‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 32 sur 1261 · STAMBOUL · texte numérisé non relu

STAMBOUL

ALEXANDRIE, Alexandria sous les Grecs, lskan derieh chez les Arabes, ville et port d’Egypte, dans lu B.-Ëgypte, sur une langue de terre qui s’étend entre la Méditerranée et l’ancien lac Maréotis, à 182 kil. N. O. du Caire, par 27° 35’ long. E., 31° 11’ lat. N. Elle a 2 ports : le port vieux et le port neuf, et communique avec le Caire par un cana) qui débouche dans la branche la plus occid. du Nil. La ville, jadis très peuplée, ne comptait guère au commencement de ce siècle que 1 6,000 hab. : on en porte auj . le nombre à 100,000. Elle est l’entrepôt du commerce de l’Europe avec l’Egypte ; toutes les puissances européennes y ont, des consuls. Outre une foule de restes curieux de l’antiquité, on y remarque de belles constructions modernes, le nouveau palais, la mosquée des mille colonnes, les fortifications et l’arsenal de marine. — Alexandrie, qui sous les Pharaons n’était qu’un village, nommé Racotidahou Rakotis, fut fondée par Alexandre-le-Grand en 332 av. J.-C., et fut la capit. de l’Egypte sous les Ptolémées et les Romains. Elle se composait de 2 quartiers: Rakotis ou. quartier du peuple, et le Bruchium ou quartier des palais. On y remarquait un phare magnifique placé dans une petite île qui était jointe à la ville par un môle de près de 1 ,300 mètres,- des palais somptueux,le temple de Sérapis, tout en marbre; une biblioth, immense, la plus riche qu’il y eût au monde (on y comptait 700,000 rouleaux ou volumes),- le Musée, sorte d académie où les savants de toute espèce étaient entretenus aux dépens de l'état; un vaste hippodrome, plusieurs obélisques et colonnes, parmi lesquelles la colonne de Pompée, lesdeu x aiguilles de Cléopâtre , etc. Au temps de sa splendeur, elle eut jusqu’à 900,000 hab. C’était la première ville du monde après Rome. Elle comptait parmi ses habitants un grand nombre de Juifs et fut un des berceaux du christianisme ; elle avait un archevêque qui prenait le titre de patriarche. Plusieurs hérésies y prirent naissance, et elle devint le théâtre de querelles théologiques qui l’ ensanglantèrent souvent. Les Alexandrins étaient turbulents,- ils se révoltèrent plusieurs fois sous les Ptolémées et les Romains : César eut à y réprimer, l'an 47 av. J.-C., une insurrection terrible ; la bibliothèque fut entièrement consumée dans cette circonstance. La ville eut à subir sous les empereurs plusieurs massacres, qui la dépeuplèrent peu à peu. En 611, Chosroës II, roi de Perse, s'en empara, mais son fils la rendit aux empereurs. En 64 1 , les Arabes conduits par Amr-u, lieut. d’Omar, la prir. et achevèrent la destruction des monuments et de la célèbre biblioth. Depuis, Alexandrie resta au pouvoir des Musulmans sous lesquels elle n’a fait que dépérir : son enceinte a diminué graduellement avec sa popul. Les Fran-

çais la prirent sans peine en 1798 et la gardèrent jusqu’en 1801 ; les Anglais l’occupèrent de 1801 à 1803. Alexandrie s’est relevée sous Méhémet-Ali.

Alexandrie , Alexandria Siatiellorum en latin moderne, ville de9 États sardes, sur le Tanaro, à 7 1 iil. S. E. de Turin, par 44° 57’ lat. N., 6° 12’ long. E.; 31,000 haï). Fortifications ; cathédrale, églises de Saint-Laurent et Saint-Alexandre ; casernes, théâtre; bihlioth. Évêché, académie dite des Immobili. Fabriques de toiles, draps, soieries, bougies. Elle fut fondée en 1168 par la ligue lombarde pour s’opposer à Frédéric-Barberousse, et reçut le nom d’Alexandrie en l’honneur du pape Alexandre 111, qui régnait alors. L’empereur Frédéric l’appelait par dérision Alexandrie de la Paille, parce que ses murs n’étaient, dit-on, que de paille et de bois enduits de terre. Elle fut cédée en 1707 par Joseph 1 à la Savoie; elle appartint aux Français de 1796 à 1814. V. marengo (dép).

Alexandrie. On compte encore plusieurs villes de ce nom, soit chez les anciens ( Voy . ci-dessus alexandria). soit chez les modernes, principalement en Russie, ou elles ont été ainsi nommées en l’honneur d’Alexandre J et aux États-Unis, dans le New-Hampshire, l’Oliio, la Pensylvaiiie, la Louisiane, la Columbia ; cette dernière porte aussi le nom de Belhaven.

Alexandrie (école d'). On désigne généralement flous ce nom l’école des nouveaux Platoniciens, fondée à Alexandrie, en Egypte, à la fin du n* siècle de notre ère, par Ammonius Saccas, et dont les philosophes les plus éminents sont : Plotin, Porphyre, Jamblique et Proclus (Voy. ces noms). Le caractère de cette école est un éclectisme dans lequel dominent la philosophie platonicienne et le mysticisme. 11 est à remarquer que plusieurs des philosophes que l’on nomme Alexandrins ont enseigné à Rome et à Athènes, et non à Alexandrie. Cette école fut fermée, comme toutes lesautres écoles païennes, en 529, par Justinien.

ALEXANDRINS. Voy. alexandril 1 école d’).

ALEXAfSDKlSTES, nom donné pendant les xv( et xvi" siècles aux partisans de l’interprétation d’Aristote adoptée par Alexandre d’Aphrodisie ; on les opposait aux Averroïstes.

ALEXIS, poète comique grec, natif de Thuriurn, était oncle de Ménandre et fiorissait vers 360 av. J. -G- Un lui doit le caractère de parasite. On n’a de lui que peu de fragments (dans les Excerptadc Grotius) .

Alexis (saint) , né à Rome vers l’an 350 de J.-C., était, selon Métaphraste, fils d’un sénateur romain, nommé Euphémien, et quitta sa femme et sa famille le jour même de ses noces pour se vouer à la vie monastique. On célèbre sa fête le 17 juillet. On prc<tend que son nom d’Alexis, qui veut dire en grec guéristeur, vient des nombreuses guérisons qui furent dues à son intercession.

Alexis i, comnène, empereur d’Orient, né à Constantinople en 1048, était fils de Jean Comnène, frère de l’empereur Isaac Comnène. Il usurpa l’empire sur Nicéphore Botoniate en 1081, battit les Turcs, maisfutbattu par les Normands, quecommandaitRobert Guiscai d. Lorsque les croisés traversèrent son empire, il observa mal le traité fait avec eux , et ramena ses troupes qui les avaient accompagnés pour assiéger Antioche. Cependant il racheta les prisonniers fixité sur les croisés et reçut les Français avec magnificence lorsqu’ils revinrent à Constantinople.

11 mourut en 1 1 18. Sa fille Anne a écrit son histoire.

Alexis il, comnène, fils de Manuel Comnène, empereur de Constantinople, auquel il succéda à 1 âge de

12 ans, en 11 80. Il fut mis sous la tutelle de Marie, sa mère, dont les d^portements provoquèrent une révolte. Andronic Comnène, nommé régent, fitcouronner le jeune prince, lui donna sa fille Irène, se fitassocier par lui, et ne tarda pas à le faire étrangler, 1183.

alexis ni, l’ange, frère d’Isaac-l’Ange, empereur de Constantinople, se révolta contre ce prince, le détrôna en 1195, et lui fit crever les yeux. 11 fut obligé de

faire une paix honteuse avec les Turcs et les Bulgares, et fut bientôt chassé lui-même du trône par Àlexis-le-Jeune, son neveu, qui appela les croisé à son secoure. Ceux-ci s’emparèrent de Constantinople, l’an 1203. Alexis-l’Ange prit la fuite ; il erra pendant plusieurs années de ville en ville, et fut euün arrêté en Asie l’an 1210, par Théodore Lascaiis, qui lui fit crever les yeux, et l’enferma dans un monastère, où il termina ses jours.

alexis îv , dit le Jeune , fils d’Isaac-l’Ange, fut placé sur le trône par les croisés en 1203 (Voy. l’article précédent), tira son père de la prison où l’avait jeté Alexis-l’Ange, et en fit son collègue. La nécessité de donner de grosses sommes aux croisés, pour reconnaître leurs services, fit révolter les peuples. Alexis IV fut, au bout de 6 mois de règne, détrôné et étranglé par Dueas Murzuphle (Alexis V)

alexis v, ducas , suniommé Murzuphle (sourcils épais), s’empara du trône en 1204, après en avoir précipité Alexis IV. Il ne régna que quelques mois et fut détrôné à son tour par les croisés auxquels a avait témérairement déclaré la guerre. Baudoin, comte de Flandres, qui commandait les croisés, se fit élire à sa place, et s’étant emparé de sa personne, le fit précipiter d’une haute colonne à Constantinople, comme coupable du meurtre de son souverain.

alexis michaelowitz, czar de Moscovie, succéda en 1645 à son père Michel. Son règne fut troublé par des guerres intestines et étrangères. Il dompta des partis de Cosaques révoltés, combattit les Polonais avec avantage, fut battu par les Suédois, et secourut Jean Sobieski à la journée de Chokzim en 1673. Il se mit inutilement sur les rangs pour être élu roi de Pologne à la mort de Michel Konbut, et mourut en 1676. Il est le père du célèbre Pierre I.

Alexis petrowitz, fils du czar Pierfe-Ie-Grancf, né à Moscou eu 1690. Son père, irrité de ce qu’il se montrait contraire à ses projets de civilisation, l'éloigna de sa cour : puis, l’ayant rappelé, il l’accusa du crime de lèso-majesté et le fit condamner à mort, 1718. Alexis fut gracié, mais il mourut peu après dans sa prison ; on crut qu'il avait été empoisonné.

alexis (Guillaume), surnommé le Bon Moine, Bénédictin, abbé de Lire près d’Évreux, a publié, entre autres ouvrages curieux, le Blason des fausses amours , Paris, 1493, in-4, recueil de contes en vers, dont La Fontaine faisait grand cas.

ALFAQUES ou SAN-CARLO, ville et port d’Espagne, à 31 kil. S. E. de Tortose, sur une des embouchures de l’Ebre, et sur un canal du mêm3 nom qui se rend à Amposta. Port, salines.

ALFARABI, philosophe arabe du xe siècle, né à Farab., ville de la Transoxane, d'où il prit son nom, mon en 950, avait approfondi toutes les sciences et tous les arts, et fut appelé le Second instituteur de i intelligence . Son éloquence, ses talents dans la musique et la poésie lui concilièrent l’estime du sultan de Syrie Seïfed-Daulah, qui voulut l’attacher à sa cour; mais Alfarabi s’en excusa, partit et fut tué par des voleurs dans un bois de Syrie. Selon une autre version, il passa la plus grande partie de sa vie à la cour de Syrie, pensionné par le prince. 11 fut un des premiers à étudier et à répandre parmi ies Arabes la connaissance d’Aristote. Ses deux principaux ouvrages sont : une Encyclopédie qui se trouve manuscrite à l’Escurial, et un Traité de musique. On a publié à Paris, en 1638, scs Opuscula varia dans lesquels on trouve un Traité sur les sciences et un Traité sur l’entendement où il commente la doctrine d’Aristote sur ce point.

ALFARO, villed’Espagne, à 62 kil. S. O. de Logrono, sur l’Ebre et l’Alama; 4,800 hab. Sol très fertile.

ALFELD1, ville du Hanovre, au confluentde la Leine et de la Warne , à 20 kil. O. d'Hildesheim; 2,000 hab. ALFEO, Alpheus, riv. d’Elide. Voy. roufia. ALFERGANI (Ahmed Kotsaïr), astronome arabe, natif «le Ferganah dans la Sogdiane, vivait au ix* siè-

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cle,sous Al-Mamoun, etm. en 830. Il est auteur d’une Introduction à l'astronomie qui a été traduite en latin par Golius, 1669, et de deux autres ouvrages sur les cadrans solaires et l’astrolabe. Mort en 830.

ALF1DENA, Aufidena , ville du roy. de Naples (Abruzze ultérieure 2®), à 38 kil. S. E. de Sulmona; 1,426 hab.

ALFIERI (Victor), célèbre poëte tragique italien, né à Asti en Piémont, en 1749, d’une famille noble et ancienne. Ayant perdu son père de très bonne heure, son éducation fut négligée, et il eut une jeunesse fort dérangée. Il passa plusieurs années à courir le monde et à chercher des aventures; mais à l’âge de 25 ans, il se lit en lui une subite métamorphose : le désir de plaire à une femme aussi distinguée par son esprit que par son rang, la comtesse d’Albany, femme du dernier des Siuarts, qu’il avait connue à Florence, et pour laquelle il avait conçu la plus vive passion, lui inspira du goût pour les lettres et pour la poésie qu’il avait dédaignées jusque-là. Il s’exerça dans la tragédie, et créa un système de composition tout nouveau pour l’Italie: il substitua un dialogue serré, un style mâle et concis, à la manière lâche et efféminée de ses devanciers ; il retrancha impitoyablement de ses pièces les personnages inutiles d’amoureux ou de confidents. Travaillant avec une ardeur incroyable, il composa en moins de 7 ans (1775-1782) quatorze tragédies, dont plusieurs sont "des chefs-d’œuvre. En même temps il écrivait en prose des ouvrages qui devaient le placer à côté de Machiavel, son Traité de la tyrannie , et celui qui a pour titre le Prince et les Lettres , dans lesquels il se montre ardent républicain; il composait aussi à la même époque son poème de l’Etrurie vengée. La comtesse d’Albany étant devenue veuve en 1788, il s’unit à elle par un mariage secret, et vint en France dans le désir d’y faire imprimer plusieurs de ses ouvrages, et même de se fixer dans ce pays, qu'il appelait la patrie delà liberté; mais effrayé par les excès du 10 août 1792, il s’empressa de fuir et se retira à Florence. Le gouvernement révolutionnaire le traita en émigré; on lui enleva ses livres, et on le dépouilla de la plus grande partie de sa fortune qu’il avait placée sur les fonds français. Toutes ces causes réunies lui inspirèrent pour la France et pour la révolution une haine implacable qu’il n’a cessé depuis d'exhaler dans tous ses écrits. Dans les dernières années de sa vie, Alfieri apprit le grec, afin d’étudier dans l’original les grands tragiques qu’il avait pris pour modèles. Il traduisit et imita plusieurs des plus belles tragédies d’Eschyle, de Sophocle et d’Euripide. Épuisé par ses travaux, il mourut à l’âge de 54 ans, en 1803, laissant un grand nombre d’œuvres posthumes, parmi lesquelles on remarque une excellente Traduction de Sallusie et une Histoire de sa propre vie. Aussitôt après sa mort, la comtesse d’Albany fit faire une édition complète de ses œuvres. Elles se composent de 35 volumes in-4, Pise, 1805-15, dont 22 renferment les ouvrages publiés de son vivant, et 13 les œuvres posthumes. On a fait une édition compacte qui réunit toutes ses œuvres en 4 vol. in-8, Pise, 1818-19. Le théâtre d’Alfieri, qui se compose des tragédies suivantes, Philippe II, Polynice, Antigone, Agamemnon, Virginie, Oresle, la Conjuration des Pazzi, Don Garcia, Rosmonde, Marie Stuart, Timoléon, Octavie, Mérope , Saül, Agis, Sophonisbe, Myrrha, Bruius I et Brutus II, a été traduit par M. Petitot, 4 vol. in-8, Paris, 1802 (réimpr. en 1 vol. compacte, 1840); son Traité de la tyrannie a été traduit par un anonyme , Paris, 1 802 ; et sa Vie par M*“,2 vol. in-8, 1809. Ses Traités de la Tyrannieeldu Prince . ainsi que sa Vie, sontàl’lndex.

ALt ORD, vill. d Ecosse, à 40 kil. N. O. d’Aberdeen. Victoire de Montrose sur les Govenantaires, en 1645. ALFORT, hameau du dép. de la Seine, à 9 kil. S. E.

de Paris et près de Char en ton dont la riv. de la Marna le sépare. Célèbre école royale vétérinaire, fondée en 1766. Beau troupeau de mérinos pour le croisement des races et l'amélioration des laines.

ALFOUROUS, nom de deux peuples océaniens, l’un nègre, à l’est et au centre de la Papouasie; l'autre moins noir, plus intelligent, plus vif, plus fort que le premier, répandu dans la Papouasie, à Bornéo, àCélèbes, dans les Philippines, etc. Merkus soupçonne cea derniersd'être la souche des Polynésiens (insulaires de Nouvelle-Zélande, Zonga, Otaïti, Sandwich, etc.).

ALFRED, surnommé le Grand, 6® roi d’Angleterre de la dynastie saxonne, né en 849, monta sur le trône en 871, à 23 ans. Il vainquit d’abord les Danois ; mais ayant ensuite été défait par eux, il se Ccrirn sousl’habitd’un m-énestrel, et s’introduisit dans leur camp pour apprendre à les connaître et à les vaincre. Cette démarche hardie lui réussit ; à la faveur des renseignements qu'il obtint ainsi, il parvint à vaincre complètement ces redoutables ennemis; il prit la ville de Londres qui était encore en leurpouv. 894 , et assura par son habileté la tranquillité de l'Angleterre. Il poliça son royaume, lui donna des lois, établit le jury, et divisa le pays en comtés; il ressuscita dans ses états les arts, les sciences et les lettres, composa lui-même plusieurs ouvrages, fit fleurir le commerce et la navigation, et jeta les fondements de la puissance maritime de son pays. Ce prince, vraiment grand, mourut en 900. On a conservé de lui, outre un Code qu’il rédigea lui-même (imprimé à Londres, 1658, in-4), une traduction de V Histoire ecclésiastique de Bède, Cambridge, 1644, in-fol. ; une traduction de >’ Histoire d’Orose ; une traduction de la Consolation de Boèce, et son Testament, imprimé dans sa Vie par ésserius. On lit dans ce testament que les Anglais doivent être aussi libres que leurs pensées.

ALGAJOLA, ch.-l. de cant. (Corse), à 9 kil. de Calvi ; 250 hab.

ALGARDE (Alexandre Algardi, dit 1’), sculpteur et architecte, né à Bologne en 1583, mort en 1654, vécut dans une grande intimité avec l’Albane, et réussit, ainsi que son ami, dans le genre gracieux. On voit de lui, à Saint-Pierre du Vatican, un basrelief très estimé, représentant saint Léon allant audevant d’Attilo. On estime beaucoup aussi son groupe de la Décollation de saint Paul, à Bologne, et sa statue de saint Philippe de Néri, à Rome.

ALGAR1A (!’), ancien district de la Nouvelle-Castille en Espagne, avait pour ch-1. Guadalaxara.

ALGAROTT1 (François), écrivain italien, né à Venise en 17 12, mort à Pise en 1764, cultiva avec un égal succès les sciences et les lettres, et fut un des plus grands connaisseurs de son temps en peinture, en sculpture et en architecture. 11 fut en relation et entretint correspondance avec les personnages les plus célèbres de son temps ; le roi de Prusse l’attira à sa cour, lui donna le titre de comte et en fit son chambellan ; l’électeur de Saxe, roi de Pologne sous le nom d Auguste 111, l'accueillit aussi avec faveur et le nomma conseiller; Voltaire faisait grand cas de lui et il le célébra dans plusieurs de ses écrits. Ses œuvresontété réunies en 17 vol. in-8, Venise, 1791- 1794 ; elles se composent des écrits suivants : Poésies; Exposition du système de Newton ou Newtonianisme des dames ; Ecrits sur T architecture, la peinture et la musique ; Essais sur les langues et sur divers points d'histoire et de philologie ; Ecrits sur l'art militaire • Voyages en Russie; le Congrès de Cythère; Vie de P allavicini ; Pensées diverses ; Poésies; Correspondance. Le Newtonianisme des dames a été traduit en français par Duperron de Castéra, 2 vol. in-12, 1752; le Congrès de Cythère, par Duporl-Dutertre , 1749,’ in-12 ; Y Essai sur l’opéra, par Chastellux, 1773, in-8: l'Essai sur la peinture, par Pingeron, 1769, in-12,

ALGAR\ E ou ALGARVES, Cuneus , prov. du Portugal la plus mérid., bornée au S. et à l'O. par

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l’Océan Atlantique, au N. par l’Alenlejo, à l’E. par l’Espagne. Villes principales : Faro, Lagos et Tavira. 130,000 hab. Vins, soude, kermès, citrons, oranges, figues, grenades, dalles. Jadis l'Algurve s’étendait sur les deux rives de la Guadiana. Du vm« au xm« siècle, ce pays appartint aux Arabes (en leur langue le mot Gard ou GlierO, d'où vient Al Garve, veut dire couchant). Alphonse III de Portugal la prit en 1260, et céda en I26i la portion orient, à l'E. de la Guadiana, au roi Alphonse X de Castille, d’où les noms d'Algarve espagnole ( depuis absorbée dans l’Andalousie) et d’Algarve portugaise.

ALGAU ou ALPESd’ALGAU, partie de la chaîne orientale du Vorarlberg, entre les Alpes tyroliennes, le Lech et le lac de Constance. — Le pays aussi portait jadis le nota d'Algau et faisait partie de la Souabe : Memmingen, Kempten, Kaufbeuern en étaient les villes principales.

AL-GAZEL ou plutôt AL-GAZALI , philosophe arabe, né vers 1068 à Thous ou Tus dans le Korasan, mort en 1 1 1 1 à Bagdad, enseigna avec éclat à Bagdad et à Alexandrie, puis se retira du monde et vécut en ermite. Il étudia profondément les écrits d’Aristote et des philosophes arabes qui l'avaient précédé, mais ce fut pour les combattre, et il s’annonça comme le Destructeur des philosophes : il attaqua surtout avec force la connexion que le vulaire établit entre la cause et l’effet ; mais i’espèce e scepticisme qu’il professa n’eut d’autre but que d’établir une sorte de mysticisme et une croyance aveugle aux miracles de sa religion. Il a laissé un Traité des sciences religieuses , dont les Orientaux font grand cas : un traité intitulé : Destruction de la philosophie , qu Averroès réfuta dans sa Destruction de la destruction de la philosophie d’Al-Gazel. On a publié de lui quelques opuscules sous ce litre : Algazelis Philosophia et Logica, Colon., 1606, in-4.

ALGER, en arabe Al-Gézuïr (c.-à-d. les Iles), ville célèbre de l’Afrique septentrionale, capit. de l'Algérie, sur la Méditerranée, par 0U 44’ de long. E., 30° 47’ de lat. N., à 760 kil. S. de Toulon, à 600 kil. O. de Tunis. Sa population, qui avant la conquête était d’env. 50,000 ii. , s’élève auj. h près de 80,000 (1857). Evêché (1840), cour imp., tribunal de lre instance et de commerce; lycée. La ville tire son nom d’une île placée en face de la côte et jointe au continent par un môle. Elle est de forme à peu près carrée et bâtie en amphithéâtre: les rues sont étroites et sales; les maisons ont de belles terrasses. On remarque l’ancien palais du dey, un grand nombre de mosquées, dont une fut construite pur les esclaves chrétiens (1790), le fort l'Empereur, dit Sullan- Kalassi, la Kassaba ou Casauhah, citadelle située à l’extrémité S. de la ville. Elle a un port artiliciel formé d’un côté par l’île jointe au continent et de l’autre par une jetée. La ville s’est beaucoup embellie et assainie depuis qu’elle appartient aux Français ; on y a ouvert plusieurs rues et de belles places, entre autres la rue de Bahazoun et la place du Gouvernement. On y fabrique divers objets, tels que: armes à feu, soieries, orfèvrerie, calolles tunisiennes, cuirs, etc. — Alger paraît être situé sur l'emplacement de VI cosium des anciens, entre Julia Cœsarca (Cherehell) à l’O. et Ilusucurium (Dellys ) à l’E. Elle ne commence à figuier sous son nom arabe qu’assez tard : elle était en 936 la capit. d’une petite principauté formée par Zeïri qui avait secoué le joug des califes fatimites; depuis elle subit toutes les révolutions qui bouleversèrent cette partie de l’Afrique. Les Espagnols en furent un instant maîtres au commencement du xvr Piècle (1610), mais ils en furent chassés par le célèbre Barbecousseen Iôl6. Alger n’a cessé depuis les temps les plus anciens de se livrer à la piraterie ; elle était devenue le fléau de l’Europe. Plusieurs tentatives avaient été faites sans succès pour faire ce ser les

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brigandages des Algériens (par Charles-Quint, qui y perdit une flotte et une armée en 1641 ; par Louis XIV, qui bombarda la ville en 1682, 1683 et 1688; par les Anglais, qui la bombardèrent en 1816), lorsqu’à la suite d’une insulte faite au consul de France, le roi Charles X arma contre Alger une expédilior. qui s’empara de la ville au commencement de juillet 1830. On trouva dans la Casaubah le trésor du dey qui montait à 47,639,010 fr. Voy. àlger (régence d’ i

a i.GER(Rég.d’) ou ALGÉRIE, un des quatre grands étals des côtes barbaresques, entre Tunis à l’E. et Maroc à 1 O.: borné au IN. par la Méditerranée et au S. par le désert de Sahara, oflïe une étendue d’environ 900 kil. sur les côtes (de 4° 30’ long. O. à 6® 30’ long. E.), et s’avance de 200 à 260 kil. dans l’intérieur des terres. 11 a pour capitale Alger qui lui donne son nom. Il est peuplé de Maures, de Berbers ou Kahaylcs, d’Arabes, de Juifs, de Nègres et d’Européens de diverses nations; le tout peut monter à 4,000,000 d’ hab. parmi lesq. plus de 150,000 Européens. La régence d’Alger était naguère une province de l'empire ottoman et était régie sous son autorité par un dey ; elle se divisait en 4 provinces : les prov. d'Alger et de Titterie au centre, celle de Tiemsen à 10., de Constantine à l’E.; ces trois dernières étaient gouvernées par des beys soumis au dey; le reste se partageait entre des tribus presque indépendantes qui ne reconnaissaient d'autre autorité que celle de leurs cheiks. Les principales villes, après Alger, sont Oran, Tiemsen, Bone, Constantine, Bougie. Le pays oflj’e une température élevée, mais il est rafraîchi par les vents; l’hiver y est fort doux et ne se fait guère sentir que par des pluies abondantes qui durent jusqu’en avril. 11 est sillonné par les montagnes de l’Atlas qui s’élèvent en étages successifs parallèlement aux côtes. On y trouve de nombreuses vallées et plusieurs cours d’eau dont le principal est le Chelif dans la partie occid.,viennent ensuite le Mazal’ran, l’Adouse, la Tafna l’Aratch, FHamise, l isser, le Kébir, la Seibous. Le territoire est d’une fertilité extrême, mais mal cultivé. On pêche le long des côtes, surtout vers l’extrémité orientale, de très beau corail. Les Français possédaient depuis plusieurs siècles des établissements sur la côte pour cette pêche (Bon e, le bastion de France, la Calle, etc.). — L’état d'Alger est formé de la Numidie et des Mauritanies Césarienne et Sitifensis des anciens. Après avoir obéi longtemps à des rois indigènes (Micipsa, Jugurtha, Masinissa, Juba, Syphax, etc.), ce pays fut conquis par les Romains, sous lesquels il fut très florissant, puis par les Vandales, 429-634 , et enfin par les Arabes, 690. Il fut successivement asservi par les Ommiades, les Abbassides, les Aglabiles, les Zéirites, les Almoravides, les Almohades, les MérinBes, les Espagnols et les chérifs de Haschem. A la faveurde ces révolutions perpétuelles, il e’y forma plusieurs petits états indépendants dont les principaux sent : Alger, Tennis Tiemsen et Constantine. Les deux frères Barberousse* appelés au secours des Algériens contre les Espagnols] s emparèrent de la ville d Alger en 1616, conquirent la plus grande partie du territoire qui l’environne, et, pour se mieux maintenir contre leurs ennemis, sé reconnurent vassaux de la Porte (1620). Le sultan Sélirn y envoya aussitôt un pacha avec un corps de janissaires; mais dans la suite les janissaires, sous le prétexte de se mettre à l’abri des vexations du pacha, obtinrent de la Porte (1600) l’autorisation de choisir dans leur sein un chef chargé de défendre leurs intérêts. Oii le nomma deg.cequi veutdire oncle ou tuteur. L'étal fut ainsi pendant quelque temps régi concurremment par un pacha et un dey; mais ces deux chefs étaient sans cesse en querelle, et en 1710 le dey Baba-Aly expulsa le pacha, et réunit en sa personne tous les pouvoirs. A dater de ce moment

AJLGU — 4b — ALÏB

F autorité de la Porte ne fut plus que nominale. La milice turquejdevint maîtresse absolue; elle fit et défit les deys selon son caprice et alla jusqu’à en nommer six en un jour. (Voy. dey.) Néanmoins ce gouvernement subsista jusqu’à l’invasion des Français et la prise d’Alger en 1830. Depuis cette épocjufc, 1 Algeiic est sous 1 autorité de la t rance qui la fuit regii d abord par des généraux en chef, puis par des gouverneurs. Ceux qui ont commandé en chef sont les généraux Bourmont, Clauzcl, Berthezène, Suvary, Voirol (1830-34) ; les gouverneurs sont les gén. d’Erlon, Clauzel, Damrémont,\alée , Bugcaud (18ù4-4?)> Les princip. faits depuis la conquête sont : l’occupation de Bone, 1830; d’Oran, 1831; d’Arzew, de Mostaganem et de Bougie, 1833; la malheureus expédition de la Macta, 1835; la prise de Mascara, de Tlemsen, 1835; la victoire de la Sikkah remportée par le général Bugeaud, 1835; le traité de laTafna; conclu en 1837 avec Abd-eJ-Kader, par lequel on obtenait la paix dans l’ü., en abandonnant aux Arabe® une grande partie de la régence; la prise de Constant tinepar le général Damrémontqui y périt (13 octobre 1837); la reprise des hostilités avec Abd-el-Kader à la lin de 1839, le passage des Porles-de-Fer (octobre 1839) , du col de Mouzaïa (mars 1840) , l’héroïque défense de Mazagran, l’occupation de Cherchell, de Mcdeah. de Milianab (1840) , de Takedempt (1841), enfin lasoumission detoutlepays V. ie Supplément.

ALGEZ1RAS, Carteia (et noii Barbesula ), vihe d'Espagne à 8 kil. O. de Gibraltar, et sur le détroit; 4 , 800 hab . Enlevée au x M au res par A 1 phonse X 1 d e Castille, après un siège de deux ans, où, pour la première fois, on fit usage de canons) 1344. Combat naval où l’amiral Linois battit une division anglaise, 1801.

ALGÉZIREH, (c.-à-d. en arabe Vile), Mesopoiamia (c.-à-d. en grec au milieu des fleuves), région de l’Asie ottomane, entre l’Euphrate et le Tigre, forme les pachaliks de Rakka , de Mossoul, de Diarbekir et de Bagdad, qui ont pour capitales les villes du même nom. Mont, au N., cours d’eau nombreux, célèbres mines d’or, forêts, sol fertile, aspect riant ou pittoresque. Ce pays est si beau qu’on y a placé le paradis terrestre. Mais l’imperfection du gouvernement turc et les dévastations des Kourdes et d’autres hordes rendent ces beaux lieux misérables. — L’Algézireh (Mésopotamie) figure parmi les contrées lespluscélèbres de l’antiquité; là fleurirent les deux empires d’Assyrie, il fit ensuite partie des empires d’Alexandre, des Séieucides, des Arsacides. Un instant Trajan en joignit la plus grande partie à l’empire romain ; mais presque toute la contrée revint bientôt aux Parthes ; les Sassanides la gardèrent jusqu’à la conquête arabe. Les califes s’étant fixés à Bagdad, l’Algézireh fut la principale province de leur empire ; elle est aussi la dernière qu'ils aient conservée. Après la mort de Motasscm, ce pays fut compris dans la monarchie mongole d’Iran, fondée par Houlagou, puis il forma le noyau du royaume des Ukaniens, et enfin fut absorbé dans la monarchie deTamerlan, vers 1400. Au siècle su.vant, les Turcs Ottomans s’ en emparèrent, et depuis ce temps ils l’ont conservé malgré de fréquentes rébellions.

ALGÉZIREH OU ALGÉZIRAH, Fbÿ. ALCIRA.

ALGHERO, ville de Sardaigne, à 27 kil. S. 0. du cap Sassari; 7,000 hab. Evêché, belle cathédrale, port étroit où n’entrent que de petits bâtiments; pêche de corail; culture de l’indigo.

ALG1DUM, Rocca del Papa , mont, et ville du Latium, à 31 kil. S. E. de Rome, est célébrée par Horace {Odes, I. 21). La forêt de l’Algide, sur ccUe mont., s'appelle auj. Silva del Aillio.

ALGONQUINS, peuple de la famille «enna^m, dans l’Amérique N., se trouve dan3 le Michigan, te Canada et les districts des Hurons etdes Mandanesaux Etats-Unis. Il est souvent en guerre avec les Sioux. ALGUAZIL (de l’arabe al ghazil, l’archer), nom

que portent en Espagne certains employés de la police, dont les fonctions sont les mêmes que celles de nos huissiers de tribunaux et de nos sergents de ville.

AL-HAKEM I, calife de Cordoue, 796-822, ne se signala que par sa cruauté. 11 reprit aux Chrétiens GÏrone et Narbonne, remplit de sang les villes conquises, n’épargna pas dav.antage Tolède où deux de ses oncles s’étaient révoltés, et Cordoue où avait éclaté une conspiration. 11 eut pour successeur son fils Abdérame 11.

al-hakem il, calife ommiade d’Espagne, 901-976 succéda à son père Abdérame 111 et régna à Grenade.

11 favorisa les lettres et rassembla à Cordoue une immense bibliothèque. Il enleva Zamora au roi de

Léon, Sanche-le-Gros.

al-iîaiœm-diamrillah, 5* calife fatimite d’Egypte, succéda en 996 à Aziz, son père, à l’âge de 1 1 ans, et régna 25 ans. 11 se livra à toutes sortes de cruautés et d’extravagances, persécuta violemment les Juifs et les Chrétiens, et périt assassiné par un jeune Musulman, en 1021. Al-tlakem se disait descendant d'Adi; il prit le titre de prince des croyants, de lieutenant de Dieu, ébranla l’autorité de Mahomet et eut la prétention de fonder une nouvelle secte religieuse : c’est celle des Druses, que l’on retrouve encore aujourd’hui en Égypte et en Syrie. Après son assassinat, ses partisans crurent qu’il avait été enlevé au ciel.

ALHAMA, ville d’Espagne, à 35 kil. S. 0. de Grenade est célèbre par ses eaux minérales; 4 .,700 hab. ALIIAMAR fdyn. Mrs). Voy. grenade.

ALHAMBRÀ, édifice de Grenade, servait depatais et de forteresse aux rois maures. C’est un des monuments les plus remarquables et les plus élégants de l’architecture mauresque ALHUCEMAS, ville d’Afrique, à 80 kil. S. O. du cap Tres-Forcas, sur un îlol, 'appartient à l’Espagne et sert de lieu de déportation.

ALI, Ali-ben-Abou-Taleb, cousin de Mahomet, fut un des disciples les plus zélés du prophète, et obtint la main de Fatime, sa fille chérie. Il fut un de ceux qui contribuèrent4 le plus puissamment à établir l'islamisme et à étendre au loin le9 conquêtes des Musulmans. Il fut proclamé calife l'an G56 de J.-C., et eut à combattre la faction de Mohawiah, chef des Ommiades, que soutenait Amrou. Rendant que lesprétendants se disputaient la couronne, Ali périt assassiné à Koufa par un fanatique, après 4 ans de règne. Ses partisans le regardent comme un martyr et vont en pèlerinage à son tombeau. Les descendants d’Ali, les Alides, après avoir été longtemps exclus du pouvoir régnèrent enÉgyote (sous le nom de Fatimites), et sur plusieurs autres contrées. Ali était un prince doux et vertueux ; il aimait et cultivait les lettres. On a encore de lui un Recueil de Sentences et de Poésies, . dont une partie a été traduite en français par Vattier, Paris, 1660. Il se relâcha dans sa doctrine religieuse de la rigueur des premiers cal ifes, et fut le chef d’une secte connue sous le nom de Chyites, opposée à celle d’Aboubekr , dont les partisans sont nommés Sunnites [Voy. ces mots). Le nom d’ Ali veut dire sublime .

ali, prince musulman de la dynastie des Almoravides, 1 106-1143, possédait en Afrique tout l’empire de Maroc, et en Europe presque toute la péninsule. Il fonda la ville de Maroc. A la fin de son règne, sa puissance fut ébranlée par les Almohades qui lui enlevèrent plusieurs provinces d'Afrique.

ali, capitan-pacha sous Sélim II, commandait la flotte des Ottomans à la fameuse bataille de Lépantc, en 1571. 11 perdit la bataille et périt dans l’action.

ali-bey, chef des Mamelouks, né en 1728, cher les Abazes , peuples du Caucase, fut amené au Caire à l’âgede 12ou 14 ans, et y fut vendu comme esclave. S’étant élevé de grade en grade par son courage, il parvint en 1766 à s’emparer du rang suprême, se rendit indépendant de la Porte, fit de grandes conquêtes en Arabie et en Syrie , et conçut les plus vaste?

ALIG — 47 ~ . AL J U

desseins pour 1’agrandissement de l’Égypte. Mais il

Sérit au milieu de ses projets, par la perfidie de lohammed-Bey, son ûls adoptif.

ali-bey (Badia, dit), voyageur espagnol. Voy. badia. ali— coiimourgi, favori et grand-visir d’AchmetlII, commandait à la bataille de Peterwaradin où les Ottomans furent complètement battus, 1716. 11 fut blessé mortellement dans l’action.

ali-pacha, pacha de Janina, néàTébélen en Albanie, l’an 1741, d’une famille de Klephtesqui depuis plusieurs générations était en possession de la ville et du territoire de Tébélen. Impatient de parvenir et peu scrupuleux sur les moyens, il se chargea lui-même de mettre à mort le pacha de Delvino, son beau-père, contre lequel le sultan avait rendu une sentence c pitale.ll fut en récompense nommé lieutenant du pacha de Roumélie, puis pacha de Tricala en Thessalie, aveccharge de veiller à la sûreté des routes. 11 enleva de vive force le pachalik de Janina, et le sultan eut la faiblesse de le confirmer dans cette possession, 1788. Maître de ce poste important, il s’empara soit par la force, soit par la ruse, detoute l’Albanie ou ancienne Epire, puis de toute la Grèce proprement dite. Étant alors entré en relation avec les Français, par suite de leurs conquêtes en Illyrie, il fut d’abord lgur allié ; mais il les trahit ensuite pour s’unir à leurs ennemis, et s’étant fait un mérite de sa trahison auprès de la Porte, il fut nommé en 1804 vice-roi de toute la Roumélie. Il songea alors à se rendre indépendant, étendit et affermit ses conquêtes, amassa des trésors immenses, pourvut ses fils de gouvernements importants, et fit trembler la Porte. On supporta longtemps ses empiètements ; ce ne fut guère qu’en 1819 que l’on songea à y mettre un terme. Ali voulut prévenir le coup en tentant de faire assassiner dans Constantinople Pacho- Bey, son ennemi mortel, qui avait tramé sa perte; mais ayant échoué dans cet attentat, il fut condamné à mort par le sultan. Résolu à se défendre jusqu’à la dernière extrémité, il appela tous les Grecs aux armes, leur promettant l’indépendance ; il fallut plusieurs années pour le réduire. Enfermé dans la forteresse de Janina, il aurait pu prolonger encore 8a défense, lorsqu’il fut lâchement assassiné dans une conférence que lui avait proposée Kourschid-F’acha, qui l’assiégeait, 5 février 1822. On peut consulter sur cet homme extraordinaire Y Histoire de la Régénération delà Grècede Pouqueville, 4 vol. in-8, 1824, et la Vie d' Ali-Pacha de Al. de Beauchamp, 1 vol. in-8, 1822.

ALIAMET (Jacques), graveur, né en 1728 à Abbeville, mort en 1788, s’est distingué dans l’art de graver à la pointe sèche; on a de lui plusieurs gravures assez estimées, d’après Berghem, Jos. Vernet, etc. — François-Germain, son frère, s’établit à Londres où il grava d’après le Carrache, le Guide, etc. Il avait moins de talent.

ALIBERT (Jean-Louis), médecin, né à Villefranche (Aveyron) en 1766, mort en 1837. Étant encore élève il jeta les premiers fondements de la société médicale d’émulation. Placé bientôt au rang des premiers médecins par ses travaux sur la matière médicale et les maladies de la peau, Aliberl fut nommé médecin en chef de l’hôpital Saint- Louis, et reçut le titre de baron de l’empire. Après la restauration il fut premier médecin ordinaire du roi. Les principaux ouvrages du docteur Alibert sont: Traité de thérapeutique; Traité des maladies de la peau, 1810; Physiologie des passions , ouvrage purement littéraire , l818;Afonographie des Dermatoses, 1832-1835, etc.

ALICANTE, Lucentnm, ville et port d’Espagne (Valence), à 106 kil. S. O. de Valence, par 2° 49’ long. E., 38° 19’ lat. N., à l’entrée de la baie d’Alicante; 25,000 hab. Rade vaste et sûre. Château fort sur une mont, à plus de 325 mètres de haut.

Aux environs , sont 2 lagunes qui fournissent beaucoup de sel. Vins célèbres. Après Cadix et Barcelone, Alicante est la place la plus commerçante de l’Espagne. Les Arabes s’emparèrent de cette ville en 715; Ferdinand II, roi de Castille, la reprit au xne siècle' Insurgée en 1844. — Elle donne son nom à une prov. d’Espagne formée de la partie mérid. de l’ancien royaume de Valence et d’une portion de celui de Murcie, entre les provinces de Jativa au N., de Chinchilla à l’O., et la Méditerranée au S. E.

ALICATA, Phiiuias, ville de Sicile, sur la mer, à 40 kil. S. E. de Girgenti ; 12,000 hab.

AL1CURI, Ericusa ou Ericodes , une des îles Lipari, entre la Sicile et l’Italie. Voy. lipari.

ALI DES ou A LEVIS, nom donné aux descendant? d’ Ali , et plus spécialement aux Imams. Voyimam et ali.

ALIEN-BILL, c.-à-d. loi des étrangers , loi proposée en Angleterre par lord Granville (1793), et qui met les réfugiés étrangers sous la surveillance spéciale de la police et permet, au besoin, de les expulser du territoire. Cette lot a été rarement appliquée.

ALIFE, Allifæ , ville du royaume de Naples, à 20 kil. N. de Capoue; 1,800 hab. Air pestilentiel qui l’a presque fait déserter. L’évêque habite Piedimonte. Bâtie par les Osqucs ; prise sur les Samniles par 1 abius, puis érigée en colonie romaine. Brûlée par le comte Celano sous l’empereur Frédéric II.

ALIGHIERI (Dante). Voy. dante.

ALIGHOR, ville de l’Inde anglaise (Bengale), par 27° 56’ lat. N., 75° 38’ long. E. Fort, citadelle prise par l’Anglais Lake, 1803.

AL1GRE ( Etienne d ), chancelier de France, né à Chartres en 1 560, mort en 1 635. Son mérite lui ouvrit l’entrée du conseil d’état sous Louis XIII, qui lui confia les sceaux en 1624 ; il fut nommé chancelier bientôt après; mais, au bout de deux ans Richelieu le sacrifia à Gaston, frère de Louis XI II ; il fut ren voyé et exilé dans sa terre de la Rivière au Perche, où il finit ses jours, laissant la réputation d’un des magistrats les plus probes de son siècle.

aligre (Etienne d’), fils du précédent, né à Chartres en 1592, mort en 1677, fut successivement sous Louis XIV conseiller, intendant en Languedoc et en Normandie, ambassadeur à Venise, directeur des finances, doyen du conseil d’état, garde dessceaux (io72) et chancelier (1674). V . le Suppl,

ALINGO, ville de l’Aquitaine, auj. langon.

ALINGSOES, ville de Suède sur le lac Mjœrn.à 50 kil. S. O. de Venersborg: 2,800 hab. Patrie de Jonas Allstrœmer, le père de l’industrie suédoise.

ALIPHÈRES, Alipherœ, ville d’Arcadie, au S. O., près des frontières de la Triphylic; célèbre par un temple de Minerve.

ALISE ou SAINTE-REINE, Alesia, dite aussi Erbium Hâter, bourg de la Côte-d’Or, à 12 kil. N. E. de Semur. Sainte Reine y fut, dit-on, martyr isée(25l).M. de fer, eaux minérales. Voy. alesia.

ALISTAR ou ALLESTAR, ville du roy de Quedah, dans la presqu île de Malacca (Inde transgangétique), à 12 kil. de l'embouchure du Qualla-Bartrang ; est la résidence du roi.

ALIX DE CHAMPAGNE, reine de France, fille de Thibaud IV, dit le Grand, comte de Champagne, épousa, en 1 160, Louis Vil, dit le Jeune, et fut mère du roi Philippe-Auguste. Lorsque ce prince partit pour la Terre-Sainte, 1190, il lui remit les rênes du gouvernement; elle sut les manier avec sagesse et fermeté. Elle mourut en 1206.

ALIX DE SAVOIE. Voy. ADELAÏDE.

ALIXAN ou ALISSAN, Alexianum, vill. de la Drôme, à 10 kil. N. O. de Valence. Brûlée en 1345 dans la guerre des Episcopaux.

AL.IUBARROTA, bourg du Portugal (Estramadure), à 22 kil. S. O. de Leiria, Célèbre bataille où Jean-

ALLA — à

de Castille fut battu par Jean T de Portugal, fondateur de la dynastie d Avis, en 1385.

ALKEND1, Alchindius, médecin et philosophe arabe du ix® siècle, mort vers 8(50, vécut à la courd Al-Mamoun ; cependant quelques biographes le placent dans le xi'siècle. Il tut un des premiers A étudier et «à commenter Aristote, et il allia la philosophie à la magie. Il traduisit en arabe une foule d’ouvrages grecs. Il écrivit en outre une Exhortation à l’étude de la philosophie; un traité de la Philosophie intérieure; des Questions logiques et métaphysiques ; un traité sur la Composition des médicaments t et une Théorie des arts magiques, qui est le plus curieux de ses ouvrages.

ALKMAAR ou ALKMAER, ville de Hollande, à 30 kil. N. O. d'Amsterdam, sur un canal qui joint leZuyderzéeà la mer du Nord et qui y forme un port; 8,700 hab. Hôtel-de-ville , arsenal, chantier ; bibliothèque, jardin botanique et autres établissements scientifiques ; draps, brasseries, salines. Patrie de Drebbel. Brune y battit, les Anglo-Russes (1799).

ALKMAAR (H. d’), poète allemand, qui vivait v»™ 1470, a mis en vers la Fable du Renard ( Reineke de voss ou Rainier le Renard), espèce de satire qui paraît avoir été composée originairement en vieux français au xme siècle, par Pierre de Saint-Cloud, et qui eut une grande vogue. Le poème d Alkmaar parut à Lubeck en 1498.

ALLAHABAD, villede l’ilindouslan, ch.-l. dudistrictdu même nom, et jadis de tout l’AIlahabad, sur le Gange et la Djemna, par 79° 30’ long. K., 25° 27' lat. N, ; 20,000 bai». A 3 kil. de la ville est une citadelle fondée par AKbar, 15S3 , et prise en 1765 par les Anglais qui en ont fait la première [il ace d armes de l’Inde. Les Hindous voient dans Allahabad la reine des cités saintes et y vont en pèlerinage.

allahabad, ancienne contrée de l’Hindoustan, entre 76° 40’ et 80° 40’ long. E. , 22° et 26& lat. N ; bornée par les provinces d'Aoude , Agrah, Gandouana, Maloua; a pour ch.-l. Allahabad: 7,000,000 d haK Pays plat, sol productif (opium, indigo, sucre, etc.); beaucoup de riv. (Gange, Djemna, Goumti, Caram- Xiassa) ; on y trouve les célèbres mines de diamant de Pannali. L’Allahabad est tombé au pouvoir des Anglais de 1775 à 1803, et forme auj. 4 états vassaux de la Grande-Bretagne, Revvah, Pannah, lhansi, Tehri , et 6 districts des possessions immédiates, Allahabad, Djouanpour, Bénarès, Mirzapour, Kâpour, Bundelkand.

ALLA1NVAL (l'abbé Soûlas d’ ), né à Chartres vers 1700, a donné différentes pièces de théâtre, dont les principales sont : la Fausse Comtesse, l’ Embarras des richesses fl726J, et l' Ecole des bourgeois (1728), sa meilleure pièce. Ou a aussi de lui :Aneerl. de Russie sous Pierre I ; Lettres du cardinal Mazurin , Eloge' de Cor , etc. Il mourut à l' Hôtel-Dieu, 1753. ALLAiRE,ch.-l.dee.(Morbih.),â4s k.E<ic Vannes.

ALLANCHE, ch.-l. de cant. (Cantal), à 15 kil. N. E. de Murat ; 2,500 hab.

ALLARD (Jean-François), général français, né à Saint-Tropez (Var), en 1785, mort en 1839, servit d’abord comme aide-de-camp sous les ordres du maréchal Brune. A la restauration, il alla chercher fortune en Égypte, puis en Perse , et se fixa enfin dans le Caboul, où il devint le général en chef et le conseiller de Runjet-Sing, roi de Lahore. Il établit une discipline sévère dans les troupes de ce prince, et l’aida à fonder un empire vaste et puissant. En 1838, il vint faire un voyage en France et y établit sa famille ; il mourut en 1839. peu après son retour à Lahore. Runjet-Sing le suivit de près.

A LIA » a • . (l.orreze), à 10 k. E. de Brive; 4,209h.

ALLAT1US (Léo), en italien Allacci, savant du XVIIe siècle, né àScioen 1586, d’une famille grecque , mort en 1669. Il vint de bonne heure à Rome. où il enseigna au collège des Grecs, et devint en 1661 bibliothécaire du Vatican. 11 a composé de

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