ESTE
ÂZ^^^aTi3,dEste- fils d’Obizzo I» épousa vers 1176 Marchesella des Adelards, fille et héritière de Guillaume, chef des Guelfes de Ferrare Par ce mariage il acquit la souveraineté de Ferrare’ et devint le chef de tous les Guelfes de la Vénétie!
Azzo VI, fils du précédent, battit Eccelin et Salinguerra, chefs des Gibelins, et se fit reconnaître en 1208 seigneur de Ferrare et de Vérone. M. en 1212.
Azzo VII , son 2e fils, régna de 1215 à 1264.
Obizzo II, petit-fils d’Azzo VII, joignit à la possession d Este et de Ferrare celle des villes de Modène (1288) et de Reggio (1290), dont la souveraineté lui fut déférée par les habitants mêmes.
Hercule 1, fils de Nicolas III, prince belliqueux et ami des lettres, régna à Ferrare et à Modène de 1471 à 1505 et attira près de lui le Boïardo, l’Arioste, etc. 11 fut le 1er duc de Ferrare.
Alfonse I, fils d’ Hercule, épousa en 1502 la célèbre Lucrèce de Borgia, et régna de 1505 à 1534. Il entra, à la sollicitation de Jules II, dans la liguô de Cambrai s et eut ensuite de vifs démêlés avec ce pape ainsi qu’avec son suce. Léon X. Il résidait à Ferrare et protégeait les lettres : Arioste vécut à sa cour.
Hippolyte, cardinal d’Este, frère d’Alfonse, fut l'ami et le protecteur de l’Arioste. — Pour un autre ttipp., fils d’Alf. I, et card. de Ferrare. V, ferrare.
Alfonse II, petit-fils d’Alfonse I, régna à Ferrare et à Modène de 1 559 à 1 597 ; il avait passé sa jeunesse en France à la cour de Henri II et en rapporta le goût des fêtes et des tournois. Sa cour réunissait les premiers peintres et les hommes les plus célèbres de l’Italie , à la tête desquels brillait le Tasse; mais l’infortuné poète, ayant offensé le prince par ses liaisons avec la duchesse Eléonore, sa sœur, fut enfermé par ses ordres et resta sept ans captif {Voy. tasse). Alfonse II ne laissa pas d’enfants.
César, fils naturel d’un fils d’Alfonse I et cou* 6in d’Alfonse II, se laissa enlever Ferrare par le pape Clément VIII et se retira à Modène où il régna de 1597 à 1628.
Renaud d'Este, duc de Modène en 1 694, né en 1655, mort en 1737, se déclara pour la maison d’Autriche lors de la guerre de la succession. La France s’empara de ses états en 1703; mais il les recouvra en 1736. Il avait épousé en 1695 une princesse de Brunswick , issue aussi de la maison d’Este.
Hercule III d’Este, duc de Modène, petit-fils de Renaud, né en 1727, régna de 1780 à 1797, se vit enlever ses états par les Français pendant la révolution . Le traité de Campo-Formio l’en dépouilla entièrement. En lui finit la maison italienne d’Este. 11 ne laissa qu’une fille, Marie Béatrix, qui épousa en 1771 l’archiduc Ferdinand d’Autriche ; ce qui fit entrer dans la maison impériale les biens de la maison d’Este. — Marie-Béatrix d’Este eut de son mariage plusieurj enfants, qui ont fait revivre le nom d’Este. L’aîné, François IV d’Este, né en 1779, règne actuellement sur le duché de Modène, et le second, Ferdinand- Charles-Jeseph , né en 1781, général distingué, porte le titre d'archiduc d’Autriche.
ESTELLA, ville d’Espagne (Pampelune), à 27 kil. S. U. de Pampelune ; 6,000 hab. Draps communs ; eau-de-vie. Elle fut prise et reprise pendant la guerre civile de 1838-40.
ÉSTEPA-LA-VIEJA , ville d’Espagne (Séville), près du Xénil, à 26 kil. d’Ecija; 10,300 hab. Cette ville occupe l’emplacement de l’ancienne Astapa qui fut brûlée par les lieutenants de Scipion.
ESTEPONA, ville d’Espagne (Malaga), à 70 kil. S. O. de Malaga, sur la Méditerranée ; 6,000 hab. Toiles communes, poteries, tuiles. Cabotage, pêche de sardines. Excellent vin blanc.
ESTERHAZY, ville de Hongrie (OEdcnbourg), sur le lac de Neusiedel, à 22 kil. S. E. d’OEdenbourg. On
de marquis d’Este. Il fut nommé en 1182 podestat I y voit le beau ehâteau des princes d’Esterhazy. de Padoue, puis marquis de Milan et de Gênes. 1 ESTERHAZY (famille d’), une des plus illustres fa-
ËSTR — 530 — ESTR
milles de la monarchie autrichienne, prétend avoir pour tige Paul d’Esteras, descendant d’Attila, qui fut baptisé en 969. Elle acquit en 1421 la seigneurie de Galantha (comitat de Presbourg), y joignit en 1622 Mlle de Forclitenstein , obtint en 1626 le rang de OOmte, en 1687 celui de prince d’empire, et enfin siégea à la diète comme étal d’empire depuis 1804 . Malheureusement c'était l’instant où l’empire germanique cessa d’exister. La maison d’Esterhazy fut placée pour sa seigneurie d'Edelsletten sous la souveraineté de ia Bavière. Cette maison a environ 4,000,000 de fr. de revenu, et possède à titre héréditaire ia charge de ban d’OEdenbourg. Elle est catholique et réside à Eisenstadt et à Vienne. Elle a fourni plusieurs diplomates distingués.
ESTERNAY, ch.-l. de cant. (Marne) , à 45 kil. S. O. d’Épernay; 800 hab.
ESTERO (saint— Jacques ou Santiago d’), ville des Provinces-Unies du Rio-de-la-Plata. Voy. Santiago.
ESTHER, Juive de la tribu de Benjamin, nièce de Mardochée; le roi Assuérus en fit son épouse, après avoir répudié Vasthi. Elle sauva la vie à Mardochée et au peuple juif, qu’Aman, favori d’ Assuérus, voulait faire périr, irrité de ce que Mardochée ne consentait pas à fléchir le genou devant lui. Racine a mis cet événement sur la scène dans sa tragédie à' Esther. — Un des livres de la Bible porte le nom d 'Esther; il fait partie des livres canoniques. On l’attribue à Mardochée.
ESTHON1E ou de REVEL (gouvernement d’), Estliandiiu en russe, Esihland en allemand, gouvernement de la Russie d’Europe, borné au N. par le golfe de Finlande, àl’O. parla mer Baltique, au S. par le golfe et le gouvernement de Livonie, à l’E. par le gouvernement de St-Pétersbourg ; 275 kil. de l’E. à l’O., sur 80 du N. au S. ; 303,000 hab. en 1830. Ch.-l., Revel. Villes principales, Ilabsal, Ballischport, Weissemberg. De l’Estlionie dépendent les îles de Dagœ, Roghe, Vouko et Nargen. L’Esthonie est un pays peu fertile ; les forêts en couvrent la plus grande partie. — L’Esthonie doit son nom aux Æsiyi , peuple sarmate, d’origine finnoise, qui l’habitait jadis. Elle ne commence 5 paraître dans l’histoire de l’Europe qu’à la fin du xn* siècle. A cette époque, les chevaliers de l’Ordre Teutonique et les Porte-Glaive s’en emparèrent et la partagèrent avec les évêques d’Ungannie et de Riga. Elle se révolta en 1218 et appela le roi de Danemark Waldemar 111, 1219; celui-ci enleva une partie de l’Eslhome aux chevaliers teutons ; mais en 1347, par le traité de Marienbourg.Valdemar IV vendit aux chevaliers teutons de Livonie tout ce qu’il possédait de l’Esthonie, et jusqu’en 1569, ce pays partagea les destins de la Livonie. Attaquée à cette époque par la Russie, l’Esthonie se donna en 1561 à la Suède, à laquelle elle fut assurée par les traités suivants et noiamment par le traité d’Oliva en 1660 ; mais après la guerre entre Charles Xil et Pierre-le-Grand, la paix de Nystadt ( 1721 ) réunit pour toujours l’Esllionie à la Russie. Les paysans esthoniens étaient tous serfs avant 1816. L’empereur Alexandre les émancipa à cette époque ; mais leur liberté est encore plutôt nominale que réelle.
ESTHR1TH1DES, nom d’une dynastie qui régna sur le Danemark de 1047 à 1375. Voy. Danemark.
ESTIENNE. Voy. Étienne.
EST1SSAC, ch.-l. de cant. (Aube), à 19 kil. S. O. deTroyes; 1,200 hab.
ESTOILE. Voy. étoile.
ESTRaMADURE, Estremadura , nom commun à deux provinces, l’une portugaise, l’autre espagnole, ainsi nommées parce qu’au temps où les Maures possédaient une partie de la péninsule hispanique, elles rormaient la prov. la plus mérid. des roy. chrétiens et la plus éloignée du Duero ( extrema Durii ).
estramadure espagnole, contrée d’Espagne, a
pour bornes au N. l’ancien roy. de Léon, au S. la capitainerie-générale d’Andalousie, à l’E. la capitainerie-générale de Castille, à l’O. le Portugal. Depuisl834, elle forme une capitainerie generale qui comprend 2 intend. civiles, l’intend. de Cacerès et 1* intendance de Badajoz. Elle a 270 kil. sur 150 1 680,000 hab. Ch.-l., Badajoz. Beaucoup de mont. Climat varié; sol en général fertile, mais mal exploité par l’agriculture plusieurs millions de mérinos transhumants.
estramadure portugaise, contrée de Portugal, a pour bornes au N. le Beira, au S. et à l’E. l’Alentéjo, à l’O. l’Océan; 200 kil. sur 130; 1,000,000 d’hab. Ch.-l., Lisbonne, qui l’est aussi de tout le roy. Mont, nombreuses, surtout au N.; les princicipales sont celles d’Eslrella, de Cintra, etc. Elle est arrosée par le Tage, le Zezere, la Soure, etc. Climat très chaud, tremblements de terre, grande fertilité : grains et fruits ; richesses minéralogiques, cuivre, fer, houille, marbre, etc. Commerce de sel
Les deux Estramadures firent jadis partie de la Lusitanie et étaient habitées par les Vetlones. Les Alains s’en emparèrent en 411, les Suèves en 420, les Wisigoths en 477 et enfin les Maures en 712. Elles furent comprises dans le califat de Cordoue depuis 766 jusqu’au commencement du xi® siècle. Mérida en était alors la principale ville. En 1016, Badajoz devint la capit. d’un petit état maure indépendant qui comprenait les deux Estramadures, l’Alentéjo et l’Algarve; cet état devint en 1094 la proie des Almoravides, puis en 1161 fut conquis par Abdel-Moumen, fondateur des Almohades; celui-ci défit en plusieurs rencontres Alphonse Henriquez, roi de Portugal, qui avait soumis en grande partie les deux Estramadures; mais il mourut en 1184, et l’Estramadure portugaise resta définitivement annexée au roy. de Portugal. Quant à l’Estramadure espagnole, Alphonse IX, roi de Léon, en conquit une partie, prit Alcantara, Mérida (1229), Cacerès, Badajoz et Mérida (1230); son fils, Ferdinand III, roi de Castille, acheva de la soumettre (1236-1240).
ESTRËE-SA1NT-DEN1S, ch.-l. de cant. (Oise), à 13 kil. O. de Compïègne; 1,000 liah. Toiles et fil de lin. Commerce de blé et de chevaux.
ESTRÉES (famille d’), maison noble de France, originaire de l’Artois, a pris son nom de la petite ville d’Estrées en Cauchie, à quelques kil. d’Arras et de St-Pol. Elle s’est divisée en un nombre infini de branches, mais elle est surtout célèbre pour avoir donné le jour à la belle Cabrielle.
estrées (Gabrielle d’), maîtresse de Henri IV, née vers 1665, fille d’Antoine d’Estrées, grand-maître de l’artillerie, gouverneur de l’Ile-de-France. Le hasard ayant conduit Henri, vers la fin de 1 590, au château de Cœuvres, qu’habitait Gabrielle, il conçut pour elle une vive passion; il l’appela à la cour, créa pour elle le duché de Beaufort, et combla d’honneurs tous ses parents; il songeait même à divorcer pour l’épouser, lorsque Gabrielle mourut subitement, en 1599, après avoir mangé une orange. On soupçonna qu’elle avait été empoisonnée. César, duc de Vendôme, dit César-Monsieur, chef de l'illustre maison de Vendôme, était son fils.
La fam. d’Estrées a produit plus, autres personnages distingués ; François-An nibal d’Estrées, frère de Gabrielle, maréchal de France sous Louis XIII et ambassadeur à Rome, où il déploya une grande fermeté; — Jean, comte d’Estrées, fils du précédent, qui se distingua dans la marine sous Louis XIV, fut fait vice-amiral en 1670, puis maréch.; battit l’am. holl. Binkes àrTabago en 16/7, et reprit cette île aux Hollandais; — Victor-Marie d’Estrées, fils du précédent, qui commanda les armées navales réunies de Louis XIV et de Philippe V en 1703, et contribua puissamment à assurer la couronne d’Espagne au petit-fils de Louis XIV ; il fut fait maxé-
ET ÀM — 581 — ETAT
chai du vivant môme de son père ; il mourut sans postérité; — le cardinal d’Estrées, né en 1628, mort en 1714, qui, par son caractère conciliant, travailla à pacifier l’Église, et qui mérita par son esprit d’être reçu membre de l’Académie; — Louis- César Letelüer, comte d’Estrées, fils d’une sœur du maréchal Victor-Marie, et qui devint aussi maréchal en 1756; il se distingua à la bataille de Fontenoy (1745), commanda en chef en Allemagne, et battit le duc de Cumberland à Ilastembeck (1757). Le nom de d’Estrées s’éteignit avec lui en 1771. estrées (l’abbé d’). Voy. destrées.
ESTRELLA (sierra da), chaîne de mont, du Portugal (Beira et Estramadure portugaise), s’étend vers 1 E. jusqu aux frontières d’Espagne où elle se lie aux monts de Gata ; à 10., elle s’unit aux monts de Cintra, et court au S. 0., encadrant du côté orienle cours du Zezere. — Une chaîne de montagnes E*‘rell (Rio-de- Janeiro) porte le nom de Scrra-da-
ESTREMOZ, Exlrcma ou Stremoniium , ville forte
teoAAuUvgal(AlentéJ°)’ à 40 kil- E* d’Évora; o,oUU hab. Citadelle. Grande place. Arsenal. On y
fabnque des vases en terre poreuse pour rafraîchir
1 0ucTÆe'«ct’ des Éspagn.sur les Portug., 1665.
Eal Ybb, Æstyi, peuple de la Sarmatie européenne, Finnois d’origine , a donné son nom à l’Esthonie, mais peut-être habitait entre ce pays et la Prusse.
ESUS. Voy. hésus.
ESZEK ou OSZIEK, Mursa, ville des États autrichiens, capit. de l’Esclavonie, sur la Drave, près de son confluent avec le Danube, à 218 kil. S. de Rude; 10,000 hab. Place forte, arsenal, casernes, etc. La forteresse n’a été bâtie qu’au xvne siècle par Léopold I. La ville proprement dite ne contient que 80 maisons bourgeoises : mais en dehors des ouvrages qui la défendent s’étendent de vastes faubourgs.
ETABLES, ch.-l. decant. (Côtes-du-Nord), à 13 kil. N. O. de St-Brieuc, sur la Manche; 3,000 hab.
ETAIN, ch.-l. de cant. (Meuse), à 18 kil. N. E. de Verdun ; 3,000 hab. Collège communal.
ETAMPES, Slampce, ch.-l. d’arr. (Seine-et-Oise), à 42 kil. S. de Versailles; 7,900 hab. Tour de Guinette, seul reste de l’ancienne forteresse qui fut détruite par Henri IV. Tanneries, mégisseries, plus de 50 moulins. Grand commerce de grains, farines, etc. Collège. Patr. d’E. Geoffroy-Saint-Hilaire. Plusieurs conciles se sont tenus à Etampes, notamment en 1130. Elle a beaucoup souffert dans les guerres civiles religieuses des xvie et xvne siècles. Etampes fut érigée en comté en 1327 par Charles IV. François I en fit un duché en faveur d’Anne de Pisseleu. Ce duché a été possédé en dernier lieu par Gabrielle d’Estrées. — L’arr. d’Etampes a 4 cant. (La Ferté- Aleps, Méréville, Milly, plus Etampes), 70 comm. et 41,062 hab.
ETAMPES (Anne de pisseleu, duchesse d’), dite d’abord mademoiselle d’Heilly , maîtresse de François I, née vers 1508, était fille d’honneur de Louise def Savoie, duchesse d’Angoulême, mère de François I, et avait dix-huit ans lorsque ce prince eut le malheur de la connaître. II la maria à un1 certain Jean de Brosse et lui donna le comté d’Etampes, qu’il érigea pour elle en duché. La duchesse gouverna François 1 pendant vingt-deux ans; elle troubla la cour et porta la désunion dans la famille royale par sa haine contre Diane de Poitiers, maîtresse du dauphin ; trahissant son roi, elle favorisa, en livrant des secrets d’état, les succès de Charles-Quint et de Henri VIII en France dans l’intention de rabaisser le dauphin qui était chargé de les combattre, et fit signer à François I le honteux traité de Crespy. Après la mort de François I> en 1547, elle sc retira dan? ses terres et y mourut
dans l’obscurité vers 1576. Elle avait embrassé de puis sa retraite la religion réformée ^ d
ETAMPES-VALENÇAY (Achille d’). Voy. valenç.av (le cardinal de). v
etampes (Jacques d’), maréchal. Voy. ferté-imbault fie marquis de la).
ETAbUEH, Eiaweh , ville de l'Inde anglaise (Calcutta), à, 110 kil. S. d’Agra. Grandes manufactures d étoffes de coton. Jadis place forte.
ETAPLES, Stapulœ , ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais), à l’embouchure de la Canchedans la Manche, à 1 1 kil. N. O. de Montreuil ; 1,800 hab. Raffinerie el entrepôt de sel, eau-de-vie, bière. Pêche. — Traité de paix entre Henri VII et Charles VIII (1492), signé au moment où ce dernier partait pour l’Italie.
ETATS (île des), île des Etats-Unis de l Amérique du Nord (New-York), sur la côte du New-Jersev: 32 kil. sur 13 ; 6,000 hab. Chef-lieu, Rahway.
états ( ferre des), île de 1 Océan Atlantique mérid. , à 1 E. de la Terre de Feu, dont la sépare le détroit de Letnaire ; 70 kil. sur 20. Stérile et déserte.
ÉTATS-GÉNERAUX. On donnait ce nom, avant 1789, aux assemblées générales de la nation, composées de la réunion des député? des trois ordres, c’est-à-dire, delà noblesse, du cleigé et de la bourgeoisie ou tiers-état. La première assemblée nationale qui prit le nomd ’ Etals -généraux fut convoquée en 1302 par Philippe IV, dit le Bel, à L'occasion du différend qui s’était élevé entre ce prince et le pape Boniface VIII ; la réunion eut lieu dans réalisa Notre-Dame de Paris.
Les principales assemblées des États- généraux qui suivirent cette première furent, celles :
De 1308, au sujet de l’abolition des Templiers:
De 1313, sous I'hil. le Bel, au sujet des tailles:
De 1317 et de 1328, pour le couronnement de Philippe V et Ph.VI,par application de la loi salique;
De 1356, pendant la captivité du roi Jean (cette assemblée est célèbre par les troubles qu’excita alors dans Paris le prévôt Etienne Marcel);
De 1380, pour l’établissement de la régence pendant la minorité de Charles VI ;
De 1420, qui ratifièrent le traite de Troyes;
De 1468, à Tours; ils s’opposèrent à ce que la Normandie fût démembrée pour le frère du roi;
De 1484, convoqués à Tours par Anne de Beaujeu, régente : ils déclarèrent la majorité de Charles VIII ;
De 1506, à Tours: mariage de Claude deFrance, fille de Louis Xllavec le dued Angoulême (François I);
De 1560, à Orléans, sous Charles IX : on y fit les lois commerciales qui fur. en vigueur jusqu’en 1789;
De 1576 et 1588, d<ts États de Blois (Voy. BLOis);
. De 1593, à Paris, tenus par la Ligue, pour exclure Henri (IV) du trône et y appeler l’infante d’Espagne ;
De 1614, tenus à Paris, au moment de la majorité de Louis XIII : ils restèrent sans résultat;
De 1789, à Versailles, dits Assemblée nationale.
M. E.-J.-B. Rathery et M. Boullée ont donné Y Histoire des É fats -généraux de France, Paris, 1850.
ÉTATS-UNIS (les) ou l’union, grande république fédérative de l'Amérique septentrionale, entre l'Amérique anglaise au N., la Confédération mexicaine •tu S., l’Atlantique à l’E., la mer Pacifique à l’O.; t'étend de 25° à 52° lat. N., et de 70* à 127° Fong. 0. La superficie de ce vaste territoire comprend ac moins 520,000,000 d’hectares. La population totale des états confédérés, qui s’eat accrue dans d’énormes proportions depuis le commencement de ce siècle, était en i790de 3,929,328 hab.; en 1810 elle avait atteint un chiffre presque double (1,239,903). De recensement de 1830 portait le nombre des hab, à 12,858,670; celui de 1851 le porte à 23,267,498 ( dont 3,206,425 noirs esclaves ). La population est fort inégalement répartie sur le territoire des Etats-Unis .- à l’E. et le long des côtes de l’Océan Atlantique, elle est très abondante; à l’O, cl daus
ÉTAT — 532 - KJLAr
l’intérieur des terres s’étendent de vastes solitudes à peine peuplées par quelques tributs indiennes. Le chef-lieu général des États-Unis est Washington. — Les États-Unis sont divisés en États (states) qui sont indépendants et se gouvernent par eux-mêmes : en territoires (territories) , qui sont régis parle gouvernement fédéral, et en districts qui sont annexés soit à un État, soit à un territoire. On comptait en 1856 31 États, 7 territoires ou districts. En voici les noms :
États.
Chefs-lieux.
Au N. E.
Maine.
Augusta, Portland.
New-Hampshire,
Concord.
Vermont ,
Montpellier.
Massachusetts,
Boston,
Rhode-lsland,
Providence et New-
port.
Connecticut,
Hartford et New-
Haven.
N. B. Ces
6 premiers États sont ordinairement réunis
sous le nom de Nouvelle-Angleterre.
Au milieu
New-York,
Albany.
New-Jersey,
Trenton.
Pensylvanie,
Harrisburg.
Delaware,
Dover.
Maryland,
Annapolis.
Au S.
Virginie,
Richmond.
Caroline du Nord,
Raleigh.
Caroline du Sud,
Columbia.
Géorgie,
Milledgeville.
Alabama,
Tuscaloosa.
Louisiane,
Nouvelle-Orléans.
Tennessee ,
Nashville.
Kenlucky,
Francfort.
Ohio,
Columbus.
Jndiana ,
Indianapolis.
Illinois,
Springfield.
Missouri ,
Jefferson.
Mississipi ,
Jakson.
Arkansas,
Little-Rock.
Michigan,
Détroit.
Floride,
Tallahassec.
lowa,
Council-Bluff.
Texas ,
Austin.
Wisconsin ,
Madison.
Californie,
S.-Francisco.
Territ. Orégon, Minesota,N.-Mexique, Utah, Washington ou Columbia(dûtrib./'éd.), Kansas, Nébraska.
Les treize Étais suivants : New-Hampshire, Massachusetts, Rhode-lsland, Connecticut, New-York. New-Jersey, Pensylvanie, Delaware, Maryland, Virginie, les deux Carolines et la Géorgie, formaient seuls le territoire des États-Unis au moment de la déclaration d’indépendance. Voici l’ordre dans lequel lesEtats nouveaux ou territoires vinrent s’y associer; Vermont, détaché de New-York, 1791 ; Tennessee, détaché de la Caroline du Nord, 1796; Kentucky, détaché delà Virginie, 1796; Ohio, par création, 1802; Louisiane, achetée à la France en 1803(Ëtat en 1812); lndiana,crééen 1816; Mississi pi, séparé de la Géorgie, 1817; Illinois, par création, 1818; Alabama, détaché de la Géorgie, 1819; Maine, détaché de Massachusetts, 1820; Missouri, détaché de la Louisiane, 1821; Michigan et Arkansas, 1836; Floride et lowa, 1845; Texas et Wisconsin, 1846, N. Mexique etCalif., 1848.
Les États-Unis sont traversés par plusieurs chaînes de montagnes. Les principales sont à l’E., les Alleghany et les montagnes bleues qui s’étendent parallèlement aux côtes de l’Océan , et à l’O. les montagnes Rocheuses où la plupart des grands fleuves de l’Amérique du Nord prennent leur source. LeMississipi, leColumbia, l’Apalachicola, laMobile, qui en descendent, sont les plus grands fleuves des États-Unis. Le Saint-Laurent est commun auxÉtats- Unis et à l’Amérique anglaise.
Le climat varie suivant la latitude et suivant qu’on marche vers l’ouest où il est infiniment plus froid.
Le sud est très chaud et extraordinairement fertile, de vastes savanes occupent les bords du golfe de Mexique, d’immenses forêts remplissent les vastes espaces à 1 O. des monts Alleghany. La région du nord, située à FO. des monts Alleghany , s’appelle région des Lacs à cause des lacs nombreux dont elle est remplie et dont quelques-uns sont comme des mers; plusieurs d’entre eux, les lacs Supérieur, Huron, Érié, Ontario, sont communs aux Etats- Unis et aux possessions anglaises. Presque tout le pays a été longtemps couvert de forêts immenses; mais ces forêts disparaissent peu à peu devant les empiétements continuels du cultivateur , et font place à de vastes plaines cultivées. Le3 forêts des États-Unis sont peuplées par un grand nombre d’animaux sauvages et féroces, dont plusieurs sont particuliers à l’Amérique: tels sont le cougar ou puma, le mouton des montagnes Rocheuses, l’élan, la moosu ou daim d’Amérique, le castor, l’oppossum, etc. ; parmi les oiseaux, on y remarque les pigeons ramiers , l’oiseau moqueur, le colibri , etc. ; on y trouve aussi de nombreux reptiles, des alligators , des tortues. Le sol est partout fort riche en productions de toute espèce. En outre , on trouve en abondance de la houille , du sel , de 1 alun, du soufre. Le Missouri renferme d’immenses mines de plomb, et l’on vient de découvrir dans la Nouvelle-Caroline des mines d’or fort riches. L’industrie et le commerce ont pris depuis ces derniers temps une extension prodigieuse aux États- Unis ; d’immenses manufactures ont été fondées de toutes parts ; des canaux , des chemins de fer sillonnent en tout sens la surface du pays; la marine marchande de l’Union est la première après celle de l’Angleterre. La population des États-Unis se compose en grande partie d’Européens dont les sept dixièmes sont d’origine anglaise; ces derniers se partagent en deux types distincts, le virginien et le yankee ; les premiers forment en quelque sorte l’aristocratie noble ; les seconds, la bourgeoisie commerçante. Viennent ensuite les métis, puis les nègres, soit libres, soit esclaves (le nombre de ceux-ci est fort limité aujourd’hui dans les états du Nord, mais ils sont encore très nombreux dans plusieurs étals du Sud, notamment dans la Virginie , les (>,roi in es et la Géorgie) ; et enfin les indigènes, dont le chiffre décroît tous les jours, et qui sont de plus en plus refoulés vers l’ouest. — Le gouvernement Etats-Unis est républicain et fédératif. Chaque état est libre (l’agir comme il lui plaît pour tout ce qui est d’un intérêt purement local. Mais pour les affaires qui regardent toute la confédération, il y a un gouvernement général qui siège à Washington. Il se compose d’un président (nommé pour quatre ans) , et d’un vice-président , d’un sénat et d’une chambre de représentants. Les pays appelés territoires sont régis immédiatement par le gouvernement fédéral; mais quand le chiffre de la population d’un territoire dépasse 60,000 hab., il a le droit de prendre le rang d’état. Parmi les districts , le district fédéral dépend du gouvernement fédéral, et le district occidental, de l’Etat du Michigan. — Tous les cultes sont tolérés aux Etats-Unis, mais la religion réformée y domine; parmi les nombreuses sectes qu’elle a engendrées, celles des Presbytériens, des Anglicans, des Méthodistes, sont les plus nombreuses. Ensuite viennent les Catholiques, les Cougrégationalistes, Içs Quaker-s, les Moraves, etc.
Histoire. L’existence des Etats-Unis comme état libre et indépendant ne date que de 1776: mais l’histoire du pays remonte plus haut. Les Vénitiens Jean et Sébastien Cabot reconnurent les premiers les côtes des Etats-Unis en 1497; Ponce de Léon dé* couvrit la Floride en 1512; Verazzani visita en 1524 toute la côte septentrionale jusqu’au 34° de lal. De 1562 à 1565 les Français essayèrent vaine-