‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 451 sur 1261 · GRAY — ?3(J — GRAZ · texte numérisé non relu

GRAY — ?3(J — GRAZ

qui le fit remarquer; coopéra pendant plusieurs iCharlp* III rpi<nt

années à un journal scientifique estimé, le Journal [ division de la 'flotte rte rtn^TnAn„de ment ? Uü0

littéraire, publié à la Haye, fit en 17 la un voyage en Angleterre pendant lequel il se lia avec les savants de ce pays, et devint en 1717 professeur à l’université de Leyde où il enseigna successivement les mathématiques, l’astronomie et la philosophie. Il fut un des premiers à adopter et à propager sur le continent les théories de Newton, et il contribua puissamment par ses travaux anx progrès de la physique et des mathématiques. Ses ouvrages les plus remarquables sont : Physices elementa mathcmatica, experimentis confirmata, etc., La Haye, 1720, 1742, 2 vol. in-4, trad. en français par Joncourt, Leyde, 1746; Philosophiæ Newtonianæ instituta in usus academi cos, abrégé d u précédé n t, L eyde,17 23 et 1 7 44 ïntroductio ad philosopha arn , metaphysicam et logicam continens, Leyde, 1736, 1737 et 1756, trad. en français (par Joncourt), ’Leyde, 1737; ouvrage devenu classique. En métaphysique, S. Gravesande est disciple de Locke : il fait comme lui consister la liberté dans le pouvoir de faire ce qu’on veut, plut tôt que dans celui de choisir.

GRAVESEND, fille d’Angleterre (Kent), à 30 kil. S. E. de Londres, sur une éminence qui domine la Tamise ; 6,000 hab. Port très fréquenté , douane très active. Construction de vaisseaux de ligne, frégates, etc. C’est là qMe presque tous les vaisseaux de la Compagnie des Indes et autres font leurs approvisionnements. Bains de mer. But de promenade en bateau à vapeur pour les habitants de Londres.

GRAV1NA , ville du roy. de Naples (Terre de Bari), à 13 kil. S. O. d Altamura; 8,700 hab. Patrie de l’historien Dominique de Gravina.

GRAVINA (Dominique de), historien du xiv* siècle, né à Gravina (Naples), a écrit en latin le Journal des événements qui se sont passés dans la Fouille de 1332 à 1350; ce Journal est inséré dans les Scripiores rerum ilalicarum, tome 12.

gravina (Pierre), poète latin, né à Palerme vers 1453, mort en 1527, embrassa l’état ecclésiastique; se fixa à Naples, où il eut pour protecteurs le célèbre Gonsalve de Cordoue et Prosper Colonne ; se lia d’amitié avec Jov. Pontanus, Sannazar et autres personnes de mérite. Ses poésies, qui se composent principalement d’épigrammes, ont été recueillies en partie par Scipion Capèce, et imprimées à Naples, 1532, in-4, avec la Vie de l’auteur par Paul Jove. On regrette la perte de plusieurs ouvrages de ce poète, entre autres un poëme intitulé De Gonzalvi Cordubœ rebus gestis.

gravina (J.-Vincent), célèbre jurisconsulte et littérateur napolitain, né à Roggiano, près de Cosenza, en 1664, mort à Rome en 1718, s’adonna d’abord aux lettres et fonda avec quelques amis en 1696 la célèbre Académie des Areadiens ( Arcadi ), à Rome. Il se livra ensuite à la jurisprudence, obtint en 1699 une chaire de droit civil au collège de la Sapience à Rome, puis enseigna le droit canonique (1703). Il réforma l’enseignement du droit en remontant aux meilleures sources. II ne négligea jamais les lettres; il forma Métastase, et se plut à faire la fortune de ce grand poëte. Ses ouvrages ont été réunis à Leipsick, 1737, in-4, et Naples, 1756, 2 vol. in-4; les plus remarquables sont : De Ortu et progressu juris avilis, en trois parties, Naples, *701- 1713 (Requier en a donné un extrait estimé sous le titre d Esprit des Lois romaines ); De Instauratione iludiorum , dédié à Clément XI; Delle Favole antic he , trad. en français par J. Régnault; Délia Ragione poetica , Rome, 1708; Délia Tragedia , Rome, 1715. Gravina avait lui-même composé plusieurs tragédies.

gravina (Charles, duc de), amiral espagnol, né a Naples en 1747, passa en Espagne avec le roi

division de la flotte de l’amiral Dangara eut une part honorable à la défense de Roses en Catalogne assiégée par l’armée française, et mérita le grade de contre-amiral. La paix ayant été faite avec la France, il commanda la fiotte* espagnole réunie à la flotte française sous les ordres de l’amiral Villeneuve, devant Cadix, 1805 ; fut blessé à Trafalgar, et mourut peu après en 1806.

GRAVI US, orientaliste. Voy. GREATES.

GRAY, Gmdicum ,Graiurnf ch.-l. d’arrond. (flte- Saône), sur la Saône, à 45 k. S. O. de Vesout; 6,535 h. 'lrib. de commerce, collège. Port fréquenté, beau pont, vieux château, casernes, moulin magnifique. Grands chantiers de construction. Grand commerce en grains, un vins; entrepôt des denrées expédiées du midi do la F rance et des colonies pour l'Ailemagne; produits des houillères et verreries es dép. de la Loire et du Rhône; merrains et bois de. marine destinés pour Toulon. — L’origine de cette ville ne remonte pas au-delà du xi« siècle. Louis XIV ta prit en 1668 et en démolit les fortifications. — L’arr. de Gray compte 8 eant. (Autrey, Champlitte-le- Château, Dampierre, Frt ne-St-Mamès, Marnay, Gy, Pesmr plus Gray) . 1 SK communes et 89.899 hab.

GRAY (Thomas), poëte anglais, né à Londres en 1716, mort en 1771, fut élevé à Eton, où il se lia avec Horace Walpole; étudia le droit à Cambridge, et obtint dans cette université une chaire d’histoire qu’il ne remplit jamais. 11 était d’un caractère mélancolique. Gray a laissé des odes , des élégies et quelques poésies latines, entre autres un poëme : De principiis cogitandi. Ses poésies forment un très petit volume, mais l’élégance et la sublimité de quelques-unes ont suffi pour le placer parmi les premiers poètes anglais. On estime surtout son Elégie écrite dans un cimetière de campagne, traduite par Chénier, imitée par Fontanes dans le Jour des Morts ; ses Odes sur le Printemps, sur le colléi/e d'Eton; V Hymne à i Adversité. La meilleure édition des œuvres de Gray est celle de J. Mitford, Londres, 1816, 2 vol. in-4. Elle contient, outre les poésies, de?, lettres de l’auteur et une notice sur sa vie. Ses poésies ont été traduites par Lemierre neveu, Paris, 1798. II a laissé des Mémoires et des Lettres.

Gray (Jeanne). Voy. grey.

GRAZALEMA , Lacidulemium , ville d’Espagn» (Grenade), à 85 kil. N. E. de Cadix; 11,200 hab. Gros draps; creusets. Antiquités romaines.

GRAZIâNI (Ant.-Marie), écrivain du xvi« siècle, né en 1537 à Borgo-San-Sepolcro en Toscane, mort en 1611, fut le secrétaire et le coopérateur du cardinal Commendon , qu’il accompagna dans ses diverses missions ; puis devint secrétaire de Sixte- Quint, fut fait en 1592 évêque d’Amelia par Clément VIII, et envoyé en 1594 comme légat près de la république de Venise. On a de lui divers écrits historiques, en latin, estimés pour l’exactitude des faits et l’élégance du style : De bello Cyprio, Rome, 1616 (trad. en français par Lepelletier, 1685); De casibus virorum illustrium , publié par Fléchier, Paris, 1680, et trad. par Lepelletier; et une Vie de Commendon, publiée et traduite du latin par Fléchier, Paris, 1669. — Un autre Graziani, Jean, né à Rergame en 1670, mort en 1730. a aussi écrit sur l’histoire. On lui doit, entre autres ouvrages, une Histoire de Venise, rédigée en latin, et publiée à Padoue, 1728, 2 vol. in-4.

graziani (Jérôme), poëte italien, né en 1604 à Pergola, mort en 1676, eut pour protecteur François I, duc de Modène, qui le prit pour secrétaire (1667) et lui donna le comté de Varzano. On a de lui : Cleopatra, poëme en 6 chants, qu’il composa à vingtdeux ans (1626); la Conquis ta di Granata , Modène, 1650, qui le plaça au nombre des meilleurs poètes épiques de l’Italie; une tragédie de Cromwell 167 1»

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la meilleure pièce de ce genre qu’ait eue l’Italie,

jusqu’à la Mèrope de Maffei.

GRAZZINI (Antoine-François), poëte italien, surnommé il Lasco ou le Dard (espèce de POisson) né en 1503 à Florence, mort en 1583, fonda en 1540 l’Académie des Vmidi; néanmoins il fut exclu lui-m me de cette compagnie à la suite de querelles litté- Sires Pour s’en venger, il fonda avec plusieurs autre» savants en 1582 une nouvelle Académie qu il nomma délia Crusca (c.-à-d. du son, parce qu elle avait pour but, disait-il, de trier les expressmns de la langue comme le bluteau sépare le son de la farine). Cette nouvelle société devint bien plus importante que la première. Grazzini a composé six Comédies Venise, 1582, in-8 ; des Stances et Poésies diverses, Florence, 2 vol. in-8; la Guerra de Mostn poëme bouffon, ibul. , 1584,in-4: un recueil .de Nouvelles. Florence, 1559, et Paris, 177d, qui estai Index .

GREAL. On appelle dans la légende le Saint- Gréai un vase mystique que l’on prétend être ce lui même dans lequel était contenu le vin que but le Sauveur à la dernière cène, lorsqu en le portant à ses lèvres, il dit ces mots : Ceci est mon sang gui sera répandu pour vous. Ce vase aurait été conservé par Joseph d’Arimathie et transporté par lui dans la Bretagne (Angleterre) ; il conférait à celui qui le possédait toutes sortes de privilèges merveilleux. Le Saint-Gréal joue un grand rôle dam les romans des chevaliers de la Table-Ronde ; ces chevaliers firent plusieurs expéditions à la recherche de la préc. relique. — Qq.-uns fontiœiurîeîïomde St-Gréal des mots sany real (pour royal ou rèel)

GREATHEAD(Rob-). Voy. kodeut grosse-tête.

GREATRAKES' (Valentin), célèbre guérisseur irlandais, né près de Waterford en 1G28, servit pendant quelque temps dans l’armée avec distinction , puis fut juge de paix dans son lieu natal. Ayant contracté de bonne heure l’habitude de la contemplation, il se crut inspiré et doué du don de guérir le» écrouelles. 11 commença en 1662 à faire des eures, et obtint bientôt une telle réputation que le roi d’Angleterre lui-même l’appela à sa cour. 11 vint à Londres en 1666; mais importuné de sa propre célébrité, il retourna en Irlande dès l'année suivante. 11 mourut vers 1680. Il a laissé luimême un Exposé de sa vie et de ses cures , Londres, 1666. 11 guérissait par l’attouchement et les frictions, comme les magnétiseurs. Saint-Evremont a surnommé Greatrakes le Prophète irlandais.

GREAT-RIVER. Voy. grande-rivière.

GREAVES (Jean), en latin Gravius , orientaliste anglais, né en 1602 à Colmore dans le Hampshire, professa pendant plusieurs années la géométrie et l’astronomie au collège de Gresham à Londres, puis à l’université d’Oxford ; alla visiter l’Egypte , rassembla une collection précieuse de manuscrits, de pierre» gravées , de médailles et d’autres antiquités, et mourut â Londres en 1652. Il avait été en 1648 chassé d’Oxford et dépouillé de tous ses emplois, comme royaliste. On a de lui des traités sur divers sujets, des poëmes, des observations faites en Égypte, en Turquie, etc. Ses Œuvres mêlées ont été publiées en 1737 , 2 vol. in-8.

GRÈCE, Grœcia , contrée célèbre, située au S. E de l’Europe. Nous donnerons: 1° la géographie de a Grèce ancienne, 2° la géographie de la Grèce moderne, 3° une notice historique sur la Grèce.

I. Grèce ancienne. L’étendue et les limites de ce pays n’ont jamais été déterminées par les anciens d’une manière précise. On la divisait communément en trois grandes régions : le Péloponèse au S. , l’Hellade ( ou Grèce proprement dite ) au centre, la Thessalie et F Epire au N. On étendait encore le nom de Grèce à Tlllyr.e méridionale, à la Macédoine, à la Thrace, aux îles Ioniennes. — La Grèce était partagée en un nombre infini de petits états indépendants ,

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! les uns fédératifs, les autres isolés, dont le nombre comme l’importance varièrent sans cesse aux différentes époques. Les principaux au temps de la mort de Pélops étaient : 1° en Epire, la Chaonie, la Thesprotie, la Cassiopie , l’Ambracie, la Lélégie ( nommée ensuite roy. de Téléboas ou Arcadie maritime, et plus tard Acarnanie] ; 2° dans THémome depuis nommée Thessalie), la Pélasgiotide, 1 Achaïe, a Phthiotide . le pays des Lapithes , la Dryo-

pie , l’état d’ Argos-P élasgi qu e , la Magnésie , 1 état dlolcos, l’état d’Arné; 3° dans 1 Emathie (depuis Macédoine) , les Macédones ; 4° dans la > brtc® centrale, l’état des Hyantes (bientôt nommé Etoile), la Doride, la Lélégie orientale, le roy. de Deucalion (à Lycorée), l’état des Hectènes (remplacés depuis par des Hyantes, Lélèges, Aones), le roy. de Thèbes, le roy. d’Orchomène ou des Minyens, le roy. de Coronée, le roy. de Tanagre, l'état d’Ionie (anciennement Ogygie, et plus tard Attique) , Eleusis, le roy. de Mégare ; 5° dans l’Apie (depuis appelée Péloponèse), l’Egialée ou Ionie méridionale (depuis nommée Achaïe), les petits royaumes d Argos et Mycènes, de Tirynthe, d’Hermione , de Trézène, de Sparte), la Pélasgie (ou Arcadie) , l’Epée (ou Élide), la Messénie. — A l’époque de la guerre de Troie, on distinguait : 1° en Epire, les mêmes états que ci-dessus; 2° en Hémonie, les roy. de Gounée, de Polypète et Léontée, de Podalire et Machaon, d'Achille, de Prothoos ou des Magnètes, d’Admète , de Protésilas, d’Eurypyle, de Philoctète ; 3° dans la Grèce centrale, l’Etolie, les Locrides opontienne et épicnémidienne , la Phocide, le roy. de Thèbes, celui d’Orch0ïT-ène des Minyens, l’ Attique ; 4° dans le Péloponèse, les 6 roy. de Mycènes, d’ Argos et Tirynthe , de Lacédémone, d’Arcadie, d’Epée, des Pyliens; 5° dans les îles, le roy. des Phéaciens ou de Corcyre.le roy. d'Ulysse à Ithaque, les 3 roy. d’Ëubée, de Salamine et de Crète, auxquels il faut joindre

ceux de Rhodes et Symé , de Gos, etc - Pendant

la guerre du Péloponèse on remarque surtout : 1° l’Epire proprement dite, l’Ambraeie, l’Atham^nie ; 2° les grandes cités thessaliennes de Tricca, de Larisse , de Phères , l’état des Magnètes , celui de» Maliens, celui des Enianes ; 3° F Acarnanie , l’Amphilochie, Leucade, l’Etolie, la Phocide, Delphes, Naupacte , le3 3 Locrides , la Doride , Thèbes, Platée, la république d’Athènes avec ses riches possessions, la Mégaride; 4° l’ Achaïe , la Corinthie, la Sicyonie , la Phliasie , l’Argolide , l’Hermionie , la Trézénie, l’Épidaurie, la ville de Cléones, l’Ëlide (avec la Triphylie), Pylos, l’état de Sparte avec la Laconie et la Messénie, les 18 ou 20 eités areadiennea dont Mantinée, Tégée, Orchomène d’Arcadie étaient les principales ; 5° le roy. de Macédoine ; 6° les cités de la Crète, File d’Egine et quelques autres qui jouissaient parfois de l’indépendance. — Les trois siècles suivants ne modifièrent que peu ces divisions, bien que la suprématie changeât souvent de main. A la Grèce ancienne se rattachaient encore î 1° l’Hlyrie méridionale, dite Illyrie grecque (Epidamnie, Atintanie, Parthinie) ; 2° les colonies grecques de l’Europe orientale , notamment Olynlhe, Héraclée, Selymbrie , Byzance, Odesse , Olbia; 3° l’Ionie, l’Eulide, la Doride sur les côtes de l’Asie-Mineure la Crète, le roy. de Salamine dans î'île de Cypre ; 4° la Grande-Grèce et la Sicile ; 5° enfin toutes les colonies et les divers établissements jetés par les Grecs sur les rivages étrangers. — Lorsque la Grèce devint province romaine (146 av. J.-G.) , elle forma dès lors un proconsulat connu sous le nom de Proconsulat d' Achaïe; il comprenait la Grèce centrale et le Péloponèse. Sous Auguste, la Grèce fut mise au rang des provinces sénatoriales. Après la division de l’empire sous Constantin , elle fut comprise dans l’empire d’Orient et dans la préfecture dTilyrie, mais toujours avec le titre d'Aehaïe. A partir de la se-

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conde moitié du vu* siècle la Grèce forma avec la Macédoine 4 thèmes, dits de la Macédoine, de Nicopolis, de l’Hellade et du Péloponèse. Après la prise de Constantinople par les Croisés , la Grèce fut démembrée en un nombre inüni de petites principautés et seigneuries qui appartinrent à divers chefs croisés ou aux républiques de Gènes et de Venise, et parmi lesquelles on remarque les principautés d’Achaïe et de Morée, celle de Nauplie, les duchés d’Athènes et de Thèbes, la despotie d’E-

Î)ire, etc. Lors de la prise de Constantinople par es Turcs (1463), l’empire ottoman possédait déjà la plus grande partie des provinces grecques : la Macédoine et la Thrace, la Thessalie, l’Etolie et l’Acarnanie. Trois principautés indépendantes subsistaient encore : le duché d’Athènes , la despotie de Morée et le comté de Céphalonie; elles ne tardèrent point à tomber aussi au pouvoir des Turcs, et la Grèce forma dès lors les 4 paehaliks de Saloniki, de Janina, de Livadie et de Morée ou de Tripolizza ( Voy . ces noms). Cet état de choses subsista sans grands changements jusqu'à l’insurrection de 1821, qui fit de la Grèce un état indépendant.

Grèce moderne, royaume indépendant de l’Europe, au S. E., comprenant la Grèce propre ou Hellade, la presqu’île de Morée ou Péloponèse et les îles voisines. Il s’étend de l’O. à l’E. depuis le golfe de l’Arta jusqu’au golfe de Volo, de 18° 20’ à 23° 20’ long. E., et du S. au N. depuis 36° 20’ jusqu’à 40° lat. N.; il a pour bornes au N. la partie continentale de la Turquie d’Europe; au N. E. et à l’E. l’Archipel; au S. la Méditerranée, et à 10. la mer Ionienne. La Grèce continentale peut avoir 520k. delongsur 200de large; 934,573 hab. en 1843. Capitale : Athènes depuis 1834 (c était auparavant Nauplie). Immédiatement avant son indépendance, le territoire de la Grèce formait le pachalik de Morée, le sandjakal de Livadie, la plus grande partie de ceux de Carélie et de Lépante, et une partie de l’eyalet des îles (Négrepont , les Cyclades et une partie des Sporades). En 1833 la Grèce libre fut divisée en 10 nomes (Argolide, Achaïe et Elide, Messénie, Arcadie , Laconie , Acarnanie et Etolie, Locride et Phocide, Attiqne et Béotie, Eubée, Cyclades) ; ces nomes étaient subdivisés en 64 èparchies. Au mois de juin 1836 cette première division fut remplacée par 30 gouvernements qui euxmêmes ont été réduits à 24 au mois de juillet 1838. En voici les noms avec les chefs-lieux.

Morée

Helladc.

Argolide,

Nauplie.

Hydra,

Hydra.

Corinthe,

Sicyone.

Achaïe,

Patras.

Kynœthe,

Calavitra.

Elide,

Pyrgos.

Triphylie,

Kyparissia.

Messénie,

Calamata.

Mantinée,

Tripolizza.

Gortynia,

Caritena.

Lacédémone,

Sparte.

Laconie ou Maïna

Ariopolis.

Etolie,

Missolonghi.

Acarnanie,

Amphilochion.

Eurytania,

O'ichalia.

Phocide,

Amphissa.

Phthiotide,

Lamia.

Altique,

Athènes.

Béotie,

Libadia.

Eubée,

Chalcis.

Tinos et Àndros,

Tinos.

Syra,

Hermoupolis.

Naxos et Paroâ,

Naxos.

Thera,

Thera.

Les lies. ■’

En 1845 on est revenu à la division en 10 nomes. La Grèce offre plus, chaînes de montag. très-élevées

et qui sont entrecoupées de vallées fertiles , plusieurs de ces montagnes sont surtout célèbres par le •• souvenirs qu’elles rappellent et par le rôle qu’elleont joué, soit dans la mythologie, soit dans l’histoire ; telles sont : l’Agrapha-Geb (le Pinde ancien), les monts Aninos (l’OEta), Liakoura (le Parnasse), Zagara (l’ilélicon), Llatia (le Cithérou), Malava (le Taygète), Trelo (l’Hymctte), etc. — 11 en est de même des rivières , qui toutes sont fort peu importantes par leur étendue , mais dont le plus grand nombre sont célèbres , telles que l’Aspropotamo (l’ancien Achélotis), le Roufea (l'Alphée), le Gastunialf (le Pénée), l'iri ou Yasili-potamo (T Eurotas) , la Spirnalza (le Painisus ), le Mavro-potamo (le Céphise) , etc. Les principaux lacs sont ceux d’Argyro Castro et de Topoglia (l'ancien Copaïs). — Le climat de la Grèce est délicieux, surtout dans l’Attique; le sol , bien que montagneux , est fertile ; mais depuis la guerre de l’indépendance la culture est négligée partout , et la surface de la Grèce entière a été ravagée par le fer et par la flamme. Les montagnes sont couvertes de forêts d’oliviers et de lauriers; elles recèlent beaucoup de mines, surtout de plomb et d'étain , ainsi que de magnifiques carrières de marbre blanc , notamment à Paros et dans l’Attique. Les principales exportations consistent en huile, fruits , excellents vins, raisins de Corinthe, cuirs, laines, bétail. L’industrie est encore sans importance ; on ne trouve en Grèce que quelques manufactures de fil de coton teint en rouge , de peaux de chèvres maroquinées, de tapis, de vestes do soie et de grosses étoffes de laine. — La religion des Grecs est le christianisme, mais ils ne reconnaissent pas le pape et forment, depuis le xie siècle, une église a part, dite Eglise grecque ( Voy. ci-après) , dont une partiea pourchef un patriarche résidant à Constantinople. — Les Grecs parlent une langue dérivée de l’ancien grec classique, et connue sous le nom de grec moderne ou romaïque. — Le gouvernement de la Grèce est une monarchie constitutionnelle et héréditaire.

Histoire. Les Grecs se disaient uutochthones, c’està-dire, nés sur le sol même. Les habitants primitifs de la Grèce furent les Pélasges, qui se subdivisaient eux-mêmes en de nombreuses tribus parmi lesquelles on remarque les Aones, les Hyantes, les Lélèges, etc. Il est difficile de dire quelle fut l'origine des Pélasges; il est probable qu'ils étaient originaires de l’Asie et qu’ils vinrent en Grèce, soit par l'Asie- Mineure, soit en suivant les côtes septentrionale* du Pont-Euxin. Avant l’an 2000 les tribus pélasgiques étaient encore barbares. Sicyone, une des premières villes que mentionne l’histoire de la Grèce, est fondée par Égialée au commencement du xix* siècle. Des colonies égyptiennes et phéniciennes abordent en même temps sur les côtes méridionales de la Grèce et y répandent les germes de la civilisation. Inachus et Phoronée son fils fondent Argos (1986); Ogygès réunit sous ses lois les habitants de la Béotie et de l’Attique (1S69) ; Sparlon (1880 et Lélex (1742) jettent les fondements de Sparte. Peu après apparaissent les Hellènes, subdivisésaussi en plusieurs tribus : du xvr au xivf siècle, ce nouveau peuple substitue sa domination à celle des Pélasges, dont le plus grand nombre émigrent et vont fonder des colonies dans l’Europe occidentale; une des tribus helléniques, celle des Graies ( Graii , Grœci) , donne son nom à tout le pays. C’est dans cette période qu'il faut placer les règnes de, Cécrops à Athènes (1643), de Deucalion en Thessalie (1636), Les traditions conservent le souvenir d'un déluge qui aurait inondé toute la Grèce au temps de ce prince. Viennent ensuite les règnes de Cadmus à Thèbes (1680), de Danaüs à Argos (1672), de Minos en Crète (vers 1600). A cette période, pendant laquelle la Grèce a reyu les Dreraières notions; de l’agriculture et des arts, ainsi

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