‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 321 sur 1261 · DOWN — 513 — DR AK · texte numérisé non relu

DOWN — 513 — DR AK

Vieux château. Commerce de grains et laines. La Bruyère est né aux environs de cette ville.

DOURGNE, ch. -1. de canton (Tarn), à 1 3 kil. S. O. de Castres; 1,700 hab. Carrières de marbre statuaire gris et blanc.

DOURLAC1I , Durlacum , et plus anciennement Turris ad Lacum (la tour du lac), ville du grandduché de Bade, à 4 kil. E. de Carlsruhe; 4,000 hab. C'était jadis le ch.-l. du margraviat de Bade-Dourlach ( V. bade). Prise par le duc d’Enghien en 1644.

DOURO, fleuve d’Espagne. Voy. duéro.

DOUSA (Janus) ou Jean VAN DER DOES, seigneur de Noordwyck, en Hollande, né en 1545, mort en 1 604, fut à la fois littérateur, magistrat et guerrier. En 1572, il fut envoyé en Angleterre pour engager la reine Elisabeth à se déclarer en faveur des Hollandais contre les Espagnols; en 1574, il soutint avec fermeté les assauts que ceux-ci livrèrent à la ville de Leyde, les força à lever le siège, et contribua par ses services civils et militaires à l’affranchissement de sa patrie. 11 fonda l’université de Leyde et en fut le premier curateur. 11 fut nommé en 1574 conservateur des archives hollandaises. Il puisa dans les titres originaux les matériaux d’un ouvrage historique, qu’il rédigea en latin, etsousdeuxformes, les Annales de la Hollande depuis l’an 898 jusqu’en 1218, en 10 livres, qui parurent en vers élégiaques en 1599, et en prose l’an 1601. 11 y avait travaillé avec son fils Jean Dousa. Cetouvr., hostile au catholicisme, fut mis hV Index. Outre cesyln«.,on a de Dousa des Comm. sur Horace, Catulle, Tibulle, Pétrone, Plaute, etc.

DOUVNO, petite ville de Bosnie, à 19 kil. S. E. de Livno. On croit qu’elle occupe l’emplacement de l’ancienne Delminium.

DOUVRES, Dubris des anciens, Dover en anglais, ville d’Angleterre (Kent), à 26 kil. S. E. de Cantorbéry, et à 106 kil. S. E. de Londres, sur la Manche; 15,000 hab. Beaucoup d’ouvrages de fortifications. Port où entrent les navires de 40 à 50 tonneaux. C’est un des Cinq-Poris [Voy. cinq-ports). Le passage de Douvres à Calais est de tous les passages d’Angleterre en France le plus usité [Voy. calais). Bains de mer. Chemin de fer de Douvres à Londres.

DOUVRES, ch.-l. de canton (Calvados), à 12 kil. N. de Caen; 2,000 hab. Dentelles de soie, de fil.

Douvres, Dover , est encore le nom de diverses villes des Etats-Unis. Voy. dover.

DOUZE TABLES (loi des). Voy. tables et décemvirs.

DOVER, ville et port d’Angleterre. Voy. Douvres.

dover, ville des États-Unis, ch.-l. de l’état du Delaware, à 125 kil. N. E. de Washington; 1,500 hab. Grand commerce de farine.

DOVER, ville des États-Unis (New-Hampshire), à 53 kil. E. de Concord; 3,000 hab. Forges, clouteries. Commerce de bois de charpente. — Il y a d’autres villes du nom de Dover dans l’Amérique du Nord ; mais elles sont peu importantes.

DOW (Gérard), peintre hollandais, élève de Rembrandt, né à Leyde en 1613, mort en 1674, s’attacha à représenter les objets de la vie commune et la nature morte. Tous ses tableaux sont d’un fini admirable ; on remarque , entre autres , la Femme hydropique , regardée comme un chef-d’œuvre ; la jeune Ménagère ; l’Epicière de village, le Trompette; une Cuisinière hollandaise ; le Peseur d’or; l’Astrologue ; une vieille Femme en prières; le portrait de sa famille et le sien.

DOW (Alexandre), officier anglais, né en Ecosse, mort dans l’Inde en 1779, se distingua par ses services militaires et ses talents littéraires. Il a donné une Histoire de l'Indostan (1772), trad. de l’ouvrage persan intitulé Taryckhi Ferichtah; on lui doit aussi la traduction de plusieurs Contes persans.

DOWLATABAD, ville de l’Inde. Voy.DAOULÀTABAD.

DO WN, comté maritime de l’Irlande, dans l’Uls-

ter, au S. de celui d’Antrim : 80 kil. sur 40; 352,500 hab. Ch,— 1., Down— Patrick. Sol montueux , lacs * eaux thermales et richesses minérales ; houille, cuivre, plomb, marbre, ardoises, etc.; peu de bois et de froment, beaucoup d’avoine et de pommes de terre, bétail médiocre, moutons excellents, chevaux et chèvres. Quelque industrie, agriculture arriérée.

DOWN-PATRICK , ville d’Irlande, ch.-l. du comté de Down, à 120 kil. N. E. de Dublin; 4,800 hab. Quatre grandes rues qui se coupent à angle droit. Commerce de toiles et de pommes de terre. On y voit la sépulture de saint Patrick, patron de l’Irlande.

DOWNTON, ville d’Angleterre (Wilt), à 9 kil. S. de Salisbury; 5,000 hab. Dentelles, coutil, drèche, papier ; tanneries.

DOYEN (Gabriel - François) , peintre français, élève de Vanloo, né à Paris en 1726, mort en 1806, fut le maître de David. Il a donné trois tableaux remarquables : la Mort de Virginie , Sainte Geneviève . des Ardents, et la Mort de saint Louis. Au commencement de la révolution. Doyen, sur les instances de Catherine II, czarine de Russie, s’établit dans ce pays où il exécuta plusieurs ouvrages remarquables.

DOZULÉ, ch.-l. de cant. (Calvados), à 17 kil. S. O. de Pont-l’Ëvêque ; 350 hab.

DRAC, riv. de France, naît au col des Deux- Couvettes dans le dép. des Hautes-Alpes, entre dans celui de l’Isère, et tombe dans l’Isère sous Sassenage, après un cours de 130 kil.

DRAGON, archonte et législateur des Athéniens, donna vers l’an 624 av. J.-C. des lois criminelles si rigoureuses, que l’orateur Démade les disait écrites avec du sang. Aussi tardèrent - elles peu à tomber en désuétude, et à être remplacées par celles de Solon. On trouve onze des lois de cet archonte dans un ouvrage publié à Lyon en 1588 , sous le titre de Jurisprudenlia velus Draconis , Pradulpho Prateio collectore ac interprète.

DRAGONERA, une des îles Baléares, à 3 kil. Ode Majorque : 3 kil. de long. Elle est inhabitée.

DRAGONNADES, nom donné aux cruelles vexations exercées par des gens armés contre les Protestants sous le règne de Louis XIV, par suite de la révocation de l’édit de Nantes (1685); on le& nomme ainsi parce qu’on y employait surtout des dragons.

DRAGUIGNAN, Anteis, ch.-l. du dép. du Var, dans une vallée, sur l’Artubv. à «7 1 k. S. de Paris, à 16 kil. N. O. de Fréjus; 9,794 nab. Nombreuses fontaines, joli jardin botanique, bibliothèque, petit musée; collège comm. Bas, gros draps; distilleries, savon, sel de saturne ; grand commerce d’huile d’olive. — L’arr. de Draguignan a 11 cant. (Aulps, Cal las, Comps, Fayence, Fréjus, Grimaud, Lorgues, Le Luc, Salernes, Saint-Tropez, plus Draguignan) , 59 communes et 86,873 hab.

DRAGUT, amiral ottoman, né dans l’Anatolie au commencement du xvie siècle, élève et successeur de Barberousse, avait été d’abord domestique d'un corsaire. 11 se signala par ses courses et ses dévastations sur les côtes du roy. de Naples et de la Calabre. Jeannelin Doria, neveu d André Doria, le fit prisonnier en 1550, et ne le relâcha qu’à prix d'argent. Bloqué de nouveau par André Doria (1560) au havre de l’île de Zerbi , il échappa par son audace. 11 rejoignit les Turcs devant Malte, 1565, avec 15 galères, et fut tué à ce siège par un boulet de canon.

DRAKE (François), célèbre marin anglais, né en 1545 près de Tavistock (Devonshire), fut capitaine de vaisseau dès l'age de 22 ans. En 1572, à la tête de deux navires, il enleva aux Espagnols les villes de Nombre-de-Dios et de Venta-Cruz situées sur la côte orient, de 1 isthme de Panama. De 1577 à 1580 il fit, avec l’approbation de la reine Élisabeth, un voyage autour du monde, pendant lequel il attaqua et battit souvent les Espagnols , et prit possession des côtes de la Californie, qu il nom-

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ma la Jfouv elle- Albion. En 1536 il s’acquit une uouvelle gloire en s’emparant de plusieurs places aux Canaries, au cap \ert et à Saint-Domingue. La reine le nomma alors vice-amiral, et en 1588 il coula à fond dans Le port de Cadix 23 vaisseaux de la fameuse flotte espagnole dite Y Armada , dirigée par Philippe II contre l'Angleterre. En 1596 il enleva aux Espagnols en Amérique Sainte-Marthe et Rio-de-la-Hacha ; mais il échoua dans la principale attaque contre Panama, et le chagrin qu’il en conçut le fît mourir à Porto-Bello la môme année. Franç Pretty a écrit en anglais le journal de la navigation de Drake : The famous Voyage of Drake into the south sea , Londres, 1600, in-12; trad. en fran fais par Louvencour , Paris, 1627, et 1641, in-12.

DRAKEN BORCH (Arnold), professeur et commentateur hollandais, né à Utrecht en 1684, mort dans la même ville en 1 747 ; remplaça Burmann dans sa chaire de rhétorique et d’histoire à Utrecht, 1716. Il a donné d’excellentes éditions de Silius Italiens, 1717, et de Tite Live, 1738 à 1746, 7 vol. in-4 ; et de savantes dissertations De prœfeclo urùis , De ojficio prœjectorurn preelorii, etc.

DRAMA, Drabescus, ville de la Turquie d'Europe ( Rournélie ) , à 49 kil. E. de Sères, au N. de la plaine de Philippes. Commerce assez actif avec Larisse. Ruines aux environs.

DRAM M EN , nom sous lequel on comprend les deux villes réunies de Strœmsoë et de Bragernaes, en Norwége, situées à 28 kil. S. O. de Christiania ; sur le Drammen-elv ; 6,000 hab.

DRaMMENSEIORD , portion du golfe de Christiania, a 22 kil. de long et 2 kil. de large.

DRANG-TRONG, nom indigène de laCochinchine.

DRANSE, nom commun à deux riv. qui coulent sur les confins de la Suisse et de l’Italie : l’une, la Dranse savoyarde, vient du S. et tombe dans le lac de Genève, à 6 kil. N. E. de Thonon; l’autre, la Dranse valaisane , formée de 2 torrents qui naissent dans le Grand-Sainb- Bernard , vient du N. et se jette dans le Rhône à Martigny.

DRAPARNAUD (J.-Raiinond) , naturaliste , né à Montpellier en 1772, professa l’histoire naturelle à l’école de médecine de cette ville , et mourut en

1804. Il a laissé une Histoire naturelle des mollusques terrestres et fluviatiles de la France, publiée en

1805, 1 vol. in-4, avec figures, et un traité des Conferves, resté manuscrit.

draparnaud (Victor-Xavier), poëte dramatique, frère du précédent, né à Montpellier en 1773, mort en 1833, adonné au théâtre plusieurs pièces médiocres, entre autres : le Prisonnier de Newyate, drame, 1817 ; Louis-le-Débonnaire, trag., 1822 ; Maxime on Rome livrée , trag., 1823 ; la Clémence de David, trag., 1825; Honneur et Préjugé , drame, 1826; Thomas Morus, 1 827 ; l'École de la Jeunesse, 1828. On lui doit aussi plusieurs poésies lyriques de circonstance.

DRAVE , Drau en allemand, Dravus en latin, riv. des États autrichiens , naît dans le Pusterthal en Tyrol , sépare la Croatie et l’Esclavonie de la Hongrie , devient navigable à Villach et se jette dans le Danube par la rive droite sous Eszek, après un cours de 460 kil. Elle reçoit le Gurk, le Glan, le Lavant, la Muhr, etc.

DRAV1RAS, nom sous lequel on réunit d’ordinaire les cinq soubabies qui composent le Décan tributaire des Anglais. Voy. décan.

DRAYTON, ville d’Angleterre , dans le comté de Shrop, sur le Teru, à 24 kil. N. E. de Shrewsbury;

DRAYTON (Michel) , poëte anglais, né en 1563 dans le comté de Warwick, mort en 1631, a publié des Pastorales , des Élégies , des Chansons , une Description de l'Angleterre ( Polyolbion ) en vers alexandrins, etc. On a imprimé ses Œuvres Londres, 1748. in-fol., et 1753, 4 vol. in-8.

DREBBEL (Corneille van ) , né en 1572 à Alkmaër ^Hollande), mort à Londres en 1634 , se fit une grande réputation par ses talents en physique et en mécanique; obtint la faveur de Jacques I, roi d’Angleterre, de Rodolphe II et de Ferdinand il, empereurs d’Allemagne. Il inventa le thermomètre qui porte son nom , découvrit la teinture en écarlate. On lui attribue , mais à tort, l’invention du microscope et du télescope. Il passa de son temps pour un magicien ; il paraît avoir connu la fantasmagorie. Il a laissé deux ouvrages en hollandais qui ont été traduits en français sous le titre de Traités de la nature des Éléments, de la Quintessence, dans un recueil de Traités de philosophie naturelle. Paris, 1672.

DRENTHE, prov. de Hollande, entre celles d’Over - Yssel, de Frise, de Groningue, et le roy. de Hanovre ; 62 kil. sur 60 ; 48,000 hab. Ch.-l., Assen. Sol sablonneux et peu fertile. Pâturages, tourbières. Fabriques de toile et de gros drap.

DREPANE, Drepanum , auj. Trapani, ville et promontoire de Sicile, sur la côte occid., au N. de Lilybée, au pied de l’Eryx , furent ainsi nommés, selon la fable , de ce que Saturne chassé du ciel y avait laissé tomber sa faux (en grec drepanon). Adherbal remporta sur Claudius Pulcher une victoire navale près de Drépane, l’an 249 av. J.-C. Drépane fut avec Lilybée la dernière ville que Carthage garda en Sicile (pendant la première guerre punique).

DREPAN1US. Voy. pacatus.

DRESDE, Dresden en allemand, ville d’Allemagne, capitale du royaume de Saxe, sur l’Elbe et le VVeisseritz, à 160 kil. S. de Berlin, à 846 kil. E. de Paris, dans le cercle de Misnie; 71,000 hab. Elle se divise en 3 parties, Dresde ou la Résidence, Vieux- Dresde et Friedrichstadt. Château royal, belle église catholique, beau pont, riche musée , palais japonais (avec bibliothèque et plusieurs beiies collections), arsenal, etc. Académies et sociétés savantes; école militaire, école vétérinaire, école pour la jeune noblesse. Hôtel des monnaies. Draps, lainages, soieries, voiles, passementerie, plaqué, chapeaux, dentelle, fleurs artificielles, cartes à jouer, orfèvrerie, fonderie de canons. Dessinateurs et graveurs renommés. — Dresde n’a acquis d’importance que dans le dernier 1 siècle ; ce n’était d’abord qu’un village de pêcheurs. Elle fut souvent ravagée par les armées, notamment dans la guerre de Sept-Ans et dans la campagne de 1813. Ses fortifications furent détruites en 1815. Cette ville a été le théâtre d’une célèbre victoire remportée le 26 et le 27 août 1813 par Napoléon sur l’armée combinée des Autrichiens, des Russes et des Prussiens, et où Moreau trouva la mort dans les rangs des alliés.

DREUX, Durocasses des anciens, Drocœ au moyen âge, ch.-l. d’arrondissement (Eure-et-Loir), à 33 kil. N. de Chartres; 6,379 hab. Tribunal de lre instance etdecommerce. Bel hôtel-de-ville, cathédrale gothiq. Vieux remparts, restes du château-fort des anciens comtes de Dreux. Filatures de coton, tanneries. Commerce en grains, volaille, veaux, bonneteries de laine. — Cette ville est très ancienne. On croit qu’elle occupe la place d’un lieu regardé par les Gaulois commo saint, et où les Druides avaient établi lecentrede leur culte et une de leurs plus célèbres écoles. Dreux fut une place forte au moyen âge et soutint divers siégea remarquables. Ce fut aux environs que se livra la bataille de Dreux (1562), gagnée par les Catholiques sur le prince de Condé et les Protestants. Patrie de Rotrou, Philidor, Godeau, etc. Sépulture de la famille d’Orléans depuis 1816 - L’arr. a 7 c. (Anel,

Brezolles, Châteauneuf-en-Thimerais, laFerté-Vidamo, Nogent-le-Roi , Senonches, plus Dreux), 135 communes et 7 1 ,654 habitants.

dreux ( comté de ) , ancien comté^ de France , ainsi nommé de Dreux, sa capitale, était situé au N. du Pays Chartrain, sur les confins de la Norman-

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die et del’ Ile-de-France, et dépendait originairement du duché de Normandie. Au x® siècle il était possédé par un certain Landry, dont la fille Ève le porta en dot à Gauthier, comte du Vexin; il échut ensuite à Richard I, duc de Normandie (942-996), dont la fille le porta en mariage à Eudes II , comte de Chartres (1017). Robert II, roi de France, l’enleva à ce dernier et le réunit à la couronne. Louis VII, le Jeune, le donna en 1137 à son frère Robert, qui devint le chef de la maison royale des comtes de Dreux. La ligne directe s’éteignit en 1365, par la mort de Simon , comte de Dreux. Le comté se trouva alors de nouveau réuni à la couronne. En 1382, Charles VI le donna à Arnaud, sire d’Albret ; il le reprit à la mort de ce dernier, 1401, et le donna en 1407 à son frère Louis d’Orléans. En 1559 il fit partie du douaire de Catherine de Médicis, et en 1569 fut érigé en duché-pairie et donné en apanage à François, duc d’Alençon, puis duc d’Anjou, mort en 1584. Enfin, par une suite d’héritages, il passa aux ducs d’Orléans, qui possèdent encore auj. le château de Dreux.

DREUX (Robert de France, comte de), cinquième fils de Louis VI, dit le Gros, reçut en 1137 de son frère Louis VII le comté de Dreux, qui passa à sa postérité. En 1147 il prit part à la deuxième croisade. Il mourut en 1188.

dreux (Philippe de), évêque de Beauvais, mort en 1217, prélat belliqueux, se croisa deux fois, fut pris par les Musulmans au siège de St-Jean-d’Acre en 1190, et, à son retour en France, combattit contre les Anglais, qui le firent prisonnier près de Milly en 1196. Il fit ensuite la guerre en son propre nom aux Albigeois, et se signala en 12/4 près de Philippe- Auguste à la journée de Bouvines. Interprétant a’une manière digne de son temps les lois canoniques, qui défendent aux prêtres de verser le sang, Philippe de Dreux ne se servait pas d’armes tranchantes; mais il assommait ses ennemis avec une lourde massue.

DREUX (Pierre de), surnommé Mauclerc , issu de la même famille, et tige des ducs de Bretagne de a maison de Dreux. Voy. pierre mauclerc.

dreux-brézé (famille le), ancienne famille, issue au xiv* siècle de Pierre, septième comte de Dreux; elle ne prit le nom de Brézé qu’au xvn* siècle, par suite de l’échange que Thomas de Dreux fit avec le grand Condé du marquisat de la Galissonnière contre la terre de Brézé, qui fut érigée en marquisat en 1685. Du reste la famille des Dreux- Brézé n’avait d’autres rapports avec l’ancienne famille des Brézé (Voy. brézé) que d’avoir également possédé la terre de Brézé. Thomas de Dreux-Brézé, baron de Berrye, fut nommé en 1701 grand-maître des cérémonies, fonction qui depuis resta à ses descendants. — Henri Evrard de Dreux-Brézé , son petit-fils, grand-maître des cérémonies sous Louis XVI, est célèbre par l’incident qui term. la fameuse séance royale du 23 juin 1789. Chargé par le roi, qui voulai! empêcher la réunion des députés des trois ordres, de notifier à l’Assemblée nationale l’ordre d’évac. la salle de ses séances, il fut accueilli par une violente apostrophe de Mirabeau et se retira sans avoir pu se faire obéir. Le marquis de Dreux-Brézé émigra avec la famille royale et ne rentra en France qu’en 1801. En 1815 il reprit ses fonctions de grand-maître des cérémonies et fut nommé pair de France; il mourut en 1829. —Son fils, Scipion, 1793-1 845, fut à la Ch. des Pairs un loyal et éloquent défenseur de la cause légitimiste.

DREUX DU radier (Jean-François), avocat, né à Châteaunenf-en-Thimerais l’an 1714, mort dans la même ville en 1780, fut quelque temps lieutenant-criminel, et quitta cette place pour se livrer à la littérature. Il a publié, de 1749 à 1778, un grand nombre d’ouvrages; les principaux sont : Bibliothèque historique et critique du Poitou , 1754, 5 vol. in-12 ; Tablettes historiques et anecdotiques

des rois de France , depuis Pharamond jusqud Louis XV, 1759, 3 vol. in-12 ; Mémoires historiques, des reines et régentes de France, etc. 1776 fiv in 12

DREVLIENS, peuple slave, voisin de Kiev.

DRILO, fleuve de l’il lyrie mérid., auj. le drin.

DRIN ou DRINO, Drilo ou Drinus, riv. de la Turquie d’Europe, dans l’ancienne Albanie, par 18° 30’ long. E., 42° 10’ lat. N., formée de la jonction da deux cours d’eau nommés Drin Blanc et Drin Noir, et tributaire de l’Adriatique où elle forme à son em bouchure un petit golfe, dit golfe du Drin. Elle formait autrefois la limite de l’empire d’Orient et de l’empire d’Oecident.

drin ou drina, Drinus, riv. de la Turquie d’Europe (Bosnie), sort des monts Dinariques, sépare la Bosnie de la Servie, et grossit la Save, à 17 kil. N. E. de Belika.

DRISTRA, auj. Silistri. Voy. durostorum.

DROCÆ, nom latin de dreux.

DROGHEDA, ville et port d'Irlande, dans le Leinster, ch.-l. du comté de Drogheda, sur la Boyne, à 40 kil. N. de Dublin ; 18,000 hab. Port bon, mais presque barré. Grand commerce (importation de houille, etc.; exportation de grains). C’est près de cette ville que fut livrée la fameuse bataille de la Boyne, 1690. — Le comté de Drogheda est enclavé entre ceux de Louth et de Meath, et ne se compose que de la ville de Drogheda et de sa banlieue.

DROHOBYCZ, ville des États autrichiens (Galicie), à 27 kil. S. E. de Sambor; 7,500 habitants.

DRülSSY ou DR01ZY , Truccia. Voy. truccia.

DROiTWICH , ville d’Angleterre (Worcester) , a 9 kil. N. E. de Worcester; 2,500 hab. Belles salines.

DROME, Druna, riv. de France, naît au Val- Drôme, sur la limite orientale du dép. des Hautes- Alpes; arrose Die, Pontaix, Saillans, Crest, et tombe dans le Rhône au-dessous de Pont-Livron, après un cours de 110 kil. environ.

drôme (dép. de la), dép. français, situé à l’E. du Rhône qui le sépare du dép. de l'Ardèche, à l’O. du dép. des Hautes-Alpes, au S. du dép. de l’Isère, au N. de celui de Vaucluse; 124 kil. sur 80; 6,570 kil. carrés; 305,499 hab. Ch.-l., Valence. Il est formé d’une partie du Dauphiné et de la Provence. Houille, marbre blanc, granit, albâtre, pierre de taille statuaire, plâtre, belles argiles à potier, cristal de roche, etc. Sol rocailleux ; à l’E. le sol s’élève et se couvre de belles forêts : grains en petite quantité ; très bons vins (de l’Ermitage, de Die, etc.); fruits exquis, légumes, chanvre, garance, châtaignes, truffes noires, etc.; riches prairies. Lainages communs; distilleries, poteries, verreries, papeteries, etc. Commerce de vins, miel, cire, amandes, etc. — Le dép. de la Drôme se divise en 4 arrondissements (Valence, Die, Nyons, Montélimart), 28 cantons et 359 communes; il dépend de la 8e division militaire, ressortit à la cour impériale de Grenoble et forme le diocèse de Valence.

D ROM OS ACH1LLEOS, auj . Rossa-Dscharigalsch . Voy. achille (cours d’).

DRONERO, ville des États sardes, sur la Maira, à 13 kil. N. O. de Coni ; 6,450 hab. Toiles.

DRONNE, riv. de France, naît près de Montbrun dans le dép. de la Haute-Vienne, baigne Brantôme, Bourdeilles, Aubeterre , La Roche - Chalais , et tombe dans l’Isle à 2 kil. au-dessous de Contras.

DRONTHE1M, en norwégien Trondhiem, ville de Norwége (Nordenfiels), à 400 kil. N. de Christiania, par 8° 45’ long. E., 63° 25’ lat. N., sur la mer; 9.000 hab. Évêché. Bon port. Jolie ville, quoique en bois; fondée en 998parOiof l. Cathédrale de St-Olof (élevée à la place d’une magnifique basilique qui fut incendiée en 1719 et qui pendant des siècles avait été un lieu de pèlerinage célèbre dans tout le Nord). Académie royale des sciences, biblioth. , cabinet des sciences naturelles, séminaire pour l’in—

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struction des Lapons, etc. Entrepôt du cuivre des mines de Roraas. Comm. de bois, de harengs et d’huile de poisson. Deux incendies, en 1841 et 1842.

DRONTHEIM (NORDRE-) et SONDRE-DRONTHEÎM, nom de deux bailliages du Nordenfiels en Norwége. Le second a pour ch.-l. Drontheim.

DROUE, ch.-l. de cant. (Loir-et-Cher), à 26 kil. N. de Vendôme; 900 hab.

DROUET, conventionnel, né en 1763, mort en 1824, était maître de poste à Sainte-Ménehould lorsque Louis XVI, fuyant de Paris avec sa famille, passa par celte ville, le 21 juin 1791, pour se rendre à Montmédy. Drouet, ayant reconnu ce prince à cause de sa ressemblance avec le portrait empreint sur les assignats, prit une route détournée pour arriver avant lui à Varennes ; il mit sur pied dans cette ville les autorités et la garde nationale, et parvint ainsi à faire arrêter la famille fugitive. Députéà la Convention, il s’y fit remarquer par son exaltation. Commissaire à l’armée du Nord en 1793, il fut pris par les Autrichiens, tenta vainement de s’évader du Spielberg, et ne recouvra la liberté qu’en 1795. Sous-préfet sous le Consulat et l’Empire, il fut exilé ci la Restauration.

DROZ (Pierre jacquet-), habile mécanicien suisse, né en 1721 à La Chaux-de-Fond, dans le comté de Neufchâtel, mort à Bienne en 1790, trouva d’abord le moyen d’adapter, à peu de frais, aux horloges communes un carillon et des jeux de flûte; inventa une pendule qui, au moyen de la combinaison de deux métaux inégalement dilatables, marchait sans être remontée tant que les pièces n’en seraient pas usées par le frottement; fit une pendule astronomique et un automate qui écrivait lisiblement et faisait tous les mouvements des doigts. — Henri- Louis Jacquet Droz, son fils et son élève, né à La Chaux-de-Fond en 1752, mort en 1791, n’avait pas encore 22 ans lorsqu’il apporta à Paris un automate dessinateur et une figure de jeune fille qui touchait du clavecin, suivait des yeux la musique, et indiquait la mesure par des mouvements de tête, se levait quand elle avait fini de jouer, et saluait la eompagnie. Droz fabriqua encore deux mains artificielles, remplaçant presque la nature; Vaucanson lui dit en les voyant : « Jeune hçmme, vous commencez par où je voudrais finir.» —Écrivain. V. Suppl.

DRUENTIA, riv. de Gaule, auj. la durance.'

DRUIDES, ministres de la religion chez les anciens Gaulois ou Celtes; on fait dériver leur nom, soit du mot grec drus (chêne), soit des mots irlandais de rhouydd (parlant de Dieu). Les Druides se parta-

Seaient en trois classes : 1° les druides proprement its ou prêtres, qui furent dans l’origine possesseurs da suprême pouvoir, mais qui le cédèrent dans la suite aux brenns ou chefs des guerriers ; 2° les tubages , devina et sacrificateurs ; 3° les bardes , qui chantaient ]es hymnes divins et les exploits des héros. Les Druides croyaient à l’immortalité de l’âme et à la métempsycose ; l’objet de leur culte était surtout la Nature; cependant ils reconnaissaient plusieurs dieux, telsqu’Esus ou Hésus, Teutatès, etc. ; mais ils n’avaient point de temples : ils se réunissaient dans de sombres forêts , entre Dreux et Chartres, et à certains jours y cueillaient en grande cérémonie le gui sacré sur un chêne antique. Dans les grandes calamités, les Druides immolaient des victimes humaines. Les dol-men et les men-hir, pierres énormes que l’on trouve en grand nombre sur les côtes de la Bretagne, sont regardés comme les autels où se consommaient ces sacrifices sanglants. Le druidisme était mêlé d’une foule de pratiques superstitieuses ; il attachait de mystérieuses vertus à certaines plantes , telles que la sélage, la samole, la verveine, et surtout le gui, auquel étaient attribuées des propriétés merveilleuses. Les Druides étaient en même temps médecins, astronomes, physiciens ; ils n’avaient rien d écrit ; toute leur science était contenue dans des pièces de vers

qu’ils apprenaient par cœur. Il y avait aussi des Druidesses : elles prédisaient l’avenir et consultaient les entrailles des victimes. Les invasions successives des barbares et l’établissement du christianisme dans les Gaules mirent fin à la religion des Druides; elle disparut vers le vi* siècle.

DRUL1NGEN, ch.-l. de cant. (B.-Rhin), à 24 kil. N. O. de Saverne ; 400 hab.

DRUMMOND (William), historien et poète écossais, surnommé le Pétrarque écossais, né en 1585 à Hawthornden, mort en 1649 du chagrin que lui causèrent les malheurs et la fin tragique de Charles I. Il a écrit une Histoire d' Écosse de 1423 à 1643, in-8, où il professe les opinions les plus monarchiques, et des poésies élégiaques remarquables par leur mélodie. On a publié ses Œuvres complètes, Edimbourg, 1711.

DRUNA, riv. de Gaule, auj. la drôme.

DRUSES. Voy. druzes.

DRUSUS (M. Livius), tribun du peuple l’an 122 av. J.-C., fut opposé par le sénat à G. Gracchus, qui s’était rendu redoutable par sa popularité. Pour détruire l’influence de ce tribun séditieux, Drusus, au nom du sénat, combla le peuple de faveurs et de largesses, et distribua gratuitement des terres. Il géra ses fonctions avec la plus grande intégrité, et fut nommé consul l’an 1 1 2 av. J. -G. — M. Livius Drusus, son fils, tribun l’an 91 av. J.-C., suivit le même plan de conduite que lui, et chercha à rattacher le peuple au sénat par des largesses et des lois populaires. 11 alluma la guerre sociale en voulant étendre aux Italiens le droit de cité, et périt assassiné (90).

drusus (Cl. Nero), fils de Livie et frèrepuînéde Tibère, fut adopté par Auguste. 11 remporta plusieurs victoires dans les Gaules, la Rhétie, la Vindélicie et la Germanie, et fit creuser le canal du Rhin au Flevo (Yssel). 11 mourut jeune, l’an 9 de J. -G. 11 fut père du célèbre Germanicus et de l’emp. Claude

drusus , fils de Tibère et de Vipsanie, 2e femme de cet empereur, montra beaucoup de courage lors de la sédition de Pannonie (14 de J.-C.). Son père l’éleva au consulat (21) et partagea avec lui la puissance tribunitienne. Mais le jeune prince ayant donné un soufflet à Séjan, celui-ci , pour se venger, le fit empoisonner, l’an de J.-C. 23.

DRUZES ou DEROUZ, peuple de la Syrie, habite le N. du pachalik d'Acre, dans le pays qui s’étend de Balbek à Arnoun, et le long de la Méditerranée, entre Djébaïl et Saïde. Leur nombre s’élève à 120,000 individus, dont 40,000 hommes pouvant porter lesarmes. Ils sont tributaires du pacha d’Egypte, mais de fait presque indépendants. Les Druzes sont hospitaliers, belliqueux: Ü3 professent une religion particulière, dérivée de celle des Ismaéliens et dont le point capital est l’adoration du calife Hakem Biamrillah, qui vivait au commencement du XIe siècle, et qu’ils croient un Dieu incarné; aussi leur chef s’appelle-t-il toujours hakem. Le hakem des Druzes réside à Déir-el-Kamar. Les Druzes ont pris , dit-on , leur nom de Durzi, un des premiers apôtres du calife Hakem, qui conduisit en Syrie ses partisans persécutés en Égypte. Retirés dans les montagnes du Liban, les Druzes devinrent redoutables : ils résistèrent longtemps aux attaques des Turcs, et ne furent soumis au tribut qu’en 1588 par le sultan Amurat 111. La Porte leur a donné en 1842 un chef de leur nation. M. Sylvestre de Sacy a publié Y Exposé de la religion des Druzes, Pars, 1838, 2 vol. in-8.

DRYADES (du mot grec dry s, chêne), nymphéa qui présidaient aux bois et aux arbres en général. Il ne faut point les confondre avec le6 Hamadryades. Celles-ci étaient pour ainsi dire attachées à l’arbre, et ne pouvaient le quitter un instant; elles mouraient avec lui. Les Dryades au contraire pouvaient errer dans les bois ; elles étaient immortelles.

DRYANDER (Jonas eichmann, connu sous le nom grec de), naturaliste suédois, disciple de Linné né en

DUBA

1748, mort en 1810, se rendit en Angleterre, devint membre de la Société Linnéenne de Londres, et fut mis par J. Banks à la tête de sa bibliothèque. On a de lui des Mémoires , qui se trouvent dans les Transactions delà Société Linnéenne, et le Catalogue de la bibliothèque de J. Batiks, 1800, 5 vol. in-8, ouvrage qui présente la bibliographie la plus complète et la mieux faite des sciences naturelles.

DRYDEN (J.), célèbre poêle anglais, né en 1G31 à Adwinckle (Northamptonshire), mort en 1701, commença à faire des vers au collège. D’un caractère versatile et vénal, il débuta devant le public par des stances à ki louange de Cromwell (1658), et deux ans après, il célébra le retour de Charles II, dans un poëme intitulé : Astrea redux ; il composa aussi en l’honneur de ce prince YAnnus mirabilis (1G66), et fut nommé en récompense poëte lauréat (1668). Il s’adonna ensuite au théâtre, fit des comédies et des tragédies, et obtint pendant trente ans une suite de succès non interrompue. Ses meilleures pièces sont Don Sébastien et la Conquête de Grenade . 11 s’exerça aussi dans le genre satirique, publia quelques satires politiques, entre autres Absalon et Achitophel (contre la révolte de Monmouth), qui lui attirèrent beaucoup d’ennemis et l’exposèrent même à de mauvais traitements. 11 s’était fait catholique, sous Jacques II, peu avant la révolution de 1688 : aussi perdit-il son titre de poëte lauréat sous Guillaume a Orange. N’ayant plus d’autre ressource que son talent, il se remit à l’œuvre, quoique déjà vieux. C’est alors qu’il composa plusieurs de ses meilleurs ouvrages : sa Traduction de Virgile , 1697; des traductions de Juvénal , de Perse , ses Fables , 1G98, et la plus belle de ses odes, la Fête d’ Alexandre, pour la Sainte-Cécile. Outre ses ouvrages en vers, il en a composé quelques-uns en prose ; le plus estimé est YEssai sur la poésie dramatique. Dryden est mis à la tête des poëtes classiques de l’Angleterre pour l’élégance, L harmonie, le goût ; on le regarde comme le père de la critique dans son pays. 11 est à regretter que, pressé le plus souvent par le besoin, il ait travaillé avec trop de précipitation. Walter Scott a donné en 1 808 une édition complète de Dryden, Londres, 18vol. in-8, réimprimée à Edimbourg, 1821.

DRYOPES, peuplade sortie, dit-on, de l’Arcadie. Ils se fixèrent à une époque reculée sur les bords du Haut-Céphise et au S. du mont OEta, d’où ils étendirent leurs ravages dans les environs. Hercule les chassa de ce pays qui reçut alors les Doriens et prit le nom de Doride. Les Dryopes se dispersèrent et allèrent, les uns en Argolide où ils élevèrent Asine, les autres en Eubée où ils fondèrent Caryste ; quelques-uns passèrent en Asie avec les émigrants athéniens et ioniens, et s’établirent près de Cyzique, quelques-uns même abordèrent dans l’île de Cypre.

DUARTE. Voy. fdouahd, roi de Portugal.

DUACUM, ville de la Gaule, auj. douai.

DU BARRY (Jeanne vaubernier, comtesse), maîtresse de Louis XV, née à Vaucouleurs en 1744 , était fille d’un commis aux barrières. Après avoir passé quelque temps chez une marchande de modes, puis dans une maison de débauche à Paris, sous le nom de mademoiselle Lange , elle fut présentée à Louis XV (4769) par le comte Jean Du Barry, dont elle avait été la maîtresse. Le vieux roi , frappé de sa beauté, conçut pour elle une vive passion et lui accorda bientôt un crédit sans bornes. On lui fit épouser, pour lui donner un rang à la cour, Guillaume Du Barry, frère du comte Jean. Elle devint bientôt l’instrument de tous les i ntrigants ; fit disgracier le ministre Choiseul , qui avait osé reprocher au roi l’abjection de son choix; contribua beaucoup à l'exil des parlements (1771), distribua les grâces au hasard, et dilapida les finances. LouisXV fit bâtir pour elle le pavillon de Lucicnnes, près de Marly. A la mort du roi (1774), clic sc retira

DUBL

! de la cour et vécut ignorée jusqu’à la Révolution. A ! cette époque elle fit courir le bruit qu’on lui avait volé ses diamants et les porta en Angleterre pour secourir les émigrés. Arrêtée à son retour , elle fut condamnée à mort en 1793. Elle montra une grande faiblesse dans ses derniers moments. On a publié un grand nombre d’ouvrages sur mad. Du Barry. On peut consulter Y Histoire de France au xvme siècle , de Ch. Lacretelle ; la Vie privée de Louis XV, par Moufle d’Angerville, Londres, 1781, 4 vol. in-12; Lettres originales de madame la comtesse Du Barry , par PidansatdeMairobert, Londres, 1779, in-12, etc.

DU BARTAS (Guillaume de saluste), poëte français, né à Montfort, 1544, mort en 1590, se distingua sous Henri IV par sa bravoure dans les combats et son talent pour les négociations, et fut chargé de missions en Angleterre eten Danemark. 11 composa des poésies qui obtinrent un grand succès ; le plus connu de ses ouvrages est la Semaine de la Création, en 7 livres, qui eut plus de 30 éditions en six ans; il a fait aussi une Seconde Semaine, qui comprend des histoires de l’Ancien Testament. Ce poëte avait de la verve, de l’imagination, mais manquait dégoût. Ses Œuvres ont été réunies en 1611, 1 v. in-f.

DU BELLAY (Jean), cardinal et homme d’état, 1492-1560, jouit de lafaveur de François 1, occupa les sièges de Bayonne, Paris, Limoges, Bordeaux, fut ambassadeur près de Henri VIII et de Paul III , puis lieutenant-gén. du royaume pendant que le roi repoussait Charles-Quint en Provence. Disgracié à la mort de François I, il se retirai Rome. Le card. Du B. protégea et cultivâtes lettres: c’est sur sa proposition que fut fondé le College de France. On a de lui des Poésies latines, 1546, des Lettres, etc. Rabelais avait été attaché à sa maison. — Guill.DuB., seigneur de Langey, son frère, un des plus braves généraux de François I, 1491-1543, fut vice-roi du Piémont, où il battitles Impériaux, remplit div. missions, et laissade précieux mémoires qu’il intitula Ogdoades (Huitaines), parce qu’il les divisa de 8 en 8 livres. — Ces mé moires ont été continués par son plus jeune frère, Mar tin Du B., qui fut aussi grand capitaine et bon négociateur. Les Mémoires de Martin Du B., avec des fragments des Ogdoades , ont paru en 1569, in-fol.

du bellay (Joachim), poëte, cousin des précéd. , né vers 1525 à Liré (Maine-et-Loire) , m. à Paris en 1560. Ses vers lui donnèrent accès à la cour, où on l’appela l'Ovide français. Des ennemis secrets le firent accuser d’irréligion; ces tracasseries le conduisirent au tombeau. On a de lui : Poésies françaises, Paris, 1561, in-4, et 1597, in-12; Poésies latines , 1569, en deux parties, in-4. 11 écrivit en prose la Défense et illustration de la langue française, 1549, in-8. Du Bellay fut avec Ronsard un de ceux oui tentèrent de régénérer la poésie française.

DU BIEZ (oudart), maréchal de France, illustra les règnes de François letde Henri IL 11 servit avec une haute distinction en Italie et reçut le bâton de maréchal en 1542. Il partagea avec le connétable de Montmorency la gloire d’avoir déconcerté les projets de Charles-Quint lorsque ce prince envahit la Provence (1544). 11 battit deux fois les Anglais en Picardie ; mais une faute de son gendre, Jacques de Coucy-Vervins, qui rendit aux Anglais la place de Boulogne (1544), lui fit perdre la confiance du roi. Mis en jugement avec Coucy (1549), ils furent condamnés l’un et l’autre à perdre la tête. Coucy subit sa sentence. Henri II fit grâce an maréchal, qui fut enfermé au château de Loches. Il en sortit au bout de trois ans, et mourut de chagrin à Paris en 1551. Sa mémoire et celle de son gendre furent réhabilitées en 1575.

DUBIS, riv. de Gaule, auj. le doubs.

DUBLIN, Dalla na-Cleib et Drom-choll-Cœl en langue erse, Eblana portus et Dublana des anciens, ville capit. de l’Irlande, ch.-l. de la prov. de Lein-

DUBO — — o

ster etdu comté de Dublin, par 8° 30’ long. O., ,53* 21’lat.N.,à 460 kil. N. O. de Londres; 250,000 hab. C’est une des plus belles villes du Royaume-Uni. Le Liffey la traverse, 2 canaux l’environnent, et elle est située sur une superbe baie dite baie de Dublin; mais le mouillage est incommode malgré les immenses travaux qu’on y a exécutés. Deux archevêchés, l’un anglican, l’autre catholique. Université. Boulevards de 16 kil. détour. Bassins, phare, docks, place dite Saint-Stephen’ s Green. Cirque royal. Nombreux jardins de plaisance ; 6 ponts en pierre et un en fer. Édifices principaux : banque nationale, bourse, douane, palais de justice, magasin à tabac, archives, collège de la Trinité ou université, théâtre royal, mairie, timbre, cathédrale de Saint-Patrick, superbes hôpitaux, casernes, halles aux toiles, nouvelle halle aux blés, palais du lord-lieutenant. École des sciences naturelles, grand jardin botanique de Glassnevin; école de chirurgie, institut l enaigle , institut des sourds-muets ; Académie royale Irlandaise, société royale de Dublin (agricole), Société Irlandaise (des écoles élémentaires), Société Biblique; bibliothèques, musée. Soieries, brasseries, distilleries, etc. Commerce de lin, toile, serges, laines, etc. Chemin de fer atmosphérique (1844). — Suivant Ptolômée, Dub. existait dès l’an 1 40 de J.-C. Néanmoins, ce ne fut qu’un misérable bourg jusqu’en 1213, époque où les Anglais qui s’en étaient rendus maîtres y élevèrent un château: elle fut fortifiée pendant le xve siècle. Elisabeth et Charles I l’embellirent ; mais la guerre arrêta son accroissement, et ce n’est guère que depuis 60 ans que Dublin a pris un gr. essor. Pat. d’Usher,I)enham, Parnell, Steelo. Sheridan, Grattan. Burke. — U comté de D., sur la mer, entre ceux de Meath au N., de Wicklow au S.; 49 kil. sur 31 ; 176,000 hab. sans la ville. Ch.-l., Dublin. Montagnes au S. ; marais , sol argileux, quelques endroits assez fertiles; peu de bols; granit, grès, ocre, marne, pierres calcaires, etc.

DUBOIS (Phil. Goibaud), de l’Acad. française, né à Poitiers en 1626, m. en 1694, fut précepteur du duc de Guise (L. Joseph), dont il avait d’abord été le maîtrede danse. On lui doit des trad. de S. August.(Confess., Leu., Sermons, de la Contin.,de la Tempér ,etc.), et de Cicéron ( Offices, de l’Amitié , de la Vieillesse).

DUBOIS (Guill.), abbé, puis cardinal, né en 1656 à Brive-la-Gaillarde en Limousin, était fils d'un pauvre apothicaire. Il fit ses études au collège de St- Michel à Paris, tout en remplissant auprès du principal les fonctions de domestique. Après avoir achevé ses études , il fut précepteur dans différentes maisons, et réussit enfin à se faire placer en cette qua^ Üté auprès du duc de Chartres, depuis duc d’Orléans et. régent. Dubo^ d’un esprit vif, pénétrant et adroit, sut promptement gagner la confiance de son élève ; il s’apliqua à cultiver l’intellif-nce du jeune duc, mais sans combattre son goût pour le plaisir. Il sut également se concilier la faveur de Louis XIV, en déterminant son élève à épouser une fille légitimée du roi ; il reçut en récompense une riche abbaye. Le duc d’Orléans, uevenu régent en 1715, l’appela au conseil d’état! r<n 1717, Dubois se plaça au rang des grands diplomates en concluant à La Haye, de concert avec Jord Stanhope , une alliance entre l’Angleterre, la France et la Hollande contre l’Espagne, qui inquiétait le régent. Dubois fut, en récompense, nommé ministre des affaires étrangères. Ii acquit bientôt de nouveaux titres à 1 affection du régent en découvrant et en faisant échouer la conspiration de Cellamare.

1 eu après , il se fit donner à force d’intrigues l’arc évêché deCambray, et obtint enfin le chapeau de cardinal. Plusieurs académies lui ouvrirent en même temps leurs portes. Tant d’honneurs ne satisfirent cependant point encore Dubois, et en 1722 il se fit nommer premier ministre. Dès lors il régna réel-

[8 — DUBO

lement en maître absolu , et, grâce à lui, la cour du régent, déjà si dépravée, sembla croître encore en dépravation. Heureusement que ce règne scandaleux ne fut pas long ; Dubois mourut l’année suivante d’un abcès. Ses ennemis se sont plu à le représenter comme unissant à la débauche l’avarice, l’ambition, la flatterie, la fourberie; cependant on ne peut lui refuser de grands talents politiques. On a publié la Vie privée du cardinal Dubois , Londres, 1789, in-8, et Mémoires secrets et correspondance inédite du cardinal Dubois , recueillis par L. de Se velinges , Paris, 1814, 3 vol. in-8.

dubois de crancé , ministre de la guerre sous le Directoire, né à Charleville en 1747, mort en 1814, servait en qualité de lieutenant des maréchaux de France, lorsqu’il fut nommé député aux états-généraux de 1789. 11 se rangea parmi les plus fougueux démagogues, et devint membre du comité de salut public. Envoyé en cette qualité pour réprimer l’insurrection de Lyon (1793), il pressa avec énergie le siège de cette ville. Après le 9 thermidor, il adopta le parti de la réaction, et fut nommé membre du Conseil des Cinq-Cents, mais il y joua un faible rôle, il fut appelé par le Directoire au ministère de la guerre ; mais après le 18 brumaire, Bonaparte lui ôta son portefeuille.

dubois (le baron Antoine), professeur à la faculté de médecine de Paris, né à Gramat, près de Cahon (Lot), en 1756, mort en 1837, fut nommé professeur au collège de chirurgie en 1790, et fit partie de l’expédition d’Égypte. En 1811, il fut choisi pour accoucher l’impératrice Marie-Louise , et reçut le titre de baron. Dubois remplit jusqu’à sa mort le* fonctions de médecin dans la plupart des hospices de Paris ; ce qui le distinguait, c’était la sûreté et lt pénétration de son coup d’œil. La vie de Dubois a été toute pratique , il a peu écrit : on a de lui plusieurs articles insérés dans le Dictionnaire des ictences médicales. lia perfectionné plusieurs instruments de chirurgie, entre autres le forceps. Il a créé près de l’Ecole de Médecine à Paris un hôpital pour la clinique, qui porte son nom.

dubois ou deleboé, méd. hollandais. Voy. SYLVIUS.

DUBOS (l’abbé Jean-Baptiste), né à Beauvais en 1670, mort à Paris en 1742, s’appliqua d’abord à la théologie, qu’il abandonna bientôt pour l’étude du droit public. 11 fut chargé de diverses missions diplomatiques par M. deTorcy, par le cardinal Dubois et le régent, et s’en acquitta toujours avec succès. Cepen dant son goût pour l’histoire et la littérature lui firent abandonner la carrière politique. 11 fut reçu à l’Académie Française et devint secrétaire perpétuel de cette compagnie. Le plus connu et le plus estimé de ses ouvrages est intitulé: Réflexions critiques sur la poésie et la peinture , 1719; il a été souvent réim primé. On a aussi de lui : Histoire de la ligue de Cambray, Paris, 17 09 ; Histoire critique de l’établissement de la monarchie française dans les Gaules , 1734.

DUBOULAY (égasse), né vers 1610 à St-Ellier (Maine), professeur d’humanités au collège de Navarre, puis recteur et historiographe de l’université de Paris, mort en 1678. On a de lui une Histoire de l' Université de Paris depuis 800 jusqu’en 1600, écrite en latin, 6 vol. in-fol., 1665-73, qui a été abrégée par Crevier, et quelques autres écrits sur l’université, entre autres : De Patronis Quatuor Nationum univérsitatis , 1662, in-8; Fondation de l’université de Paris par Charlemagne , 1675.

DUBOURG (Anne), conseiller au parlement de Paris, né en Auvergne l’an 1521, se prononça ouvertement dans une assemblée du parlement pour le calvinisme , et parla au roi Henri II avec une grande hardiesse en faveur des nouvelles opinions. Immédiatement conduit à la Bastille, il fut, malgré la mort du roi, condamné, pendu, puis brûlé en place de Grève, 1559. Ce supplice amena la conspiration d’Amboise.

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