des Gaules , fut admis dès 1813 dans ce corps savant; entra dans l’administration après le retour des Bourbons, fut successivement maire du 5e arrondissement de Paris , secrétaire général de la préfecture

Bâle, puisa l’Académie de Lausanne. Comme pasteur , il lutta constamment contre l’intolérance, soit en chaire, soit dans ses écrits (Mémoires sur la liberté des cultes, Paris, 1826, Discours sur quelques sujets religieux , 1836). Comme critique, il a laissé des Etudes sur la littérature française au xixe siècle (publ. à Paris en 1849 et 1857), où les auteurs sont caractérisés avec justesse ; il a aussi donné une Chrestomathie française , excellent choix de morceaux français , avec une remarquable Introduction. Il a fait paraître dans le Semeur un grand nombre d’articles philosophiques et littéraires, dont quelques-uns ont été recueillis sous le titre d 'Essais de philosophie morale , 1837. Son style, nerveux et précis, est déparé par quelques néologismes qui trahissent l'étranger. On peut lire sur Vinet un intéressant article de I\I. Ste-Beuve (dans ses Critiques et portraits ).

VIREY (Jules-Joseph), né en 1776 à Hortes (Haute-Marne), mort en 1847, était en 1814 pharmacien en chef des hôpitaux militaires. Il quitta cette carrière pour la médecine , et publia sur les divers objets de ses études de savants écrits qui le firent admettre à l’Académie de Médecine. Il fut quelque temps député de la Haute-Marne. Ses principaux ouvrages sont : Histoire naturelle du genre humain , 1801 et 1824; Traité de pharmacie, 1809-1811, Histoire naturelle des médicaments, 1 820 ; Mœurs et instincts des animaux, 1821 ; De la Puissance vitale, 1823; De la Femme, 1823. Il a coopéré au D ictionnaire des sciences médicales et au Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle. Virey réhabilita le vitalisme et combattit les doctrines matérialistes. Son style est brillant et facile.

VISCONTI (Louis), célèbre architecte français, né à Rome en 1791, mort en 1854, était fils du savant archéologue (Voy. E.-Q. Visconti dans le corps du Dictionnaire). Amené en France dès 1798 par son père, qui le fit naturaliser, il étudia l’architecture sous Percier, remporta à l’École des Beaux-Arts le second grand prix v 1 8 1 7 ) , devint architecte de la Bibliothèque impériale , et enfin architecte de l’empereur Napoléon III. Il ne tarda pas à être élu membre de l’Académie des Beaux-Arts. On lui doit les fontaines Gaillon , Molière, Louvois et celle de Saint-Sulpice, à Paris; les monuments funéraires des maréchaux Lauriston, Saint-Cyr, Suchet, Soult; le Tombeau de l’empereur Napoléon Ier, dans l’église des Invalides; enfin l’achèvement du Louvre, gigantesque entreprise dont il sut vaincre toutes les difficultés , et qui place honorablement son nom à côté de ceux de P. Lescot, de Ducerceau et de Philibert Delorme. Malheureusement, il mourut avant que les constructions fussent achevées.

de la Seine (1816) , préfet de la Nièvre , de l’Aisne ; rentra dans la vie privée en 1830 pour se livrer tout entier aux lettres, fut attaché en 1839 à la Bibliothèque royale comme trésorier, puis comme conservateur des cartes géographiques, et fut élu en 1840 secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions, en remplacement de Daunou. Walckenaër fut à la fois littérateur, naturaliste, géographe, biographe. En' littérature , il a produit deux romans, Charles et Angelina , ou l’île de Wight (1799) , et Eugénie (1803) , qui ne sont pas sans intérêt, et de curieuses Lettres sur les contes de fées (1836). En histoire naturelle , il a donné la Faune parisienne des insectes ( I8Q5), qu’il compléta par Yllist. naturelle des insectes ; V Histoire elle Tableau des aranéides (1805). En géogra-

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