I. Rois et Princes
Il y eut en Macédoine cinq princes de ce nom :
Alexandre i, Ois d’Amyntas 1, 497-454.
Alexandre il, fils d’Amyntas II, 371-370.
Alexandre ni, dit le Grand, , fils de Philippe et d Olympias, naquitàPellalan 356 av. J.-G., fut élevé par le philosophe Aristote, et montra dès sa jeunesse ce qu’il devait être un jour. Pendant que son père assiégeait Byzance, il gouverna l’état, quoiqu’il n’eût que 16 ans, et soumit quelques peuples voisins. 11 monta sur le trône à 20 ans (336), conquit la Thrace et l’illyrie, soumit la Grèce, qui, se fiant sur sa jeunesse, avait cru pouvoir secouer le joug auquel Philippe l’avait soumise; il détruisit Thèbes, cù il n’épargna que la maison de Pindare ; il déclara ensuite la guerre aux Perses, et, s’étant fait nommer généralissime de toute la Grèce, il prit, avec 30,000 hommes d'infanterie et 5,000 chevaux (334), la route de la Perse. Après avoir passé l’Hellespont, il défit, sur les bords du Granique, l’armée de Darius, roi des Perses, et soumit avec rapidité toute l’Asie-Mineure. Une maladie dangereuse l’arrêta quelque temps à Tarse ; mais s’étant bientôt rétabli, il vainquit de nouveau Darius à Issus , en Gilicie (333). Dans cette bataille, il fit prisonnière toute la famille du grand roi , et la traita avec la plus noble générosité. Cette victoire fut bientôt suivie de la réduction de Tyr, de Gaza, de la Judée et de l'Egypte, où il fit bâtir Alexandrie ; il pénétra jusque dans la Libye, où il se fit déclarer fils de Jupiter par l’oracle d’Ammon. A «on retour d’Égypte, il remporta sur Darius une îouvelle victoire près d’Arhèles en Assyrie (331); cette victoire, qui fut bientôt suivie de la mort de Darius, le rendit maître de toute la Perse. Ne bornant point là ses conquêtes, il attaqua les Scythes et les Indiens, défit !e roi Porus qu’il traita avec magnanimité, et s’avança jusqu’à l’Hyphase. Ses soldats ayant refusé de le suivre plus loin, il revint à Babylone , où il déploya tout le faste et toute la mollesse des rois d’Asie. Les débauches et les excès auxquels il se livraabrégèrent savie.etil mourut a la fleur de l’àge, en 323 ou 324). On le crut empoisonné par An ti pater. 11 avait eu d’une femme Perse, de Roxane ( V. ce nom), un fils que Cassandre fit périr en bas âge. Alexandre n'avait pas désigné son successeur: il s était contenté de léguer la couronne au plus digne. Son empire fut partagé entre ses généraux, et ce partage devint la source de guerres longues et sanglantes. La vie d’Alexandre a été écrite par Quinte-Curce, Plutarque et Arrien. M. de Sainte-Croix a savamment discuté les témoignages des historiens de ce grand homme dans son Examen critique des historiens d'Alexandre.
Alexandre iv , fils posthume d’Alexandre-le- Grand , avait pour mère Roxane ; il porta un instant le nom de roi après la mort de son père ; Cassandre le fit tuer dans sa première enfance.
Alexandre v, fils de Cassandre. Il régna d’abord avec son frère Antipater (297-294).
Alexandre, tyran de Phères en Thessalie, l’an 369 av. J.-C., fameux par ses cruautés, fut vaincu par Pélopidas, général théhain, qu'il avait fait prisonnier par trahison, et fut tué par Thébé sa femme, l’an 357 av. J.-C.
Alexandre bala, Rhodien, usurpateur du trône de Syrie, se fil passer pour fils d’Autiochus-Epiphane, et réussit, avec le secours de Ptolémée-Philoinétor, roi d Egypte, à détrôner Démétrius-Soter, l’an 149 3V, J.-C. 11 fut peu après abandonné par ce prince
qu’il avait trahi, et fut lui-même détrôné par Démôtrius-Nicator, 144 ans av. J.-C.
Alexandre zébina, filsd'un fripier d’Alexandrie, se fit passer pour le fils d'Alexandre Bala, et soutenu par Ptolémée-Physcon, roi d'Égypte, usurpa le trône sur Démétrius-Nlcator, l’an 1 25 av.J.-C. Quatre ansaprès, il fut mis à mort par AntiochusGrypus, fils deNicator.
Alexandre j année, roi de Judée, succéda à Aristobule , son frère, l’an 106 av. J.-C., et fit avec quelque succès la guerre aux rois de Syrie ; il se fit détester par ses crimes, et fut chassé de son royaume. Rentré dans Jérusalem après six ans d'une guerre opiniâtre, il se vengea par les plus atroces exécutions. 11 mourut l’an 79 av. J.-C., laissant le gouvernement à sa veuve Alexandra.
Alexandre (Ptolémée), roi d'Égypte. Voy. ptolémée-alexandre.
Alexandre sévère, M. Aurelius Alexander Sever us , empereur romain , né à Acco, en Phénicie, vers l'an 209, avait pour mère Julie Mammée, et était cousin d’Héliogabale. Il fut adopté par ce prince et fut proclamé empereur en 222 , quoiqu’il eût à peine 14 ans. 11 réforma les abus, rétablit la discipline, encouragea les lettres et s« montra favorable aux Chrétiens. 11 obtintde grands avantages sur Artaxerce, roi des Perses (233) ; il était occupé à soumettre les Germains , lorsqu’il fut assassiné par ses soldats, à l’instigation de Maximin qui s’empara du trône après lui, l’an 235. Il était d’une sévérité extrême, et c’est de là qu'il a pris son surnom,
Alexandre, empereur d’Orient en 91 1 , était fils de l’empereur Basile-le-Macédonien et frère de Léonle-Philosophe , qui le précéda sur le trône. Il termina, au bout d’un an de règne, une vie qui avait été funeste à l’état, et dégradée par des vices honteux.
Alexandre i, roi d Ecosse, de 1107 à 1124, fut sévère jusqu’à la cruauté. Le nord du royaume s’étant insurgé, il vainquit les rebelles, fit périr les chefs, et régna ensuite paisiblement.
Alexandre il, roi d’Eeosse, de 1214 à 1249, fils de Guillaume-le-Lion , porta la guerre en Angleterre, ce qui fit mettre son royaume en interdit par le pape. Mais il épousa ensuite Jeanne, sœur du roi d’Angleterre Henri 111, et la paix fut rétablie.
Alexandre m, fils du précédent, roi d’Ecosse, de 1249 à 1286, monta sur le trône à l'âge de 8 ans. 11 défit les Norwégiens, qui avaient envahi son royaume, et donna ensuite sa fille en mariage au prince Eric, depuis roi de Norwège.
Alexandre .iagellon , grand-duc de Lithuanie, élu roi de Pologne en 1501, réunit les deux états en un seul. 11 abandonna les rênes du gouvernement à un favori nommé Gl'nski, et mourut en 1506. C’était un prince indolent et faible.
Alexandre i paulüwitz, empereur de Russie, fils de Paul 1 et petit-fils de Catherine il, né en 1777, eut pour précepteur le colonel Lahaepe, qui l’éleva dans des idées fort libérales, et monta sur le trône eu 1801 ; on l’a accusé, mais sans preuves , d’avoir trempé dans le meurtre de son père. Dès les premiers jours de son règne, il rappela une foule de bannis, abolit la censure, la confiscation, la torture, et réduisit les impôts; il s’occupa ensuite de faire fleurir les lettres et les arts, fonda plusieurs universités et plusieurs hospices, réforma le code criminel, et donna une nouvelle organisation au sénat, qu’ii constitua en haute cour de justice. Il forma, en 1805, avec la Graude-Bretagne , une coalition contre la France, dans laquelle entrèrent ensuite l’Autriche, la Prusse et la Suède. Après avoir perdu les batailles d Austerlitz (2 décembre 1 805), d’Eylau (8 février 1807), et de friedland (14 juin 1807), il se vit contraint à demander la paix. 11 eut alors avec Napoléon, sur le Niémen, une entrevue devenue célèbre, et quelques jours après fut signé le traité do Tilsitt (7 juillet 1807). par lequel Alexandre reconnut toutes
les conquêtes de l’empereur français , et accéda ru Système de blocus continental. Kr. paix avec la France, Alexandre s’occupa d’étendre ses étals : il enleva la Finlande à la Suède, 1808, et fit la conquête de plusieurs provinces sur la Perse et sur la Turquie, 1809, 1810. Ayant refuséderernplircertaines conditions de son traité avec la France qui lui semblaient trop onéreuses, il s'attira de nouveau la guerre avec Napoléon, 1812. Il éprouva d’abord plusieurs revers, perdit les batailles deSmolensk et de la Moskowa,mais la disette de vivres et surtout la rigueur du climat forcèrent bientôt les Français à se retirer en désordre, après avoir éprouvé des pertes immenses. Alors Alexandre adressa de Varsovie à tous les souverains de l’Europe une proclamation par laquelle il les appelait aux armes (février 181 3), et ayant réussi à les détacher presque tous de l’alliance de Napoléon, il forma une nouvelle coalition, dans laquelle entrèrent successivement l’Angleterre, la Suède, la Prusse et l’Autriche. Après avoir subi plusieurs échecs dans les journées de Bautzen, de Lutzen, de Wurtschen et de Dresde, les alliés gagnèrent enfin la bataille décisive de Le'rpsiek (octobre l8l3),qui leur ouvrit les portes de la France; et malgré les prodiges de valeur de Napoléon et de ses généraux, ils purent pénétrer jusqu’à Paris. Alexandre, qui jouait le principal rôle, entra dans cette capitale avec les troupes confédérées, 31 mars 1814: il s'y conduisit en pacilicateur plutôt qu’en conquérant, replaça sur le trône la famille des Bourbons, et signa avec Louis X V 1 1 1 un traité qui assurait la paix générale (30 mai), et garantissait à la France l’intégrité de son territoire primitif. Il se rendit, en novembre 1 8 1 4 , au congrès de Vienne, et e’y fit céder la Pologne. A ia nouvelle du retour de Napoléon en France, Alexandre reprit les armes; mais la bataille de Waterloo avait décidé la question avant que ses troupes fussent arrivées. Il n’en continua pas moins sa marche jusqu’à Paris, où il entra en juillet 1816. Moins bien disposé cette fois que la première, il prit part aux mesures rigoureuses qui imposèrent à la France d immenses sacrifices; toutefois il s’opposa au démembrement du pays et préserva plusieurs monuments qu’on voulait détruire. Trois ans après, aucongrèsd’Aix-la-Ghapelle, 1818, il lit réduire l’énorme contribution qui avait été imposée à la France, et hâta la libération de son territoire. Avant de quitter Paris. Alexandre avait signé avec les souverains de l’Autriche et de la Prusse le singulier traité de la Sainte- Alliance, sorte de coalition des rois contre l’indépendance des peuples. De retour dans ses états, il ne s’occupa que de réparer les maux de la guerre, et d’assurer le bonheur de ses sujets; il donna une constitution à la Pologne, affranchit un grand nom* brede^erfs. établit de nombreuses colonies mil mires et bannit en 1817 les Jésuites qu’avait recueillie son aïeule Catherine il. Devenu à la lin de sa vie l’adversaire des idées libérales qu'il avait d’abord professées, il restreignit les privilèges qu’il avait accordés à la Pologne, et prit des mesures sévères contre la liberté de la presse et contre les associations secrètes. Aux congrès de Laybaeh, 1820, et de Vérone, 1822, il travailla, de concert avec les autres princes signataires du traité de la Sainte-Alliance, à réprimer les mouvements qui se manifestèrent en Piémont, â Naples et en Espagne. Alexandre était occupé à visiter les diverses parties de sou vaste empire, lorsqu’il mourut, en décembre 1 826, à Taganrog après une courte maladie, que les uns attribuèrent à l’insalubrité du climat, et les autres, mais sans preuve, a un empoisonnement. 11 avait été marié, dès l'âge de 16 ans, à une princesse de Bade-Baden, dont il n’a pas eu d’enlants. La vie d Alexandre a été écrite par A. E. (Adrien Egron), Paris, 1826, 1 vol. in-8 et par Alphonse Rabbe, 1828, 2 vol. in-8.
ALEXANDRE FARNKSE. VûlJ. FARNESE.
ALEXANDRE MÉDIUS. VoiJ. MÉDICIS