‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 526 sur 1261 · IMAM · texte numérisé non relu

IMAM

bitants en esclavage (Voy. hklos); mais dans la suite onétenditce nom à tous les esclaves indistinctement. On les traitait avec la dernière dureté, et on les entretenait soigneusement dans l’état le plus abject. Ceux qui se distinguaient par la beauté ou le courage étaient impitoyablement mis à mort. Quelquefois même , dit-on, quand ils devenaient trop nombreux, on envoyait des hommes armés pour les exterminer. Ils tentèrent plusieurs fois de se rendre libres, et faillirent s’emparer de Sparle après un tremblement de terre, l’an 469 av. J. -G.; mais

naires du culte ; dans ce sens, l’imam est celui qui, à la mosquée, fait la prière à la tête du peuple, qui préside aux cérémonies de la circoncision , aux enterrements; c’est à peu près notre curé. — En Arabie , on appelle imams certains chefs qui ont à la fois le pouvoir politique et religieux : tels sont leu imams de l’Yémen ou de Sauna* et celui, de Maskafe imam-ali, imam-hussein , villes de la Turquie d’Asie. Voy. mesched-ali, mesched-hussein. IMAMAT , état régi par un imam. Voy. imam. IMAM-MOUÇA, ville de la Turquie d’Asie (Bag-

ils ne purent réussir à secouer le joug. Cependant dadj, à 22 kil. N. O. de Bagdad, renferme le fomon leur accorda la liberté après la guerre du Pélo- j beau de l’imam Mou ça, mis à morten 799. Les Chyiponèse en récompense des services

qu’ils avaient

rendus.

ILUNUM, ville d’Hispanie, auj. hellin.

ILURO, ville de Gaule, dans la Novempopulanie, chez les Osquidaies , auj. 0 1er on.

ILUS, fils de Tros et de Callirhoé, fille de Scamandre, bâtit Ilion, et chassa Tantale de soi r ©y. Le feu ayant pris au temple de Minerve, lius y courut, saisit le Palladium, et le sauva des flammes. Il lui en coûta la vue, mais les dieux lui en rendirent l’usage. On le fait régner de 1402 à 1347 avant J.-C.

ILVA ou ÆTHALIA, auj. l’île d’Elbe, île delà mer Supérieure, entre l’Etrurie et la Corse, vis-à-vis de Populonium (Piombino), était connue des anciens pour l’excellence et l'abondance de son fer.

ILYATES ou ELEATES, peuple ligure, qui fut soumis par Fulvius (l’an 58 av. J.-C.), habitait au S. de Tortone, entre les rivières de Scrivia et de Staffora.

IMAD-EDDAULAII (Ali), chef de k, dynastie des Bouïdes, usurpa le trône de Perse vers 932, après le meurtre de Mardawydj ; s’empara de Cliyraz, de Bagdad et de la personne du calife; régna sur le Kerman, l’Irak et la Perse, et mourut en 949.

IMAD-eddyn (Mohammed), surnommé El-Kateb , né à Ispahan en 1125, mort en 1201, fut secrétaire de Noureddin et de Suladin, et quitta la cour pour cultiver les lettres. On a de lui : Histoire des expéditions de Suladin en Syrie ; Histoire de la conquête de Jérusalem par Saladin; Histoire des poètes musulmans du vie siècle de r hégire ; un Divan, recueil de lettres et de poésies.

IMAM ou IMAN, nom donné dans l’origine par les Musulmans au chef suprême de leur religion. Pour les Sunjiites ou orthodoxes, le titre d’imam se confond avec celui de calife, et la puissance spirituelle n’est pas séparée de la puissance temporelle. Mais la secte des Chyiles , opposée à celle des Sunnites , ne reconnaît pour véritable imam, après Mahomet, qu’Ali, son gendre, et les descendants d’AIi; en outre, les Chyites se divisent entre eux sur le nombre et la succession des imams. Les uns en admettent douze , dont le dernier, enlevé à l’âge de 12 ans , doit reparaître un jour pour faire régner la vraie religion; ils le nomment le Mahdi (le Dirigé), et en font une espèce de Messie , dont ils attendent encore le retour. Les autres n’admettent que sept imams, savoir: Ali, gendre de Mahomet, Hassan et Hussein, tous deux fils d’AIi, et martyrs, Ali-Seinolahiddin , Mohammed-Bakir , Giafar-el- Sadic, Ismaël ; après ce dernier, iis refusent d’admettre comme imam légitime Mouça, son frère , qu’admettent les autres Chyites, et lui substituent la postérité d’ Ismaël ; on les a nommés de là Ismaéliens. Ceux-ci prétendaient qu’après Ismaël , le caractère d’imam était passé à son fils Mohammed, puis à des personnages inconnus qui se manifesteraient dans leur temps. — Le sultan, qui, aux yeux de tous les Ottomans, est le chef légitime de la religion, reçoit à ce titre depuis Selim I (1516) le nomd 'imam.

tes y ont transporté leurs trésors et les restes de l’imam Ali depuis la prise de Mesched-Ali par les Wahabites en 1806. Elle est hab. par des Tadjicks

IMAN. Voy. imam.

1MAUS ou EMODI montes , auj. les monts Bé~ lour et V Himalaya , grande chaîne de montagnes de l’Asie supérieure ancienne, s’étendait depuis le mont Caucase et le Paropamisus jusqu’aux limite! septentrionales de l’Inde. Elle séparait la Scythie d’Asie en deux régions appelées, celle du nord, Scythie au-delà de l’Imaüs ( Scythia extra Imaum ); celle du sud, Scythie en-deçà de l’imaüs ( Scythia intra Imaum).

JMBERT (Barthélemy), poëte distingué, néàNîmes en 1747 , mort dans l’indigence à Paris en 1790, a composé des fables et des vers légers pleins d’esprit ; il s’est aussi essayé , mais avec moins de succès, dans la tragédie et la comédie. Il rédigea pendant plusieurs années les articles de spectacle dans le Mercure. On a de lui : le Jugement de Pâris, poëme en 4 chants, Paris, 1772; Fables nouvelles , 1773 ; Historiettes ou Nouvelles en vers, 1774; Lectures du malin et du soir , ou Nouvelles historiettes , en prose, Paris, 1782: Choix de fabliaux, en vers, 1788 ; le Jaloux sans amour , comédie en 5 actes et en vers libres ; le Jaloux malgré lui , comédie en 3 actes et en vers ; Marie de Brabant , tragédie, etc. On a donné ses Œuvres choisies , 1797, 4 vol. in-8.

IMBROS, Imbrus, auj. lmbro , île de la mer Egée , au S. de la Samothrace , était jadis comme cette dernière le siège (mais non le sanctuaire) du culte mystérieux des Cabires. Aujourd’hui elle fait partie de l’eyalet de Roumélie et ne renferme que 4,000 hab., qui habitent les bourgs de Flio et Castro

IMËRËTHIE ou IMIRËTIE, province de la Russie méridionale, entre 41° 50’ et 42° 7’ lat. N., et entre 39° 55’ et 41° 18’ long. E., est bornée au N. par le Caucase , qui la sépare de la Circassie, à l’E. par la Géorgie , au S. par l’Arménie , au S. O. par la Gourie et à l’O. par la Mingrélie ; 140 kil. sur 110; 80,000 hab. (Imérétluens , Arméniens et Juifs) ; ch.-l. Kotatis ou Koutaïs. Elle est div. en 4 districts (Kotafis, Radcha , Choropano et Vacca). LTméréthie est arrosée par le Rioni ( le Phase des anciens) et par ses affluents ; au N. E. elle est bornée par de hautes montagnes qui renferment beaucoup de richesses minérales que l’on n’exploite pas (à l’exception du fer) , et qui sont couvertes de forêts. Le sol est très fertile, et produit en abondance du millet, du maïs , du vin, du tabac excellent, du coton, du blé, du seigle et de l’orge. Tous les arbres fruitiers de l’Europe y sont cultivés; les forêts nourrissent beaucoup de gibier. Les principales exportations consistent en cuirs , fourrures , miel , cire et bois. Le gouvernement russe a fait tous ses efforts pour y abolir le commerce des esclaves, et surtout des femmes destinées aux harems des Turcs et des Persans. — Jusqu'au xiv* siècle, l’Iméréthie fit partie de la Géorgie; au commencement du xv# siècle, le roi géorgien Alexandre I, ayant partagé ses états entre ses trois fils, donna lTméréthie à l’aîné ; cette contrée eut alors pendant quel-

— On étend le nom d’imam à des ministres ordi - que temps des souverains indépendants , mais elle

IMPE

INGil

devint bientôt tributaire des Ottomans. En 1804 , Salomon 11 , qui gouvernait 1 lméréthie , se soumit volontairement à la Russie, et reçut une pension en échange de la cession de son royaume.

ÎMHOF (Jacques-Guillaume), savant généalogiste allemand, né à^luremberg en 1651 , mort dans la même ville eriH728, a composé la généalogie des principales familles de l’Allemagne, de la France, de l’Angleterre, de l’Italie , etc.

1MMÆ, v. de Syrie, entre Emèse et Antioche. Macrin y fut défait par les partisans d’Héliogabale en 21 8.

IMMONDE (golfe) , lmmundus sinus , enfoncement que forme la mer Rouge sur les contins de la Nubie et de l’Egypte, par 22° 52’-24° lat. N.

IMOLA, Forum Cornelii, ville forte des États de l’Eglise (Ravenne), à 39 kil. S. O. de Ravenne; 9,000 hab. Évêché. Château-fort, églises, palais ; académie littéraire dite de' Induslriosi. Fabriques de tartre dit de Bologne. Commerce. Les Français défirent les Autrichiens aux environs de cette ville en 1797. — Pie VII avait été évêque d’Imola.

IMPERATOR. Nom que les soldats romains décernaient à leur général victorieux , et qui , après Auguste , devint synonyme de celui de souverain. Le dernier général romain qui reçut ce titre du temps de l’empire fut Junius Rlésus , sous le règne de Tibère. Voy. empereur.

IMPERIAL (canal), en Chine. Voy. iu-ho.

IMPÉRIAL (parlement). On nomma ainsi, depuis l’union définitive de l’Irlande à l’Angleterre (1801), le parlement de l 'empire britannique, qui réunissait des représentants des trois royaumes.

IMPÉRIALES (villes). On appelait ainsi dans l'ancien empire d’Allemagne certaines villes libres qui avaient leur administration particulière et ne relevaient quedel’empereur. — Dans lesdiètes de l’Empire ces villes formaient le Banc du Rhin et le Banc de Souabe. Les villes du Banc du Rhin étaient : Cologne, Aix-la-Chapelle, Mayence, Lubeck. Worms, Francfort, Goslar, Brême, Muhlhausen, Nordhausen, Dortmund, Wetzlar et Gelnhausen. Les villes du Banc de Souabe étaient : Ratisbonne , Augsbourg , Nuremberg , Eslingen , Ulm , Reutlingen , Nordlingen , Rotenbourg , Halle, Rothweil , Uberlingen, Ileilbronn, Gemünd, Memmingen, Lindau, Ravensbourg, Schweinfurt, Kempten, Windsheim, Kauffbeuren, Weil, Wangen, Pfullendorf, Offenbourg, Leutkirch, Wimpfen, Weissembourg , Zell, Buchorn, Aalen, Buchau et Donawerth. Ces deux bancs représentaient : le premier, la Confédération du Rhin , formée originairement entre les villes de Mayence, Cologne, Worms et Strasbourg (1247) , et accrue depuis par l’accession de plus de 60 villes situées sur les deux rives du Rhin , depuis Zurich jusqu’à Cologne ; le second , la Grande Ligue ou Ligue de Souabe , formée en 1380 par les villes de Souabe , et dans laquelle entrèrent celles de Fran-

conie. . , .

1MPERIALI (Jean-Vincent), homme d état et poète génois, duc de Saint-Ange (dans le royaume de Naples), fut envoyé en ambassade auprès du roi d’Espagne, du duc de Mantoue et du pape, et fut en 1625 chargé du gouvernement du Milanais. Il mourut à Gênes en 1645. Il cultiva la poésie avec succès. On lui doit : Lo Stato rustico (poème sur l’agriculture) ; La Santa Teresa ; Gli Argomenti délia Gerusalemme conquislata del Tasso ; 1 Funerali del cardinal Orazio Spinola Suozio ; Cento Diseorsi politici , etc.

imperiali ( Joseph- René ) , cardinal, né à Genes en 1651 , mort en 1737 , était gouverneur de Ferrare , et fut sur le point d etre élu pape à la mort d’innocent XI (1730). Il protégeait les lettres et forma une riche bibliothèque qu il ouvrit au

public. „ . , , Aa

imperiali -lercari ( François-Marie ) , doge

Gênes, eut des démêlés avec Louis XIV, qui, voulant le punir d’avoir pris parti pour l’Espagne, fit bombarder Gênes (1684), et le força à venir à Versailles lui offrir sa soumission.

IMPÉRIAUX, ttOhi sous lequel on désignait depuis le xvie siècle les forces de l’empire d’Allemagne.

IMPORTANTS (les), faction poliliquequi se formaà a mort de Louis XIII, se composai! des hommes qui, après avoir été proscrits par Richelieu , croyaient avoir droit sous le nouveau gouvernement à toutes les faveurs; elle avait pour chefs les Guise, les Vendôme, le duc d’Ëpernon, la duchesse de Chevreuse, la duchesse de Montbazon ; on y vit aussi figurer Augustin Potier, évêque de Beauvais, ministre de la régente, jaloux du crédit de Mazarin, ainsi que le duc de Beaufort, gouverneur des enfants d’Anne d’Autriche : ce dernier avait été entraîné par la duchesse de Montbazon , qu’il aimait. La régente , pour briser cette cabale, exila plusieurs des seigneurs qui y étaient entrés, fit enfermer le duc de Beaufort à Vincennes, renvoya l’évêque de Beauvais dans son diocèse, et donna désormais toute sa confiance à Mazarin. La plupart des Importants prirent part quelques années après aux troubles de la Fronde.

IMUS PYRENÆUS, auj. Saint-Jean-Pied-de- Port , ville de la Gaule Transalpine , dans la Novempopulanie, chez les Tarbelli , au pied des Pyrénées ; d’où son nom.

INA, roi de Wessex, un des royaumes de l’Heptarchie saxonne, régna de 689 à 726, et fit rédiger un code qui servit de base à celui d’Alfred-le- Grand ; il fit aussi un pèlerinage à Rome, et institua à son retour la taxe connue sous le nom de denier de saint Pierre.

INACHUS, fondateur du royaume d’Argoa, était originaire de Phénicie. Après avoir séjourné quelque temps en Egypte il vint, à la tête d’une troupe de pasteurs phéniciens, égyptiens et arabes, s’établir dans la partie du Péloponèse nommée depuis Argolide (1986, ou, selon d’autres, 1850 ans av. J.-C.), et y régna 60 ane. Il fut père de Phoronée, qui lui succéda, ainsi que d’io et d’Egialée.

INACHUS, auj. Najo ou Planizza, riv. de l’ Argolide, coulait du N. au S., et, après avoir traversé Argos, se jetait dans le golfe Argolique.

1NAGUA-GRANDE , une des Lucayes, par 76e 7’ long. O., 21° 3’ lat. N. ; 80 kil. sur 20; peu peuplée. Abords dangereux. Marais salants.

inagua-CHICA fc.-à-d . Petite Inagua ) , une des Lucayes , au N. O. de la précédente, par 75° 21 long. O., 21° 29’ lat. N. : elle est déserte.

1NAMBARI, riv. de l’Amérique du Sud, naît en Bolivie (dép. de la Paz), reçoit la Cuchoa et tombe dans le Béni par 74° long. 0. , 12° lat. S. Cours, 450 kil.

INARIME, île de la Méditerranée. Voy. ænaria

INARUS, fils de Psammétique , régna d’abord en Libye. Elu roi d’Egypte, 463 av. J.-C., il s’allia aux Athéniens et battit Achémène , général des Perses ; mais, quelque temps après, il fut défait à son tour par Mégabyse , et tomba entre les mains d’Artaxerce, qui hî fit mettre en croix, 456 av. J.-C.

INCA, ville d’Espagne, dans l’île Majorque , à 24 kil. N. E. de Palma; 3,350 hab.

INCAS, nom de la dynastie qui régnait au Pérou avant la conquête de ce pays par 1 Espagnol Pizarre en 1533. Les Incas se prétendaient issus du soleil, et après leur mort ils étaient adorés comme dieux. Le 1er de cette dynastie est Manco- 1 Capac, au xie s. de J.-C. Ses descendants occupèrent 1 le trône près de 500 ans ; Atabaliba, qui régnait au ! moment de l’invasion csp., fut tué par trahison. Un | dernier rejeton, Tupac-Arnaru, fut décapité en 1571.

INCIIBALD (Elisabeth simpson, connue bous le 1 nom de mistress) .actrice anglaise e’ femme-auteur,

IJNDE

née en î 7 53 au bourg de Standingûeld, dans le Suffolk, morte en 1S21, était fille de pauvres fermiers, et quitta à 18 ans la maison paternelle pour chercher à soulager l’infortune de sa famille; elle vint à Londres pour entrer au théâtre, et y épousa en 1772 l’acteur Inchbald, qui la laissa veuve dès 1777. Née bègue, elle n’obtint que de médiocres succès sur la scène. En 1789, elle la quitta pour les lettres. On a d’elle plusieurs comédies qui ont réussi, et deux romans que l’on met au nombre des plus jolies productions échappées à la plume d’une femme; ee sont : Simple Histoire (1791), Nature et Art (1796), traduits en français par Deschamps. On lui doit aussi une collection du théâtre anglais, avec des préfaces biographiques et critiques, qui la font rechercher. Mistress Inchbald avait rédigé d’intéressants mémoires, qui n’ont paru que d’une manière fort incomplète, Londres, 1824.

INCHOFER (Melchior) , jésuite hongrois , né en 1584, mort en 1648, étudia chez les Jésuites à Rome, fut envoyé par ses supérieurs à Messine pour y enseigner les mathématiques, puis à Macerata et à Milan. On a de lui : Tractatus syllepticus, Rome, 1633 (il y combat le système de Copernic et de Galilée); Annales ecclesiastici regni Hungariœ , Rome, 1644. On lui a attribué à tort la Monarchie des Solipses (satire contre les Jésuites).

INC1TATUS, nom que l’empereur Caligula donnait à son cheval, parce qu’il était vif et ardent. Il voulut le nommer consul avec lui. *

1NCOLISMA, nom latin d’ANGOUi.ÊME.

INDE ou INDES ORIENTALES, nom donné vulgairement à deux grandes péninsules de l'Asie méridionale, séparées par le Gange, et qui sont dites Inde en-deçà du Gange ou Inde Cis gang étique, Inde au-delà du Gange ou Inde Transgangèligue, termes auxquels plusieurs géographes modernes ont substitué ceux d' Hindoustan ( Voy . ce mot) et d Indo- Chiné, à cause delà position de celle-ci entre l’Inde proprement dite et l’Empire chinois.

I. inde cisgangétique, grande presqu’île de l’Asie méridionale, s’étend de 7° 27’ à 31° 40’ lat. N., et de 65° à 90° long. E. Elle a la forme d’un triangle dont la pointe est au S., la base au N. : le côté occidental est baigné par la mer des Indes, celui de l’E. par le golfe de Bengale; au N. il a pour limite les monts Himalaya, qui le séparent du Thibet. Sa longueur est de plus de 3,000 kil. du Nord au Sud.; sa largeur est de 2,500 kil. del’E. à l’0. :sa surface excède 3, 160,000 kil. carrés, et sa population monte, dit-on, à 150,000,000 d’hab. Les divisions de l’Hindoustan ont beaucoup varié. D’après M. Balbi, l’Inde en-deçà du Gange peut se partager géographiquement en quatre régions, Y II indous tan septentrional, comprenant les contrées montueuses à l’E. du Setledje jusqu’aux frontières du Boutan, plus la vallée de Cachemire; Y Hindoustan méridional, comprenant la plus grande partie de l’ancien empire mongol ; le Décan septentrional , s’étendant depuis la Nerboudda au N. jusqu’à la Toumbedra et la Krichna au S. ; le Décan méridional, terminant le continent et s’étendant jusqu’au cap Comorin. Quant aux contrées renfermées dans ces quatre grandes divisions, en voici le tableau :

| Cachemire.

Hindoustan septentr. < Gheroual.

| Népal.

Lahore.

Moultan.

Sind.

Katch.

Hindoustan mérid. { Guzzerat.

Malwa.

Adjemîr.

Delhi, rrah.

Hindoustan mérid.

Décan septentrional.

Décan méridional.

Etats indépendants.

Aoude.

Allahabad.

Behar.

Bengale.

Kandeich.

Aurengabad.

Bedjapour.

Haïderabad.

Bider.

Bérar.

Gandouana.

Orissa.

Circars septentrionaux.

Kanara.

Malabar.

Kotchin.

Travancor.

Coïmbetour.

Karnatic.

Salem ou Barramahal.

Maïssour.

Balaghat.

A cette 4» région se joignent les archipels des Laquedives et des Maldives, plus l’île de Ceylan.

Quant à la division politique actuelle, la voies .

Confédération des Seikhs.

Principauté du Sindhi ou Sind.

Royaume de Sindhia.

Royaume de Népal.

Royaume des Maldives.

Inde anglaise ou Empire indo - britannique, comprenant des possessions immédiates et des possessions médiates. Voy. ciaprès INDE ANGLAISE.

Territoires appartenant :

Aux Portugais (Goa, Daj maun, Diu, dans le Guzze-

; rat et le Bedjapour) ;

f Aux Français ( Pondi-

f chéry , Karikal , Yanaon ,

Chandernagor, Mahé) ;

1 Aux Danois ( Tranque-

. v bar et Sirampour).

Ces différents états sont fort inégaux entre eux L Inde anglaise l’emporte immensément à elle seule sur les huit autres états réunis. Ensuite vient la Confédération des Seikhs.

Les monts Himalaya, qui bornent au N. l’Hindoustan , y étendent de nombreuses ramifications ; plus au S. se voient les Gates, les Nilgherri, les monts Vindhia, et enfin, dans l’île de Ceylan,’ le pic d’Adam ou Hamazel. Parmi les fleuves les plug remarquables , sont d’abord le Gange et le Sind (Indus), grossis chacun par une multitude d’affluents (Hougly, Bagirathy, Djemnah, Setledje, etc.) ; ensuite viennent le Brahmapoutre, presque aussi considérable que le Gange ; le Godavéri, la Nerboudda, la Krichna, le Tapti, le Kaveri. — - Le climat varie selon la hauteur à laquelle on s’élève ; mais dès qu’on n’est plus sur les montagnes, il est généralement très chaud. On ne connaît aux Indes que deux saisons, la sèche et la pluvieuse; dans celle-ci, l’eau tombe à torrents, les fleuves couvrent la campagne. Deux moussons se partagent l’année : celle du N. qui souffle de mai en octobre, celle du S. qu’interrompent quelques vents moins constants (entre autres un vent d’ouest ou de terre qui est souvent meurtrier). Les orages sont épouvantables; le vent suffit pour déraciner de vieux arbres. L’air est généralement sain ; mais il survient fréquemment des épidémies, surtout le choléra, qui enlèvent beaucoup de monde. Le sol est d’une fertilité incomparable en grains, fruits, riz, coton, plantes tinc-

Etats européens.

INDE

tonales et odoriférantes, sucre, indigo, safran, etc. Forêts remplies d’arbres magnifiques et précieux (sandal, cocotier, manguier, gommier, etc.). Mines d’or, d’argent, de cuivre, d’étain, de zinc, de sel : beaux diamants (ceux du Bengale et de Bundelkand sont les plus beaux de l’univers) , rubis, saphirs améthystes, tourmalines, etc. Une foule d’oiseaux au riche plumage y peuplent les forêts; la mer, les rivières fournissent une pêche abondante; le mytile à perles est très commun au cap Comorin. Mais aussi lesanimaux funestes fourmillent dans l’Inde: scorpions, serpents venimeux, moustiques en quantités innombrables, gavials (ou crocodiles d’Asie), lions, hyènes, panthères, tigres (nulle part ils ne sont plus beaux que dans l’Inde). — Les habitants de l’Hindoustan appartiennent à beaucoup de races diverses. Outre les Hindous qui sont les indigènes, on trouve chez eux des Malais, des Mongols, des Chinois, des Guèbres ou Parsis, des Arabes, des Turcs, et en général beaucoup de Mahométans, enfin depuis le dernier siècle un très grand nombre d’Européens, surtout d’Anglais. Les Hindous, qui forment la majorité, sont très doux et peu propres à la guerre; ils sont polygames, vivent presque exclusivement de céréales, et vénèrent, entre autres animaux, le bœuf et l’éléphant. Us sont organisés en quatre castes : brahmes ou prêtres ; chauryas (ou shairias ), guerriers; waïshias ou marchands ; soudras ou artisans : on nomme parias ou tchandalas ceux qui ont perdu leur caste ; ils sont méprisés, abhorrés, et comme mis hors la loi. On ne sait si certaines tribus guerrières, telles que les Mahrattes , les Pindaris, les Seikhs , les Nain, sont de race hindoue. Chacune des races qui habitent l’Hindoustan a sa religion propre: les Turcs exercent le mahométisme, les Guèbres le culte de Zoroastre ; les Hindous suivent, les uns le brahmanisme, qui lui-même se divise en un grand nombre de sectes, les autres le bouddhisme ( Voy . ces noms). On parle au moins 20 langues dans l’Hindoustan : les principales sont le bengali, le kanara, le mahratte, le télinga, le malabar, le tamoul : toutes dérivent de deux langues mortes, qu’on nomme langues sacrées, le sanskrit et le pâli : la première est une des plus belles et certainement la plus riche que l’on connaisse ; les langues de l’Europe paraissent en dériver. L’Inde possède une des littératures les plus riches et l’une des plus anciennes du monde: elle se compose des védas, livres sacrés auxquels se rattachent les upavedas et les puranas , vastes commentaires qui contiennent toute une encyclopédie; de plusieurs poèmes immenses , tels que le Mahabarala , le Ramayana; d’un grand nombre de drames ; enfin d'ouvrages philosophiques, où l’on trouve représentés tous les systèmes de la Grèce aussi bien que ceux des temps modernes, etc.

L’Inde n’a été totalement explorée que dans le «iècle dernier. Dans l’antiquité, les Grecs, jusqu au temps d’Alexandre, ne la connurent que de nom. Depuis cette époque, diverses expéditions successives la firent de mieux en mieux connaître. Alexandre soumit une partie du Pendjab où régnait Porus (ou Pourava) et descendit le Sind jusqu’à son embouchure. Séleucus I Nicator alla plus loin, pénétra jusqu au Gange, vainquit Sandrocottus (Chandra-Goupta), et établit des relations commerciales entre ses sujets et les Hindous. Les Lagides, de leur côté , ne tardèrent pas à diriger d’Egypte en Inde des flottes qui revenaient chargées de denrées. La décadence des Séleucides ralentit pour un temps les relations commerciales entre l’Inde et l’Occident : aussi at-on peu de détails sur l’Inde à cette époque. Cependant on voit la cour impériale de Byzance recevoir plusieurs ambassades indiennes ; au vi® siècle de notre ère, le moine Cosmas Indicopleustes visita une grande partie de l'Inde et en rapporta le ver à

INDE

soie. Les conquêtes dts Musulmans au commencement du vme siècle, et notamment celles de Kotaïbah, général du calife Abd’oul-Melek, qui soumit les rives du Sind vers l’an 707, ajoutèrent aux connaissances que l’Occident possédait déjà sur l’Inde. Jusqu’au xve siècle, l’Europe ne reçut des notions sur cette contrée que par les écrivains arabes ou par les récits isolés de quelques voyageurs; mais en 1497, Vasco de Gama doubla le cap de Bonne-Espérance, et vint aborder sur les côtes occidentales de la presqu’île cisgangétique. Pendant le xvie et le xvn* siècle toutes les côtes de l’Inde furent explorées par les Portugais et les Hollandais; cependant ces deux peuples ne possédèrent jamais que des places maritimes et ne purent point pénétrer au sein du pays ; il était réservé aux Anglais d’explorer et de soumettre à leur domination cette vaste contrée ; la conquête de l’Inde, commencée par ces derniers au milieu du xviii* siècle et continuée jusqu’à nos jours, est aujourd’hui presque entièrement achevée.

Histoire. Les commencements de l’histoire da l’Inde sont entièrement fabuleux ; les Hindous font remonter leur origine à une antiquité exagérée ; cependant, en réduisant leurs calculs à de justes proportions, on peut placer le commencement de la première dynastie de leurs rois (celle des roisChandras) à l’an 3200 av. J. -G. Les listes indiennes mentionnent entre autres princes Bardht, qui vivait un siècle après le déluge, et Djadouster, qu’on place 19 siècles av. J.-C. Jusqu’au xie siècle de notre ère, on ne connaît de l’histoire de l’Inde que ce que nous en apprennent les relations que les Grecs et les Arabes purent avoir avec eux. L’histoire vraiment authentique de l’Inde ne commence guère qu’à l’an 1000 de J.-C., époque de la conquête d’une grande partie de l’Inde par les Gaznévides. En 1024, Mahmoud le Ghaznévide avait soumis toute la partie septentrionale et occidentale de l’Inde jusqu'au Bengale : l’Inde était alors partagée entre un nombre infini de radjahs, parmi lesquels les radjahs de Lahore étaient le3 plus puissants ; ceux-ci restèrent encore quelque temps indépendants. Vint ensuite la dynastie desGhourides (1185-1289), qui étendit sa domination sur l'Inde entière et y fit régner le mahométisme ; les Ghourides cédèrent la place aux Afghans Chilligis, qui devinrent tributaires des Gengiskhanides, puis des Palans et enfin des fils de Tamerlan (1398), et qui s’éteignirent en 1413. Cependant l’empire de l’Inde ne passa aux enfants de Tamerlan qu’après la mort d’un usurpateur , Chizer ou Keser-Khan (1414-1421), et l’extinction de la courte dynastie des Afghans Lodis (1448-1525); alors Baber, un des petits-fils de Tamerlan, vainqueur des Afghans et des Patans, établit le célèbre empire mongol qui finit par embrasser presque tout l’Hindoustan et qui atteignit son apogée sous Aureng-Zeyb. Mais ici , comme dans tous les gouvernements despotiques de l’Asie, la mollesse, le trop de puissance des gouverneurs de provinces, les rivalités des prétendants au trône, affaiblissent bientôt les ressorts de l’état. Le terrible Nadir pille Delhi (1739), et laisse l’empire mongol irrémédiablement affaibli. Les soubabset nababs mongols, les radjahs et les tribus de race hindoue, surtout les Mahrattes et les Seikhs, se soulèvent. Jusqu’alors les colonies européennes dans l’Inde n’avaient eu que peu d’importance et ne s’éloignaient pas encore des côtea de l’Océan. Les gouverneurs français Labourdonnftfs et Dupleix profitent de l’affaiblissement des Mongols pour agrandir la France dans l’Inde (1745-175(1); mais la cour de Versailles les laisse à eux-mêmes, alors les Anglais, sous la conduite de Clive et de Warren Hastings, reprennent le rôle que déserte Louis XV ; ils commencent par fonder la dévannie du Bengale, font du nabab d’Aoude leur vassal,

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obtiennent Bénarès, et beaucoup d’autres villes importantes , par surprise et par ruse ; des guerres heureuses contre les Français , contre les deux rois du Maïssour (Haïder - Ali et Tippou- Saïb) , contre les Mahrattes , contre tous les indigènes, finissent, vers 1817, par les rendre maîtres des sept huitièmes de l’Hindoustan , qu’ils possèdent, soit comme provinces, soit comme fiefs sous leur protectorat. L’inique annexion du royaume d’Aoude,en 1856, et d’autres causes, encore mal connues, donnèrent lieu en 1857 à la révolte des cipayes et à un soulèvement formidable, qui ne fit que donner aux Anglais l’occasion d’étendre leur conquête.

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