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DENY

les dessin» de plusieurs monuments, entre autres celui de la colonne de la place Vendôme, et recueillit dans les pays conquis un grand nombre d’objets d’arts dont il enrichit les musées français. On a de lui: Voyage en Sicile , 1788, et Voyage dans la Haute et la Basse-Égypte pendant les campagnes de Bonaparte, 1802 et 1829; cette publication fut comme le prélude du grand ouvrage sur l'expédition d’Egypte ; Monuments des arts du dessin, publiés et décrits par Amaury Duval, 1829.

DENTATUS (curius). Voy. curius.

DENTATUS (SICINIUS). Voy. SICINIUS.

DENTELIN (duché de) , ancien pays de France, était situé en partie dans la Normandie actuelle, et s’étendait, à ce qu’on croit, le long des côtes de la Manche entre la Seine et la Somme, ayant l’Oise au S. E. Ce -duché forma sous les Mérovingiens, aux vie et vne siècles, un grand fief qui appartint d’abord aux rois Neustrie ; mais l’an 600, Clotaire 11 fut obligé de le céder à Théodebert II , roi d’Austrasie. Les successeurs de ce dernier le conservèrent jusqu’au règne de Dagobert qui, de son vivant (634), le donna en partage àRon plus jeunefils Clovis II, depuis roi de Neustrie. Depuis cette époque, le duché de Dentelin reste uni à la Neustrie et cesse de figurer dans l’histoire.

DENTILIA, pays d’Afrique, dans la Sénégambie (Nigritie occidentale), sur la rive gauche de la liauteralémé. Ch.-L, Béniserayl. Autres villes: Kerouané, Ghiolafondou. Mines de fer. Peuple industrieux.

DENYS, Dionysius , surnommé l'Ancien ou le Tyran , tyran de Syracuse, était fils d’un homme obscur et fut d’abord soldat. Il se signala par ses exploits dans les guerres des Syracusains contre les Carthaginois; puis, profitant de l’empire qu’il avait sur les soldats, il se fit proclamer souverain dans Syracuse par l’armée, 405 av. J.-C. Il repoussa les Carthaginois qui tentaient de conquérir la Sicile ; mais ayant laissé prendre la ville de Géla, les Syracusains se révoltèrent contre lui. Il réussit à étouffer la sédition ; mais dès ce moment il devint inquiet , cruel, et se rendit odieux à ses sujets. Il était si soupçonneux, qu il n’admettait jamais sa femme et ses enfants dans son appartement sans les fouiller. 11 fit, dit-on, creuser dans le roc d’immenses souterrains, disposés de manière à ce qu’il entendît tout ce qui se disait autour de lui. Denys protégeait les philosophes et les poètes, et il faisait lui-môme quelquefois des vers. Une de ses tragédies ayant été couronnée à Athènes, il fut plus flatté de cette victoire que de toutes celles qu’il avait remportées sur les champs de bataille ; il ordonna que 1 on rendit aux dieux de solennelles actions de grâces , et fit préparer un festin magnifique. Il se modéra si peu dans ce repas qu’il mourut d’une indigestion, ' an 368 av. J.-C. Il était âgé de 63 ans, et en avait régné 38.

denys le Jeune , fils du précédent, succéda à son père, l’an 368 av. J.-C. Il appela le philosophe Platon à sa cour et parut vouloir se conduire par ses conseils ; mais il le chassa bientôt et se livra à la débauche et à la cruauté. Ayant banni Dion son beau-frère, celui-ci reparut bientôt avec quelques troupes, emporta Syracuse en trois jours, et en chassa le tyran, l’an 357 av. J.-C. Denys y rentra

10 ans après, et en fut encore chassé par Timoléon, général des Corinthiens. Alors il se réfugia à Corinthe, où il se fit, dit-on, maître d’école pour subsister.

denys d’Halicarnasse , historien et critique, né à Haliearnasse en Carie, vint à Rome l’an 30 av. j.-C., et y publia vers l’an 7 av. J.-C., sous le titre d’ Antiquités romaines, un savant ouvrage qui contenait l’histoire des premiers temps de Romt jusqu’à l’an 266 av. J.-C. Il se composait de 20 livres;

11 ne nous en reste malheureusement, que les 11 prem. avec des extraits et des fragm. des autres. 1» a aussi laissé des ouvrages de critique et de rhétorique très estimés : De V arranaement des tnoii.

Rhétorique , Jugements sur Us anciens écrivains, Examen de Lysias, Isocrate , Isée, Dinarquet Examen du style de Thucydide, de l’ Éloquence de Dimosthènes , etc. Toutes les œuvres de Denys d’Halicarnasse ont été publiées par Sylburge, Francfort, 1586, in-fol., gr.-lat.; par Reiske, Leipsick, 1774* 6 vol. in-8 ; les Antiquités romaines ont été traduite» en français par le P. Lejay, 1722, et par l’abbé fiellenger, 1723 ; le traité de Y Arrangement des mots , par Lo Batteux, 1788 ; les Jugements sur les orateurs, par M. Gro9, sous le titre d' Examen critique des écrivains de la Grèce, avec le texte, Paris, 1827-28, 3 vol. in-8.

denys de Thrace , surnommé le Grammairien , était originaire de Thrace, mais naquit à Alexandrie. 11 fut disciple d’Aristarque et enseigna les belles-lettres à Rome du temps de Pompée. On lui doit une Grammaire grecque, publiée par Fabricius dans le tome vu de la Bibliothèque grecque, et par fiekker, Anecdotagrœca, tom. il, Berlin, 1816.

denys le Périéyète, écrivain grec, auteur d’un poème sur la géographie, intitulé : Periegesis, etc., ou Voyage autour du monde, vivait, à? ce qu’on croit, dans le i«r siècle de notre ère. Ce poème a été traduit en vers latins par Priscianus, Avienus et Papius, en prose latine par H. Etienne, et en vers français par Bénigne Saumaise, 1597. La meilleure édition du Periegesis , avec le» traductions latines, est celle d’Oxford, 1717.

denys (saint), dit X Aréopagite, était un des juge» de l’Aréopage quand saint Paul comparut devant ce tribunal ; il fut converti par le discours de l’apôtre, fut établi par lui premier évêque d’Athènes, et fut brûlé vif ver» l’an 95 de J.-C. On a sous son nom des écrits mystiques qui paraissent avoir été fabriqués ver» le v* siècle, et dont l’auteur est inconnu. Ces ouvrage# sont au nombre de quatre : De la Hiérarchie céleste ; De la Hiérarchie ecclésiastique; Des Noms divins ; De la Théologie mystique. Envoyés en présent à Louis-le-Débonnaire par un empereur d'Orient, ces écrits obtinrent un grand crédit et devinrent un des éléments de la philosophie scolastique. Il» contenaient une application du platonisme et de la doctrine de l’émanation au christianisme. L’édition la plus estimée de ces ouvrages est celle défi. Corder, Par. , 1 644, in -f. , gr.-lat. Ils ont été trad. .en fr. p. l’abbé Darboy, 1844, in-3. On le fête le 3 oct.

denys (saint), apôtre des Gaules, fut envoyé de Rome dans les Gaules vers 250, fut le premier évêque de Paris, fonda plusieurs églises en France, et souffrit le martyre avec Rustique et Eleuthère ses com-

fiagnons vers 27 2, pendant la persécution de Valérien 1 fut mis à mort près de Paris, selon les uns, à Montmartre {mons Martyrum ), selon les autres kSl-Denys. On l’hon. le 9 oct. Dans les temps d’ignorance, on crutqu’après son martyre il avait marché, portant son chef dans ses mains: cette tradition vient de ce que, pour rappeler son supplice, on le représentait la. tête séparée du tronc, et qu’on plaç. sa tête entre ses mains.

denys, surnommé le Petit a cause de sa taille, moine originaire de Scythie, vint à Rome vers 500, y fut fait abbé d’un monastère, s’acquit une grande réputation par des ouvrages sur la discipline ecclésiastique et la chronologie, et mourut en 540. On a de lui des recueils de Canons apostoliques (publiés pour la lrc fois en 1628, in-8, par Justel ); de Décrétales (dans la Bibliothèque du droit canon) ; des versions latines d’ouvrages de saint Pacôme, etc. Ce fut Denys U

Petit qui introduisit l’usage de compter les années à partir de la naissance de J.-C. ; il trouva une période de 532 ans qui commençait à l’année même de l’incarnation, et qu’on appela, d’après son nom , période dionysienne.

denys, roi de Portugal, né à Lisbonne en 1261. mort en 1325, succéda en 1279 à son père Alphonse III, et mérita les beaux noms de Pire de la

DERB — 480 — DERY

patrie f de Roi libéral et P.oi laboureur , par les chartes qu’il octroya à ses sujets, chartes qui protégeaient le peuple contre les seigneurs et encourageaient les arts et l’agriculture. 11 fit avec avantage la guerre contre la Castille et l’Aragon, pour la défense des droits des infants de Lara. En 1310 il embrassa avec Chaleur la cause des Templiers, soutenant leur innocence. Quand l’ordre eut été détruit, il en recueillit les débris et les admit dans un ordre nouveau, qu’il créa en Portugal sous le nom d’Ordre du Christ (K. ce mot). Denys fonda la première université du Portugal (à Coïmbre, 1291) et créa la marine du pays.

denys le Flamand, peintre. Voy. calvart.

DEOGHIR, ville de l’Inde. Voy. daolletabad.

DÉOLS, dit aussi Bourg-Dieu , bourg du dép. de ï’indre, sur l’Indre, à 2 kil. N. E. de Châteauroux; 1,900 hab. Jadis ch.-l. de la principauté de Déols. On attribua la fondation de ce bourg à Léocade, préfet de la Gaule Lyonnaise sous les premiers empereurs

DEOPHAG, ville de l’Inde. Voy. devapràyàgà.

DEOUL11VA ou LHV1L1ISO, bourg deRussie (Moscou), à 62k. N. de Moscou. 11 y fut signé, en 1618, un traité de paix entre la Russie et la Pologne, par lequel le prince Wladislas, fils de Sigismond 111, roi de Pologne, renonça à la couronne de Russie.

DEPPEN , village des États prussiens (Prusse), à 17 kil. E. de Mohrungen ; 80 hab. Victoire du maréchal Soult sur les Russes et les Prussiens, 1807.

DEPTFORD, ville d’Angleterre (Kent), au confluent de la Tamise et de la Ravensbourne, à 9 kil. S. E. de Londres, dont elle touche même 2 quartiers, Greenwich et Sou thwark; 20,000 hab. Chantier royal de construction (avec bassins, magasins, etc.); deux hospices pour les maîtres d’équipage , les pilotes et leu rs veuves. Le czar Pierre-le-Grand vint travailler à Deptford comme ouvrier en 1698.

DE PURE (Michel), abbé, né à Lyon en 1634, mort en 1680, n’est connu que par le ridicule dont Boileau l’a couvert. 11 a traduit Quintilien , 1663, 2 vol. in-4, la Vie de Léon X . de Paul Jove, etc.; 11 a donné lui-même la Vie du maréchal de Gassion , 1673, 3 vol. in-12, et a risqué au théâtre quelques pièces médiocres.

DÉPUTÉS. Voy. chambre des députés.

DER ou DE1R (el), Thapsacus, village delà Syrie (Damas), à 90 kil. S. E. de Taibeh, sur l’Euphrate. Il est habité par des Arabes. Alexandre y avait établi jadis un chantier de construction.

DERBÉ, ville d lsaurie, au S. E. d’Iconium et au pied d’une des montagnes du Taurus [VAla-Dagh actuel). Résidence d’Antipater.

DERBEND ou DERBENT, Albana des anciens, Demir-Kapou (porte de fer) des Turcs, ville de la Russie mérid., jadis ch.-l. du Daghestan, à 310 kil. N. E. de Tiflis, à 4 kil. de la mer Caspienne ; 7,000 h. Mura flanqués de tours, citadelle. Aspect oriental, bazars, belle mosquée; commerce de soie et de safran. Bon vin. Non loin de là, on voit les débris d’une grande muraille qui, dit-on à tort, allait de la mer Noire à la mer Caspienne, et que coupait un défilé célèbre, le défilé de Derbend ( Albaniæ pylæ). Ce défilé était fermé par des portes de fer. — Suivant les traditions, Alexandre serait le fondateur de Derbend. Chosroêsle-Grand la fortifia, et au vne siècle les Arabes s’en emparèrent. Haroun-al-Raschid y séjourna plusieurs fois. Les Russes l’ont prise aux Persans en 1722, rendue en 1735, el reprise en 1795; ils la possèdent encore aujourd’hui.

DERBY, ville d’Angleterre, ch.-l. d’un comté de même nom, sur la Derwent, à 178 kil. N. O. de Londres; 23.600 hab. Arsenal; magasin à poudre; fabrique de tissus; orfèvrerie. — Le comté de Derby est situé entre ceux deChester, Stafford, Leicester, Nottingham et York; il a 88 kil. sur 35, et 237,000 hab. Surlace inégale, montagnes, étangs; sol assez

fertile dans les parties basses. Plomb, fer, houille, spath, pierre à chaux, marbre ; usines à fer, toiles, soieries, lainages, etc.; antiquités romaines et saxonnes. Ce pays fut anciennement habité par les Coritani, et faisait partie de la Bretagne première ; sous les Saxons, il fut compris dans le royaume de Mercie.

DERBYCES, peuple de la Scythie asiatique, dans la Margiane, fit place plus tard au xDahœ. L’Oxua traversait leur pays. Us adoraient le soleil ; ils égorgeaient les septuagénaires et mangeaient leurs parents frappés de mort violente.

DERCET1S ou DERCETO, fille de Vénus, grande divinité des Syriens, adorée dans Ascalon. On la représentait sous la figure d’une femme dont la partie inférieure se terminait en queue de poisson.

DERCYLL1DAS, général lacédémonien , fit une expédition dans l’Asie-Mineure l’an 399 av. J.-C. pour défendre contre le grand roi les colonies grecques de cette contrée ; il défit les Perses en plus, rencontres, prit sur eux en un seul joui- 3v., Arisne, Hamaxiteet Colones en Troade,et leur dicta la paix. 11 éleva un mur eûtre la Thrace et la Chersonèse.

DEREHAM (east-), ville d’Angleterre (Norfolk), à 17 kil. N. O. de Norwich; 3,300 hab.

DERHAM (Guillaume), né en 1657 à Stowton près de Worcester, mort en 1735, fut recteur ou curé d’Upminster près de Londres, puis chapelain du prince de Galles; fut chargé en 1711 et 1712 des sermon» pour la fondation de Boyle, et prononça à cette occasion sur la théologie naturelle 16 discours qui donnèrent naissance à deux ouvrages fort estimés, Physico-Theology , 1 7 1 3, et Aslro-Theotogy , 1 7 1 4 ; il y ajouta plus tard la Christo-T/ieology , 1730, où il expose les preuves du christianisme. Derham était à la fois versé dans la théologie et dans la physique, l’astronomie, et toutes les branches des sciences naturelles; il était membre de la Société royale; il fut très lié avec Ray et publia les ouvrages posthumes de ce savant. Sa Théologie astronomique a été traduite par Bellanger, 1726, et E. Bertrand, 1760 ; sa Théologie physique a été traduite en 1730.

DERIAH, ville d’Arabie. Voy. derreyeh.

DERNE, Darnis , ville d'Afrique, dans le pays de Barca (état de Tripoli), à 890 kil. E. de Tripoli, par 20* 18’ long. E., 32° 42 lat. N. Aux environs, grande fertilité. Cette ville est souvent ravagée par les invasions de Bédouins el infestée par la peste, qui a réduit la population île 5,000 à 1,000 hal. L’amiral Gantheaume y débarqua en 1799-

DERNIS, ville des Etats autrichiens (Dalmatie), à 66 kil. N. E. de Zara ; 2,000 hab. Citadelle auj. ruinée, commandait plusieurs défilés importants.

DERPT, ville de Russie. Voy. dorpat.

DERREYEH, ville de l’Arabie centrale, capit. du Nedjed, à 750 kil. N. E. de La Mecque, par 25° 15’ lat. N., 44° 10’ long. E. Cette ville, qui est très forte, était le ch.-l. de l’empire des Wahabites. Ibrahim-Pacha, fils de Méhérnet-Ali, s’en est emparé en 1819. Elle avait alors 15,000 hab.; auj. elle est presque déserte.

DKRRY, ville et comté d’Irlande, Voy. lonbon-

DEr.RY.

DERTONA, auj. Tortone, ville de la Ligurie, au S. du Pô, entre Gênes et Plaisance. Elle fut colonisée par Æmilius Scaurus.

DERTOSA, auj. Tortose, ville d’Hispanie, dans la Tarraconaise, sur l’Èbre, près de la côte, était le ch.-l. des Jlercaones. Elle reçut une colonie romaine sous Auguste.

DERVAL, ch.-l. de cant. (Loire-Infér.), à 23 kil. S. O. de Châteaubriant ; 1,800 hab.

DERVAZEH, petit état du Turkestan indépendant, a pour capit. une ville de même nom, située à 190 kil. N. E. de Badakchan.

DERVICHES, d’un mot persan qui veut dire pauvre, espèce de moines musulmans, dont la pria-

DE SA — 481 - DJESC

cipale occupation eBt la prédication, lia font vœu de pauvreté et de chasteté, mais observent fort peu ces deux points , car ils font le plus fréquent usage d’opium et de liqueurs fortes. Ils s’imposent tous Ie3 jeudis un jeûne complet. Pour obtenir les aumônes des fidèles, ils exécutent sous leurs yeux une foule de jongleries et de tours d’adresse. Leur établissement principal est à Ronieli , dans la Caramanie.

DERWENT, riv. d’Angleterre, dans le comté de Derby, passe à Belper et à Derby et se joint au Trent après un cours de 90 kil. — Une rivière du comté de Cumberland, et une autre de la Diéménie, dans l’Australasie, qui passe à Hobart-town, portent le même nom.

DESAGUADERO , rivière de Bolivie , naît dans les Andes, à 10. du lac Desaguadero, coule au N., et tombe dans le lac Umamarea, après un cours de 450 kil. — Rivière de l’état de Buénos-Ayres. Voy. RIO COLORADO.

desaguadero, lac de la Bolivie. — Lac du Chili, dans le pays des Araucans, dit Desaguadero de Osorno; 80 kil. sur 10. Il donne naissance au Rio de Penon au S,, et à l’Osorno au N. O.

DÉSAGULIERS (J.-Théoph.) , physicien, né à La Rochelle en 1683, mort en 1743, était fils d’un ministre protestant, qui, à la révocation de l’édit de Nantes, passa en Angleterre. Il étudia à Oxford sous Keill, et reçut les ordres en 1717. 11 fit à Londres, de 1710 à 1740, différents cours, poursuivit les expériences de Newton et fut reçu à la Société royale. 11 publia ses leçons sous le titre de Cours de physique expérimentale , 1719, 2 vol. en anglais.

DESAIGNES, bourg du dép. de l’Ardèche, à 26 kfL N. O. de Tournon ; 3,500 hab. Antiquités.

DESAIX (L.-Ch.-Ant.), général français, né en 1768, d’une famille noble, à St-Hilaire-d’Ayat en Auvergne, était lieutenant au régiment de Bretagne lorsqu’éclata la révolution. Il en adopta les principes, fut nommé aide-de-camp du général Victor de Broglie, se signala dans plusieurs occasions, et fut promu au grade de général de division. Il se distingua en cette qualité à l’armée du Rhin en 1796, et défendit avec un rare courage le fort de Kehl. En 1798, il accompagna Bonaparte en Égypte, se rendit maître de la Haute-Égypte et y exerça le pouvoir militaire avec tant de modération et d’équité, que les Musulmans eux-mêmes ne l’appelaient jamais que le Sultan juste. Rentré en France en 1800, il reçut le commandement de deux divisions à l’armée d’Italie et contribua puissamment à la victoire de Marengo (14 juin 1800) ; mais il y perditlavie. On luia élevé un monument à Paris (place Dauphine) et un autre à Clermont. — V. dessaix.

DÉSAUG1ERS (Marc-Ant.), chansonnier, fils d’un compositeur auquel on doit les Jumeaux de Bergame , les Deux Sylphes , Florine. , etc., naquit à Fréjus en 1 772, et mourut en 1 827 . 11 se trouvait à St-Domingue lors de l’insurrection et faillit y perdre la vie. De retour en France, il se fit bientôt connaître par ses chansons et ses vaudevilles; fut longtemps l’âme du Caveau moderne, et devint en 1815 directeur du théâtre du Vaudeville. On a de lui un recueil de chansons pleines d’esprit et de gaieté, parmi lesquelles on distingue l' Épicurien. Ma fortuite est faite. Cadet ButeuXylu parodie de la Vestale , il/, et A/m# Denis, lia donné une foule de petites pièces dont qq.unes, comme les Petites Dandides , la Chatte merveilleuse , il/. Vautour, onteu une vogue prodigieuse.

DESAULT (P.-Joseph), chirurgien, né en 1744, au Magny-Vernois en Franche-Comté, vint en 1764 à Paris, et, tout en suivant les leçons de Petit et des chirurgiens célèbres de l’époque, commença dès l’âge de 22 ans à faire des cours qui attirèrent bientôt la foule. Il fut nommé successivement professeur à l’école pratique, membre du collège de chirurgie en 1776, chirurgien en chef de la Charité en 178?, puis de f

l’ Hôtel-Dieu en 1788. Il fut élu en 1792 membre du comité de santé des armées, devint professeur de clinique chirurgicale à la nouvelle école de santé, et fut chargé en 1795 de donner des soins au jeune fils de Louis XVI. 11 mourut lui-même pendant ce traitement, à l’âge de 51 ans. Desault était également remarquable comme professeur et comme opérateur. La chirurgie lui doit un grand nombre d’inventions ou de perfectionnements importants. Il n’a presque rien écrit, mais Bichat, l’un de ses élèves les plus distingués, a publié sous son nom 4 vol. d’OE uvres chirurgicales , qui contiennent sa doctrine, et Chopart, son ami, a donné un Traité des maladies chirurgicales fait en commun avec lui.

DESAVENTURA (île). Voy. chiens (îledes).

DESBARREAUX (Jacques vallée), fameux épicurien, né à Paris en 1602, mort en 1673, était petit-neveu de Geoffroy Vallée. Son père, qui était président au grand - conseil , l’avait pourvu d’une charge de conseiller au parlement, mais il s’en démit pour se livrer plus librement à son goût pour la bonne chère et le plaisir. 11 changeait de climat selon les saisons. Desbarreaux fut lié avec les beauxesprits de son temps, avec Balzac, Chapelle et même avec Descartes. Il avait composé un assez grand nombre de chansons et de poésies fugitives duns lesquelles il affichait l’incrédulité et même l’athéisme; on n’a conservé de lui que ce fameux sonnet où il chante la palinodie :

Grand Dieu! tes Jugements sont remplis d'éqnlté, etc.

Il le composa dans une maladie, mais il le désavoua, dit-on, quand il fut revenu è la santé. Voltaire assure que ce sunnet n’est même pas de lui, et l’attribue à l’abbé de Lavau.

DESB1LLONS (le P. Fr.-Jos. terrasse), poëte latin, né en 1711 a Châteauneuf en Berri, mort en 1789, entra chez les Jésuites, enseigna les humanités avec distinction à Nevers, à Caen, à La Flèche, puis vint à Paris afin de s’y livrer à son goût pour la littérature. Lors de la dissolution de la société des Jésuites, il se retira à Manheim où il resta jusqu’à sa mort. On a de lui 15 livres de fables latines fort estimées , sous le titre de Fabulœ Æsopicæ , Manheim, 1768, 2 vol. in - 8 ; deux poèmes : Ars bene valendi , 1788 ; De Pace chrisliana, 1789; des Miscellanea posthuma, 1792, où l’on trouve deux nouveaux livres de fables. 11 s’est beaucoup rapproché de La Fontaine.

DESBOULM1ERS (J.-Aug. jullien), homme de lettres, né à Paris en 1731, mort en 1771 , est l’auteur d’une Histoire du Théâtre-Italien, 1769; d’uno Histoire de l' Opéra-Comique, 1769, et de quelques autres œuvres médiocres.

DESCAM1SADOS , nom donné en Espagne, de 1820 à 1821 , à la fraction la plus violente du pari démocratique ; ce mot répond à notre mot sansculotte ; il veut dire sans chemises.

DESCAMPS (Jean-Baptiste), peintre, membre de l’Académie, né à Dunkerque en 1714, mort en 1791 , excella dans les scènes de village. Il a publié une Vie des peintres flamands, allemands et hollandais , 4 vol. in-8, 1753-63; le Voyage pittoresque de la Flandre et du Brabant , in-8, 1 7 69.

DESCARR1ÉRES, littérateur. Voy. hérissant.

DESCARTES (René), Cartesius , célèbre philoso^ phe fiançais, né à Lahaye en Touraine l’an 1596, d’une famille noble, étudia à La Flèche sous les Jésuites, se distingua surtout en philosophie et servtidès lors le vide des doctrines qui étaient en honneur. Il se destina d’abord à la carrière des armes, servit comme volontaire sous Maurice de Nassau (1617) et sous le duc de Bavière (1619), mais il quitta le service au bout de peu d’années (1620). P se mit alors à voyager; parcourut l’Allemagne , b Hollande, l’Italie et vint à plusieurs reprises à Paris ,

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où il se lia avec les savants , particulièrement avec Mersenne, Mydorge, Sorbière, Clersellier, et après être resté plusieurs années indécis sur le choix d un état , il résolut de se livrer tout entier à la méditation. Pour y mieux réussir, il quitta la France, où il eût trouvé trop de distractions, et se retira en Hollande (1629), où il vécut dans la retraite , habitant tantôt Amsterdam, Deventer, La Haye ou Leyde, tantôt les délicieuses solitudes d’Eyndegeest ou d’Egmont. Le premier fruit de ses travaux avait été un Traité du Monde, dans lequel il admettait, comme Galilée, le mouvement de la terre; mais il supprima prudemment cet ouvrage dès qu’il connut la condamnation du philosophe italien (1633). &n 1637 il publia le Discours de la Méthode , avec la Dioptrique, les Météores et la Géométrie , rédigés .en français; il y enseignait une méthode nouvelle qui devait faire révolution dans la philosophie, et il présentait comme applications de cette méthode plusieurs de ses plus admirables découvertes. En 1841 parurent les Méditations sur la philosophie première , qu’il rédigea en latin, et qu’il dédia à ta Sorbonne; elles furent suivies en 1644 des Principes de la philosophie , écrits aussi en latin , et où i auteur présentait l’ensemble de 3a doctrine. Ces ouvrages attirèrent à Descartes un grand nombre d admirateurs , mais ils lui suscitèrent aussi de vives contradictions et même des persécutions. A la tête de ses adversaires se plaça un théologien d ütrecht, Gisbert Voët, qui l’accusa d’athéisme, et fut sur le point de faire brûler ses livres par la main du bourreau ( 1 643). Quelques-uns de ses écrits furent mis à i' index . Il eut aussi à répondre aux objections toutes philosophiques de Hobbes, de Gassendi, d’Arnaud et d’un grand nombre d’autres. Mais d’un autre côté il comptait d’illustres suffrages : ses principes étaient enseignés dans plusieurs universités; la princesse Élisabeth, fille de l’électeur palatin Frédéric V, recherchait ses entretiens; Mazarin lui accordait une pension de mille écus (1647); enfin la reine Christine le pressait de se rendre à sa cour. Flatté de cette invitation, Descartes partit* pour Stockholm à la fin de 1649, mais au bout de peu de mois il succomba à la rigueur du climat. 11 mourut en 1650 , âgé de près de 54 ans. Ses restes furent rapportés en France en 1667 , et déposés avec honneur à Sainte - Geneviève, mais il ne fut pas permis de prononcer son oraison funèbre. Descartes est regardé comme le rénovateur des sciences. Sentant combien étaient peu solides la plupart des connaissances que les anciens nous ont transmises , il résolut de douter provisoirement de tout et de reconstruire l’édifice entier sur de nouvelles bases en ne se fiant qu’à l’évidence, et en suivant une méthode toute nouvelle. Dans les travaux qu’il entreprit pour opérer cette grande restauration, il faut distinguer le métaphysicien , le mathématicien, le physicien et l’astronome. En métaphysique, il prit pour point de départ ce célèbre enthymème, le pense , donc je suis, et se servit de cette première vérité pour établir et l’existence de Dieu , qu’il fonde sur l’idée même que nous en avons, et celle des corps , qu’il fonde sur la véracité de Dieu ; il distingua nettement l’esprit de la matière, mais sans expliquer l’action réciproque des deux substances; plaça le siège de l’âme dans la glande pinéale ; enfin réduisit les animaux à n’être que de pures machines. En mathématiques, il fit faire un pas immense par l’invention d’un nouveau mode de notation en algèbre, celui des exposants, et par l’application de cette science à la géométrie des courbe»; ce qui lui permit de résoudre comme en se jouant des problèmes regardés jusqu’alors comme insolubles. En physique, il découvrit la véritable pi de la réfraction, et proposa la plus exacte théorie de i arc-en-ciel qu’on pût donner alors; mais il se li¬

vra aussi trop souvent , dans l’explication des météores aux hypothèses les plus gratuites. En astronomie en cosmologie, il imagina ce fameux système des tourbillons, suivant lequel le soleil et les étoiles fixes sont le centre d’autant de tourbillons de matière subtile qui font circuler autour d’eux les planètes; ùoais , moins hardi que Copernic , il ajoutait que tous ces tourbillons circulaient eux-mêmes autour de la terre. II s’occupa aussi beaucoup de physiologie et d'anatomie. Les ouvrages de Descartes, outre ceux que nous avons cités, sont les Passions de l'âme , Amsterdam , 1649 ; le Monde ou Traité de (a lumière, 1664 (posthume) ; Traité de l'homme et de la formation du fœtus , 1664 ; Compendium musicœ , 1650 ; la Mécanique, 1668 ; et de nombreuses Lettres, 1657-67. Plusieurs de ses ouvrages, qui étaient écrits en latin, ont été traduits par Clersellier, notamment : ses Lettres, 1667, 3 vol. in-4 ; les Méditations, ■o/3 (déjà traduit dès 1647 par le duc de Luynes); !c, Traité de T Homme, 1677 ; les Principes , 1681. L’édition de ses Œuvres la plus récente et la plus complète est celle de M. V. Cousin, en 11 volumes in-8, Paris, 1824-1826; M. Ad. Garnier a donné à part les œuvres purement philosophiques. 1835,

4 vol. in-8, avec des notes. La vie de Descartes a été écrite par Baillet, 1691 ; son éloge aété comp. par Thomas et par Gaillard, 1761. — Malgré l’opposition que la philosophie de Descartes avait rencontrée à son début, elle ne laissa pas de se propager dans toute l’Europe , et d’y obtenir, sous le norn de cartésianisme , un grand nombre de partisans, qui furent appelés Cartésiens . Parmi ceux-ci, les uns, comme Delal'orge, Clersellier, Clauberg, Sylvain Régis, Jacques Rohault, se contentèrent de reproduire la doctrine du maître , et de la commenter timidement; les autres, comme Malebrancne, Spfnosa, Fardella, en tirèrent des oûûsb^.. chacun à leur manière, et bâtirent des systèmes qui s’en écartaient forl : d’autres enfin n’empruntèrent à Descartes que son esprit et sa méthode, dont ils se servirent, tantôt pour défendre les vérités religieuses et morales, comme Arnaud, Bossuet, Fénelon, Nicole, et la plupart des Jansénistes de Port- Royal; tantôt pour battre en brèche toutes les croyances ; Bayle descend en ligne directe de cette classe particulière de cartésiens. Après une vogue de plus d’un demi-siècle, le cartésianisme s’éclipsa rapidement devant la faveur qui s’attachait aux systèmes nouveaux de Locke, de Newton, de Leibnitz ; cependant il continua d’être en France la philosophie domina*te jusqu’à Condillac. Voltaire lui porta les derniers coups.

DESCHAMPS (Eustache) , dit Morel parce qu’il fut prisonnier chez les Maures , vieux poète français, né au milieu du xive siècle à Vertus en Champagne, mort en 1421 , suivit la profession des armes. Son ouvrage le plus étendu est intitulé : Miroir de la Vérité. Il a écrit un grand nombre de fables; La Fontaine en a imité quelques-unes, notamment la Cigale et la Fourmi et le Conseil tenu par les Rats. M. Crapelet a publié en 1832 un choix de ses poésies.

deschamps (François-Michel-Chrétien), poëte, né près de Troyes en 1683, mort en 1747, fut abbé, puis militaire et enfin financier. On a de lui plusieurs tragédies : Caton d' Clique, 17 15 ; Antiochuj et Cléopâtre, 1717; Médus, 1739. On lui doit aussi la Religion défendue contre l’Épitre à Uranie, et de* Recherches historiques sur le théâtre français.

DESCOUTURES. Voy. coutures (des).

DESENZANO, ville du roy. Lombard-Vénitien; à 25 kil. S. E. de Brescia, sur le lac de Garda; 3,500 hab. Bon port. Pêche active. Vins estimés.

DÉSERTES (îles), groupe d'îles de l’Océan Ab lantique, â l’E. de Madère, par 32° 30’ lat. N.. 18° 55’ long. O. Auj. elles ne méritent nlus leur nom.

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©n y trouve plusieurs couvents, au milieu de bois d’orangers. L’île qu’on nomme la Table-Déserte est fertile et donne surtout de bon vin.

DES ESSARS (Pierre), surintendant des finances de France sous Charles VI, dut son élévation à la protection du duc de Bourgogne Jean-sans-Peur. En 1411 il était prévôt de Paris, et les Parisiens lui donnèrent le titre de Père du peuple pour avoir assuré les approvisionnements de la capitale au milieu des troubles qui l'agitaient ; mais il ne sut pa3 conserver longtemps leur amour. On l’accusa d’avoir dilapidé les finances de l’état ; il fut obligé de fuir, et demeura quelque temps caché dans ses terres; il chercha ensuite à rétablir son crédit en s’attachant au duc de Guyenne, et s’empara de la Bastille au nom de ce seigneur. Mais il y fut assiégé, obligé de se rendre, poursuivi comme dilapidateur, accusé d’avcir voulu enlever le roi, condamné à mort et exécuté en 1413.

des essars (Charlotte), comtesse de Romorantin, devint maîtresse de Henri IV en 1590, et en eut deux filles. Elle vécut ensuite dans la plus grande intimité avec Louis de Lorraine, cardinal de Guise; et, après la mort de ce prélat, elle épousa, en 1630, le maréchal de l'Hôpital, connu alors sous le nom de Du Rallier. Elle mourut en 1651.

DESESSARTS (dechanet), comédien, né à Langres en 1740, mort en 1793, joua avec un grand succès les financiers. Il était d’une grosseur énorme.

DESESSARTS (lemoyne), né en 1 744, mort en 1810, d’abord avocat, puis libraire, est auteur ou éditeur d’un grand nombre de volumineux ouvrages, dont les plus connus sont : Causes célèbres , 1773-89, 196 vol. in-12; Bibliothèque de l'homme de goût , 1798, 3 vol. in-8 ; Siècles littéraires de la France, 1800-1803, 7 vol. in-8.

DESESSARTZ (Jean-Charles), docteur régent de la faculté de médecine de Paris, membre de l’Institut, né à Bragelogne (Aube) en 1729, mort en 1811, a donné : un Traité sur l’éducation corporelle des enfants en bas âge , 1760, in-8; Discours sur les inhumations précipitées ; Mémoire sur la musique; Traité sur le croup , Paris, 1807 ; et une nouv. édit, des Fundamenta muteriœ medicce de Cartheuser, Par., 1769,4 v. in-12.

DE SEZE (Raym.), cél. avocat, né à Bordeaux eu 1748, d’une fam. anc., plaida d’abord dans sa v. natale; fut appelé à Paris par Vergennes, alors ministre; défendit à son début la cause des filles d’Helvétius; fit acquitter Besenval, accusé de haute trahison (1789) ; fut choisi par Louis XVI, au refus de Target, pour être adjoint à ses défens. Tronchet et Malesherbes, et prononça avec courage la défense du r. dev. laConvent., le 26 déc. 1792, fut par suite arrêté comme suspect, et ne sortit de prison qu’après le 9 thermidor. Soub> le Directoire et l’Empire, il se tint éloigné de toute fonction publique. En 1815, il fut nommé président de la Cour decassat. et pair de France; il fut élu a l’Acad. fr. en 1816, et faitcomte en 1817. Ilm. en 1828.

DESFAUCHERETS (J.-L. brousse), né à Paris en 1742, mort en 18C8, a donné plusieurs comédies qui brillent par l’esprit, et dont la meilleure est le Mariage secret , 1786, en 3 actes et en vers. H a rempli avec intégrité des fonctions municipales pendant la révolution.

DESFONTAINES (l’abbé P.-Franç. guyot), critique, né à Rouen en 1685, mort à Paris en 1745, était fils d’un conseiller. Il entra d’abord chez les Jésuites, mais il les quitta en 1715. Il prit alors le rôle d’aristarque et publia, soit seul, soit avec Fréron, Grasset, etc., différents recueils périodiques: le Nouvelliste du Parnasse (1731); Observations sur tes écrits modernes; Jugements sur les ècritsnouv. (avecFréron), 1745. Sescritiques pleines d’àpreté lui firent de nombreux ennemis; le plus redoutable fut Voltaire, qui engagea une longue lutte avec lui et qui l’accabla d’épigramm es et môme d’invectives. H

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paraît, au teste, que iabbé Desfontaines était ue homme dépravé, et il eut plusieurs aventures fort scandaleuses. On a de lui, outre les écrits périodiques déjà cités, une édition de la Henriade , avec la critique de ce poëme, 1728; un Dictionnaire néologique, 1726; la traduction de Gulliver , 1727 ;une traduction de Virgile, 1743, longtemps estimée, et un grand nombre d’autres écrits oubliés aujourd’hui.

desfontaines (Guillaume-François fouques deshayes, connu sous le nom de), écrivain français, né à Caen en 1733, mort en 1825, coopéra à la publication de la Nouvelle Bibliothèque des romans, et donna seul, ou eu société avec MM. Barré et Radet, un grand nombre de pièces de théâtre dont les plus estimées sont : la Cinquantaine ; la Dot; le Droit du seigneur; Arlequin afficheur; la Chaste Suzanne; l'Amant statue; la Fêle de l’ Égalité; le Rêve; M. Durelief; Petit Voyage du vaudeville, etc. 11 avait en 1764 concouru pour le prix de l’Académie Française sur ce sujet: Épître à Quinlus sur i insensibilité des stoïciens. On lui doit aussi : Lettres de Sophie et du chevalier de**, etc., 1765, 2 vol. in-12.

desfontaines (René louiche), botaniste, né k Trembley (Ille-et-Vilaine) en 1750, mort en 1833, fut reçu membre de l’Académie des Sciences en 1783, et partit aussitôt en Afrique pour étudier la flore des côtes de Barbarie. De retour de son voyage en 1786, il en publia le résultat sous le nom de Flore Atlantique, Paris, an vi (1798), 2 vol. in-40 avec planches. On lui doit aussi des observations nouvelles" sur le dattier, le lotos de Libye, le chêne à glands doux; un Mémoire sur l'irritabilité des plantes ; l’Histoire des plantes et des arbrisseaux qui peuvent être cultivés en France en pleine terre , 1 809 ; des Expériences *ur la fécondation artificielle des plantes, 1831.

DESFORGES (P.-J.-B. choudard), acteur et au< teur, né à Paris en 1746, mort en 1806, joua d’abord à la Comédie-Italienne, fut engagé à Pétersbourg en 1779, revint à Paris en 1782, et s’y livra dès lors tout entier à la littérature. Ses principales pièces sont : Tom Jones à Londres, 1782 ; la Femme jalouse, 1785; le Sourd; Joconde , 1790. Il a pu¬

blié en 1798 des Mémoires où il affiche l’immoralité.

desforges-maillard (P.), poôte, né au Groisic en Bretagne en 1699, mort en 1772. Du fond de sa province, il adressait de mauvais vers au Mercure : le rédacteur de ce journal lui avait signifié qu’il n’insérerait plus rien de lui. Alors il imagina d’adresser ses poésies sous le nom d’une muse bretonne imaginaire, mademoiselle Malcrais de la Vigne. Elles furent dès ce moment reçues avec empressement; le rédacteur s’éprit même d’une belle passion pour la nouvelle Sapho, et la lui déclara dans le Mercure . Desforges mit un terme à cette mystification en se faisant connaître. Cette aventure a fourni à Piron le sujet de sa Métromanie. Les Poésies de mademoiselle Malcrais ont été publiées en 1735.

DESFOULou DESPOUL, villed’Iran (Khousistan), à 67 kil. O. de Chouster; 13,000 hab. Etoffes de soie et de lame. Commerce. Aux environs, ruine* d'une ville ancienne (Suse ou Elymaïs).

DESGENETTES (René-Nicolas dufriche, baron), médecin célèbre, né à Alençon en 1762, mort en 1837, fut d’abord médecin ordinaire auprès de l’armée d’Italie en 1793, et s’éleva bientôt au grade de médecin en chef. Il fit partie de l’expédition d'Égypte (1798); il eut à combattre la pesté à Jaffa, et ne craignit point, pour relever le courage du soldat, de s’inoculer en présence de l'armée le virus pestilentiel. Il fut nommé à son retour professeur d hygiènà l’école de médecine, puis inspecteur-général du service de santé, et fit en cette dernière qualité toutes les campagnes de l’Empire. Sous la restauration, Desgenettes perdit plusieurs de ses places, et eut beaucoup de peine à recouvrer le titre de médecin en

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chef des armées. En 1830, il devint médecin en chef de l’hôtel des Invalides, place qu’il a conservée jusqu'à sa mort. Malgré sa vie active, Desgenettes a publié plusieurs travaux importants : une Analyse du système absorbant et lymphatique, 1 7 92; une Histoire médicale de i armée d' Orient , etc.

DESGODETS (Antoine), architecte, né à Paris en 1653, mort en 1728, professeur à l’Académie d’Ar- ^îitecture, publia par ordre de Colbert les Édifices antiques de Borne, dessinés et mesurés très exactement, 1682, in-fol. On a aussi de lui un traité des Lois des Bâtiments, 1748, in-8, avec notes de Goupy.

DESHAUTEKAYES(Michel-Ange-André leroux), orientaliste, né à Confians-Sainte-Honorine vers 1724, mort en 1795, fut pendant 32 ans professeur d’arabe au Collège royal. 11 a publié V Histoire générale de la Chine, 1777-1784, traduite du chinois par le P. Maillac. et a formé de savants élèves.

DESHAYES (Louis), baron de Courmemin, né à la fin du xvie siècle, fut chargé par Louis Xlli de plusieurs missions dans le Levant, en Danemark, en Perse et en Moscovie. Étant entré dans une conspiration contre le cardinal Richelieu, il fut arrêté et décapité à Béziers, 1632. On a publié sous son nom : Voyage du Levant , fait par le commandement du roi en 1621, par le sieur de Courmemin, Paris, 1624, 1629, 1643, in-4 ; Voyages au Danemark, enrichis d’annotations, par P.-M.-L., Paris, I664,in-12.

DESHOULIERES (Antoinette du ligier de la garde, dame), née à Paris en 1638, morte en 1694, est une des gloires littérairesdu siècle de Louis XIV. Elle était liée avec les deux Corneille, avec Fléchier, Mascaron, Pélisson, etc. Ses contemporains la surnommèrent la Dixième Muse, la Calliope française. Madame Deshoulières s'est essayée dans presque tous les genres, depuis la chanson jusqu’à la tragédie: mais elle n’a réussi que dans l’idylle et l’é— glogue. On a surtout admiré son idylle des Moulons, touchante allégorie où elle déplore en beaux vers le sort de se3 enfants qui avaient perdu leur père. Elle avait épousé en 1651 Guillaume de Lafon de Boisguérin, seigneur Deshoulières, officier distingué, qui mourut en 1693, la laissant san» fortune. L’édition la plus récente des OEuvres de madame Deshoulières est celle de Crapelet, Paris, 1799, 2 vol. in-8.

DESIDER1I mons, nom latin de montdidier.

DESLMA ou TCHOU-TAO, c.-à-d. île avancée, îlot artificiel du Japon, au S. O. delà ville de Nagasaki, aveo laquelle il communique par un pont. Résidence des Hollandais qui font commerce avec le Japon. C’est le seul lieu où les vajsseaux puissent être chargés et déchargés.

DESIO, bourg du roy. Lombard-Vénitien, à 17 kil. N. de Milan ; 2,200 hab. Victoire des Visconti »ur les Torriani en 1277, qui assura aux Visconti la possession du duché de Milan.

DÉS1RADE (la), une des Petites- Antilles, par 63° 20’ long. 0., 16° 21’ lat. N.; 17 kil. sur 9; 1,250 hab. Cette île est d’origine volcanique. Elle appartient à la France. La Désirade fut découverte par Colomb en 1493. Les Français s’y établirent les premiers. Les Anglais s’en emparèrent en 1762 et pendant la révolution, mais ils la rendirent en 1815.

DÉSIRÉ (saint), Desideratus ou Desidertus , paraît être le même nom que Didier (Voy. didier).

DESJARDINS (Martin bogaert), sculpteur, né à Bréda ( Hollande) en 1632. mort à Paris en 1694, se rendit célèbre par des monuments en bronze. C’est lui qui exécuta en 1686 le beau monument de la place des Victoires où Louis XIV était représenté couronné par la Victoire, et tenant sous ses pieds Cerbère, dont les trois têtes Figuraient trois nations vaincues. Ce monument a été brisé dans la révolution.

DESLANDES (André-François boureau), né à Pondichéry en 1690, mort à Paris, en 17 57, fut commissaire de la marine puis se démit de ses fonctions

pour cultiver les lettres. Il a laissé entre autres Ouvrages : Histoire critique de la philosophie , Amsterdam , 1737, 3 vol., et 1756, 4 vol. in-12, ouvrage médiocre ; Essai sur la marine et le commerce, Paris, 1743, in-8; Essai sur la marine des anciens , etc., 1748, 1768, in-12, ûg. ; Des différents degrés de la certitude morale, 1750, etc. 11 affecta l’incrédulité dans plusieurs de ses écrits.

D’ESLON (Charles) , médecin de lafaculté deParis, mort jeune en 1786, fut un des plus zélés défenseurs du système du médecin Mesmer, dont il avait suivi les leçons; il a composé quelques ouvrages sur le Maanétisme animal, publiés de 1780 à 1782.

DESMAH1S, poète, né à Sully-sur-Loire en 1722, mort à 39 ans en 1761, 6e fit d’abord connaître, sous les auspices de Voltaire, par des pièces fugitives, dont la plus estimée est le Voyage de Saint-Germain; 11 fit jouer r Impertinent , comédie qui réussit. On a recueilli ses œuwes en 2 vol. in-12, 1778.

DESMAISEAUX, né en Auvergne l’an 1666, mort en 1745 à Londres, membre de la Société royale de cette ville, a été l’auteur, l’éditeur et le traducteur d’un grand nombre d’ouvrages qui intéressent l’histoire littéraire, tel» que •• Vie de Boileau, 1712, in-12 ; Recueil de plusieurs pièces de J. Locke, 1720, in— 8 ; Recueil de diverses pièces sur la philosophie, etc., par Leibnitz, Clarke et Newton, Amsterdam, 1720; Vie de Saint- Evremont ; Œuvres diverses de Bayle, La Haye, 1727 ; Lettres de Bayle, Amst., 1729, 3 vol. in-12 ; Vie de Bayle, La Haye, 1732, 2 vol. in-12, etc.

DESMARA1S (régnier-). Voy. régnier.

DESMARETS (Jean), avocat-général au parlement de Paris, fut l’un des plénipotentiaires qui signèrent le traité de Brétigny (1360), et le seul magistrat qui osa rester dans Paris lors de la révolte dite des Maillotins, 1381. Il avait refusé en 1359 l’entrée de cette ville à l’évêque de Laon et aux partisans du roi de Navarre; il se fit ainsi de nombreux ennemis, qui le calomnièrent auprès de Charles VI ; ce prinoe le fit décapiter en 1382, lors de son retour à Paris.

desmarets de SAiNT-sORLiN,l’un des premiers membres de l’Académie Française, né à Paris en 1596, mort en 1676, travailla d’abord pour le théâtre et donna plusieurs pièces, entre autres les Visionnaires, qui eurent du succès, grâce à la faveur de Richelieu; puis passant tout à coup d’un relâchement extrême à une dévotion outrée, il tomba dans une espèce de folie fanatique, et proposa au roi de lever une armée pour exterminer les hérétiques. Il est surtout connu par le poème intitulé Clovis ou la France chrétienne, qui fut beaucoup loué par Chapelain et que Boileau a livré a a ridicule. Ce poème, publié d'abord en 26 chants (1657), fut refondu par l’auteur et réduit à 20 chants dans une édition de 1673. Dans la querelle des anciens et des modernes, Desmarets se montra un des plus acharnés contre les anciens.

desmarets (Nicolas), contrôleur-général des finan* ces, neveu de Colbert, et père du maréchal de Maillebois, succéda en 1 708 à Chamillard ; rendit de grands services à l’état, remit plus d’ordre dans les finances, et se fit estimer pour sa modestie, et pour l’intégrité et l’urbanité de son caractère. Il fut rem placé à la mon de Louis XIV (1715) et mourut en 1721. Il a publié un Mémoire sur V administration des finances depu is le 20 février 1708 jusqu’au 1er septembre 1 715, Paris, 1716, in-8.

desmarets (Nicolas), physicien, membre de l’Académie des ociences, né en 1725 à Soulaines en Champagne, mort en 1815, exerça de 1757 à 1792 ies fonctions d’inspccteur-général des manufactures Il a publié en grande partie le Dictionnaire de. géographie physique, dans F Encyclopédie- méthodique, 1798-1828, 5 vol. in-4. On lui doit un grand norm bre de mémoires, parmi lesquels nous citerons ceux qu’il a écrits : Sur l'origine et la nature du basalte , 1771 ; Sur la constitution physique de Us colline dt

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Montmartre ; il a rédigé de savantes Notes sur les Questions naturelles de Sénèque, pour la traduction de Lagrange.

DESMASURES (L.), poète français, né à Tournay vers 1623, mort à Metz en 1680, pasteur protestant de cette ville, est auteur d’une traduction en vers de Y Enéide (1660), de tragédies saintes : David combattant ; David triomphant; David fugitif, 1666, in-12, et autres poésies françaises et latines.

DESMGLETS (P.-Nic.), prêtre de l’Oratoire, né en 1678, mort en 1760, a laissé de nombreux travaux et publié beaucoup d’ouvrages des PP. Lami, Malebranche, etc., que le temps ne leur avait pas permis de faire paraître. On lui doit : le 2e vol. de YHistoria ecclesiœ parisiensis, du P. Gérard Dubois, 1710 ; divers Traités du P. Bernard Lami, 1720 et 1723, in-fol. ; une nouvelle édition de la Uiblioiheca sacra du P. Lelong, 1723, 2 vol. in-fol. 11 a dirigé la suite des Mémoires de littérature et d'histoire de Sallengre, 1726, 1 1 vol. in-12 : l’édition de V Histoire de l'empire ottoman, par Jonquières, 1743, in-4.

DESMOULINS (Camille), conventionnel, né à Guise (Aisne) en 1760, 01s d’un magistrat dé cette ville, était avocat à Paris lorsqu’éelata la Révolution française. 11 en adopta les principes avec chaleur et fut un des principaux orateurs du club des Cordeliers. Le 12 juillet 1789, lendemain du renvoi deNecker, il harangua la multitude au Palais-Royal, et, après avoir donné aux insurgés une feuille verte pour signe de ralliement, il entraîna à la Bastille cette année improvisée qui le 14 juillet força les murailles de la forteresse. Desmoulins rédigea avec une extrême vigueur de pensée et de style un journal intitulé : Révolutions de France et de Brabant, et en 1792 il fut nommé député à la Convention nationale. 11 s’y lia avec Danton, vota comme lui toutes les mesures violentes qui furent prises à cette époque; mais comme lui il chercha à arrêter l’effusion du sang aussitôt qu’il pensa qu’elle n’était plus nécessaire. 11 publia même dans ce sens quelques numéros d’un nouveau journal intitulé : le Vieux Cordelier. Sa perte fut dès ce moment résolue par Robespierre, alors tout puissant: il fut, avec Danton, jugé, condamné sans avoir été entendu, et monta sur l’échafaud le 6 avril 1794. Sa femme, à peine âgée de 22 ans, y porta elle-même sa tête deux jours après, accusée du crime d’avoir voulu délivrer son mari.SesÔ/ùm.ontétép.en 1828: sa Corresp. en 1846.

DESNA, riv. de la Russie d'Europe, traverse les gouvernements d'Orel et Tehernigov, et tombe dans le Dniepr à 9 kil. N. de Kiev, après un cours de 880 kil. environ. On projette de faire un canal pour la joindre à l’Oka.

DESODOARDS (pantin). Voy. fantin.

DÉSOLATION (île de la). Voy. kerguelen.

DESOTEUX (Franç.), médecin, né en 1724 à Boulogne-sur-Mer, mort en 1803, fut d’abord élève dans les hôpitaux de l’armée, puis devint en 1760 chirurgien-major du régiment du roi. Il est célèbre pour le zèle avec lequel il combattit les adversaires de l’inoculation, et répandit en France la nouvelle méthode appelée sutiomenne. On a de lui un Traité historique sur i inoculation, Paris, an vu i (1801), in-8.

DESPAUTÊRE (J.), en flamand Van Pauteren, grammairien, né vers 1460 à Ninove, petite ville du Brabant, mort à Commines en 1624, professa successivement dans différentes villes de Flandre. On a de lui une Grammaire , des Rudiments, une Syntaxe, une Prosodie , un Traité des temps, etc., réunis sous le titre général de Commemarii yrammatici, Paris, Robert Etienne, 1637 , in-fol. Sa grammaire a été longtemps , malgré ses nombreuses imperfections, d’un usage général dans les écoles de France. Quoique écrite en latin, on la mettait entre les mains des commençants: aussi faisait-elle leur supplice.

DESPÀZE (Joseph), satirique, né è Bordeaux en

1769, mort en 1814, a publié = les Quatre Satires, ou la fin du xvme siècle, 1796-1801 , in-8 ; 5e Satire , littéraire , morale et politique, in-8, 1801. Dans ces satires, qui respirent l’indignation de l’honnête homme, il combat les horreurs de la révolution autant que les écarts du goût.

DESPÉRIERS (Bonaventure), écrivain français, né à Arnay-le-Duc en Bourgogne, était valet dî chambre de Marguerite de Valois, reine de Navarre, sœur de François 1. Il se donna la mort en 1644. On a de lui : Cymbalum Mundi ou Dialogues sutiriques sur différents sujets, 1637, in-8; une traduction en vers de VAndrienne de Térence, 1637, in-8; un Recueil de ses œuvres, 1644, in-8; Nouvelles Récréations et joyeux devis, 1661, in-4.

DESPORTES (Phil.), poète et abbé, né à Chartres en 1646, mort à Paris en 1 606 , s’attacha au duc d’Anjou, qu’il suivit en Pologne, et fut comblé de bienfaits par ce prince devenu roi (Henri III) ; il en reçut plusieurs abbayes qui lui formaient un revenu de 10,000 écus. 11 s’était d’abord fait un nom par ses poésies galantes, dans lesquelles il avait imité Marot avec assez de bonheur; mais quand il se vit à la tête de plusieurs abbayes, il eut la bienséance de ne plus faire que des vers chrétiens. 11 ossédait les poètes italiens et les imita souvent, es poésies galantes furent imprimées pour la première fois en 1676; il donna en 1691, 1698 et 1604 des traductions en vers des psaumes qui eurent un grand succès. Regnier était neveu de Desportes.

DESPOTO-DAGH , autrefois le mont Rhodope , ehaînede mont, de la Turquie d’Europe (Roumélie), se rattache au Balkan et s’étend entre lessandjakata de Sophia et de Gallipoli, jusqu’à la Maritza, sur une longueur de 270 kil.

DESPOUL, ville d’Iran. Voy. desfoul.

DESPBÉAUX (boileau). Voy. boileau.

DESPRÉAUX (COUSIN). Voy. COUSIN.

despréaux (Jean-Etienne), poète lyrique, né en 1748, mort en 1820, ancien inspecteur-général de l’Opéra , professeur de grâces au Conservatoire et répétiteur des cérémonies de la cour. Il a composé un assez grand nombre de chansons et plusieurs parodies, telles que Berlingue ( parodie d' Ermelinde), 1773, in-8; Momie (d’ Iphigénie) , 1778, in-8; Roman (de Roland), 1778, in-8; Syncope (de Pénélope) , 1786, in-8. 11 a encore publié : Mes Passe- Temps, etc., Paris, 1806, 2 vol. in-8. Il est inventeur du chronomètre musical. Voy. guimard.

DESROCHES (J .-B.), dit de Panhenay, né à La Rochelle, mort en 1766, aida d'abord à La Haye le célèbre Bruzen de la Martinière dans la composition de son Dictionnaire géographique et de quelques autres ouvrages. On a de lui : Histoire de Danemark, Amsterdam, 1730, 6 vol. in-12; Histoire de Suède, traduite de Puffendorf, et continuée jusqu’en 1730, La Haye, 1732, 3 vol. in-12 ; Histoire de Pologne sous le règne d’Auguste II, La Haye, 1733, 4 v. in-8*

DESRUES (Ant.-Fr.), empoisonneur, né à Chartres en 1746, vint s’établir marchand épicier à Paris s’enrichit par des escroqueries et des crimes, et sut par son hypocrisie se faire une telle réputation de vertu que pendant longtemps on ne put le soupçonner. S’étant fait vendre par M. de la Motte , écuyer du roi, la terre de B.iisson-Soëf , qu’il devait payer 130,000 francs, il résolut de faire mourir toute la famille de son créancier aûn de s’emparer du bien sans rien débourser. Il avait déjà empoisonné la femme et le fils de M. de la Motte, lorsque son crime fut découvert. Il fut roué vif en 1777.

DESSA1X (Joseph-Marie), général français, né à Thonon en Savoie, en 1 764, mort en 1826, avait étudié d'abord la médecine à Turin, puis à Paris (1788). En 1792, il proposa à la Convention la création de la légion des Allobroges, et fut envoyé à Grenoble pour l’organiser ; bientôt après il reçut le titre de

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ichef de bataillon de cette légion. En 1798 , il fut nommé membre du Conseil des Cinq-Cents, mais il s’en vit exclu après le 18 brumaire ; il fut néanmoins, en 1803, élevé au rang de général de brigade, et en 1809 à celui de général de division. En 1814, il repoussa les Autrichiens de la Savoie et mérita dans cette courte campagne d’être surnommé le Bayard de la Savoie. Il quitta la France en 1816 et se retira d’abord en Suisse, puis en Piémont, où il fut arrêté par l’ordre du roi de Sardaigne. Il fut peu après rendu à la liberté, et vécut depuis dans la retraite. Il ne faut pas confondre ce général avec

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DESSALINES (Jacq.), 1” empereur d’Haïti, né en 1758 aux Cormiers (Haïti), était noir et fut d’abord esclave à St-Doiningue. Dans les troubles de l’île, il devint aide-de-camp du général nègre Jean-François, puis lieutenant de ToussaintLouverture, et combattit legénér. mulâtre Rigaud et legénér. franç. Leclerc, 1802. Mais après la déportation de Toussaint, il se soumit à la France. S’étant insurgé peu après, il se retira au N. de File, et repoussa Rocliambeau dans le sanglant combat de Si-Marc. Alors il se fît déclarer empereur sousle nom de Jacques 1(1804) ; mais bientôt son gouvernera, devint une insupportable tyrannie. Les généraux Christophe etPétion se révoltèrent: en marchant contre eux^ il périt dans une embuscade, 1806.

DESSAU, capit. du duché d’Anhalt-Dessau, sur la Mülde, près de son confluent avec l’Elbe, à 120 kil. S. O. de Berlin; 10,000 hab. Elle est divisée en trois parties : vieille ville, ville neuve, Sand. Château du prince, nouvelle chancellerie, manège, arsenal, observatoire. Maison d’orphelins, Philanthropinon. Draps, bonneterie, chapeaux, passementerie, fabrique de tabac. Commerce de grains. Aux environs, jolis châteaux des ducs, sépulture ducale, Stieglitzberg, digue de l’Elbe. Patrie de Moïse Mendelssohn. — Pour le duché de Dessau, Voy. anhalt.

DESSAU (Léopold, duc d’ANHALT-). Voy. ANHALT.

DESSOLLE (le marquis), général, né à Auch en 1767, mort en 1828, fît sous Bonaparte la campagne dTtalie, se distingua dans la Valteline contre les Autrichiens (1800), et commanda en Espagne et en Russie. En 1814, il se prononça en faveur des Bourbons, fut nommé pair et commandant de la garde nationale. Il devint en 1818 ministre et président du conseil ; mais il se retira deux mois après, dégoûté des exigences du parti réactionnaire. Il se montra toujours depuis partisan des libertés publiques.

DESTERRO (nossa-senhora-do) , ville maritime du Brésil, par 51° 2' long. O., 27° 27’ lat. S., ch.-l. de la prov. de Santa-Catarina, sur la côte ; 5,200 hab. Port où relâchent presque tous les bâtiments qui vont du Brésil à la rivière de La Plata.

DESTIN , Fatum , divinité aveugle des anciens. Toutes les autres divinités lui étaient soumises, et rien ne pouvait changer ce qu’il avait résolu. Le Destin n’était autre chose que cette fatale nécessité suivant laquelle tout arrive dans le monde. On le représentait ayant sous ses pieds le globe de la terre , et tenant dans ses mains l’urne qui renferme le sort àes mortels.

DESTOUCHES (Ph. néricault), auteur comique, né à Tours en 1680, mort à Paris en 1754, fut dans sajeunesse acteur, ou, selon d’autres, servit comme volontaire. Il s’attacha de bonne heure à M. de Tuysieux, ambassadeur en Suisse, qui le fit entrer dans la diplomatie. Tout en travaillant pour le théâtre, il remplit avec succès plusieurs missions iir portantes, particulièrement en Angleterre où il accompagna le cardinal Dubois (1717). Après la mort du Régent, il se retira des affaires et se consacra tout entier aux lettres. 11 fut reçu à l’Académie en 1723. Sa première pièce fut le Curieux impertinent , qu’il composa en Suisse (1709) ; Il donna

ensuite V Ingrat, T Irrésolu, le Méditant (1715), le Triple Mariage , f Obstacle imprévu, le Philosophe marié (1727), le Glorieux (1732), le Dissipateur (1736), ete. Il laissa en manuscrit plusieurs pièces dont deux furent jouées avec succès après sa mort : laFausse Agnès (1759), et le Tambour nocturne (17 62). Ses chefs-d’œuvre sont le Philosophe marié et le Glorieux. On lui reproche en général de manquer de gaîté et de naturel. A la fin de sa vie, il ne s’occupa que de théologie et écrivit contre les philosophes. Les meilleures éditions de ses Œuvres ont été publiées par son fils en 1757, 4 vol. in-4, et par Crapelet, 1822, 6 vol. in-r8. M. Auger a donné en 1810 un choix de ses pièces, 2 vol. in-18.

DESTRÉES (l’abbé Jacq.), prieur de Neufville, écrivain, né à Reims vers 1700, fut le collaborateur de l’abbé Desfuntaines. On a de lui : Observations sur les écrits modernes (avec Desfontaines, Fréron, etc.), Paris, 1735 et années suivantes, 34 vol. in-12; le Contrôleur du Parnasse , etc., Berne, 1745, 3 vol. in-12 ; Mémorial de chronologie généalogique et historique , de 1752 à 1755, 4 vol. in-24 ; l'Europe vivante et mourante , Bruxelles (Paris), 1759 et 1760 2 vol. in-24, sans nom d’auteur.

d’estrées. Voy. estrées.

DESTUTT-TRACY. Voy. ttucy.

DES VIGNES (Pierre), Petrus a Vineis , chancelier de Frédéric II, né à Capoue d’une famille pauvre, s’éleva par son savoir et ses talents, acquit le plus grand crédit sous l’empereur Frédéric II, améliora la législation, l’administration; excita Frédéric à se rendre indépendant des papes, et indisposa vivement par cette conduite la cour de Romc.Frédéric finit pourtant par se croire trahi par son chancelier, l’accusa d’avoir voulu l’empoisonner, et ordonna de lui creveç les yeux : Pierre Des Vignes se brisa la tête contl’ les murs de sa prison (1246). On pensa générale ment et l’on présume encore qu’il était innocent.

DES VIGNOLES (Alphonse), savant chronologiste, né en 1649 au château d’Aubais , dans le Languedoc, mort en 1744, fut d’abord ministre de l’église protestante à Aubais; quitta la France à la révocation de l’édit de Nantes, et séjourna successivement à Genève, à Lausanne, à Berne et à Berlin, où il obtint une cure avantageuse; fut nommé en 1701 membre, puis directeur de l’Académie de Berlin ( 1727 ), et prit la plus grande part à la rédaction de la Bibliothèque germanique. On a de lui : Chronologie de l’histoire sainte et des histoires étrangères depuis la sortie d’Égypte jusqu’à la captivité de Babylone, Berlin, 1738, 2 volumes in-4, ouvrage plein d’érudition et qui fait encore autorité.

DESVRES ou DESURÈNES, ch.-l. de canton (Pas-de-Calais), à 15 kil. S. E. de Boulogne ; 2,750 hab. Gros draps, faïence, tanneries.

DES YVETEAUX (Nicolas vauqcjelin, seigneur;, poète épicurien, né en 1567, près de Falaise, d’une famille noble et ancienne, m. en f 649, fut lieutenantgénéral au bailliage de Caen, vint à Paris dans les dernières années de Henri IV, et fut précepteur du duc de Vendôme, fils naturel du roi et de Gabrielle, puis du dauphin (Louis XIII); mais les désordres d’une vie licencieuse le firent renvoyer de la cour en 1611. On a de lui un poëme intitulé : De l’Institution du prince; des Stances , des Sonnets et autres pièces de vers. Ses OEuvres poétiques ont été réunies pour la lre fois par M. Pr. Blanchemain, Par., 1854, gr. in-8.

DETMOLD, ville d'Allemagne, capit. de la principauté de Lipne-Detmold, à 90 kil. S. O. de Hanovre, sur la Werra; 2,400 hab. Toiles, tanneries. Aux environs, carrières de marbre et de gypse.

DETROIT, ville des Etats-Unis, ch.-l. du territoire de Michigan, entre le lac Saint-Clair et le lac Erié, sur le Detroit-River, par 85° 18’ long. O., 42* 30’ lat. N.; 9,000 hab. Arsenal, entrepôt d’artillerie. magasins du gouvernement , belles casernes.

DEUX — 487 — DEYO

lycée, banque, etc. Commerce actif avec l’Ohio, la Pensylvanie, l’état de New- York et les postes militaires du lac Supérieur. — Les Français fondèrent cette ville en 1683. Les Anglais la prirent en 1 7 59 et la conservèrent jusqu’en 1795, époque où eiie fut cédée aux États-Unis. Elle a été en partie détruite par le feu en 1805.

detroit-river, riv. de l’Amérique du Nord. Voy . saint-clair (détroit de).

DETT1NGEN, petit village de Bavière (Bas-Mein) ,

14 kil. N. O. d’Aschaffenbourg, sur le Mein; 500 ùab. Les Anglais et les Autrichiens, commandés par Georges II, y remportèrent une victoire sur les Français, conduits par le marécnal de Noailles, 1743. — 11 y a trois villes du nom de Dettingen dans le royaume de Wurtemberg ; l’une d’elles est située sur l’Erms, à 3 kil. S. de Nurtingen; 2,500 hab.

DEUCALION, ancien roi de Thessalie, fils de Prométhée et mari de Pyrrha. Sous son règne eut lieu une grande inondation qui submergea toute la contrée. Deucalion et Pyrrha, conservés seuls à cause de leur justice, se réfugièrent sur le Parnasse et reçurent de l’oracle de Thémis l’ordre de jeter derrière eux les os de leur grand’ mère afin de repeupler la terre. Comprenant qu’il s’agissait de la terre, dont les pierres sont les os, ils ramassèrent des pierres et les jetèrent derrière eux. Celles que jetait Deucalion se changèrent en hommes ; et celles que jetait Pyrrha, en femmes. Deucalion fut père d’Hellen et d’Amphictyon. Les histor. placent le déluge de Beue. les uns versl600, les autres vers 1600 av. J. -C.

DËULE (canal de), canal de France, qui commence dans le dép. du Nord, à 2 kil. N. de Douai, et joint la Scarpe à la Lys dans le même dép. après avoir reçu par le canal de Lens les eaux de la Deule ; 73 k.

DEUTÉRONOME, le 5e livre du Pentateuque, contient ce qui s’est passé dans le désert pendant la 40« année, et récapitule les prescriptions de Moïse; d’où son nom, qui veut dire en grec ; loi donnée une 2e fait.

DEUTZ ou DUYTZ, ville des Etats prussiens (province Rhénane), sur le Rhin, rive droite , visà-vis de Cologne, à laquelle elle communique par un pont et dont elle peut être regardée comme le faubourg; 2,000 hab. en partie juifs.

DEUX-PONTS, Zweybrücken en allemand, Bipontum ou Bipontium en latin moderne, ville de la Bavière (cercle du Rhin), ch.-l. d’un district do même nom, Bur l’Erlbach, à 77 kil. O. de Spire; 7,000 hab. Imprimerie renommée, de laquelle sont sorties des éditions estimées, notamment une célèbre collection des classiques latins, connue sous le nom de Collection des Deux-Ponis , publiée à la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci. Fabriques de mousseline et de lainages. Usines. Haras célèbre. Cette ville était jadis ch.-l. de la principauté de Deux-Ponts.

deux-ponts (principauté de). Cette principauté, dont les limites ont souvent varié, se composait de la ville de Deux-Ponts, et de celles d’Anweiler et de Berg-Zabern avec leurs environs; plus tard elle s’accrut du comté de Sponheim et de la plus grande partie de celui de Veldenz. — L’existence de la principauté de Deux-Ponts date du xin® siècle; à sette époque elle portait le titre de comté et appartenait à des seigneurs vassaux de l’évêque de Metz. En 1390, cette première maison s’étant éteinte, le comté passa, d’abord par moitié, au comte palatin du Rhin de la maison de Wittelsbach, et au comte de Hanau, Philippe V ; mais bientôt après, tout le comté fut réuni par Louis-le-Noir , comte palatin , mort en 1489, et 2* fils d’Etienne, électeur palatin du Rhin ; Louis prit le premier le titre de duc. Les descendants de ce prince se partagèrent en plusieurs branches dont les plus importantes sont celles de Deux-Ponts proprement dite, de Neubourg, et de Birkenfeld. La première s’éteignit au xvm* siècle,

après avoîi fourni 4 électeurs palatins. La deuxième donna trois rois à la Suède : Charles X (Charles- Gustave), élu après l'abdication de Christine, 1654 Charles XI et Charles XII. Celui-ci étant mort sans enfants, 1718, la principauté de Deux-Ponts passa à la branche des Birkenfeld : c’est à cette dernière qu’appartient Charles-Théodore, électeur palatin, et souverain delà Bavière (1777), tige de la maison palatine de Bavière auj. régnante. Les Français s’emparèrent en 1792 de la principauté de Deux-Ponts, et le traité de Lunéville la leur céda définitivement; mais ils la perdirent enl814;laplus grande partie fut alors donnée à la Bavière et comprise dans le cerle bavarois du Rhin ; le reste fut partagé entre les ducs de Saxc- Cobourg, de Hesse-Hombourg et d’Oldenbourg. Ce dernier eut en partage la principauté de Birkenfeld.

DEUX-SÈVRES (dép. des). Voy. sèvres.

DEUX-S1C1LES (royaume des). Voy. nàples (royaume de) et Sicile.

DEVA, fl. et v. de la Bretagne rom., auj. la fiv.de Dee et la v. de Chestcr.— Riv. d’Espagne (Guipuscoa). Pélage, roi des Asturies, y battit les Arabes en 719.

leva, petite ville maritime d’Espagne (Guipuscoa), à 27 kil. O. de Saint-Sébastien, à l’embouchure d’une riv., nommée aussi Deva, dans le golfe de Gascogne; 3,000 hab. Elle était importante autrefois.

deva, Decidava , bourg de Transylvanie , dans 1s comitat de Hunyad, à 14 kil. N. de Hunyad, sur le Maros; 2,200 hab. Les Allemands la nomment Dymrich ou Schlossberg.

DEVANA, nom latin de la ville d’ABERDEEN.

DEVAPRAYAGA ou DEOPRAG (c.-à-d. le divin confluent ), ville de l’Inde anglaise (Calcutta), dans le district de Sirinagor, au confluent des fleuves Alakananda et de Bagirathi qui en se réunissant forment le Gange. Temple où se font de nombreux pèlerinages. Presque toute la population permanente est composée de brahmes qui vivent des offrandes des dévots et du revenu de 25 villages affectés au temple. Dévaprayaga souffrit beaucoup d’un tremblement de terre en 1803.

DEYENTER, ville de Hollande (province d’Over- Yssel), sur l’Yssel, à 30 kil. S. de Zwoll; 10,000 hab. Rues étroites. Hôtel-de-ville , beau pont ; Athénée , académie de dessin, diverses écoles. Fonderie de fer ; pain d’épices renommé. Deventer est la patrie de Gronovius. Thomas A-Kempis y est mort.

DEVEREUX, famille noble de l’Angleterre, dont l’origine remonte à l’époque de la conquête normande et qui paraît tirer son nom par corruption de la ville d’Evreux en Normandie. Elle a fourni plusieurs comtes d’Essex, dont le plus célèbre est Robert Dévereux [Voy. essex), et plusieurs vicomtes d’Hereford.

DEVILLE (Antoine), ingénieur, né à Toulouse en 1596, mort en 1657, fut d’abord au service de la Savoie, puis revint en France, et fut chargé par Louis XIII de défendre les places forles de la Picardie contre les Espagnols. On lui a faussement attribué la machine de Marly [Voy. rennequin). Il laissa sur son art plusieurs ouvrages fort estimés.

DEVILLE-LÈS-ROUEN , village du dép. de la Seine-Inf., à 3 kil. N. O. de Rouen, sur le Cailly; 3,916 hab. Manufactures de toiles peintes et de plomb laminé ; filatures et teintureries.

DEYIZES , ville d’Angleterre (Wilts), à 42 kiL N. O. de Salisbury; 6,500 bab. Etoffes de laine.

DÉVOLUTION (guerre de). On donne ce nom à la guerre que Louis XIV déclara à l’Espagne en 1G67 pour faire valoir les prétentions qu’il formait au nom de Marie-Thérèse, son épouse, sur une partie des Pays-Bas espagnols. Ces prétentions étaient fondées sur le droit de dévolution en usage dans les Pays-Bas et qui voulait que les immeubles apportés en mariage par l’un des époux devinssent la propriété des enfants du premier lit lorsque le pers

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ou la mère contracteraient un second mariage. Or, Marie-Thérèse était fille du premier lit de Philippe FV, tandis que Charles II, successeur de ce prince, était né du second lit. Cette guerre fut terminée par le traité de paix d'Aix-la-Chapelle (2 mai 1668), par lequel l’Espagne cédait à la France Charleroi, Binch, Ath, Douay, Tournay, Oudenarde, Lille, Armentières, Courtray, Bergues et Fumes, avec leur* dépendances.

DE VON, Devonshire en anglais, comté méridional de l’Angleterre, est borné à l'O. par le comté de Cornouailles, à l’E. par celui de Dorset, au S. par la Manche, au N. et au N. O. par le canal de Bristol : llS kil.sur 100; 491,000 hab. Chef-1., Exeter. Sol plat en générai ; quelques vallées. Climat doux, moins humide que dans les comtés environnants. Les habitants sont sujets à une maladie endémique dite colique du Devon. Marbre, gypse, houille,

glomb, étain, cuivre, fer, un peu d’or et d’argent.

rends bancs d huîtres (à Starcross, etc.). Rivières poissonneuses. Moutons, bœufs estimés. Chant.de construction. — Ce comté fut anciennement habité par les Dumnonii; il fit ensuite partie du roy. de Wessex. Il a donné son nom à deux familles nobles d’Angleterre dont l’une a pris le titre de comtes de Devon et l’autre de comtes de Devonshire.

devon septentrional, contrée de l'Amérique du Nord, fait partie des Terres Arctiques anglaises et n’est encore qu’imparfaitemeni connue. Elle consiste en un assemblage de terres couvertes de glaces et inhabitées qui sont comprises entre 75°-77® lat. N. et 80-96* long. 0. Le cap Clarenc $ en est le point le plus élevé.

DEVON (comtes de), illustre famille d'Angleterre qui tire son origine de la maison française des Courtenay. Hugh, 6* bar^n de Courtenay, fut le premier membre de cette famille qui porta le titre de comte de Devon (1335); ses descendants directs s’étant éteints en 1471, le titre passa à une branche collatérale ayant pour chef sir Edouard de Courtenay de Boconnoc; mais cette branche cessa de le porter à partir de 1566. il a été repris de nos jours (1768) par William Courtenay, comte de Devon, baronnet d’Irlande et pair d’Angleterre. — 11 ne faut pas confondre la maison de Devon avec celle de Devonshire.

DEVONPORT, ville maritime du comté de Devon, à l’embouchure du Tamar dans la Manche, au S. de Plyn.outh, et contigufe à cette ville; 45,000 hab. Avant 1824, Devonport n’était encore qu’un faubourg de Plvmouth ; il a dû son accroissement rapide à la création toute récente de son port et de quatre immenses docks, ainsi qu’à celle de vastes chantiers de construction.

DEVONSHIRE, comté d’Angleterre. Voy. devon. DEVONSHIRE (ducs de), titre que porte aujourd’hui l’illustre famille des Cavendish et qui a été emprunté au comté de Devon. Voy. cavendish.

devonshire (la duchesse de), dame anglaise, célèbre par sa beauté et son esprit, née à Londres vers 1746, morte en 1 806, était fille du comte Spencer, et épousa en 1774 William Cavendish, duc de Devonshire. Elle est auteur de plusieurs pièces de vers, dont la principale est le Passage du mont Saint-Gothard, traduite en vers français par Delille, Paris, 1802, in-8.

DEVRIENT (Daniel-Louis), célèbre acteur allemand, né à Berlin, 1784, mort en 1833, quitta fort jeune l’état de passementier pour la carrière du théâtre, et devint un des acteurs les plus distingués de l’Allemagne. Il entra au théâtre de Berlin en 1814, et y joua jusqu’à sa mort. 11 a créé plusieurs rôles, dont le plus important est celui de Franx dans les Brigands da Schiller.

DEV RiGHi, Nicopolis, ville de la, Turquie d’Asie Caramahic. eh.-l. d’uu livah à 142 kil. S. de

Si vas, par 36° 10’ long. E., 39° 24’ lat. N. Mine de fer et d’aimant. Pompée fonda oette ville en mémoire d’une victoire qu’il avait remportée sur Mithridate : de là son nom ancien ( ville de la victoire ).

DEVS, nom donné dans le Zend-Avesta aux génies malfaisants dont Ahriman est le chef. Ils ao* câblent l’humanité d’une foule de maux, malgré les efforts des lzeds ou génies bienfaisants qui obéissent à Ormuzd ou Oromase.

DEWA, prov. du Japon, dans la partie septent. de l’île de Niphon (région de Tosando). Ch.-l., Yone - Sawa, à 220 kil. au N. E. de Yédo. Cette prov. renferme beaucoup de lieux sacrés, buts de fréquents pèlerinages. Ses principales production* sont le carthame , l’indigo, la cire, le vernis, le* peaux de cerf et surtout les chevaux.

DEWALAGIR1, mont. d’Asie. Voy. dàoulàGHIRI.

DE W1TT. Voy. witt.

DEWSBURY, bourg d’Angleterre (York), à 11 kil. S. O. de Leeds»; 10,000 b. Filature de laine.

DEXIPPE, général et historien grec du ni® siècle, dont il reste quelques fragments dans les Excerpta de legationibus , imprimés au Louvre, 1648. Il repoussa les Goths qui avai nt envahi l’Achaïe.

DEY, nom que portait, avant la conquête française, le chef de l’état musulman d’Alger, et qui veut dire, à ce qu’on croit, oncle ou tuteur. Vers 1600, la milice turque qui résidait à Alger, et qui avait été jusque là sous 1 autorité d’un pacha envoyé de Constantinople, obtint du sultan la permission de se donner un chef appelé dey, pour lui servir d’appui contre la tyrannie des pachas gouverneurs. Le pouvoir de ces deys s'accrut rapidement ; enfin Baba-Aly, élu dey en 1710, déposa le pacha, et obtint du sultan Achmet III l’investiture de la régence d’Alger. Cependant, comme leur pouvoir était électif, les deys restèrent toujours & la merci de la soldatesque, qui les élevait au pouvoir ou les déposait à son gré. On en vit six installés et assassinés le même jour (1732). Baba-Mohammed eut seul le rare privilège de régner 25 ans (1766-91). Le dernier dey d'Alger, Hussein, régnait depuis 12 ans au moment de l'occupation par les Français en 1830. 11 s’est retiré avec sa famille à Livourne, puis à Alexandrie où il est mort en 1838. Le dey jouissait du pouvoir le plus absolu.

DEYNSE, ville de Belgique. Voy. deinse.

DEYR, ville de la Nubie. Voy. deir.

DEZALLIER D’ARGENVILLE (Antoine-Joseph), né à Paris en 1680, mort en 1765, fut maître des comptes, conseiller du roi, et se lia avec d’Aguesseau. Ou a de lui : la Théorie et la pratique du jardinage, 1747, in-4 ; la Conchyliologie, ou Traité sur la nature des coquillages, 1762, 2 vol. in-4. Il a écrit en latin des Essais de dénombrement de tous les fossiles de France; /’ Oryciologie ou Traité des pierres, des minéraux et autres fossiles, Paris, 1765, in-4. Il s’occupait aussi des beaux-arts, et a composé un Abrégé de la vie de quelques peintres célébrés, 1762, 4 vol. in-4.

DEZÈDE, compositeur, né au milieu du xvm* siècle de parents inconnus, mort en 1792, a fait représenter sur la scène italienne à Paris un grand nombre d’opéras-comiques, dont plusieurs ont eu beaucoup de vogue ; les principaux sont : Alexis et Justine, Biaise et Babet, les Trois Fermiers, etZulima .

DHAHER, cheik de Palestine, né en 1689, se rendit indépendant et soutint avec succès pendant 30 ans des guerres continuelles; il battit les armées du sultan de Constantinople, et sut se faire respecter de ce prince. Vers la fin de sa vie, ses états furent envahis par Mohammed Aboudhahab, beglerbeg d'Égypte. Dhaher se jeta dans la place de Saint- Jean-d'Acre, s’y défendit quelque temps et fut tué dans une sortie, 1776. On trouve de grands détail* sur Dhaher dans le Voyage en Égypte et en Syrie

1)1aj

DIAN

de Volney. — Plusieurs califes d’Égypte ont aussi porté le nomdeDhaher. Voy. la liste des Califes.

DHALAC, Orine , île d’Afrique. Voy. dahalac.

DI1ARA ou D HA R ANN AG A RA , ville de llnde Indépendante , au N. O., dans l’ancien Malwa, à 80 kil. S. O. d'Oudjein, par 22° 38’ lat. N., 73° long. E., a été très importante avant Tamerlan, et est auj. la capit. de la principauté de Dhara, vassale des Anglais.

DHAWALAG1RI. Voy. daoijlaghiri.

DHERMAPOUR, ville de l’inde Transgangétique, dans le Katchar, à 97 kil. N. de Khospour. Jadis importante, mais très déchue ; elle est encore le ch.-l. d’un petit pays tributaire de l’empire birman et qui compte environ 30,000 familles.

DHOLPOUR, ville de l’Inde (Agrah), ch.-l. d’une principauté tributaire de la Compagnie des Indes, par 26° 42’ lat. N., 76° 23’ long. E., a été très puissante autrefois, mais a beaucoup souffert dans la guerre contre les Afghans.

D’HOZIER (P.), célèhre généalogiste, né à Marseille en 1592, d’une famille noble, mort en 1660, jouit de la faveur de Louis XIII et de Louis XIV, fut juge d’armes, commis pour certifier la noblesse des pages et écuyers, et enfin conseiller d’état. 11 est le premier qui ait débrouillé l'histoire généalogique et qui en ait fait une science. 11 a composé la Généalogie des principales familles de France , ouvrage immense, en 160 vol. in-fol., resté manuscrit et conservé à la Bibliothèque royale. 11 a en outre dressé à part et fait imprimer la généalogie de plusieurs familles , telles que celles de Bretagne , de La Rochefoucauld, etc. — Son fils, Ch. -René d'Hozier, l’aida dans ses recherches , lui succéda dans la charge de juge d'armes et fut nommé généalogiste de la maison du roi. — L.-P. d’Hozier, neveu de Ch. -René, fut aussi juge d’armes et rédigea, avec son fils, Ant.-Marie d’Hozier de Sérigny, l 'Armorial de France , 1738-86, 10 vol. in-fol.

DIA (c.-à-d. divine), nom commun à diverses villes anciennes peu importantes, fut aussi une des dénominations primitives de l’île de Naxos. — On donne encore auj. le même nom à une île de la Méditerranée, au N. et près de la Crète, dite aussi Standia. Voy. standia.

DIABB1E, ville d’Afrique, capit. de l’état d’Amina, dans la Guinée Supérieure (côte d’Or), à 200 kil. É. de Coumassie.

DIABLE (le mur du), Pfahlgraben en allemand, grande muraille qui traversait une partie de l’Allemagne, s’étendait entre le Danube et le Rhin, et avait plus de 600 kilomètres. Elle fut élevée par les Romains pour préserver leurs possessions dans le S. de la Germanie contre les incursions des Teutons et des Germains, et fut commencée vers le temps d‘ Adrien. On en voit encore de9 restes entre Abenaberg en Bavière et Cologne et à Dinkelsbuhl.

diable (pont du), pont construit sur un précipice du mont St-Gothard, au fond duquel la Reuss roule ses eaux ; ce oont a une seule arche qui a 25 mètres d’ouverture. Il est dans le canton d’Uri, à l’issue de la vallée d’Urseren. — On donne le môme nom à un pont de l’Angleterre, dans le Cardigan (Galles) ; ce pont est aussi jeté sur un précipice, au fond duquel coule le Mynach ou Monk’s brook.

DIABLERETS (monts), montagnes de Suisse, qui forment une petite chaîne secondaire des Alpes, à l’extrémité occid. des Alpes bernoises, sur les limites du Yalais et des cantons de Berne et de Vaud. Leur I plus haute cime a 3, ‘200 mètres. Glaciers.

DIABL1NTES (aulerques). Voy. aUIERQUES

diablintes ou noiodunum , auj. Jitbleins , ch.-l. des Aulerques Diablintes, n’est plus qu’un bourg.

DIAD1N, Daudyana , ville de la Turquie d’Asie' fErzeroum), à 97 kil. N. de Van ; 500 maisons. Forte citadelle. On voit près de Diadin un couvent

d Arméniens, bâti par Héraclius, prince de Géorgie

DIADOCHUS (FROCLUS). Vcy. proclus ° I

DIADUMEN1ANUS (M. Opelius Maciinus Anto- ! ninus), fils de l’empereur Macrin, fut associé par son père à l’empire après la mort de Caracalla, l'an de J.-C. 217, et périt un an après, assassiné par ses propres soldats.

D1AGORAS, philosophe grec de Mélos, disciple de Démocrite. Ayant été victime d’un parjure qui resta impuni, il passa de la superstition à l’athéisme ; ce qui le fait appeler vulgairement Diagoras l'Athée. Il fut chassé d’Athènes vers l'an 415 av. J.-G. pour avoir tourné en ridicule les mystères d’Eleusis. Les Athéniens ayant mis sa tête à prix, il quitta la Grèce et périt dans un naufrage, vers la fin du v* siècle av. J.-G. Suivant une autre version, il mourut à Corinthe.

DiAKOVAK, ville des États autrichiens (Escla- VGnic), à 70 kil. E. de Poséga; 3,000 hab. Ch.-l. de l’évêché d’Esclavonie. Palais épiscupal et cathédrale.

DIALA, Delas, rivière de la Turquie d’Asie, sort du Djebel-dagh ( Zayros ), se divise en plusieurs bras, et tombe dans le Tigre, à 13 kil. S. E. de Bagdad, après un cours de 270 kil. environ.

DIALE (flamine). Voy. flamine.

D1AEIBÀ, fleuve d'Afrique. Voy. djoliba.

DIAMANT (le), paroisse et bourg sur la côte mérid. de la Martinique, à 13 kil. S. de Ko rt- Royal ; 1,650 hab., dont 1,300 esclaves. Commerce de sucre.

D1AMANTE, bourg du roy. de Naples (Calabre Cilérieure), à 7 kil. N. O. de Belvedere; 1,600 hab.

D1AMANT1N (district) ou df.s diamants, district du Brésil, dans la comarque du Cerro-Frio, qui fait partie de la prov. de Minas-GeraCa : il a 70 kil. du S. au N., 35 de l’E. à l’O.; ch.-l., Santo-Antonio-de- Tijuco. Dana les 20 premières années de la découverte, on en exporta, dit-on, plus de 1,000 onces (34 kilogrammes, 694 grammes) de diamants. Le produit annuel, quoique très ricne encore, est pourtant infiniment moindre.- on l’évalue auj. à 26,000 karats (6 kilogrammes). Outre ces pierres précieuses, le district des Diamants renferme aussi des mines d’or et d’argent.

DIAMOND-HARBOUR, ville de l’Inde anglaise (Calcutta), à 03 kil. S. O. de Calcutta, sur l’Hougly, branche occident, du Gange , près de son embouchure, sert de port à Calcutta. Climat malsain.

DIANA (Anlonin), théologien, né à Palerme en 1590, mort en 1663, jouit d’une grande réputation de son temps, et fut examinateur des évêques sous Urbain YI11, Innocent X et Alexandre Y1II. 11 a laissé douze livres de Résolutions morales , Palerme, 1629-56, souvent réimprimées, entre autres à Lyon, 1667, sous le titre de Diana coordinatus. 11 en a été fait de nombreux abrégés.

D1ANÆ promontorium, cap du Péloponèsé, sur la golfe Laconique.

DIANAM (ad), auj. Zaïnah, ville de Numidie,ch<îz les Massyliens, entre Tamugad à i'O. et Sétif à l’E.

DIANE, Artémis des Grecs, déesse, fille de Jupite? et de Latone, avait à remplir trois rôles distincts, sur la terre, au ciel et dans les enfers, et recevait en conséquence trois noms différents : sur la terre, elle était connue sous le nom de Diane et était la déesse de la chasse et de la chasteté ; elle était aussi invoquée par les femmes enceintes. Dans le ciel, elle s'appelait Phébé, et était la déesse de la lune, comme Apollon, son frère, était le dieu du soleil. Dans les enfers, on la nommait Hécate : là elle présidait aux enchantements et aux expiations. On attribue à Diane diverses aventures; elle changea en cerf le chasseur Actéon qui avait eu l'imprudence de la regarder lorsqu’elle était au bain ; mais quoiqu’elle fût si ûère de sa chasteté, elle avait aimé Endymion, Pan et Orion. Son culte était répandu en beaucoup d'endroits; mais elle était surtou^adorée à Êphèse, où elle avait le

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plus beau temple de l’univers (ce temple fut brûlé par Erostrate) ; en Tauride, où on lui immolait les étrangers que la tempête jetait sur la côte; à Aride près de Rome, où son temple était desservi par un prêtre qui ne pouvait parvenir à cette fonction qu’en tuant son prédécesseur. On la représente ordinairement vêtue d’une tunique courte et légère, un arc à la main, le pied chaussé d’un brodequin, et accompagnée d’une biche ou d’un chien de chasse.

diane de poitiers, duchesse de Valentinois , tille aînée de Jean de Poitiers, seigneur de Saint-Vallier, née en 1499, morte en 1566, épousa, à l’âge de 13 ans, Louis de Brézé, comte de Maulevrier et grand-sénéchal de Normandie. Elle perdit son mari en 1531 et devint, quelques années après, la maîtresse du duc d’Orléans, fils de François 1, et depuis roi sous le nom do Henri II. Diane se trouva alors en concurrence pour le crédit avec la duchesse d’Etampes, maîtresse de François I : chacune d’elles eut son parti à la cour, et leur rivalité occasionna plusieurs scènes scandaleuses. Mais à la mort de François I, et à l’avénement de Henri II, Diane fit exiler la duchesse d’Etampes, et régna désormais seule en France sous le nom de son amant. Catherine de Médicis, femme de Henri II, dut elle-même, malgré sa beauté et son esprit, céder à l’ascendant de la favorite, qui fut faite duchesse de Valentinois, et qui s’entoura d’une cour brillante dans son château d’Anet, un des plus beaux ouvrages de l’architecte Philibert Delorme. Elle conserva son pouvoir jusqu’à la mort de Henri II (1559).

biane de France , duchesse d’Angoulême , fille naturelle du dauphin Henri (Henri II) et d’une Piémontaise, ou de Diane de Poitiers suivant Brantôme, née en 1538, morte en 1619, épousa Horace Farnèse , puis François de Montmorency , fils du connétable (qu’elle sauva de la Saint-Barthélemy). Elle négocia la réconciliation de Henri III son frère avec Henri roi de Navarre, et jouit auprès de ce prince, devenu roi de France, d’un grand crédit.

DIANIUM, Dénia , ville d’Hispanie, dans la Tarraconaise, chez les Contestani , sur la mer, près d’un cap nommé aussi Dianium (auj. le cap Mar lin) , était une colonie de Marseille et devint fameuse pendant la guerre de Sertorius. \oy. dénia.

DiANO, ville du roy. de Naples (Principauté Citérieure), à 75 kil. S. E. de Salerne, dans une belle vallée ; 4,000 hab. Château-fort. — Ville des Etats sardes, dans le duché de Gênes, à 4 kil. N. E. d’Oneglia; 3,000 hab.

DIARBEK ou DIARBEKIR , autrement Amid ou Kara-Amid , Carcalhioceria ou Amida des anciens, ville de la Turquie d’Asie, ch.-l. du pachalik de Diarbekir, sur le Tigre, rive droite, à 625 kil. N. O. de Bagdad, par 37° 31’ long. E., 37° 55’ lat. N.; sa population est évaluée à 38,000 hab. par les uns, et à 80,000 par les autres. Archevêché nestorien. Murailles épaisses et très élevées, flanquées de tours. Cathédrale arménienne, mosquées remarquables, fontaines, bazar, caravansérail. Maroquins renommés; tissus de soie, laine, coton ; poterie, ustensiles de cuivre. Grand commerce avec Smyine, Alep, Bassora, Constantinople. Aux environs, beaux jardins, fruits exquis. — On ignore l’époque de la fondation de celte ville. Elle fut plusieurs fois détruite ; sa dernière restauration date des règnes de Valons et de Valentinien. Après avoir subi diverses dominations, elle finit par tomber en 958 au pouvoir des Turcs qui la possèdent encore aujourd’hui.

diarbek ou diarbekir (pachalik de), un des 4 pachaliks de l’AIdjezireh, dans laTurquie d’Asie, au S. de celui d’Erzeroum et au N. de celui de Bagdad : 324 kil. sur 169. La population de ce pachalik se compose de Kourdes, de Turcs, d’Arabes, d’ Arméniens et de Juifs. Il se divise en 17 livahs. Ch.-l., Diarbek. Au N. s’élèvent les monts Nimrod et Baî'eiuu, d’où sortent un crand nomère de rîv.; au S.

le Karadja-dagh et le Giondi-dagh, et à l’O. la partie du Taurus appelée Kurin, qui donne naissance au Tigre. Ce fleuve reçoit dans le Diarbekir un grand nombre d’afiluenls, dont les principaux sont le Khabour et l’Erzen. Climat chaud et sec dans les vallées, froid dans les montagnes. Grande fertilité ; or , argent, cuivre, étain, fer, marbre, albâtre, chaux, etc. Le Diarbek est la partie N. O. de la Mésopotamie.

DIAS ou DIAZ (Barthélemy), navigateur portugais, découvrit en 1486 le cap qui termine l’Afrique au S.; il le nomma cap des Tourmentes à cause des tempêtes qu’il y avait essuyées; mais le roi Jean II préféra l’appeler cap de Bonne-Espérance , parce qu’il espérait, à juste titre, que cette découverte ouvrirait la roule des Indes.

dias (Michel), Espagnol , un des compagnons de Christophe Colomb, découvrit en 1495 les mines d’or d’Hayna dans l’île de Saint-Domingue, et fut nommé en 1509 gouverneur de Porto-Rico.

dias (Balthazar), poëte portugais, né à Madère, aveugle de naissance, a composé un grand nombre de ces œuvres dramatiques que les Espagnols et les Portugais appellent autos (actes). Ses productions les plus renommées sont : l'Acte du roi Salomon, Evora, 1612; l’Acte delà Passion , Lisbonne, 1613; l’Acte de saint Alexis; U Acte de sainte Catherine; l’Acte de la Malice des femmes ; Conseil pour se bien marier, Lisbonne, 1633, etc. — Le nom de Dias a encore été porté par un grand nombre de poètes, de théologiens , etc. — dias de solis. Voy. sons.

D1BBIE, dit aussi Bahr-Tieb ( lac noir), lac d’Afrique, dans le Soudan, entre 15° 40’ et 16° 35’ lat. N., et dont le centre est par 3° long. O. Son étendue n’est pas connue. On croyait jadis que le Djoliba s’y jetait. — Une ville, sur le bord S. O. du lac, se nomme aussi Dibbie et quelquefois Sibby.

D1BDIN, auteur dramatique anglais, né en 1748 à Southampton, créa à Londres, dans le Leicestersquare, un petit théâtre où il était à la fois auteur, compositeur et acteur. Ce théâtre acquit une vogue immense, grâce à la gaîté de Dibdin et à l’à-propos de ses chansons contre la France, qui lui valurent même une subvention de la part de Pitt. A la mort de ce dernier, Dibdin, ne pouvant couvrir ses frais, ferma son théâtre; il mourut pauvre en 1815. Les pièces de Dibdin sont aujourd’hui oubliées ainsi que plusieurs romans qu’il avait composés.

DIBIO ou DIVIO, ville de la Gaule (Lyonnaise 1M; , auj. DIJON.

DIBUTADE, jeune fille de Sicyone ou de Corinthe, imagina de tracer l’ombre de son amant , dont le profil était dessiné sur une muraille par la lumière d une lampe. Ce fut là, dit-on, l’origine de la peinture. Son père, qui était potier, appliqua de l’argile sur ces traits en observant leurs contours, et fit cuire ce profil de terre. Ce fut là l’origine de la sculpture en relief.

DICÉARCHIE, ville de Campanie, auj. pouzzoles.

DICÉARQUE, disciple d’Aristote, de Messine en Sicile, ou, selon d’autres, de Messène dans le Péloponèse, fut à la fois philosophe, historien, géographe, et fleurit vers l’an 320 av. J.-C. Il avait écrit des traités sur l’âme où il soutenait que la matière a par elle-même la faculté de sentir et que l’âme n’est qu’une force vitale naturelle au corps. Il avait composé une histoire de Sparte qu’on lisait tous les ans en public à Sparte même pour l’instruction de la jeunesse. Il ne reste de lui que des fragments d’un ouvrage sur la géographie de la Grèce, que l’on trouve dans les Petits Géographes grecs , avec des notes de Dodwell.

DICQUEMARE (l’abbé J.-Franç.), naturaliste, né au Havre en 1733, enseigna la physique et l’histoire naturelle dans cette ville, et y mourut en 1789.

Il a fait de nombreuses observations sur les animaux marins sans vertèbres, particulièrement sur

DIBE — 491 — I)ÎDI

les orties de mer, les actinies ou anémones de mer, les huîtres, etc., que l’on trouve consignées dans le Journal de Physique , 1772-1789. 11 s’occupa aussi d’astronomie et de géographie, et inventa un cosmoplane qui sert à résoudre les problèmes d’astronomie nautique.

D1CTÆUS mons, montagne de la Crète orientale. Voy. DICTÉ.

DICTAMNUM. Voy. dictynna.

DICTATEUR. On nommait ainsi à Rome un magistrat extraordinaire que l’on investissait de l’autorité suprême dans les moments difficiles. 11 était nommé par le consul. La durée de son commandement était de 6 mois. A l’exception des tribuns du peuple, tous les autres magistrats étaient suspendus pendant cet espace de temps. Il nommait pour commander la cavalerie sous ses ordres un lieutenant qu’on appelait le maître de la cavalerie ( magis ter equitum). 11 marchait précédé de 24 licteurs, faisait la paix et la guerre, avait le droit de vie et de mort, sans appel au peuple. Il ne pouvait toutefois disposer des deniers publics sans l’autorisation du peuple, ni s’éloigner de l’Italie, et il rendait compte de sa gestion à l’instant où il sortait de charge. La dictature fut créée l’an 498 av. J.-C., sur la proposition de T. Lartius Flavus, qui en fut le premier revêtu. Primitivement les patriciens seuls exercèrent cette magistrature, mais ensuite les plébéiens l’obtinrent (356). Sylla (82) et César (48-44) en furent les derniers revêtus ; ils se firent nommer dictateurs perpétuels, titre qui équivalait à celui de roi. La dictature fut abolie avec la république , ou plutôt les empereurs ne furent que des dictateurs perpétuels.

DICTÉ, nymphe de Crète, se jeta dans la mer du haut d’ur. rocher, pour échapper aux poursuites de Minos, lequel, en mémoire de sa chasteté, donna le nom de Dictœus à cette montagne.

D1CTYNNA ou DICTAMNUM, ville, promontoire et montagne de Crète, au N. O. L’herbe merveilleuse appelée dictamne y croissait en abondance.

DICTYS de Crète, auteur pseudonyme d’uno Histoire de la guerre de Troie en G livres. On conte que Dictys suivit Idoménée au siège de Troie, qu’à son retour il écrivit en phénicien l’histoire de ce siège célèbre, que son ouvrage fut mis avec lui dans son tombeau, etqu’il y resta jusqu’au règne de Néron, époque à laquelle il fut découvert par l’effet d'un tremblement de terre, et traduit en grec. Toutes ces circonstances sont autant de fables ; Y Histoire de Dictys, que nous n’avons aujourd’hui qu’en latin, paraît avoir été traduite ou fabriquée au 111e ou au ive siècle par un certain Q. Septimius. Cet ouvrage, qui du reste est digne d’intérêt, fut imprimé pour la première fois vers 1477 ; il est généralement joint àDarès de Phrygie. La dernière édition de ces deux auteurs est celle de Yalpy, Londres, 1825, 2 vol. in-8. M. Dcderich a publié, à Bonn, 1833, une édition séparée de l’ouvrage de Dictys. Il a été traduit en français par Achaintrc, 1813.

D1CUIL, géographe irlandais du ix* siècle, a composé un traité De Mensura Or bis, publié par M. Walckenaër, Paris, 1807 (texte seul), et par M. Letronne en 1814, avec de savants commentaires. Cet ouvrage a permis de fixer l’époque de la découverte de l’Islande et des îles Féroé, et celle de la rupture du canal entre le Nil et la mer Rouge.

DIDEROT (Denis), philosophe du xvme siècle, né à Langres en 1712, mort en 1784, était fils d’un coutelier. Destiné à l’état ecclésiastique , il fut envoyé à Paris pour étudier en théologie, puis il entra chez un procureur ; mais n’ayant de goût que pour les sciences et les lettres, il renonça à prendre un état, et se livra tout entier à l’étude, embrassant tout à la fois littérature, métaphysique, morale, physique, géométrie. Il se mit en meme temps à donner des leçons et à faire des livres pour vivre.

II fit d’abord quelques traduclions de l’anglais ; iï publia en 1745 un lissai sur le mérite et la vertu , imité de Shaftesbury ; en 1746 des Pensées philosophiques qui commencèrent à attirer l’attention sur lui, et qui furent condamnées au feu par le parlement; en 1749, la Lettre sur les aveugles , à l'usage de ceux qui voient , qui renfermait quelques paradoxes impies et quelques allusions hardies a des personnages puissants: il fut pour ce dernier ouvrage enfermé plusieurs mois à Yincennes. Devenu libre, il conçut le projetde Y Encyclopédie, et s’étant associé d’Alembert et quelques autres gens de lettres, il réussit, à travers mille obstacles que lui suscitaient le clergé et l’autorité civile , à mettre à fin cette grande entreprise (1751-72, 28 vol. in-foi., savoir, 17 de texte et 11 de planches). Il se réserva la rédaction des articles sur la philosophie ancienne, et ceux sur les arts et métiers qui étaient tout entiers à créer, et qu’il traita avec un talent supérieur. En même temps qu’il publiait les volumes de Y Encyclopédie, il composait plusieurs ouvrages, les uns sérieux, tels que les Pensées sur l' interprétation de la nature , 1754, qui lui furent inspirées par le Novum Organum de Bacon; les autres frivoles, tels que Jacques le Fataliste , la Religieuse, romans licencieux qui deshonorèrent sa plume; il donnait deux drames, le Fils naturel , 1757 , et le Père de Famille, 1758, pièces d'un genre tout nouveau; il faisait connaître et goûter Richardson ; n jugeait dans ses Salons les ouvrages de peinture exposés en 1765 et 1767. Cependant, tous ces travaux ne l’enrichissaient pas, et il se vit réduit en 1765 à vendre sa bibliothèque : l’impératrice de Russie, Catherine II, qui favorisait les philosophes, l’acheta 50,000 francs, à condition qu’il continuerait d’en jouir, et dès ce moment elle se chargea de pourvoir à ses besoins. En 1773, Diderot fit le voyage de St-Pétersbourg pour visiter sa bienfaitrice. Après avoir passé quelques mois auprès d’elle, il revint à Paris où il vécut fort retiré jusqu’à sa mort. Il publia dans ses dernières années un Essai sur les règnes de Claude et de Néron , 1779, qui n’est autre chose qu’une apologie de Sénèque avec •une appréciation de sa philosophie et de ses écrits. Outre les ouvrages qu’il publia sous son nom, Diderot a beaucoup contribué à Y Histoire philosophique des deux Indes de Raynal, au Système de la nature de d’Holbach, et à quelques autres publications antireligieuses. On lui attribue à tort te Code de la nature ( F.morelly au Sup.)e tautres écr.du même genre. D. était un des ennemis les plus acharnés du christianisme, et même de toute idée religieuse ; il professait ouvertement le matérialisme et l’athéisme, et prêchait ces doctrines désolantes avee une sorte d’enthousiasme et de fanatisme. Comme écrivain, il brille par le mouvement, la chaleur, l’abondance, la hardiesse ; mais il ne sait pas tempérer son imagination et tombe souvent dans la déclamation. On a dit de lui : « Il a écrit de belles pages, il n’a jamais su faire un livre.» Diderot fut lié avec les principaux écrivains du xvme siècle, avec Rousseau, qui plus tard devint son ennemi, avec Voltaire, d’Alembert, d’Holbach. Il eut pour amis particuliers Grimm et Naigeon. Il s’était marié de bonne heure, et il eut une fille qu’il chérit tendrement (madame de Vandeuil). Naigeon publia en 1798 une édition de ses œuvres en 15 vol. in-8. 11 en a paru en 1821, chez Brière, une édition plus complète, en 22 volumes, avec les Mémoires de Naigeon sur Diderot. On a enfin publié chez Paulin, en 1830, des Mémoires et œuvres inédites de Diderot, 4 vol. in-8, précédés de Mémoires sur sa vie par sa fille.

DIDIER (saint), Desiderius, évêque de Langres subit le martyre en 264. L’Église célèbre sa fête le 23 mai, avec celle du suivant.

didier (saint), archevêque de Vienne en Dauphiné (596), assassiné v. 612 près de Lyon par or-

DIDY

dre de la reine Brunehaut. — Les légendes mentionnent 4 autres saints prélats du même nom : le l*r, évêque de Nantes vers 461 ; le 2e, évêque de Cahors, dont plusieurs lettres se trouvent dans la Bibliothèque des Pères , et qui mourut en 665: le 3e, archevêque de Bourges vers le ve siècle ; le 4«, évêque de Chàlons, puis de Gap, mort vers 631.

didier, dernier roi des Lombards, était d’abord duc d’istrie. Astolphe, roi des Lombards, étant mort sans enfants, Didier rassembla une armée, força Rachis, frère d'Astolphe, à lui céder sesdroits, 767. 11 attaqua ensuite Etienne 11 : mais fut repoussé par Pépin. En 770, il donna sa 1111e à Charlemagne, espérant avoir en ce prince un allié sûr; mais dés l’année suivante, il eut la douleur de voir sa fille répudiée, et en 773 ses propres États furent envahis par son gendre, qu’avait appelé le pape Adrien, menacé par les Lombards. Assiégé et pris dans Pavie (774), il fut relégué au monastère de Corbie,oùil m.

DIDIUS JULIANUS, empereur romain, avait d'abord servi avec distinction, sous le règne de Commode, et subjugué lesCattes, peuple germain. Après la mort de Pertinax (30 mars 193), il acheta l’empire, mis à l’encan par les prétoriens. Il se rendit bientôt odieux par son luxe et son extravagance, et ayant d’ailleurs refusé de payer la somme pour laquelle on l'avait élevé à l’empire, il fut tué par ses soldats, à l’approche de Septime Sévère, 2 juin 193

DIDJELou Petit-Tigre , riv. de la Turquie d'Asie (Bagdad), sort de la rive droite du Tigre, près de Samarra, et va se perdre, à 26 kil. O. de Bagdad, dans le canal d lssa qui joint le Tigre à l'Euphrate. Son cours est de 110 kil.

D1DON, princesse de Tyr, fdle de Bélus, sœur de Pygmalion et épouse de Sichce, fut forcée de quitter sa patrie à cause des cruautés de son frère, qui venait de faire périr Sichée pour s’emparer de ses trésors, et s’enfuit en Afrique, où elle fonda Carthage vers l'an 860 av. J.-C. On raconte que. pour se soustraire aux poursuites d'iarbas roi des Gétules, qui voulait la forcer à l’épouser, elle se précipita sur un bûcher et s’y frappa d’un poignard. Virgile s’est écarté de la vérité historique en faisant vivre Didon du temps d’Enée, auquel elle est postérieure de 300 ans. On lui donne quelquefois le nom d’Elise. Lefrancdb Pompignan a fait une tragédiede Didon.

D1DOT, famille d’imprimeurs-libraires, qui a beaucoup contribué aux progrès de l’imprimerie en France. Le premier de cette famille qui se soit distingué est François-Ambroise Didot, né à Paris en 1730, mort en 1804. Il établit chez lui une fonderie d'où sortirent les plus beaux types qu’on eût vrs jusque-là, inventa un instrument propre à donner au corps des caractères une juste proportion, et publia des éditions admirables par la correction du texte, entre autres la collection dite d'Artois , en 64 vol. in— 18, et une Collection de classiques français, imprimée par ordre de Louis XVI, dans les trois formats in-4 , in-8 et in— 18- — Firmin Didot, dis du précédent, né à Paris en 1764, mort en 1836, travailla, de concert avec son frère aîné, Pierre, à ajouter de nouveaux perfectionnements à son art, et fit le premier des éditions stéréotypes, 1797. Parmi leurs éditions, on estime surtout: Virgile , 1798, in-fol.: Horace , 1799, in-fol., le Camoens , 1817; la Henriade, 1819. Firmin Didot cultivait aussi les lettres : on lui doit de bonnes traductions en vers des Bucoliques de Virgile, 1806 , des Idylles de Théocrite, 1833, et une trag. d AnnibalV, fut dép. en 1 829. — Ses 2 ûls.Ambr.etUyac.-Firrn.soutienn. l’honneur du nom.

D1DYME, c est-à-dire jumeau, nom ou surnom de plusieurs personnages anciens: de saint Thomas, un de3 apôtres ; d'un grammairien d’Alexandrie, contemporain d’Auguste, qui composa plus de 4,000 traités, tous perdus aujourd’hui. On lui attribue un traité De Marmoribus et lignis, grec et latin, Mi-

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