ILE-DE-FRANCE
FRANCESCAS, ch.-l. de canton (Lot-et-Garonne) à 11 kil. S. E. de Nérac; 1,300 hab.
FRANC-FLORE, peintre. Voy. floris.
FRANCFORT, ville des États-Unis, ch.-l. de l’état de Kentucky et du comté de Franklin, sur la rivière de Kentucky, à 8 kil. environ de son confluent avec l’Ohio.
fràncfort-sur-le-mein , Frankfuri-am-Mein en allemand ( Frankfurt en allemand veut dire gui franc) , Francofurtum ou Francofordia en latin moderne, une des 4 villes libres de la Confédération germanique, sur le Mein, à 31 kil. N. E. de Mayence; 44,000 hab. Elle se compose de 2 villes : Francfort sur la rive droite, Sachsenhausen sur la gauche. — Magnifique cathédrale où l'on couronnait les empereurs; nombreux monuments du moyen âge; hôtelde-ville, dit Rœmer; denx belles églises de réformés; plusieurs beaux palais (celui de la Tour-et-Taxis où se tiennent les séances de la Diète germanique; le Saalhof, ancienne résidence des Carlovingiens, mais dont les bâtiments sont modernes, etc.); salle de spectacle, Hôtel-Dieu, hôpital du St-Eeprit, bâtiment de la bibliothèque publique. Etablissements de sciences, lettres, arts. Grand commerce de banque et d'entrepôt; foire importante, mais plus considérable autrefois. Siège de la Diète germanique. Patrie de Goethe et de la famille Rothschild. Francf. est trèsancienne, mais elle n’est devenue fameuse qu’au vin® siècle.Capitaie de la France orientale ou Franconie,elI« fut en quelque sorte la capitale de tout l’empire germanique sous les deux premières dynasties qui sucoé-
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dèrent aux Carlovingiens. Il s'y tint plusieurs diètes (dans celle de 1142, Conrad 111 rendit la Saxeàllenriie-Lion; celle de 1338 proclama l'Empire indépendant duSaint-Siége). Ville übreet impériale dès 1254; proclamée ville du couronnement par la Bulle-d’Or (1356). En 1806, elle devint la cap. du grand duché de Francfort, créé pour le prince de Dalberg ( Voy . ciaprès). En 1815 le congrès de Vienne, en anéantissant legrand duché, rendit à Francfort son indépendance, la déclara ville libre ou république, membre de la Confédération germiftiique, et la nomma capitale de cette Confédération. Prise par Gustine en 1792.
La République de Francfort se compose de la ville de Francfort et d’un territoire situé sur les deux rives du Mein et borné au N. et au N, E. par la Hesse électorale, au S. E., au S. et au S. O. par le grandduché de Hesse-Darmstadt, et à l’O. par le duché de Nassau: 13 kil. sur 9; 53,000 hab. y compris la ville de Francfort. La souveraineté de la république réside dans l’ensemble de la population chrétienne ; le corps législatif est composé de 20 sénateurs, de 20 députés permanents de la bourgeoisie et de 45 membres élus parmi les autres buurgeois. La ville a deux bourguemestres qui sont nommés annuellement. Francfort-sur-le-Mein a la préséance sur les autres villes libres de la Confédération. DanB les assemblées ordinaires de la Diète les quatre villes réunies ont une voix ; mais dans les assemblées générales, la république de Francfort-sur-le-Mein eompte pour une voix à elle seule. Elle fourmtà la Confédération un contingent de 475 hommes.
Francfort (grand-duché de), un des Etais de la Confédération du Rhin, créé en 1806, avait pour dlles principales, outre Francfort, Aschaffenbourg, Fulde et Hanau. Ce grand-duché fut donné au prince de Dalberg, prince primat d’Allemagne. En 18 15, son territoire fut réparti entre la république de Francfort, la Hesse Electorale, la Bavière et la Prusse.
FRANCFORT- SUR - l’oder , en allemand Frankfurl-an-der-Oder , ville de Prusse. ( Brandebourg), chef - lieu de gouvernement , à 90 kil. S. É. de Berlin, par 12° 13’ long. Ey ,52® 22’ lat. N. , sur l’Oder et sur un canal qui joint l’Oder à l’Elbe et à la Yistule; 22,000 hab. Monument en l’honneur du prince Léopold de Brunswick. Industrie lissez active : soieries , maroquin, toiles, bougies, etc. Assez grand commerce. Il se tient trois foires à Francf. Ane. mivv.transférée en 1809 à Berlin. — Legouv.deKr. l'un d8s 2 gouvernements de la province de Brandebourg, est situé à l’E. de celui de Berlin, borné au N. par la Poméranie, à l’E. par la province de Posen , au S. E. par la Silésie, au S. par le roy. de Saxe, au S. O. par la province de Saxe. Il se divise en 18 cercles.
FRANCHE-COMTÉ, Sequania des anciens, ancienne province et grand-gouvernement de France avant la révolution, entre l’Alsace et la Lorraine au N., la Champagne et la Bourgogne à PO. , la Bresse , le Bugey et le pays de Gex au S. , et la Suisse à TE. ; 180 kil. sur 30. Elle se divisait en quatre grands bailliages (Besançon, Dôle, Amont, Aval); ch.-l., Besançon ; autres villes, Dôle, Vesoul, Salins, Baume-Ies-Dames, Pontarlier, Lons-le-Saunier. Montagnes, le Jura àl’E.etlesVosges au N. Riv.y laSaÔne, le Doubs, l’Ain et leurs affluents. Air froid sur les montagnes, chaud dans les vallées; sol fertile, bons vins. Assez d’industrie, horlogerie, etc. Commerce de transit. La Franche-Comté forme aujourd’hui les départements du Jura, du Doubs, de fa Haute-Saône, et une fraction du département de l’Ain. — La Franche-Comté, jadis habitée par les Séquanais, fit successivement partie du roy. des Burgundes, du vaste empire de Charlemagne, du roy. de Lothaire I, du roy. de Charles de Provence, du üroy. d'Italie de Louis II , de celui de Boson (et nominalement de celui de CharleHe-Gros), enfin du
royaume des deux Bourgognes, 896-1032; d’où ensuite elle passa au royaume de Germanie, et conséquemment à l’Empire. Elle fut érigée en comté an milieu du xi® siècle, et c est & cette époque qu’elle commence à porter le nom de Franche-Comtépuis elle prit le titre de comté Palatin de BourgtK gne (1 169), passa successivement par mariages dan* les maisons d Ivrée, de Souabe (ou Hohenstaufen) 1169 , de Méranie , 1208, de Châlons , 1248; fut réunie un instant à la couronne de France par le mariage de Jeanne, héritière de ce comté, avecPhilippe-le-Long , 1315; mais, à la mort de ce dernier, Jeanne épousa Eudes de Bourgogne, 1322. En 1361, après la mort de Philippe de Rouvre, la Franche-Comté échut à Marguerite de Flandre, ensuite elle passa, par mariage encore, dans la maison de Valois-Bourgogne , 1384, puis dans celle d’Autriche, 1477. De 1384 à 1477 , la Franche-Comté et le duché de Bourgogne s’étaient trouvés réunis dans les mêmes mains; en 1477 ils furent séparé* de nouveau , le duché ayant été réuni à la France comme fief masculin, tandis que la Comté, fief germanique et féminin, était portée par mariage dans la maison de Habsbourg. En 1548, Charles-Quint incorpora la f ranche-Comté au cercle de Bourgogne. Louis XIV la conquit en 1668, mais il fut obligé de la rendre par la paii d’Aix-la-Chapelle, conclue lamôme année; l’ayant conquise de nouveau en 1674, il la garda par le traité de Nimègue, 1678.
FR ANCHE VILLE ( Joseph du fresne de) , écrivain français, né à Dourlens en 1704, se fit d’abord connaître par une espèce de roman historique, les Premières Expéditions de Charlemagne ; fut appelé à Berlin par Frédéric 11 , devint membre de l’Académie de celte ville et y mourut en 1781. On a de lui une traduction de îioëce , Berlin, 1744; un poëme sur les vers à soie intitulé : Bombyx. Il avait commencé une Histoire des finances qu’il na pas achevée. Voltaire a publié sous le pseudonyme de Francheville la lr« édition du Siècle de Louis XIV.
FRANCIA (François raibolini, dît le), peintre italien , né à Bologne en 1460, mort en 1533, exerça d’abord la profession d’orfévre. Le style de aei artiste tient à la fois de celui du Pérugin et de celui de Jean Bellini, avec lesquels Raphaël le compare. On regarde comme ses chefs-d’œuvre un Saint- Sébastien remarquable par l’exaciitude des proportions et la beauté des formes, et un tableau représentant Joseph d’ Arimatlae, saint Jean et les trois Maries pleurant Jésus descendu de croix.
francia (le docteur Joseph-Gaspanj-Rodiguez de), dictateur du Paraguay, né à L’As omption en 1758, d’un père français et d’une créole, mort en 1840, étudia d'abord la théologie au séminaire de L'Assomption, exerça ensuite la profession d’avocat, et fut nommé secrétaire de la junte lors de la révo» lution qui chassa les Espagnols de Buénos-Ayre* , en 1811. Il se fit bientôt élire consul, puis dictateur temporaire, enfin dictateur à vie, et exerça pendant de longues années un pouvoir absolu qu’il consolida par les supplices et les emprisonnements. Cependant son administration fut utile au Paraguay; ce pays lui doit son organisation , scs manufactures , son commerce et sa civilisation. Cruel, soupçonneux et bizarre, Francia ne voyait partout que desronspirations ; il avait fermé son empire à tous leVetrangers, et ne laissait plus repartir ceux qui y avaient une fois pénétré. Ce tyran, semblable en plus d’un point à Louis XI, faisait de *on barbier son confident le plus intime.
FRANCISCAINS, ou Frères Mineurs, ou Minorités , comme ils s’appelaient eux-mêmes par humilité, ordre célèbre de religieux , fondé en 1208 pa saint François d’Assise, à Porticella près de Naples. Le* Franciscains portaient une robe grise avec une
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ceinture de corde ; ils faisaient vœu de pauvreté et renonçaient à toutes les jouissances de la vie. On les comptait parmi les ordres mendiants. Ils avaient le droit de se livrer dans leurs églises à la confession et à la prédication. Ces religieux, favorisés et protégés par les papes, se répandirent par toute l’Europe, et comptèrent bientôt des milliers de monastères, enrichis par la piété des fidèles. De leur sein sortirent des hommescélèb. , tels que S. Bonaventure, Roger Bacon, Alexandre de Haies, Duns Scott. Les Franciscains étaient en rivalité avec les Dominicains; les deux ordres eurent pour principaux champions, chez les Franciscains Duns Scott, chez les Dominicains saint Thomas, qui pendant longtemps divisèrent l’école en Scolistes et Thomistes. Les papes Nicolas IV, Alexandre V, Sixte IV, Sixte-Quint et Clément XIV appartenaient aussi à l’ordre de3 Franciscains. Cet ordre a donné naissance à une foule de communautés particulières dont les plus connues sont: leB Pères de i Observance, fondés en Italie vers 1363, par Paul de Foligno ; les Récollets ou recueillis (recollecti), et les Cordeliers ( Voy .), nom que prirent les Franciscains établis en France ; les Capucins ( Voy.), qui se distinguaient par une longue barbe et un capuchon pointu. En 1221, saint François avait fondé un Tiers-Ordre pour le* séculiers qui voulaient prendre le cordon des Frères Mineurs ; c’est de cet ordre que sortirent les Béguins (Foj/.)ou Fraticelli, et les Picpuces , ainsi appelés du monastère de Picpus, près de Paris, où ils s'établirent. — Les religieuses de l’ordre de Saint-François peuvent se diviser en 3 branches: 1° les Urbanistes , établies en 1260 à Longchamps, près de Paris, par sainte Isabelle, et confirmées par Urbain II; 2° les Capucines; 3° les Clarisses ou déchaussées. La totalité des religieux de Saint-François était au xviii* siècle de 115,000 moines et de 28,000 nonnes, répartis dans 8,000 couvents. Ils ont disparu de France avec tous les ordres religieux en 1792, mais ils subsistent encore ailleurs. Aujourd’hui la majeure partie des Franciscains habite l’Amérique espagnole et les colonies européennes. Ils sont les gardiens du Saint-Sépulcre à Jérusalem.
FRANC-JUGE. Voy. veijme (sainte).
FRANCK , famille d’artistes flamands au xvi* siècle, a produit plusieurs peintres distingués : d’abord les trois frères Jérôme, François et Ambroise , puis Sébastien et François le jeune , tous deux fils de François. Toub ont vécu à Anvers. Ils se sont surtout distingués dans le genre d’histoire : on estime Notre Seigneur au milieu des docteurs , de François ; le Martyre de saitit Crépiti , d’Ambroise ; Y Histoire t fEslher , YEnfant prodigue , le Christ en croix de François le jeune.
FRANCKE (Aug. Hermann), philanthrope et piétiste, né à Lubeck en 1663, était pasteur de Glaueha, près de Halle, dans le duché de Brandebourg, et fonda dans cette ville , tant de ses deniers que des aumônes des particuliers , deux établissements destinés à l’instruction des pauvres enfants, appelés, l’un Maison des Orphelins , l’autre Pœdagogium. Il y joignit dans la suite une espèce d’imprimerie stéréotype afin de pouvoir donner la Bible au peuple à très bon marché; dans l’intervalle de 1715 à 1795 on y tira 1,670,333 exemplaires de l’Ancien Testament. Il termina en 1727 une vie qu’il avait consacrée tout entière au bien de ses semblables. Francke a publié en allemand trois ouvrages relatifs à rétablissement dont il était fondateur, et en outre des Sermons et Oraisons funèbres qui ont été imprimées à Halle, 1727, in-fol. — Son fils (Gotthelf-Auguste j dirigea après lui la Maison des Orphelins, et mourut en 1769, professeur do théologie et inspecteur du cercle de la Saale. FRANC-MAÇONNERIE. Voy. francs-maçons.
FRANÇOIS. Ce nom a été porté par un assez
grand nombre de personnages que nous distribuerons en saints , souverains et personnages divers .
Saints.
fhançois d’Âssise (saint) , instituteur de l’ordre des Frères Mineurs, dits Franciscains, né à Assise en Ombrie l’an 1182, était fils d’un riche marchand nommé Bernardon. Il fut d’abord destiné par son père à l’aider dans son commerce, et étudia dans ce but le français qu’il apprit si bien qu’on lui en donna le surnom de Françoix, sous lequel il est connu ; mais à l'âge de 24 ans il renonça à toute occupation mondaine, abandonna tous ses biens, fit vœu de pauvreté et se consacra tout entier à la prédication et à des œuvres pieuses. 11 rassembla bientôt autour de lui h la Portioncule prèsd’Assise de nombreux disciples, forma dès 1208 un ordre qu’il nomma par humilité Frères Mineurs, et leur donna une règle qui fut approuvée en 1215 par le pape. 11 défendait à ses disciples de rien posséder en propre, leur prescrivait de vivre d’aumônes et de se répandre par toute la terre pour convertir les pécheurs et les infidèles. Il alla luimême dans ce but en Syrie et en Égypte (1219). En 1224, s’étant retiré sur une montagne la veille de l’Exaltation de la sainte croix, il eut, après un long jeûne, une vision célèbre : il vit descendre du ciel un séraphin qui paraissait crucifié ; il se sentit au même moment comme percé de trous dans toutes les parties du corps où les clous avaient été enfoncés dans le corps du Christ, et depuis il en conserva les cicatrices. 11 mourut deux ans après, 1226. 11 fut canonisé par Grégoire IX qui fixa sa fête au 4 octobre, jour de sa mort. Ses Œuvres ont été publiées à Anvers, 1623, in-4. Voy. franciscains.
François de paule (saint), né en 1416 à Paille (Calabre) , fondateur de l’ordre des Minimes , fut dès son enfance voué à saint François dont on lui donna le nom; se retira fort jeune dans une solitude au fond de la Calabre, y acquit bientôt un grand renom de sainteté, et fonda un monastère dans lequel il réunit plusieurs disciples sous le nom de Minimes, c.-à-d. les derniers entre tous. Ils faisaient vœu d’humilité, et se livraient surtout à l’exercice de la charité. Saint François avait la réputation de faire des guérisons miraculeuses. Louis XI, dangereusement malade, le fit venir en France, espérant être guéri par ses prières; mais le pieux ermite ne put que lui inspirer le courage et la résignation (l 483). François resta en France et fut protégé par Charles VIII et Louis XII. Il établit quelques maisons de son ordre en France, et mourut dans celle du Plessis-lès-Tours en 1507. Sa fête est marquée au 2 avril.
François Xavier (saint), surnommé l'Apôtre des Indes, né au château de Xavier, au pied des Pyrénées, en 1506, s unit d’une étroite amitié avec S.' Ignace de Loyola, fondateur de l’ordre des Jésuites; entra lui-même dans le nouvel ordre, et fit vœu, en 1534, d’aller travailler à la conversion des infidèles. Il partit en 1541 pour les Indes orientales, et y fit, à Goa surtout, plusieurs conversions éclatantes. Il mourut en 1562, au moment où son zèle l’appelait en Chine. L’Église l’honore le 2 décembre.
François de sales (saint), né en 1567 au château de Sales, près d’Annecy en Savoie, d’une famille noble, fut élevé au sacerdoce en 1593 après avoir reçu une brillante éducation. Le diocèse de ; Genève était alors rempli de Calvinistes ; saint François, par ses prédications pleines d’onction et de charité, raffermit la foi des Catholiques et convertit une foule de réformés. Il fut nommé évêque de Genève en 1602, fonda en 1610 l’ordre de la Visitation, et mourut en 1622. Il était venu plusieurs fois en France chargé de différentes mis^: fiions, et il avait su se concilier toute l’affection da Henri IV et de Louis XIII. Il était étroitement lié
avec la pieuse madame de Chantal , h laquelle il confia la direction de l’ordre de la- Visitation, et avec saint Vincent de Paul. Saint François de Sales a laissé plusieurs écrits religieux ; ils ont été réunis en 1822, Paris, 16 vol. in-8 par J. -J. Biaise. Les plus estimés sont Y Introduction à la vie dévote et le Traité sur l’amour de Dieu. On le fête le 29 janvier.
FRANÇOIS DE BORGIA (saint). Voy. DORGIA.
Souverains.
François I, roi de France, né en 1494, mort en 1547, fils de Charles d’Orléans, comte d’Angoulême, et de Louise de Savoie, arr. pet.-fils de Valentine de Milan, succéda en 1515 à Louis XII, mort sans enfants mâles. A peine sur le trône, François I, comme petit-fils de Valentine de Milan, se mit à la tête d’une armée pour faire valoir ses droits sur le Milanais. Les Suisses, qui défendaient l’entrée de ce duché, furent taillés en pièces â Marignan (1515), et la conquête du Milanais suivit immédiatement cette mémorable bataille. En 1520, Charles- Quint, déjà roi d’Espagne, ayant hérité des états de Maximilien et de l’empire auquel avait prétendu François I, celui-ci déclara la guerre à son rival; mais cette fois il n’éprouva que des revers. Après la défaite de Lautrec à la Bicoque (1522) , la retraite de Bonnivet et la perte de Bayard (1524), François I fut lui-même vaincu et fait prisonnier à Pavie (1525). Les Français avaient fait dans ce combat des prodiges de valeur ; le roi écrivit à sa mère : Tout est perdu, fors l'honneurl François I, emmené captif en Espagne, ne recouvra sa liberté que par un traité onéreux signé à Madrid en 1526, mais qui ne put être entièrement exécuté ; il recommença presque aussitôt la guerre en Italie, essuya de nouveaux revers, conclut un second traité à Cambrai en 1529; envahit encore l’Italie en 1536, et après des succès variés, consentit à une paix définitive en 1544. Par ce traité de paix, signé à Crespy, le Milanais fut assuré au duc d’Orléans, second fils du roi. François I mourut 3 ans après, au château de Rambouillet. 11 eut pour successeur son fils Henri II. Si ce prince n’était recommandable que par sa gloire militaire, il aurait bien des rivaux dans l’histoire ; mais il a introduit en France les lettres et les arts, s’est montré le protecteur des savants et a mérité par là le titre de Père des Lettres.
II cultivait lui-même la Doésie avec succès. François 1 a terni sa gloire par une vie licencieuse qui
finit par lui devenir funeste. 11 exerça de grandes rigueurs contre les Protestants et les Vaudois. Sa vie a été écrite par Varillas, Paris, 1655, et Gaillard, 1766. Sespocsiesontétéjsubl. par Champollion, 1846.
François il, roi de France, né en 1544, fils aîné do Henri II et de Catherine de Médicis, et petitfils de François I”, épousa en 1558 Marie Stuart, reine d’Ecosse ; devint roi de France en 1559, et mourut l’année suivante, sans laisser de postérité. Les princes lorrains, François, duc de Guise, et son frère Charles, cardinal de Lorraine, exercèrent l’autorité sous son nom, et, par l’abus qu’ils en firent, ils préparèrent les guerres do religion. Le roi de Navarre, Antoine de Bourbon, et le prince de Condé, son frère, tentèrent inutilement de s’opposer à leur pouvoir, et voulurent enlever le roi à Amboise ; mais leur complot échoua.
^A”Ç0JS J» empereur d’Allemagne, né en 1708, était fils de Léopold, duc. de Lorraine. Il hérita du duché de son père en 1729, et l’échangea en 1735 contre celui de Toscane que la mort du dernier des Médicis laissait vacant. Il épousa en 1736 Marie- Thérèse, fille de l’empereur Charles YI. A la mort de ce prince (1740), il disputa la couronne impériale à l’électeur de Bavière que la France soutenait et qui prit le nom de Charles Y1I ; il échoua et ne put se faire reconnaître empereur d’Allemagne
qu’en 1745. Il régna paisiblement pendant 20 ans; la gloire de son règne fut ternie par son excessive avarice. Il eut 16 enfants, entre autres Joseph II, qui lui succéda, et la malheureuse Marie-Antoinette'
FRANÇOIS II, né en 1768, succéda en 1792 à son père Léopold II , comme empereur d’Allemagne roi de Bohême, de Hongrie, etc. Il eut dès le commencement de son règne à soutenir la guerre contre la France, fut battu partout et se vit contraint de signer en 1797 le traité de Campo-Formio qui lui enlevait les Pays-Bas et la Lombardie. Ayant peu après repris les armes contre la France, il ne fut pas plus heureux, se fit battre à Marengo, et perdit par le traité de Lunéville (1801) toutes ses possessions au-delà du Rhin. Dans une troisième campagne entreprise en 1805, il fut battu à Elchingen, illm, Austerlitz, et signa la paix de Presbourg qui diminua encore ses possessions. Il renonça alors au titre d’empereur d’Allemagne, 1806, et prit, en se bornant à ses états héréditaires, le titre d'empereur d’Autriche, sous le nom de François I. 11 tenta une quatrième fois le sort des armes en 1809, fut encore battu à Eckmühl, à Wagram ; se vit contraint de demander la paix (paix de Schœnbrunn) , et , pour la cimenter, donna sa fille Marie-Louise à l’empereur Napoléon (1810). Néanmoins il entra en 1813 dans la coalition formée contre son gendre et contribua puissamment à le détrôner. Les événements de 1814 le remirent en possession de la plus grande partie de ses états, et il régna depuis paisiblement jusqu’à sa mort, arrivée en 1835. Il eut pour successeur son fils Ferdinand.
François l*r, empereur d’Autriche. Voy. ci-dessus françoîs il, empereur d’Allemagne.
François i, roi des Deux-Siciles, né en 1777, était fils de Ferdinand I et de l’archiduchesse Marie- Caroline. Deux fois, pendant qu’il était prince héréditaire, son père lui remit le gouvernement de l’état avec le titre de vicaire-général ( aller ego), savoir: en 1812, lorsque lord Bentinck imposa à la Sicile une constitution anglaise; et en 1820, lors des troubles qui éclatèrent à Naples et à Palerme. Il monta sur le trône en 1825 et mourut le 19 novembre 1830 sans avoir rien fait de remarquable. Il était assez aimé de ses sujets. Il avait eu d’un premier mariage Caroline-Ferdinande - Louise , depuis duchesse de Berri ; et d’un second, Ferdinand II, actuellement régnant à Naples, et Marie-Christine, régente d’Espagne de 1833 à 1840.
François I et il, ducs de Bretagne. Voy. Bretagne.
François, duc de Modène. Voy. este et modène.
Personnages divers.
FRANÇOIS FLAMAND, sculpteur. Voy. DUQUESNOY.
François de neufchateau (Nic.-Louis) , né en 1 750 a Saffais (Meurthe) m. en 1 828, fut élevé dans la v, de Neufchâteau, voisine du lieu de sa naissance, dont il prit le nom. Enfant précoce, il fit dès l’âge de 12 ans des vers qui lui méritèrent les encouragements de Voltaire. Aprèsavoir rempli diverses fonctions dans la magistrature, en France et àSt-Domingue, il siégea comme député à l’Assemblée législative, et devint secrétaire, puis président de cette assemblée. Il fut en 1797 ministre de l’intérieur, entra la même année au Directoire, en sortit en 1798 pour reprendre le portefeuille de l’intérieur, et signala son administration par son zèle pour les lettres et l'industrie, ainsi que par son désintéressement. Créé sénateur sous l’Empire, il ne s’occupa plus guère que d’agriculture. On a de lui des Poésies légères, Paméla, comédie, un Discours sur l’art de lire les vers, les Trope % poème en 4 chants, des Fables et Contes en vers, de bons traités d’éducation et d’agronomie, des ouvr. historiq., etct FRANÇOISE (Ste), dame rom., 1384-1440, fut le modèle des épouses et des mères, et fonda en 1425 les Oblates , dont elle fut supérieure. Ou l’hon. Je 9 mars.
Iran — 654 — fran
Françoise (fcainte), dame de Chantal. Foy. chantal.
Françoise de rimini, fille d’un seigneur de Ra- ▼enne, de la maison des Polenta, vivait vers la fin du xiii* siècle. C’était une femme d’une extrême beauté. Son père la maria à Lanciotlo Malatesta, seigneur de Rimini, homme rempli de valeur, mais difforme, et dont le frère Paolo était, au contraire, un beau chevalier. La belle Françoise délaissa son m&ri pour son beau-frère ; l.anciotto les surprit dans un entretien criminel, et perça les deux amants de son épée. L’aventure de Françoise fait un des plus touchants épisodes de l'Enfer du Dante, au 5e chant. Sil vio Pellico l’a mise sur la scène italienne dans sa tragédie de Francesca da Rimini.
FRANCON. Voy. boniface vii.
FRANCONI (Antoine), né à Venise en 1738, mort h Paris en 1836, commença par être bateleur et physicien ambulant; il établit ensuite à Lyon, puis à Bordeaux , des combats de taureaux ; enfin en 1783 il s’associa à l’écuyer anglais Astley qui avait ouvert un manège théâtral à Paris, et fonda le théâtre auquel il donna le nom de Cirque Olympique, et qui acquit une vogue prodigieuse. — Ses fils et ses petits-fils ont continué d’attirer le publie par le talent de leurs écuyers et la perfection de la mise en scène de leurs pièces féeriques et militaires.
FRANCON1A, commune des États-Unis (New- Hampshire), à 108 kil. N. de Concord; 400 hab. Mines de fer, les plus riches de la république.
FRANCONIE, Franken ou Frankenland, un des lix cerclesde l’ancien empire d’Allemagne, entre ceux le Bavière, Souabe, B. -Rhin, H. -Rhin, Hte-Saxe, Bohême, était un des moindres de l’empire pour l’étendue, mais un des plus florissants. Il contenait: 1° quatre états ecclésiastiques, savoir : l’évêché de Bamberg, l’évêché de Würtibourg, l’évêché d’Eichstædt, la maîtrise de l’Ordre TeutoniqueàMergentheim; 2° sept états princiers: Brandebourg- Bayreuth , Brandebourg-Anspach, Henneberg-Schleusingen, Henneberg-Rœmhild , Henneberg-Schmalkalden, Lœwenstein-VVerthheim, Hohenlohe-Waldenbourg ; 3° douze comtes et petites seigneuries, Hohenlohe-Neuenstein, etc.; 4°cinq villes impériales: Nuremberg, Rothenbourg, Windsheim, Schweinfurt, Weissenbourg. Ch.-l. général, Nuremberg. — Au v* siècici le territoire de la Franconie formait le centre du roy. de Thuringe ; quand ce roy. devint en 527 la proie des Saxons et des Francs, la Franconie échut à ces derniers qui, après l’avoir nommée Thuringe française ou duché de Thuringe , G30-717, l’appelèrent en 717 France orientale par opposition à la France occidentale ou Rhénane; enfin au Xe siècle on la désigna sous le nom de Franconie. Elle formait alors (depuis 902) un duché dont les possesseurs se rendirent de bonne heure indépendants. L’un d'eux, Conrad, fut élu roi de Germanie en 91 1 et laissa le duché de Franconie à son frère Eberhard qui fut tué en 939 à la bataille d’Andernach. Conrad-le-Sage lui succéda dans le duché et périt en 955 en combattant les Huns. En 1024 Conrad II, 6* due de Franconie, surnommé le Salique, fut élu empereur d’Allemagne et devint ainsi chef de la maison impériale de Franconie qui, après lui, donna encore trois souverains à l’empire : Henri 111 (1039), Henri IV fl 056), Henri V (1106-1125). Quant au duché de Franconie, Conrad II l’avait cédé à son cousin Conrad-le-Jeune ; mais ce prince, s’étant révolté contre lui , fut dépouillé de ses états , et le duché revint entre les mains des empereurs. Henri V en mourant le légua à Conrad de Hohen- «taufen qui devint empereur en 1138. Celui-ci le laissa après sa mort à son fil» Frédéric de Rothenbourg, d’où il passa d’abord à Conrad, fils de l’empereur Frédéric Barberousse; puis à Philippe, qui fut empereur en 11 98. Ce dernier, parses libéralités, mit fin à l’existence du duché de Francotda dont les
fiefs devinrent états souverains et qui ne subsista plus dès lors que nominalement ; les débris en fu~ rent conférés aux burgraves de Nuremberg , mai le titre resta aux évêques de Wurtzbourg. En 1387 l’empereur Wenceslas donna le nom de Thuringe et Franconie à l’un de3 4 cercles dans lesquels il divisa l’Allemagne, eteri 1512, Maximilien en forma ifti des dix cercles définitifs de l'Empire. Pendant la guerre de Trente-Ans, on essaya un instant de reconstituer le duché de Franconie en faveur du duc Bernard de Weimar. En 181 4 la plus grande partie de la Franconie échut à la Bavière et forma les cercles du Haut et du Bas-Rhin et de Rézat ; le reste fut partagé entre le Wurtemberg, le grandduché de Bade, la Hesse Electorale et la liesse- Darmstadt, la Prusse et les duchés de Saxe, qui le possèdent encore.
franconie (monts de), Frankenwald , chaîne de mont, en Bavière (Haut-Mein), à l’O. du Fichtelberg: sommet principal, le Sieglitzberg, 760 mètres.
FRANCONV1LLE-LA-GARENNE, villagedudép.
de Seine-et-Oise, dans la vallée de Montmorency, à 6 kil. O. de Montmorency; 1,200 hab. Beau château.
FRANCS, Franci, eu ail. . Franksn, c.-à-d. libres, confédération des Germains du N. O., comprenait, outre les Francs proprement dits, les nations appelées Chamaves, Caftes, Chauces, Bructères, Tenctères, Angrivares, Sicambres, Dulgibins, etc. Les France proprement dits se divisaient eux-mêmes en plusieurs tribus dont les principales étaient les Francs Saliens , habitant sur les bords de la Sala (Yssel) , et qui s’établirent ensuite dans l’O. et le centre des Gaule»; et les Francs Ripuaires, qui occu paient surtout les bords du Wéser et du Rhin, dans la Germanique lre et la Belgique lr® ; ceux-ci avaient Cologne pour ville principale. La confédération des Francs apparaît vers l'an 240 de J.-C. ; elle devint bientôt célèbre par sa bravoure, et fit diverses invasions en Gaule, surtout sous Gallien ; elle fut battue par Aurélien, Probus, Constance Chlore, Constantin (qui fit périr par milliers les prisonniers francs dans le cirque de Trêves); mais elle revint dans les Gaules sous Constance II, et, bien que vaincue par Julien et Valentinien I, resta toujours menaçante. Déjà les Francs, comme les autres barbares, étaient en possession de fournir des recrues aux armées romaines; divers Franc» (Baudo, Sylvain, Arbogast, Merobaudes) furent tout-puissants près des empereurs et disposèrent de la pourpre à leur gré. Vaincus encore en 387 et 395, et tenus en respect par Stilicon, ils restèrent fidèles aux Romains en 406 et voulurent barrer le passage à la grande invasion qui marchait sur le Rhône, tandis que Radagaise entrait en Italie : ils n’y purent réussir. En 429 au plus tard, sou» Clodion, ils entrèrent en Gaule, s’établirent vers Tongres ou Tournai, ravagèrent Trêves avec fureur, et parcoururent le pays jusqu’à la Loire, souvent alliés aux Romains contre les Armoricains, les Saxons, les Wisigoth». Enfin, sous Clovis ils devinrent le peuple dominant de la Gaule, et formèrent plusieurs petits royaumes dans eepaysqui prit a*ors le nom ds France [Voy. France). Les Francs étaient séparés en tribus nombreuses, qui semblent chacune avoir eu un roi : en outre, des chefs militaires (heerzog) avaient autour d’eux des bandes d'antrauestc (antrustions) ou fidèles qui, se groupant volontairement à leur suite, avaient pour vivre sa table ou le pillage. Il faut donc distinguer chez les Francs la nation et la bande. C’est avec une bande de 5,000 hommes que Clovis eut ses premiers succès, après lesquels il réunit à lui la nation et se défit des autres rois. La couronne chez les Francs, bien qu’étant exclusivement le partage d’une seuie famille, était néanmoins élective entre les membres de cette famille. Une assemblée générale, dite mall, décidait des grandes affaires. Un grand-juge, dit
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