ALEM
négociations et lui donna plusieurs riches abbayes. Il savait le latin, le grec, l’hébreu, et réunissait toutes les connaissances de son temps; aussi l’appelait-on le sanctuaire des arts libéraux, liberalium artium sacrarium. Ses ouvrages ont été réunis par A. Duchesne, avec une vie de l’auteur, Paris, 1 61 7, in-fol., et par l’abbé Froben, Ratisbonne, 1777, 2 vol. in-fol. On y remarque un Dialogue sur la rhétorique. Les noms de Flaccus Albinus , que prit Alcuin, sont des noms qu’il avait, comme tous ses confrères de l’académie palatine, empruntés à l’antiquité.
ALCYONIUS (Pierre), philologue du XV* siècle, né à Venise vers l’au 1487, mort en 1527, fut d’abord correcteur d’imprimerie chez Aide Manuce. En 1521, il obtint à Florence, par la faveur du cardinal Jules de Médicis, la chaire de langue grecque. Il a traduit plusieurs harangues de Démosthène et d’Isocrate, ainsi que plusieurs ouvrages d’Aristote. Le plus célèbre de ses écrits est un dialogue intitulé : Medices legatus sive de Exilio, Venise, 1522, in-4, publiéde nouveau à Leipsick, parMenck, 1707,in-l2. Cet ouvrage était écrit si purement en latin que l’on prétendit qu’ayant entre les mains le seul manuscrit qui existât du traité de Cicéron De Gloriâ, Alcyonius en prit ce qui lui convint pour composer son dialogue, puis jeta au feu le manuscrit pour qu’il ne restât aucune trace de son plagiat. Mais cette accusation n’est pas suffisamment fondée.
ALDAN, riv.de la Russie asiatique (Irkoutsk), coule au S. O., puis au N., baigne le village d’Aldan à l’E. d’irkoutsk, et se perd dans la Lena, après un cours de 533 kil.
ALDE MANUCE. Voy. manuce.
ALDENARDUM , ville de Belgique. Voy. oudeàrde.
ALDENBURGUM, ville d’Allemagne. Voy. altenbourg.
ALDENHOVEN , village des Etats prussiens (prov. Rhénane), entre Juliers et Aix-la-Chapelle, à 4 kil. S. O. de Juliers; 1,200 hab. Le 1er mars 1793, les Français y furent vaincus par les Autrichiens commandés par l’archiduc Charles, à qui cette victoire permit d’occuper Aix-la-Chapelle et Liège, ainsi que de dégager Maëstricht. Mais le 18 du môme mois, les Autrichiensy furent battus à leur tour. Jourdan y remporta unonouv. vict. sur les Autrichiens, le 2 octobre 1794.
ALDERETE (Diégo Gracian de), écrivain espagnol, né à la On du xv* siècle, mort à l’âge de 90 ans, fut secrétaire particulier de Charles-Quint. Il a beaucoup contribué aux progrès de la littérature espagnole en traduisant un grand nombre d’ouvrages anciens et modernes, entre autres Xénophon , Salamanque, 1552, in-fol.; Thucydide , 1554, in-fol., et la plupart des ouvrages de Plutarque, d’Isocrate, de Dion Chrysostôme, etc.
ALDERMAN, c.-à-d. senior , major , était le nom que donnaient les Anglo-Saxons aux gouverneurs des shires ou comtés, qui furent remplacés, après la conquête des Danois, par les iarls ou earls, comtes. Auj. les aldermen ne sont plus que des magistrats municipaux et des chefs de corps de métiers. 11 y en a 26 à Londres. Le maire, mayor, est choisi parmi eux.
ALDERNEY, nom anglais de l’ile d’Aurigny (Riduna). Voy. aurigny.
AL-DJKZAIR. Voy. alger.
AL-DJEZYREH. Voy. algézireh et algésiras.
ALDORRAND1N1 (Sylvestre), savant jurisconsulte, né à Florence en 1500, mort en 1558, fut obligé de s’exiler de sa patrie par suite des discordes qui la déchiraient, et enseigna le droit à Pise. 11 fut père d’Hippolyte Aldobrandini, depuis pape sous le nom de Clément Vil l, et de Thomas Aldobrandini, au-
£uel on doit une traduction estimée de Diogène aërce, Rome, 1594, in-fol.
ALDROVANDE (Ulysse), célèbre naturaliste, professeur à Bologne, né en 1527, mort en 1605, voya¬
gea par toute l’Europe et consuma presque toute sar vie et sa fortune à recueillir les matériaux de sa grande Histoire naturelle , ouvrage immense (publié à. Bologne en 13 vol. in-fol., de 1599 à 16681, dont il n a pu donner lui-même que 4 vol. Il y traite successivement des cristaux, des insectes, des poissons, dea quadrupèdes, des serpents, des monstres, dGS métaux et des arbres. Il est à regretter qu’Aldrovande n’ait pas mis autant de jugement que de patience dans ce travail, qui, au jugement de Buffon et de Cuvier, n’est trop souvent qu’une compilation indigeste. Le sénat de Bologne consacra des sommes considérables pour terminer cette publication dont le soin fut confié aux professeurs qui avaient remplacé Aldrovande dans sa chaire. Le recueil des peintures qui ont servi d’originaux aux gravures de l’ouvrage a été transporté pendant la révolution au Muséum d’histoire naturelle de Paris.
ALDSTONE-MOOR, ville d’Angleterre (Cumberland), à 30 kil. S. E. de Carlisle; 5,800 hab. Mines de plomb, forges.
ALDUI DES (monts), mont. d’Espagne, se détachent des Pyrénées, à 4 kil. S. O. de Sainb-Jean-Pied-de- Port. Passage difficile, forcé par les Français en 1794.
ALEA, ville d’Arcadie, au S. O. de Stymphale et à l’E. d’Orchomène. Temples fameux de Minerve, de Bacchus et de la Diane d’Ephèse.
ALÉANDRE (Jérôme), cardinal, né dans la Marche Trévisane, en 1480, enseignait les humanités à 17 ans. Sur le bruit de sa vaste érudition, Louis XII l’appela en France en 1508, pour y enseigner les belles-lettres, et peu après il le fit recteur de l’université de Paris. Léon X l’envoya comme nonce en Allemagne, où il déploya son éloquence contre Luther. 11 fut ensuite archevêque de Brindes, nonce en France, et suivit François I en Italie. Ayant été fait prisonnier à Pavie avec ce prince, il ne recouvra sa liberté qu’en payant une somme de 500 ducats. 11 mourut cardinal à Rome, en 1542. 11 a laissé un Lexicon grœcolatinum, Paris, 1512, in-f., et quelques autres écrits.
aléandre (Jérôme), dit le Jeune , petit^neveu du précédent, né en 1574, mort à Rome en 1629, antiquaire, poète, littérateur et jurisconsulte. Il a publié beaucoup d’ouvrages, entre autres un Commen lairesur les fragments de Caïus , Venise, 1600, in-4.
ALECTON, c.-à-d., en grec, qui ne laisse aucun repos, la première des Furies, fille de l’Achéron et de la Nuit, était représentée armée de vipères, de torches et de fouets, et la tête ceinte de serpents.
ALEGAMBE (Phil.) , jésuite, né à Bruxelles en 1592, mort à Rome en 1651, enseigna la philosophie à Gratz, puis fut nommé préfet de la maison professe des Jésuites à Rome. Il refondit et compléta la Bibliothèque des écrivains jésuites de Ribadeneira, Anvers, 1 643, in-fol., ouvrage estimé, et donna un Catalogue des martyrsde la Société, Rome, 1657 et 1658.
ALEMAN (Matth.), écrivain espagnol, né à Séville vers ie milieu du xvi® siècle, mort vers 1620, fut longtemps employé par Philippe 11 comme surintendant et contrôleur des finances , voyagea au Mexique, puis se retira des affaires pour se livrer tout entier à son goût pour les lettres. Il est auteur, entre autres ouvrages, du célèbre roman de Guzman d’Alfarache, qui parut pour la première fois à Madrid (1599), et qui obtint un très grand succès. Ce roman a été quatre fois traduit en français, par G. Chappuia (Paris, 1600); par Chapelain (1632); par Gabr. Brémond(1696) ; par Lesage, qui en a donné une imitation plutôt qu’une traduction (Paris, 1 7 32,2 vol. in-12).
ALEMAN1, Allemands (d'ail, tout; mann, homme), confédération de nations germaniques qui paraît avoir été formée vers le temps de Marc-Aurèle, se composait des peuples qui habitaient les deux rives du Rhin, principalement depuis sa source jusqu’au Mein. Ils eurent à soutenir plusieurs guerres contre les Romains. Caracalla ne put les vaincre»