JANV — 908 — J AP O
est un traité intitulé Augustinus , qui ne parut qu’après sa mort, en 1640 (Louvain, in-fol.) ; l'auteur s'était proposé d’y exposer les vraies opinions de iaint Augustin sur la grâce, le libre arbitre et la prédestination: il y combattait le jésuite Molina, rétablissait une doctrine peu favorable à la liberté de l’homme et à ia bonté de Dieu. Cet ouvrage excita de vives disputes parmi les théolog. dans les Pays- Bas et en France, et donna naiss. à la secte des Jansénistes. On en tira cinq propositions qui furent condamnées par Innocent X en 1653, et par Alexandre MI en 1666. L’abbé de Saint-Cyran, puis Arnauld, Nicolle , Pascal et un certain nombre de savants théologiens prirent la défense de l’ouvrage incriminé, et nièrent que les propositions condamnées s’y trouvassent réellement ou qu’elles eussent été bien compr s'Sj Les Jésuites se déclarèrent contre les Jansénistes et furent leurs adversaires les plus ardents. Alexandre Vil enjoignit aux Jansénistes de signer un formulaire qui contenait une adhésion à la condamnation (1665), et Louis XIV obligea, sous des peines sévères, tous sçs sujets à obéir. Au commeni r.in- nt du xvin* siècie , la querelle fut ranimée par un ouvrage du père Qucsnel , prêtre de l’Oratoire , n ! i tu lé : Réflexions morales sur le Nouveau Testament , dans lequel étaient reproduits les principes de Jansémus , et qui fut condamné en 1713 par le pape Clément XI dans la fameuse bulle Unigenitus. Cette bulle ne fut admise en France qu’après une assez longue opposition , et elle devint l’occasion de nouvelles poursuites contre ceux des Jansénistes qui ne voulaient pas y souscrire (on les nomma les Appelants , parce qu’ils en appelaient au futur concile de la décision du pape). Dans leur exaltation ces malheureux se crurent honorés du martyre: ils prétendirent qu’un des leurs, le diacre Paris, mort, selon eux, en odeur de sainteté, faisait des miracles, etilsaccoururenten foule à son tombeau (1727). Ces folies les couvrirent de ridicule, puis ils tombèrent dans l’oubli. Cependant le parti des Jansénistes continua toujours d’exister et se perpétua jusqu’après la Révolution.
JANSI, ville de l’Inde. Voy. ihansi.
JANSON (Nicolas), imprimeur. Voy. jenson.
JANSON (Toussaint de forbin-) , cardinal. Voy.
FORB1N.
JANUS, le plus ancien roi de l’Italie, vint s’établir dans le Latium, et reçut dans ses états Saturne qui avait été chassé du ciel. Janus poliça les peuples barbares de l’Italie, et eut un règne si paisible qu’on le regarda depuis comme le dieu de la paix. Romulus lui éleva à Rome un temple dont les portes étaient ouvertes en temps de guerre et. fermées en temps de paix. Ce temple ne fut fermé que deux fois jusqu’à Auguste, l’une sous Numa, l’autre après la première guerre punique. Janus présidait à l année: c’est pour cela qu’on le représente avec une tête à deux faces adossées l’une à l’autre, dont l’une regarde en avant dans l’avenir, l'autre en arrière dans le passé. C’est de lui , dit-on , que le mois de janvier (januarius) prit son nom. Janus tenait une clef à la main et présidait aux portes (ja nua ). Les chronologistes placent le règne de Janus dans le xv* siècle av. J.-C. (de 1451 à 1415).
JANUS mons, auj. le mont Genèvre (Alpes).
JANVIER (S.), martyr, était évêque de Bénévent et fut décapité près de Pouzzoles en 291 ou 305, après avoir été respecté par les bêtes auxquelles il avait été exposé. Ses reliques ont été transportées à Naples, où on lui a élevé une chapelle fameuse; on y conserve dans un vase du sang de ce saint, qui, selon de graves autorités , se liquéfie et entre en ébullition chaque année le jour de sa fête (19 sept.).
janv er (le P.), chanoine d’Autun, publia en 1712 an poëme français Sur la Conversation, imité de ; Ars confabulandi du P. Tarillon, jésuite. Un sieur
Cadol en changea une vingtaine de vers et le publia sous son nom en 1767. Ce plagiat ne fut découvert qu’en 1807. Delille a profité de l’ouvrage de Janvier dans son poème de la Conversation.
JANVIER 1793 (vingt-et-un), jour du supplice de Louis XVI. Voy. louis xvi.
JANV1LLE, ch.-l. de canton (Eure-et-Loir), à 41 kil. S. E. de Chartres: 1,800 liab. Patrie de Colardeau.
JANZÉ, ch.-l. de cant. (Ille-et-Vilaine), à 22 kil, S. E. de Rennes ; 2,000 hab. Poulardes estimées.
J AO , ville de Chine (Kiang-si) , ch.-l. de dép., à 90 kil. N. E. de Nan-tchang , par 114° 21’ long. E., 28° 59’ lat. N. Tissus de soie, de colon. Entrepôt de porcelaines.
JAPARA, ville de l’île de Java, sur la côte N., par 108° 34’ long. E. , 6° 28’ lat. S. Bon port; grand commerce.
JAPET, lapetus, fils d'Uranus et frère de Saturne, régna en Thessalie et eut, entre autres enfants, Atlas, Prométhée et Epiméthée. Les Grecs le regardaient comme l’auteur de leur race , et ne connaissaient rien de plus ancien que lui. 11 paraît être le même que le Japhet de la Bible.
JAPHETjUndesfilsdeNoé, peupla l’Europe et une partie de l’Asie occidentale. Les Grecs avaient conservé le souvenir de cette tradition quand ils faisaient Japet ( lapetus ) père de leur race. Il eut sept fils , Gomer, Magog , Madaï, Javan , Thiras, Tubal et Mosoch. On a fait du premier le père des Cimbres , du deuxième celui des Scythes ou Gètes, du troisième celui des Mèdes, du quatrième celui des Ioniens ou Grecs, et des trois derniers les pères des habitants de la Thrace, de la Cappadoce et du Pont.
JAPON, Japon en anglais, Nipon ou Nifon en japonais, empire d’Asie, entre 30° et 45° lat. N., 126° et 127® long. E., se compose des quatre grandes îles : Yéso, Niphon, Xicoco ou Sikokf, Ximo ou Kiousiou, et de beaucoup d’îles moins vastes. Environ 30,000,000 d’hab.; capitale Yeddo. Autres villes principales ; Miyako , Mara , Osaka , Nangasaki, Matsmaï, etc. L’empire japonais se divise en deux parties inégales, l’empire du Japon proprement dit, et le gouvernement de Matsmaï. Ce dernier contient l’île d’Yéso, le sud de celle de Tarrakaï, et les Kouriles méridionales. Le Japon proprement dit est partagé en dix régions ou do, subdivisées en provinces ou kokf, qui elles -mêmes sont formées de plusieurs districts ou koris. Voici les noms des dix régions :
Gokinaï (les 5 provinces intérieures de la cour), To-kai-do (contrée de la mer orientale),
To-san-do (contrée des monts orientaux), Fokou-rokou-do (contrée du territoire sept.), San-in-do (contrée du versant sept, des mont.), San-yo-do (contrée du versant mérid. des mont.)” Nan-kai-do,
Sai-kai-do (contrée de la mer occid.),
L’île lki,
L’île Tsou-Sima.
Les six premières régions et une partie du Nankai-do appartiennent à l’île de Niphon.
Le Japon est montagneux; il a des volcans, et est sujet à de fréquents tremblements de terre. Les rivières sont en général assez petites. La chaleur tempérée par les brises de mer ne dépasse jamais 36° ; il fait très froid sur les montagnes. Le sol est naturellement peu fertile, mais il est bien cultivé et donne d’excellent riz , divers grains , des légumes, des épices. On trouve au Japon des mines d’or et d’argent, du fer, mais surtout du cuivre en abondance. — Les Japonais forment comme une race à part: ils ont la tête grosse , le col court, les cheveux noirs, le nez gros , les yeux obliques, le teint jaunâtre; ils sont fiers, vindicatifs-, hardis, robustes
JÀRG
JASO
ils sont très civilisés et fort délicats sur le point d’honneur. Ils ont du goût pour les sciences et les arts, surtout pour la musique et les spectacles ; con- | trairement aux usages de l’Asie, ils n’enterment point leurs femmes. L'industrie est très avancée chez les Japonais ; ils fabriquent de belles étoffes, surtout de soie ; travaillent habilement le fer et le cuivre, font d’admirables sabres ; leurs ouvrages en bois , leurs vernis , leurs porcelaines sont renommés. Deux religions, le sintoïsme et le bouddhisme, se partagent le Japon ; la doctrine de Confucius y est aussi répandue. Le gouvernement est une monarchie héréditaire, despotique et féodale ; il a pour chef le koubo ou séogoun, qu’on nomme souvent l’empereur temporel , par opposition au daïri ou mikado , empereur spirituel, qui est le chef de la religion. On l’adore , on le regarde comme une incarnation divine; mais il ne jouit d aucun pouvoir et même d’aucune liberté réelle. Jadis il cumulait les deux puissances temporelle et spirituelle: mais dès 1158 cette omnipotence a^ait reçu des attentes, et en 1585 le koubo Taiko-Sama(V. ce nom) s’empara de toute l’autorité. Au-dessous du séogoun sont une foule de princes feudataires. — Au xiii* siècle Rubruquis et Marco-Paolo apprirent à l’Europe l’existence du Japon. Vers le xvi* siècle, les Jésuites portugais parvinrent à s’y introduire et convertirent un grand nombre d’habitants; mais leurs succès donnèrent de l’ombrage et suscitèrent une perséc. générale; en 1637 l’emp. ordonna que les Portugais et leurs alliés ou parents japonais seraient déportés à Macao. Les Hollandais surent alors, en se déclarant les adversaires des Jésuites, se concilier l’affection du souverain, et ils obtinrent le droit exclusif de commercer avec le Japon ; mais depuis 1854, plusieurs ports, entre autres Nangasaki, SimodaetMatsmai, ont été ouverts au commerce européen et américain. Engelbert Kæmpfer, qui visita j Yeddo en 1690 et 1691, Thunberg, en 1772 et 1776, { Siebold, qui séjourna dans le Japon de 1825 à 1830, ont écrit des relations curieuses sur cette contrée.
JAPORE, riv. de Brésil (Minas-Geraës), naît dans la comarque de Paracatu, coule de l’O. à l’E., et se joint au San-Francisco après 150 kil. de cours.
JAQUELOT (Isaac), théologien protestant , né à Vassy en 1647, mort en 1708, quitta la France à la révocation de l’édit de Nantes, se retira d’abord à Heidelberg, puis à La Haye, et enfin à Berlin , où il remplit les fonctions de prédicateur du roi et de pasteur de l’église française. On a de lui un assez grand nombre d’écrits dont les principaux sont: Dissertation sur l'existence de Dieu, La Haye, 1697 ; Paris, 1744 , 3 vol. in-12; Traité de la vérité et de Vinspiration des livres du Vieux et du Nouveau Testament, Rotterdam, 1715, in-8. R eut de vives disputes avec Bayle et Jurieu.
JAQUES , JAQUERIE. V. jacüues, jacquerie.
JARAND1LLA, ville d’Espagne (Badajoz), à 49 kil. de Palencia; 2,400 hab. On y fabrique de grosses étoffes de laine.
JARCHI (Salomon), savant rabbin, né en 1040, à Troyes (Champagne), mort en 1105, parcourut toute l’Europe et une partie de l’Asie et de l’Egypte pour augmenter son instruction, et revint à Troyes avec un immense recueil d'observations. On a de lui, en hébreu : Comment, in Pentateuchum ; Comment. in Catiticum, Ecclesiasten , etc., Naples, 1487; Comment, in Talmud , Venise, 1520.
JARDANE, esclave d’Omphale, fut aimée d'Hercule et en eut un fils, nommé Alcée, qui devint roi de Lydie, et dont les descendants formèrent la dynastie lydienne des Héraclides. Voy. alcée.
JARGEAU, Gargogilum, ch.-l. de canton (Loiret), à 15 kil. S. E. d’Orléans, sur la Loire, rive gauche. Très long pont. Cette ville était jadis fortifiée. Les Anglais la prirent en 1420; mais Jean 1,
duc d’Alençon , la reprit l’année suivante ; les Anglais s’en rendirent maîtres de nouveau peu après; elle leur fut enlevée définitivement en 1429 par Jeanne d’Arc.
JARMELLO, bourg de Portugal (Beira), à 17 kil. S. de Guarda; 2,800 hab. — Il était jadis beaucoup plus florissant; mais il fut détruit par l’ordre du roi Pédre I, comme étant la patrie de Pedro Coéllo qui avait contribué à la mort d'Inès de Castro.
JARNAC, ch.-l. de canton (Charente), sur la Charente, à 11 kil. E. de Cognac; 2,336 hab. Pont en fil de fer. Commerce de vin, eau-de-vie, bétail, cuirs, etc. Cette ville est célèbre par la victoire que les Catholiques, commandés par le duc d’Anjou (Henri 111), y remportèrent sur les Réformés, commandés par le prince de Condé (1569). Un monument récent indique l’endroit où se livra cette bataille. — Jarnac a donné son nom à une branche de la famille des seigneurs de Chabot.
JARNAC (Gui de chabot, seigneur de), gentilhomme de la chambre du roi sous François 1 et Henri II, eut une querelle d’honneur avec un autre courtisan nommé de La Châteigneraie, et obtint de Henri 11 la permission de se battre avec lui en champ clos (1547). Jarnac allait succomber, lorsqu’il frappa son adversaire au jarret d’un coup inattendu .- on a depuis donné le nom de coups de Jarnac aux coups de traître.
JARNAGE, ch.-l. de canton (Creuse), à 15 kil. E. de Guéret; 800 hab. Beurre, bestiaux, fromage. Foires renommées.
JAROPOLK. Voy. iaropolk.
JAROSLAV. Voy. iaroslav.
JARRA, ville d’Afrique. Voy. djarra.
JARRETIÈRE (ordre de la), ordre de chevalerie institué en Angleterre par Edouard III , roi d’Angleterre, en 1349. On raconte que la comtesse de Sa lisbury, qui était aimée du roi, avant laissé tomber dans un bal une jarretière , Édouard la releva ; et comme son empressement donnait à rire aux courtisans, il s’éeria, pour témoigner qu’il n’avait point eu de mauvais dessein : Honni soit qui mal y pense et jura que tel qui se moquait de cette jarretière s’estimerait heureux d’en porter une semblable; peu après il créa le nouvel ordre. L’ordre de la Jarretière a pour chef le souverain de l’Angleterre ; il ne compte que 25 membres, non compris le souverain les princes du sang et les princes étrangers. Les chevaliers portent entre autres insignes une jarretière bleue à la jambe gauche ; la reine la porte au bras.
JARR1E (la), ch.-l. de canton (Charente-lnf ) à 1 1 kil. E. de La Rochelle; 1,000 hab.
J ARROW, paroisse d’Angleterre (Durham) à 24 kil. N. E. de Durham; 24,200 hab. Ancien monastère. Patrie de Bède.
JARRY (Nicolas), calligraphe, né à Paris vers 1620, mort vers 1670, fut nommé maître écrivain par Louis XIV, et exécuta pour ce prince ou pour les seigneurs de la cour plusieurs ouvrages qui passent pour des chefs-d’œuvre, entre autres la Guirlande de Julie (pour le duc de Montausier), vol. infol. de 30 feuilles, 1641, qui a été acheté, en 1714, pour la somme de 14,502 fr., et les Heures de Notre-Dame, 1647, in-8, beau vol. de 120 feuilles,
J AR VILLE, village de France (Meurthe), à 3 kil. S. E. de Nancy, sur la Meurthe; 400 hab. C'est près de là que se livra la bataille dite de Nancy, où Charles-le-Téméraire perdit la vie, 5 janvier 1477.
JASLO, ville des États autrichiens (Galicie), à 150 kil. O. de Léopol. Ch.-l. du cercle de Jaslo; 1550 hab. — Le cercle de Jaslo, situé entre ceux de Tarnow, Rzeszow, Sanok, Sandek et la Hongrie, a 90 kil. sur 53 et compte 196,000 hab.
JASON, chef des Argonautes, était fils d’Eson, roi d’iolcos en Thessalie, qui avait été détrôné par Pélias, son beau-frère. A 1 âge de 20 ans il somma