‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 486 sur 1261 · I. Souverains de /’ Allemagne · texte numérisé non relu

I. Souverains de /’ Allemagne

henri I, dit l'Oiseleur , né en 876, fils d’Othon, dit l'illustre , duc de Saxe, fut en 919 élu roi de Germanie, et devint le chef de la maison de Saxe, qui compta, après lui, 4 empereurs. 11 civilisa son royaume, repoussa les Danois, les Slaves, les Hongrois, les Huns; fonda les margraviats de Sleswig, de Brandebourg, de Misnie, d’Autriche, de Styrie, et dota l’Allemagne de ses premières chartes municipales. 11 mourut en 936, laissant la couronne à son fils Othon le Grand. Henri I fut l’aïeul de Hugues Capet par sa fille Aduide ou Hatwine. On le nommait l’Oiseleur, parce que les députés qui lui annoncèrent son élection le trouvèrent un faucon sur le poing henri il, dit le Saint ou le Boiteux , de la maison de Saxe et arrière-petit-fils du précédent. Né en 972, il régna sur la Bavière dès 995, succéda à son cousin Othon III en 1002 sur le trône d’Allemagne , et fut couronné empereur à Rome en 1014. Son règne fut une lutte continuelle et presque toujours heureuse, soit avec les grands vassaux allemands et italiens qui cherchaient à se rendre indépendants, soit avec les Slaves et les Hongrois, qu’il voulait soumettre et convertir. Sa piété, son zèle pour la propagation üu christianisme, sa soumission à l’autorité de l’Eglise, et ses vertus héroïques, l’ont fait mettre au nombre des saints. Il mourut en 1024, ayant fondé un grand nombre de monastères. L’Église l’honore le 15 juillet.— C’est par Henri II que la Hongrie fut érigée en royaume, l’an 1000. Il fut le dernier empereur d’Allemagne de la maison de Saxe, et eut pour successeur Conrad le Salique.

HENRI III, dit le hoir, le Barbu , le Vieux , de la

maison de Franconie, fils et successeur de Conrad II le Salique, monta sur le trône en 1039. Après une guerre heureuse contre les Bohèmes (1042) et les Hongrois (1043), il passa en Italie où tout était en confusion, obtint l’abdic. de Grég. VI, et fit nommer successivement trois papes allemands (Clément II, 1046; Damase II, 1048, et Léon IX, 1048). Revenu en Allemagne, il combattit de nouveau les Hongrois, confisqua à son profit le duché de Bavière (1053), et mourut en 1056, lorsqu’il allait repousser une invasion des Slaves. C’est de lui que les Normands obtinrent l’investiture de la Calabre et de la Pouille.

henri iv, fils de Henri III, lui succéda en 1056, âgé de six ans. Ses oncles, les ducs de Saxe et de Bavière, ayant enlevé la tutelle à sa mère, Agnès d’Aquitaine, en 1061, il secoua leur autorité dès qu’il le put et les battit en plusieurs rencontres. Peu après, il eut à réprimer une révolte des Saxons (1073). Le trafic honteux qu’il fit des dignités ecclésiastiques et la corruption de ses mœurs mécontentèrent l’Église et les grands vassaux, et excitèrent une nouvelle révolte des Saxons. Vainqueur de ceux-ci à Hohenbourg, il fut cité à comparaître devant Grégoire VII : il répondit au pape en le faisant déposer par la diète de Worms, en 1076. Alors commença entre l’empire et la papauté la grande querelle dite des Investitures (Voy. investitures). Henri, frappé d’excommunication, fut d’abord forcé de se soumettre et vint humblement demander son pardon aux pieds du pape (1077); mais encouragé et excité par les seigneurs lombards, il oublia bientôt ses promesses et fit la guerre à Grégoire Vil ainsi qu’aux princes allemands qui avaient nommé empereur Rodolphe de Souabe. 11 créa un anti-pape (Guibert, sous le nom de Clément III, 1080), battit ses ennemisd’Allemagne, repassa en Italie et prit Rome (1082); mais il s’éloigna de cette ville à l'approche des Normands. Il triompha ensuite des Saxons et de son nouveau compétiteur Hermann de Luxembourg et soumit encore une fois l’Italie, que soulevait contre

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lui la comtesse Mathilde (1091). Son propre fils, Conrad, qu’il avait déjà fait nommer roi des Romains, s’étant uni à ses ennemis, Henri IV le fit déposer et lui donna pour successeur son second fils Henri (1097); mais celui-ci se souleva à son tour. Le malheureux empereur tomba entre les mains de Henri, et fut déposé par la diète de Mayence en 1 10G; il s’échappa de sa prison et vint mourir à Liège dans l'indigence (11 0G).

hf.nri v, dit le Jeune, fils du précédent, né en 1081, parvint à l’empire en 110G par sa révolte contre son père. Après avoir échoué dans des guerres contre les Flamands, les Polonais et les Hongrois, il vint à Home pour se faire couronner par le pape. Son refus de renoncer au droit d’investiture occasionna une lutte sanglante dans laquelle il fit prisonnier le pape Pascal 11, l’obligea àlui abandonner ’e investitures et à le couronner empereur (1112). Mais Pascal, devenu libre, protesta contre ia violence qui lui avait été faite, réclama les droits de l’Église et excommunia Henri. Cette sentence souleva l’Allemagne contre l'empereur. Non content de cette première cause de discorde, Henri V voulut encore conquérir les domaines légués au Saint-Siège par la comtesse Mathilde ( 1 1 1 G) ; il entra dans Rome en vainqueur, en chassa de nouveau le pape Pascal II, qui mourut peu après, opposa à son successeur, Gélase II, l’anti-pape Bourdin (Grégoire VIII), et ne mit un terme à cette lutte longue et acharnée que par le traité de Worms(1122), où il renonçait au droit d’investiture spirituelle. Il venait d’entreprendre une guerre contre la France qui avait soutenu le pape contre lui, lorsqu’il mourut en 1125.

Henri vi, dit le Cruel , fils de Frédéric 1 ( Barbe rousse), lui succéda en 1190. Après quelques expéditions en Allemagne, il fit triompher par les armes ses droits sur les Deux-Siciles, qu’il réclamait du chef de sa femme Constance, tante du dernier roi de ce pays, Guillaume 11. Ses efforts pour rendre la couronne impériale héréditaire, la captivité qu’il fit subir à Richard Cœur-de-Lion et ses cruautés envers les Siciliens, le rendirent odieux. Il mourut empoisonné en 1197, comme il se disposait à se croiser. Il laissait un fils, qui fut Fréd. il.

henri vu, duc de Luxembourg, promu en 1308 à la dignité impériale, vacante depuis sept mois, voulut faire revivre les anciens droits de l'empire sur l’Italie. Invité par les Gibelins à passer les monts, il soutint une longue et sanglante lutte contre le roi de Naples 'et le parti guelfe, et ne put se faire couronner que par violence. La mort l’arrêta au milieu de celte guerre en 1313. Louis V de Bavière lui succéda.

henri, dit le Raspon, landgrave de Thuringe et anti-empereur, fut opposé en 124G par les évêques électeurs à Frédéric II, qu’innocent IV venait de déposer. On le nomma pour cette raison le roi des prêtres. Il défit d’abord Conrad, fils de Frédéric II, près de Francfort ; mais il fut peu après blessé mortellement au siège d’Ulm, en 1247.

IL Rois de France.

henri i, fils de Robert et petit-fils de Hugues Capet, succéda à son père en 1031, après avoir vaincu sa mère Constance et les grands vassaux qui voulaient donner la couronne à son frère cadet Robert. II intervint dans toutes les guerres survenues entre ses vassaux, défendit et raffermit sur son trône ducal Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, maisâ’étant ensuite déclaré contre ce prince, il fut vaincu à Mortemer (1054). Sous son règne fut instituée la dignité de connétable. Henri mourut en 1060. Son fils Philippe 1 lui succéda. Henri avait épousé Anne de Russie, fille du grand-duc laroslav.

henri ii, fils de François 1, lui succéda en 1547, Le but constant de sa politique fut d’affaiblir la puissance espagnole. Après s’être fait rendre Bou¬

logne par les Anglais en 1550, il s’allia aux Protestants d’Allemagne , insurgés contre Charles- Quint, et commença la guerre par la prise de Metz, Toul et Verdun en 1552. Charles, accouru avec une nombreuse armée, assiégea Metz sans succès, et, après la défaite d’une partie de son armée à Renti, signa à Vaucelles une trêve de cinq ans, en 1556. Henri II rompit la trêve après l’abdication de Charles-Quint. A la reprise des hostilités, le général français (le connétable de Montmorency) fut battu à Sl-Quentin ; mais le duc de Guise, qu’on rappela aussitôt d’Italie, où il avait gagné plusieurs batailles sur les ennemis de la France, releva les affaires de Henri II, reprit en 1558 sur les Anglais la ville de Calais, qui depuis 2l0ans était séparée de la couronne , et obtint sur les Espagnols de grands succès. Néanmoins Henri II conclut en 1559 à Cateau-Cambrésis une paix peu honorable, dite la paix malheureuse , par laquelle la France perdait une grande partie de ses conquêtes (Thionville, Marienbourg, Montinédy, Hesdin, Thérouenne.îvoy, Bouillon, la Corse, le Montferrat, la plus grande partie de la Savoie, de la Bresse et du Piémont). Henri II mourut le 10 juillet de la même année d’une blessure que lui fit dans un tournoi le comte de Montgommery. Il avait pour femme Catherine de Médicis, et il eut d’elle dix enfants dont plusieurs moururent jeunes et dont trois occupèrent le trône de France (François II, Charles IX, Henri 111). il eut longtemps pour maîtresse avouee la célèbre Diane de Poitiers.

henri iii, 3e fils de Henri II, né en 1551 , portad’abord le titre de duc d’Anjou. Avant de monter sur le trône, il s’était acquis par les victoires de Jarnac et de Moncontour, remportées sur les Huguenots, une grande réputation, ce qui le fit élire roi de Pologne en 1573. Mais il abandonna ce royaume l’année suivante pour venir succéder en France à son frère Charles IX. La France était alors divisée en trois partis : les Protestants, qui reconnaissaient pour chefs le prince de Condé et Henri de Navarre; les Politiques ou Catholiques modérés, qui s’étaient alliés aux Protestants et se trouvaient sous l’influence du duc d’Alençon, frère du roi ; enfin les Catholiques exaltés , qui reconnaissaient pour chef le duc de Guise. Après quelques hostilités contre les Protestants et les Politiques, Henri III leur accorda la paix de Loches ou de Beaulieu, à des conditions honorables ; mais les Catholiques, irrités de ces concessions, arrachées à la faiblesse, craignant pour la religion et excités par le duc de Guise, formèrent la Ligue ou Sainte Union, dans laquelle devaient entrer tous les citoyens sous peine d’être traités en ennemis. Le but ^e la Ligue était de sauver la religion en exterminant les Calvinistes; on voulait en outre enfermer Henri dans un monastère et donner la couronne au duc.de Guise. Les États de Blois, sous l’influence des Ligueurs, forcèrent Henri III à recommencer la guerre contre les Protestants. Il leur accorda de nouveau la paix à Nérac en 1580 ; mais celte paix ne fut pas de longue durée, et la guerre devint plus acharnée lors que, en 1584, par la mort du duc d’Alençon, frèredu roi, un prince protestant, Henri de Navarre, fut devenu héritier présomptif de la couronne. Henri III, qui soupçonnait le vrai but de la Ligue, n’osait cependant pas encore se brouiller avec le duc de Guise. La journée des Barricades ayant anéanti le pouvoir du roi à Paris, il s’échappa, assembla les états à Blois, y appela le duc de Guise, et l’y fit assassiner en 1588. Ce crime souleva contre lui toute la France catholique, et il fut obligé d’avoir recours à Henri de Navarre. Avec lui il assiégea Paris, et il était sur le point de s’en emparer lorsqu'il fut assassiné par J. Clément, le l" août 1589 ; il expira le 2. Ce prince s’était rendu méprisable, môme aux hommes à-

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son parti, par sa faiblesse, ses débauches, sa honteuse condescendance pour ses favoris, que l’histoire a flétris sous le nom de mignons , par ses prodigalités, et sa superstition. Avec Henri III s’éteignit la maison de Valois, dont il ét ait le dernîpr anitani hrnri IV, dit le Grand , né à Pau le 13 déc. 1553, Hls d Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, et de Jeanne d Albret, reine de Navarre, descendait de Robert, comte de Clermont, sixième fils de saint Louis, et était l’héritier légitime de la couronne de F rance à l’extinction de la famille de Valois. Sa mère l’éleva dans la religion réformée; il apprit l’art de la guerre sous l’amiral Coligny. Après le traité de Saint-Germain (1572), il se rendit à Paris, où il épousa la sœur du roi, Marguerite de Valois; il ne put cependant échapper au massacre de la Saint-Barthélemy qu’en se faisant catholique. Malgré sa soumission il fut gardé à vue, et ne parvint à s’évader qu’en 1576. Alors il revint à son ancien culte, et se mit à la tête du parti huguenot. De nombreux succès, et notamment une victoire remportée à Coutras sur Joyeuse (1587), et le courage, l’habileté, la franchise, la générosité dont il donnait tousles jours des preuves, lui firent bientôt un grand nom. Après avoir fait sa paix avec Henri III, il vint assiéger Paris qui était au pouv. des Ligueurs. A la mort de Henri III, il fut reconnu roi de France par une partie de l’armée, le 2 août 1 589. Mais la défection d’un grand nombre de catholiques le força de lever le siège de Paris. Deux victoires, remportées à Arques (1589), à Ivry (90), relevèr. ses affaires. Il reprit le siège <l<* Paris: m ;t ;■ ;i o-u b> lever encore à l’approche du duc de Parme, qui l’empêcha aussi d ^rendre Rouen (1592) Malgré son courage et ses habiles manœuvres, la guerre eût duré peutêtre longtemps encore si Henri IV n’eût abjuré le calvinisme. Cette abjuration eut lieu en 1593. Paris ouvrit bientôt scs portes, et les chefs de la Ligue ge soumirent l’un après l’autre. En 1598, Henri publia 1 édit de Nantes , par lequel il assurait aux Calvinistes la liberté religieuse avec d’importants privilèges, et, dans la môme année, il signa avec le roi d’Espagne la paix de Vervins. Depuis lors il donna tous ses soins au gouvernement de ses états et ne s’occupa qu’à guérir les plaies de la guerre civile. Les finances, dirigées par Sully, devinrent prospères. Le commerce, l’agriculture, les arts furent protégés. La France fut heureuse. Henri IV, le meilleur roi qui eût gouverné la France depuis Louis IX, mourut cependant assassiné: il fut frappé d’un coup de couteau par le fanatique Ravaillac le 14 mai 1610. Déjà cinq tentatives d’assassinat avaient été faites contre lui. Henri IV a été surnommé par la postérité le bon Henri. Ce prince n’est pas moins connu par sa galanterie que par ses qualités guerrières et politiques ; il eut plusieurs maîtresses dont la plus célèbre est Gabrielle d’Estrées. Outre son mariage avec Marguerite de Valois, qui fut déclaré nul en 1599, Henri avait épousé Marie de Médicis, en 1600. Il eut pour successeur Louis XIII, son fils. Sa Vie a été écrite par Péréfixe, et son Histoire par M. Poirson (1857). M . de Rommel, direct, des Archives àCassel,a publ. en 1840 un vol. de Correspond, inéd. de Henri I V. Lin rec. complet des Lettres de Henri IV fait partie des IJoc. inéd. de l' Hist.de Fr. (1843-54).

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