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qui ne seraient, pas nécessaires à l’entretien de ce corps, reviendraient à l’état, et se réserva la nomination des évêques. En 1640 il fit déclarer la couronne héréditaire dans sa maison. Si l’on en excepte quelques troubles excités par le clergé mécontent et par Christian II, qu’il réprima facilement, il consacra le reste de son règne à faire prospérer l’agriculture , à encourager le commerce , à fonder des écoles publiques, et à créer une marine. Sous lui le luthéranisme s’établit généralement en Suède.
Gustave il ou gustave-adolphe, surnomme le Grand , roi de Suède, né en 1594, succéda à son père Charles IX, en 1611. 11 se forma un conseil d’hommes de mérite, à la tête duquel il plaça le chancelier Oxenstiern. La Suède était alors en guerre avec trois puissances, le Danemark, la Russie et la Pologne ; il conclut la paix avec les deux premières (1613 et 1617) , et força la troisième , par deux victoires remportées, l’une en 1626, près de Wallhof en Semigalle, l’autre en 1628, à Stuhm, dans la Prusse occidentale, à lui céder toutes les places fortes de la Livonie et de la Prusse polonaise. Après avoir ainsi terminé cette guerre, Gustave fit alliance avec les princes protestants d’Allemagne contre l’empereur Ferdinand II , dont les généraux , Tilly et Wallenstein , avaient soumis l’Allemagne jusqu’aux bords delà Baltique, et se mit à la tête du parti protestant. Gustave s’embarqua en 1630, traversa en vainqueur, au milieu del’hiver le plus rigoureux, la Poméranie, la Marche de Brandebourg et la Saxe , et vint remporter une sanglante victoire à Leipsick sur Tilly, en 1631. L’année suivante , après avoir soumis les électorats de Trêves, de Mayence et du Rhin , après avoir forcé le passage du Lech contre Tilly, qui y fut blessé mortellement, il engagea une grande bataille contre Wallenstein à Lutzen ; la victoire fut gagnée, mais il périt dans l’action (1632). Gustave-Adolphe, au milieu de ses guerres, avait encouragé le commerce, l’industrie et les lettres dans ses états, et avait fondé la première cour de justice (1614). 11 eut pour successeur sa fille Christine. L’histoire de Gustave- Adolphe a été écrite en français par Mauvillon, Amsterdam, 1764;enall.parGfrœrer, Stuttg., 1839.
Gustave iii, roi de Suède, né en 1746, succéda àson père Adolphe-Frédéric en 1771. Sans employer la violence , il sut faire accepter par les états une constitution nouvelle (1772) qui rendait à la couronne son ancienne autorité , dont la noblesse et le sénat l’avaient dépouillée depuis Charles XII. En 1788 éclata une guerre avec la Russie : la flotte suédoise fut battue le 17 juillet à Hogland. Pour comble de malheur, le Danemark fit alliance avec la Russie contre la Suède, et envoya une armée assiéger Gothembourg. Cependant Gustave, secondé par 2,000 Dalécarliens, et grâce à la médiation de l’Angleterre, de la Prusse et de la Hollande, força le Danemark à signer un traité de neutralité. 11 continua la guerre avec la Russie, et par une victoire navale remportée dans le détroit de Suensksund, amena aussi cette puissance à signer la paix à Varela (14 août 1790). La même année, il força la diète d’accepter l’acte d 'union et de sûreté , qui investissait le roi du droit de paix et de guerre. Mais dès nrs sa perte fut jurée par la noblesse : une conspiration s’ourdit contre lui, et, dans la nuit du 15 au -6 mars 1792, au bal masqué de la cour, un noble ÿiédois, Ankarstrœm, tira sur lui à bout portant un coup de pistolet. Gustave survécut quatorze jours à sa blessure. Ce prince était instruit, et encourageait les^ lettres et les arts; il fonda une académie à Stockholm, et enrichit son musée de collections précieuses. Nous avons de lui des Discotirs, les Lettres et des Pièces dramatiques , qui ont été tradiiites du suédois en français, par M. Dechaux, Paris, iOü, etc., 5 vol, in-8, et lies Mémoires. Ilamb. , 1843.
GUSTAVE iv, roi de Suède, né en 1778 , fut proclamé roi après la mort de son père Gustave III (1792), n’étant âgé que de quatorze ans. La tutelle fut déférée à son oncle, le duc de Suderrnanie. Il se vit dépouillé de la Finlande par la Russie, de Stralsund et de Rugen par la France, avec laquelle il s’était follement mis en hostilité. Il s’aliéna l’esprit des Suédois pour avoir injustement cassé le régiment des gardes, corps d’élite composé de nobles, et fut en 1809 contraint d’abdiquer; le duc de Suderrnanie, son oncle, lui succéda sous le nom de Charles XIII. Depuis, Gustave vécut sousle nom de comte de Holstein-Gottorp, et ensuite sous celui de colonel Gustawson, alternativement en Allemagne, dans les Pays-Bas et en Suisse. Il est mort à Saint- Galien Suisse en 1837. — Il a laissé un fils, né en 1799, qui prend le titre de prince de Wasa ; ce prince est au service de l’Autriche et a rang de général.
Gustave (charles-), roi de Suède. Voy. Charles x (à la série des rois de Suède).
GUSTAVIA, vilLe de l’île Saint-Barthélemy (Antilles suédoises), sur la côte occid. ; 800 maisons.
GUSTROW, ville murée du grand-duché de Mecklembourg-Sehwérin, à 60 kil. N. O. de Schwérin ; 7,700 hab. Ch.-l. du duché de Mecklembourg-Gtistrow. Tabac, bougies, etc. Commerce maritime.
GUTÆou JUTÆ, même nom que Gothi, peuple de la Scandinavie mérid., est un reste des Goths dont l’émigration au-delà de la Baltique ne fut point universelle ( Voy . goths). Ils allèrent sous le nom de Jutes, les uns occuper le Jutland, les autres fonder en Bretagne le roy. de Kent.
GUTENBERG. Voy. guttemrerg.
GUTHRIE (William), écrivain écossais, né en 1708 à Brechen , dan8 le comté d’Angus, mort à Londres en 1770 , vint à Londres après avoir exercé pendant quelque temps dans son pays la profession de maître d’école; se mit aux gages des libraires et du gouvernement, et composa un grand nombre d’ouvrages historiques. Le seul de ses écrits qui soit généralement connu aujourd’hui est la Grammaire géographique, historique et commerciale , attribuée au libraire Knox, et dont la partie astronomique est due à James Ferguson. Cet ouvrage a été fréquemment réimprimé (la 21e édition a paru à Londres en 1810, 1 vol. grand in-8 avec cartes), et a été traduite en français par MM. Noël et Soûlés, Paris, 1807 , in-8, avec atlas.
GUTSTADT , ville des États prussiens (Prusse), sur l’Aile, à 19 kil. S. E. de Heilsberg ; 2,050 hab. Draps, fil, toiles; eau-de-vie de grains.
GUTTEMBERG ou GUTENBERG (Jean), inventeur de l'imprimerie, né à Mayence en 1400, d’une famille noble nommée Sulgelccn. zum Gutenberg , mort en 1468, vint vers 14V s établir à Strasbourg; il paraît avoir fait dans celte ville les premiers essais du nouvel art, en 1436 ou 1440, en employant des caractères mobiles en bois. Après avoir dépensé de grandes sommes dans ses premiers essais, il retourna vers 1443 à Mayence, s’y associa en 1450 à Fust, avec lequel il imprima la Biblia latina , dite aux quarante-deux lignes, puis rompit cellte asso- Iciation et forma à lui seul, en 1456, un nouvel 1 établissement qu’il conserva jusqu’en 1465; il fut nommé à cette époque gentilhomme de l’électeur Adolphe de Nassau. Guttemberg ne mit son nom à aucun des livres qu’il imprima, de sorte que l’on ne peut déterminer avec certitude les ouvrages sortis de ses presses. On a souvent contesté à Guttomberg l’honneur de sa découverte, mais toujours sans preuves suffisantes. Depuis 1640, les libraires de l’Allemagne et les habitants de Strasbourg célèbrent tous les cent ans en l’honneur de Guttemberg la fête de l’invention de l’imprimerie. On lui a élevé à Mayence en 1837 une statue en bronze, dont le modèle est dû à Thorwaldsen. Strasbourg a érigé en
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son honneur en 1840 une statue dont le modèle & été fourni par M. David d’Angers.
GUY. Voy. gui.
GUYANA (viega-), ville de la république de Vénézuela (Orénoque), sur l’Orénoque, à 200 kil. N. E. d’Angostura ou Nueva Guyana.
GUYANA (Nl/EVA-GUYANA OU SAN-THOME-DE-LA-). Voy. ANGOSTURA.
GUYANE ou GUIANE, Guayana en espagnol, région de l'Amérique méridionale, forme une île qu’entourent l’Atlantique, l’Amazone, le Rio-Negro, leCassiquiare et l’Orénoque, et s’étend de 52° à 71° long. O. et de 4® lat. S. à 9° lat. N. — La Guyane se divise aujourd’hui en cinq parties:
1® Guyane colombienne (ci-devant espagnole ), la pluB septentrionale de toutes ; elle Is’étend, sur l’Océan , depuis l’embouchure de l’Orénoque jusqu’au cap Nassau, et dans l’intérieur, le long de l’Orénoque jusqu’au-delà de l’équateur. Cette vaste étendue de pays, qui comprend plus de 350,000 kil. carrés, n’est habitée que par 45 à 50,000 colons. Elle est comprise dans le département de l'Orénoque, jadis un des douze de la Colombie et aujourd’hui partie de la république de Vénézuela. Capitale, Angostura ou San-Thome-de-la-Guyana.
2* Guyane anglaise , au S. de la précédente. Elle s’étend le long de la côte de l’Océan jusqu’au fleuve Corentin qui la sépare de la Guyane hollandaise. La Guyane anglaise a 38,000 kil. carrés, et 110,000 colons, auxquels il faut ajouter un grand nombre de nègres marrons qui vivent dans lesboi3. Elle se divise en deux gouvernements : Essequebo- Demerary (ch.-l., Georgetown), et Berbice (ch.-l., Nouvel-Amsterdam). Elle faisait jadis partie de la Guyane hollandaise; mais les Anglais s’en emparèrent en 1808 et se la firent céder en 1814.
3® Guyane hollandaise , ou district de Surinam, entre la Guyane anglaise au N. O. et la Guyane française au S. et à l’E., dont elle est séparée par le Maroni. Le Surinam traverse toute la colonie ; 1 15,000 kil. carrés; 90,000 hab. dont 60,000 esclaves. Ch.-l., Paramaribo. Cette partie de la Guyane fut primitivement colonisée par les Anglais. Les Hollandais l’envahirent en 1667, et elle leur fut assurée par la paix de Breda(1667). Pendant la révolution française et lorsque la Hollande fut tombée au pouvoir des armées républicaines, les Anglais s’emparèrent de toute la Guyane hollandaise ; ils la restituèrent lors de la paix d’Amiens (1802); mais en 1808, ayant de nouveau pris une partie de la Guyane hollandaise (celle qui forme auj. la Guyane anglaise), ils se la firent céder définitivement en 1814. (Voy. ci-dessus).
4® Guyane française , appelée au XVII® siècle France équinoxiale , entre la Guyane hollandaise au N. O., et le Brésil au S. et au S. O. Ses limites de ce côté n’ont pas encore été réglées ; l’Oyapoc lui sert de frontière provisoire : 150,000 kil. carrés; 23,361 hab. dont 16,705 esclaves. Ch.-l., Cayenne ; autres ville» principales : Remire, Roura, Sinnamary. Les premiers établissements français en Guyane datent de 1604; les Anglais s’en emparèrent en 1654, et les Hollandais en 1676, mais ils ne purent s’y maintenir. Les Portugais s’en rendirent maîtres en 1809 et s’y maintinrent jusqu’en 1817, époque à laquelle ces établissements furent restitués à la France.
5® Guyane brésilienne (ci-devant portugaise ), la plus grande des cinq Guyanes, est située au S. des deux Guyanes colombien ne et française, entre le Rio- Négro, le fleuve des Amazones et les Cordillières, jusqu’à l’Océan où elle se termine par le cap Nord. Ce vaste territoire , d’une étendue de près de 1,300,000 kil. carrés, est à peine peuplé. On y compte plusieurs petites villes dont les principales sont : Barra-do-Rio-Négro, Alemquer, Barcelos, Olivença, etc. La Guyane brésilienne appartenait nomi-
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nalement à la France ; mais celle-ci la céda au Portugal en 1713, et ce dernier la perdit avec le Brésil.
La Guyane renferme un assez grand nombre de montagnes, mais toutes peu élevées : le pic de Duiva point culminant, n’a que 2,500 mètres environ : là principale chaîne, ou Cordillière du Nord, sépare le bassin de l’Orénoque de celui de l’Amazone, et prend successivement les noms de Parime, Paracaïna, Acaray, Turaueumaque. De nombreuses rivières en descendent ; les principales sont : le Cachipuc, le Berbice, la Demerara, l’Essequebo, l’Oyapoc, le Surinam, la Mana, l’Approuague, le Maroni, le Rio- Négro, le Rio-Branco, etc. Le climat est varié suivant les hauteurs, et généralement brûlant, surtout le long de la mer; vastes forêts; nombreux marais, d'où une grande humidité, et un climat insalubre. Le sol, d’une fertilité rare, produit toutes les denrées alimentaires des tropiques, des bois odorants et colorants, etc. Les côtes seules de la Guyane sont vraiment aux Européens ou aux puissances issues de colonies européennes : tout l’intérieur est occupé par des peuplades indigènes, dont les plus importantes sont .* les Caraïbes, les Guaraouns, les Guayquines, les Guayvas, les Aruacas, les Accawas, etc.
Selon quelques auteurs , Colomb découvrit luimême la Guyane en 1498; d’autres prétendent qu’elle ne fut reconnue qu’en 1504, par Vasco Nunez. Les tentatives qui furent faites dans le xvi® siècle pour explorer l’intérieur de cette contrée avaient pour but la découverte de l'Eldorado; mais ces recherches furent vaines. C’est au commencement du xvii® siècle que s’établirent sur les côte» les premières colonies européennes.
GUYARD DE BERV1LLE, écrivain français, né
Paris en 1697, mort en 1770, se fit auteur à plus de 60 ans; il donna en 1760 une Histoire de Bayard, et en 1767 une Histoire de Duguesclin , qui furent fort bien accueillies; néanmoins, il vécut dans la gêne et mourut à Bicêtre.
guyard (Laurent), statuaire, né en 1723 à Chaumont en Bassigny, mort en 1788. Victime de l’injustice et de l’envie, il s’expatria, et porta ses talents en Pru8.se, puis en Italie, où il mourut. On cite de lui : un groupe d'Enée et Anchise pour le grand Frédéric ; des copies de V Apollon du Belvédère, du Gladiateur ; le monument élevé à saint Bernard à Clairvaux, etc.
guyard (madame), demoiselle Adélaïde labille, connue aussi sous le nom de madame Vincent (du nom de son second mari), née à Paris en 1749, morte en 1803, se distingua dans la peinture, et fut reçue à l’Académie de Peinture en 1783. On lui doit un grand nombre de portraits et de jolies miniatures.
GUYENNE, ancienne province de France, comprise dans le grand-gouvernement de Guyenne-et- Gascogne, dont il occupait la partie septentrionale, s’étendait de 3® 45’ long. O. à 1° 2’ long. E., et de 44° à 45® 44’ lat. N. Bornes : au S. la Gascogne et le Languedoc, à l’E. le Languedoc, à l’O. l’Océan, au N. la Saintonge, l’Angoumois, le Limousin, l’Auvergne. Division : 6 prov., Bordelais, Bazadais, Agénais, Périgord, Quercy, Rouergue. Ch.-l., Bordeaux. On distinguait quelquefois deux Guyennes: la H.-Guyenne, au S.; capitale Montauban; la B.-Guyenne au N., capit. Bordeaux. — La Guyenne forme les dép. de la Gironde, du Lot, de Lot-et-Garonne, de la Dordogne et de l’Aveyron, et partie de ceux des Landes et de Tarn-et-Garonne.
guyenne-et-gascogne (grand gouv. de), le plus vaste de tous ceux de l’ancienne France, était formé des deux grandes régions qu’indique son nom. 11 comprenait beaucoup de provinces secondaires (Voy. Gascogne et ci-dessus Guyenne), dont plusieurs avaient joui d’une existence indépendante, et il avait, comme la prov. de Guyenne, pour chef-lieu général Bordeaux. On en a formé huitdép. entiers (Gironde,
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Dordogne, Lot-et-Garonne, Lot, Aveyron, Landes, Gers, H. -Pyrénées), et partie de cinq autres (Corrèze, Tarn-et-Garonne, H.-Garonne, Ariége, B.-Pyrénées).
Le nom de Guyenne fut longtemps synonyme de celui d’Aquitaine, dontil paraît n’être qu’une corruption. On ne le trouve employé dans des actes authentiques qu’à partir du commencement du xiv* siècle. L’histoire de la Guyenne est celle de l’Aquitaine et de la Gascogne ( Voy . ces noms). Après avoir formé quelque temps un état indépendant, mais toujours uni d’intérêt à la France, après avoir été un instant réunie à la couronne par le mariage de Louis Vil avec Eléonore, héritière des ducs d’Aquitaine fl 137), la Guyenne fut portée par la même princesse, en 1152, aux rois d’Angleterre qui la conservèrent jusqu’en 1453. Elle fut, à cette époque, réunie à la couronne de France, par le roi Charles VII. Louis XI l’en détacha pour la donner en apanage à son frère Charles (1469); mais depuis la mort de ce dernier (1472), elle resta toujours unie au domaine royal.
GUYENNE (Charles de frange, duc de), 4* fils de Charles Vil, et frère de Louis XI, naquit près de Tours en 1446, et porta d’abord le titre de duc de Berry. N'étant encore que duc de Berry, il se mit à la tête de la Ligue du Bien public , formée par les seigneurs contre le roi, son frère. Après la bataille de Montlhéry, Louis XI, dissimulant sa colère, donna à Charles, en échange de son duché de Berry, le duché de Normandie, avec l'hommage des duchés de Bretagne et d’Alençon ; mais en même temps, il lui suscita des embarras qui le forcèrent bientôt à redemander un nouvel apanage. Après plusieurs offres dérisoires, Louis XI, pressé par les attaques du comte de Charolais, finit par céder à son frère le duché de Guyenne (1469). Cependant, Charles ne cessa point de conspirer contre son souverain , et il venait de conclure avec le duc de Bourgogne une alliance qui ne tendait pas à moins qu’à enlever la couronne à Louis XI, lorsqu’il mourut presque subitement, non sans soupçon de poison (1472).
Guyenne (Eléonore de). Voy. éléonore.
Guyenne (Guillaume de). Voy. Guillaume.
Guyenne (maréchal de). Voy. créqui (Jacques de). GUYET (François), philologue et poète latin, né à Angers en 1575, mort à Paris en 1655, était prieur de Saint-Andrade. Il accompagna en Italie le fils du duc d’Epernon, depuis cardinal de La Valette On a de lui des Notes sur Térence , Strasbourg, 1657; sur Phèdre , Upsal, 16C3; sur Stace , Lucien, Lucain, dans diverses éditions de ces auteurs; des Poésies latines ; des Epigrammes , un poème intitulé : Superstitio furens , sive de morte Henrici magtii carmen , Paris, 1610, in-4.
GUYMONÜ DE LA TOUCHE. Voy. guimond.
GUYON (madame), demoiselle Jeanne bouvier de lamothe, célèbre mystique, née à Montargis en 1648, était fille de Bouvier de la Mothe, maître des requêtes. Elle montra de bonne heure un grand goût pour la vie ascétique, et se nourrit de la lecture des écrits de saint François deSales et de madame de Chantal. Elle voulut se faire religieuse, mai3 sa famille s’y opposa. Restée veuve à 28 ans avec plusieurs enfants, elle crut avoir reçu une mission divine, abandonna sa famille et ses affaires (1681), et se mit à parcourir le Piémont, le Dauphiné, ainsi que plusieurs autres provinces, répandant partout une doctrine qui réduisait toute la religion à l’amour pur do Dieu , et qui conduisait au quiétisme. Après cinq ans de courses, elle se fixa à Paris. Elle B’y fit bientôt de nombreux partisans, à la tête desquels il faut placer Fénelon et madame de Maintenon; mais aussi elle eut à y subir toutes sortes de tribulations. Elle fut enfermée dans un cou¬
vent, puis à la Bastille et à Vincennes, et sa doc- (s’éteignit vers 1770.
trinefut déclarée répréhensible à la suite de conférences que dirigeait Bossuet (1695). Rendue à la liberté après six ans de détention, elle fut exilée à Diziers près de Blois; elle y passa le reste de sa vie ne s’occupant que de bonnes œuvres, et y mourut en 1717. Madame Guyon avait composé un grand nombre d’écrits spirituels ou mystiques, qui forment en tout 39 volumes. On remarque entre autres : Moyen court et très facile pour l’oraison ; le Cantique des Cantiques selon le sens mystique ; les Torrents spirituels; les Vers mystiques, composés à Vincennes. Ses Opuscules mystiques ont été publiés à Cologne, 1704, in-12. On a une Vie de madame Guyon, écrite par elle-même , qui ne paraît pas être authentique.
GUYOT DE PROVINS, vieux poète français, né à Provins vers 1150, visita en troubadour les principales villes de l’Europe, alla en pèlerinage à Jérusalem, et finit par se faire religieux à Cluny. Il composa dans sa retraite, vers 1200, sous le titre de Bible , un poème ou roman satirique, où il blâme les vices des hommes de tous états, depuis les princes jusqu 'aux plus petits. Ce poème, resté en manuscrit, est un des plus anciens livres où il soit parlé de la boussole.
GUYSE (Jacques DE),cordelier, néàMons en 1336, mort en 1399 à Valenciennes, est auteur d’une chronique intitulée Illustration de la Gaule Belgique s Antiquités du pays de Hainaut et de la grande cité des Belges, aujourd’hui Bavay , imprimée à Paris en 1531 et 1532, in-fol. Elle a été publiée de nouveau en 1826 par Fortia d’Urban sous ie titre d’ Annales du Hainaut. — Pour la famille historique, Voy. GUISE.
GUYTON DE MORVEAU (L.-Bern.), savant chimiste, membre de l’Institut, né à Dijon en 1737, mort en 1816, était fils d'un professeur de droit. Ilenra de bonne heure dans la carrière de la magistrature, et fut longtemps avocat général à Dijon; mais il cultiva en même temps les sciences avec ardeur, fit fonder par les états de Bourgogne des cours de sciences, et se chargea lui-même d’enseigner la chimie (1775), tout en continuant à remplir ses fonctions de magistrat. On lui doit les fumigations de chlore employées contre les miasmes pestilentiels, ainsi que plusieurs autres découvertes importantes; il eut le premier l’idée delà nouvelle nomenclature chimique (1782), qu'il établit de concert avec Lavoisier (1787). 11 futdéputé en 1791 à l’Assemblée législative, puis à la Convention, et s’y montra chaud partisan des idées nouvelles. Il contribua puissamment à la fondation de l’École Polytechnique et y remplit lui-même une chaire ; il fut enfin nommé administrateur de la Monnaie; mais il perdit cette place à la Restauration (1814). Le plus remarquable de ses ouvrages est un Traité des moyens de désinfecter l'air , 1801; on lui doit en grande partie le Dictionnaire chimique de l'Encyclopédie méthodique.
GUZEL-H 1SSAR, Magnesia. Voy. ghuzel-HISSàr.
GUZMAN (Alphonse perez de), capitaine espagnol, né à Valladolid en 1278, mort en 1320, se distingua particulièrement sous le règne de Sanche IV, roi de Castille. Il était gouverneur de Tariffa lorsque cette place fut assiégée par l'infant don Juan, révolté contre son frère. Ce prince, qui avait en sa puissance un des fils de Guzman, menaça le père d’égorger cet enfant s’il ne rendait la place ; Guzman répondit que, plutôt que de commettre une trahison, il lui prêterait lui-même un poignard pour tuer son fils, et il lui jeta sa dague par-dessus les murailles. L’enfant fut égorgé; mais don Juan fut battu et obligé de se retirer. Lopez de Vega a consacré par de beaux vers l’action de Guzman.
Ce général servit avec la même fidélité et le même éclat le roi Ferdinand IV, successeur de Sanche, et la reine-mère Marie. Alphonse de Guzman est la tige de l’illustre maison de Médina-Sidonia, qui
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güzuan (Louise ae), grande régente de Portugal, fille de Jean Emmanuel Pérez, duc de Médina-Sidonia, épousa Jean de Bragance, qui fut élevé sur le trône de Poriugal en 1640, sous le nom de Jean IV, après la révolution qui enleva ce pays à la domination de l’Espagne. Louise de Guzman contribua puissamment à l’élévation de son mari, et, lorsqu’il fut sur le trône, elle se montra son plus sage et son plus fidèle conseiller. Aussi lanomma-t-il régente en mourant (1656). Elle sut tenir d’une main ferme les rênes de l’état que lui disputaient les principaux seigneurs, déjoua tous les complots, et força, par la sagesse de son administration, ses ennemis mêmes à la respecter. Lorsque son fils, Alphonse VI, eut atteint sa majorité, en 1662, elle se démit du pouvoir, et bientôt après, abreuvée de dégoûts par les courtisans de son fils, elle se retira dans un cloître, où elle mourut en 1666.
guzman (Eléonore de). Voy. éléonore.
guzman (Gaspard de), comte d’Olivarez et duc de San-Lucar. Voy. olivarez.
GUZZERAT ou GOUDJ ERATE, province de l'Hindoustan, au N. O. de la presqu’île en-deçà du Gange, entre 2l°-24° lat. N. ; la partie S. O. forme une presqu'île comprise entre les golfes de Cutch et de Cambaye: 600 kil. sur 250; 6,000,000 d’hab. Le Guzzerat peut se diviser en Guzzerat indépendant et Guzzerat anglais. Le Guzzerat anglais comprend le territoire qui environne le golfe de Cambaye et la partie méridionale de la presqu’île ; il est dans la présidence de Bombay dont il forme quatre districts ( Surate , Baroutch, Kaïra, Ahmedabad). Le reste du pays, qui compose le Guzzerat indépendant, obéit à un chef mahratte qui se reconnaît tributaire des Anglais. Les Portugais ont deux établissements importants dans le Guzzerat : Daman au S. de Surate, et Diu dans Pile de ce nom. Le sol du Guzzerat est plat et marécageux; il est arrosé par le Mahy, la Nerbedda, le Tapti, etc., qui souvent l’inondent dans la saison pluvieuse (de juin à septembre). On recueille dans cette contrée de riches moissons de céréales, des plantes oléagineuses et tinctoriales. Les forêts y sont fort étendues et remplies d’animaux dangereux. Les campagnes nourrissent beaucoup de bétail ainsi que de chevaux. Le commerce est fait en général par des Banians; les paysans appartiennent à la race des Soudras (Voy. brahmanisme ). Dans le Guzzerat indépendant habitent un grand nombre de tribus radjepoutes et mahrattes dont les principales sont lesCoulies et les Bhils ; elles se signalent toutes par leur amour pour le vol et le pillage. — Les Radjepoutes dominèrent les premiers dans le Guzzerat; les Musulmans les en chassèrent en 1022; le pays fut envahi par les Afghans en 1202, par les Mogols en 1297 ; en 1390 les Radjepoutes parvinrent à reconquérir la souveraineté, à la faveur de l’invasion de Tamerlan ; en 1572 Akbar réunit de nouveau le Guzzerat à l’empire des Mogols ; mais après la mort d’Aureng-Zeyb, 1707, il devint la proie des Mahrattes. En 1780 les Anglais en conquirent une partie, et bientôt ils étendirent leur influence sur la contrée tout entière.
GY, ch.-l. de canton (H.-Saône), à 17 kil. E. de Gray; 2,900 hab. Grand commerce de vins. — Jadis place forte importante.
GYARMATH-BALASSA, ville de Hongrie (Neograd), sur l’Ipoll, à 35 kil. S. E. de Karpfcn ; 4,300 hab.
GYAROS, auj. Ghioura ou Joura, une des Cyclades, à l’E. de Céos, au N. d’Andros, fut un des lieux d’exil des Romains sous l’empire. Cette île est aujourd'hui presque déserte.
GYERGYO-SA1NT-MIKLOS, ville de Transylvanie, à 33 kil. N. E. de Neumarkt: chef-lieu du . cercle de Gyergyo. JNomhr. Arméniens commerçants. !
GYZE
GYGÈS, roi de Lydie, fondateur de la dynastie des Mermnades, était d’abord le favori du roi Candaule. Ce prince, fier de la beauté de sa femme, la lui fit voir toute nue. La reine ainsi outragée donna à Gygès l’alternative de périr lui-même ou de faire périr Candaule. Gygès prit le dernier parti, épousa la reine et monta sur le trône l’an 708, ou, selon d’autres, 718 avant J.-C. 11 régna paisiblement jusqu’en 680 ( ou 670 ). Platon, dans sa République , fait de Gygès un berger, et raconte qu’ayant trouvé dans les flancs d’un cheval d’airain un anneau merveilleux qui rendait invisible celui qui le portait , il en profita pour séduire la reine et pour assassiner Candaule. Cicéron a reproduit le même conte (De OJJïciis , III, c. 9).
GYLIPPE, fameux général lacédémonien, né vers l’an 450 avant J.-C., battit les généraux athéniens Nicias et Démosthène devant Syracuse, l’an 414 avant J.-C., accompagna Lysandre au siège d’Athènes, et fut chargé par lui de faire transporter à Sparte 1,500 talents. Il s’en appropria par fraude 300 ; mais ce vol ayant été découvert , il fut forcé de s’expatrier pour échapper au supplice.
GYLLENBORG (Charles, comte de), homme d’état suédois, né en 1679, mort en 1746, fut ministre de la cour de Suède en Angleterre sous Charles XII, devint secrétaire d’état en 1718, fut l’adversaire constant de Horn, chef de la faction des Bonnets , et se mit à la tête du parti des Chapeaux, qui favorisait l’indépendance nationale et voulait opposer l’alliance de la France à l’influence de la Russie. Il réussit à faire prévaloir ses vues aux diètes de 1734 et 1738, fut mis à la tête du ministère, conclut avec la France une alliance pour dix ans et fit déclarer la guerre à la Russie.
GYLLENiiORG (Gustave-Frédéric), poète suédois, né vers 1730, mort en 1809, était conseiller de la chancellerie, mais il abandonna les affaires pour les lettres. Il a laissé des satires, des odes, des fables, un poème épique ( le Passage des Belts par Charles XI), et des poèmes didactiques ( l'Hiver , le Printemps, etc.)
GYLL1US. Voy. gilles (pierre).
GYMNÉSIES (lies). Voy. Baléares.
GYMNOSOPHISTES, c’est-à-dire philosophes nus, secte de philosophes indiens. Ils ont été ainsi appelés par les Grecs parce qu’ils étaient toujours nutête et nu-pieds. Ils faisaient profession de vivre dans la retraite, de fuir le mariage et de mépriser la douleur. Calanus, l’un d’eux, se sacriûa en montant sur un bûcher devant Alexandre et devant toute l’armée macédonienne. Trois siècles plus tard, un autre Gymnosophiste, nommé Zarmenochégas se brûla dans Athènes devant Auguste.
GYNDÈS, Kara-sou, riv. d’Assyrie, sortait demonts Matiani et tombait dans le Tigre. Cyrus ayant campé sur ses bords, un de ses chevaux y tomba, et s’y noya. Le prince irrité, voulant punir le fleuve, fit creuser 360 canaux par lesquels ses eaux s’écou lèrent, mais les canaux se comblèrent, et avec 1 temps la rivière reprit son cours.
GYONGYOS, ville de Hongrie (Ilevesch), à 32 kil N. O. de Heves; 8,000 hab. Lainages, couverturest etc. Commerce de vins.
GYPS1ES (pluriel d eGypsy), par corruption pour Egyptiens, nom donné par les Anglais aux Bohémiens. Voy. BOHÉMIENS.
GYRALDUS. Voy. giraldi.
GYRGEH, ville de la Hte-Egypte. Voy. Djirdjeiî.
GYTH1UM, auj. Kolokythia ou Marathonisi, v. sit. sur la côte orientale du golfe Laconique, au N. de Laas, fut prise par les Romains l’an 195 ar. J.-G.
GYULA, ville de Hongrie (Transylvanie), à 38 kil. i N. O. de Zarand: 4,300 hab- Château. On y élève beaucoup de bétail. Elle se nomme en latin : Julia. GYZEH, ville de la Moy.-Ëgypte. Voy. djizeii
HABS