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mémoire qu’elle l’adopta par acclamation au nombre de ses membres. D’Alembert suivit aussi avec distinction la carrière littéraire. S’étant associé à Diderot pour la publication de l’ Encyclopédie (1750) , il donna à cet ouvrage non seulement de savants articles de mathématiques, mais aussi d'excellents articles de littérature, et il en rédigea le Discours préliminaire, morceau où il se montrait grand écrivain et grand philosophe et qui commença sa réputation littéraire. Il publia en outre plusieurs écrits détachés qui eurent un grand succès, surtout son Essai sur les gens de lettres. En 1754, il fut reçu à 1 Académie Française; il devint en 1772 secrétaire perpétuel de cette compagnie, et rédigea en cette qualité des Éloges qui l’ont placé à côté de bontenelle. fl mourut de la pierre en 1783, âgé de 66 ans. D’Alembert possédait des qualités qui l’ont fait aimer et estimer de tous ses contemporains ; au plus vif amour pour la science, il joignait la bienfaisance et le désintéressement. Il refusa les propositions brillantes du grand Frédéric, qui , lors des mesures prises contre les Encyclopédistes, lui offrit la présidence de l'Académie de Berlin ; il résista également aux instances de Catherine II, impératrice de Russie, qui voulait lui confier l’éducation de son fils. 11 eut pour Voltaire un attachement constant et entretint avec ce philosophe une correspondance suivie qui a été publiée après leur mort : tous deux y exhalent leur haine contre la religion chrétienne. Les principaux ouvrages de d’Alembert sont, pour la partie Mathématique : Traité de dynamique , 1743 ; Traité des fluides , 1744 ; Réflexions sur les vents , 1747 ; Recherches sur différents points du système du monde , Z vol. in-4, 1754 ; pour la partie littéraire : Mélanges de littérature et de philosophie , 5 vol. in-12, 1752 (dans lesquels on remarque surtout ses Éléments de philosophie ) ; Mémoires sur la destruction des Jésuites , 1765; Éléments de musique , 1779. Toutes ses œuvres ont été réunies en 18 vol. in-8 par Bastien, Paris, an xiii (1805). Il en a paru depuis une belle édition compacte et plus complète, en 6 vol. in-8, Paris, 1821-22, chez Belin. — Voy. l’espinasse (M11* de).

DALEMINZES , peuple slave , habitait aux vne, VIIIe et ix° siècles, entre les Sorabes au N. O. et la Bohême : il a laissé son nom à la Misnie.

DALEMULET, ville d’Afrique (Nigritie), dans le roy. de Barnbouk, sur la rive droite du Falakié, à 80 kil. S. de Galam. Aux environs, mines d’or.

DALGARNO (George), savant écossais, né à Aberdeen, publia à Londres en 1661 : Ars signorum, vulgo character universalis et lingua philosophica , dans lequel il propose une langue universelle fondée sur une classification méthodique des idées. Déjà Wilkins, dès 1641, avait traité ce sujet.

DAL1BARD (Thom.-Franç.), savant français, fut un des premiers à introduire en France la méthode de Linné et publia, sous le titre de Florœ pari siensis prodromus , Paris, 1749, une Flore des environs de Paris où les plantes sont distribuées d’après le système de ce savant. 11 fut aussi le premier à répéter les expériences de Francklin sur l’électricité atmosphérique et trad. ses écrits sur ce sujet, 1752.

DAL1E , Dalsland en suédois , anc. province de la Suède, dans la Gothie occidentale, forme auj. partie des deux gouvernements dits , l’un Elfsborg, l’autre Gœtheborg-et-Bohus.

DALILA, femme philistine, de la vallée de Sorec, fut aimée de Samson. Gagnée par l’or de ses compatriotes, elle lui coupa dans la nuit ses cheveux dans lesquels résidait sa force, et le livra ensuite pieds et poings liés à ses ennemis.

DAL1N (Olatls), écrivain suédois, né à Winsberg, 1708, mort en 1763, fut conseiller ordinaire de la ehancellerie et chancelier de la cour. Le gouvernement le chargea d’écrire YHistoire générale du royaume , Stockholm, 1747, 4 vol. in-4 : elle s’étend

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jusqu’à la mort de Charles XI. On a de lui un excellent poëme : la Liberté de Suède, 1742, et un grand nombre d'Épîlres, de Satires, de Fables , de Pensées.

DALKE1TH , ville d’Ëcosse (Edimbourg), à 10 kil. E. d’Edimbourg, avec un château qui appartint à la duchesse de Monmouth.

DALMAT1E. On entend sous ce nom : 1° la Dalmatie ancienne, Dalmatia , province de l’empire romain; 2° le royaume de Dalmatie, Dalmatien, qui, joint à l’Albanie, forme auj. un des quinxe grands-gouvernements des États autrichiens.

dalmatie ancienne, contrée de l’Europe, située entre l’Adriatique à l’O. et les monts de la Liburnie à l’E., faisait partie de la grande région illyrique. Ses habitants se subdivisaient en Dalmate» proprement dits (à Delminium et Salone), Ardyéenfl ou Vardéens (vis-à-vis de l’ile de Pharos), Autariates, Daorizes. Dans la distribution de l’empire en diocèses, la Dalmatie devint une prov. du diocèse d’Hlyrie occidentale, et fit partie de la préfecture d’Italie. Elle eut alors pour ch.-lieu Salone , qui était aussi capitale de tout le diocèse d’illyrie occidentale.

dalmatie-et-albanie (roy.de), prov. littorale des États autrichiens, le long de l’Adriatique, et la plus méridionale de l’empire, par 12° 36’ - 16° 33’ long. E., 42° 15’ -45° 10’ lat. N., se compose de 4 cercles : Zara, Spalatro, Raguse et Cattaro (Albanie), et de plusieurs îles: Arbe, Brazza, Bua, etc. ; 400 kil. sur 80; 350,000 hab., de races variées. Ch.-l., Zara. La Dalmatie est traversée par les Alpes Dinariques; elle est arrosée par de petites riv. côtières dont les principales sont : la Kerka, la Zermania, la Cettina et la Narenta. Climat tempéré dans l’intérieur, chaud sur ies côtes; sol fertile, riches carrières de marbre et d’albàtre; mines de fer et de houille. Draps communs, toiles, construction de petits bâtiments; assez de commerce. La langue usuelle en Dalmatie est le slave ou l’esclavon, et dans les villes maritimes, l’italien.

Histoire. La Dalmatie formait jadis un état puissant qui, au milieu du ue siècle av. J.-C., était soumis à Gentius, roi de l’Ulyrie. Les Dalmates-Ardyéens devinrent sujets des Romains dès l’an 229 av. J .-C. Paul-Emile prit Delminium en 2 1 9. Marcius Figulus (155), et Nasica Corculum (154), soumirent les Dalmates et les Autariates. Un Métellus soumit le reste du pays sans coup férir en 118, et prit de là le nom de Dalmalicus. L’an 9 de J.-C., la Dalmatie se révolta, mais ce soulèvement fut bientôt réprimé. Après la chute de l’empire d’Occident, la Dalmatie fut conquise par les Hérules, puis par les Ostrogoths ; elle fut enfin réunie à l’empire de Constantinople sous Justinien. En 640 les Slaves Sorabes s’y établirent en même temps que les Khrowates ou Croates en Liburnie (Croatie). Ces peuples furent quelque terni» tributaires des Avares ; ils reconnurent ensuite la suzeraineté des empereurs francs ; cependant la Dalmatie maritime, c’est-àdire Zara , Trau, Spalatro, Raguse, ou à peu près la Dalmatie actuelle, fut attribuée à l’empire grec par le traité de 812. Peu à peu ces peuples se rendirent indépendants. Les Croates et les Dalmates de la côte exercèrent longtemps la piraterie. De là des guerres avec Venise (997, etc.), qui s’emparades villesde la Dalmatie maritime. En 105J le Croate Crescimir Pierre les reprit et s’intitula roi de Dalmatie et de Croatie. 11 eut pour successeurs Dé- 1* métrius Suinimir et Etienne. Les rois de Hongrie héritèrent du dernier en 1088. Yenisene garda plus que Zara. Néanmoins elle reconquit la Dalmatie maritime après l’extinction des Arpades en 1301, et elle ne la perdit qu’avec son existence politique en 1797. la Dalmatie devint alors prov. d’Autriche, par le traité de Campo-Formio. En 1805, le traité de Presbourg la donna à Napoléon, qui en 1809 l’annexa aux provinces illyrieunes. Elle redevint an-

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