‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 255 sur 1261 · CHIL , — 37 \ - CHIM · texte numérisé non relu

CHIL , — 37 \ - CHIM

s'étend le long des côtes du Grand-Océan sur une longueur de 2,000 kil. environ et une largeur de 220, et a pour bornes au N. la Bolivie, à l’E. les Provinces-Unies du Rio-de-la-PIata, au S. E. et au S. la Patagonie; 1,400,000 hab. Capitale, Santiago. Le Chili se divise en 7 provinces : Santiago, Aconeagua, Coquimbo, Colchagua, Maule, Concepcion , Valdivia, plus l’archipel de Chiloé. Villes principales : Santiago, Valparaiso, San-Felipe, Coquimbo, San-Fernando, Cauquenes, Concepcion, Valdivia et San-Carlos. On trouve beaucoup de montagnes dans le Chili, et depuis la côte le sol s’élève graduellement jusqu’aux Andes qui séparent le Chili de l’intérieur de l’Amérique méridionale. Ces montagnes renferment un grand nombre de volcans toujours en éruption : aussi le sol est-il fréquemment tourmenté par des tremblements de terre. Elles recèlent les mines les plus riches ; on y recueille de l’or en abondance, de l’argent, du fer, du cuivre, de l’étain , etc. Les principales riv. sont le Guasco, le Maypo, le Maule, la Quillota, la Valdivia, etc. Le climat du Chili est très varié ; la chaleur y est extrême, mais elle est tempérée par les brises qui viennent de la mer et par des pluies abondantes ; la terre est d'une fertilité extrême; d'immenses forêts de cèdres rouges, de cocotiers, de lauriers, de pehuens ou pins du Chili, couvrent les flancs des Andes ; toutes les plantes tropicales et les productions végétales de l’Europe y croissent avec rapidité. La vigogne, le huègne, le guanaeo, le pagi, le guémul, sont les quadrupèdes particuliers au Chili. On y trouve aussi une grande quantité de perroquets, d’oiseaux-mouches, des autruches, des condors, et des milliers d’insectes et de reptiles. Les indigènes descendent de deux races distinctes v celle des Araucans ou Araucaniens, qui forment encore aujourd’hui un état indépendant {Voy. araucanie) ; et celle des Puelches. Toutes deux ont le teint cuivré et peu de barbe. Les Puelches habitent particulièrement les montagnes et se distinguent par leur taille élevée. — Avant la conquête des Espagnols , le Chili avait été soumis par les Incas et faisait partie de l’empire du Pérou. En 1536, Almagro, envoyé par Pizarre , pénétra dans le Chili, mais essaya vainement de s’y maintenir. Valtlivia, en 1540, tenta une nouvelle expédition; il fonda les villes de Santiago, de Concepcion et de Valdivia , mais il fut défait et mis à mort par les Araucaniens (1550). L’Espagne avait déjà annexé le Chili à la vice-royauté du Pérou, mais des guerres continuelles avec les indigènes en retardèrent la soumission jusqu’en 1773. A cette époque tout le pays reçut le nom de capitainerie-générale du Chili; mais l’Araucanie resta libre. En 1810 le Chili secoua le joug de sa métroimle et proclama son indépendance. Retombé un instant sous la domination espagnole en 1 8 1 4 , il s'insurgea en 1817 sous la conduite du général Saint-Martin. Après la victoire de Maypo (avril 1818), qui assura son indépendance, le Chili s’érigea en république. Toutefois le nouvel état ne fut définitivement constitué qu’en 1826 par les efforts de Ramon-Freire et d’O’Higgins.

CliiLLAMRARAN, v. marit. de l’Inde (Karnatic), à 40 k. S. de Pondichéry. Fameuses pagodes.

CH1LLAN, volcan du Chili, par 73° 55’ long. O., 35° 56’ lai. S . au pied duq. est une v. de même nom.

CHILLINGWORTH (Guill.l, célèbre controvergisle, né à Oxford en 1602, fut élevé dans la religion anglicane, se convertit au catholicisme à 17 ans, puis retoumaau protestantisme, et devint un desadversaires les plus ardents de l’Eglise romaine, li l'attaqua avec Yiolencedans un traité int. : La Hctigiori protestante, moyen sûr de salut, Oxford , 1637 ; trad. en français, Amsterdam, 1730; cet ouvrage fui considéré par les presbytériens comme entaché de socinianisme.

Il prit parti dans la guerre civile pour Charles ï • accompagna ce prince au siège de Glocester, et fut pris

par les rebelles ; il mourut entre leurs mains, 1644. Locke cite les écrits de Chilling'worth commelesplus propres à former l’esprit à la rigueur du raisonnement. A force d’examiner le pour et le contre, ce controversiste était tombé dans un incurable scepticisme.

GRILLON, chât.-fort de Suisse(Vaud),à6k. S.-E.dô Vevay, sur le lac de Genève, rebâti p . Pierre de Savoie. Prison où fut détenu Connivard, Datriote genévois. CHILLOAS, la même que Luya. Voy. luyà.

CHILOÉ (archipel de), dans l’Océan Pacifique, sur la côte du Chili, dont il dépend comprend 47 îles principales; la plus grande se nomme Chiloé ou Isla Grande ; ch.-l. S-Carlos et Castro. Climat chaud et humide, fréquents tremblements de terre; sol fertile , surtout en céréales et légumes ; assez d’industrie: toiles, lainages, teintures. Commerce actif avec le Chili. Les habitants sont habiles marins. Cet archipel fut découvert par Mendoza en 1558.

CH1LON de Lacédémone, un des sept sages, vivait vers l’an 600 av. J.-C. Il mourut de joie, en voyant son fils couronné aux jeux olympiques.

CHILPÉRIC I, le plus jeune des fils de Clotaire I, reçut en partage le royaume de Soissons l’an 561. Son règne n’est qu’une suite de crimes. Il avait épousé une princesse nommée Audouaire ; il la quitta bientôt pour entretenir avec Frédegonde un commerce illégitime ; il éloigna pour quelque temps cette femme criminelle, afin d’épouser Galsuinte, fille d’Athanagîlde, roi des Visigoths d’Espagne, et sœur de Rrunehaut ; mais il revint bientôt à Frédegonde, après avoir fait assassiner Galsuinte. Cet assassinat fut l’origine de la haine que se vouèrent Rrunehaut et Fréclegonde, haine qui enfanta de nouveaux crimes. En 575, Chilpéric, qui était en guerre avec son frère Sigebert, époux de Rrunehaut, fut enfermé dans Tournai et réduit à la dernière extrémité ; pour sortir de ce mauvais pas, il fit, de concert avec Frédegonde, assassiner son ennemi. 11 périt lui-même assassiné en 584 ; on accusa de ce meurtre cette même Frédegonde dont il avait, disent quelques historiens, découvert les intrigues avec un seigneur nommé Landry.

chilpéric il, roi de France (715-720), fils deChildéric II, fut élevé dans un monastère sous le nom de Daniel , et placé sur le trône en 715, par Rainfroi, maire du palais de Neustric. Ayant eu l’imprudence d’attaquer Charles Martel, il fut vaincu, fait prisonnier, et ne conserva de la royauté que le titre.

CHIMAY, ville de Relgique (Hainaut), à 44 kil. S. de Charleroi ; 2,258 hab. Toiles de colon, chapeaux. Ardoisières aux environs. Fonderies de fer. Ancienne principauté. — La seigneurie de Chimay appartenait au xnr siècle à la maison de Nesle- Soissons ; elle passa ensuite entre les mains des sires de Beaumont, des Châtillon, comtes de Blois ; puis fut vendue à la maison de Croy. Les membres de cette famille la firent ériger en comté par Charles-le-Téméraire en 1470, et en principauté par l’empereur d’Allemagne en 1546 ; en 1612, cette principauté échut par héritage à la maison de Ligne-Aremberg, qui la garda jusqu’en 1686. La maison de Hennin la posséda ensuite jusqu’en 1750, époque où elle passa par mariage dans la maison de Caraman qui la possède encore aujourd’hui. CHIMAY (la princesse de). Voy . tallien (madame). CH1MBORAÇO, fameuse mont, de l’Amérique du Sud, une des plus hautes de la chaîne des Andes, r dans la Nouvelle-Grenade, atteint 6,530 mètres audessus du niveau de la mer. Son sommet est couvert de neiges éternelles, quoique situé presque 1 sous l’équateur (1° 47’ lat. S.); il offre un as-, pect majestueux lorsqu'on le contemple de la mer.

Il donne son nom à une prov. de la république de l’Equateur.

CHIMÈRE (la), Chimæra , monstre fabuleux, né en Lycie de Typhon et d’Echidna avait la tête

cnm

d’un iion, la queue d’un dragon, le corps d’une chèvre, el vomissait des tourbillons de flammes et de feu. Bellérophon combattit ce monstre par Tordre d’iobates, el le tua. La Chimère était, à ce qu’on croit, une des cimes du Cnigus, montagne de la Lycie, au sommet de laquelle était un volcan. Voy. l’article suivant.

CHIMÈRE, mont, de Lycie, une des cimes du Cragus, était sans doute volcanique; ce qui aura donné lieu au mythe de la Chimère, dont les trois têtes vomissaient du feu. — Voy. acro-cérauniens.

CHINALADAN ou SARAC, dernier roi de Ninive, monta sur le trône en 647 av. J.-C., se rendit méprisable par sa mollesse, et laissa les Scythes ravager ses états. Nabopolassar, gouverneur de Babylone, allié avec Cyaxare, roi (les Mèdes, prit Ninive en 625 av. J.-C., et obligea Chinaladan à se donner la mort. Après lui, le royaume de Ninive fut réuni à celui de Babylone, fondé par Nabopolassar.

CHINA LAPU, riv.de l’Afrique anc., auj. lecnELiF.

CHINCHILLA, Salaria, ville d’Espagne (Murcie), à 120 kil. N. O. de Murcie; 4,500 hab. Châteaufort. Commerce de soieries.

CHINE. On entend sous ce nom : 1° toute l’étendue des contrées que comprend l’Empire chinois; 2° la Chine proprement dite.

empire chinois. Cet empire, appelé par les indigènes Tath-ching-koun (le céleste empire) , forme fin vaste et puissant état, situé dans l’Asie orientale, entre 69°-141° long, E., 18°-51° lat. N. 11 est borné au N. par le Turkestan el l’Asie russe ; à l’E. par les mers d’Okhotsk, du Japon, de la Chine; au S. par cette dernière, l’empire d’An-nam, le roy. de Siam, l’empire Birman, les possessions anglaises et le roy. de Népal ; à l’O. par la confédération des Seikhs et le Turkestan. Cette immense étendue de pays comprend près de 3,500 kil. du N. au S. et 8,000 de l’E. à l’O. Sa population, que l’on a beaucoup exagérée, peut être évaluée 5 340,000,000 d’hab.Ch.-l. général, Pékin. Les contrées que comprend l’empire chinois peuvent se partager ainsi : 1° Chine proprement dite; 2° pays soumis: Mandchourie, Mongolie, Thian-chan-pe-lou (ou Dzoutigarie et pays des Kirghiz), Thian-chan-nan-lou (ou Pelite-Boukharie), Khoukhounoor; 3° pays tributaires : Sizzang (ou Thibety, Deb-radjah (ou Boutan ), roy. de Corée et roy. ou îles de Lieou-kieou.

chine proprement dite, en chinois Tien-hia (c.-à-d. ce qui est sous le ciel), Tchong-koue (l’empire du milieu), Tchong-hoa (la fleur du milieu), le Catay des voyageurs du moyen âge, vaste contrée de l’Asie et partie principale de l’empire chinois , comprise entre 105°-J20° long. E. et 21°-41° lat. N., a pour bornes : au N. la Mongolie, dont elle est séparée par une grande muraille de 2,500 kil. ; à 10., le pays du Khoukhounoor et le Thibet ; au S. O. le roy. de Siam et l’empire d’An-nam ; au S. E. et à l’E. le Grand Océan ; 2,800 kil du N. au S. et 2,900 del’E. à l’O; 170,000,000 hab. Ch.-l., Pékin. La Chine se divise en 18 prov. qui se partagent en cinq groupes:

1° Provinces septentrionales.

Pé-tchi-li, ch.-lieu Pékin, dit aussi Chun-thian. Chan-si, Thaï-youan.

Chen-si, Si’an.

Kan-sou, Lan-tchéou.

2° Provinces occidentales .

Szu-tchouan, Tching-lou.

Yun-nan, Yun-nan.

3° Provinces méridionales.

Kouang-si, Koueï-lin.

Kouang-toung, Kouang-tchéou (Canton).

4° Prov. orientales ou maritimes.

Fou-kian, Fou-tchéou.

Tche-kiang, Hang-théou.

Kiang-sou, Kiang-ning (Nankin).

Chang-toung, Tsi-nan.

CHIIN

5° Provinces intérieures.

ch.-lieu Khaï-fung.

An-king.

Wou-tcbang Nan-tcliang.

Tchang-cha.

ïïo-nan,

An-hoéi,

Hou-pé,

Kiang-si,

Hou-nan,

Koueï-tchéou. Koueï-yang.

Chaque province se subdivise en département? (/ou); ceux-ci en arrondissements ( tchèou ) et en districts ( hian ). Il y a en outre un certain nombre de districts qui relèvent immédiatement du gouverneur de la province; on les appelle tchy-li.

La Chine a de hautes montagnes, surtout à l'O. et au S. Elle est arrosée par un grand nombre dcfleuves dont les principaux sont le Hoang-ho (fleuve Jaune), et le Yang-tsé-kiang (fleuve Bleu), qui tous deux coulent de l’O. à l’É. et se jettent dans le Grand-Océan. Le climat de la Chine varie suivant les latitudes, mais il est chaud en général ; les hivers y sont secs et les étés pluvieux. Le sol, qui est d’une fertilité extraordinaire, produit en abondance toutes les plantes tropicales, principalement le thé, le riz, le bambou, le «oton, la canne à sucre, le poivre, le tabac, le bétel, etc.; on cultive dans les prov. mérid. le palmier, le mûrier, le cocotier, le cèdre, l’érable, le cannellier, etc. On trouve dans la Chine l’éléphant, le rhinocéros, la vache de Tartarie, le tapir, le buflle, l’ours, le tigre, le léopard, la panthère et le musc. Parmi les oiseaux, on remarque les faisans et les oiseaux de paradis ; les poissons dorés appelés cyprins sont originaires de la Chine. Cette contrée possède de riches mines d’or, d’argent, de cuivre, de fer, de plomb, de mercure, de houille et de sel ; des carrières d’ardoise, de marbre, de lapis-lazuli, de cristal, de jaspe, etc. — Les Chinois sont en général de petite taille. Ils ont le teint jaune, la tête de forme conique et la figure triangulaire ; leurs sourcils sont placés très haut et presque sur une ligne droite; la racine du nez est très large et la lèvre supérieure fait saillie sur l’inférieure. Ils sont sujets à une lèpre contagieuse qu’ils ne savent point guérir. Leur naturel est doux et pacifique, mais ils sont rusés et méfiants. L’agriculture est chez eux en honneur; elle reçoit du gouvernement de grands encouragements. Les art3 mécaniques sont assez avancés ; néanmoins, bien que les Chinois aient connu longtemps avant les Européens la boussole, l’imprimerie, la poudre à canon, leurs habitudes routinières les ont empêchés de perfectionner ces inventions. Leur arcliitecture est bizarre , mais légère ; le tracé de leur» jardins élégant. Quant à leur dessin, c’est une exacte et servile représentation de la nature, mais sans aucune perspective et dépourvue de toute espèce d’art. Les sciences sont fort arriérées ; les mathématiques, l’astronomie, l’histoire naturelle sont celles qui ont fait le plus de progrès. La littérature des Chinois est riche, variée, surtout en fait d’histoire, de romans, de pièces de théâtre ; nulle part les livres ne sont plus nombreux et à medleur marché. Les deux langues principales sont le mandchou et le chinois, qui a longtemps passé pour la langue la plus difficile du monde. L’écriture est une langue à part, et, comme nos chitTres, elle exprime : non les sons, mais les idées ; on n’y compte pas moins de 100,000 caractères : très peu de personnes Les connaissent tous. — L’industrie est très active chez les Chinois; ils excellent dans la fabrication de la porcelaine, dans les vernis, les papiers de soie et de tenture, l’encre de Chine, les soieries, les nankins et autres tissus. Ils exécutent avec une perfection inimitable les ouvrages de laque, d’ivoire et de bambou, les figurines, les instruments de musique et les fleurs artificielles. Le commerce extérieur est très restreint ; le port de Canton était seul ouvert aux étrangers; on y a Joint en 1842 Fou-tclieou, Amoy, Ning-po, Chang-hai. Le commerce int. §ç fait par les fleuves et canaux, et em-

OIliJN — 376 — CHIN

ploie un nombre infini d’habitants qui vivent sur des barques ou jonques, dont la multitude forme en certaines localités des villes flottantes. — Le gouvernement est monarchique et absolu, mais tempéré par le droit de représentation accordé à certaines classes de magistrats et par l'obligation où est l’empereur de ne choisir ses ministres que dans le corps des lettrés et d’après des règles fixées. Les lettrés, qui sont au nombre de 500,000 environ, forment, avec les officiers militaires, la noblesse de l’état. Ils ne reçoivent ce titre de lettré qu’après un examen ;eux seuls ont le droit de prétendre aux emplois publics et au titre de mandarins. ( Voij . mandarins.) Après la classe des lettrés vient celle des agriculteurs , puis en troisième et quatrième rangs les industriels et les commerçants. L’empereur est chef de la religion en môme temps que de l’état. 11 réside d’ordinaire à Pékin, mais dans l’été il habite Dche-hol dans la Mongolie. Les appointements des employés de l'état et la solde de l’armée sont payés moitié en argent, moitié en nature. On évalue les forces militaires à 750,000 hommes, mais ces troupes sont mal armées et mal exercées; leur artillerie est très mauvaise et la tactique peu savante. — Trois cuites différents régnent en Chine : 1° celui de Confucius (Koung-fou-tsée) ou des Lettrés , qui est la religion de l’état et celle des classes les plus élevées ; ce culte reconnaît un Être suprême ; il a des temples, mais point de prêtres (l’empereur seul remplit les devoirs religieux au nom de tout le peuple) ; ce culte recommande surtout la piété filiale, le respect pour la vieillesse et le culte des morts. 2° Celui de Tao-tsè ou de la raison primitive , culte de la raison, établi 600 ans av. notreère par le philosophe Lao-Tseu, mais qui a dégénéré en une sorte de polythéisme. Les prêtres de cette religion s’occupent de magie et d’astrologie. 3° Celui de Bouddha, en chinois Fo-tho , et par abréviation Fo ( Voy . bouddhisme). On trouve aussi dans la Chine des Musulmans, des Juifs et quelques Chrétiens. qui sont pour la plupart des Chinois convertis par les Jésuites.

Histoire. Les Chinois donnent à leur histoire une antiquité merveilleuse; leurs annales ne comprendraient pas moins de 80 à 100,000 ans. Cependant. on peut raisonnablement placer vers le xxxe siècle av. J .-C. l’existence de Fo-hi , leur premier législateur, et celle de Yen-ti ou Ching-nong, leur premier agriculteur. C’est à partir de l’an 2637, sous le règne de Houang-ti, 3e souverain de la Chine , que les Chinois font commencer leur ère historique et qu’ils comptent leurs cycles, dont la durée est de 60 ans. L’histoire nomme six successeurs de Houang-ti (parmi lesquels on distingue Yao), jusqu’à l’an 2197, époque de l’avénement de Yu, chef de la dynastie Hia, lre dynastie impériale. Du xe au me siècle avant J.-G., sous la dynastie des Tchéou-kue, c.-à-d. des rois combattants , la Chine fut morcelée en un nombre infini d’états indépendants, perpétuellement en guerre les uns contre les autres. Enfin l’an 247 av. J.-C., Thsin-chihoang-ti, de la dynastie desThsin, réunit toute la Chine sous son empire, repoussa les invasions des Mongols et construisit la grande muraille, qui sépare la Chine de la Mongolie, 214. A la dynastie desThsin succéda celle des Han (de 202 avant J.-G. à 226 après J.-C.); elle agrandit l’empire par de vastes conquêtes, encouragea les sciences et les lettres, et fit recu^llir les ouvrages de Confucius, mort l’an 479 avant J.-C. Au ne siècle de notre ère, époque des grandes migrations des nations de l'Asie, la Chine eut à subir plusieurs invasions et finit par se di#ser en deux empires: celui du nord, où régnèrent simultanément les Goéï, le Pé-tsi, les Héou-tchéou; et celui du sud, où se succédèrent les dynasties des Song, des Tsi, des Liang, des Tchin et des Soui. Ces deux empires furent enfin réunis sous l’empereur Li-ang (618), fondateur de la dynastie Tang, qui

rrjfyi- i- ~~ ~

conserva le pouvoir pendant trois siècles. Du ix« au xiii* siècle, la Chine fut ravagée p°r les invasions continuelles des Mongols et des Tartares. En 1225, les Tartares avaient conquis toute la partie septentrionale de la Chine jusqu’au fleuve Bleu et avaient soumis à un tribut les rois de la dynastie Song qui occupaient les provinces au S. de ce fleuve. Ceux-ci appelèrent à leur secours les Mongols; Kublaï-Khan, leur chef, repoussa en effet les Tartares (1260), mais il chassa bientôt après les rois Song eux-mêmes, et devint ainsi maître de la Chine entière ; il fonda la dynastie Yen (1279). Les pinces de cette dynastie respectèrent les mœurs et les usages du peuple vaincu ; cependant ils ne purent longtemps maintenir leur domination, et, sous le règne de Choun-ti (1360), un Chinois nommé Chou souleva toute la population contre les étrangers, expulsa les Mongols et monta sur le trône sous le nom de Taï-tsou. Ses successeurs, appelés Mings, régnèrent jusqu’en 1644, et furent presque tous des princes distingués. C’est sous le règne de l’un d'eux, Ou-tsoung, que les Portugais abordèrent pour la première fois à Macao, en 1514, et obtinrent le droit de commercer avec la Chine. Enfin, par une dernière révolution, les Tartares Mandchoux, à qui l’empereur Chin-tsong avait permis, depuis l’an 1573, de s’établir dans les provinces septentrionales de la Chine, s’emparèrent de Pékin, et détrônèrent le prince régnant, Tchang-ti ; leur chef, Choun-tchi, se fil alors proclamer empereur de toute la Chine (1644). Ses descendants y régnent encore aujourd’hui. C’est surtout sous la dynastie mandchoue que l’empire chinois a atteint l’immense étendue qu'il possède actuellement. Kang-h' (1662-1723) soumit toute la Mongolie et l’île Formose. Kien-long (1735) conquit le Thibet, le Kachgar, la Dzoungarie, et étendit son empire jusqu'à la Boukharie et les frontières de l’Hindoustan ; il essaya, mais en vain, de soumettre l’empire Birman. En 1795, il abdiqua en faveur de son fils Kia-king dont le règne fut troublé par des séditions continuelles. Enfin en 1820, Mian-ning, fils de ce dernier, surnommé Tao-kouang ( splendeur de la raison), lui succéda. Ce prince ne craignit point, en 1840, de déclarer la guerre aux Anglais, qui, malgré ses défenses, avaient importé de l'opium dans ses états : cette guerre s’est, après une faible résistance des Chinois, terminée à l’avantage de l’Angleterre (aoûtl842).

Dynasties et souverains de la Chine.

Fo-hi, env. 3000 av. J.-C.

Y'en-ti ou Ching-nong, Houang-ti,

Chao-hao,

Tchouen-hio,

Ti-ko,

Yao,

Choun,

lre dynastie , Hia,

17 règnes, 2197

Chang,

Tchéou,

Thsin,

Han,

202 ou 197 .

Tchéou-han,

226 ap.J.-C.

Tsin,

Song,

Tsi,

Li-ang,

Tchin,

Soui,

Tang,

Héou-li-arig,

Héou-tang,

Héou-tsin,

Héou-han,

Héou-tchéou,

Song,

Yen (Mongols), U

Page 1