JURA
pie, à Carthage et à Rome. On la regardait comme présidant aux mariages et aux accouchements. Le paon, type de la beauté et de l’orgueil, lui était consacré. On la représente assise sur un trône, le diadème sur la tête et le sceptre à la main; un paon est à ses côtés, et, derrière elle, Iris, sa messagère, déploie les couleurs de l’arc-en-ciel. Ses surnoms les plus ordinaires étaient ceux de Lucina et Pronuba. — On appelait Junons des génies particuliers qui étaient comme les anges gardiens des femmes.
JUNONIA, une des îles Fortunées (Canaries) , auj. l’île de palma.
JUNONIS prom., en Bétique, auj. le cap Trafalgar. — Cap du Pélopopèse, au S. O.
JUNOT (Andoche), duc d’Abrantès, général fran-« çais, né à Bussy-le-Grand (Côte-d’Or), en 1771, d’une fa’mille aisée, partit comme volontaire à l’époque de la révolution, et fut remarqué par Bonaparte au siège de Toulon en 1793. Ce fut là l’origine de sa fortune. Bonaparte se l’attacha comme aide-de-camp, l’emmena avec lui en Egypte , où il se distingua, surtout au combat de Nazareth, et, de retour en France, le nomma général de division (1801), puis commandant, et enfin gouverneur de Paris (1804). En 1805, il l’envoya comme ambassadeur à Lisbonne, et deux ans après (1807) le mit à la tête del’armée dirigée contrôle Portugal. Junots’empara facilement de ce pays et en fut nommé gouverneur, avec le titre de duc d'Abrantès. Mais il n’était pas à la hauteur de sa position, et, en 1 808, aprèsavoir été défait à Vimeiro par Wellesley (depuis lord Wellington), il dut signer la capitulation de Cintra, et abandonner sa conquête. Cet échec lui attira la disgrâce de Napoléon; néanmoins. yarl à la
guerre d’Esn-,»o,no a celle de Russie (1812),
et fut nommé gouverneur des provinces lllyriennes. Mais sa raison s’égara tout à coup ; il fut obligé de revenir en France, et mourut le 28 juillet 1813. — Sa femme, la duchesse d’Abrantès, s’est distinguée par son esprit et a écrit des mémoires anecdotiques sur l’empire, qui sontpleinsd’intérêt. Voy. abuantès.
JUNQU1ÈRES (J. -B. de), auteur de poèmes burlesques, né à Paris en 17 13, mort en 1786, était lieutenant de la capitainerie des chasses de Senlis. On a de lui : l'Élève de Minerve ou le Télémaque travesti , poème, 1759; É pitre de Grisbourdon à Voltaire , 1756, in-8; Caquet-Bonbec ou la Poule à ma tante, poème, 1763, etc.
JUNTE, en espagnol junta (c.-à-d. réunion ), haut conseil d'élat en Espagne. Le nom de junte ne fut donné primitivement qu’au conseil royal du commerce et des mines et au conseil d’administration des tabacs ; mais en 1808, Napoléon, après l’abdication de Ferdinand, réunit à Bayonne, sous le titre de junte , les notables du royaume au nombre de 150 membres, dont 100 députés civils, et 50 ecclésiastiques. Cette junte, présidée par le ministre des finances d’Azanza, accepta la nouvelle constitution ; mais, la même année, dès que le roi Joseph eut quitté Madrid, une nouvelle junte, composée des principaux auteurs de l’insurrection, se réunit sous la présidence du comte de Florida-Blanca. Elle siégea d’abord à Aranjuez, puis à Séville. Outre cette junte centrale , il y avait dans toutes les provinces libres du joug étranger des juntes provinciales subordonnées à la junte centrale. Depuis la dernière révolution d’Espagne (1840), les juntes provinciales ont acquis de plus en plus de pouvoir.
JUNTE (les), en italien Giunta et Zunta, fataille célèbre d’imprimeurs, qui s’établirent à Florence età Venise vers le milieu du xv* siècle. Philippe Junte, né à Florence en 1450, y exerça son art de 1497 à 1517. 11 obtint le premier du pape Léon X un privilège de 10 ans pour l’impression des auteurs grecs et latins qu’il publierait. Après sa mort ses héritiers paraissent avoir formé une société ; car
de 1518 à 1530 les livres de cette imprimerie portent cette formule: Apud Juntas. Depuis 1531 Re ne portent plus que le nom de Bernard, un des fils de Philippe. — Deux branches de la famille des Junte s’établirent au commencement du xvi» siècle, l’une à Venise, l’autre à Lyon.
J 11 PILLE, Jobii Villa en latin du moyen âge ville de Belgique (Liège), à 2 kil. E. de Liège • 1,500 hab. Aux environs, mines de houille. C’était le séjour favori de la famille d’Héristall. Pépin d’Héristall y mourut. 1
J U PIN, nom donné quelquefois par nos vieux
poètes à JUPITER.
JUPITER, en grec Zeus , le dieu suprême, le père et le maître des dieux et des hommes dans la religion des Grecs et des Romains, était fils de Saturne et de Rhée. Saturne n’ayant obtenu le trône de son frère Titan qu’à la condition de ne point élever d’enfants mâles, Jupiter devait être dévoré en naissant par son propre père; mais il fut, selon la fable, sauvé par la ruse de Rhée, qui substitua à l’enfant divin une pierre que Saturne dévora. Il fut élevé secrètement dans File de Crète où il suça le lait de la chèvre Amalthée, et où les Curètes et les Corybantes prirent soin de son enfance. Instruits de la fraude de Rhée, Titan et ses fils détrônèrent Saturne et le jetèrent dans une prison ; mais Jupiter, quoique n’étant encore âgé que d un an, délivra son père et le replaça sur le trône. Plus tard, Saturne , qui craignait l’ambition d’un fils si puissant, lui dressa des embûches; mais Jupiter, connaissant ses desseins, le chassa de l’Olympe et se rendit maître de tous ses états. Alors il partagea l’empire du monde avec ses frères Neptune et Pluton, donna au premier les mers, au second les emers, ei se reseéva ia rerre -c» i„
Jupiter eut à soutenir une guerre terrible contre les Géants, qui voulurent escalader le ciel pour venger les Titans et pour le détrôner ; il s’en défit en les foudroyant. 11 épousa Junon sa sœur, qu’il rendit mère de Vulcain, d’Ilébé et de Lucine , et dont le caractère altier lui causa bien des ennuis. Il eut en outre une foule de maîtresses : Io, Sémélé mère de Bacchus ; Cérès, mère de Proserpine; Mnémosyne, mère des Muses; Latone, mère d’Apollon et de Diane; Maïa, mère de Mercure; Alcmène, mère d’Hercule, etc. Il enfanta à lui seul Minerve ou la Sagesse, qui sortit tout armée de son cerveau. 11 se métamorphosait de mille manières pour satisfaire scs passions : il séduisit Danaé sous la forme d’une pluie d’or, Léda sous celle d’un cygne; il enleva Europe sous la forme d’un tau- ’ cau. Jupiter est représenté assis sur un trône d’or ou d’ivoire, tenant un sceptre de la main gauche, et de l’autre lançant la foudre : à ses pieds est un aigle, les ailes déployées, et auprès de lui Ganymède, son échanson. Le chêne lui était consacré. Jupiter était adoré par toute la terre ; ses temples les plus célèbres étaient ceux de Dodone en Grèce, d’Olympie en Elide, d’Ammon en Libye, et le Capitole à Rome. — Dans les légendes transmises par les anciens sur Jupiter, on trouve à la fois l’idée d’un dieu suprême, qui préside à l’univers et qui se retrouve sous mille formes diverses, et le souvenir d’un prince puissant, mais dissolu, qui régna soit sur la Crète, soit dans quelqu’un des paya où l’on trouve un mont Olympe.
JURA, Juratus ou Jurassus mons , chaîne de mont, qui se détache des Alpes, s’étend sur la Suisse et la France, se dirige du S. 0. au N. E., à travers les cantons de la Suisse occidentale, et couvre les dép. français du Doubs, du Jura et de l’Ain: 310 kil. de long sur 65 de large. Elle forme par ses ramifications un grand nombre de vallées dont les principales sont celles de Joux, de Mouticrs-Travers de Valangin, du Doubs, de l'Aio,
JTJRU — 938 — JUSS
du Rliôn®, etc. Ses plus hauts sommets sont : le Reculet (1,732 mètres), le Mont-Tendre (1,734), la Dôle (1,690).
jura (dép. du), un des dép. frontières de la France , a pour bornes au N. celui de la Haute- Saône, à l’O. ceux de Saône-et-Loire et de la Côte-d’Or, au S. celui de l’Ain, à l’E. la Suisse : 5,034 kil. carrés; 315,355 hab. Ch.-l., Lons-le- Saulnier. II est formé d’une partie de l’ancienne Franche-Comté. Montagnes, forêts, surtout vers l’E et le S.; beaucoup de rivières; canal du Rhône au Rhin ; grands marais. Salines , houille , albâtre , marbre, etc. Plantes tinctoriales et médicinales, navette, chanvre, maïs, orge , avoine et seigle ; bons vignobles, belles masses de forêts et pâturages vers les montagnes. Bestiaux, chevaux, porcs; gibier. Horlogerie ; ustensiles en fer; articles en bois, écaille, corne ; bons fromages. Commerce assez actif. Emigrations annuelles. — Ce dép. a 4 arr. (Dôle, Poligny, St-Claude, plus Lons-le-Saulnier), 32 cant. et 599 comm. ; il appartient à la 7* division militaire et est dans le ressort de la cour impér.de Besançon ; il forme le diocèse de Saint- Claude.
jura (Bailliages du), Leberbeg-Vogteyen , contrée de Suisse, qui forme la partie N. O. du cant. de Berne, comprend les anciens domaines du princeévêque de Bâle et se divise en 5 bailliages : Courtelary, Délémont, Moutiers, Porentruy, Seignelégier.
jura, une des Hébrides, au N. E. de Pile d’Islay, fait partie du comté écossais d’Argyle : 37 kil. sur 10; 1,300 hab. Mont., parmi lesquelles le Bcnan-Oir (810 mètres). On y trouve une seule ville,
nommée aussi Jura sur la yfiip F-
village du dép. des B.-Pvrénées, à
3 kil. O. de Pau ; 1,700 hab. Vins excellents.
JURIDICTIONS (ligue des dix-). Voy. grisons.
JUR1EU (P.) , théologien et controversiste protestant, né en 1639 à Mer dans l’Orléanais, fils du pasteur de cette commune , obtint en 1674 une chaire à l’université protestante de Sedan. A la suppression de cette université (1681) , il se retira à Rotterdam; il devint pasteur de l’église wallone de cette ville et professeur de théologie, et y mourut en 1713. D’un caractère irascible et emporté, Jurieu passa toute sa vie en disputes ; il écrivit avec violence contre Bossuet, Fénelon, Arnauld ; n’épargnant pas davantage ses coreligionnaires, il eut des démêlés avec Bayle, Jaquelot, Basnage, Saurin, etc. Les principaux de ses ouvrages sont : Histoire du Calvinisme et du Papisme mis en parallèle , Rotterdam, 1682, 2 vol. in-4 (c’est une réfutation de l'Histoire du Calvinisme du P. Maimbourg) : Politique du clergé de France , etc., Amsterdam, in-12; Esprit de M. Arnauld , Deventer, (Rotterdam), 1684, 2 vol. in-12; Tableau du Socinianisme, 1691, in-12 ; Histoire critique des Dogmes et des Cultes, Amsterdam, 1704.
JURJURA, Ferratus mons, chaîne de l’Atlas, dans l'Afrique septentrion., parcourt les provinces d’Alger et de Constantine, s’étend du S. O. au N. E. le long de la rive gauche du Saman, et se rattache vers le S. au Petit-Atlas. 11 faut franchir cette chaîne pour passer de la province d’Alger dans celle de Constantine. On la traverse par un défilé nommé Biban ou la Porle-de-Fer {Voy. biban).
JURUA, rivière de l’Amérique du Sud, naît dans le Pérou et sort probablement du lac Rogagualo ; puis vient en Brésil, arrose la partie occidentale de la prov. de Para, et grossit l’Amazone par 68° long. O., 2° 30’ lat. S. Cours, 120 kil. environ. Elle donne son nom à une comarque du Brésil, dans la prov. de Para.
JURUENA, riv. du Brésil (Mato-Grosso), forme le Topayos en sc réunissant à l’Arinos, par 9* 10’
lat. S., 59° 50’ long. O. Cours, 600 kil. Elle reçoit de nombreux affluents et donne son nom à une comarque du Brésil dans la prov. de Mato-Grosso.
JUSSEY, ch.-l. de cant. (H.-Saône), à 30 kil. N. O. de Yesoul ; 2,785 hab. Quatre belles fontaines. Nombreux vestiges d’antiquités. On y fabrique de l’horlogerie fine. Haras royal.
JUSSIEU (Antoine de), né à Lyon en 1686, mort en 1758, fut entraîné dès sa première jeunesse par un penchant invincible à l’étude de la botanique. Après avoir étudié plusieurs années à Montpellier, il vint en 1708 à Paris, d’où il ne tarda pas à partir pour un voyage botanique en Normandie et en Bretagne. A son retour , il fut nommmé professeur de botanique au Jardin du Roi , en remplaceraient de Tournefort. Quelque temps après il entra dans la faculté de médecine , et fut reçu à l’Académie des Sciences. 11 fit de savantes excursions dans la France méridionale, l’Espagne et le Portugal, et en rapporta de grandes richesses végétales. Les résultats de 8es travaux ont paru presque tous dans les Mémoires de i Académie des Sciences. Il a aussi publié à part quelques petits ouvrages, par exemple, un Discours sur les progrès de la botanique, Paris, 1718. On lui doit une édition des Institutiones rei herbariœ de Tournefort, augmentées d’un Appendice (Lyon, 1719), et la publication des planches botaniques de Barrelier, auxquelles il joignit un texte (JR. P. Barrelieri plantœ per Galliam , Hispaniam et Italiam observâtes (Paris, 1714, in-fol.).En 1772, le docteur Grendoger de Foigny publia, sous le titre de Traité des vertus des plantes, ouvrage posthume de M. Antoine de Jussieu, u.. de matière médicale qu’il avait longtemps professé à la lacune uc medooine de Paris.
jussieu (Bernard de), frère du précédent, né i Lyon en 1699, mort à Paris en 1777, accompagna son frère Antoine dans un voyage botanique en Espagne et en Portugal. Ce voyage développa en lui le goût le plus prononcé pour l’histoire naturelle. De retour en France , il se fit recevoir docteur à Montpellier en 1720 ; puis il revint à Paris, et succéda en 1722 à Vaillant dans les fonctions de démonstrateur de botanique au Jardin du Roi. En 1725, il publia en 2 vol. in - 12 une édition augmentée de l'Histoire des plantes des environs de Paris, de Tournefort. Ce livre , encore estimé aujourd’hui , détermina l’Académie des Sciences à l’admettre dans son sein dès 1725, quoiqu’il fût âgé seulement de 26 ans. L’année suivante, il prit le grade de docteur à la faculté de médecine de Paris. Aucun naturaliste de son temps n’a plus ni mieux su. Cependant il publia peu, et il se borna à donner quelques Mémoires, très remarquables à la vérité, dans le recueil de l’Académie des Sciences. Mais cet homme qui écrivait si peu méditait sans cesse sur les lois qui régissent les êtres organisés, et sur- les rapports par lesquels ils se lient les uns aux autres. En 1758, il eut une occasion de livrer au public un résultat de ses hautes études. Louis XV l’ayant chargé de diriger la plantation d’un jardin botanique à Trianon, Bernard de Jussieu , au lieu de suivre pour cette opération le système de Linné, presque exclusivement adopté à cette époque, distribua les plantes suivant une méthode naturelle , basée sur l’ensemble des rapports. Cette méthode, dont Antoine-Laurent de Jussieu nous a conservé le tableau et fait connaître les principes, est la première esquisse de celle qu’ Antoine- Laurent luimême publia par la suite. Bernard de Jussieu est un de ceux qui ont le plus contribué à l’accroissement du Muséum d’histoire naturelle. On remarque au Jardin des Plantes un cèdre du Liban qu’il rapporta d’Angleterre dans son chapeau en 1734, et qui est aujourd’hui le plus grand arbre que contienne ce jardin.
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Jussieu (Joseph de), frère des précédents , né à Lyon en 1704, mort en 1779 , se livra aussi dès sa première jeunesse à l’étude des sciences. A la fois ingénieur, naturaliste et médecin, il fut choisi pour accompagner, en qualité de botaniste, les astronomes de l’Académie des Sciences qui allèrent en 1735 mesurer au Pérou un arc de méridien. Après que ses collègues furent repartis pour l’Europe, il continua de parcourir l’Amérique méridionale poury poursuivre ses recherches d’histoire naturelle, il ne revint en France qu’en 1771 , après trentelix ans d’absence. Mais sa santé avait malheureufement reçu de profondes atteintes ; il ne fit plus que languir , et il mourut sans avoir pu rédiger les mémoires de ses voyages. 11 avait envoyé ou rapporté au Jardin du Roi un grand nombre de graines et d’échantillons de végétaux. On lui doit la découverte de Y héliotrope du Pérou , aujourd’hui si répandu dans nos jardins. Depuis 1743, il appartenait à l’Académie (les Sciences en qualité de botaniste-adjoint.
jussied (Antoine-Laurent de) , neveu des précédents, né à Lyon en 1748, mort à Paris en 1836. 11 vint à Paris en 1765 pour terminer ses études sous la direction de son oncle Bernard, et prit en 1770 le grade de docteur en médecine à la faculté de Paris. Il fut, peu de temps après, choisi par Lemonnier, professeur de botanique au Jardin du Roi, pour le suppléer, et fut nommé en 1777 démonstrateur de botanique dans le môme établissement à la place de son oncle. En 1773, il fut admis à l’Académie des Sciences. En 1789, il publia un ouvrage préparé par de longs travaux : le Généra plantarumsec *»•* dum ordines naturales disvnsÿ~' admirable,
« qui fait, ait auvjer, dans les sciences d ohspr- « vation, une époque peut-être aussi importante « que la chimie de Lavoisier dans les sciences d’ex- « périence. » 11 y applique à tout le règne végétal une méthode de classification naturelle. En 1784 , Jussieu fit partie de la commission choisie au sein de la Société royale de Médecine pour l’examen du magnétisme animal. Ne pouvant s accorder avec ses collègues sur l’appréciation des faits , il refusa de signer leur rapport , et en publia un autre , en son nom particulier, pour expliquer et motiver son refus. Il y reconnaît la réalité des effets singuliers produits par Mesmer , et les attribue à l'action de la chaleur animale. En 1790 , il fut nommé membre de la municipalité de Paris, et chargé, a ce titre , de l’administration des hôpitaux et hospices de cette ville , fonctions qu il remplit jusqu’en 1792. En 1804, il fut nommé l’un des professeurs de la faculté de médecine de Paris : mais en 1822, il fut arbitrairement privé de sa chaire ainsi que plusieurs de ses collègues. En 1826, l’affaiblissement de sa santé et de sa vue l’engagea à se démettre de ses fonctions de professeur de botanique au Muséum. Malgré le progrès de l’âge, il conserva jusqu’à sa mort, et son amour pour la science et toute la netteté de son esprit. Depuis la publication de son Généra , il était sans cesse occupé de perfectionner Pensemble et les détails de ce grand travail. Les résultats de ses recherches à ce sujet ont été publiés dans une suite de Mémoires qui font partie de la collection du Muséum d’histoire naturelle; mais il n’a pu, comme il le voulait, donner une nouvelle édition de son ouvrage. Outre les écrits que nous avons mentionnés , on lui doit encore une suite de notices sur l’histoire du Muséum d’histoire naturelle (dans les Annales du Muséum) , et un grand nombre d’articles de botanique dans le Dictionnaire des sciences naturelles , parmi lesquels on remarque surtout l’article sur la méthode naturelle des végétaux. — M. Adrien de Jussieu, fils de Laurent , né à Pans en 1797 , continua l’illustration de cette famille»
1 remplaça son père dans sa chaire de botanique au Muséum en 1826 , et fut reçu en 1831 membre de l’Académie des Sciences. Il mourut en 1853. JUSSY-L’ÉVÉQUE, bourg de Suisse (Genève), à 9 kil. S. E. de Genève; 1,200 hab. Château du >est, qui a longtemps appartenu à Agrippa d’Au* ngné. Âne. résid. de Y évêque de Genève.
JUST, JUSTE ou JUSTIN (saint), martyr, natif d’Auxerre, confessa la foi et mourut dans le Beauvaisis. L’Église l’honore le 18 octobre.
JUSTE (saint), archevêque de Lyon sur la fin du IVe siècle , assista aux conciles de Valence , 374 , d’Aquilée, 381, et y combattit les Ariens. Il quitta son siège pour aller vivre en anachorète dans les déserts de l’Égypte. On le fête le 2 septembre.
juste-lipse , Jusius Lipsius , savant philologue lollandais, né en 1647 près de Louvain, fut d’aoord secrétaire du cardinal de Granvelle (1569), qui l’emmena à Rome ; enseigna l’histoire avec le dus grand éclat, d’abord à léna (1572-74), puis à .ieyde (1579-91), et enfin à Louvain, et mourut en 1606. Sa vie fut traversée par les tracasseries que lui suscitèrent ses collègues et par des querelles religieuses. Né catholique, il se fit protestant, puis retourna au catholicisme. On lui reproche d’avoir ait l’apologie de l’intolérance. Parmi ses nombreux écrits on remarque: Manuductio ad pliilosophiam stoicam , libri III; Physiologies stoicœ libri III ; Polilicorum libri IV; Poliorceticon libri V ; De Militia romana libri V; Admiranda , sive de maynitudine romana libri IV ; Monita et exempta politica , et ses Commentaires sur Tacite, Sénèque, etc. La collectiou complète de ses œuvres a été publiée à Anvers, 1637 , 6 vol. in-fol. , et Wesel , 1675, 4 vol.
În-Q ITn flûfl ^ïiinrtîpnnv mnintûS fjp pSô 6St
d’avoir fort bien fait connaître le stoïcisme.
JUSTIN, historien latin, qui üorissait sous les Antonins, au il* siècle, a rédigé un Abrégé de l’histoire universelle de Troyue-Pompèe , en 44 livres ; ouvrage élémentaire, écrit avec simplicité et élégance , et devenu classique. Il fait partie des collections ad usum Delphini, Variorum, etc., et a été publié par Wetsel, 1808. 11 a été traduit en français , notamment par l’abbé Paul, 1774 , et par MM. Pierrot et Boitard (dans la colIect.Panckoucke),1827,2v.in-S.
JUSTIN ( saint ) , dit le Philosophe , docteur de l’Église , né vers l’an 103 à Flavia Neapolis (l’ancienne Sichem) en Palestine, était d’abord païen et avait adopté la secte de Platon. 11 reçut le baptême vers l'âge de 30 ans , et vint à Rome où il ouvrit une école de philosophie chrétienne. Calomnié par le philosophe cynique Crescentius , il fut condamné à mort par le préfet de Rome , et subit le martyre vers l’an 167. On le fête le 13avril. Saint Justin a laissé plusieurs ouvrages, tous écrits en grec, entre autres deux Apologies de la religion chrétienne , un traité de la Monarchie de Dieu. Scs œuvres ont été publiées, grec-latin, par dom Maran, Paris, 1742, in-fol. , et par Otto, léna, 1842 ; et trad. en fr. par les abbés Chanut et Courcy. S. J. pensait que le Verbe avant son incarnation s’était révélé aux sages du paganisme ; il mêla avec le christianisme plusieurs dogmes platoniciens. — Un autre saint Justin, martyr en Parisis, est fêté le 8 août.
justin Ier, dit le Vieux, empereur d’Orient , né en 450 en Thraee, fut d’abord berger, puis soldat; il parvint aux premières dignités sous l’empereur Léon, et fut porté sur le trône par une intrigue à la mort d’Anaslase, 618. 11 régna sagement et apaisa pour un temps les querelles religieuses. Son règne fut troublé par les factions des Verts et des Bleus. 11 mourut en 527 après s’être
associé son neveu Justinien.
justin il , dit le Jeune, neveu de Justinien, lui .succéda en 565, débuta bien, mais se livrabientôt aux déhauches et à la cruauté et abandonna l’autorité à
JUTL — 940 —
JUYE
Sophie, son épouse , qui attira une foule de maux sur l’empire (F. narsès). Il perdit la raison à la fin de sa vie, et mourut en 578, après avoir adopté dès 5 / 1 Tibère-Constantin, capitaine de ses gardes.
JUSTINE, Flavia Jusiina Augusia , impératrice romaine, était fille de Justus, gouverneur du Picénum. Elle épousa successivement le tyran Mao-nence, l’empereur Valentinien (368), et, après la mort de ce dernier, fit proclamer empereur \alentinien 11, avec qui Gratien consentait à partager l’empire. Elle tenta 11 diverses reprises d’établir l’arianisme dans ses états; mais saint Ambroise empêcha l’exécution de ce projet. Le tyran Maxime ayant conquis une grande partie de 1 Italie cri 387, elle fut obligée de se retirer à Thessalonique ; elle y mourut en 388.
justine (sainte), vierge et martyre, patronne de la ville de Padoue , périt dans la persécution de Dioclétien. On la fête le 7 oclobre. — Une autre Ste J., martyre àNicomédie en 304, est h. le 26 sept.
JUST1N1ANA, nom de deux villes de l’empire d’Orient , dans la Thrace et la Dacie Méditerranéenne, embellies ou agrandies par Justinien , et distinguées l’une de l’autre par les épithètes de Prima et de Secunda On nomme aussi la Ie Tauresium et la 2e Vlpianum. Voy. ces noms.
JUSTINIANI, famille italienne. Voy. giustiniani.
JUSTINIEN I, empereur d’Orient , 527-666, neveu de Justin 1, né en 483, à Tauresium en Mésie. Le règne de ce prince est célèbre par les querelles des factions du cirque dites les Verts et les Bleus , par les exploits de Bélisaire et de l’eunuque Narsès contre les Goths d’Italie et les Vandales d’Afrique, ainsi que par les victoires du premier sur les Perses; il est surtout ci£fn*>u — *** « a^o maiiin-
iiuns judiciaires. Justinien fit réviser par une commission de jurisconsultes, à la tête desquels était fribonien, toutes les constitutions ou ordonnances de ses prédécesseurs, et en forma le code qui porte son nom (529). Le Code fut suivi du Diyeste ou Pandectes, des lnsiitutes et des Novelles (tous ces ouvrages ont été réunis sous le titre de Corpus juris civihs). Justinien s’occupa aussi des affaires de religion, mais aveî plus de zèle que de lumières. 11 avait épousé Théodora, femme célèbre par sa beauté, mais aussi par ses débauches, qui exerça sur lui un empire absolu et déshonora une partie de son règne.
justinien il , dit R hinotm'ete (c’est -à- dire Nez coupé), empereur d Orient , succéda en 685 à Constantin Pogonat , son père. 11 se rendit si odieux par sa tyrannie et par ses cruautés, que ses sujets se révoltèrent, lui coupèrent le nez et l’exilèrent dans la Chersonèse de Thrace, en 694. U resta en exil dix ans , pendant lesquels l’empire fut gouverné par Léonce et Tibère Absimare ; mais il se fit replacer sur le trône en 705 par Tribellius, roi des Bulgares. 11 périt assassiné en 71 1.
justinien, nom d’une noble famille de Venise. Voy. giustiniani.
JUST1NOPOL1S , auj. Capo-d1 Islria , ville de la prov. d’istrie, nommée primitivement Ægida, au S. de Tergeste, fondée par Justinien I en l’honneur de Justin I son oncle.
JUTERBOGK, ville des Etats prussiens (Brandebourg), à 48 kil. S. de Potsdam ; 3,260 hab. Vieilles fortifications. Toiles, lainages, eau-de-vie brasseries. — Victoire des Suédois , commandés par Torstenson, sur le général autrichien Gallas (1644).
JUTES, ancien peuple de la Germanie, qui appartenait à la famille gothique, a donné son nom au Julland. Voy. goths et jutland.
JUTLAND, Jylland des Danois, la Chersonèse Cimbrique des anciens, Jutia ou Juetlandia en latin moderne, presqu’île du Danemark , entre 55° 24’ et 57° 36’ lat. N., et entre 5° 18’ et 9° 6’ long. E., sat bornée au S. par le Sleswig, au N. par le Skag-
ger-Rack, et au N. E. par le Cattegat; elle a 280 kil. sur 200, et 440,000 hab. Ch.-l. Viborg. Quelquefois on étend le nom de Jutland au Sleswig, et l’on prolonge la péninsule jusqu'à l’Eider. Le Jutland n’est pas une division administrative du Danemark ; il contient dix bailliages et sept duchés (en y comprenant le Sleswig). Voy. Danemark. — Le climat du Julland est âpre, froid, humide; le sol est presque partout sablonneux ou marécageux. Dans la partie septentrionale s’étend un vaste golfe appelé Limjiord [Voy. ce mol). La pêche, l’éducation des chevaux, l’exploitation de quelques houillères et tourbières, occupent surtout les habitants. Le Jutland, jadis habité par les Cimbres, qui lui ont valu le surnom de Chersonèse Cimbrique , le fut ensuite par les Jutes ou lots (tribu de Goths), d’où son nom actuel.
JUTUNTORUM forum, ville d’Italie, auj. crème.
JUTURNE, sœur de Turnus, fut aimée de Jupiter qui lui donna l’immortalité. Elle laissa son nom à une fontaine qui coule près du Numicus.
JUVAVUM ou JUVAVIA, auj. Salzbourg, ville du diocèse d’illyrie occidentale, dans la Norique 2e eu Riveraine, au S. O., sur la Salsa.
JUVÉNAL, Decimus Junius Juvenalis , fameux poëte satirique latin, né à Aquinum vers l’an 42, étudia sous Fronton et sous Quintilien, et fut quelque temps avocat. 11 ne composa ses premières satires que sous Domitien, et ne les publia que sous Trajan et Adrien. Elles obtinrent alors l’applaudissement général, mais la 7e (sur la Misère des qens de lettres) lui fut nuisible. Un histrion, favori d’Adrien, croyant que le poëte avait voulu le désigner par une allusion, le m à Syène, dans la Haute-Égypte,
jivp.i*. 1 p. titre de préietci une îe^iun. J u r^nui inoiiruit, à ce qu’on croit, dans cette espèce d’exil, âgé' dit-on , de plus de 80 ans. Selon d’autres traditions il serait mort à Rome. Nous avons de ce poëte 16 satires; toutes sont remarquables par l’énergie, la hardiesse et la véhémence du style, et surtout par l’accent de conviction avec lequel le poëte exhale son indignation contre les vices de son siècle. Les plus célèbres sont celles sur la Noblesse , sur les Vœux, sur les Femmes, et sur le Turbot au sujet duquel délibéra le sénat romain. Les éditions les plus estimées de Juvénal sont celles dites ; Variorum, 1648 ; Ad usum Delphini, 1684; de Ruperti, Leipsick, 1801 ; d’Achainlre, Paris, 18lff. Les meilleures traductions sont : en prose, celles de Dussaulx, Paris, 1710, revue par M. Pierrot, 1825; de Baillot, 1823, in-8 ; de M. Courtaud-Diverneresse, 1831, 2 vol. in-32 ; et en vers, celles de M. Raoul 1812 et 1826; de Méchin, 1817 ; de Bouzique, 1843.
juvénal ou jouvenel des URSiNS (Jean), magistrat français, né à Troyes vers 1350, mort en 1431 , fut nommé en 1388 prévôt des marchands; eut la confiance de Charles VI, s’opposa au duc de Bourgogne qui l’accusa de sédition et essaya vainement de le faire condamner (1393) ; sauva le roi des mains de ce prince; devint en 1400 avocat du roi, puis chancelier, et présida le parlement qui siégea à Poitiers. La ville de Paris lui donna, en reconnaissance de ses services, le bel hôtel des Ursins, dont il ajouta le nom au sien propre.
juvénal des ursins ( Guillaume) , chancelier de France sous Louis XI, fils du précédent, né à Paris en 1400. Egalement propre à la robe et à l’épée, il fut successivement conseiller au parlement, capitaine des gendarmes, lieutenant -général du Dauphiné, bailli de Sens, et devint enfin chancelier de France en 1445. Déposé et emprisonné en 1461 par le soupçonneux Louis XI, il parvint à faire reconnaître son innocence, et fut rétabli en 1465 d’une manière honorable. Il mourut en 1472. — Son frère, Jean Juvénal des Ursins, fut archevêque de Reims en 1449, sacra Louis XI, fut un des évè-
KABO
ques qui revirent la sentence prononcée par les Anglais contre la Pucelle d’Orléans, et mourut en 1473, également recommandable par ses vertus épiscopales et par ses connaissances littéraires. Il a laissé une Histoire du règne de Charles VI depuis 1380 jusqu’en 1422, imprimée en 1614 , in-4.
JUVENCUS (Vettius Aquilinus), poëte chrétien, né en Espagne d’une famille illustre, embrassa de bonne heure l’état ecclésiastique , et vécut sous le règne de Constantin-le-Grand. 11 a composé une Vie de Jésus-Christ en vers latins sous ce litre : Historiés evangelicœ libri IV, imprimée ordinairement dans les éditions de Sédulius, de Fortunat, etc., et publiée séparément par Ehrard Reusch, Francfort, 1710. — Un autre Juvencus, du xne siècle, est auteur d’une Vie d’Attila , publiée à Ingolstadt, 1604. juvencus, jésuite. Voy. jouvenci.
JUVERNIE. Voy. hibernie.
JUVIGNÉ-DES-LANDES , ville du dép. de la Mayenne, à 8 kil. 0. d’Ernée; 2,500 hab.
KABO
JUVIGNY, ch.-l. de canton (Manche) , à 7 kil, N. O. de Mortain; 700 hab. Voy. rigoley
JUVIGNY-SOUS-ANDA1NE , ch.-l. de canton (Orne), à 11 kil. S. E. de Domfront; 1,900 hab.
JUVISY , village du dép. de Seine-et-Oise, à 13 kil. N. O. de Corbeil , sur la pente d’une montagne , près des rives de l’Orge et de la Seine: 500 hab. Château et parc magnifique d’après les dessins de Le Nôtre. Il est traversé par un chemin de fer.
JUZGHAT , Osiana ou Soanda des anciens , ville de la Turquie d’Asie (Si vas) , par 39° 42’ lat. N., 32° 30 long. E. ; 16,000 hab. Ch.-l. du sandjakat de Juzghat. Murailles en briques; palais du pacha; maisons petites, mais bien bâties; mosquée sur le modèle de Sainte-Sophie à Constantinople. Mines de plomb aux environs. — Le sandjakat de Juzghat est situé dans le S. O. du pachalik de Sivas, entre les sandjakats de Tchouroum, d’Amasieh, de Sivas, la Caramanie et le Kizil-Irmak. 11 a 200 kil. sur 90. Il est gouverné par un pacha indépendant.
N. B. Cherchez par C, CH, Q
K. Cette lettre s’emploie souvent dan3 les abréviations à la place du C , et signifie Cceso , Caius, Cœlius, Cœsar.
KAAB , poëte arabe , contemporain de Mahomet, avait commencé par écrire font»» 1»7'Fllèle* Lorsque rui emparé de La Mecque,
Kaab , craignant sa vengeance, fit à son éloge un beau poëme qui est au nombre des sept Moallakats (poëmes suspendus au temple de La Mecque). Ce poëme a été publié à Leyde , traduit en latin par Lette, 1748, avec d’autres poésies orientales.
KAABA (la). Voy. mecque (la) et kaçaba.
KAADEN, ville de Bohême, à 25 kil. N. O. de Saatz ; 3,500 hab. Draps, lainages, grains. Gymnase.
KAARTA, état de la Sénégambie, entre le Ludamar au N., le Fouladou au S., le Bambara à 1 E., le Kasson à l'O. Capitale, jadis Kernmou, auj. Eli— mané. Bien peuplé. Poudre d or et ivoire.
KABAILS, Cabyli, peuple indigène de l’Afrique, d’orig. berbère, habite les mont, de l’Atlas, dans les états d’Alger et de Maroc ; il est à peu près indépendant et vit aux dépens des habitants des plaines. Les Kabaïls Bont divisés en tribus nombreuses, parmi lesquelles on distingue les Béni - Abbcs, les Coucos et les Henneichas. Ce sont probablement les vrais indigènes de la Barbarie intérieure; ils ne doivent être confondus ni avec les Arabes, ni avec les Maures, ni avec les Turcs.
KABAN-MAADEN , ville de la Turquie d Asie (Diarbékir), à 150 kil. N. 0. de Diarbékir, près de i’Euphrate. Aux environs, mines de fer, de cuivre,
d'argent, etc. ,
KABARDAH, contrée de la Russie d Europe, dans la région caucasienne , forme la Circassie proprement dite, et a pour bornes, au N. le Térek et la Malka, au S. le pays des Ossètes, et à l’O. 1 Abascie. Elle se divise en deux régions *. Grande-Kabardah, à l’O. (subdivisée elle-même en quatre hordes), et Petite-Kabardah, à l’E. (subdivisée en deux). Cette contrée est arrosée par le Térek et Ees affluents. Le sol est fertile et le climat doux, mais les habitants sont peu agriculteurs; ils préfèrent la vie nomade et pastorale, ainsique le brigandage. [Voy. circassie.)
KAROU, pays de la Sénégambie occidentale, entre le Rio-Grande et le cours supérieur de la Gambie. Lieu principal, Sumakonda. Il est arrosé au N. O. i'ar le Geba. Climat chaud, humide et malsain. aoL
, les mots qui ne seraient pas ici.
fertile en riz, céréales, indigo et coton. Poudre d’or, ivoire et argent.
KABOUCHaN, ville d’Iran (Khoraçan), à 1 10 kil. O. de Mesched. Résidencfe d’un chef indépendant qui peut mettre 12,000 hommes sur pied.
KABOUL ou cabul, Cophès , riv. d'Asie, prend se source uau» i nmuou-uuutn, «« u.
nistan, traverse cette dernière province , ainsi que
celles de Kaboul (où il arrose la ville de Kaboul),
Loghman , Djelalabad, Pichaver, et se perd dans
le Sind au N. d’Attok, après un cours de 350 kil. Ce
fleuve est trop rapide pour être navigable.
Kaboul, ville d’Asie, capitale de la province de Kaboul et de tout l’Afghanistan, au milieu d’une plaine délicieuse, à 320 kil. N. E. de Kandahar, par 34° 10’ lat. N., 66° 55’ long. E. Jadis 80,000 hab., auj. 60,000 au plus. Mur de brique ; citadelle dite îiallu-hissar, résidence du souverain; bazar. — Dès le vil* siècle, Kaboul était la résidence d’un prince hindou. L’empereur Babour en fit quelque temps sa capitale. En 1739, Nadir-Chah la prit et la pilla. Timour-Chah en fit en 1774 la capitale de l’Afghanistan. Les Anglais l’ont saccagée en 1842.
Kaboul (province de), province de l'Afghanistan ou royaume de Kaboul, bornée au N. O. par le pays de Balkh, au N. par le Turkestan, à l’E. par les provinces de Loughman et de Djelalabad, au S. par celle de Gazna, et à l’O. par le Khoraçan ; 200 kil. sur 80; ch.-l. Kaboul. On trouve dans cette province des montagnes, mais peu de rivières; déserts immenses; plaines, plusieurs vallées, divers cantons fertiles. Mines d’or, d’argent, de fer, mais à peine exploitées; un peu d’industrie, tissus de coton, tapis, cuirs. Commerce par caravane, mais gêné par un état de guerre perpétuel.
Kaboul (royaume de), vaste état d’Asie, borné par le roy. de Uérat ou Khoraçan oriental et le Turkestan au N., les Seikhs à l’E., le Béloutchistan au S.t l’Iran à l’O.; s’étend de 67* à 70° long. E., de 28* à 36° lat. N. II se compose de tout l’Afghanistan et du Sistan.eta pourcapit. générale Kaboul. — L’histoire du Kaboul se confond avec celle de l’Afghanistan ; on donne indifféremment ces deux noms au royaume qui se forma dans ces contrées en 1747, à la mort de Nadir-Chah , et qui eut successivement pour chefs Ahmed-Khan (1747-1773), Timour-Chah, fils d’ Ahmed (1773-1792), Zehman-Chah. fils de Ti-
KACH
mour (1792-1802), Mahmoud-Chah, frère de Mahmoud (1802-1818). Sous ces derniers règnes la puissance des rois de Kaboul fut détruite par les dissensions des princes et par l’insurrection des chefs des prov., et le pays fut envahi par Runjet-Sing, puis (1839-42) par les Anglais, qui n’ontpu s’y maintenir
KABR-iBRAIIIM ou KH ATI L, l’ancienne Hébron ou Kiriaih-Arbe des Juifs, ville de Syrie (Damas), à 40 kil. S. de Jérusalem; 6,000 hab. Château-fort. Mosquée où l’on montre le tombeau d’Abraham, de Sara et de leurs descendants jusqu’à Joseph.
KABS, ville de l'état de Tunis. Voy. càbès.
KABYLES. Voy. kabaïls.
KAÇABA ou KASBA, nom donné par les Arabes, particulièrement dans les régences barbaresques, à la citadelle et au palais du souverain. On connaît surtout la Kaçaba ou Casauba d’Alger, citadelle située sur une éminence à l’extrémité S. de la ville. Elle était la résidence habituelle du dernier dey d’Alger. C’est dans la Kaçaba que les Français ont trouvé son trésor. — Pour la Kasba de la Mecque, F. mecque.
KACH AN, ville de Perse (Irak-Adjémi) , à 150 kil. N. O. d’Ispahan, par 33° 51’ lat. N., 48° 51’ long. E.; 30,000 hab., jadis 150,000 hab. Trente mosquées, dix médressehs ou collèges, mur en terre, tours. Soieries, tapis , brocarts d’or et d’argent, velours, châles, tissus de coton, ustensiles en cuivre. Bons fruits (surtout les melons d’eau). Multitude de scorpions. — Cette ville fut fondée par Zobéide, femme du calife Haroun-al-Raschid. Sous le règne de Kérim-Khan, elle fut détruite par un tremblement de terre , mais bientôt après rebâtie.
KACHAU ou CASSOV1E , Kassa en hongrois , ville forte de Hongrie, ch.-l. du comitat d’Abaujvar, à 28 kil. S. d’Eperies-
do Toiiemei ; y,0üühab. Evêché. Académie royale, université, gymnase, école normale ; arsenal, deux casernes, fonderie ; moulins à poudre ; draps, tabac, poterie de grès, tanneries. — Kachau fut entourée de murailles sous le règne d’Emeric. En 1270, Etienne V, et plus tard André III l’agrandirent. En 1441 elle soutint un siège contre les Bohémiens.
KACHEMYR. Voy. cachemire.
KACHENAH, ville de la Nigritie centrale, par 15° 18’ lat. N., 8° 30’ long. E., jadis capitale d’un royaume puissant qui s’étendait au N. O. du lac Tchad et était arrosé au S. par le Niger. Aujourd’hui ce royaume est soumis aux Fellatahs, et Kachenah est b’en déchue de son importance.
KACHGAR , riv. du Turkestan chinois, naît dans l’0. de cette contrée , coule à l’E. et grossit l’Yarkand après 880 kil. de cours. — Riv. de l’Afghanistan. Voy. KAMEH.
kachgar ou kachkar , ville du Turkestan chinois (Petite-Boukharie) , ch.-l. du khanat de Kachgar, par 39° 25’ lat. N., 71° 43’ long. E.; 16,000 hab. Commerce d’étoffes de soie et de brocarts, ainsi que de chevaux que les Kirghiz y amènent en grand nombre. — Kachgar était jadis la capitale d’un empire puissant, possédé par des princes gengiskhanides ; aujourd’hui le khanat de Kachgar est nominalement tributaire de l’empire chinois, mais il est réellement indépendant,
KACHINE, ville de la Russie d’Europe (Tver), à 131 kil. N. E. de Tver; 5,000 hab. Blanc decéruse. Ancien apanage des princes de Tver; souvent ravagée aux xiii* et xiv* siècles par les Tartares. — Le district de Kachine nourrit beaucoup de bestiaux et de chevaux; il compte 80,000 hab.
KACH1RA, ville de la Russie d’Europe (Toula), à 140 kil. S. E. de Moscou; 5,000 hab. Suif, tanneries, blanchisseries de cire. — Cette ville était jadis sur la rive gauche de l’Oka; mais la guerre et la peste l’ayant dépeuplée du xvi* au xvn* siècle, on la rebâtit en 1656 sur la rive droite. Le district de Kachira contient 100,000 hab. j
KADS
KACHMIR. Voy. cachemire.
KADDALOR, Cuddalore des Anglais, ville de l’Inde anglaise (Madras), dans le district d’Arkot mérid., à 20 kil. S. 0. de Pondichéri, entre deux branches du Palaour. Grande, industrieuse, populeuse et bien bâtie. On la nomme aussi Gonddour.
KADDAPA, dite aussi Coddapa ou Cuddapa, ville de l’Inde anglaise en-deçà du Gange (Madras), ch.-l. du district de ce nom, par 14° 32’ lat. N. et 76° 28’ long. E. Jadis possédée par un radjah dépendant du souverain de Golconde; soumise par Aureng- Zeyb, et enfin prise par les Anglais en 1800.
kaddapa, un des deux districts fournis à l’Inde anglaise immédiate par l’ancienne province de Balaghat, a, entre autres villes, Kaddapa, son oh.-l., Sidout et Gandikotta.
RaDER-BILLAH , calife abbasside, régna de l’an 991 à l’an 1031 de J.-C. et se maintint toujours en paix avec les peuples voisins.
KADI. Voy. cadi.
KADICHAH, première femme de Mahomet, née l’an 564 de J.-C., était une riche marchande de la tribu arabe des Koraïchites. Elle était déjà veuve de deux maris, et avait 40 ans, lorsqu’elle prit à son service, comme facteur ou intendant, Mahomet, alors âgé de 25 ans, qui lui inspira les sentiments les plus vifs d’amour et d’admiration, et obtint bientôt sa main. Kadichah donna quatre garçons et qua tre filles au prophète, entre autres la belle Fatime. Elle mourut en 628 , après une union de 24 ans.
KADI-KEUI, l’ancienne Chalcèdoine , ville de la Turquie d’Asie, sur la mer de Marmara, vis-à-vis de Constantinople, et à 3 kil. S. E. de Scutari.
Kadjaaga kaIAGA, petit état de Sénégambie . entre ceux de Geuuum uu * p Bambouk au S., de Foutatoro à 10., et de Kasson au N. E.; 100,000 hab. Capitale, Galam. Mines d’or, tabac.
KADJARS (dynastie des), dynastie turcomane qui règne actuellement en Perse , a pour chef Mohammed-Haçan-Khan, qui était fils d’un gouverneur du Mazandéran, sous le règne de Chah- Thamasp II, et qui se rendit indépendant vers 1748, à la faveur des troubles occasionnés par la mort de Thamasp-Khouli-Khan. Après avoir régné seulement sur les provinces du Nord (Mazandéran, Ghilan, Asterabad), et avoir eu à combattre divers compétiteurs, notamment Kérim-Khan, les Kadjars s’établirent définitivement sur le trône de Perse en 1794. Les princes de cette dynastie sont : Mohammed-Haçan-Khan (1748-1758), Aga- Mohammed, fils de Mohammed(1794-1797), Baba-Khan, plus connu sous le nom de Feth-Ali-Chah, neveu d’Aga-Mohammed (1797-1834); Mohammed-Mirza, petit-fils de Feth- Ali, et qui règne auj. Le nom de Kadjars , qui veut dire en turc fugitif, fut d’abord appliqué à des déserteurs de l’armée ottomane auxquels Chah- Abbas I donna un asile à la fin du xvi* siècle; ils s’établirent en assez grand nombre dans le Mazandéran pour y former une tribu importante.
KADJARS ou GADJARS (monts), chaîne qui termine au Nord le vaste plateau du Kobi, et qui doit être regardée comme la continuation du Thian Chan ou mont Céleste, quoique entre ces deux, chaînes s’étende un vaste plateau (le Kobi). Les monts Kadjars se dirigent à l’E., et arrivés près de Barin en Mongolie, ils se confondent avec les cimes neigeuses du Ta-Hang.
KADLUBEK ou KADLUBKO (Vincent), ancien historien polonais, né à Kariwow, était évêque de Cracovie, et mourut en 1223 ou 1233. On a de lui : Chronicon regni Poloniœ , publié en 1612.
KADOM, ville de la Russie d’Europe (Tambov), à 200 kil. N. de Tambov; 5,600 hab. — Fondée par les Tartares. Les Russes y battirent les Bulgares en 1209.
KADSAND ou GASSANDRIA (île det île du roy.
KAFO —
de Hollande (Zélande), entre la mer d’Allemagne au N., l’Escaut occidental au N. E., et différents canaux au S. et au S. O. : 16 kil. sur 7. Lieu principal, Kadsand (600 hab.). Céréales, riches pâturages; fromages excellents. — Cette île faisait autrefois partie de la Flandre hollandaise. Dans le xvi* siècle, un grand nombre de protestants français réfugiés s’y établirent. Les Provinces-Unies la prirent en 1604 et les Français en 1794. Elle fit sous l’empire partie du dép. de l’Escaut.
KÆMPFER (Engelbert), voyageur et médecin allemand, né à Lemgo (Lippe) en 1651, mort en 1716, parcourut dès sa première jeunesse les états du Nord, accompagna en 1683 comme secrétaire d’ambassade Louis Fabricius, ambassadeur de Suède, à Moscou et à Ispahan; puis s’embarqua comme médecin sur une flotte hollandaise, visita l’Inde, les îles hollandaises, et pénétra jusqu’au Japon où il fit les plus précieuses observations sur le pays et sur l’histoire naturelle (1690-93). Il revint en Europe en L693, et se fixa dans sa patrie où il fut nommé médecin du comte de Lippe. Il publia en 1712, à Lemgo, sous le titre d ' Amœnilates exoticœ, sn-4, un livre rempli de détails intéressants sur les
r qu’il avait parcourus, notamment sur le Japon.
laissé aussi de précieux manuscrits d’où Hans Sloane tira une Histoire du Japon, publiée en anglais, Londres, 1727, et traduite en français par Desmaizeaux, La Haye, 1731; ces manuscrits n’ont paruau’en 1777. K. introd. Pariipnnetuieen Europe XÆSMARKT ou RAISERSMARKT, ville de Hongrie (Zips), sur la Poprad, à 17 kil. N. O. de Leutschau; 3,900 hab. Flanelle, toiles; entrepôt de vins et de toiles. — Peuplée par dp? qui y
furent appelé pa»* r^io ueliongric, L empereur Sigismond la fortifia en 1433 pour la mettre à l’abri des incursions des Hussites.
KÆSTNER (Abrah.-Gotthelf), professeur de mathématiques à l’université de Gœttingue, né à Leipsick en 1719, mort en 1800, s’est surtout distingué
f>ar son enseignement et par ses livres élémentaires.
1 fut un des membres les plus actifs de la société littéraire de Gœttingue et publia plusieurs volumes des Mémoires de cette société. Ses principaux ouvrages, outre ses traités élémentaires, sont une Histoire des Mathématiques , 1796-1800, 4 vol. in-8, en allemand, inachevée; Nouvelle démonstration de Vimmortalitè de l'âme , en allemand, 1767.
KAFËRISTAN (c.-à-d. en turc pays des infidèles), contrée de l’Asie centrale, au N. de l’Hindou-Koueh, comprend le bassin du Haut-Oxus , et une partie du cours du Kachgar ou Kameh. Outre le Kaféristan proprement dit, qui renferme le district de Tchitral dans la vallée du Kameh , on y remarque le khanat de Kandouz (avec les districts de Khouloum, de Heïbuck,de Gori, d’Inderab, de Talighan et de Houzirout-imam) , le Badakchan, le Koulab, le Chaghnan, le Wakhan et le Derwaz. Les habitants du Kaféristan sont idolâtres; c’est ce qui leur a fait donner le nom de Kafres (c.-à-d. infidèles ).
KAFER-NIHAN, rivière de la Tartane, dans l’état d’Hissar, descend des monts Kaehgar-Davan , sur les limites de l’étal de Khokhan; coule au S. 0., passe près d’un petit bourg de même nom, puis auprès d’Hissar, et se joint au DJthoun après 450 kil. de cours.
KAFFA, ville de Russie. Voy. càffa.
KAFFER, riv. de Perse, sort du mont Kobil, à l’O. de Chyraz, coule au S. E., et se perd dans la vallée de Kaffer après 200 kil. de cours. — Bourg de Perse, à 90 kil. S. E. de Chyraz , sur la rive gauche, résidence d’un khan.
KAFOUR, souverain de l’Egypte, avait d’abord été esclave. Mohammed - Ikchid en mourant le uomma régent pour Aboul-Cacem, son fils, l’an de I.-C. 946 ; il conserva l’autorité sous Aboul-Haçan,