‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 461 sur 1261 · GUET · texte numérisé non relu

GUET

nium. D’abord vainqueur? des généraux romains, ils furent bientôt complètement défaits à Asculum, les principales villes insurgées se rendirent, et après trois ans d’efforts les confédérés demandèrent la paix (87); ils l’obtinrent, et même le droit de cité. — On nomme aussi Guerre soc. une guerre qui eut lieu en Grèce entre Athènes et ses colonies, de 359 à 356.

guerres privées (en allemand Fehde). On désignait ainsi au moyen âge ces guerres acharnées qui s’élevaient entre deux ou plusieurs familles pour venger l’insulte faite à l’un de leurs membres, et qui se perpétuaient de génération en génération jusqu’à ce que la destruction de l’une des parties ou qu’une réparation éclatante y vînt mettre un terme. Ces guerres ensanglantèrent la France et l’Aliemagne jusqu’au xive siècle. Elles eurent pour principale cause l’absence de lois capables de protéger tes individus et de punir les crimes, ainsi que la faiblesse de l’autorité royale en présence de feudataires puissants, et souverains dans leurs domaines. Charlemagne rendit le premier une loi contre les guerres privées, mais elle fut sans résultat. L’Eglise institua en 1041 la paix de Dieu , qui suspendait toutes hostilités pendant les jours consacrés au service divin. Saint Louis enfin établit la Quarantaine le roi, ordonnance qui portait que, pendant 40 jours à dater de l’offense faite, il y aurait trêve de pur le Jioi, et que si dans cet intervalle quelqu’un des parents se trouvait tué, l’auteur du crime serait réputé traître et puni de mort. Cette ordonnance et les progrès de la civilisation finirent par arrêter l’effusion du sang.

guerres sacrées, nom donné dans l'histoire de la Grèce à trois guerres qui eurent pour prétexte ou pour objet la défense du temple d’Apollon à Delphes. La première eut lieu l’an 600 av. J.-C. contre les Crisséena qui pillaient les fidèles qui se rendaient à Delphes. Crissa et Cirrha, leurs villes principales, furent prises d’assaut et leur territoire ravagé, 595. — La seconde, vers 448, eut pour cause le pillage de Delphes par les Phocéens ; mais ceux-ci n’y jouèrent que le rôle d’auxiliaires ; la lulte s’engagea entre Sparte et Athènes, déjà rivales. Les Athéniens furent vaincus à Chéronée (447). — La troisième eut lieu de 355 à 346 av. J.-C. Ce furent également les Phocéens qui l’excitèrent en faisant une irruption sur le territoire de Delphes. Cette guerre ouvrit à Philippe, roi de Macédoine, qui s’était porté défenseur du territoire sacré, un accès dans les affaires de la Grèce, et fut terminée par la dévastation de la Phocide. Les Phocéens eurent pour généraux trois frères, Philomèle, Onomarque et Phavllus, qui tous trois succombèrent dans cette guerre.

guerres médiques, PUNIQUES. Voy. ces noms. GUET (le). On donnait particulièrement ce nom avant la révolution de 1789 à une troupe chargée de veiller pendant la nuit à la sécurité des habitants de Paris; elle était sous les ordres du lieutenant de police. L’institution de cette garde municipale est fort ancienne et remonte au x* siècle. Longtemps le service fut partagé entre les bourgeois et une compagnie entretenue par le roi. Un édit de 1563 fixa cette compagnie à 50 hommes à cheval, dits Chevaliers du Guet, et à 100 hommes à pied.

GUETTARD (J.-Et. ), médecin naturaliste, de l’Académie des Sciences, conservateur du cabinet d’histoire naturelle du duc d’Orléans, né à Etampes en 1715, mort à Paris en 1786, est l’un des hommes qui ont le plus contribué à répandre en France le goût de la minéralogie. On a de lui : Mémoire sur la nature et la situation des terrains qui traversent la France et l'Angleterre , 1746,; — sur les granits de France comparés à ceux de l'Égypte , 1751 ; — sur quelques montagnes de la France qui ont été des volcans . 1752: Histoire de la découverte

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faite en France de matières semblables à celles dont la porcelaine de la Chine est composée , 1766, in-4. Cette découverte a donné lieu à l'établissement de la manufacture de Sèv res.

GUEUDEV1LLE (Nicolas), né à Rouen vers 1660, était entré chez les Bénédictins, mais fut forcé de quitter furtivement son couvent à cause de la licence de ses discours; s’enfuit en Hollande, y abjura sa religion pour le protestantisme, et y publia un ouvrage périodique, Nouvelles des cours de l'Europe , qui fut supprimé comme contenant des offenses contre le gouvernement français. Il mourut dans l’indigence à La Haye en 1720. On a de lui une Critique des Aventures de Télémaque , Cologne, 1700, 2 vol. in-12; le Grand Théâtre historique , etc., Leyde, 1706, 6 vol. in-fol. ; Atlas historique, etc., avec un Supplément, par Limiers, Amsterdam, 1713-21, 7 vol. in-fol. ; le Censeur, ou le Caractère des mœurs de La Haye, 1716, in-12; des traductions de Plaute, d'Erasme, de Th. Morus, etc., qui sont fort peu estimées.

GUEUGNON, ch.-l. de canton (Saône-et-Loire), sur l’Arroux, à 26 kil. N. O. de Charolles ; 1,600 liab. Deux forges, un martinet.

GUEULLETTE (Thom. -Simon), littérateur, né à Paris en 1683, mort en 1766, remplit des charges honorables dans la magistrature. On a de lui : les Soirées bretonnes , contes de fées, 1712; les Mille et un quarts d'heure, contes tartares, 1723; les Aventures merveilleuses du mandarin Fumhoum , contes chinois, 1723, 2 vol. ; les Sultanes de Guzarate , ou les Songes des hommes éveillée, contes mongols , 1732, 3 vol.; les Mille et une heures , etc., 1733-69, 2 vol. , et plusieurs ouvrages dramatiques qui furent représentés au Théâtre-Italien.

GUEUX DE TERRE et GUEUX DE MER, nom que prirent les partisans de la révolution qui au xvi* siècle détacha de la couronne d’Espagne plusieurs provinces des Pays-Bas. Trois cents députés gentilshommes du parti calviniste, ayant à leur tête Henri de Brederode, issu des comtes de Hollande, et Louis, comte de Nassau, étaient venus en 1666 réclamer de la gouvernante Marguerite l'abolition de l’inquisition; celle-ci se montrant effrayée de cette démonstration, le comte de Barleymont voulut la rassurer en lui disant : Ce ne sont que des gueux, faisant allusion à la simplicité de leurs vêlements. Ce mot imprudent ayant été entendu devint le mot d’ordre d’une révolution, et les insurgés se firent honneur du nom de Gueux ( F.hollande). — Les Espagnols appelaient Gueux de mer les émigrés hollandais qui avaient cherché un refuge sur la mer, et avaient armé contre eux des corsaires. — Les exploits des Gueux ont été chantés au xvme siècle par Onno de Haren, descendant d’Adam de Haren, un des principaux chefs des Gueux ( Voy . haren).

gueux de lyon, nom donné par mépris aux Vaudois. Voy. vaudois.

GUEVARA (L. velez de), écrivain espagnol, surnommé le Scarron de son pays, né en 1674, mort en 1646, exerçait la profession d’avocat, et faisait souvent rire les juges sur leur tribunal par ses plaidoiries spirituelles. On a de lui des comédies et des romans de mœurs dont le plus célèbre est le Diable boiteux ( Diablo cojuelo), Madrid, 1648, si heureusement imité par Lesage. — Un autre Guevara, Antoine, évêque de Cadix, puis de Mondonedo, né vers 1470, mort en 1644, est célèbre comme ! historien. On a de lui un ouvrage intitulé : Marco Aurelio, Valladolid, 1629, traduit en français sous le titre de Livre doré de Marc-Aurèle, par R.-B. Lagrise, Paris, 1631, réimprimé sous le titre d7/orloge des Princes , Paris, 1666 : c’est de cet ouvrage (1. III, ch. 3) que La Fontaine a tiré le fond du discouis qu’il prête au paysan du Danube. On a aussi publié de lui un Uecueil de Lettres, Valladolid, 1639,

traduit en français sous le titre d 'Epîtres dorées qui contient l’histoire de la révolte des Espagnols en 1622. Comme écrivain, on loue la pureté de son style; comme historien, on suspecte sa véracité. Heumann l'appelle Mendacissimus.

GUGERN1, psuple de la Germanique 2«, habitait les lieux où le Rhin et la Meuse se rapprochent le plus et vont courir de l’E. à 10., entre les Ubiens et les Bataves ; c’est le pays de Clèves actuel. Les Gugerni eurent part à là révolte de Civilis.

GUGLIELM1 (P.), célèbre compositeur, né à Massa-Carrara en 1727, mort à Rome en 1804, obtint les plus grands succès sur les théâtres d’Italie, sur ceux de \ienne, de Londres,- partagea la faveur publique avec Paisiello et Cimarosa, et fut nommé en 1793 maître de chapelle par Pie VI. Ou estime surtout, parmi se3 opéras sérieux, Artaserse, la Clemetiza di Tito, la Didone, Enea ; et parmi ses opéras bouffons, la Virtuosa in Margellina, le Duc Gemelle, la Délia Piscatrice.

GUHRAU, ville murée des Etats prussiens (Silésie), à 76 kil. N. E. de Breslau ; 3,200 hab. Draps.

GUI ou GUY (saint) , en latin Vitus. Voy. vit (s.j

gui, ducs Carlovingiens de Spolète. Le 1er de ce nom régnait vers 843. — Le plus célèbre, Gui III, tenta, mais inutilement, de se faire nommer roi de France lors de la déposition de Charles-le-Gros (887), puis il enleva la couronne d'Italie à Bérenger, et se fit couronner empereur à Pavie en 889. Il mourut en 894, au moment où il allait combattre à la fois Bérenger et Arnoul, roi de Germanie.

gui, duc de Toscane, fils et successeur d’Adalbert II, monta sur le trône en 917, aida son frère utérin Hugues à se faire nommer roi d’Italie, 928, étendit sa puissance dans l'Italie méridionale, fit assassiner Je pape Jean X, et mourut Jui-même peu après, en 929.

GUI DE LUSIGNAN. Voy. LUSIGNAN.

gui l’arf.tin ou guido d’arezzo, moine bénédictin de l’abbaye dePomposa, au duché de Ferrare, né à Arezzo vers l’an 995, introduisit en 1023 l’usage de l 'échelle diatonique appelée gamme , qui simplifia beaucoup le mode de notation musicale employé jusque-là. H a laisé sur la musique quelques écrits qui ont été réunis et publiés par l’abbé Gerbert dans la eollectiog S riptores ecclesiastici de musica sacra, 1784, 3 vol. in-o. La date de sa mort est incertaine.

gui-pape, en latin Guido-Papœ, jurisconsulte du xv* siècle, né à St-Symphorien d’Ozon, fut conseiller au parlement du Dauphiné, et mourut vers 1476, après avoir rempli diverses missions pour le roi Louis XL Son ouvrage le plus important est intitulé : Decisiones Gratianopolitanœ, Grenoble, 1490, in-fol. Chorier en a donné un abrégé en français sous le titre de Jurisprudence de Gui-Pape, avec une Vie de l’auteur, Gr enoble, 1692, in-4.

GUIANE. Voy. Guyane.

GUIBAUD (Eustache), oratorien, né à Hyères en 1711, mort en 1794, professa les humanités à Marseille et à Lyon, et fut inquiété comme janséniste; travailla au Dictionnaire historique , littéraire et critique, publié par l’abbé Barrai (Soissons et Troyes, 1768,6 vol. in-8). Il a publié une Morale en action, à l’imitation de l’ouvrage de même titre de Béranger, Lyon, 1797 , in-12; et une Explication du Nouveau Testament , Paris, 1785, 8 vol. in-8, etc.

GU1BERT, anti-pape, était archevêque de Ravenne, lorsque, par la protection de l’empereur Henri IV, il fut élevé sur le siège pontifical à la place de Grégoire Vil en 1080; il prit le nom de Clément III. Il resta maître d’une partie de la ville de Rome pendant le pontificat de Victor III, en fut* chassé et y rentra sous Urbain II; et ce ne fut qu’en 1100, sous Pascal II, qu’il en fut définitivement expulsé, il mourut subitement la même année à Citta di Castello. -

GUIG

Güibert ( Jacq.-Antoine-Hippolyte , comte de), maréchal-de-camp et écrivain, né à Montauban en 1743, était fll8 de Ch.-Benoît de Guibert, général distingué (mort en 1786, gouverneur des Invalides). Il servit avec distinction dans la guerre de Sept- Ansenl756, puis fut envoyé en Corse, y forma une légion corse dont il eut le commandement, et se signala au combat de Ponte-Nuovo, qui assura à la France la conquête de cette île (1769); fut appelé à Paris par le ministre de la guerre comte de Saint- Germain, et coopéra aux réformes tentées par ce ministre; fut nommé en 1787 rapporteur du conseil d’administration de la guerre, et dut en cette qualité appuyer des mesures qui le rendirent impopulaire; tenta sans succès de se faire nommer député aux. états -généraux par le bailliage de Bourges, et mourut peu après de chagrin, en 1790. Guibert voulut réunir la gloire des lettres à celle des armes, et il donna différents ouvrages qui excitèrent dans leur temps une sorte d’enthousiasme : un Essai général de tactique , Liège, 1772, in-4, et 2 vol. in-8 , qu’il fit suivre de la Défense du système de guerre moderne , 1779; des tragédies (le Connétable de Bourbon , 1775, la Mort des Gracques , et Amie de Boulen, publ. après sa mort); Éloges (de Catinat, du chancelier L’Hôpital et de Frédéric II, roi de Prusse). On a encore de lui un Traité de la force publique. Dans tous les écrits de Guibert, le style est animé, mais souvent enflé. Le meilleur de ses ouvrages est son traité de Tactique ; il doit être entre les mains de tout militaire désireux de connaître l’art de la guerre. Guibert avait été reçu à l’Académie en 1786. Cet officier n’était pas moins remarquable par les avantages du corps que par ceux de l’esprit : il inspira de vives passions (Voy. l’espinasse). — Sa femme, madame Guibert (Dlle de Courcelles), née en 1758, morte en 1826, restée veuve à trente-deux ans, publia plusieurs manuscrits qu’il avait laissés sur l’art de la guerre, ainsi que les Lettres de mademoiselle de L'Espinasse. File a elle-même donné quelques ouvrages traduits de l’anglais.

GUIBRAY (foire de). V. falaise et carrouges.

GUICHARDIN , Francesco Guicciardini , célèbre historien italien, né à Florence en 1482 d’une famille ancienne, mort en 1540, se destina d’abord au barreau, et fut nommé à vingt-trois ans professeur de jurisprudence. Peu de temps après, il entra dans la carrière diplomatique, fut envoyé en ambassade auprès de Ferdinand-le-Catholique , puis appelé à Rome par le pape Léon X, qui le combla d’honneurs, et lui donna le gouvernement de Modène et de Reggio. Il fut envoyé dans la Romagne par Clément VU, y rétablit le calme, fonda des établissements utiles, ouvrit des routes, en un mot ne négligea rien pour augmenter la prospérité de ce pays. Nommé lieutenant-général du St-Siége, il défendit avec succès Parme assiégée par les troupes françaises, et maintint Bologne sous la domination de Rome en apaisant la révolte de la famille des Pepoli qni aspiraient à l’autorité souveraine. Retiré dans sa patrie, il y rendit des services aux Médicis, donna d’utiles conseils à Alexandre de Médicis, et, après la mort de ce prince, contribua puissamment à l'élection de Cosme. Dès lors, il ne s’occupa plus que de ses travaux historiques. Il a laissé une Histoire d'Italie, qui commence en 1490 et finit en 1534. Cet ouvrage est, de l’aveu des meilleurs critiques, d’un mérite supérieur ; mais il renferme des erreurs qui l’ont fait mettre à l 'Index. On estime l’édition de Fribourg (Florence), 1775-76, 4 vol. In-4. Il en a paru une édition à Paris en 1832, 6 vol. in-8, avec une préface de Ch. Botta, qui a continué l’ouvrage. Cette histoire a été traduite en français, Paris, 1738, 3 vol, in-4, par Favre, revue et enrichie de notes nar Geonseon avocat au parle-

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