‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 593 sur 1261 · LAMB — 990 — LAME · texte numérisé non relu

LAMB — 990 — LAME

U périt à la chassa ; on croit qu’il y fut assassiné.

LAMBERT, fils d’Adalbert II, duc de Toscane, régna à Spolète dès 917, et en Toscane depuis 929 jusqu’à 931. 11 avait contribué à élever sur le trône d’Italie Hugues de Provence, son frère utérin ; mais celui-ci ne le paya que d’ingratitude : il prétendit que Lambert était bâtard et n’avait aucun droit au duché de Toscane. Lambert en appela au jugement de Dieu et soutint par un combat judiciaire la légitimité de sa naissance : il sortit victorieux de cette épreuve ; mais Hugues parvint à s’emparer de sa personne et lui fit crever les yeux.

Lambert, chroniqueur allemand, natif d’Aschaffenbourg, était bénédictin et vivait dans le xie siècle. Il est auteur d’une Histoire universelle , abrégé d histoire qui va depuis le commencement du monde jusqu’à l’an 1060; suivie d’une Histoire de l'Allemagne assez étendue (depuis 1050 jusqu’à 1077).

LAmbert-li-coks (c.-à-d. le court ou le petit ) , poëtefranç. duxnes.,néàChâteaudu'u ou, selon M. E. Talbot, à Dinan, fut d’abord clerc, mais se maria plus tard. 11 commença le célèbre roman d ’A lexandre, qui fut continué par Alexand. de Bernay. Voy. Alexandre.

Lambert (J.), général anglais, l’un des plus ardents ennemis de Charles I, était avocat avant que la révolution éclatât. C'est lui qui avait le plus d’influence après Cromwell, et il conçut le projet de lui succéder dans le protectorat. Lors de la défection de Monk, il marcha contre ce général ; mais il fut pris et condamné à mort. On lui fit grâce de la vie, et il fut relégué à Guernesey où il mourut en 1692.

Lambert (Michel), musicien célèbre, né vers 1610, à Vivonne près de Poitiers, mort à Paris en 1696, jouissait sous Louis XIV d’une haute réputation; toutefois il sévit dans sa vieillesse éclipsé par Lully, son gendre. On a de lui des Hotels, des Leçons pour les Ténèbres , etc. Le Recueil de ses Œuvres a été gravé en 1666. C’est ce Lambert que Boileau nomme dans sa 3e satire.

Lambert (Anne-Thérèse de marguenat de cour- CELLes, marquise de), née à Paris en 1647, morte en 1733, était fille d’un maître de la Chambre des Comptes. Elle composa, pour l’éducation de ses enfants, deux ouvrages qui sont fort estimés et pour le style et pour les pensées : Avis d'une mère à son fils et Avis d'une mère à sa fille. On a aussi de cette dame un Traité de la vieillesse , un Traité de l'amitié , des Réflexions sur les femmes, sur le goût, sur les richesses, etc. Elle n’écrivit pas pour le public, et ses ouvrages n’ont été connus que par l’indiscrétion de ses amis. Ses œuvres ont été réunies en 1748 , 2 vol. in-12, et 1813, 2 vol. in-18. La marquise de Lambert avait pour amis Fontenelle , Lamotte, Sacy, et réunissait chez elle une société choisie de gens de lettres, surtout a partir üe 1710.

Lambert (l’abbé), jésuite, compilateur fécond et laborieux, né à Dôle vers 1700 , mort en 1765 à Paris, se mit aux gages des libraires, et publia de 1739 à 1764 seize ouvrages, entre autres : Recueil d’observations curieuses sur les mœurs, les coutumes, les arts et les sciences des différents peuples de l’Asie , de l’Afrique et de l’Amérique , Paris, 1749, 4 vol. in-12 ; Histoire générale, civile, naturelle, politique et religieuse de tous les peuples du monde , 1750, etc., 15 vol. in-12; Histoire littéraire du règne de Louis XIV, 1751, 3 vol. in-4.

Lambert (Jean- Henri ), savant universel, né en 1728 à Mulhouse (qui appartenait alors à la Suisse), mort en 1777, était fils d’un pauvre tailleur. Après avoir suivi quelque temps une école gratuite, il étudia seul et apprit sans maître , outre les langues anciennes et modernes, presque toutes les sciences, la physique, la mécanique, l’astronomie, la philosophie ; il s’exerça même dans la poésie et l’éloquence. Il fut successivement précepteur chez le comte de Salis à Coire (1748-1758), professeur à

l’Académie électorale de Munich , et fut appelé en 1765 à Berlin par Frédéric-le-Grand. Admis aussitôt à l’Académie de Berlin, il enrichit le recueil de cette société d’une foule de savants mémoires. Il se distingua surtout dans les mathématiques, soit pures, soit appliquées, et dans la métaphysique. Outre une quantité innombrable de mémoires, on a de lui : en physique et en mathématiques, la Route de la lumière, 1759; la Perspective libre, 1759; Photometria, de gradibus luminis, etc., 1760; Lettres cosmologiques, en allemand, 1761; Echelles logarithmiques , allem., 1761 ; Hygrométrie , 1770: Pyrométrie, ail., 1 779, posthume ; — en philosophie., Novum organum, ail., 1763; Architectonique, ali. , 1771 (il y explique les idées premières de chaque science). Lambert fut au nombre des amis de Kant et entretint correspondance avec lui.

LAMBERT (SAINT-), poète. Voy. SAINT-LAMBERT.

LAMBESC, ch.-l. de canton (Bouches-du-Rhône), à 18 kil.N. O. d’Aix; 3,810 hab. Belle église; vaste hôtel-de-ville , hôpital ; fabrique de soude et tuileries; commerce d’huiles. Jadis titre de principauté (dans l’ancienne Provence).

LAMBESC (Charles-Eugène de lorraine, duc d’Elbeuf, prince de), né en 1754, était parent de la reine Marie-Antoinette. Il l’accompagna en France et devint colonel-propriétaire du régiment royalallemand. Ennemi déclaré de la révolution , il fit charger le peuple auxTuileries,lel3juilletl789, et blessa lui-même plusieurs personnes. Mis en accusation pour ce fait, il fut acquitté au Châtelet. Il émigra peu après, servit dans les armées autrichiennes, et devint feld-maréchal-lieutenant, 1796. Il ne quitta point Vienne à la restauration, et y mourut en 1825, sans enfants. En lui s’éteignit une des branches de la maison de Lorraine.

LAMBETH, ville d’Angleterre (Surrey), était jadis une cité à part ; elle forme aujourd'hui l’extrémité O. de Londres, sur la rive droite de la Tamise; 154,613 hab. Palais de Lambeth (résidence de l’archevêque de Cantorbéry) ; établissements de bienfaisance, etc. Belle église St-George (1844).

LAMBKZELLEC, ville du dép. du Finisterre, à 5 kil. N. de Brest; 8,163 hab.

LAMBIN (Denis), savant commentateur français, né vers 1516 à Montreuil-sur-Mer (Picardie), mort en 1572, enseigna la langue grecque au collège de France. On lui doit des Commentaires sur Lucrèce, 1563, in-4; — sur Cicéron, 1566 et 1585, 2 vol.; — sur Plaute, 1588; — sur Horace, 1605, in-fol.; des Traductions latines de la Politique et de la Morale d’Aristote, de quelques harangues d'Eschine et de Dêmosthènes , etc. Son style, lourd et lent, était proverbial, et c’est de là, dit-on, qu’est venu le mot lambiner, qui est resté dans la langue.

LAMBRECHTS (Charles-Joseph-Matthieu), magistrat, né en 1753, à Saint-Tron (Belgique), mort en 1823, fut professeur de droit à Louvain. Lors de la réunion de sa patrie à la France, il occupa plusieurs emplois importants, et succéda à Merlin de Douai comme ministre de la justice. Élu sénateur après le 1 8 brumaire, il se prononça contre la nomination de Bonaparte, et refusa son vote à l’érection du trône impérial. En 1814, il rédigea dans le sénat l’acte de déchéance de l’empereur. En 1819, il fut élu député. 11 légua 12,000 fr. pour la fondation d’un hospice pour les aveugles protestants.

LAMECli, patriarche hébreu, descendant de Caïn, vivait avant le déluge. 11 épousa deux femmes, Ada et Sella. De la première il eut Jabel, le premier des pasteurs nomades, et Jubal, inventeur des instruments de musique. De la deuxième, îï eut Tubaloaïn, le premier qui ait forgé le fer, et Noéma qui inventa le tissage de la toile. — - Un autre Lamech, fils de Mathusalcm, fut père de NoC, et vécut, selon la Bible, 777 ans (de 4C-Ç0 à 3313)

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LAMËGO, Lama , ville de Portugal (Beïra), à 129 kil. N. E. de Coïmbre; 9,000 hab. Evêché. Il s’assembla en 1145, à Lamégo, des Cortès qui posèrent les bases de la constitution portugaise lors de l’élection d’Alphonse 1 au trône de Portugal.

LAMENTIN (le), ville de l’île.de la Martinique, ôte S. O., à 5 kil. N. E. de Fort-Royal; 8,300 hab. Environs fertiles, mais malsains.

Lamentin (le), ville de l’île de la Guadeloupe, sur une baie de même nom, à 8 kil. N. E. de Pointeà-Pitre; 3.600 hab.

LAMÊSANGÈRE (Pierre de), oratorien, professeur à La Flèche, né à La Flèche en 1761, a publié ; Géographie de la France , Paris, 1791; Bibliothèque des Enfants , 1794; Dictionnaire des proverbes français , 1821, etc 11 m. à Paris en 1831.

lameth, nom de deux frères, d’une famille noble de Picardie, qui se sont également signalés par leur amour pour une sage liberté. L’aîné, Charles de Lameth, né en 1757, mort en 1832, servit en Amérique pendant la guerre de l’indépendance, et fut en 1789 député de l’Artois aux États- Généraux. Il vota un des premiers pour l’abolition de la noblesse et la liberté de la presse ; mais il s’opposa aux violences qu’on voulait exercer contre le roi; il faisait partie du club des Feuillants. En 1792 il commanda une division à l’armée du Nord; mais après le 10 août, il se vit obligé, comme noble, d’abandonner son commandement et de s’expatrier. Il reprit du service sous l’Empire, fut député sous la Restauration, et siégea toujours parmi les amis de la Constitution. — Alexandre de Lameth, né en 1760, mort en 1837, servit aussi en Amérique, fut député en 1789 aux États-Généraux par la noblesse de Péronne, s’y montra un des plus éloquents défenseurs de la liberté, mais sut aussi respecter la prérogative royale, et eut à ce sujet des luttes fréquentes avec Mirabeau. En 1792 il servait sous La Fayette ; il émigra avec lui et partagea sa captivité. Sous l’Empire et la Restauration, il administra comme préfet plusieurs départements. Membre de la Chambre des Députés, il resta toujours Adèle aux principes constitutionnels. On a de lui une Histoire de la Constituante.

LAMÊTHERIE (J. -Claude de), naturaliste et physicien, né à Clayette, dans le Maçonnais, en 1743 , mort à Paris en 1817, se üt d’abord connaître par quelques recherches sur l’air , et rédigea depuis 1785 jusqu’à sa mort le Journal de * Physique. Il fut nommé en 1800 adjoint à la chaire d histoire naturelle au collège de France. On a do lui, outre son journal. Essai sur la philosophie naturelle , Genève, 1778 ; Vues physiologiques, 1780; Essai sur l’air pur , 1786; Théorie de la Terre, 1791 ; Leçons de minéralogie données au collège de France , 1812; De l’homme considéré moralement , 1802 ; Considérations sur les êtres organisés , 1804; Sur la nature des êtres existants, 1805. Il soutenait que le mouvement est essentiel à la matière; que tous les êtres, même l’homme, ont été formés par une sorte de cristallisation.

LAMETTRIE (Offroy de), médecin et philosophe, né en 1709 à Saint-Malo, étud:a la médecine à Leyde sous Boërhaave, et fut à son retour en 1742 nommé médecin des gardes-françaises. Il publia peu après l 'Histoire naturelle de l'âme { 1746), où il prêchai t ouvertement le matérialisme , ce qui lui At perdre sa place ; il se réfugia à Leyde, écrivit des libelles contre les médecins ses confrères , et publia en 1748 /’ Homme-Machine, où il attaquait sans ménagement les croyances les plus sacrées. Chassé de Hollande pour ce nouvel écrit, il trouva un asile en Prusse auprès de Frédéric II ; il fut bientôt admis dans l’intimité de ce prince, qui le At entrer dans son académie. Il mourut à Berlin en 1761, d’une Indigestion. Lameltrie ne manquait ni d’es¬

prit ni d’imagination ; mais ses idées étaient telle lement étranges et incohérentes , qu'il passait auprès de ses amis mêmes, pour avoir le cerveau dérangé. On a de lui plusieurs ouvrages de médecine, des traductions de Boërhaave, de violentes diatribes contre les médecins, entre autres la Politique du médecin de Machiavel (Lyon, 1746)* qui fut condamnée au feu par le parlement; mais il est surtout connu par ses ouvrages philosophique3. dont les principaux sont: Histoire naturelle de l âme , La Haye, 1746; /’ Homme-Machine, Leyde, 1748 ; /’ Homme-Plante, Potsdam , 1748 ; Sur l'origine des animaux, Berlin, 1750; Vénus métaphysique , ou de l’Origine de l’Ame, ibid., 176*1. Frédéric II a composé un Eloge de Lamettrie.

LAMI ( dom François), bénédictin, né près de Chartres en 1636 , mort à l’abbaye de Saint-Denis en 1711, a laissé, entre autres ouvrages estimés, la Connaissance de soi-même, 1694-8 et 1700; la Connaissance et l’amour de Dieu ; le Nouvel athéisme renversé. Réfutation de Spinosa, 1696, et quelques traités mystiques ; il entretint une vive polémique sur divers points de théologie avec Bossuet, Nicole, Arnauld , et il eut avec Malebranche et Leibnitz une correspondance sur l’Amour désintéresse ' qui a été imprimée en 1699.

lami (Bernard), oratorien, né au Mans en 1645, mort à Rouen en 1715, enseigna les belles-lettres à Vendôme, puis la philosophie à Angers, s’attira d*'S querelles avec le clergé d’Angers par son attachement à la philosophie de Descartes, devint grand-vicaire de l’évêque de Grenoble , séjourna quelque temps au séminaire de Saint-Magloire à Paris, puis se retira à Rouen, 1689. On a de lui : l'Art de parler, 1670, ouvrage bien écrit; Réjlexions sur T Art poétique , 1608; Apparatus biblicus , 1087 et 1696, des traités de mathém. et des ouvr. de théologie qui excitèrent de vives disputes, entre autres,

Y Harmotiia quatuor evangelistarum, 1689, is-12.

lami (Jean), littérateur italien , né en 1697 près de Pise, mort en 1770, enseigna l’histoire ecclésiastique à Florence , et eut de vifs démêlés avec les Jésuites. Il rédigea de 1740 à 1770 les Nouvelles littéraires, journal estimé qui paraissait à Florence, et publia entre autres ouvrages Deliciæ eruditorum% recueil d’opuscules inédits et intéressants (1736-69).

LAM1A (Ælius) , noble famille de Rome. Un membre de cette famille, L. Ælius, fut gouverneur de Syrie sous Tibère. Horace lui a adressé sa 17e ode du 3e livre.

LAMIAQUE (guerre). Voy. lamie.

LAMIE, Lamia , aujourd’hui Zeitoun , ville de Thessalie, en Phthiotide , près du Sperchius , a donné son nom à la guerre Lamiaque qui s’alluma entre ta MacCüuine ci la Grèce après la mort d’Alexandre (323). Cette guerre, qui ne dura qu’un an, fut entreprise d’après les instigations de Démosthène et d'Hypéride. Léosthène, général des Grecs, défit d’abord Antipater et le contraignit à s’enfermer dans Lamia, où il l’assiégea. Mais sa mort imprévue, et l’arrivée de Léonat , facilitèrent l’évasion d’ Antipater, qui bientôt reprit l’offensive et remporta la victoire décisive deCranon, l’an 322.

LAMIES, spectres que les anciens représentaient avec un visage de femme, et qu’on disait se cacher dans les buissons, près des grands chemins , pour dévorer les passants. On donnait aussi ce nom aux magiciennes.

LAMOIGNON, famille ancienne du Nivernais, s’est surtout distinguée dans la magistrature aux xvii* et xvme siècles. Elle tire son nom du Aef de Lamoignon (situé dans un faubourg de Donzy), Aef qui resta longtemps dans cette maison.

Lamoignon ( Guillaume de ) , premier président au parlement de Paris, célèbre par son savoir et ses vertus , né en 1617 « mort en 1677 , était fils

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d’un président à mortier. Il fut successivement conseiller au parlement (1635), maître des requêtes (1644), lerprésident(l658). Louis XIV, en lui apprenant sa nomination, lui dit ces mots devenus célèbres: « Si j’avais connu un plus homme de bien , un plus digne sujet, je l'aurais choisi. » 11 ne voulut pas présider la commission qui devait juger le surintendant Fouquet , avec lequel il était brouillé depuis quelque temps. On a de lui un ouvrage connu sous le titre d Arrêtés de Lamoignon (publiés pour la lr* fois en 1702); il y ébauche un vaste plan qu’il avait conçu pour la réforme de la législation : cet ouvrage prouve une connaissance profonde de la jurisprudence. Lamoignon fut l’ami et le protecteur des hommes de lettres : il était surtout lié avec Boileau ; ce fut à sa demande que ce poète composa son Lutrin. — Son fils aîné , Chrétien-François , fut nommé président à mortier en 1690. Il avait hérité de ses vertus et aimait comme lui à s’entourer d’hommes de lettres. 11 fut lié surtout avec Bourdaloue, Boileau, Racine et Regnard. C’est à lui qu’est adressée la 6e épître de Boileau.

lamoignon hé baville (Nicolas), intendant du Languedoc , 5« llls du 1er président, né en 1648 , mort en 1724, exerça d’abord, et avec un grand succès, la profession d’avocat; devint ensuite conseiller au parlement (1670), maître des requêtes (1675), puis suivit la carrière administrative, et fut nommé intendant du Languedoc. Dans ce dernier emploi , il déploya contre les Protestants, lors de la révocation de l’édit de Nantes, un zèle que quelques-uns ont trouvé excessif; on l’a même accusé de cruauté. Cependant il se montre sous un aspect tout différent dans les Mémoires pour servir à l'histoire du Languedoc , qu’il composa par ordre du roi pour servir à l’instruction du duc de Bourgogne (1698), et où il déclare que la violence ne peut qu’être funeste au christianisme. Ces Mémoires ont été imprimés à Amsterdam (Marseille) en 1734, lamoignon ( Guillaume II ), seigneur de Malesherbes, petit-Gls de Guillaume par son fils aîné Chrétien-François, fut chancelier de France de 1750 à 1768. 11 résista longtemps aux sollicitations et aux persécutions de M. de Maupeou, qui voulait le supplanter; mais il fut enfin obligé de se démettre de sa charge, qui fut aussitôt confiée à son adversaire (1768). — Il eut pour fils l’illustre Lamoignon de Malesherbes ( Voy . malesherbes).

lamoignon (Chrétien - François ) , arrière-petitfils du premier Guillaume , fut président à mortier du parlement de Paris en 1758 , partagea l’exil de cette cour en 1772, obtint en 1787 les sceaux de l’état en remplacement de Hue de Miromesnil. Il travailla, avec le ministre Loménie de Brienne, aux édita du timbre et de bi subvention territoriale, que le parlement refusa d’enregistrer; donna sa démission en 1788, et mourut en 1789. — La famille des Lamoignon s’est éteinte en la personne de Christian de Lamoignon, fils du précédent, pair de France, mort en 1827.

LAMONNOIE (Bernard de) , littérateur, né en 1641 à Dijon, suivit d’abord le barreau, puis se livra aux lettres, et remporta plusieurs prix de vers à l’Académie Française. Il acheta en 1672 une charge de conseiller à la Cour des comptes; vint en 1707 se fixer à Paris , et fut reçu à l’Académie Française en 1713. 1.1 jouissait d’une fortune honnête que le système de Law lui fit perdre presque entièrement; il vécut néanmoins jusqu’à un âge avancé, et mourut en 1728 à 86 ans. Lamonnoie est à la fois estimé comme poète, comme critique et philologue; il était surtout versé dans l’histoire littéraire. Parmi ses poésies , on loue beaucoup son discours sur l'Abolition du duel , couronné en 1671; ses contes, qui sont pleins d'esprit, et tes Noëls, écrits dam le patois bourguignon

(1700). On a encore de lui: Menagiana , 1716. Remarques sur les jugements des savants de Baillet , etc. Rigoley de J u vigny a donné les Œuvra choisies de Lamonnoie , 3 vol. in-8 , Dijon, I770j cette collection est fort incomplète.

LAMORAL. Voy. egmont.

LA MORL1ÈRË (rochette de), mauvais écrivain, né à Grenoble en 1701 , mort à Paris en 1785, exerça quelque temps sur le théâtre une sorte de tyrannie par ses cabales. Il a composé lui-même quelques mauvaises pièces, entre autres le Gouverneur, 1751, et des romans aujourd’hui oubliés.

LA MOTRE (Haute-Marne). Voy. la motte.

LA MOTHE-ACHARD. Voy. LA MOTTE-ACHARD.

la mothe - Fénelon , village du dép. du Lot, à 6 kil. N. O. de Peyrae ; 600 hab. Patrie de Fénelon, et domaine de sa famille.

la mothe-saint-héray, cli.-l. de cant. (Deux-Sèvres), à 14 kil. N. de Melle; 2,713 hab. Etoffes de laine, tanneries. Commerce de grains et bestiaux.

LA MOTHE-HOUDANCOURT (Philippe de), duc de Cardone, général français sous Louis X11J, commanda les troupes françaises en Catalogne, 1641, battit plusieurs fois les Espagnols, leur enleva plusieurs places, et fut en récompense nommé maréchal de France , duc de Cardone, et vice-roi de Catalogne ; mais ayant été vaincu devant Lérida, 1644, il fut arrêté, détenu au château de Pierre- Encise à Lyon, et déféré au parlement de Grenoble. On reconnut son innocence (1648), et il se vit peu après rappelé en Catalogne, où il se distingua par sa défense de Barcelone, il rentra en France en 1657 et y mourut la même année.

la mothe-le-vayer. Voy. le vayer.

LAMOTTE, ville ruinée de France (Haute-Marne), dans l’ancienne Lorraine , arrondissement de Chaumont, près d’Outremécourt. Elle passait jadis pour imprenable par sa position au sommet d’un rocher escarpé; mais elle fut prise en 1634, sur le duc de Lorraine, par le maréchal de La Force: rendue au duc en 1641, elle fut reprise en 1645 p. Nie. de Villeroi et rasée Au siéue ■ t; vio;, fit pour la première fois usage de la bombe.

la motte-achard, ch.-l. de canton (Vendée), à 17 kil. N. E. des Sables-d’Olonne ; 450 hab.

la motte-beüvron , ch.-l. de canton (Loir-et- Cher), à 40 kil. N. E. de Romoranlin ; 400 hab.

la motte-chalançon , ch.-l. de canton (Drôme), (Ù 31 kil. S. de Die; 1,200 hab.

la motte-du— caire , ch.-l. de canton (Basses^ Alpes), à 18 kil. N. d*e Sisteron ; 600 hab.

LAMOTTE (Ant. houdard de) , littérateur , né à Paris en 1672 , mort en 1731 , était fils d’un chapelier. H débuta par des opéras qui eurent beaucoup de succès (surtout Issé, pastorale, et le Triomphe des Arts), et prit rang dans ce gcni'e auprès de Quinault; il travailla aussi pour le Théâtre-Français, donna, soit seul, soit avec Boin-din, quelques comédies (les meilleures sont : le Magnifique et l'Amant difficile ) , et fit représenter plusieurs tragédies , dont une seule, Inès de Castro , est restée à la scène. 11 s’est également exercé avec quelques succès dan3 l’églogue, dans la fable, dans l’ode , surtout dans le genre anacréontique. 11 a aussi composé quelques écrits en prose destinés pour la plupart à débattre des questions de critique littéraire. Lamotte donna lieu à une polémique très vive par ses paradoxes contre les anciens : rabaissant le mérite d’Homère , il eut la bizarre idée de vouloir corriger V Iliade; il traduisit ce poème en vers, en le réduisant à 12 chants; il s'attira par là une violente querelle avec madame Dacier, Quoiqu’il dût sa réputation à ses poèmes, il attaqui aussi la poésie, comme contraire au naturel, et comme imposant à l’auteur une gêne inutile. Lamotte était de l’Académie Française, et remplissait

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