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rendit se sujets tributaires du St-Siége, et imposa une dîme au profit du clergé. En son absence, son fils Ethelbald s’était fait décerner la couronne; Ethelwolf la résigna sans opposition. 11 avait épousé en 2«s noces Judith, fille de Charles-le- Chauve.
ETHICUS (histeii), géographe latin que l’on ne connaît que par trois extraits informes sur la géographie, vivait au moins avant le vie siècle et était probablement originaire de l’Istrie, comme l’indique son nom. Les extraits d’Ethicus ont été imprimés sous le nom de Cosmographie d’Eihicus, d’abord à Venise, 1513, puis à Bâle, 1535, in-12. La meilleure édit, est celle de Gronovius, Leyde , 1722, in-S.
ETHIOPIE, Æthiopia, nom donné vaguement dans les temps les plus anciens à toute la région qui s’étendait au sud de l’Egypte. Dans la suite, le nom d’Ethiopie s’appliqua plus spécialement à tout le bassin du Haut-Nil, depuis les cataractes jusqu’au cap Delgado, comprenant les pays nommés auj. Nubie, Abyssinie, Kordofan, Dar-Four, Adel, Magadoxo , Brava, Mélinde, etc. Les géographes anciens se servent souvent des dénominations d'Ethiopiens orientaux et occidentaux, pour distinguer les Ethio-
f tiens habitant , soit à droite , soit à gauche du Nil. ’armi les tribus nombreuses qui habitaient l’Ethiopie et qui toutes paraissent originaires de l’Arabie, on distinguait : les Ethiopiens de Méroë, qui habHaient le pays situé entre le Nil et l’Atbarah; leur capitale était Méroë, qui est peut-être i’Àtbar actuel ou Djebel-el-Birkel; les Blemmyes, à l'E. de Méroë, que Pline nous représente sans tête ; les Nubes ou Nubiens , à l’O. de Méroë; les Sembrites, au S. de Méroë, dans l’Abyssinie actuelle. Ces derniers envahirent l’Égypte à diverses époques ; Ptolémée Évergète les soumit à sa domination. Ils eurent plusieurs reines du nom de Candace. Dans leur territoire se trouvaient Sembobitis et Axum. Viennent ensuite les Éléphantophages , les Stroutliiophages , les Ophiophages ( mangeiuv d’éléphants , d’autruches , de serpents) , dont on ne sait rien. Tous ces peuples se trouvaient dans l’intérieur des terres. Sur les côtes habitaient les Troglodytes, qui s’étendaient depuis la frontière de * Egypte jusqu’au détroit de Bab-el-Mandeb ; le port d’Adulé était chez eux. Plus au S. se trouvaient les lclithyophages , les Créophages, les Chélonopbages (c’est-â-dire, mangeurs de poissons, de viande et de tortues), et les Macrobiens, qui vivaient, dit-on, de 120 à 150 ans. — On ne sait presque rien sur l’histoire de l’Éthiopie. Les Juifs s’y établirent de bonne heure pour commercer. Les Romains conquirent la partie septentrionale de l’Éthiopie et l’annexèrent au diocèse d’Egypte sous le nom d’Æthiopia supra Ægypium. Le christianisme y fut introduit au iv« siècle ; il s’est conservé jusqu'à nos jours en Abyssinie. — Les anciens étendaient encore le nom d’Ethiopie à une partie de la côte d’Asie entre la Perse et l’Inde sur les bords de la mer Erythrée.
ETHRA, fille de Pitthée, roi de Trézène, fut séduite par Egée, roi d’Athènes, qui la rendit mère de Thésée. Dans la suite, elle alla à Athènes avec Bon fils, et le fit reconnaître. Voy. thésée.
ETIENNE (saint), Stephanus (c.-à-d. couronné), 1er martyr, juif de naiss., était l’un des 7 diacres. Il fut accusé par les Juifs d’avoir blasphémé contre Dieu et contre Moïse en prêchant le christianisme, et fut lapidé à Jérusalem, environ U mois après la mort de J. -C. Sa fêle se célèbre le 26 décembre.
Étienne i (saint), pape (253-57). Il combattit les Novatiens et Martial. On agita sous son pontificat la question de la validité du baptême donné par les hérétiques. Il souffrit le martyre en l’an 257, sous l’empereur Valérien. On le fête le 2 août.
Étienne h, Romain, pape en 752-57, se trouvant menacé par Astolphe, roi des Lombards, fut se-
if lu
couru par Pépin, qui enleva plusieurs villes & Astolphe, et lui en fit don (l*r noyau des états du pape). Etienne reconnaiss.vintenFr esacrerroi,754
Étienne iii, Sicilien, pape (7 68-72;, fut élu après une vacance de 13 mois, et fit condamner dans un concile l'anti-pape Constantin.
Étienne iv, Romain, pape (816-17), succéda à LéonllI en 816, et vint en France sacrer Louis-le- Débonnaire.
Étienne v, Romain, pape (885-91), soulagea le peuple pendant une cruelle famine.
Étienne vi, pape (896-97), fit déterrer le corps de Formose, son prédécesseur, présenta dans un concile ce cadavre revêtu des habits pontificaux, l’accusa d’avoir usurpé le siège de Rome, lui fit trancher la tête par la main du bourreau et le fit jeter dans le Tibre. Cette vengeance atroce souleva le peuple, et Etienne fut chargé de fers. Il mourut étranglé dans sa prison, après 14 mois-de règne.
Étienne vu, Romain, pape, régna de 929 à 931, sans rien faire de remarquable.
Étienne viii, Allemand, parent de l’empereur Othon, fut élevé sur le Saint-Siège après Léon VII, en 939, par la protection de Hugues, roi d’Italie, et mourut en 942.
Étienne ix, pape de 1057 à 1058, d’abord abbé du Mont-Cassin,frèredeGodefroi-le-Barbu,ducdeLorr., rôf. les mœurs, et m. à Florence en odeur de sainteté.
Étienne de byzance, grammairien de Constantinople, qui vivait vers la fin du v* siècle avait composé sous le titre (VElhnica [de Urbibus) un Dict. géographique et historique , ouvrage précieux pour l'étude de l’antiquité ; il ne nous en reste qu’un extrait fait par le grammairien Hermolaüs , contemporain de Justinien, et quelques fragments, dont la meilleure édition est due à Berkelius et Gronovius, Leyde, 1688, in-fol. Une nouvelle édition a été donnée par Guillaume Dindorf, Leipsick , 1825, 4 vol. in-8, et par Meinek», Leips., 1849, 2 vol. in-8.
Étienne i (saint), roi de Hongrie, succéda en 997 à son père Geysa, 4e duc de Hongrie, réforma les mœurs barbares de ses peuples, fit venir des mission naires qui prêchèrent l’Evangile , publia un code reçut de Sylvestre II le titre de roi l’an 1000, et mourut en 1038. La couronne que lui donna le pape sert encore aujourd’hui pour le sacre des rois de Hongrie.
etienne il, roi de Hongrie, dit le Foudre ou l’Éclair , succéda à Coloman, son père, en 1114, fit la guerre aux Vénitiens, aux Polonais, aux Russes et aux Bohémiens, et se rendit odieux par ses cruautés. N’ayant point d’enfants , il résigna sa couronne à Bêla, son cousin, et se fit moine (1131).
etienne ni, fils de Geysa 11 , lui succéda en 1161, secourut Manuel Comnène contre Venise. En son absence, ses oncles Ladislas et Etienne (dit Et. IV) usurpèrent; il fut rétabli dès 1 163, et régnajusqu’en 1173.
Étienne iv ou v, dit le Cuman , succéda à Bêla IV, son père, en 1270; s’illustra par ses victoires sur Ottocare, roi de Bohême, et mourut en 1272.
Étienne bàthoiu, roi de Pologne. Voy. bathori.
Étienne de blois, r. d’Angl., de la ‘maison de Bloi né d’une fille de Guillaume-Ie-Conquérant, qui avait épousé un comte de Blois. A la mort de Henri 1 (1135), il usurpa le trône sur Mathilde, fille et légitime héritière de ce prince , qui lui-même était le fils de Guillaume. Il eut longtemps à combattre contre Mathilde et Henri son fils (Henri II), que soutenait le roi d’Ecosse David, oncle de Mathilde ; il finit cependant par rester tranquille possesseur du trône, mais à la condition de reconnaître Henri pour son successeur. 11 mourut en 1154. II avait épousé l’héritière des comtes de Boulogne.
etienne , ou estienne , célèbre famille d’imprimeurs et de savants français, a pour chef Henri Étienne, né h Paris vers 1460, mort en 1520, et a surtout été illustrée par Robert et Charles , fils de
ETOI — 585 — ETON
Henri, et H. Etienne II, fils (le Robert. L'histoire des E . a été écrite par Mai ttaire,Lond. 1 709, par Renouard, 1837, et par A. F.Didot, 1856 (dans YaBiogr. ge'n.).
Étienne (Robert), né à Paris en 1503, mort à Genève en i 659, fut à la fois le plus habile imprimeur et un des plus savants hommes de son temps. Il penchait vers la réforme, ce qui lui suscita des difficultés de la part des théologiens; mais il fut longtemps protégé par François I. Inquiété à la mort de ce prince pour une traduction, au moins infidèle, de la Bible, il se relira à Genève (1552), et y embrassa ouvertement le calvinisme. Parmi ses éditions on admire la Bible, 1532, 1540, in-fol.; le Nouveau Testament grec, 1550; Eus'ebe , Demjs d’Halicarnasse , Dion Cassius, etc. dont il imprima le premier les ouvrages ; parmi ses écrits originaux, le Thésaurus lin guæ lalincB , Paris, 1532, souvent réimprimé; et m Dictiouarium latino-gallicum , 1543, 2 vol. in-fol.
Étienne (Henri) , fils de Robert, né à Paris en 1532, eut de bonne heure une vive passion pour l’étude du grec, parcourut l'Italie pour y découvrir des manuscrits, suivit son père à Genève et embrassa comme lui le ealvinisme, puis vint s’établir imprimeur à Paris, Ayant épuisé sa fortune dans ses savantes investigations, il fut longtemps soutenu par un riche protecteur, Ulrich Fugger. 11 employa douze ans à préparer et à imprimer un grand Dictionnaire de la langue grecque, qui parut sous le titre de Thésaurus qrœcas linguœ , Paris, 1572 (réimpr. par les frères Didot, 1840 et ann. suiv.); mais cet ouvrage admirable n’ayant pas obtenu tout le succès qu’il méritait, Henri Etienne se trouva ruiné et fut forcé de quitter Paris. Il erra longtemps de ville en ville, et mourut à l’hôpital de Lyon en 1598. 11 a publié presque tous les auteurs grecs, prosateurs et poètes; a donné entre autres la 1° éd. d 'Anacréon, avec une trad. en vers latins, qui est un chef-d’œuvre ; a trad. Thèocrite, Pindare , Sexlus Ernpiricus, etc. On lui doit en outre un Traité delà Conformité du français avec le grec, 1565.
Étienne (Charles) , frère de Robert, fut d’abord précepteur chez l’ambassadeur Baïf. s’établit imprimeur en 1551, et m. en 1564 endetté. On lui doit des Dictionn. latin et grec, un Dictiouarium historicogeographico-poeticum, 1566 (posth.), et le Prœdium rusticum, 1554, mis en franç. par Liébault, son gendre, sous le titre de Mais, rustique. Ch. était médec.
ETNA ou GIBEL, de l’arabe djebel, montagne, célèbre volcan de Sicile, au N. E. , dans la province de Catane (Valdi Demone), par 37° 46’ lat. N., 12° 41’ long. E., a une base circulaire de 180 kil. de circuit, et s’élève à près de 3,350 mètres. On y distingue une foule de cratères éteints sans compter ceux qui sont en activité. Les éruptions de l’Etna sont connues de temps immémorial. La fable nous montre les géants Encelade et Typhon ensevelis vivants sous l’Etna. Yulcain et les Cyclopes y forgeaient lr3 foudres de Jupiter, etc. Les villes anciennes de Naxos, Inessa, Hybla, etc., ont été détruites par les éruptions du volcan. Les plus terribles sont celles de 1183, qui fit périr 15,000 h.; de 1669, qui en détruisit 20,000; de 1693, 60,000. Les plus récentes sont de 1809 , 1830 et 1843. Plusieurs fois la lave a été sur le point de submerger Catane. — Empédocle voulut, dit-on, descendre dans le cratère de l’Etna, il y périt. Dans ces derniers temps divers voyageurs s’y sont fait descendre avec des cordes, mais il a fallu bientôt les remonter. — La végétation à la base et sur les flancs de l’Etna est magnifique. C’est sur cette montagne que se trouve le châtaignier di cento cavalli, sous lequel 100 chevaux tiennent à l’aise. Il a 37 mètres de circonférencc.
ÉTOILE (l’), bourg du dép. delà Drôme, à 10 kil. S. de Valence ; 1,000 hab. Vin estimé.
ETOILE (Pierre de l’ ) , grand-audiencier de la chancellerie de France, né à Paris en 1540, mort
en 1611. Profitant de sa position qui le mettait en relation avec les grands et lui permettait d’apprendre bien des particularités curieuses, il rédigea depuis 1574 jusqu’à sa mort un journal de tout ce qui venait à sa connaissance. Ce recueil, qui formait 5 vol. in-fol., et qui n’avait jamais été destiné à être publié, est une source précieuse de renseignements sur les règnes de Henri III et de Henri IV. On en & extrait le Journal de Henri III, publié en 1621 par Servin, et en 1744 par Lenglet-Dufresnoy; et le Journal de Henri IV, qui présente plusieurs lacunes, mais dont l’édition la plus complète a paru à La Haye, 1741 (reprod. dans la côllect. de Mémoires ae Petitot).— Claude de l’Étoile, fils de Pierre, né à Paris en 1597, m. en 1652, homme d’esprit et de goût, fut un des premiers membres de l’Académie française. Il a laissé des poésies et quelques pièces de théâtre.
ETOILE-POLAIRE (ordre de 1’), ordre destiné en Suède aux ministres, aux ambassadeurs , aux magistrats, aux savants et aux littérateurs. L’insigne de l’ordro est une croix d’or à huit pointes, émaillée de blanc, ayant au centre un médaillon d’azur qui porte une étoile polaire et la devise : Nescil occasum.
ETOILÉE (chambre). Voy. chambre étoilée.
ETOLIE, Ætolia, contrée de la Grèce anc. et du roy. actuel de Grèce, séparée de l’Acarnanie à l’O. par l’Achéloüs , avait à l’E. les Locriens Ozo- Ics, le Parnasse et les OEtéens ; au N. l’Épire et la Thessalie, au S. le golfe d’Ambracie et la mer de Corinthe. Calydon et Thermus en étaient les principales places. Cette dernière était le siège du Panætolium ou assemblée générale des Etoliens. Le» Etoliens étaient grossiers, violents et querelleurs; ils furent sans cesse en guerre, soit avec leurs voisins, soit entre eux. Pendant la guerre du Péloponèse , ils se déclarèrent pour Lacédémone. Après la mort d’Alexandre, ils commencèrent à sortir de l’obscurité où ils étaient restés et firent la guerre sani grandes pertes à Cratère et Antipater, 323-22 ; puil s’étant alliés avec Autigone Gonatas (280-243), ils tentèrent de se former une principauté dans la Grèce occidentale (Étolie, Acarnanie, Élide, Messénie); mais après la mort d’Antigone, les Étoliens perdirent J’alliance des rois de Macédoine. Ils n’en persévérèrent pas moins dans leurs projets d’agrandissement; de là une guerre avec la Ligue Achéenne , dite guerre des deux Ligues (220-217 av. J.-C.); les Achéens secondés par le roi de Macédoine, Philippe V, eurent le dessus. Les Etoliens, pour se venger, firent alliance avec les Romains contre Philippe, lors des deux premières guerres de Macédoine, et leur rendirent des services essentiels ; mais bientôt , mécontents d’eux, ils attirèrent Antiochu» en Grèce, 192. Après la défaite de ce prince (190), ils furent soumis par Fulvius Nobilior, 189. Ils con-1 servèrent néanmoins leurs lois. Sous Constantin, l’ Étolie fut comprise dans la Nouvelle-Epire et fit partie de la préfecture d’Illyrie. Après la prise de Constantinople par les Latins, un certain Théodore l’Ange,, de la famille impériale grecque , forma une principauté indépendante dans l’Epire et l’Etolie; mais la discorde s’étant mise entre ses descendants, le sultan Amurath II s’empara du pays en 1432; Scanderbeg chassa un instant les Turcs de l’ Etolie, et il la laissa en mourant aux Vénitiens; mais ceux-ci ne purent la conserver, et elle retomba bientôt sou* le joug ottoman. Ce n’est que lors de 1 insurrection de 1821 qu’elle recouvra son indépendance. Voy. GRÈCE.
ETON, ville d’Angleterre, dans le Buckingliamshire , sur la Tamise, à 30 kil. N. O. de Londres et à 55 kil. S. E. de Buckingham, vis-à-vis de Windsor, avec laquelle elle communique par un pont; 3,230 hab. Eton est célèbre par une grande école, dite Kings College, où l’on fait d’excellentes études classiques et où l’on prépare les élèves à l’enseignement
OKU
«les universités cet établissement fut fondé en 1440 par Henri YI : il contient environ 400 élèves.
ETREPAGNY, ch.-l. de canton (Eure), à 12 kil. N. E. de Gisors; 1,300 hab.
ETRETAT, village du dép. de la Seine-Inf., sur la Manche, à 23 kil. N. E. du Havre ; 1 ,600 hab. Pêche d’huîtres et de homards renommés. On y remarque des rochers à pic et percés à jour qui s’élèvent comme des pyramides au milieu de la mer.
ETRURIE, Eiruria , auj. Toscane et Patrimoine de saint Pierre , région de l’Italie, entre l’Apennin, la mer Supérieure , la Ligurie, le Latium, avait pour bornes laMacraau N., le Tibre au S. Elle eut pour villes principales, d’abord les 12 cités suivantes :Cære, Tarquinies, Veies, Vulsinies, Cortone, Yétulonies, Clusium, Perusia, Ruselles, Arretium, Volaterres, Populonie; et plus tard Florence, Pise, Lucques. Ses habitants, qu’on nomme indifféremment Etrusques, Tyrrhènes et Tusques, paraissent descendre des Pélasges. C’est à tort qu’on les fait venir de la Lydie. Au xi* siècle avant J.-C., ils furent asservis par les Rasena venus de laRhétie. Ceux-ci fondèrent dans leur pays une confédération de 12 cités ou lucumonies (les 12 premières nommées plus haut) .-ils en avaient déjà auparavant fondé une autre plus au N., dans le bassin du Padus (Brixia, Vérone, Mantoue, Felsine ou Bononia, Melpum, Hatria, etc.), et vers 800 av. J.-C. ils en fondèrent une 3e, plus au S., entre le Vulturne et le Silare (Noie, Vulturne, Atelle, Acerres, etc.). Chacune était de 12 villes. Les 3 ligues ne formaient pas un seul état, et même dans chaque ligue le lien fédératif finit par être assez peu sensible. Vulsinies était le chef-1. général de la confédération du centre. Les trois confédérations avaient longtemps fleuri : celle du N. par l’agriculture, celles du centre et du sud par le commerce maritime. L’opulence, la mollesse, le luxe, les vices qui en sont inséparables, préparèrent leur chute. De 587 à 521 les invasions gauloises brisèrent la confédération du nord et ne laissèrent indépendantes que quelques cités des Rasena. A partir de 424 les Samnites rompirent de même la confédération du sud en prenant Vulturne (Capoue). La ligue du centre fut celle qui résista le plus longtemps. Il passe pour constant qu’une de ses lucumonies, Tarquinies, donna deux rois à Rome(Tarquin-l’Ancien et Tarquin-le-Superbe) , et il est sûr que le lars (ou roi) de Clusium, Porsenna, la conquit un instant, 507 av. J.-C., que Véies la mit à deux doigts de sa perte, 485-77 ; mais enfin Rome prit le dessus, conquit Véies, 395 ; assujettit ou réduisit à la paix Faléries, Tarquinies, Cæré, 385-352; soutint trois grandes guerres contre les Etrusques unis aux Samnites ou aux Gaulois, 313-309, 302-299, 296-233 ; soumit ainsi toutes les lucumonies, et acheva d’y consolider son pouvoir de 241 à 224. Au ive siècle de l'empire, l’Etrurie, sous le nom de Tuscieou Toscans, fut une des huitprov. du diocèse d’Italie. Elle forma au ix* siècle un duché particulier. Voy. toscane. — Le peuple étrusque est un «les plus singuliers de l’antiquité. Ses prêtres avaient une haute réputation de science : ils employaient certaines formules secrètes; ils inventèrent les augures, l’art des aruspices, l’art d’expier les prodiges; c’est d’eux que les Romains empruntèrent presque toute leur religion, et surtout les cérémonies du culte. Leur religion semble avoir été cruelle et sanguinaire. On immolait des victimes humaines, surtout des prisonniers de guerre. Les sépultures étaient très soignées, et l’on a retrouvé dans les tombeaux des Etrusques nombre d’antiquités précieuses, qui prouventque chez eux l’industrie était portée très loin, surtout pour l’art de la poterie, du vernis, de la teinture : on estime particulièrement les vases étrusques. Les constructions de ce peuple étaient solides et colo8salcs;la Cloaca Maxima de Rome en est un superbe témoignage ainsi que le canal d’écoulement
EUBE
du lac d’Albe. Les Etrusques ont donné leur nom à un ordre d’architecture qui a pour caractère des pilastres carrés un peu lourds. On a beaucoup d’inscriptions en langue étrusque ; mais cette langue n’en est pas mieuxeounue. L’écriture étrusque est tout autre que l’écriture romaine du siècle d’Auguste. L'empereur Claude avait écrit une Histoire d'Étrurie dont on doit regretter la perte.
étrurie (royaume d’). Par le traité de Lunéville, 1801, l’ancien grand-duché de Toscane fut enlevé à Ferdinand 111, delà maison d’Autriche, pour être érigé en royaume sous le titre de royaume d’Etrurie, et fut donné par échange au fils unique de l’infant Ferdinand, duc de Parme, au jeune Louis de Parme. Ce prince fut installé la même année, mais il mourut peu après à la fleur de l’âge, 1803. Après la mort de Louis, le royaume d’Etrurie fut gouverné par sa veuve, Marie-Louise, fille de Charles IV, roi d’Espagne, qui administrait comme tutrice de son fils en bas âge, Charles-Louis, qui prit le nom de Louis II. En 1807, elle résigna ce pouvoir par suite d’un traité conclu entre la France et l’Espagne. En 1808, le royaume d’Etrurie fut absorbé dans l'empire français, et forma les 3 départ, de T’Arno, de l’Ombrone et de la Méditerranée ; en 1809, ce pays fut donné à Elisa, sœur de Napoléon, qui prit le titre de grande-duchesse de Toscane. En 1814, il futrestituéàl’archiducFerdinand III. Voy. toscane.
ETTENHE1M , ville du grand-duché de Bade, à 25 kil. S. E. de Strasbourg, à 28 kil. S. O. de Fribourg; 2,700 hab. Toiles, filatures de lin et de chanvre , tanneries. C’est de là que fut enlevé le ducd’Enghien pour aller mourir à Vincennes, 1804.
ETTLINGEN, ville du grand-duché de Bade, sur l’Alb, à 7 kil. S. de Carlsruhe; 3,000 hab. Victoire des Français sur les Autrichiens, 9 juillet 1796.
EU, Alga ou Aurja, ch.-l. de cant. (Seine-Infér.), sur la Bresle, à 27 kil. N. E. de Dieppe, à 2 kil. t de la mer; 3,739 h. Collège. Biscuit, serges, dentelles, toile de lin, serrurerie, etc. Elle fut brûlée par Louis XI en 1475, pour l’empêcher de tomber aux mains des Anglais. — La ville d’Eu fut érigée en comté l’an 996, en faveur d’un fils naturel de Richard I, duc de Normandie. Au xm* siècle, ce comté passa dans la maison de Brienne; il fut confisqué en 1352 et donné à Jean d’Artois. En 1472, il échut au comte de Nevers, et passa depuis dans la maison de Guise parle mariage de Henri-le-Balafré avec Catherine de Clèves, veuve d’Antoine de Croï, de la maison de Bourgogne-Nevers. A la fin du xvne siècle, le comté fut vendu à Marie-Louise d’Orléans qui le donna au duc du Maine, fils de Louis XIV. Il devint ensuite la propriété de la famille de Penthièvre et de celle d’Orléans qui pos~ séda jusqu’en 1848 le magnifique château d’Eu- Louis- Philippe y reçut en 1843 la reine Victoria.
EUBAGES, devins gaulois. Voy. druides.
EUBÉË, Eubcea, aujourd’hui Négrepont ou Egribo, grande île de la me»’ Egée, de forme oblongue, s’étendait le Vong des côtes de l’Attique, de la Béotie, de la Locride et du pays des Maliens, depuis le cap Suniurn jusqu’à la Thessalie. Elle porta successivement les noms de Chalcis (parce que c’est de là, dit-on, que le premier airain fut tiré) , de Maoris (à cause de sa longueur) , d’ Ab amis (à cause des Abantes, ses premiers habitants). Elle avait trois villes principales : Chalcis, Erétrie et Caryste. Après les Abantes, l’Êubée fut habitée par les Ilistiéens, puis par les Ioniens. Athènes s’en empara de bonne heure et la garda malgré diverses révoltes jusqu’à Tan 404 av. J.-C., époque où l’Eubée passa sous la domination des Lacédémoniens ; mais plus tard l’influence d’Athènes s'y rétablit; Philippe II détruisit cette influence ety substitua la sienne. Du reste l’Eubée ne joua pas un rôl« important dans l’histoire de la Grèce ; elle passa avec