ITAL
prenant la Tripolhane à l’E., la Byzachie au N., la Numidle au N. 0., les deux Mauritames à l’O. ; 5° le proconsulat, qui était celui d'Afrique propre, et se composait de la Zeugilane.
III. Italie au moyen âge. — Sous Justin II , empereur d’Orient, en 570, après la chute de l’empire romain d’Occident , l ltalie se trouvait partagée entre l’empire d’Orient et les Lombards. Les possessions lombardes comprenaient toute l’Italie septentrionale avec une partie de l’Italie centrale, et se divisaient en 36 duchés dont les principaux étaient ceux de Frioul, de Brescia, dlvrée, de Turin et de Pavie au N., de Toscane et de Spolète au centre , de Bénévent au S. L’empire romain d’Orient possédait les côtes septentrionales de l’Adriatique qui formaient V Exarchat de Ravenne ; la Pentcpole , formée des cinq villes de Bimini, Pesaro, Fano, Sinigaglia et Ancône; Tarente et le patricial de Calabre , les duchés de Naples et de Rome, les côtes de la Ligurie avec Gênes. — Au ixe siècle, Charlemagne constitua en faveur de son second fils Pépin le royaume d'Italie , qui comprenait, avec l’Italie lombarde ou Lombardie, la Bavière et l’Alémanie ou Souabe méridionale. Il avait donné au pape J’Exarchat de Ravenne et la Pentapole, qui formèrent depuis le Patrimoine de Saint-Pierre. — A partir du xe siècle, l’Italie, en proie à des révolutions perpétuelles, se partagea en un nombre infini de duchés et de comtés indépendants qu’il est impossible d’énumérer. La plupart des villes maritimes s’érigèrent, du xne au xme siècle, en républiques, entre autres Venise, Gênes, Pise, Amalfi, et Naples ; un grand nombre de villes libres de Lombardie formèrent dans le nord de l’Italie une confédération dite Ligue Lombarde, à la tête de laquelle se trouvaient Milan et Pavie. L’agrandissement progressif des Etats de l’Eglise, les conquêtes des Normands dans l’Italie méridionale, la soumission de la Lombardie par les empereurs d’Allemagne changèrent encore plusieurs fois les divisions de l’Italie [Voy. ci-après la notice historique).
IV. Italie moderne. Avant 1789, l’Italie était à peu près divisée comme elle l’est aujourd’hui. On y distinguait . le royaume de Sardaigne, la république de Gênes, la république de Venise, le duché de Modène, le duché de Parme, le grand-duché de Toscane, les États de l’Église, le royaume de Naples, — Après la révolution de 1789, l’Italie septentrionale, conquise par les Français en 1797, forma la république Cisalpine {Voy . ce nom), qui comprenait le Milanais , la république de Venise, les duchés de Modène et de Massa-Carrara et trois légations de3 Etats de l’Église. En 1804, la Savoie, le Piémont et le comté de Nice se trouvaient réunis à l’empire français dont ils formaient sept départements. En 1805, la république Cisalpine prit le nom de royaume d Italie; ce royaume, accru successivement de diverses portions de territoire, finit en 1809 par compter 24 départements, savoir:
Départements. Chefs-lieux.
Agogna, Novare.
Olona, Milan.
Lario, Côme.
Adda, Sondrio.
Serio, Bergame.
Mella, Brescia.
Haut-Pô, Crémone;
M incio, Mantoue.
Adige, Vérone.
Haut-Adige, Trente.
Bacchiglione, Vicence.
Brenta, Padoue.
Adriatique. Venise.
Piave, Bellune.
Tagliamento, Trévise.
Passeriano. Udine.
Au N. du Pô et à l’ouest.
An N. du Pô et à l’est.
Au S. du Pô.
Départements. Chefs- lieux.
Crostolo, Beggio.
Panaro, Modène.
Reno, Bologne.
Bas-Pô, Ferrare.
Rubicone, Forli.
Metauro, Ancône.
Musone, Macerata.
Tronto, Fermo.
En 1801, le grand-duché de Toscane fut érigé en royaume d'Etrurie [Voy. ce nom) ; mais en 1808, il fut compris dans l’empire français, auquel il donna trois départements (Méditerranée , Arno et Ombrone) , tandis que les Etats de l’Eglise, déjà absorbés en partie par le royaume d’Italie, donnaient à l’empire français deux départements (Trasimène et Rome). — L’Italie méridionale continua de porter le titre de royaume de Naples ; elle renfermait les principautés indépendantes de Bénévent et de Ponte-Corvo, récemment créées. Les événements de 1814 changèrent cet état de choses et établirent en Italie les divisions qui subsistent encore actuellement.
V. Description générale. Au N. et à l’O. de l’Italie s’étendent les Alpes , auxquelles se lient les Apennins [Voy. alpes et Apennins); ceux-ci traversent la presqu’île danstoute sa longueur et projettent beaucoup de chaînons secondaires dont fait partie le volcan du Vésuve. En Sicile s’élève une autre chaîne dont l’Etna est le point le plus élevé. L’Italie septentrionale est arrosée par un grand fleuve, le Pô, dans lequel se rendent presque toutes les rivières de cette région (Tésin, Adda, Oglio, Mincio, Trebbia, Taro, etc.). Cependant l’isonzo, le Tagliamento, la Piave, la Brenta, le Bacchiglione, l’Adige ont leur embouchure dans l’Adriatique. Au centre et au sud coulent une foule de petites rivières côtières qui se rendent à la mer : l’Arno, le Tibre, le Garigliano, le Vulturne sur la côte occidentale; le Pescara et l’Ofanlo sur celle du golfe Adriatique. Dans l’Italie septentrionale se voient un assez grand nombre de lacs, tels que les lacs Majeur, de Côme, de Garda, de Lugano, de Lecco, d'Iseo. L’Italie est célèbre pour la douceur et la beauté de son climat : la chaleur y est brûlante en été sur les bords de la Méditerranée et dans les plaines du royaume Lombard-Vénitien ; mais elle est moins forte en général sur la côte orientale ; les Apennins, et à plus forte raison les Alpes, présentent beaucoup de points très frais et même froids. Malheureusement le sirocco, vent délétère qui souffle dans le royaume de Napies, l’aria cattiva, ou air malsain, dont on sent l’influence funeste dans une foule de lieux en Italie (surtout dans les maremmes de l’État romain), et enfin les deux volcans du Vésuve et de l’Etna rendent souvent funeste le séjour de ce pays. Le sol varie, mais généralement il est fertile, surtout en Lombardie, où l’on recueille en abondance du riz et toutes les espèces de céréales; et dans le roy. de Naples, dont les huiles, les vins, les oranges jouissent d’une renommée européenne. Sauf le buffle, qu’on y trouve réduit à l’état de domesticité, les quadrupèdes sont ceux du reste de l’Europe; les reptiles venimeux et les scorpions y sont très nombreux ; on y élève quantité de vers à soie. Les côtes abondent en poissons et en mollusques, dont beaucoup sont excellents. L’or, l’argent, y sont fort rares, mais on y exploite de riches mines de cuivre, de plomb, de fer, de zinc et autres métaux ; bancs d’alun et de sel, carrières de pierre à bâtir, d’albâtre, de marbres de toutes sortes (parmi lesquels le beau marbre statuaire de Carrare) ; plusieurs sources thermales et minérales. L’activité des habitants ne répond pas complètement à tant de ressources, surtout au centre et au midi. En général, l’agriculture est arriérée ; le commerce et l’indua-
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trie sont peu développés; cependant l’Italie a une réputation universelle pour quelques branches spéciales, telles que les porcelaines et les faïences, les instruments de musique, les cordes d instruments, la paille dite d’Italie. Venise, Livourne, Trieste, Gênes, sont les villes les plus commerçantes. Les Italiens passent pour être dissimulés, défiants, indolents et superstitieux ; ils sont grands amateurs de spectacles et heureusement organisés pour la musique et pour les arts du dessin : aussi les grandes villes d Italie, Rome surtout, sont-elles célèbres par la multitude des monuments d’architecture, de peinture et de sculpture qu elles réunissent. — La langue italienne est celle des langues romanes qui se rapproche le plus de l’ancien latin : sa douceur, pour laquelle elle-est renommée, est moins remarquable encore que sa richesse et son extrême flexibilité. Chaque région de l’Italie a son dialecte; les principaux sont le vénitien, le bergamasque , le napolitain, le corse. Mais le seul dialecte académique ou classique est celui de la Toscane. Parmi les grands hommes qu'a produits l’Italie et qu'il est impossible , de nommer tous, nous rappellerons seulement, laissant à part les anciens, les poêles Dante, Pétrarque, Arioste, le Tasse, Métastase et Alfieri; les politiques Machiavel, Yico, Beccaria, Filangicri; les grands prosateurs Goceaee, Guichardin, Davila; les grands peintres Raphaël, Léonard de Vinci , Titien, Tintoret, Corrége, les Carracheet Salvator Rosa; les grands sculpteurs Michel-Ange et Canova ; les compositeurs Porpora et Pergolese ; les physiciens Galilée, Torricelli, Voila; les papes Grégoire VII, Sixte-Quint, Léon X, etc. Le xvi* siècle, dans lequel vécurent beaucoup de ces grands hommes, est connu sous le nom de siècle de Léon X, et est comptéau nombre desqualre grands siècles littéraires. — Le catholicisme domine en Italie: on y compte 38 archevêchéset un nombre d’év. proportionné. Néanmoins la tolérance y est très-grande. ri. Histoire. L’Italie, suivant les’traditions romaines, fut d’abord appelée Saturnie , à cause de Saturne, qui, chassé de Crète par son fils Jupiter, y trouva un asile auprèsde Janus, rci du pays, à qui il enseigna l'usage des lettres et de l’agriculture. Plus de 400 ans avant là guerre de Troie, une coknie d’Arcadiens vint s’établir en Italie, sous la conduite d’Œnotrus, de qui le pays prit le nom d Œnotrie. Italus , l’un de ses successeurs, lui donna celui d'Italie. Peu avant la guerre de Troie, Ëvandre, obligé de quitter ie Péloponèse, y mena u.ne nouvelle colonie d’Arcadiens, et bâtit la petite ville de Pallanteum , sur le mont appelé depuis Palatin. Peu de temps après, Enée, A la tête d’une troupe de Troyens qui avaient échappé à la fureur des Grecs, aborda à l’embouchure du Tibre, et ayant épousé Lavinie, fille du roi Latinus, bâtit la ville de Laviniurn. Quoi qu’il en soit de ces traditions, l’Italie primitive fut peuplée de Pélasges (dits aussi Tyrrhènes et Sicules), d’Aborigènes, de Liburnes, d’Opiei ou Osques ; elle reçut ensuite des Hellènes venant du continent grec, puisdeux émigrations deconquéranls gaulois (les Cimbres et ensuite les Senones et autres Celtes compagnons de Bellovèse), et, entre ces deux émigrations, les Etrusques ou Rasena, qu’on fait descendre des monts de la Rhétie. Ceuxci formaient un état fédératif, le plus puissant de ritalie, quand Bellovèse arriva (vi* siècle av. J. -G.). Dès-lors commença leur décadence. Rome, déjà fondée depuis 753 par les descendants d’Enée, profila de cet affaiblissement pour soumettre la fédération tusque. Mais la révolution par laquelle elle expulsa Tarqain-le-Superbe (509 av. J. -G.) et s’érigea en république, lui fit perdre le fruit de ses travaux et la recula pour 160 ans. Pendant ce temps les Gaulois îu N., les Samnitos au S., devenaient, avec les Romain», les plus fortes nations de la péninsule. Mais de
391 à 350 av. J.-C., les Gaulois épuisent inutilement leurs forces ; puis de 343 à 267, Rome, par sa vaillance et sa ténacité, soumet au joug non seulement les Samnites, mais toute l’Italie du centre et du sud. L’Italie du nord, alors dite Gaule Cisalpine, fut subjuguée pareillement de 221 à 173, sauf quelques districts, et forma une province romaine qui fut comprise dans l’Italie elle-même (42 av. J. -G.). L histoire de l’Italie entière se confond dès lors avec celle de Rome, dont elle suit les destinées. Après la chute de l’empire romain d’Occident (476), lTtalie appartint successivement aux Hérules (476-491) , aux Ostrogolhs (491-552), aux Grecs (552-568); puis les Lombards survenant (568), elle fut partagée entre ceux-ci et l'empire d’Orient, de sorte qu’il y eut une Italie lombarde ou barbare , et une Italie grecque ou romaine; celle-ci fut gouvernée par un exarque, siégeant à Ravenne. En 726 les violences impolitiques de l’empereur grec Léon III l’Iconoclaste amenèrent un soulèvement ; le duché de Rome devint une république sous la présidence des papes. Ceux-ci bientôt se trouvèrent pressés entre les exarques grecs de Ravenne et les rois lombards. Etienne 111 fut forcé d’appeler Charles Martel et les Francs. Cependant les Lombards s’agrandirent au S., où ils formèrent aux dépens des Grecs (751) le duché de Bénévent ; mais leur monarchie fut détruite à son tour par Charlemagne (774), et lTtalie se trouva coupée en trois parties : Italie franque, Italie lombarde non relevant des Francs (réduite au duché de Bénévent), Italie grecque. Les papes, dans cet état de choses, n’étaient point pleinement souverains; ils relevaient de l’empereur. Après la mort de Charlemagne, l’Itaüe ne tarda point à former un royaume particulier, auquel (en 843) fut jointe la couronne impériale ; cette couronne fut toujours portée par un Carlovingien ; cependant, après la déposition deCharles-le-Gros en 888, des princes italiens (Bérenger, Gui, etc.), essayèrent d’être soit empereurs, soit rois d’Italie , soit l’un et l’autre à la fois. Après l’extinction des Carlovingiens d’Allemagne (911), ces princes restèrent indépendants; mais Othon I, en 962, rétablit la souveraineté de l’Allemagne sur lTtalie septentrionale ; scs successeurs tentèrent même de conquérir lTtalie grecque. Henri III surtout (1039-1056) rendit les papes de plus en plus dépendants de l’empire. Grégoire VII, pape en 1073, rétablit la papauté dans son indépendance, et voulut même l’élever au-dessus des empereurs, en soulevant la querelle des investitures (1017-1122). Dans le même temps les Normands s’établissaient dans l’Italie grecque , ravie aux empereurs d’Orient et aux Lombards de Bénévent, et préparaient la création du royaume des Deux - Siciies, qui fut constitué dès 1131, en faveur de Roger I , comme fief du Saint-Siège. Bientôt éclate la guerre des Guelfes et Gibelins d’Italie (1 161-1 2G8). Les Guelfes remportent , le» Allemands sont expulsés d’Italie, les villes lombardes et toscanes qui se sont érigées en républiques n’ont plus à craindre de maître de l’autre côté des Alpes. Mais alors presque toutes ont des tyrans indigènes ; plus d’une fois les papes sont chassés de Rome, qui se constitue de nouveau en république. Peu à peu, au milieu de révolutions violentes, le destin de lTtalie s’asseoit. Le roy. des Deux-Siciles s’est séparé en 1282, à la suite des Vêpres siciliennes , en deux royaumes (Naples el Sicile), que régissent deux dynasties rivales, état de choses qui dure jusqu’en 1504. Milan, aux mains des Visconti (1277-1447) et des Sforce(l447- 1535), devint métropole d’un vaste duché. Le comte Vert (Amédée VI) donne une haute importance A la Savoie (1343-1383). Venise, dès le commencement du xiv* siècle, se fait conquérante en terre-ferme. La maison d’Este règne à Ferrare , les Gonzague à Mantoue; Florence devient décidément l'état prin-