‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 277 sur 1261 · CONS · texte numérisé non relu

CONS

CONüad, dit le Marquis de Tyr , fils d’un marquis du Montferrat, prit la croix en 1186, s’arrêta quelque temps à Constantinople, ou il défendit Isaacl’Ange contre ses sujets révoltés; puis alla au secours de lyr, qu assiégeait Saladin; força les Sarrasins à lever le siège, et fut proclamé souverain de Tyr. 11 voulait se faire nommer roi de Jérusalem, lorsqu il fut tué par deux émissaires du Vieux do la Montagne (1190). .

Conrad de wurtzbourg, minnesinger ou txoubcidour allemand, florissait dans la seconde moitié du xiii® siècle, séjourna longtemps à Wurtzbourg (d’où vient son nom), et mourut à tribourg en Bri-sgau. On a de lui un poème de la Guerre de Troie , et d’autres poésies estimées.

CONRAD1N, fils de l’empereur Conrad IV, et dernier rejeton de la famille de Hohenstaufen, i.é en 1262, perdit son père à 3 ans, et hérita de ses droits j aux couronnes de Germanie, de Naples et de Sicile; mais fut dépouillé de ses Etats, à cause de son jeune âge, par Mainfroi , son tuteur. Ayant voulu , après la moi t de Mainfroi, disputer le roy . de Naples à Charles d’Anjou, que le pape en ava it investi, il fut vaincu par ce prince à Tagliacozzo, 1268, pris et mis à mort après un simulacre de jugement. 11 avait à peine 16 ans.

CO N R ART (Valentin), né en 1603 à Fans, mort en 1676, conseiller et secrétaire du roi, était ami des lettres et réunissait chez lui, vers 1630, une société de gens d esprit; cette société fut le berceau de l’Acad. fr., dout C.fut le secrétaire dès 1635. il n’a laissé aucun écrit notable; ce qui fit dire à Boileau:

Imitous de Conrart le silence prudent.

CONR1NG ^herman), Conringius , savant universel, né en 1606 à Narden (Ost-Frise), mort en 1681, professa la philosophie naturelle, puis la médecine à Helmstædt, et jouit d’une grande considération auprès du duc de Brunswick et de plusieurs princes,

Î[ui le consultèrent souvent sur le droit politique.

1 reçut d’eux le titre de conseiller et des pensions. Conring a écrit sur le droit, la politique, l’histoire, la physique , la médecine et la théologie. Se3 principaux ouvrages sont: De origine juris germanici , 1643; De imperio Germanorum Romano , 1644; De finibus imperii Germanici, 1654; Iniroduclio in universam ariemmedicam, 1654 ; De hermetica Ægyptiorum et Paracelsicorum medicina, 1648. 11 a en outre laissé une foule de dissertations particulières et de lettres. Ses œuvres, publiées à Brunswick en 1780, forment 7 v. in-fol. La plupart sont à l’Index. CONSABURUS, Consuegra, ville de Tarraconaise. CONSALV1 ( Hercule), l’un des plus grands hommes d’état du siècle, né à Rome en 1757, m. en 1824, fut constamment l’ennemi déclaré de la Révolution française. Après avoir été auditeur de la Rote, juge au tribunal de la signature, il devint ministre de la guerre sous Pie VI (1789), fut créé cardinal par Pie Vil, vint à Paris en 1801 et y signa le fameux concordat. Napoléon, connaissant ses dispositions hostiles, le fit éloigner des affaires pendant quelques années et le retint même en France’; mais en 1814, il retourna en Italie, et y devint de nouveau ministre. il se rendit au congrès de Vienne, comme nnnce du pape (1815), et obtint qu’on restituât au saintsiège les marches de Bénévent et de Ponte-Corvo.

CONSARBRL’CK, ou CONS, petit village d Allemagne, à 7 kil. S. O. de Trêves et presque au confluent de la Sarre et de la Moselle. 11 s’y livra une bataille où le duc de Lorraine, Charles 111, défit le maréchal de Créqui ( 1675). Consarbruck (nommé d abord Cons) prend son nom de sa position sur la Sarre et d'un ancien pont ( briicken ) sur cette rivière.

CONSEIL AUL1QUE, c’est-à-dire conseil de la cour, nom que l’on donnait jadis dans l’empire germanique à un conseil particulier que présidait 1 empereur, et qui était chargé d’exercer en son nom le» droits impériaux. 11 donnait l’investiture aux

comtes et aux barons du Saint-Empire ; Il jugeait en dernier ressort toutes les causes féodales qui avaient pour objet un fief, ainsi que celles qui concernaient les affaires d’Italie. Les états n’avaient droit de recours à la diète que quand l’arrêt du conseil pouvait produire un grief commun à tout l’Empire. Le droit de surveillance sur ce tribun:».] appartenait à l’électeur de Mayence. Le conseil aulique , établi au commencement du xvie siècle, sous le règne de Maximilien, empiéta peu à peu sur les droits des états, et à l’époque du traité de Westphalie, il était devenu un pouvoir redoutable entre les mains des empereurs. Le conseil aulique n’a point disparu avec l'empire d’Allemagne; il a été conservé dans l’empire d’Autriche, mais il a beaucoup perdu de son importance première.

conseil des anciens , assemblée créée en France parla constitution de l’an ni (23 septembre 1795), par tageait le pouvoir avec le Directoire exécutif, et composait, avec le Conseil des Cinq-Cents, le Corps législatii. Elle avait 250 membres, qui se renouvelaient par tiers tous les ans; ils devaient avoir plus de 40 ans, être mariés ou veufs, et domiciliés depuis 16 ans sur le territoire de la République. Ils approuvaient ou rejetaient les résolutions prises par le Conseil des Cinq-Cems, et élisaient les directeurs du pouvoir exécutif. Ils avaient le droit de changer la résidence du Corps législatif. La révolution du 18 brumaire an vm (1799) mit fin à l’existence de ce Conseil. Il siégeait aux Tuileries: dans la salle occupée avant lui par la Convention.

conseil des cinq - cents , assemblée qui, d’après îa constitution de l’an m (1796), formait, avec le Conseil des Anciens, le Corps législatif. Elle se composait de 500 membres, élus pour trois ans. Ils devaient êtie âgés de plus de 30 ans et domiciliés depuis 10 ans sur le territoire de la république. Cette | assemblée proposait les lois ; elle avait comme le Conseil des Ancien? droit de police sur ses membres. Le Conseil des Cinq-Cents siégeait dans la salle du Manège (rue de Rivoli). Dans la journée du 18 fructidor an v, ies directeurs expulsèrent 42 de ses membres qui tendaient à la contre-révolution, et, le 18 brumaire an vm, ce Conseil fut violemment dissous, avec le Conseil des Anciens, par Bonaparte.

conseil des dix, tribunal secret de la république de Venise, compose de 10 membres pris dans le grand conseil de la république. 11 était chargé de veiller à la sûreté de l’état, de poursuivre et de punir tous les ennemis secrets de la république. Pour ceia, il était armé de pouvoirs illimités, avait droit sur toutes ies têtes et était affranchi de toute responsabilité. Ce conseil fut crée en 1310, après la conjuration de Boémond Tiépolc ; il ne devait exister d’abord qu'un court espace de temps; mais prorogé d’année en anné^, il finit par être déclaré perpétuel en 1325. Depuis lors, cette terrible magistrature domina la république de Venise; elle ne tomba qu’avec la république.

CONSENTES, nom sous lequel on désignait ô Rome les 12 principales divinités qui formaient, avec Jupiter, le conseil suprême de l’Olympe, et présidaient chacune à l’un des mois de l’année. C'étaieni Jupiter, Neptune, Mars, Apollon, Mercure, Vulcain, Junon, Vesta, Minerve, Vénus, Diane et Cérès.

CONSENTI A, ville du Bruttium, auj. cosenza.

CONSERANS, Consorrani, prov. de la Gascogne, au S. E., entre le Comminges et le gouv. de Foix. Ch.-L, St-Girons. Autres places, St-Lizier, Ma&sat. Ane. évêché. Le C. fait partie du dép. de l’Ariége.

CONSORRANI , peuple de la Gaule (Novempo- ; ilanie), au pied des Pyrénées, entre les Convena et les Volcœ Tectosages ( Voy . conserans). Leur ch.-l. était Consorrani, dit aussi Consorranorum oppidum. auj. SA1NT-LIZ1ER

CONSTABLES. On nomme ainsi en Angleterre

des officiers municipaux chargés de l’exécution des lois et du maintien de la paix : ils sont placés sous les ordres du juge de paix et ont pour insignes un bâton d un mètre environ de longueur, surmonté des armes royales, et une petite verge de cuivre de 30 à 40 centimètres. Ce service a été longtemps gratuit, comme chez nous celui de la garde nationale. Depuis 1829, les anciens constables ont été remplacés par des officiers de police [police constables), qui sont rétribués. Le mot constable , comme celui de connétable, dont il était synonyme dans l’origine, vient de cornes siabuli.

CONSTANCE , Gonstunùa , Costnitz ou Constanz en allemand, ville du grand-duché de Bade, sur le Rhin et sur le lac de Constance, à 146 kil. S. E. de Strasbourg; 5,300 hab. Évêché. Jolie ville, belle cathédrale, anciens couvents des Franciscains et des Jésuites. Etablissements d’instruction. Draps, toiles, norlogerie, etc. — Constance était plus grande et plus emportante au moyen âge; elle fut longtemps ville impériale, et elle eut un évêché souverain qui fut sécularisé en 1802. 11 s’y tint de 1414 à 1418 un célébré concile œcuménique qui mit fin au grand schisme d Occident en déposant les papes Jean XX1I1 et Benoit XI 11, et en nommant Martin V. C’est à ce même concile que furent jugés et condamnés Jean Huss et Jérôme de Prague. Le cierge français y était représenté par Pierre d’Ailly , archevêque de Cambray, et par Jean Gerson, chancelier de l’université de Paris.

constance (lacde), Brigantinus lacus des anciens, Bodensee des Allemands, entre l’Allemagne et la Suisse septentr. ; 65 kil. sur 13 ; se partage en deux bras, dits lac supérieur et lac inférieur ou de Zeller. Le Rhin le traverse: laBregenz, l’Argen, le Stokach, viennent s’y jeter. Ce lac éprouve souvent, sans aucune cause apparente, une hausse subite, qui est suivie d’une baisse pareille. Ce phénomène est appelé ruhss. — Le cercle du Lac, dans le grand-duché de Bade, doit son nom au lac de Constance.

constance, ville d’Afrique, dans la colonie du Cap de Bonne-Espérance, à 22 kil. E. du cap de ce nom. Elle est célèbre par ses vins délicieux : le rouge est dit grand-constance , le blanc petit-constance.

CONSTANCE I, surnommé Chlore , c.-à-d. pâle , empereur romain , fut adopté et nommé césar par Maximien en 292, puis devint auguste en 305. 11 eut pour département les Gaules, l’Espagne et la Grande-Bretagne ; réduisit les Bretons qui s’étaient révoltés à l’instigation de Carausius et d’Allectus (296), et mourut, à Eboracum (Y*rk) en 306. 11 gouverna avec sagesse et avec bonté, et üt cesser les persécutions contre les Chrétiens. 11 avait d’abord épousé Hélène ; quand il eut été fait césar, il fut obligé de la répudier pour épouser Théodora, fri le de la femme de Maximien. 11 avait eu d'Hélène Constantin, dit le Grand , qu’il nomma césar en mourant.

constance ii, 2e fils de Constantin. A la mort de son père (337), il partagea l’empire avec ses frères, Constantin II et Constant, et eut en partage l’Orient et la Grèce. Ses frere» ayant péri en Occident, il attaqua et battit Magnence et Yétranion qui avaient usurpé la pourpre, et resta ainsi seul maître de l’empire (350). 11 exerça toutes sortes de vengeances, et se rendit tellement odieux que les troupes proclamèrent J ulien à sa place ; il marchait contre celui-ci lorsqu’il mourut en route, à Mopsucrène , au pied du Taurus, l’an 361. Le règne de ce prince faible et incapable fut rempli par des guerres avec les Perses, peuple qu’il ne put soumettre, et t>ar des querelles religieuses entre les Ariens et les orthodoxes; il favorisa les Ariens et persécuta saint Alhanase.

constance, général d’Honorius, réduisit en 411 l’usurpateur Constantin qui s’était enfermé dans (ÀAes, et chassa des Gaules Ataulphe, roi des Golhs ; l’empereur lui donna la main de sa sœur Placidie

et lui conféra le titre d’auguste (42 i). Il mourut peu de mois après. 11 fut le père de Valentinien III.

constance, reine de France, fille de Guillaume Tailîefer, comte de Toulouse, épousa en 998 le roi Robert et fit le malheur de ce prince par son caractère impérieux. Elle fit de vains efforts pour assurer la couronne à son 3e fils, Robert, au préjudice de l’aîné Henri, qui régna sous le nom de Henri I. Elle mourut en 1032.

constance, reine des Deux-Siciles, fille posthume de Roger I, eut à disputer son héritage à Tancrède, son neveu et ne fut reconnue qu’en 1 194. Elle avait épousé l’empereur Henri VI, qui se rendit odieux aux Siciliens, et contre lequel elle fut forcée de prendre elle-même leur défense. EHe mourut en 1198.

constance, reine de Sicile, fille de Mainfroi , épousa Pierre d’Aragon (1261). Avec le secours de son mari, elle enleva la Sicile à Charles d'Anjou après les Vêpres siciliennes, et régna à Palerme de 1283 à 1297 sous le nom de ses fils, Jayme et Frédéric.

CONSTANT 1, empereur romain, 3e fils de Constantin-le-Grand, lui succéda en 337 avec ses deux frères, Constantin et Gonstance , et eut en partage l’Italie, l’Afrique. Peu d’années après, il devint maître de tout l’Occident par la mort de son irère Constantin qui lui avait déclaré la guerre et qui périt devant Aquilée (340). 11 se rendit odieux par sa fierté, son faste et ses débauches, et fut détrôné et tué par Magnence à Elue [Helena) , 350. Constant I s’était montré l’adversaire des Ariens.

constant ii, empereur d Orient, filsd Héraclius II, fut placé sur le trône à 12 ans, l’an 641. Il se laissa enlever plusieurs provinces par le calife Moavia, abandonna le séjour de Constantinople et alla se réfugier en Sicile. S’étant rendu odieux dans celte île par ses rapines, il fut tué à Syracuse, dans son bain, par un de ses officiers, après 27 ans de règne (668).

constant de rebecque (Benjamin) , publiciste français, né en 1767, à Lausanne, d’une famille protestante réfugiée, fut un des plus zélés défenseurs des libertés publiques. Il entra au tribunat après le 18 brumaire, mais en fut bientôt éliminé à cause de son opposition, et se vit obligé, sous l’empire, de quitter la France. 11 se retira en Allemagne, et ne revint dans son pays qu’en 1814. Pendant les Cent- Jours, il se rallia à Napoléon et prit part à la rédaction de X Acte additionnel. Sous la Restauration, il fit partie de la Chambre des députés, et combattit avec éloquence, soit à la tribune, soit dans les journaux, surtout dans la Minerve , les mesures hostiles proposées par le gouvernement. Il fut nommé, à la révolution de 1830, président du Conseil d’état. Il mourut le 8 décembre de la même année. On a de lui un assez grand nombre d’écrits politiques qu’il a réunis sous le titre de Cours de politique constitulionnelle, 1817-20;desdisc. prononcés à la. trib.run roman peu moral, Adolphe ; un traité De la Religion considérée dans sa source et ses formes . 5 vol. in-8. 1 824-30, ourr. déiste, qui fut miski’Index * Du polythéisme romain, ouvr . posth. ,2vol. ,1833. Il était fort lié avec Mad.de Staël et partageait son goût pour la littérature ad . S;i Correspond, a été publiée en 1844.

CONSTANTIA. ville de Gaule, auj. coûtantes.

CONSTANTIA, ville d’Helvéti" Vm>. CONSTANCE..

CONSTANTIN I, surnommé le Grand, Caius Fia vius Xalerius Aurelius Claudius Constantinus , empereur romain, fils de Constance Chlore et d’Hélène, né en 274 à Naisse dans la Dardanie, fut proclamé césar par les légions de la Grande-Bretagne à la mort de son père en 306. Après avoir pacifié les Gaules Constantin marcha contre le tyran Maxeuce, sous le joug duquel gémissaient l’Italie et l’Afrique. Pendant cette marche, il vit, assure-t-on, apparaître dans les airs le signe sacré de la religion, une croix, entourée de ces mots tracés en lettres de feu : Tu vaincras par ce signe. Frappé de cet avertisse-

mont, il adopta ce signe pour étendard, sous le nom de labarum , et s’avança avec con liance contre les troupes de son ennemi. Elles furent successivement défaites dans les plaines de Turin et sous les murs de Home, et Maxence lui-même périt dans les eaux du Tibre. Maître de l’Italie et de l’Afrique après ces victoires, Constantin rétablit l’ordre et la justice, fit cesser la persécution contre les Chrétiens, embrassa leur religion (3 1 2) et la déclara religion de l’empire par un célèbre édit rendu à Milan en 313. En 315 il attaqua Licinius, empereur d Orient, persécuteur des Chrétiens, et lui enleva l’Illyrie et la Grèce; en 323 il s’empara du reste des états de sou rival, après avoir remporté sur lui les victoires d’Andrinople et de Chrysopolis. Seul maître alors de l’empire romain, il s’occupa de rétablir la paix de l’église troublée par des hérésies sans cesse renaissantes, fit frapper d’anathème Arius au concile de Nicée en 325, et exila tous ses sectateurs. Mais il flétrit sa gloire en faisant mourir son fils Crispus, injustement accusé par sa belle-mère Fausta, qui paya bientôt elle-même de sa tête son accusation. Quelques années après (330), Constantin transporta le liège de l’empire à Byzance, qui prit de lui le nom de Constantinople. Dans ses dernières années, il favo-1 risa et persécuta tour à tour l’hérésiarque Anus et S. Athanase, patriarche d’Alexandrie; mais avant sa mort , il reconnut l’innocence de ce dernier et ordonna de le rappeler. Il m. en 337, laissant ses vastes États àses trois (ils, Constantin, Constance et Constant, et à deux de ses neveux, Delmace et Annibalien.

Constantin il, dit le Jeune , fils aîné du précédent, né à Arles en 316, reçut en partage, à la mort de son père, les Gaules, l’Espagne et la Grande-Bretagne; mais ayant voulu s’emparer des états de son frère Constant, et étant entré dans ce but en Italie avec une armée, il fut défait, et périt dans une embuscade près d’Aquilée en 340.

CONSTANTIN III. Voy. HÉRACLIUS CONSTANTIN.

CONSTANTIN IV. Voy. HÉRACLÉONAS CONSTANTIN.

Constantin ni ( ou v , si l’on compte Héraclius , et Héracléonas parmi les Constantins), surnommé Pogonat ou le Barbu , empereur d’Orient, monta sur le trône en 668 avec ses deux frères Tibère et Héraclius, après la mort de Constant 11, leur père. Il fit la guerre avec succès aux Sarrasins , et fit condamner la secte religieuse des Monothélites au concile gén. tenu à Constantinople en 680. Il se rendit odieux par le meurtre de ses deux frères, et mourut sans laisser de regrets en 685. C’est sous ce prince, dans les guerres contre les Sarrasins, que fui employé pour la première fois le feu grégeois.

Constantin iv (ou vi), surnommé Copronyme , c’està-dire ordurier, parce qu’il salit les fonts baptismaux lorsqu’on le baptisait, empereur d’Orient, né en 7 18, succéda en 741 àson père Léon l’Isaurien; embrassa l’hérésie des Iconoclastes , qui foulaient aux pieds les images des saints; persécuta les Catholiques, et mourut de la peste dans une expédition contre les Bulgares en 776.

Constantin v (ou vu), empereur d’Orient, fils de Léon IV et d’Irène, né en 770, succéda à son père en 780, sous la tutelle de sa mère. Celle-ci finit par s’emparer du trône, et poussa la cruauté jusqu’à faire crever les yeux à son fils, qui mourut quelque temps après (797).

< CONSTANTIN vi (ou viii), fils de Basile-le-Macédonien ,fut nommé auguste en 868, du vivant de son père, et mourut avant lui, en 878.

Constantin vu (ou ix), surnommé Porphyrogénète , empereur d’Orient, né en 901, fils de Léon-le-Phitosophe, monta sur le trône à l’âge de 11 ans, en 312; fut mis sous la tutelle de sa mère Zoé, fut déposé en 919, remonta sur le trône en 945, et mourut en 969, empoisonné, à ce qu’on croit, par son fils Romain. Ce prince cultivait les lettres, et on a

de lui quelques ouvrages dont le plus important est un Traité de l’administration de l'Empire. Ils se trouvent dans Ylmperium orientale de Banduri.

Constantin vin (ou x), fils de Romain I, dit Lécapène, régna avec ses deux frères et son père de 910 à 946, pendant le temps que Constantin VII Porphyrogénète était déposé.

Constantin ix (ou xi), empereur d’Orient, fils de Romain II, le Jeune, succéda à Jean Zimiscès ; fui proclamé empereur avec son frère Basile II , qui exerça la principale autorité depuis 976 jusqu’en 1025, époque de sa mort. Constantin , qui ne s’était fait remarquer encore que par sa conduite déréglée, régna seul quelque temps, vit le peuple se soulever contre lui à cause de ses excès, et mourut en 1028.

Constantin x (ou xii), surnommé Monomaque ou le Gladiateur , empereur d’Orient, mort en 1054, avait obtenu le trône en 1042 avec la main de l’impératrice Zoé, veuve de Romain III (Argyre). Ce prince ne se fit connaître que par ses débauches ; il laissa s’élever près de lui la puissance des Turcs Seldjoucides et permit aux Petehenègues de s’établir en Servie (1053).

Constantin xi (ou xiii), surnomméDucas , empereur d'Orient, était fils d’un certain Andronic. Il succéda en 1059 à Isaac Comnène , qui l’avait adopté, et mourut <*n 1067, à l’âge de 60 ans. Sous son règne les Scytnes ravagèrent l’empire , et quelques villes furent détruites par des tremblements de terre.

Constantin xn (ou xiv), surnommé Dracos'es, dernier empereur de Constantinople, né en 1403, fus de Manuel II Paléologue, succéda en 1448 à Jean Paléologue, son frère. En 1453, Mahomet II vint assiéger Constantinople avec une armée formidable ; Constantin se défendit vaillamment; mais abandonné des princes de la chrétienté , il ne put résister. 11 mourut en héros sur la brèche. Sa mort fut suivie de la prise et du pillage de Constantinople , où Mahomet fixa le siège de l’empire ottoman.

Constantin, usurpateur, fut fait, en 407 , de simple soldat, empereur en Occid. par les légions de la Grande-Bretagne, et soutint quelque temps sa dignité par des victoires. Il résidait à Arles. L’empereur Honorius le reconnut un moment pour collègue, mais bientôt il le fit assiéger dans Arles, le força de se rendre et le fit mettre à mort (411). Il ne compte pas dans la série des empereurs.

Constantin i-iv, rois d’Écosse. Voy. écosse.

Constantin, pape, élu en 708, mort en 715, était Syrien de naissance. Il combattit le monothélisme.

Constantin, antipape, compétiteur d'Etienne III, asurpa le saint-siège en 767, à la mort de Paul 1, fut chassé de Rome en 7 69, et, après avoir eu les yeux crevés, fut enfermé dans un monast., où il finit ses jours.

Constantin l’ africain, né à Carthage vers 1020, m. en 1087, posséda toutes les sciences de son temps, fu t accusé de magie à Carthage, vint à Salerne, fut secrétaire de Robert Guiscard, puis prit l’habit au Mont- Cassin et y rédigea une savante compilation de médecine (Bâle, 1539). Il est un des chefs de l’éc . de Salerne.

Constantin manassès, écrivain duxnes., vivait sous l’empereur Manuel Comnène. On a de lui un Abrégé d'Instnire en vers grecs, traduit en latin par Leunclavius, Paris, 1655, in-fol., et les Amours d'Aristandre et de Callithée, dont on trouve des fragm. dans les A necdota qræca de Villoison Venise, 1781,2 volumes in-4.

Constantin céphalas , compilateur du x* siècle. On lui doit une Anthologie qui renferme beaucoup de pièces intéressantes; ce recueil précieux a été retrouvé par Saumaise en 1616 à Heidelberg et réimpr.p. Fr. Jacobs, Leipsick, 1813-17, 3 vol. in-8. R fait aussi partie de l’édition de la Byzantine imprimée à Bonn.

Constantin (Robert), helléniste , né à Caen au commencement du xvi« siècle, mort en 1605, pro-

fessa les belles-lettres à Caen. On lui doit un dictionnaire grec qui est un des plus anciens et des plus estimés, Lexicon yrceco-latinum, 2 vol. in-fol., Genève, 1566, souvent réimprimé.

Constantin pAULOwiTZ , grand-duc de Russie, deuxième Ois de Paul I , devait succéder à Alexandre, mais il céda le trône à son frère Nicolas et se contenta du titre de vice-roi de Pologne, qu’il possédait depuis 1816. 11 fut chassé de Varsovie lors de l’insurrection de la Pologne, et mourut peu après du choléra, en 1831. Ce prince était d’une rudesse sauvage.

C0NSTANT1NA, nom commun à plusieurs villes rnciennes, ainsi nommées en l’honneur des Constantins; les principales sont : Arelaïc (auj. arles), et Cirla (auj. constantine).

CONSTANTINE, Cirla, Sillianorum Colonia, Constantina , ville importante de l’état d’Alger , ch.-l. de la prov. de Constantine, à 280 kil. E. d’Alger, par 3° 48’ long. E., 36° 25’ lat. N. ; de 30 à 40,000 hab. Place très forte, située sur un roc escarpé dont le Roumel ou Oued-el-Kebir fait une sorte de presqu’île qui n’est abordable que du côté de l’ouest. On y trouve un grand nombre de monuments romains et des ruines antiques très précieuses. — Cette ville, très importante dans l’antiquité, porta le nom de Cirta du temps des Numides ( Voy . cirta) ; elle reçut du temps de Jules César le nom de Sillianorum civitas, à cause d’un certain Sittius, qui y conduisit une colonie ; elle prit ensuite le nom de Constantine en l’honneur de Constantin qui la rebâtit. Constantine fit longtemps partie de l’état de Tunis ; les Algériens s’en emparèrent dans le xvm® siècle. Elle passa sous la domination des Français en 1830 avec la régence d’Alger; toutefois elle résista longtemps à nos armes : Clausel échoua devant elle en 1836, et elle neputètre prise qu’en 1837. après nn siésre rneurtr.,oü périt le gén. Damrémont

constantine (jadis beylik ou pacnalik, auj. prov, de), division orientale de l’état d'Alger, bornée au N. par la Méditerranée, à l’E. par l’état de Tunis, au S. par le pays de Zab, à l’O. par l’Algérie proprement dite et la prov. de Titterie; 480 kil. sur 400. Ch.-I., Constantine; villes principales: Rone, Bougie, ua Calle et Philippeville. Riv. principales : le Mafrag, la Mansoura, la Serra, l’Oued-el-Kebir , etc. Elle est formée de l’ancienne Numidie. Ses habitants, qui sont presque tous de la race kabaïle, surtout dans les montagnes, sont très belliqueux; ils 3e divisent en lin grand nombre de tribus presque indépendantes et dont les principales sont celles des Haractas, des Coucos, etc. L’ancien bey de Constan tine, Achmet-bey, n’obéissait que nominalement au dey d’Alger. Depuis l’occupation française le commandement en chef de la province appartient à un lieutenant-général placé sous les ordres du gouverneur-général, et qui régit la province par l’intermédiaire de chefs indigènes.

CONSTANTINOPLE, Conslantinopolis , d’abord Byzantium, appelée Stamboul par les Turcs, capitale de la Turquie d’Europe et de tout l’empire turc, dans une superbe position, sur le détroit de Constantinople; 600,000 hab. (y compris les faubourgs) ; 16 kil. de tour. Épaisses murailles, vingt tours; vaste port, un des plus magnifiques du globe ; trois erands faubourgs : Galata (quartier des négociants), Péra (quartier des Européens), Cassim - Pacha ; le Fanar, quartier des Grecs. Rues étroites ; maisons en bois, ce qui cause de fréquents et terribles incendies. Place de VAt-meidan ou Hippodrome; nombreuses fontaines; aqueducs dont quelques-uns sont très-beaux : bains en quantité ; bazars; divers palais ou séraïs (parmi lesquels il faut remarquer le Sérail proprement dit et le Vieux-Sérail ); 344 mosquées, dont les plus belles sont la ci-devant église de Sainte-Sophie, construite par Justinien, et les mosquées du sultan Aclnnet, du sultan Soliman,

du sultan Osman et de la sultane Validé. Beaucoup de mektebs (espèces d’écoles primaires) et de medressehs (collèges) ; églises grecques . arméniennes, etc. ; monuments anciens, ou plutôt du Bas- Empire; arsenal militaire, dit Top-Ivhané ; belles casernes, célèbre château des Sept-Tours qui sert de prison d’état. Les environs de la ville sont charmants ; le long des deux rives du détroit , les côtes «ont partout bordées de kiosques et de maisons de campagne délicieuses. Constantinople a trois imprimeries, l’une rabbinique et arménienne, l’autre arabe, persane et turque, la troisième française; une école militaire, une de mathématiques, une de navigation, une de médecine, près de 40 bibliothèques; il y paraît depuis quelques années un journal officiel, le Moniteur turc. Peu d’industrie et de commerce. Climat variable et peu salubre ; on y est exposé à des pestes très fréquentes, mais dont le retour est dû surtout à l’incurie des Turcs. — Cette ville, connue primitivement sous le nom de Byzance, joua, dès les temps les plus anciens, un rôle important. {Voy. byzance.) Plusieurs fois ravagée ou détruite (sous Septime Sévère, 196, sous Gal- Iien et ses successeurs), elle ne recouvra sa splendeur que sous Constantin qui, maître de l’empire romain, en fit sa résidence, 330, et lui donna son nom. Lors du partage de l’empire romain, 395, Constantinople devint la capitale de l’empire d’Orient, et bientôt elle surpassa Rome même par la magnificence de ses monuments, par sa population, ses richesses et son commerce. Elle fut renversée sous Justinien par un tremblement de terre (557), mais on la réédifia aussitôt après avec plus de magnificence encore. Elle fut vainement assiégée d’abord par les Avares seuls, 593, puis par les Avares unis aux Perses, 625; par les Arabes, 671-678; par les Bulgares , 755; par les Varègues, 866. Les Croisés s’en emparèrent en 1203 et placèrent sur le trône Alexisle-Jeune , dont le père, Isaac , avait été chassé par Alexis-l’Ange (1195); ils la reprirent l’année suivante sur Ducas Murtzuphle qui avait chassé Alexisle-Jeune, et cette fois s’y établirent; ils y fondèrent l’empire latin. En 1261, Michel VIII Paléologue , empereur de Nicée , s’empara de la ville par surprise et remonta sur le trône d’Orient. Enfin, après avoir été plusieurs fois attaquée, par Orkhan (1337), Bajazet, Amurath, Constantinople finit par devenir la proie des Turcs. Mahomet II la prit en 1453 et en fit la capitale définitive de l’empire ottoman. Depuis ce temps, les Turcs l’ont conservée en leur possession ; mais ils ont laissé dégrader d’une manière déplorable scs monuments les plus magnifiques. — Constantinople joue un grand rôle dana l’histoire de l’Église : elle fut d’abord un simple évêché et eut la gloire de compter saint Jean Chrysostôme parmi ses évêques. Les conciles de Constantinople (381), de Chalcédoine (451), l’érigèrent en patriarcat, en lui donnant le deuxième rang dans l’Eglise , ce qui sema le germe du schisme entre les églises d’Occident et d’Orienl (F. piiOTios) . En 595, Jean-le-Jeûneur usurpa le titre de patriarche œcuménique; il fut imi té en cela par son suce. Cyriaque; mais cette prétention futrepousséeàla fois par le pape (S. Grégoire) et même par l'empereur (Phocas). En 858 , le patr. Photius déclara l’Eglise grecque indépendante des papes, commençant ainsi le grand cobicmequi fut consommé en 1053. De nombreux conciles se sont tenus à Constantinople ; on en compte quatre œcuméniques, savoir : 1» en 381 ; on y dressa un symbole de la foi qui confirmaii celui de Nicée et on assigna à l'évêque de Constantinople le premier rang après le pape ; 2° en 553 ; on y condamna les écrits de trois fameux nestoriens, Ibbas d’Edesse, Théodore!, év. deCyr, et Théoore de Mopsueste; 3» en 680: on y condamna le monohélisme, ainsi que la mém. du pape llonorius et de

4 patriarches monothél.; 4° en869:Photiusyfut anathématisé. On doit citer aussi : 1° le Quini-Sextum ou in Trullo, convoqué au palais impérial par Justinien 11 en G91 pour compléter les décrets rendus par quelques-uns des conciles précédents, mais dont les canons ne furent pas reconnus par les papes; 2° deux conciles des Iconoclastes, l’un en 730, l’autre en 759. Pour l’histoire de l’empire d’Orienlet pour la série des empereurs, Foj/. orient (empire d’).

Constantinople (eana1 de). F. Bosphore de thrace.

CONSTITUANTE (Assemblée). Voy. assemblée.

CONSTITUTION. En France, depuis 1789, un grand nombre de constitutions ont été successivement proposées et abolies ; on en compte 9 principales : 1° la Constitution française , décrétée par i’Assemblée nationale et acceptée par le roi en 1791; elle établissait un gouvernement à la fois monarchique et représentatif; 2° Y Acte constitutionnel , présenté au peuple français par la Convention en 1793, et qui posait en principe la souveraineté du peuple, l’unité et l’indivisibilité de la République; 3° la Constitution de l'an ni (1795), créant un Directoire chargé du pouvoir exécutif , et deux Conseils, celui des Anciens et celui des Cinq-Cents, revêtus du pouvoir législatif ; 4° la Constitution ae Can viii ( 1799), nommant trois consuls un premier et un second qui étaient décennaux ( Bonaparte < et Cambacérès), et un troisième (Lebrun) qui était quinquennal ; un sénat conservateur, un corps législatif et un tribunat; 5° le sénatus-consulte organique de la constitution (1802), qui modifia la constitution précédente en proclamant le consulat à vie ; 6° le sénatus-cousulte organique de l'empire français (1804), qui confère à Napoléon letitred’cmp.; 7°la Charte octroyéepar LouisX VIII en 1814, et revisée en 1830; 8° la Constit.de la Répub l. de 1848 ; 9° la Constit. promulguée par Louis-Napoléon le 14janv. 1852, suiv. du sén cons.du 23 déc. de la môme année qui rétablit l’empire.

constitution civile du clergë. On nomma ainsi une nouvelle constitution imposée au clergé de France par un décret de l’Assemblée nationale rendu le 12 juillet 1790. Par ce décret, il devait y avoir un évêque par département ; l’élection des évêques et des curés serait faite par le peuple à la pluralité des voix ; tous les fonctionnaires ecclésiastiques devaient être salariés par l’état, et une dotation annuelle qui s’élevait à 77,000,000 de fr. remplaçait les revenus divers et bénéfices que le clergé avait possédés jusque-là. Le roi accepta ce décret le 26 décembre de la même année, et dès le lendemain 58 ecclésiastiques prêtèrent serment à la nouvelle constitution au sein de l’Assemblée nationale; mais la plus grande partie du clergé refusa le serment. A dater de ce moment , il se fit une scission dans le clergé : on distingua les prêtres constitutionnels ou assermentés , et les prêtres non assermentés. Le concordat de 1 801 mit un terme à ces divisions.

CONSTITUTIONS de clarendon. Voy. Clarendon.

constitutions pontificales, décisions des papes en matière de doctrine ou de discipline, rendues tantôt en forme de bulles, tantôt en forme de brefs. On connaît surtout la constitution Unigenitus. Voy. bulles.

CONSUBSTANTIATION, dogme des Luthériens qui enseignent que le corps de J. -C. existe dans le pain consacré sans nue la substance du pain soit détruite.

CONSUEGRA, Consaburus , vi*lle d’Espagne (Tolède), à 60 kil. S. E. de Tolède; 5,400 hab.

CONSULAT. Voy. consuls.

CONSULS (à Rome), magistrats souverains de la république romaine, institués après l’expulsion des rois (509 av. J.-C., ) pour veiller ( consulere ) aux intérêts de l’état ; ils étaient au nombre de deux et leur magistrature durait un an. Les consuU étaient ■ chargé* du pouvoir exécutif, convoquaient, el congédiaient le sénat, présentaient des projets de loi, pré sidaicntàla création des magistrats, levaient les trou¬

pes, commandaient leu armées ; mais ils ne pouvaient Bortir de l’Italie tous deux en même temps, ils étaient nommés par le peuple assemblé en centuries; lia entraient en charge au 1er janvier et donnaient leur nom à l’année. Leurs marques distinctiv es étaient une chaise curule , une baguette d’ivoire et douze licteurs qui portaient devant eux des haches et des faisceaux, symboles du pouvoir exécutif. Quand la républiqueeut été détruite, le consulat futconservé, mais l'importance de cette charge diminua, et elle ne fut plus qu’honorifique : il y eut une foule de consuls subrogés, c.-à-d, de consuls substitués aux premiers pour trois mois, deux mois et quelquefois quinze jours ; alors le3 deux premiers seuls donnaient leur nom à l’année. Lors de la division de l’empire, 395, l’Orient et l’Occid. eurent chacun un consul. Justinien supprima le consulat dès 541 ; mais il ne fut légalement aboli que sous Léon \ I, vers 900.

consuls (en France), magistrature suprême de la République française, fut établie après la révolution du 18 brumaire par la constitution de l’an viii (1799) et remplaça le Directoire. On créa d’ar bord un consulat provisoire, qui fui déféré à Sieyès, Roger-Ducos et Bonaparte ; mais environ un mois après, le pouvoir fut définitivement déféré à trois consuls; ils étaient distingués en premier, second et troisième consul ; les deux premiers étaient nommés pour dix ans, le troisième pour cinq ans seulement; au sénat appartenait le droit de les élire; pour la première fois, ils furent nommés par la constitution qui établit le consuJat ; ce furent : Bonaparte comme premier consul, Cambacérès et Lebrun comme second et troisième. Le premier consul promulguait les lois, nommait ou révoquait les ministres, les ambassadeurs, les membres du conseil d’état, les officiers des armées de terre et de mer, les agents administratifs, les juges civils et criminels, à l’exception des juges de paix et des membres de la cour de cassation. Par un acte du 4 août 1802, la base de l’institution du consulat fu complètement changée : les trois consuls furent nommés à vie ; le premier consul acquérait le droit de ratifier les traités, nommait des sénateurs à volonté et exerçait le droit de grâce. Le 18 mai 1804 un sénatus-consulte convertit enfin ce titre de premier consul en celui d’empereur, et remit tout le pouvoir dans les puissantes mains de Bonaparte.

CONSUS, divinité révérée par les Romains comme le dieu du conseil. On le croit le même que Neptune Equestre. Son temple était dans le grand Cirque ; il était enfoncé à moitié en terre, pour montrer que les desseins doivent être tenus secrets.

CONTADES (Louis-Georges Érasme, marquis de), maréchal de France, né en 1704 près de Beaufort en Anjou , mort en 1795, prit part à toutes les guerres que la France eut à soutenir de 1737 h 1748. La paix d’ Aix-la-Chapelle ayant été rompue, le marquis de Contades fut nommé général en chef, et peu après maréchal de France. Il soumit successivement la Hesse, Paderborn, Minden, Osnabrück, une partie du Hanovre et Milnster; mais le prince F. de Brunswick le déf. à Miuden par suite des mauv. dispositions du duc de Broglie, 1759 ; C. fut alors rappelé en France. En 1763 il fut chargé du gouvernement de l’Alsace et le conserva jusqu’en 1788.

CONTARIN1, famille illustre de Venise, a fourni sept doges à la république (depuis Dominique Contar rini, 1043, jusqu’à Louis Contarini, 1676), et compte parmi ses membres des ambassadeurs, des cardinaux et des gens de lettres. Le plus connu est Gaspard Contarini, né à, Venise en 1483, mort en 1542, qui fut cardinal et légat du pape à la diète de Ratisbonne (1540), et qui fit de vains efforts pour rapprocher les Catholiques et les Protestants. Il a laissé plusieurs ouvrages , entre autres un traité De immortalilau animœ, contre Pomponace, qui avait été son maître.

CONTAT (mademoiselle), célèbre actrice, née à Paris en 1760, morte en 1813, jouait la comédie avec perfection et se faisait remarquer par la flexibilité de son talent , réussissant également dans les rôles de grandes coquettes et dans ceux de soubrettes. Elle ût en partie la fortune des pièces de Marivaux, de Beaumarchais, etc. Elle se retira du théâtre à 50 ans; elle avait épousé M. de Parny, neveu du poète.

CONTÉ (Nic.-Jacq.) , homme remarquable par son industrie, né en 1755, près de Séez en Normandie, mort à Paris en 1805; il apprit dans son enfonce la peinture sans maître, puis se livra à l’étude des sciences et surtout de leurs applications. A l’époque où l’on voulait employer les aérostats à la guerre, il fut chargé de la direction d’une école d’aérostiers, formée à Meudon. Envoyé en Égypte comme commandant des aérostiers, il s’y rendit utile par une activité infatigable, et créa des fabriques de tout genre pour l’armée qui manquait de tout. On lui doit les crayons dits de Conté. Séez lui a élevé une statue.

CONTESSA, ville de Sicile (Palerme), à 15 kil. S. O. de Corleone ; 3,000 hab., presque tous Arnautes.

contessa ou orfano, ville de la Turquie d’Europe dans la Roumélie mérid., sur un golfe de l’Archipel qui porte le même nom , par 21° 25’ lat. N., 41° 10’ long. E.; 2,000 maisons.

CONTESTAN1, peuple de l’Hispanie, au S. des Edetani. Leur pays forme auj. une partie des intendances de Carthagène et de Murcie.

CONTI, bourg du dép. de la Somme, à 22 kil. S. O. d’Amiens; 750 hab. Il faisait partie des domaines de la maison de Condé, et a donné son nom à la branche cadette de cette maison. Ce bourg eut anciennement des seigneurs particuliers ; il passa par mariage d’abord dans la maison de Mailly à la fin du xiv® siècle, puis dans celle de Bourbon-Condé en 1551.

CONTI, branche cadette de la maison de Bourbon-Condé, a pour chef Armand, prince de Conti ( Voy . ci-après). Le titre de prince de Conti avait déjà été porté avant Armand par François de Bourbon, fils de Louis de Bourbon, premier prince de Condé, marié en 1605 à une tille du duc de Guise, et mort en 1614, sans laisser d’enfants.

conti (Armand, prince de), né à Paris en 1629, mort en 1666, frère cadet du Grand Condé, prit quelque part aux troubles de la Fronde, fut arrêté avec son frère et enfermé au Havre par ordre de Mazarin; il fit ensuite sa paix, épousa une nièce du cardinal, et fut nommé gouverneur de la Guyenne. Il lit en Italie une campagne qui ne fut pas heureuse. Il a écrit contre les spectacles.

conti (Franç.-Louis, prince de), fils du précédent, né en 1664, mort en 1709, se distingua aux journées de Steinkerque, de Fleurus et de Nerwinde. Il fut élu roi de Pologne à la mort de Sobieski (1697); mais lorsqu’il arriva pour prendre possession du trône, il le trouva occupé par Auguste II. Louis XIV ne l’aimait pas, et il ne lui confia aucun commandement important. Massillon a prononcé l’oraison funèbre de ce prince.

conti (L. -François, prince de), petit-fils du précédent, né en 1717, mort en 1776, commanda en Piémont (1744), où il gagna la bataille meurtrière de Coni (1744), puis en Flandres où il prit Mons (1745). — 11 laissa un fils qui mourut à Barcelone en 1814, et en qui finit la branche des princes de Bourbon-Conti.

CONTI (Louise-Marguerite, princesse de) , femme célèbre par son esprit et sa beauté, fille de Henri, duc de Guise, fut aimée de Henri IV et fut mariée en 1605 à François de Bourbon, prince de Conti. Etant devenue veuve en 1614, elle épousa secrètement le maréchal de Bassompierre, et fut disgraciée avec lui. Elle mourut en exil (1631). On a d’elle l’ Histoire des amours de Henri IV, 1664, qu' avait d’abord été publiée avec des noms supposés soys le

titre d’ Histoire des amours du grand Alcandre.

CONTI (Noël), Nalalis Cornes, écrivain italien, né à Milan, ou selon d’autres à Venise, au commencement du xvie siècle, mort vers 1582, est auteur de plusieurs poèmes latins , De Horis , De Anno, etc.; d’une Histoire de son temps , 1572, et d’un ouvrage important intitulé Mythologiœ , Venise, 1551, où il explique par la philosophie les mythes des anciens. Il a traduit en italien Athénée et plusieurs autres écrivains grecs.

conti (Ant. schinella, dit l’abbé), littérateur et savant, patricien de Venise, né à Padoue en 1677, mort en 1748, voyagea en France, en Angleterre; se mit en relation avec les principaux savants, et se lia surtout avec Newton. Il contribua beaucoup à faire connaître en Italie les découvertes faites dans les pays étrangers , et à y répandre l’esprit philosophique. Il avait écrit sur une foule de sujets divers, et avait commencé à donner une édition de ses œuvres, quand il mourut. On a de lui deux vol. in-4, publiés à Venise, 1739-56. On y trouve un Traité du Beau , dans l’esprit de Platon , des poèmes, des tragédies (/. Brutus , César, M. Brutus , Drusus).

conti (Ant. -Marie ) , savant italien. Voy. majo- RACIUS.

CONTICH, ville de Belgique (Anvers), à 10 kil. S. E. d’Anvers; 3,000 hab. Huiles de navette et de colza. Chevaux.

CONTRA- ACINCUM, ville de Germanie, auj .pesth.

contra-laton , contra-ombos , etc., villes d’Égypte, vis-à-vis de Lato ou Latopolis, d’Ombos, etc.

CONTRES, ch.-l. de cant. (Loir-et-Cher), A 19 kil. S. de Blois; 1,500 hab.

CONTREXEVILLE, bourg du dép. des Vosges, à 30 k. S. 0. de Mirecourt; environ 500 hab. Eaux ferrugineuses, bonnes contre la pierre, la gravelle,etc.

CONTRIBUTA, ville d’Hispanie, auj. medina-delas-torres.

CONVENÆ, peuple de Gaule (Novempopulanie), entre les Ausci, les Tectosages , les Consorrani, et les Bigerrones , au pied des Pyrénées (leur territoire répond au pays de Comminges). Leur ch.-l. était Convenœ , dit aussi Lugdunum Convenarum , auj. SAINT-BERTRAND— DE-COMMINGES.

CONVENTION NATIONALE, assemblée politique de la France, qui fut convoquée par l’Assemblée législative pour gouverner après la suspension de la royauté, etquisuccédaà l’ Assemblée législative elle-même, le 21 septembre 1792. Le jour même de son installation, la Convention abolit la royauté, proclama la république et concentra en elle seule tous les pouvoirs de l’état. Nous nous bornerons à énumérer les principaux actes de cette célèbre assemblée : le 19 novembre elle fit un appel à tous les peuples au nom de la liberté, promettant à tous ceux qui combattraient la royauté secours et protection; le 17 janvier 1793, elle prononça contre Louis XVI, à la majorité de onze voix, la peine de mort sans sursis et sans appel ; le 1er février, elle déclara la guerre à l’Angleterre, à la Hollande et à l’Espagne, et ordonna une levée de 300,000 hommes; le 5 septembre, elle établit une armée révolutionnaire ambulante portant partout la terreur ; le 5 octobre, elle abolit l’ère vulgaire et décréta que l’ère des Français compterait de la fondation de la république, c’est-à-dire du 22 septembre 1792, et que le calendrier serait changé ; le 10 octobre 1793 (19 vendémiaire an II), elle établit le gouvernement révolutionnaire, et bientôt elle décréta d’accusation, outre une foule de particuliers, la reine Maria-An toi nette (16 oct.), puis vingt et un députés Girondins, parmi lesquels Brissot , Gensonné , Vergniaud (31 oct.); enfin (5 avril 1794) les chefs mêmes de la révolution, üanton, Camille Desmoulins, ainsi que plusieurs autres républicains du club des Cordeliers, qu’on ne trouvait plus assez exaltés - le 7 mai (18Üorési),

COOR — 420 — COPE

Robespierre, devenu tout puissant dans l’assemblée, lit proclamer l’existence d’un Être suprême : le 27 juillet (9 thermidor), la Convention déclara hors la loi les deux Robespierre et leurs partisans les plus sanguinaires , et par là mit un terme au règne de la Terreur ; le 6 avril 1796 (16 germinal an ni), elle conclut un traité avec le roi de Prusse; le 31 mai (12 prairial), elle supprima le tribunal révolutionnaire ; le 22 juillet (4 thermidor), elle conclut un traité de paix avec l’Espagne ; le 26 octobre (4 brumaire an iv) , elle rendit un décret d’amnistie pour tous les délits révolutionnaires, et déclara ses séances terminées. Elle avait siégé trois ans et trente-cinq jours. Le siège de ses séances était le château des Tuileries. Avant de se séparer, elle avait rédigé la constitution dite de l’an ni. Voy. constitution. — Deux partis puissants et ennemis ont été sans cesse aux prises dans le sein de la Convention : le parti girondin ou modéré, et le parti jacobin ou de la Montagne , parti extrême. Les plus célèbres représentants du parti modéré ont été Brissot, Gensonné, Vergniaud, Condorcet, Péthion, Barbaroux; ceux du parti exalté, Robespierre, Danton, Collot-d’Herbois, Saint- Just, Tallien, Couthon, Marat. L’histoire détaillée de la Convention est dans l’histoire de ces hommes (Voy. leurs noms). Si on doit reprocher à la Convention un grand nombre d’actes violents, tyranniques, atroces même, on doit aussi reconnaître qu’elle a déployé dans les circonstances les plus graves une énergie sans égale, qu’elle a su combattre à la fois et avec Buccès les ennemis du dehors et ceux du dedans, enfin qu’elle a sauvé la France envahie par l'étranger.

CONVERSANO, Cupersanum , ville du roy. de Naples (Terrc-de-Bari) , à 30 kil. S. E. de Bari ; 7,600 hab. Évêché. Cathédrale. Cette ville fut fondée, dit-on, par les Etrusques. Les Normands au moyen âge en firent leur capitale.

CONVULSIONNAIRES, nom que l’on donna au xvme siècle à des fanatiques du parti janséniste , qui, après la mort du diacre Pâris él 7 27), e-e rendaient sur le tombeau de ce personnage . au cimetière de St-Médard , et qui là éprouvaient des convulsions et faisaient mille contorsions que l’on prenait pour des miracles. Quelques-uns d’entre eux, véritables illuminés, se torturaient volontairement et prétendaient trouver au milieu des souffrances les plus cruelles des extases délicieuses. On fut obligé de défendre l’entrée du cimetière pour mettre fin à cette espèce d’épidémie. Un plaisant mit sur la porte à cette occasion ce distique spirituel :

De par le Roi , défense à Dieu

De faire miracle en ce lieu.

CONWAY, ville d’Angleterre. Voy. aeerconway.

CONZA, Compsa, ville du roy. de Naples (Principauté Ultér.), à 13 kil. S. E. d’Avellino; 1,900 hab. Archevêché. Cathédrale. Cette ville fut fondée vers l’an 276 av. J.-C. ; renversée par le tremblement de terre de 1694, elle n’a pu se rétablir complètement.

COOK (Jacq.), célèbre navigateur anglais , né en 1728 à Marion (York), était fils d’un garçon de ferme et commença par être matelot. 11 s’éleva au rang de capitaine de vaisseau, et acquit sans aucun maître les notions de mathématiques et d’astronomie nécessaires à la navigation. Le capitaine Cook a exécuté par ordre du gouvernement anglais trois voyages autour du globe. Le premier, qu’il entreprit en 1768 et dans lequel il fut accompagné par les savants Banks et Solander, avait pour but d’aller observer à Otaïti le passage de Vénus sur le disque du soleil: dans ce voyage, il reconnut les côtes de la Nouvelle- Zélande et découvrit le détroit qui la partage en deux îles (détroit de Cook). Dans le deuxième, qu’il fit en 1772 avec les deux vaisseaux la Résolution et l ' Aventure, et qui dura trois ans, il eut pour mission do vérifier l’existence des terres australes ; s’étant

avancé jusqu au 71e degré de latitude méridionale, il e’-ossura qu’il n’existe aucune terre de quelque étendue dans ces régions ; il découvrit chemin faisant la Nouvelle-Calédonie. En 1776, il fit un troisième voyage, afin de s'assurer s'il existe une communication entre l’Europe et l’Asie par le N. de l’Amérique. Il fit le tour du Nouveau-Monde, gagna la côte N. O. de l’Amérique, et de là tenta de rejoindre la baie d’Hudson par le détroit de Behring; mais après avoir fait des efforts inutiles pour se frayer un passage à travers les glaces au N. du détroit de Behring, il fut forcé de renoncer à ce projet. Il redescendit vers le S. et s’arrêta pour réparer son vaisseau dans l’île d’Owhihée , une des Sandwich; là une querelle s’étant engagée entre l'équipage et les naturels qui avaient commis plusieurs vols, il périt dans la mêlée (1779). Ce qui distingue Cook, c’est le sangfroid qu’il conserva toujours dans ses périlleuses expéditions ; c’est son intrépidité, son esprit inventif et inépuisable ; c’est aussi le soin qu’il prenait de la santé de ses marina. Son premier voyage, rédigé par Hawkesworth, a été publié à Londres en 1773 et traduit en français par Suard, 1774 ; le deuxième, qu’il a rédigé lui-même, a paru en 1777 et a été traduit en 1778 par Suard ; le troisième, rédigé d’après ses journaux par le lieutenant King, a été publié à Londres en 1784, et à Paris en 1786, traduit par Demeunier.

COOK (archipel de), dans le Grand-Océan. Voy.

MANGEEA.

cook (détroit de), entre les deux îles de la Nouvelle-Zélande. Découvert par Cook, 1770.

cook (entrée de), golfe sur la côte O. de l’Amérique du Nord, par 161° 20-155° 6’ long. O., 69°-61* 18’ lat. N. Vu par Cook, puis exploré par Vancouver.

COOPER (Ant. ashley). Voy. shaftesbuby.

COPA1S (lac), en Béotie, au S. E. d’Orchomène, reçoit le Céphise et beaucoup de ruisseaux. 11 semble avoir jadis été plus grand : ses débordements produisirent, sous Ogygès, un déluge célèbre. Des travaux très remarquables et très anciens le mirent en communie, avec la mer. C’est auj. le Topolias.

COPENHAGUE, Kiœbenhaven en danois, Hafnia et Codania en latin mod., capitale du Danemark, dans l’île de Séeland, par 10° 1 4’ long. E., 66°-4l° 4’ lat. N.; 126,000 hab. Superbe port, bonne citadelle. Elle se compose de 2 villes différentes : Copenhague proprement dite (qui comprend la Ville-Vieille et la Ville-Neuve ou Ville-Fredéric) , et Christians-Haven. C’est une des mieux bâties de l’Europe. On y remarque les places Neuve-Royale , Amalienborg, Gammeltorv; les châteaux de Christiansborg, Amalienborg, Rosenborg , Charlottenborg ; le palais du prince Frédéric-Ferdinand (jadis palais de Bernstorf); les églises de Notre-Dame, du Sauveur, de la Trinité ; l’hôtel-de-ville , la grande caserne d’infanterie, etc. Elle a un grand nombre d’établissements d’instruction publique très importants: université, école polytechnique, grande école métropolitaine , école pour l’enseignement des hautes sciences militaires académie de chirurgie et plusieur bibliothèques (entre autres celle du Roi, qui est une des plus riches de l’Europe); galerie de tableaux, musées d’histoire naturelle, et d'antiquités du Nord ; musée Thorwaldsen; plus acad. et sociétés savantes. Copenhague a des fabriques de toiles, draps, dentelles, bonneterie, cartes à jouer, papiers peints, étoffes, chapeaux , porcelaine ; des raffineries de sucre , des blanchisseries de cire, de beaux chantiers de construction. — Fondéeen 1043, lejour de Noël, Copenhague n’était d’abord qu’un hameau habité par des pêcheurs; elle fut érigée en ville en 1284, et devint en 1443 la résidence de la cour. Elle a été brûlée en 1728 et 1795. Les Anglais la bombardèrent en 1807, quoique en pleine paix : 2,000 hab. y périrent.

COPERNIC (Nicolas), célèbre astronome polonais, né en 1473 à Thorn , mort en 1643 ; visita VT-

COQl)

talle afin de consulter les astronomes les plus renommés; se lia surtout avec Régiomontanus, enseigna quelque temps les mathématiques à Rome, puis vint se fixer dans sa patrie à Frauenbourg , où il fut pourvu d’un canonicat. Copernic soumit à un nouvel examen tous les systèmes proposés jusqu’à lui par les astronomes, et s'arrêta au système qui fait tourner toutes les planètes autour du soleil, d'occident en orient, et qui donne à la terre deux mouvements, l’un de rotation sur elle- même, l’autre de circonvolution autour du soleil. Il en avait trouvé le germe dans quelques anciens, surtout dans Philolatls; mais il se 1 appropria réellement en l'appuyant d’une foule d’observations et de calculs. Craignant les contradictions, il ne publia ses idées qu’à la fin de 3a vie ; il ne reçut le livre où elles étaient exposées que le jour même de sa mort. Ce livre est intitulé De Revolutiotiibus orbium cœlestium , Nuremberg, 1543; ilétaitdédiéàPaul 111. Ses OEuvres ont été pub. à Varsovie en 1 857 , in-f. Sa vie a été écr. par Gassendi.

? COPHÈS, rivière d’Asie , naissait en Arachosie et B’unissait aü Choès pour se jeter dans l'Indus près de Taxila. On croit que c’est le fl. actuel de Kaboul.

COP1APO, ville du Chili (Coquimbo), 3ur le Copiapo, à 9 kil. de son embouchure dans l’Océan, par 73° 10’ long. O., 27° 10’ lat. S. Presque anéantie parles tremblements de terre de 1819 et 1822.

COPPET, bourg de Suisse (Vaud), à 12 kil. N. E. de Genève ; 550 hab. Beau château appartenant à la famille de Staël , et célèbre par le séjour qu’y firent Bayle, le ministre Necker, et enfin madame de Staël (de 1808 à 1812).

COPROGL1-PACHÀ. Voy. koproli.

COPTES ou KOPTES, descendants des anciens Égyptiens, habitent l’Egypte, la Nubie, la côte d’Habech. Leur nombre est auj. très réduit. Presque tous sont marchands ou courtiers. La langue copte s’est éteinte au milieu du xvn® siècle ; aujourd’hui ce peuple parle l’arabe. On croit que les Coptes sont de race sémitique comme les Arabes eux-mêmes. — Kopi semble être le même mot qu’Ëgypte, et il est certain que le copte, s’il n’est pas l’ancienne langue égyptienne , en dérive directement. — Les Coptes professent la religion chrétienne , et sont presque tous eutychéens ; ils ont conservé la circoncision. Leur patriarche, qui réside au Caire, prend le nom de patriarche d’Alexandrie et de Jérusalem ; il nomme pour l’Abyssinie un vicaire général appelé abuna.

COPTOS, auj. Kept, ville de l’ancienne Égypte (Thébaïde), par 26° 2’ lat. N., sur un canal, près du Nil. C’était le grand entrepôt du commerce de l’Inde avec l’Europe ( on portait les marchandises de la mer Rouge à Coptos à dos de chameau). Cette ville , s’étant révoltée sous l’empire , fut prise et ruinée par Dioclétien en 296.

COQUILLE (Guy) , sieur de Romenay, jurisconsulte et publiciste, né en 1523 à Decize en Nivernais, mort en 1603. Il eut pour maître le célèbre Marianus Socin-le-Jeune. Député du Nivernais aux états d’Orléans de 1560, puis à ceux de Blois de 1576 et 1588, il y rédigea le cahier du tiers-état. De retour à Nevers , il reçut de Louis de Gonzague la place de procureur fiscal, qu’il remplit jusqu'à sa mort. Guy Coquille a laissé des Instilutes coutumières et un Commentaire sur la coutume de Nivernais. On a aussi de lui plusieurs ouvrages politiques: un dialogue sur les Causes des misères de la France , un traité des Libertés de l'Église gallicane, et des Poés. lat. , 1500, in- 12. Decize lui aélevéunestatue (1849).

COQUIMBO, ville du Chili, ch.-l. de la province de Coquimbo , à l’embouchure du Coquimbo , sur une hauteur, par 73° 39' long. O., 29° 54’ lat. S. ; 12,000 hab. Port commode ; rues tirées au cordeau. — La province de Coquimbo , une des sept du Chili continental a pour villes principales , outre

CORB

Coquimbo , Copiapo , San-Francisco de la Selva . Huasco, etc. Mines de cuivre.

CORA , ville de l’île de Samos , sur la côte S.; en a été la capitale.

CORACHIE, ville de l’Afghanistan. Voy. kurachie.

CORAN , A le or an ( c’est-à-dire le livre ), livre sacré des Musulmans, a été composé par Mahomet. Il est à la fois pour les Musulmans le recueil des dogmes et des préceptes de leur religion, et un code civil, criminel, politique et. militaire. Mahomet déclare dans le Coran que ce livre divin est l’œuvre de Dieu lui-même, et qu’il lui a été transmis par l’ange Gabriel ; mais il est facile de voir que ce n’est qu’un mélange confus des doctrines chrétiennes et juives unies aux üruiitions orientales. Le Coran fut mts en ordre et publié par Aboubekr, successeur de Mahomet, l’an 13e de l'hégyre (634 de J.-C.), et 2 ans après la mort du législateur; il est écrit dans le dialecte de l’Hedjaz, c.-à-d. dans l’arabe le plus pur ; il renferme néanmoins un grand nombre de passages obscurs. Il a été traduit en lat. par Bibliander, Maracci, etc.jen franç. par Du Ryer, 1734, Savary, 1783, et Kasimirsky, 1840, in- 12.

CORAS (Jacques), mauvais poëte du temps de Boileau, né à Toulouse en 1630, mort en 1677, était ministre calviniste. 11 a composé Jonas ou Ninive pénitente, Josué, Sarnson , David, poèmes, réunis sous le titre à' Œuvres poétiques, 1665.

CORATO, ville du roy. de Naples, à 40 kil. O. de Bari ; 9,600 hab. Belle église. Corato fut fondée par un comte de Trani , seigneur normand de la suite de Robert Guiscard.

CORAY (Diamant), savant helléniste, né en 1748 à Smyrne, d’une famille de négociants, mort à Paris en 1833. Après avoir consacré sa jeunesse au commerce, il vint en 1782 étudier la médecine à Montpellier, et se fixa à Paris depuis 1788. Il travailla à la régénération de la Grèce et publia dans ce but un grand nombre d’écrits littéraires et politiques. Ses principales publications sont les Caractères de Théophraste, grec-franç. , 1799; le Traité des airs , des eaux et des lieux d’Hippocrate, 1800 ; les Éthio piques d’Héliodore, 1804 ; la Géographie de Strabon, avec Laporte- Dutheil, 1805 et années suiv. ; une Bibliothèque grecque en 17 vol. in -8, 1807- 1826, qui comprend Isocrate, Plutarque , Strabon, la Politique et la Morale d’Aristote, Élien, et quelques petits ouvrages. 11 a en outre écrit plusieurs pamphlets politiques adressés à ses compatriotes, et s’est surtout efforcé de réformer la langue vulgaire. Comme philologue , on admire sa sagacité, mais on lui reproche trop de hardiesse dans ses corrections.

CORBACH , capitale de la principauté de Waldeck, sur l’itter, à 44 kil. O. de Cassel; 1,600 hab. Château d’Eisenberg; monument à la mémoire du prince G.-F. de Waldeck , maréchal au service de Hollande. En 1760 les Français défirent les Hanovriens aux environs de Corbach.

CORBEIL , ch.-l. d’arr. ( Seine-et-Oise ) , sur la Seine, au confluent de la Seine et de l’Essonne, à 28 kil. S. E. de Paris; 3,690 hab. Tribunal de lr* instance; société d’agriculture, bibliothèque; filatures de coton, moulins à farine, etc. Corbeil est desservi par le chemin de fer de Paris à Orléans. — Aux environs est Champ -Dolent, célèbre par la victoire de Labiénus, lieutenant de César, sur Camulogène, chef des Parisii. Corbeil eut des comtes jusqu’à Louis-le-Gros. Le duc de Bourgogne l’assiégea en vain, 1418, ainsi que les Calvinistes, 1562; le duc de Parme s’en empara en 1590. — L'arr. de Corbeil a 4 cant. (Arpajon, Boissy-Saint-Léger, Longjumeau, plus Corbeil), 93 comm. et 56,738 hab.

CORBÉNY, bourg du dép. de l’Aisne, à 18 kil. S. E. de Laon. Charlemagne y fut reconnu seul roi par les Francs Austrasiens, à l’exclusion des fils ds son frère Carloman (771).

Page 1