GENE
alpine vers 222 ; Magon, frère d AnnibaJ, la détruisit pendant la 2e guerre punique (205); les Romains la relevèrent trois ans après. Elle devint sous les empereurs une ville municipale. Après la chute de l’empire elle appartint successivement aux Hérules, aux Ostrogoths, aux exarques grecs, aux Lombards, à Charlemagne; elle se rendit indépendante sous les successeurs de ce prince (au commencement du X' siècle), et se donna des consuls. Au xi* siècle elle était déjà importante par le commerce et la navigation ; elle s’enrichit pendant les croisades en transportant les Croisés en Asie, et bientôt marcha de pair avec Pise et Venise. Elle étendit son territoire à droite et à gauche sur le golfe qui prit son nom, et conquit autour d’elle les côtes S. E. et S. 0. du golfe, qui prirent le nom de Rive ou Rivière du Levant et Rivière du Ponent. Elle eut aux xne et xm* siècles à soutenir contre Pise une guerre acharnée dans laquelle elle finit par triompher ; elle enleva à sa rivale Sassari, l’île de Corse, et détruisit le port de Pise, 1290. Les Génois ayant puissamment contribué à rétablir sur le trône de Constantinople les empereurs grecs, obtinrent des Paléologues, en récompense, d’immenses avantages. Ceux-ci leur cédèrent Les faubourgs de Péra et de Galata ( à Constantinople), la ville de Caffa en Crimée, où ils conduisirent une colonie, Smyrne, Seio, Mételin, Ténédos, etc., 1261- 1295. Depuis cette époque Cônes entra en lutte avec Venise pour la suprématie en Orient: elle mit cette république à deux doigts de sa perte dans les guerres dites de Caffa ( 1350-55) et de Chiozza (1376-81); mais enfin elle se vit conirainte de céder le pas à sa rivale.Gênes était depuis longtemps déchirée par des dissensions intérieures, surtout par les querelles des Guelfes et des Gibelins, et affaiblie par de fréquentes révolutions. En effet , les Génois , changeant sans eesse de gouvernement, obéirent successivement à des comtes (jusqu’en 1190), puis à des podestats étrangers , à des dictateurs sous le titre de capilani (1257), à des protecteurs (1270), qui gouvernaient concurremment avec des abbés du peuple, espèces de tribuns; enfin ils se donnèrent des doges (ou ducs), en 1339; le premier doge fut Simon Boccanegra ; les maisons ducales les plus connues Bcnt les familles nobles des Doria, des Spinola, des Fîeschi, des Grimaldi ; puis les familles plébéiennes de3 Adorni, des Fregosi. Deux fois (13 il et 1458 ) les Génois , incapables de se gouverner par euxmèmes , se mirent entre les mains de la t rance 5 puis ils se donnèrent aux marquis de Montferrat, aux ducs de Milan. Us avaient déjà perdu au milieu de ces révolutions la plus grande partie de leurs possessions italiennes ; l’invasion des Turcs leur enleva également leurs établissements sur la mer Noire et dans l’Archipel (1475). André Doria avait de nouveau soumis Gènes à la France ; mais mécontent du roi, il s allia avec Charles-Quint , délivra Gênes du joug des Français, et lui donna une nouvelle constitution (1528); les doges furent rétablis, mais ils ne furent plus à vie; ils étaient élus pour deux ans, et on leur adjoignait deux consuls et un censeur (ce fut André Doria qui fut le pr emier censeur). Fiesque conspira, mais sans succès, contre ce nouveau gouvernement (1547). Genes resta depuis étroitement liée à l’Espagne, et prit parti pour elle contre la France. En 1684, Louis XIV fit bombarder G. qui avait insulté son ambass.; le doge meme flut venir lui faire réparation En 1746, les Autrichiens occuu G.: ils en furent chassés 3 mois apres. En 1768, lesGénoiscéilfer. à h Francia Cor^e dont Usnepoovalent plus comprimer les révoltes. En 1796 , Gènes fut occupée par les Français, et son territoire forma l’année suivante la République ligurienne. En 1800, les Franças, commandés par Massé.na soutinrent dans Gênes un siège célèbre contre les Anglais et le* Autrichiens ; ils furent forcés de
rendre la ville, mais ils y rentrèrent peu après. En 1805, l’état de Gênes fut incorporé à l’empire français, et forma les départements de Gênes, des Apennins et de Montenotte. En 1814. Gênes fut donnée au roi de Sardaigne. Insurgée en 1849.
gênes (état de). L’ancienne république comprenait une étroite lisière de terrain (dite Rivière) entre les Apennins et la mer, et se divisait : 1» en Rivière du Levant (où se trouvaient les villes de Gênes, Rapallo, Lavagna , Sestri di Levante , Spezio , Luni , Sarzane);2° en Rivière du Ponent (villes: Novi, Gavi , la Bocchetta , Savone , Albenga , Vintimille, San-Remo) ; 3° en marquisat de Final. On peut y ajouter la Corse, qu’elle perdit en 1768.
gênes (département de), un des départements de l’empire français, entre la mer, le Pô, le dép. du Taro et ceux de la Stura et de Montenotte , avait pour ch.-l. Gênes.
gênes (intendance générale ou duché de), une des huit intendances-générales actuelles des États sardes, s’étend depuis Nice à l’O. jusqu’au duché de Parme au S. E. , et se subdivise en 7 intendances ou petites provinces : Gênes, Savone, Albenga, Novi, Chiavari, Bobbio, Spezia.
gênes (golfe de), Liyusticus sinus on mare Liguslicum, golfe situé entre la France et l'Italie septenir.
GËNÉSARETH (lac de). Voy. tibéiuade (mer de).
GENÈSE, premier livre du Pentateuque de Moïse et de toute la Bible ( du mot grec génêsis , génération) , comprend le récit de la création et l'histoire des premiers hommes jusqu’à la mort de Joseph et la naissance de Moïse.
GENESIUS (Joseph), historien du Bas-Empire, au x* siècle , est auteur d’une Histoire de l'empire grec (de l’année 813 à 886 ), imprimée à Venise, 1733, in-fol. grec-latin.
GENESTELLE , bourg du dép. de l’Ardèche, à 10 kil. d’Aubenas; 2,100 hab.
GENÈVE, Geneva en latin, G en f en allemand, ville de Suisse, chef-1. du canton de Genève, à l’extrémité du lac Léman cru de Genève, par 46° 12' lat. N., et 3° 48’ long. E., à 492 kil. S. E. de Paris, près du confluent du Rhône et de l’Arve. Environ 32,000 hab. Belle cathédrale de Saint-LMerre, hôtel-de-ville, collège, observatoire, hôpital, quatre ponts. Sociétés savantes, académie ou université , bibliothèques , collections diverses , etc. Genève est une des villes les plus éclairées qui existent. Elle est aussi très-industrieuse ; son horlogerie , sa bijouteriesont renommées ; ellefabriquedes in^tr. do matl)ém.etdechirurg.,des étoffesde laine, de soie, etc. — D’abord aux Allobroges; elle fut comprise dans la Province romaine, et devint au v* siècle une des villes principales des Burgundes. Elle suivit le sort de la Bourgogne jusqu’en 1032, fut plus tard le théâtre de rixes fréquentes entre ses évêques et les comtes genévois. Ceux-ci, s’étant éteints en 1410, furent remplacés par les ducs de Savoie. Genève secoua le joug de ces ducs en 1521 . fit alliance en 1526 avec Berne et Fribourg , embrassa la réforme en 1533, devint la résidence de Calvin, et fut dès lors considérée comme étant la Rome du calvinisme. l,e duc de Savoie tenta en vain de la surprendre en 1602, 11 fut forcé de signer l’année suivante un acte qui reconnaissait l'indépendance de Genève, sous la garantie de la France, de Berne et de Zurich. Genève, avant 1801, était non pas un canton suisse, mais une république alliée des cantons. Cette république eut d’abord un gouvernement démocratique ; il devint aristocratique en 1782. Genève fut prise par les Français en 1798, et devint le ch.-l. du dép. du Léman ; elle fut agrégée à la Suisse en 18 1 5. Ensanglaurtée par la guerre eiv. en 1846.— G a produit une foule d’hommes ill.r Lefort. Casaubon, Leclerc, J. -J. Rousseau, Bonnet, Huber, Deluc, Saussure , Lesage, Pictet, Candolle, Sismondi, Necker,