‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 46 sur 1261 · AMER · texte numérisé non relu

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AMÉRIC VESPUCE , Amerigo Vespucci , navigateur florentin , né en 1441, la même année que Christophe Colomb, fut envoyé en 1492 en Espagne pour y faire le commerce, et fut pendant plusieurs années chargé d’approvisionner les vaisseaux destinés aux expéditions de découvertes. Témoin des succès de Colomb, il brûla de partager sa gloire. Habile pilote et savant cosmographe, il s’embarqua en 1497, ou selon d'autres en 1499, sur un des vaisseaux d’une petite flotte espagnole commandée par un des anciens compagnons de Colomb, Alonzo d’Ojéda; il eut une grande part au succès de cette expédition, dans laquelle furent explorées les côtes septentrionales de l’Amérique du S., et s’attribua le mérite d'avoir découvert la Terre-Ferme, laissant à Colomb celui d’avoir abordé le premier aux îles du Nouveau-Monde. 11 se mit ensuite au service du Portugal, et dans un voyage qu’ii fit par les ordres du roi Emmanuel il parcourut toutes les côtes du Brésil, qu’ Alvarez Cabrai venait de découvrir (1 601 ). Rappelé en Espagne après la mort de Colomb, il fit de nouveaux voyages de découvertes ( 1607 ), et mourut à Séville en 1512, ou, selon une version moins probable, quoique plus répandue, dans l’île de Terceire, en 1516. Il avait obtenu dans toute l’Europe Une Bi grande célébrité que son nom resta attaché au nouveau continent. Il rédigea un journal de ses premiers voyages, publié à Vicence, 1607, en italien, traduit en français, Paris, 1616; en latin, Paris, 1632. On a aussi de lui des Lettres, t^ui ont été rassemblées et publiées avec sa vie par 1 abbé Bandini, Florence (1746). Le P. Canovai a publié en 1817 à Florence ses voyages et ses lettres, avec un Éloge qui avait été couronné par l’Académie de Florence. Améric Vespuce a disputé à Colomb l'honneur d’avoir. découvert le continent; selon ses mémoires, il aurait fait son premier voyage en 1497, avant celui dans lequel Colomb découvrit la Terre- Ferme, et qui eut lieu en 1498; selon les historiens espagnols, il ne fit ce voyage qu’en 1499, et il n’en fit jamais d’autre. Quoi qu’il en soit, son mérite ne peut être que bien secondaire; s’il a eu l’honneur de donner son nom au Nouveau-Monde, il le doit sans doute à l’avantage qu’il eut de publier le premier ses voyages. M. le vicomte de Santarem a publié récemment (1842) des Recherches historiques sur la découverte du Nouveau-Monde , et notamment sur les prétendues découvertes d’ Améric Vespuce , où il démontre la fraude de cet imposteur.

AMÉRIQUE, une des 6 parties du monde, la plus

6‘ande après l’Asie, et souvent nommée Nouveauonde à cause de sa récente découverte, a pour bornes à l'E. l’Atlantique, à l’O. la mer Pacifique, au N. l’océan Glacial arctique, et s’étend de 36° à 170° O. pour la longitude, de 64° S. à 71° N. pour la latitude. On ignore sa forme et ses vraies limites au N.; au S. elle se termine en pointe. On la divise en 2 grandes régions; 1° l’Amérique septentrionale (qui a 6,700 kil. de long sur 6,200 de large); 2° l’Amérique méridionale (6,200 sur 4,000). Elles sont jointes par l’isthme de Panama. Leur surface, y compris les îles, peut être de 3,800,000 kil. carrés. L’Amérique septentrionale se divise en 6 parties : Amérique russe, Amérique anglaise, Amérique danoise, États-Unis, Mexique, Gualimala; il faut y joindre les Antilles, où se voient un état indépendant (Haïti), et des possessions françaises, anglaises, danoises, espagnoles, hollandaises. L’Amérique méridionale comprend au moins 12 états principaux: Équateur, Venezuela, Nouvelle-Grenade, Pérou, Bolivie, Chili, Rio-de-la-Plata, Paraguay, Uruguay, Brésil, Patagonie, Araucanie; plus la Guyane, partagée en possessions anglaises, françaises, hollandaises, etc. Les principales mers, après les 3 grands océans Atlantique, Pacifique et Glacial arctique, sont : 1° dans l’Atlantique, la Méditer-

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ranée arctique, qui forme les mers ou golfes d’Hudson et de Baffin; la Méditerranée Colombienne, divisée en mer ou golfe du Mexique et mer des Antilles; 2° dans l’océan Pacifique, 1& mer Vermeille ou golfe de Californie, et la Méditerranée de Behring, commune à l’Amérique et à l’Asie;

3° dans l’océan Glacial arctique, les golfes de Mackenzie, de Kotzebue, de Georges IV, à peine connus. On doit encore citer les golfes St-Laurent, Campêche, Honduras, Darieu, Maracaïbo, Paria, Panama; les baies Repuise, de James, Fundy, Delaware, Chesapeak, l’entrée de Cook. On remarque parmi les détroits ceux de Lancaster-et- Barre w, de la Furie et de l’Hécla, de Davis, de Bahama, de la Floride, de Yucatan , de Magellan, de Lemaire, de Behring; parmi les caps, les caps Farewell, San-Roque, Froward. qui sont dans l'océan Atlantique; Pilar, Blanco, Corrientes, du Prince-de-Galles, dans l’océan Pacifique ; des Glaces, Barrow, Bathurst, dans l’océan Glacial arctique; enfin lecapHorn,à la pointeS. delà TerredeFeu. L’Amér.,qui forme elle-mème2 grandes presqu'îles, offre 9 péninsules secondaires: Melville, Labrador , Nouvelle-Écosse , Floride , Yucatan, Californie, des Tchougatches, d’Alaska, des Tchouktchis. On y compte une foule d’iles : Terre-Neuve ou St-Laurent, les Antilles (divisées en Grandes et Petites-Antilles, îles Lucayes ou Bahama), les Malouines, Madre-de-Dios, les îles Chiloé, Gallapagos, de Quadra-et-Vancouver, Aleutiennes ; les Terres arctiques orientales et danoises, comme l’Islande , le . Groénland, la terrede Jcan-de-Mayen ; les Terres arctiques oceiil. ou anglaises, où se trou vent l'archipel de Baiïin-Parry, les archipels de Magellan et de Sandwich , la Géorgie australe, les Orcades australes, le Shetland austral. On trouve dans l’Amérique du N. un grand nombre de lacs, dont quelques-uns ressemblent à des mers : les lacs Supérieur, Michigan, Huron, St-Clair, Érié, Ontario, Ouinnipeg, Atapeskov , de l’Esclave; dans le Guatimala, le lacde Nicaragua ; dans l’Amérique du S. sont ceux de Maracaïbo, de Titicaca et des Xarayes. Les principaux fleuves sont: leSt-Laurent, le Mississipi ou Meschacebé, le Missouri , le Rio del Norte, le Magdalena, l’Orénoque, l’Amazone, l’Uruguay, le San-Francisco , le Rio de la Plata, qui tous se jettent dans l’océan Atlantique: le Colombia et le Colorado, tributaires de l’océan Pacifique; le Mackenzie, que reçoit l’océan Glacial arctique. Plusieurs chaînes de montagnes traversent l’Amérique du N. au S.; ce sont : 1° dans l’Amérique septentrionale, les montagnes Rocheuses, dans la partie occidentale, qui commencent vers le détroit de Behring et s'étendent jusqu'à l'isthme de Panama en prenant successivement les nomsde Sierra Vcrde. Sierra de los Mimbres, Sierra de la Madré, etc.; les Alleghanys, dans la partie orientale, qui traversent les Etats-Unis du N. E. au S. O.; 2° dans 1 Amérique méridionale, les Andes ou Cordillières , qui s’étendent sans interruption sur toute la côte baignée par l’océan Pacifique, depuis l’isthme de Panama jusqu au cap Froward; et les montagnes du Brésil, dont les principales chaînes, parallèles à la côte orientale, prennent les noms de Sierra de Mangaveria, de Bomjardin, de Mantiqueira, de Gérai et de Tape. Les volcans abondent en Amérique, surtout dans le Guatimala et dans les Andes. Le climat est nécessairement fort varié. 11 est très froid au N. et sur les hauts plateaux, brûlant aux Antilles, très chaud encore sur les côtes du Mexique, duBr^ sil, etc.; il offre des neiges éternelles sur les hautes montagnes situées sous l'équateur. De vastes savanes ou pampas, des forêts énormes entretiennent la fraîcheur. L'air est malsain en quelques endroits et cause des maladies endémiques, mais moins fréquemment qu'en Afrique et en Asie. L’or, l'argent y existent en très grande quantité ; on y trouve aussi l’étain, le mercure, le plomb, le cuivre, le fer,

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ainsi que des diamants et des pierres précieuses, surtout au Brésil, au Chili et au Pérou. Le sol est presque partout d’unt admirable fertilité. Rien n’égale l’abondance et la majesté des productions végétales en Amérique. Les principales plantes indigènes sont le cactus , le nopal à cochenille, le passayer, le campêche, l’acajou, le quinquina, le caoutchouc, le tabac, le maïs, le topinambour et la pomme de terre ; l’agave , le cacaoyer , la vanille, l’ipécacuanha, la salsepareille, le manioc. L’on y a importé l’ananas, le bananier, la canne à sucre, le caféier, etc., et toutes les plantes utiles d’Europe, d’Asie et d’Afrique. Les principaux animaux particuliers à l’Amérique sont le bison , le jaguar et le couguar, le lama et la vigogne, la sarigue, le tapir, le condor, le serpent à sonnettes, le caïman, le gymnote, la morue : les cétacés et les phoques abondent vers le cercle polaire; les insectes y fourmillent, mais les zoophytes sont peu nombreux. — La population de l’Amérique est d’environ 38,000,000 hab. dont 14 600,000 Européens ou descendants d’Européens, 10,000,000 indigènes, 7, 400, 000 nègres ou Africains, 7,000,000 métis. Les indigènes paraissent ap-

Îmrtenir tous à la même race : ils ont pour la plupart a peau couleur de cuix re etsont à peu près sans barbe; ils sont divisés en peuplades nombreuses, nommées Tchouktches, Aléou'es, Esquimaux, Iroquois, Algonquins, Hurons, Tcberokis, Chaetas, Criks etNatchez, Osages, Sioux, Aztè jues, Caraïbes, Araucans, Guaycurus, Guaranis, Péruviens, Puelches, Patagons. La plupart sont encore Indépendantes, et quelques-unes, surtout dans l’Amérique S., se font redouter; d’autres (comme h s Aztèques, les Péruviens, les Caraïbes) ont été à peu près détruites. La civilisation est en génénl peu avancée chez ces Américains indigènes ; q lelques-uns pourtant ont des formes de gouvernement remarquables ( Voy . araucans), exercent quelques arts industriels et n'ont pas la férocité des autres nations. Plusieurs des peuples éteints ou antérieurs à la découverte de l’Amérique avaient des connaissait ces en astronomie, des lois, une espèce d’écriture une architecture remarquable. Pour les peuples d origine européenne, ils furent primitivement sou mis aux diverses métropoles dont ils n’étaient que des colonies; ils ont ensuite presque tous conquis l’indéper dance : ils ont les arts, les idées de l’Europe; tous ceu t qui ont secoué le joug des métropoles sont en répul lique, hormis le Brésil ; les républiques sont pour la plupart fédératives. — Christophe Colomb ût le prem er connaître à l’Europe l’existence de ce vaste continent. En 1492, il aborda aux îles Lucayes, et en J49J il découvrit la terre-ferme. Cependant la gloire d’attacher son nom à l’Amérique fut réservée à Amerigo Yespucci, qui eut tout au plus le mérite de découvrir, en 1499, la côte orientale de l’Améri-

?ue di S. et qui publia une relation de son voyage.

1 est aujourd’hui constant que les pirates Scandinaves visitaient déjà le Groenland au vie siècle et qu'il? y ont laissé des colonies. Au x* siècle deux islandais, Bioern Hersuefson et Leif Erikson, abordèrent dans la contrée connue depuis sous le nom de Nouvel le-Écosse et Nouvelle-Angleterre, et reconnu "ent les caps Cod et Ste-Marlhe. On a même prétendu que des vaisseaux phéniciens et carthaginois égarés par la tempête avaient abordé, dans des temps reculés, sur les côtes du Mexique. Quoi qu'il en soit , ce ne fut qu’au xv* siècle que ces vastes contrées furent réellement connues de l’Europe; les

Îdus célèbres explorateurs de l’Amérique après Coomb firent Fernand Cortez, Bizarre, Almagro, Pinçon, Cabrai, Magellan, etc. Dès la fin du xvie siècle, ils Avaient déjà reconnu presque toutes les eôtes des deux continents : en 1500, la Guyane et le Brésil; er 1512, la Floride; en 1519, le Mexique; en 1520, 1a Patagonie; en 1529, le Pérou, etc. Quant à l’intérieur des terres, il ne fut que lentement ex¬

ploré. Lewis et Clarke, Freeman, Pike, de 1797 à 1809, traversèrent les premiers les immenses déserti qui s’étendent à 10. des États-Unis. Quadra et Vancouver venaient de visiter la côte N. O. De 1817 à 1830, Franklin et Parry ont beaucoup avancé la découverte de la région arctique qui termine l’Amérique au N. Il reste encore à passer de la mer da Balïin au détroit de Behring et à reconnaître les terres arctiques depuis la côte septentrionale de la mer d’Hudson jusqu’au pôle. On a annoncé en 1840 que les Anglais Thomas Simpson et William Dease venaient de découvrir un passage dans l’océan Glacial arctique, pour pénétrer en Asie par le N. O.

Amérique anglaise. Elle comprend: 1° la Nouvelle-Bretagne, 2° les Terres arctiques anglaises, 3° les Antilles anglaises, 4° la Guyane anglaise, 5° l’archipel de Magellan. L’Angleterre possédait jadis dans le continent septentrional les 13 prov. primitives des Ëtats-Onis, New-Hampshire , New- Yorck, Connecticut, Massachussets, Bhode-lsland , New-Jersey, Pensylvanie,Dela\vare, Maryland, Virginie, les deux Carolines , et la Géorgie. Elle les perdit de 1773 à 1783. Elle a par compensation étendu considérablement ses possessions au N.

Amérique danoise. Elle se compose: 1° des Terres arctiques danoises, Islande, Jean -de-Mayen établissements du Groenland; 2° des Antilles danoises :Ste-Croix, St-Jean et St-Thomas.

Amérique espagnole. Elle ne consiste plus aujourd’hui que dans la possession de Cuba et de Porto-Rico. Jadis le Mexique, la Floride, Guatimala, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, le Chili, le Paraguay, l’Uruguay, le Buénos-Ayres appartenaient aux Espagnols. Ces états ont tous été perdus de 1808 à 1825.

Amérique française. Elle comprend : 1° la Guyane française; 2° les Antilles françaises, la Guadeloupe, la Martinique, le groupe des Saintes, Marie-Galande , la Désirade, Petite-Terre, St-Martin, et le groupe de St-Pierre et Miquelon. Jadis la France avait de plus en Amérique la Louisiane, le Canada, Terre-Neuve et une partie de St-Domingue. Elle perdit le Canada et Terre-Neuve de 1760 à 1763 , la Louisiane par vente aux Etats-Unis en 1803, et sa part de St-Domingue dans la révolution: le traité de 1825 a sanctionné cette dernière perte.

Amérique hollandaise. Elle consiste: 1° dans la Guyane hollandaise ou gouvernement de Surinam ; 2° dans plusieurs îles divisées en groupe de Curaçao et groupe de St-Eustache, lesquels forment chacun un gouvernement.

Amérique russe. Elle comprend: 1° l’Amérique russe continentale (pays des Esquimaux, Kitègnes, Tchoukschi , Xonaigues, Kénaïzes , Tchougalches , Ougatachmiouts, Koluches, les forts BodégaetRoss; 2° l’Amériquerusse insulaire (archipels des Aléoutes, des Koluches; Sitka, gronpedeTchalkha, deKodiak).

Amérique suédoise : l’île de St-Barthélemy dans les Antilles.

AMERKOTE, ville de l’Hindoustan (Sîndy), à 129 kil. E. d’Hayderabad, par 25° 20’ lat. N., 67® 29’ long. E. Patrie d’Akbar.

AMERSFOORT, ville de Hollande (Utrccht), sur l’Eem, à 16 kil. N. O. d’Ulrecht; 9,000 hab. Tabac; grand commerce de transit. Patrie de Barneveldt et de beaucoup de littérateurs.

AMESTRATUS, auj. Misireita, ville ancienne de Sicile, près de l'Alèse, fut prise par les Romains au commencement de la lr* guerre punique.

AMFREV1LLE la-campagne, ch -l.de c. (Eure), à 20 k. 0. de Louviers ; 752 h. Céréales. — amfr.-sousles-monts. petite comm. du rant. de Fleury-sur-Andelle(Eure). près de la côte des Deux-Amants; 4l5 h.

AMGA, riv. de la Russie asiatique, sort des monts Stanovoï lablonoï (frontière de Chine), court au N. E., et tombe après 800 kil. de cours dans l’Aldajî.

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