AUTRICHE PROPRE
ens, Anisia , Anasum, ou Ensium civitas, ville de l’Autriche propre (Haute-Autriche) , dans le cercle deTraun, à 19 kil. N. de Steyer; 4,000 hab. Fabriques de toiles, de cotonnerie et de rubans. — Cette ville est très ancienne : elle existait déjà du temps des Romains et fut rebâtie au x* siècle sous le nom d ’Emburg (bourg de P Ens).
ENSENADA (Zénôn-Silva, marquis de la), né à
EiNTIl
Seca près de Yalladolid, 1690, mort en 1772, fut porté par Bon seul mérite aux plus hauts emplois, et gagna la confiance de Ferdinand VI, qui le nomma ministre des finances. Il sut, par une sage administration, rétablir les finances épuisées et faire lleurir le commerce et les colonies. A l’avénement de Charles 111, il devint victime de cabales de cour et fut destitué, 1759.
ENS1SHEIM, Urunca, ville de France, ch.-l. de canton (H.-Rhin), à 23 kil. S. de Colmar, sur l’Ill; 2,734 hab. Ancien collège des Jésuites, qui sert auj. de maison de détention. Hôtel— de— ville. Calicots, chapeaux de paille. — Cette ville était jadis le ch.-l. de l’Alsace autrichienne, du Brisgau, de la Foret- Noire et des villes forestières ; le conseil souverain d’Alsace y a siégé de 1659 à 1674. Elle fut prise et reprise par les Suédois, les Impériaux et les Français pendant la guerre de Trente-Ans. Elle fut cédée à la France par la paix de Munster (1648).
ENTELLE, athlète. Voy. darès.
ENT1US. Voy. enzo.
ENTRAIGUES, Inleraquœ, village du dép. de l’Isère, jadis ch.-l. de cant., à 37 kil. S. E. de Grenoble ; 900 hab.
entraigues, ch.-l. de cant. (Aveyron), à 21 kil. N. O. d’Espalion ; 1,800 hab.
ENTRAIGUES (Catherine-Henriette de balzac n’), marquise de Verncuil, fillede François d’Entraigues, gouvern. d’Orléans et de Marie Toucliet, maîtresse de Charles IX, inspira, après lam.de Gabrielle, une vive passion à Henri IV, qui alla jusqu’à lui signer une promesse de mariage (que Sully déchira) ; elle montra un vif ressentiment lors du mariage de Henri avec Mai ne de Médicis. Le roi pour la calmer lui fit don du marquisat de Verneuil ; néanmoins elle entra quelque temps après dans une conspiration dont son père et son frère, le comte d’Auvergne, furent les principaux agents. Tous deux furent condamnés à mort ; mais Mlle d’Entraigues obtint leur grâce. Elle se retira alors de la cour et mourut en 1633, à 50 ans. Elle avait eu de Henri IV unfïls, le duc de Verneuil, et une fille, qui fut mariée au ducd’Épernon.
ENTRECASTE AUX, bourg du départ, du Var, à 59 kil. N. E. de Brignolles; 2,000 hab.
entrecaste aux (canal d’), détroit de l’Australie, sépare l’île de Bruni de la côte S. E. de la Tasmanie. Il est ainsi appelé du navigateur de meme nom qui l’explora le premier.
ENTRECASTEAUX (Joseph-Antoine bruni d’), né à Aix en 1740, fils d’un président du parlement de Provence, entra de bonne heure dans la marine royale, et devint en 1785 commandant des forces navales dans l’Inde. En 1791, il fut chargé d'aller avec deux frégates à la recherche de Lapeyrouse , et en outre de parcourir les côtes que ce brave et malheureux navigateur avait encore à explorer. D’Entrccasteaux, malgré son zèle , ne put remplir que ils seconde partie de ses instructions; il reconnut la côte occidentale de la Nouvelle-Calédonie, de File de Bougainville, et près de 1 ,300 kil. de côtes dans la partie sud-ouest de la Nouvelle-Hollande, et explora sur les côtes de la Tasmanie une suite de points auxquels il laissa son nom. Il mourut en mer (1793) près de l’île de Java. L’expédition fut alors dirigée par M. de Itossel, capitaine, qui en a publié une relation fort intéressante, Paris, 1808, 2 vol. in-4.
ENTRE-DEUX-MERS (pays d’), subdivision du Bordelais (en Guyenne), entre la Gironde et lu Dordogne, ainsi nommée parce que la marée remonte très haut dans l’une et l’autre rivière. Places principales : Créon, Artigucs, etc.
ENTRE-DOURO-E-MINHO, en latin mod. Portugallia inter amnensis , prov. du Portugal, à l’angle N. 0., bornée au N. par le Minho qui la sépare delà Galice et au S. parle Douro qui la sépare de la Beira,
EOL1
à l’È. par le Tras-os-Montes et à l’O. par l'Atlantique ; 133 kil. sur 62 ; 900,000 hab. Ch.-l., Braga. Climat délicieux, grande fertilité; gros et petit bétail. Industrie. Grand commerce de vins, fruits, etc.
ENTRE-R10S (c.-à-d. entre rivières), état de l’Amérique méridionale, fait partie de la Confédération du Rio-de-la-Plata. 11 est situé entre l’état de Corrientes au N., la république del’Uruguav àl’E., l’état de Buénos-Ayres au S., celui de Santa-Fé à 10. Environ 60,000 hab. Son chef-lieu actuel est Baxada; auparavant c’était Santa-Fé, qui est auj. chef-lieu d’un état particulier. 11 est formé de l’ancien viceroyaume d’Entre-Rios et doit son nom à sa position entre les deux rivières de l’Uruguay et de Parana qui forment les frontières orientale et occi- dentale. Du reste, ses limites sont peu déterminées et sont exposées à de continuelles variations.
ENTREVAUX, Intervalles, ch.-l. de cant. (Basses- Alpes), à40 k. ]V[. E. de Castellane, près la rive gauche du Var; 1,400 hab. Jadis évêché. Petite place forte.
ENVERMEU, ch.-l. de cant. (Seine-Inférieure), à 14 kil. de Dieppe; 1,000 hab.
ENYED (nagy-), Strassbury en allemand, ville de Transylvanie, à 26 kil. N. E. de Karlsburg ; 6,000 hab.
ENZERSDORF, ville murée d’Autriche, à 13 kil. E. de Vienne, sur le Danube, rive gauche, en face de l’île Lobau ; 800 hab. Elle fut brûlée le 5 juillet 1809 (1er jour de la bataille de Wagram).' — On l’appelle souvent Stædel-Enzersdorf pour la distinguer d’Enzersdorf-im-Langenthal, située à peu de distance de la première, et à 10 kil. S. de Laa.
ENZO ou ENTIUS (iiANsdit), bâtard de l’emp. Frédéric II, fut nommé par lui roi de Sardaigne, après avoir épousé la veuve d’Ubaldo Visconti, qui possédait la plus grande partie de l’île. Enzo se signala dans lesguerresque son père eut à soutenir contre l’Eglise, et conquit une partie du Milanais avec l’aide des Gibelins ; maie il fut fait prisonnier par les Bolonais à la bataille de Fossulto, 1247. 11 mourut en prison au bout de 22 ans de captivité, à 47 ans.
EOLE , Æolus , fils de Jupiter et de Mélanippe, était le dieu des vents. Il régnait sur les îles appelées Vulcanies , et depuis Eoliennes (Voy. ce mot). Lorsque les vents jetèrent Ulysse dans les états d’Eole, ce dieu l’accueillit favorablement, et lui fit présent d’outres qui renfermaient les Vents contraires à sa navigation. Les compagnons d’Ulysse, cédant à leur curiosité, ouvrirent ces outres; mais les Vents s’en échappèrent aussitôt, et causèrent une tempête furieuse qui fit périr tous les vaisseaux d’Ulysse.
eole , Æolus , fils d’Hellen et petit-fils de Deucalion, vivait vers le xvie siècle av. J.-G., et a donné son nom aux Éoliens.
EOLIDE ou EOLIE , partie de la côte occidentale de l’Asie-Mineure colonisée par les Eoliens, comprenait tout le littoral de la Mysie, depuis la ville de Cyzique jusqu’au fleuve Gaïcus. Sur le continent, on comptait onze villes principales appartenant aux Eoliens: la plus importante était Gume ou Cyme. L’île de Lesbos était aussi peuplée de colonies éoliennes. — On donnait le nom de mer d'Eolie à la partie de la mer Egée comprise entre les embouchures des fleuves Caïcus et Hermus.
EOLIENNES (îles), dites aussi vulcaniennesou héphestiades et même lipariennes, sont les 7 îles Lipari, autrefois nommées Lipara , Phénicade, Ericode , Hiéra, Evonyme, Strongyle, Didymc. Elles sont situées. au N. E. de la Sicile. Voy. lipari.
EOLIENS, peuple grec, formait une des grandes divisions de la race hellénique et tirait son nom d 'Æolus (petit-fils de Deucalion), dont il était issu. Les Eoliens habitèrent d’abord le nord de la Thessalie, puis, se répandant de proche en proche , ils pénétièrentjusque dans le Péloponèse.DellSOà 112^
EPAG - üi
av. J.-C., les Eoliens quittèrent la Grèce et vinrent l’établir dans la partie nord-ouest de l’Asie Mineure qui prit d'eux le nom d’Eolide. Le dialecte que parlaient les Éoliens est celui qui s’écarte le moins de la langue primitive; aussi a-t-il beaucoup d’affinité avec le .latin; il diffère peu du dialecte dorien, et ce qui le distingue surtout, c’est l'aspiration des voyelles initiales figurée par le digamma dit éolique (F). Alcée, Sapho et Corinne ont écrit dans le dialecte éolien, ainsi que Piudare.
EON DE BEAUMONT (le chevalier) , personnage que l’ambiguité de son sexe a rendu célèbre, né en 1728, à Tonnerre , était fils d un avocat au parlement. Il portait une jolie figure et n’avait pas de barbe, ce qui lui donnait la facilité de se faire passer pour femme. Chargé par Louis XV d’une mission secrète en Russie auprès de l’impératrice Elisabeth, il se présenta avec le vêtement féminin, réussit à l'aide de son déguiseWnt à voir l’impératrice en secret, gagna sa faveur, et opéra ainsi un utile rapprochement entre la Russie et la France (1756). Ayant repris ensuite les habits de son sexe, il servit avec distinction pendant la guerre de Sepl-Ans. A la paix il fut envoyé à Londres comme secrétaire d’ambassade du duc de Nivernais et eut part au traité de 1763. Des démêlés qu’il eut avec le successeur du duc de Nivernais, le comte de Guerchy. lui firent perdre son emploi. Il resta néanmoins à Londres, et publia contre le comte des Mémoires qui le firent condamner comme diffamateur par la cour du Banc du roi ; il fit à son tour condamner son adversaire pour tentative d’assassinat. Après diverses aventures scandaleuses, il revint en France en 1777, mais le roi lui imposa l’obligation de prendre et de conserver jusqu’à sa mort les habits de femme. On prétend que cette métamorphose était commandée par la nécessité de voiler certaines intrigues amoureuses dans lesquelles se trouvaient compromis de glands personnages, et même la reine d’Angleterre. Absent en 1790, il fut déclaré émigré. U ni. à Londres en 1810. Outre ses Mém. contre le comte de Guerchy, le cliev. d’Eon a écrit plusieurs ouvrages d’hist., de polit, et d’écon. financière, qui ont été réunissous le titre de Loisirs duchev. d’Ëon (13 v. in-8, Amst.j 1779). La Vie militaire , politiq. etpriv. de üfNe d'Eon, publ. en 1779 sous le nomdeLaFortelle, paraît être du chevalier même. Les Mém. du chev. d'Éon, publ. en 1836 par M. Gaillardet, ne sont qu’un roman histcriq. M. Lemaistre, de Tonnerre, a rédigé un ouvrage sérieux sur le même sujet (encore man.)
EONS, êtres intermédiaires imaginés par les Gaostiques pour remplir la distance qu’ils disaient exister entre le Dieu suprême et le Jéhovah des Juifs idont iis faisaient une divinité secondaire), entre le Père et le Fils ou Christ, et enfin entre ce dernier et les hommes. Ces êtres purement spirituels n’étaient autre chose que des abstractions réalisées: c’étaient la Sagesse , la Foi, la Prudence , etc. Ils étaient appelés Eons ( du mot grec aion, œvum, temps), parce que leur existence, sans être éternelle, était supposée d’une durée considérable. Leur nombre était indéfini ; mais ils pouvaient se grouper en différentes espèces; Rasilidcs en comptait 365, Valentin n’en admettaif que 30.
EOUA ou M1DDELBURG, une des îles Tonga, dans le Grand-Océan équinoxial, par 177° 2F long. E., 21° 24' lat. S.; 47 kil. de tour. Cannes à sucre, bananes. Ellefutdécouverteen 1643 par Tasman.
ÉPACTE (du grec épuciaï êmér ai, jours intercalés), nombre qui indique combien il faut ajouter à l’année lunaire pour l’égaler à l’année solaire. La différence entre ces deux années étant d’environ 11 jours, l’épacte augmente chaque année de 11 jours, jusqu’à ce qu’elle dépasse 29 ; quand elle a atteint ce nombre, on suppose un nouveau mois lunaire intercalé.
4 — EPJER
EPAGNE, ville du dép. de l’Eure, à 10 kü. S, de Pont-Audemer ; 2,300 hab.
EPAM1NONDAS, célèbre général thébain, s’étail d’abord appliqué à l’étude des lettres et de la philosophie. S’étant lié avec Pélopidas, il l’aida à chasser de Thèbes les Lacédémoniens qui s’étaient emparés de la ville par trahison. Nommé général dans la guerre qui s’alluma entre sa patrie et les Lacédémoniens, il gagna sur ceux-ci la célèbre bataille de Leuctres (l’an 371 av. J.-C.), où |>éril Cléombrote , roi de Sparte ; quatre fois ii envahit la Laconie, releva Messène et fonda Mégalopolis en Arcadie, opposant ainsi une barrière à l’ambition de Spxrte, mais il se vil près d’être condamné à mort pour avoir excédé de quatre mois la durée de son commandement. Cependant , il fut quelque temps après replacé à la tête des armées thébaines, obtint plusieurs avantages en Thessalie sur Alexandre de Plières , fit de nouveau la guerre aux Lacédémoniens, et remporta sur eux la célèbre victoire de Mautinée , l’an 363 av. J.-C. 11 reçut dans le combat une blessure mortelle; mais apprenant que l’ennemi était en déroute: «J’ai assez vécu, dit-il, puisque je meurs sans avoir été vaincu. » En même temps il expira. Epaminondas donna l’exemple de toutes les vertus; il n’avait pas moins de frugalité et de désintéressement que de génie et de courage.
EPAPHROD1TE, affranchi et secrétaire de Néron, fut condamné à mort par Domitien pour avoir aidé son maître à se donner la mort. Epictète avait été son esclave.
EPAPHUS, fils de Jupiter et d lo, fut enlevé après sa naissance par la jalouse Junon , et livré aux Curètes; mais Jupiter irrité les tua. Epaphus eut un jour querelle avec Phaéton, et prétendit qu’il n’était point fils du Soleil, comme Clymène sa mère s’en vantait : ce lut là l’origine du malheur d« Phaéton ( Voy. phaéton). Selon quelques mythologues, il devint roi d’Égypte et fonda Memphis. — Le mot Epaphus est le nom grec du dieu égyptien Apis.
EPEE (abbé de l’). Voy. l epee.
EPÉENS, nom que l’on donne quelquefois aux habitants de l’Elide. Voy. epéus.
EPER1ES, ville des Etats autrichiens (Hongrie , ch.-l. du comté de Saros , à 230 kil. N. E. de Bude: 9,000 hab.; 2 évêchés, l’un grec, l’autre catholique. Cathédrale, hôiel-de— ville. Draps, toiles, raffineries de sucre, etc. Eaux minérales.
EPERNAY, Asprencia ou Sparnacum, ch.-l. d'arr. (Marne), sur la Marne, à 31 kil. N. O. de Châlons. et 4 138 k. .E. de Paris ; 5,457 h. Collège. Grand euuiui. de vins de Champagne. Elle fut prise sur les Ligueurs en 1592 par Henri IV ; le maréchal de Biron fut tué à ce siège. — L’arr. d’Epernay a 9 cantons (Anglure, Àvizc, Dormans, Esternay, La Fère-Champenoise, Montmirail, Monlmort, Sézanne , plus Epernay). 210 communes et 86,452 hab.
EPERNON, Spamo, ville du dép. d’Eure-et-Loir, à 24 kil. N. É. de Chartres et 8 kil. deMaintenon; 1,600 hab. Hugues Capet y fit bâtir un château que les Anglais détruisirent sous le règne de Charles VI. La ville d’Epernon était le titre d’une baronie qui fut érigée en duché par Henri III en faveur de Jean-Louis Nogaret de la Valette ( Voy. ci-après l’art, historique). Le titre de duc d Èpornon , après avoir été porté quelque temps par les descendants directs de Jean-Louis, passa aux fils d’Hélène, sa 'sœur, et s’éteignit de bonne heure en la personne de Mlle d’Epernon, fille du dernier gouverneur de la Guyenne. — Plusieurs membres de cette tam. on: aussi porté le titre de Captai, comme gouverneurs de la Guyenne (où se trouvait le captalat de Buch).
EPERNON (J.-L. DE NOGARET DE LA VALETTE, duc d’), un des mignons de Henri III, né en 1554, d’une famille noble du Languedoc, mon en i642, fut comblé de faveurs pour pnx de ses indignes comptai-
EPIIO — 565 — EPIC
sauces, fut créé duc et pair, gouverneur de Metz , du Boulonnais et de la Normandie (1581-84), et devint amiral de France en 1587. Il fut un des derniers à reconnaître Henri IV ; il obtint cependant de ce prince le gouvernement de la Provence , et finit par gagner toute saconfiance.il se trouvaitdans le carrosse du roi quand ce prince fut assassiné ; on l’accusa de complicité, mais l’affaire fut étouffée. Il fit donner la régence à Marie de Médicis et jouit auprès d’elle d’un grand crédit ; mais Richelieu le fit disgracier par Louis XIII. On lui donna, pour l’éloigner, le gouvernement de la Guyenne. Partout le duc d’Epernon se rendit odieux par sa hauteur et 8a violence. — Il laissa trois fils : l’aîné mourut jeune ; le second, Bernard de Foix et de la Valette, succéda à son père dans le titre de duc, ainsi que dans le gouvernement de la Guyenne, et mourut en 1661; le troisième, Louis de Nogaret de la Valette, embrassa 1 état ecclésiastique ; il est connu sous le nom de cardinal de la Valette ( Voy . la Valette).
EPERONS (journée des). On a donné ce nom à deux batailles funestes aux Français : celle de Courtray, en 1302, où les chevaliers français tués dans l’action laissèrent sur le champ de bataille plus de 4,000 éperons; et celle de Guinegate, en 1513, où l’on fit plus usage des éperons que de l’épée.
EPEUS , fils d’Endymion et d’Hyperimné , régna sur les Eléens qui prirent de lui le nom d’Epécns.
EPÉus, fils de Panopée, est célèbre pour avoir construit le cheval de Troie. Il fonda Mélaponte.
EPIiÈSE, auj . Aïa-solouk, ville de l’Asie-Mineure, sur la côte occidentale, et la principale de la Confédération ionienne, est surtout célèbre par un magnifique temple de Diane. Ge temple fut incendié par Erostrate le jour de la naissance d’Alexandre (356 av. J. -G.) ; mais il fut rebâti depuis avec plus de magnificence encore. On croit que le second temple fut détruit sous Constantin. — Ephèse fut fondée par lesCariens. Les Ioniens s’en emparèrent sous la conduite d’Androclès, fils de Codrus. Dans la suite, elle fut prise plusieurs fois et souvent soumise ; mais elle recouvra toujours son indépendance. Vers la fin de la guerre du Péloponèse, Lysandre y avait établi son quartier général et comptait en faire le centre de sa domination particulière. Les philosophes Héraclite, Hermodore, le poêle Hipponax, les peintres Apelles et Parrhasius y naquirent. Le christianisme y établit une de ses premières églises, qui fut longtemps dirigée par saint Jean l’Évangéliste (on fait même dériver le nom moderne Aia-solouk des mots grecs agios theologos , c.-à-d. le saml théologien , nom que l’on donnait à saint Jean). C’est à Ephèse que fut réuni en 431 le troisième concile œcuménique qui anathématisa le nestorianisme. En 449, il s’y tint un autre concile soi-disant œcuménique , mais flétri depuis par le nom de brigandage d' Ephèse, à cause des violences qui s’y commirent : ce conciliabule se décima pour Feutychianisme ou doctrine des Monophysites : deux ans p»us tard, ie concile de Cnaœédoine condamna cette doctrine et rétablit le dogme orthodoxe.
ÉPIIESTION. Voy. hèphestion.
EPHIALTES, géant, fils de Neptune et d’Iphimédie. Voy. aloïdes. — Les Latins donnaient aussi ce nom à des songes malfaisants qu’on appelait plus ordinairement incubes.
ÉPIiORE, orateur et historien grec (363-300 av. J.-C.), natifdeCume en Eolie, disciple d’Isocrate et rival de Théopompe, avait composé une Histoire du Péloponèse qui comprenait les temps écoulés depuis la conquête des Iléraclides (1104 av. J.-C.) jusqu’à la 20e année du règne de Philippe (340 av. J.-C.). M. Marx a publié les fragments qui nous restent de cet historien, Heidelberg, 1825 ; Creuzer en a donné une nouvelle édition, Carlsruhe, 1835.
EPHORES, c.-à-d. inspecteurs, magistrats de Lacédémone au nombre de eina. furent créés nour con¬
trebalancer l’autorité des rois ; ils pouvaient les mettre à l'amende, les arrêter, lesdéposer et les faire mettre à mort. De plus, ils convoquaient, prorogeaient et dissolvaient à leur gré les assemblées du sénat, disposaient du trésor, envoyaient des armées en campagne. Mais leurs décisions devaient être rendues à l’unanimité, l’opposition d’un seul neutralisait la volonté des quatre autres. Cette magistrature fut instituée par Lycurgue vers 884 av. J.-C.; mais elle n’eut d’abord qu’un pouvoir très limité; le roi Théopompe l’augmenta (770). C’est au temps de la guerre du Péloponèse que son influence fut le plus redoutable.
EPHRAIM, 2* fils de Joseph et frère de Manassé, fut le chef d’une des douze tribus. Sa postérité forma une tribu qui habita dan» la Palestine entre le Jourdain à l'E., la Méditerranée à 10., les tribu3 de Dan et de Benjamin au S., et la demi-tribu occidentale de Manassé au N. Avant l’arrivée des Hébreux cette partie de la Palestine était habitée par les Pliéréséens.
EPHRATA, premier nom de Bethléem.
EPHREM (saint), père de l’église syriaque , né h Nisibis en Mésopotamie vers 320, mort en 379, embrassa l’état monastique et se retira dans le voisinage d’Edesse. Il se lia avec saint Basile, fit un grand nombre de conversions, et combattit les hérésies de Bardesane, Marcion, Manès. On a de lui, outre ses écrits contre les hérétiques, des Commentaires sur le Testament , et des poésies sacrées. Ses ouvrages sont écrits les un3 en syriaque, les autres en grec. Ils ont été publiés par Gerhard Vossius en 3 f vol. in— fol . ; par Assemani, Rome, 1589-97, 6 vol. infol., réimprimés en 1736. On a donné récemment une traduction française des ouvrages grecs de saint Ephrem , Paris, 1840. On hon. ce saint le 9 juillet.
EPHTALITES [huns). Voy. huns.
EPHYRE, ancien nom de Corinthe. Voy. co- ;
RINTHE.
ÉP1CHARIS, courtisane romaine, entra dans la conspiration de Pison contre Néron. Ayant été prise, elle refusa, même au milieu des tortures, de nommer ses complices. Enfin, craignant de laisser échapper son secret, elle s’étrangla avec sa ceinture. Legouvé a fait une tragédie d ’ Èpicliaris et Néron.
EPICHARME, poëte et pnilosophe pythagoricien, né dans l’île de Cos, vint fort jeune à Syracuse, fleurit sous Hiéron 1 vers l’an 450 av. J.-C., et mourut âgé de 75 ans selon les uns, ou de 99 selon d’autres. On le regarde comme l’inventeur de la comédie. Plaute Limitait souv., au dire d’Horace. Kruseman a publ. : Evichanni fragmenta, Leyde,1834.
ËPICNÉM1D1ENS (locriens). Voy. locridk.
EPICTÈTE, philosophe stoïcien, né à Hiérapolis en Phrygle, fut d’abord esclave à Rome et eut pour maître Epaphrodite, affranchi de Néron. Exilé par Domitien lorsque cet empereur chassa de la ville tous les philosophes, vers l’an 90 de J.-C., il se retira à Nicopolis en Epire. Il revint dans la suite à Rome, et s’y concilia l’estime d’Adrien et de Marc-Aurèle. Ce philosophe était d’une patience inaltérable ; un jour son maître Epaphrodite lui ayant cassé la jambe en le frappant, il se contenta de lui dire : « Je vous avais bien prédit que vous me la casseriez. » Il ne reste aucun ouvrage écrit par Epictète lui-même; mais l'historien Arrien, son disciple, a rédigé des Dissertations sur sa vie et sa philosophie, ainsi qu’un Manuel de sa doctrine, connu sous le nom grec d ' Enchiridion. Simplicius a commenté ce manuel. Toute la morale d’ Epictète se réduisait à ces deux mots : Abstiens-toi, résigne-toi. On a donné une foule d’éditions du Manuel. On le trouve réuni aux Dissertations, gr.-lat., dans une édition de Jér. Wolf, Bâle, 1560. Il a été traduit en français plus de vingt fois, notamment par Duvair ( 1606) , Gilles Boileau (1655), Dacier (1715), Lévesque, Lefebvre de Villebrune (1794). A.-P. Thurot a tract les Dissertations , 1838, ic-8
EPIN — 5G6 — EPIK
Schwcighæuser a recueilli tout ce qui reste d’Epictète, sous ce titre : Epicteteæ philosophiez monurnenta , Leipsick, 1799-1800, 5 vol. in-8.
EPICURE, célèbre philosophe grec, né à Gargeltos, bourg près d’Athènes, l’an 341 av. J.-C., était fils d’un maître d’école. Il lut de bonne heure Démocri te pour lequel il se passionna, et ayant ensuite étudié les principaux systèmes enseignés de son temps, il se crut bientôt en état de former une secte nouvelle. 11 enseigna d’abord à Lampsaque et transporta ensuite son” école à Athènes (309). 11 fit dans 'elle ville l’acquisition d’un jardin où se réunissaient ces disciples, qui y vivaient en commun. 11 mourut l’an 270 av. J. -G., dans sa 72e année. En morale, Epicure enseignait que le plaisir est le souverain bien de l'homme et que tous nos efforts doivent tendre à l’obtenir ; mais il faisait consister le plaisir dans les jouissances de l’esprit et du cœur autant que dans celles des sens. En physique, il expliquait tout par le concours fortuit des atomes ; il niait l’immortalité de l’âme; il admettait des dieux, êtres d’une nature supérieure à l’homme , mais il leur refusait toute action sur le monde et niait la Providence; il prétendait ainsi détruire par la racine toute superstition. 11 avait composé de nombreux ouvrages qui ne nous sont pas parvenus. On a seulement de lui deux Lettres , publiées par Schneider (Leipsick, 1813); des fragments des livres 11 et Xî d’un Truité sur la nature , retrouvés à Ilerculanum cl publiés par Orcllius, Leipsick, 1818. On trouve de nombreux renseignements sur la vie et la doctrine d’Epicure dans Diogène Laërce, livre X. Lucrèce a exposé la physique d’Epicure dans son poème De Natura rerttm. Gassendi s’est efforcé de réhabiliter ce philosophe dans l’ouvrage intitulé •• De Vila, moribus cl doctrina Epicuri, et de rajeunirsa philosophie dans eor Syntayma philosophiœ epicureœ , 1G55.
EPI DAMNE, ville d’Hlyne. Voy. dyrrachium.
EPIDAURE, Epidaurus, nom commun à 3 villes grecques: la lre en Dalmatie, chez les Enchéléens, auj. Rcgusi-Vecchio; — la 2e en Laconie, sur le golfe Argol.,à 5 k.N.de. Napoli de Malvoisie-,- la 3* et la plus célèbre, en Argolide, sur le golfe Saroniquc: c’est auj. Pidavro. Elle était la capitale d’un petit état dit Épidaurie : Esculape en était la divinité principale, et y avait un temple et un oracle célèbres.
EPI DIRES, ville d’Égypte. Voy. Bérénice.
ÉPIGONES, c.-à-d. descendants, nom donné aux fils des sept chefs qui élaient morts au siège de Thèbes. Ces princes, qui étaient aussi au nombre de sept, et dont les principaux étaient : Thersandre, ÎÜ3 de Polynice; Égialée, fils d’Adraste; Alcméon, fils d’Amphiaraüs ; Diomède, fils de Tydée, vinrent, 10 ans après la guerre de Thèbes, mettre de nouveau le siège devant cette ville, s’en emparèrent et mirent Thersandre sur le trône (vers 1303 av. J.-C. selon les uns, versl 2 1 7 ou même 1 1 97 , selon les autres).
EPiMENIDE, Crétois, de la ville de Cnosse, contemporain do Solon, avait une grande réputation de piété. Solon l’appela à Athènes pour purifier la ville, qui avait été afthgée de la peste, et pour réformer le culte, 596av. J.-C, âkinourutvers 538, dans un tige très avancé. On a débité sur Epiménide des contes ridicules : on prétendait qu’il avait dormi pendant cinquante ans dans une caverne, qu’il avait vécu près de 300 ans, qu’il avait le pouvoir de prédire l’avenir, etc. On lui attribuait plusieurs ouvrages, entre autres un poème sur les Argonautes.
EPIM ÉTHËE, fils de Japet et frère de Prométhéo, épousa Pandore, et eut l’imprudence d’ouvrir la boîte fatale que cette femme avait reçue de Jupiter, et que Prométhée avait refusée. Il fut père de Pyrrha, femme de Deucalion. Voy. pandore.
EPINAC, ch.-l. de canton (Saône-el-Loire) , à lO kil. N. d’Autun; 1,200 hab. Houillère.
EPINAL, ch.-l. du dép. des Vosges, sur la Mo¬
selle, à 370 kil. E. de Paris ; 9,520 h. Coll, cotnm. Bibliothèque. Statue de Cl. Lorrain, né près de là. Commerce de plantes oléagineuses; fabriques de papiers, merceries, etc. Fondée en 980 par un évêque de Metz, sous le nomdeitynna/ï'wm,ellese donna en 1446au ducdeLorraine. — L’arr. a6 cant. (Bains, Bruyères, Châtel-sur-Moselle, Rambervilliers, Xertigny, plus Épinal), 129 communes, et 94,173 hab.
ÉPINAY (madame d’), fille de M. Tardieu des Clavelles, officier distingué , née vers 1725, morte en 1783, épousa M. de la Live d’Epinay, riche fermier général. Elle se lia avec les hommes de lettres les plus célèbres, J.-J. Rousseau, Grimm, Duclos, Diderot, d’Holbach; elle combla de bienfaits J.-J. Rousseau qu’elle appelait fort plaisamment son Ours, et fit bâtir pour lui, auprès de son parc de la Chevrette, dans la vallée de Montmorency, la jolie petite maison de /’ Hermitage; mais celui-ci, après avoir senti pour elle une vive passion, devint jaloux de Grimm, et ne paya plus sa bienfaitrice que d’ingratitude. On a de Mad. d’Epinay ; Mes Moments heureux (1752); Lettres àmon fils (1758); Conversations d' Êmi- //e (1781), ouvrage fait pour l’enfance et qui obtint en 1783 le prix d’utilité ( prix Mon tyon). On a publié en 1818: Mémoires et correspondance de madame d'Épitiay; Anecdotes inédites pour faire suite aux Mémoires; Correspondance inédite de l'abbé Galiani avec madame d'Épinay, etc.
ÉPIPHANE (saint), docteur de l’église grecque, archevêque de Salatnine en Chypre, né vers 310 près d Éleuthéropolis en Palestine, mort en 403, vécut quelque temps dans la solitude , et se lia1 avec le célèbre liilarion. 11 combattit avec le plus grand zèle les erreurs d’Arius et d’Origène, alla à Jérusalem, à Antioche et à Constantinople, accuser et combattre les evêques et les solitaires qu’il soupçonnait d’hérésie, et ne se laissa arrêter par aucune considération humaine. Sa fête est célébrée le 12 mai. On a de lui : Panarium ou Antidote contre les hérésies, dans lequel il donne l’histoire d’un grand nombre d’hérésies; un traité des Poids et Mesures des Juifs; Anchora ou Ancre, destiné à confirmer et à fixer les esprits dans la foi. Son style est grossier, incorrect, mais vigoureux. Ses œuvres ont été publiées par le P. Pétau, grec-latin, 1602, 2 vol. in-fol.
épiphane, surnommé le Scholastique , dénomination qui signifiait alors jurisconsulte, vivait en Italie vers l’an 510. A la prière de Cassiodore, il traduisit du grec en latin les histoires ecclésiastiques de Socrate, de Sozomène et de Théodoret, et en fit un abrégé en 12 livres sous le titre d'Hisloria tripartita (publié à Bâle, par Beatus Rhenanus, 1523, traduit en français par L. Cyaneus, Paris, 15G8). On attribue encore à Epiphane la traduction latine des Antiquités juives de Josèphe (Oxford, 1700), et de quelques autres ouvrages grecs.
épipiiane, surnom d’ANriociius iv, roi de Syrie, et de ptolémée v, roi d’Égypte (Voy. ces noms),
ÉPIPHANÉE ou ÉPIPHANIE, nom commun à diverses villes anciennes, entre autres : 1° l’ancienne Hamath, auj. Hamah, en Syrie, dans la Chalcidice; 2° une ville de Cilicie, auj. Surpendkhdr , 6ur les confins de la Cyrrhestique.
EPIPHANIE ( epiphaneia , manifestation), fête religieuse qui se célèbre le 6 janvier, en commémoration du jour où la divinité du Christ fut manifestée aux Gentils par l’adoration des rois Mages (Voy. mages). On la nomme aussi vulgairement le lourdes Bois. L’église célèbre le même jour l’Épiphanie, le baptême de Jésus-Christ, et son premier miracle: aux noces de Cana.
EPI RE, Epirus (du mot grec epeiros , qui veut dire continent), auj. Y Albanie méridionale , contrée de la Grèce septentrionale, était bornée au N. par l’illyrie, à l’O. par la mer Ionienne, à l’E. par la Thessalie et l’AchélollB; elle se divisait en Chaonie et
EPOR — 567 — EQlii
Thesprotide à l’0«, Athamanie à l’E., Molosside au milieu. On y joignait quelquefois l’Acaimanie et l'Ambracie. Les habitants de l'Épire étaient Pélasges, et cette contrée garda toujours son caractère pélasgique; aussi passait-elle aux yeux des Grecs pour barbare. Dodone était son chef-lieu religieux. — Sous l’empire romain, au iv° siècle, on donna le nom d’Ëpire à une des six provinces du diocèse de Macédoine. Elle se subdivisait en Ancienne-Épire , formée de l’Épire propre, de l’Ambracie et de l’Acarnanie, chef-lieu Nicopolù; et Nouvelle-Épirc, répondant à l’Hlyrie proprement dite, ch.-l. Dyrrachium. — Les Pélasges vinrent occuper l’Épire dans le xixe siècle av. J. -G., sous la conduite des fils de I.ycaon. Vers 1280, des princes héraclide3 envahirent l’Épire, puis la Thessalie; ils chassèrent de cette dernière Néoptolème ou Pyrrhus, fils d’Achille, qui vint alors en Épire fonder le royaume des Molosses (1270); des rois inconnus régnèrent après lui jusqu’à Admète (480). Sous ce dernier prince et ses successeurs le roy. des Molosses s’agrandit peu à peu, et enfin en 342, sous Alexandre I, il comprit toute I'Épire. L’aventureux Pyrrhus (295-272) jeta un Instant quelque éclat sur I’Épire. En 229, elle voulut se constituer en république et ne tarda point à tomber sous l’influence de la Macédoine; puis quand Persée eut été vaincu à Pydna, Paul Émile la soumit en 167, et la réduisit en province romaine. Depuis ce temps, I’Épire n’a plus eu d’importance historique. Elle fit partie de l’empire grec jusqu’à l’invasion des Turcs et fut conquise en 1435; Scanderbeg lui rendit un instant l’indépendance (1444), mais elle retomba sous le joug des Turcs en 1467. Elle est principalement habitée par les Arnaules.
Rois d'Êpire.
Admète, 480-429 Alcétas II, 312-295
Tarrutas, 395 Pyrrhus II, d’abord
Alcétas I, 361 avec Néoptolème 111,
Arymbas, d’abord avec puis seul, 272
Néoptolème II, puis Alexandre 11, ' 242
seul, 342 Pyrrhus 111, avec Pto-
Alexandre I, 331 lémée et Laoda-
Eacide^ 312 mie,. 229
EPISCOPAUX , nom donné aux adhérents de la secte protestante qui domine en Angleterre depuis le règne d’Élisabeth, et que l’on appelle plus communément Anglicans ( Voy. anglicans). Leur nom d 'Épiscopaux est opposé à celui de Presbytériens et vient de ce qu'ils admettaient des évêques, tandis que les Presbytériens rejetaient toute hiérarchie ecclésiastique.
EPISCOP1US (Simon), en hollandais Bisschop , zélé arminien, né à Amsterdam en 1583 ,. étudia sous Arminius, professa la théologie à Leyde en 1612, et remplit cette chaire jusqu’au synode de Dordrecht en 1618. La doctrine des Arminiens ou Remontrants, qu’il soutenait, ayant été condamnée dans ce synode, il fut forcé de s’expatrier et se retira en France, où il fut fort bien accueilli par le célèbre Grotius, alors ambassadeur de Suède. En 1626 il rentra en Hollande, et il professa la théologie à Amsterdam dans un séminaire de Remontrants depuis 1634 jusqu’à sa mort, en 1643. Il a laissé un assez grand nombre d’ouvrages de théologie, publiés en 2 vol. in-fol., Amsterdam, 1650. Ses ouvrages de théologie sont condamnés à Rome.
ÉPOISSES, bourg du dép. de la Côte-d’Or, à 11 k. O. deSemur; 1,200 hab. Fromages renommés.
EPON1NE, femme de Julius Sabinus, est célèbre par son dévouement conjugal. Voy. sauinus.
EPOPTES, c.-à-d. Voyants, nom donné dans les mystères d’Eleusis aux initiés qui sont admis aux grands mystères , et qui ont , en cette qualité , le droit de tout voir.
EPOREDIA, ville de la Gaule Cisalpine, auj. |
îVRÉE. i
EPRËMESNIL (J.-J. duvald’), conseiller au parlement de Paris, né en 1746, so rendit populaire dans les commencements de la révolution par la violence avec laquelle il attaqua la cour, qui exigeait du parlement l’enregistrement de différents édits repoussés par celte compagnie. D’Eprémesnil demanda avec instance la convocation des étatsgénéraux; il fit partie de l’Assemblée nationale ; mais bientôt il recula devant cette révolution qu’il avait appelée ; dès lors il devint l’objet de la haine du peuple dont il avait été un instant l’idole. Traduit devant le tribunal révolutionnaire, il fut condamné à mort, et exécuté en 1794.
EPREUVES JUDICIAIRES ou ORDALIES. Voy ,