‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 492 sur 1261 · HER A · texte numérisé non relu

HER A

Perinthus , auj. Erekli {Voy. périnthe) ; — 2» Heraclæa Ponlica ou Eijbolum , auj. Erekli , en Bithynie, sur le Pont-Euxin , colonie milésienne, qui elle-même fonda beaucoup d’autres colonies et fut très florissante; — 3° Heraclæa Lucaniœ , auj. Policoro en Italie, sur la côte de la mer Ionienne, près de Métaponte , à l’embouchure de l’Aciris; c’était une colonie de Tarente ; Pyrrhus y battit les Romains l’an 280 av. J.-C. ; ceux-ci la soumirent en mêmetempsqueTarente, 273ansav. J.-C.; — Heraclæa Minoa , sur la côte méridionale de la Sicile à l’O. et près d’Agrigente , colonie crétoise très grande et très riche pendant un temps , mais ruinée par les Carthaginois; — 6° Heraclæa Gaccabariaoxx Fanum sancti Eutropii, auj. Saint-Tropez , ville de Gaule dans la Narbonnaise 2e, au S. de Forum Juin et sur la mer; — '6° Heraclæa Viennensis , auj. Saint-Gilles , ville de Gaule dans la Viennaise , sur la rive droite de la grande embouchure du Rhône’; ce fut la première résidence du roi goth Ataulf.

HÉRACLÉONAS (Constantin), fils d’Héraclius et de l’impératrice Martine, monta sur le trône en 641 conjointement avec son frère Héraclius-Constantin, n’étant âgé que de 15 ans. La mort de son frère, qui périt empoisonné par sa mère Martine , le rendit seul maître de l’empire. Son gouvernement, odieux au peuple, dura seulement quelques mois; il fut déposé, eut le nez coupé, et fut envoyé en exil, où il mourut. „

HÉRACLÉOPOLIS, nom commun à deux villes d’Egypte qu’on supposait fondées par Hercule et qu’on distinguait par les épithètes de grande et de petite. La lre, située à l’O. du Nil , sur le canal de Joseph, était célèbre par le culle rendu à l’iehneumon; c’était le ch.-l. du nome Héracléopolite dans l’Heptanomide ; — la 2e, dite en égyptien Setliro , était à 25 kil. E. de Tanis.

HÉRACL1DE DE PONT, Ponticus Ileraclides, philosophe grec, d’Héraclée dans le Pont, vint à Athènes vers l’an 357 av. J.-C. et y fut successivement disciple de Platon.de Speusippe et d’Aristote ; il avait composé plusieurs ouvrages sur la philosophie , la physique et la grammaire. Tous ces ouvrages sont perdus: il nous reste seulement quelques extraits de son Traité des constitutions des États , publié par Kœler,Halle,l 804, et par Coray, Par., 1805(ler v. delà Bibl. grecq.)\\QS Allégories d’ Homère[Gœl. ,1782, et Leyde, 1851), et les Choses incroyables, Leips., 1843.

HERACLIDES. On appelle ainsi les fils, petit-fils et autres descendants d Hercule. Après la mort de ce héros (vers i’an 1307 av. J. C.),Hyllus son fils et son héritier direct et les autres Héraclides avaient été chassés de Tiiynthe et du Péloponèse ^ar Eurysthée. Ils se retirèrent d’abord dans la Trachinie, puis en Attique, d’où , avec le secours de Thésée, ils essayèrent de rentrer dans le Péloponèse. Vaincus dans deux expéditions, et repoussés par un oracle, ils renoncèrent à leurs tentatives après la mort d'Hyllus, et se retirèrent chez les Doriens en s’engageant à ne point inquiéter le Péloponèse pendant 100 ans. Infidèles à cet engagement, les Héraclides, aidés des Doriens et sous la conduite de Cléodée et d’Aristomaque, tentèrent deux nouvelles invasions qui n’eurent aucun résultat. Enfin dans une 5e expédition ils réussirent à reconquérir le Péloponèse. Ils avaient â leur tête Aristodème, dont les descendants régnèrent à Lacédémone; Témène, qui s’empara d’Argos , et Cresphonte, auquel échut la Messénie. Cet événement eut lieu 80 ans après la prise de Troie (1 190 ou selon une autre chronologie 1104 ans av. J.-C.). D’autres Héraclides régnèrent en Lydie et en Macédoine: les premiers étaient issus d’Alcée, fils d’Hercule et d’OmphaleoudeMalis;lessecondsdeCaranus.

HÉRACLITE, d’Ephèse, philosophe grec de l’école d’Ionie, florissait vers l’an 500 av J.-C. Il

HERA

occupa une haute magistrature dans sa patrie; mais ayant été victime d’une injustice, il renonça aux affaires et se retira loin de la société des hommes sur une montagne solitaire où il vivait d’herbes et de racines. Accablé d’infirmités précoces, il se laissa mourir de faim à l’âge de 60 ans. Héraclite était d’une humeur chagrine et misanthropique, ce qui a fait dire qu’il pleurait toujours ; on l’oppose vulgairement à Démocrite, qui riait sans cesse. Il avait composé un Traité de la Nature (en prose), et d’autres écrits, tous remarquables par leur obscurité, ce qui lui a fait donner le surnom de Ténébreux. Héraclite admettait pour principe unique le feu, mais un feu pur et subtil , bien différent de celui que nous voyons: il disait que toutes choses sont dans un écoulement perpétuel, que tout devient, rien ne demeure , que les parties de l’univers sont sans cesse rapprochées par la concorde et séparées par la discorde ; que le monde doit périr par un embrasement général. 11 reconnaissait une raison universelle que tous les hommes reçoivent par une sorte d’aspiration , et semblait ainsi placer le critérium de la vérité dans l’accord unanime. Il ne reste d’Héraclite que quelques fragments qui ont été réunis par II. Étienne dans sa Poesis philosophica, 1573, par Schleiermacher,dans le Musée de la science des anciens , et, à part, par Hubmann, Leips., 1852.

HERACL1TZA, Heraclæa , ville de la Turquie d’Europe (Roumélie), sur la mer de Marmara, à 40 kil. N. E. de Gallipoli ; assez peuplée.

HÉRACLIUS, empereur d’Orient, fils d’un exarque d’Afrique, renversa le tyran Phocas en 610, et se fit couronner à sa place, à l’àge de 35 ans. De 610 à 622, son règne ne fut marqué que par des désastres ; l’empire , envahi en Europe par les Avares, en Asie-Mineure et en Egypte par les Perses, fut réduit aux murs de Constantinople. Mais de 622 à 629, ce fut une époque de gloire; Héraclius, à la tête de ses troupes, remporta plusieurs victoires sur Chosroès, roi des Perses, et reconquit l’ Asie-Mineùre jusqu’au Tigre , tandis que le patrice Bonose repoussait les Barbares loin de Constantinople. Mais ensuite commença une nouvelle période de revers et de honte, de 632 à 641. Héraclius ne s’occupa plus que de controverses théologiques, et publia en faveur des Monothélites un fameux édit appelé Ecthèse : pendant ce temps les lieutenants du calife Aboubèkre prenaient Damas (632). Puis Jérusalem se rendit au calife Omar (637) , et enfin la Mésopotamie , la Syrie et la Palestine furent perdues. Héraclius se montra faible au milieu de ces désastres. Il mourut en 641, laissant deux fils, Héraclius-Constantin et Héracléonas. C’est ce prince qui recouvrala vraie croix : il la reçut des mai ns de Syroès.

héraclius il (Constantin), fiTs d’Kéraelius et de Flavia Eudoxia , né à Constantinople en 612, succéda à son père en 641, et ne régna que quelques mois. Il partagea le trône avec Héracléonas son frère , fils de l’impératrice Martine. Ayant appris que son père avait déposé un trésor considérable chez Pyrrhus, patriarche de Constantinople, et qu’il devait être remis à l’impératrice Martine, dans le cas de quelque disgrâce , il fit enlever cet argent. Martine se vengea en l’empoisonnant.

hér aclius, roi de Géorgie, 1 760-1 798. Voy. Géorgie.

HÉRAT, ville île l’Afghanistan, capitale du Khoraçan orient., et delà prov.d’Hérat, à 640 kil. N. O. de Kaboul, par 34° 55’ lal. N. et 58° 16’ long. E. On porte sa population à 100,000 hab. Elle est fortifiée, renferme un grand nombre de bazars, de mosquées, de caravansérais et de bains. On y fabrique des étoffes de coton et de soie , des châles, des tapis, des essences de rose, etc. ; le commercé y est considérable. Cette ville est l’anc. Aria. Elle existait, dit-on, dès le temps d’Alexandre. Elle a été souvent ravagée par les divers conquérants qui

HERA

se sont disputé la domination de l’Asie. Elle fut prise par Gengis-khan, puis par Tamerlan, qui en fit le siège de son empire; les sophis la réunirent ensuite à la Perse ; mais les Afghans la leur enlevèrent en 1715. Nadir-chah la reprit en 1741 et Ahmed-chah en 1749. Depuis ce temps elle forme un état pour ainsi dire indépendant. La Perse a longtemps maintenu ses prétentions sur Hérat et a tenté plusieurs foisde s’en emparer : elle y avait enfin réussi en 1856; mais, en 1857, les Anglais la forcèrent, par le traité de Paris, à renoncer à cette conquête.

HERAULD (Didier), Desiderlus Heraldus , avocat au parlement ue Paris et philologue, né vers 1579, mort en 1649, célèbre par plusieurs ouvrages d’érudition, avait été d’aLord professeur au collège de Sedan. Il eut avec Saumaise des démêlés qui firent beaucoup de bruit. On lui doit des Noies estimées sur Y Apologétique de Teriullien , sur Minulius Félix , sur Arnobe, sur Martial ; un ouvrage contre Saumaise , Paris, 1699, in-8 ; des livres de droit , etc.

HÉRAULT. riv. de France, naît dans les Cévennes (dép. du Gard), arrose St-Guilhem, Pézenas, Bessan, et se jette dans la Méditerranée, au port d’Agde, après 130 kil. de cours.

Hérault (dép. de 1’), un des départ, méridionaux de la France, est borné au N. par les dép. du Gard et de l’Aveyron; à l’E. par celui du Gard; au S. par celui de l’Aude et la Méditerranée ; à l'O. par ceux du Tarn et de l’Aude. Superficie, 6,239 kil. carrés; 357,846 hab. Ch.-l., Montpellier. Il était compris tout entier dans l’ancien Languedoc. Ce dép. est arrosé par l’Hérault, le Lez et l’Orbe; il est traversé par les canaux du Midi, de Lunel , de Graves, de la Peyrade, de Montpellier, etc. Le sol est gras et riche; il produit peu de blé, mais donne beaucoup de fleurs et de fruit»; campagnes couvertes d’oliviers et de mûriers, jardins remplis d’orangers, citronniers, grenadiers ; prés toujours verts, prairies artificielles, vins excellents [Lunel, Frontignan , St-George et autres) ; melons; grande richesse en plantes médicinales, tinctoriales; moutons nombreux et estimés, vers à soie , grande pêche de la sardine près de Cette : 70,396 hectares de forêts (chênes et pins). Houille, granit, marbre, albâtre, plâtre, eaux minérales, marais salans, draps communs; bonneterie en soie, en laine et coton dite de poil d'Inde ; fabriques de merrain, papier, huile de ricin, acier, verdet, acides minéraux; confitures, eaux-de-vie; raisins secs, olives confites, bols de construction, besliaux ; grand commerce maritime. — Le dép. de l’Hérault a 4 arrondissements (Beziers, Lodève, Montpellier, Saint-Por.s), 36 cantons et 328 communes. 11 appartient à la 10e division militaire; et possède un1 évêché et une cour impériale, qui ont leur siège à Montpellier.

HERAULT DE SEGHELLES (Marie-Jean) , conventionnel , né à Paris en 1760, d’une famille ancienne et noble, était déjà connu comme avocat et littérateur lorsque la révolution éclata. Il en embrassa les principes avec chaleur, et fut nommé député à l’Assemblée législative, puis à la Convention. Il siégea dans les rangs des plus ardents révolutionnaires ; il présida la Convention au 2 juin, lors de la proscription des Girondins ; la constitution de 1793, établie après cet événement, fut principalement son ouvrage. Hérault fit aussi partiedu comité de Salut public ; il s’y montra fort réservé : aussi fut-il accusé de reculer ; il fut en conséquence arrêté le 9 mars 1794, quelques jours avant Danton, son ami, et Camille Desmoulins; tous marchèrent ensemble à l’échafaud, le 5 avril 1794. Hérault de Séchelles a laissé quelques écrits: Une visite àDuffon, 1785, in-8, réimprimé en 1802 sous le titre de Voyage à Montbard ; Détails sur la société d.' O lien , 1790, in-8; Théorie de l’ambition , 1802, In-8 ; Rapports sur la constitution de f793.

HERB

HERBÀS, ville d’Espagne, à 17 kil. S. O. de Réjar, au milieu des monts de Gredos; 6,150 hab.

HERBAULT, ch.-l. de canton (Loir-et-Cher), à 14 kil. O. de Blois; 720 hab.

HERBELOT (Barthélemy d’), orientaliste, né à Paris en 1625, mort en 1695, parcourut l’Italie pour y consulter les manuscrits, résida longtemps à Florence auprès du grand-duc, fut à son retour en France nommé interprète pour les langues orientales, puis professeur de syriaque au Collège de France. On a de lui : Bibliothèque orientale ou Dictionnaire universel , contenant tout ce qui concerne les peuples de l’Orient, Paris, 1697, in-fol., La Haye, 1777-1782, 4 vol. in-4. Cet ouvrage montre une érudition immense, mais manque de critique. L’auteur ne put le faire imprimer lui-même; il fut publié par Galland.

I1ERBERAY DES ESSARTS (Nicolas d’), écrivain du xvie siècle, d’une famille noble de Picardie, mort vers 1552, était commissaire d’artillerie. Il est connu par plusieurs traductions: celle d ’Amadisdes Gaules (faite sur l’espagnol, 1540-1548, et entreprise par ordre de François 1) ; celles du premier livre de la Chronique du très vaillant et redouté don Florès de Grèce , 1562, in-fol.; de Flavius Jo sèphe, 1557, in-fol.; de l'Horloge des princes , etc

HERBERSTEIN (Sigismond, baron d’), historien né dans la Basse-Styrie en 1486, mort en 1566 remplit lionorableinent diverses missions diploma tiques en Russie, en Danemark, à Constantinople. Il est auteur d’une histoire de Russie fort estimée: Rerum Moscoviticarum commentarii , Vienne, 1549, Bâle, 1556, et trad. en allemand, Vienne, 1567.

herberstein (Charles, comte de), évêque de Laybach, né en 1722 en Carniole, mort en 1787, concourut à introduire en Allemagne les réformes ecclésiastiques qui ont signalé le règne de l'empereur Joseph II; il encourut les réprimandes de la cour de Rome pour s’être montré plus dévoué aux volontés de l’emp. qu’aux règles de l’Eglise: Pie VI lui témoigna à Vienne un vif mécontentement.

HERBERT DE CHERBURY (lord Edouard), homme d’état et philosophe, né en 1581 à Montgommery (Galles), mort en 1648, se distingua par les qualités du corps comme par celles de l’esprit, et eut dans sa jeunesse une grande réputation de ga lanterie à la cour d’Angleterre et à celle de France. Après avoir servi avec distinction sous le prince d’Orange, il fut nommé par Jacques I ambassadeur auprès de Louis XI II, et négocia en faveur des protestants. Il eut dans cette ambassade de vifs démêlés avec le connétable de Luynes. A son retour, il fut créé pair d’Irlande, puis d’Angleterre. Herbert de Cherbury fut un des premiers à professer le déisme. Il a consigné ses opinions sur ce sujet dans les ouvrages intitulés : De veritate prout distinguilur à revelalione, Paris, 1624, Londres, 1645; De religione laïci (à la suite du précédent). On a aussi de lui : Histoire de Henri VIH , en anglais, ouvrage très estimé; Vie de Herbert, écrite par luimême , publiée en 1730 par Horace Walpole. — Son frère, George Herbert, a laissé quelques poésies sacrées, réun. s. ce titre, Le Temple, et, en prose, le Ministre de Campagne, Lond., 1633. Il m. en 1635.

HERBIERS (les) , ch.-l. de canton (Vendée), à 37k.N.E. de Bourbon-Vendée; 2,800 hab.

HERB1GNAC, ch.-l. de canton (Loire-Inférieure), à 35 kil. N. O. de Savenay ; 3,1 10 hab.

HERB1N (Augnste-François-Julien), orientaliste, né à Paris en 1783,. mort en 1806, a publié une Grammaire arabe , Paris, 1803, 1 vol. in-fol.; une Notice sur Hafiz de Chyraz, poète arabe, avec une imitation en vers de quelques odes de ce poète, 1806, in-12, rare. H a laissé plusieurs ouvrages importants : Dictionnaire arabe-français et françaisarabe, 2 vol.; Histoire des poêles persans ; Traité sur

HERG — 813 — ÜEilD

la musique des Arabes ; Des synonymes arabes , etc.

HERBIP0L1S, nom latinisé de vvurtzboijrg.

HERBST (Jean-Frédéric-Guillaume), naturaliste allemand, né en 1743 à Pétershagen (principauté de ' Minden), mort en 1807, fut d’abord instituteur à Berlin, reçut ensuite les ordres, et fut nommé aumônier d’un régiment prussien. Il se distingua dans le ministère de la chaire, et devint membre de plusieurs sociétés savantes. 11 a laissé, outre des recueils de sermons, divers ouvrages estimés sur l’histoire naturelle : Essai d’une Histoire naturelle des écrevisses et des crabes , Zurich et Berlin, 1782, 1784, 3 loi. in-4, avec gravures ; Introduction à la connaissance des insectes , Berlin et Stralsund, 1784-1787, 3 vol. in-fol., avec gravures; Introduction à la connaissance des vers, Berlin, 1787- 1789, 2 vol. in-8, avec figures; Système naturel de tous les insectes connus tant indigènes qu’exotiques, Berlin, 1783-1804, 11 vol. in-8, avec figures.

herbst, imprimeur. Voy. oporin.

HERCULANUM, Heraclœa , auj. Résina, v. de Campanie, sur la côte, entre Neapoîis (Naples) et Pompéi, fut renversée en partie, puis ensevelie, l’an 79 de J.-C., par une éruption du Vésuve. Un hasard fil découvrir son emplacement en 1713, et des fouilles habilement dirigées ont fait retrouver la ville presque tout entière. On en a tiré nombre d’antiquités précieuses qui furent d’abord portées à Portici, village voisin, où elles formaient (avec celles de Pompéïes et Stabies), un riche musée ; puis transférées à Naples. llerculanum était une ville fort belle, bien percée, à rues droites, riche en monuments et en belles maisons. On y a trouvé fort peu d’argent et fort peu de cadavres, preuve sûre que les habitants avaient eu presque tous le temps de s’enfuir.

HERCULE , le plus célèbre des héros de l’antiquité, était, selon laFable, fils de Jupiter et d’Alcmène, femme d’Amphitryon , roi de Tirynthe, et vivait au xiv* ou au xm* siècle av. J.-C. Dès qu’il fut né (1330 ou 1262), la jalouse Junon, qui le haïssait à cause de sa mère, envoya contre lui deux serpents pour le dévorer; mais l’enfant les mit en pièces. Hercule devint en peu de temps d’une taille et d’une force extraordinaires, et se distingua par une foule d’exploits. Obligé, par les destins, d’obéir à Eurysthée [Voy. ce nom), il entreprit par les ordres de ce prince une foule de travaux périlleux, dont les principaux sont connus sous le nom des Douze travaux d' Hercule. Ainsi il étouffa le lion de Némée, tua le sanglier d’Erymanthe et l’hydre de Lerne, perça de ses flèches les oiseaux du lac Stymphale, dompta le taureau de Crète et les chevaux de Diomède, enleva les bœufs de Géryon et les pommes d’or des Hespérides, atteignit la biche aux pieds d’airain, nettoya les étables d’Augias, défit les Amazones et traîna Cerbère hors des enfers; de plus, il délivra Hésione d’un monstre marin, sépara les montagnes de Calpé et d’Abyla, qui auparavant étaient une seule montagne et qui formèrent ce qu’on a nommé depuis les Colonnes d’ Hercule, tua le centaure Nessus, qui voulait enlever Déjanire, sa femme, délia Prométhée enchaîné sur le Caucase, prit Troie pour punir le roi Laomédon de son parjure, s’empara de Pylos, d’OEchalie, et fit une foule d’autres exploits brillants. Ayant emmené d’OEchalie lole, fille d’Euryte, il se disposait à épouser cette princesse, quand Déjanire, sa femme, se voyant près d’être délaissée, lui envoya une tunique teinte du sang empoisonné du centaure Nessus, croyant ce présent propre à le ramener à elle. Hercule ne se fut pas plus tôt revêtu de cette robe qu’elle se colla sur sa peau et le déchira cruellement. Ne pouvant supporter ses tourments , il éleva un immense bûcher sur le mont OEla, et s’y brûla. Philoctète, son ami, recueillit ses cendres. Jupiter le plaça au ciel et lui donna Hébé pour épouse. Hercule eut plusieurs femmes, dont les plus conuues

sontMégare, qu’il tua dans un accès de fureur et Déjanire, dont il eut Ilyllus. Il aima Omphale, reine de Lydie, et fila à ses pieds pour obtenir ses faveurs. Hercule avait été exclu de ses états héréditaires par Eurysthée. Après sa mort, les Héraclides, ses descendants, firent de nombreux efforts pour les reconquérir, mais ils ne parvinrent à y rentrer qu’en 1 1 90 av. J.-C. {Voy. héraclides). — Le grand nombre des exploits que l’on attribue à Hercule fait croire qu’il y a eu plusieurs personnages de ce nom. Varron en compte jusqu’à 44. Diodore en reconnaît 3 et Cicéron en distingue 6: les trois premiers, issus de trois Jupiters, un quatrième égyptien, fils du Nil, un cinquième crétois, qui fut un des Dactyles Idéens, et le sixième indien et nommé Bélus. Les Grecs ont cru retrouver leur Hercule dans tous les pays qu’ils ont parcourus ; ils l’ont vu sous les traits du Candaule lydien, du Bel ou Baal de Syrie, du Melkart de Tyr, du Djom ou Som égyptien, du Rama hindou, de l’Ogmios gaulois, etc. Quoi qu’il en soit, on doit au moins distinguer; 1° un Hercule-dieu, dont le culte serait originaire d’Orient; 2° un Hercule-roi, issu à Thèbes d’une branche de la famille de Persée et tige des Héraclides, auquel on a prêté tous les exploits merveilleux et allégoriques de l'Hercule-dieu. Quelques savants ne voient dans Hercule qu’un personnage allégorique, et le confondent avec le soleil : ses douze travaux représenteraient alors les douze mois ou les douze signes du Zodiaque.

hercule (Maximien). Voy. maximien.

HERCULE d’ESTE. Voy. ESTE.

HERCULE (Les colonnes d’). Les anciens nommaient ainsi les deux monts Abyla et Calpé (l’un en Afrique et l’autre en Espagne), qui jadis, dit-on, ne formaient qu’une seule montagne et qu’Hercule sépara pour unir la Méditerranée à l’Océan ; il paraît que les véritables colonnes d’Hercule ne sont que les deux colonnes du temple de Melkart à Gadès.Les deux colonnes forment un trait essentiel de tous les temples phéniciens.

HERCUL1S insula, auj. l’île d’/i sinara, petite île de la Méditerranée, près de l’île de Sardaigne.

herculis... portus , nom commun à plusieurs lieux anciens dont la fondation était attribuée à Hercule, et dont les principaux sont : 1° Herculis Cosani Portus, auj. Porio-Ercole , petite ville de l'Ëtrurie mérid., près de Cosa. à laquelle elle servait de port ; 2° Herculis Liburni Portas, lieu de l’Étrurie septent., sur l’emplacement où est auj. Livourne ; 3° Herculis Monœci Portus, auj. Monaco, ville de Gaule, dans les Alpes maritimes, entre ISiccca (Nice) et Albium Intemelium (Vintimille).

herculis templum, auj. San Pedro, ville de Bétique, à 62 kil. E. de Gadès, avait été fondée par ies Tyriens sur une hauteur qui dans les marées hautes forme une île.

HERCYNIENNE (forêt), Hercynia Silva , immense forêt qui couvrait presque toute la Germanie , s’étendait du Rhin à l’Erzgebirge (Ilcrcynii Montes ) et au Bœhmerwald; la Forêt-Noire, ainsi que les bois qui couvrent les montagnes du Ilarz et de l’Erzgebirge, n’en sont que des restes. Ilarz, Erz sont probablement les radicaux du mot Hercynia.

HERCYNH montes. Voy. hercynienne (forêt).

I1ERDER (J. gottfried), écrivain allemand, né en 1744 à Mohrungen (Prusse orientale), d’une famille pauvre, mort en 1803, se forma par ses seuls efforts et embrassa l’état ecclésiastique. Il fut successivement prédicateur à Riga, à Schaumbourg-Lippe, à Weimar (1776), et président du consistoire de cette dernière ville. Savant presque universel, il s’exerça dans les genres les plus divers et laissa une foule d’écritsqui se rattachent soit à la religion et à la théologie, soit àlaphilosophie, soit à l’histoire et l'archéologie, la littérature et les arts, et dont

rnr?p'Trr:>«T fjTT'f . .

Page 1