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BOURBON- VENDÉE

LA ROMANA (le marquis de), général espagnol, né à Palma en 1761 , eut part aux campagnes de 1792 et 1794 ■•outre la France, devint général en 1795, fut envoyé par l’Espagne, en 1807, pour seconder Napoléon en Allemagne, mais l’abandonna et négocia avec les Anglais qui le ramenèrent avec son corps d’armée en Espagne. 1 1 obtint quelques succès contre les troupes françaises, et il allait se joindre a Wellington, quand il mourut, en 1811.

LAROMIGU1ÈRE (Pierre), professeur de philosophie, né en 1756 à Lévignae (Rouergue), mort en 1 837, entra dans la congrégation de la Doctrine; enseigna les humanités , puis la philosophie dans

LÂRR

différents collèges de son ordre , notamment au collège de l’Esquile à Toulouse (1784) ; vint à Paris en 1795 pour assister aux leçons des écoles normales, se lia étroitement avec Garat, fut associé de l’Institut (classe des sciences morales) dès sa fondation, entra au tribunat, mais renonça bientôt aux fonctions politiques pour se livrer tout entier à se3 études , enseigna quelque temps au Prytanée (collège de Louis-le-Grand), et fut en 1811 nommé professeur de philosophie à la Faculté des Lettres. Il obtint dans ses cours un grand succès, qu’il devait à la clarté de son style et à la grâce de sa parole; cependant au bout de deux ans il quitta sa chaire pour n’y plus remonter. Il fut nommé bibliothécaire de l’Université. On a de Laromiguière : Paradoxes de Condillac (1805), et Leçons de philosophie sur les principes de l' intelligence ou sur les causes et les origines des idées (2 vol. in-8, 1815-17, souvent réimprimés); c’est la reproduction d’une partie de son cours. S’éloignant de Condillac, dont il avait d’abord été le disciple pur, Laromiguière nie que tout se réduise dans l’homme à la sensation; outre la sensibilité, il admet l’activité, qui est mise en jeu par le sentiment; il distingue quatre manières de sentir ; sensation , sentiment de l’action des facultés de l’âme, sentiment de rapport, sentiment moral, et montre comment l’activité, s’appliquant à ces quatre sortes de sentiments , en tire toutes nos idées. Un anonyme a proposé en 1841 un prix pour le meilleur mémoire sur Laromiguière ; M. Saphary a remporté le prix.

LA ROQUE, nom d’un grand nombre de bourgs de France, dont le plus important est La Roque- Timbaut, ch.-l. de cant. (Lot-et-Garonne), à 7 kil. S. d’Agen; 1,300 hab.

LA ROQUE (Gil-André de), héraldiste, né près de Caen en 1597, mort en 1687, s’est fait un nom par ses ouvragessurles généalogies et le blason. Il a laissé entre autres ouvrages : Histoire généalogique de la maison d'Harcourt , Paris, 1662, 4 vol. in -fol.; Traité du blason , Paris, 1673 , 1681 , in -12; le Blason des armes de la maison royale de Bourbon, 1626, in-fol. (rare).

la roque (Jean de), né à Marseille en 1661, mort à Paris en 1745, voyagea dans le Levant, et publia : Voyage de l'Arabie Heureuse , de 1708 à 1713, Paris, 1716 ; Voyage de Syrie, 1722, etc. On lui doit aussi la publication des Voyages de d’Arvieux. — Son frère, Ant. de La Roque, obtint en 1721 le privilège du Mercure de France , et publia 321 vol. de ce recueil.

LARREY (Isaac de) , historien , né à Lintot près de Bolbec, en 1638, de parents calvinistes, fut obligé à cause de sa croyance religieuse de passer en Hollande , où il obtint le titre d’historiographe des Etats-Généraux. L’électeur de Brandebourg l’appela ensuite à Berlin, où il mourut en 1719. On ade lui ; Hist. d’ Auguste, Rotterd. (Berl.) ,1690, ouvr. instructif; T Héritière de Guyenne ou Hist. d'Éléo nore , 1691; Hist. d’ Angleterre ,d’ Écosse et d’Irlari' de, 1707-13, ouvr. partial, qui fut mis àl 'Index; Hist. de France sous Louis XIV, 1713-16, peu estimée.

LARRONS (îles des). Vcy. mariannes.

LARROQUE (Matthieu de), ministre protestant, né en 1619 à Leirac, près d’Agen, mort en 1684, était pasteur de l’église de Rouen. C’était un homme plein d’érudition et de jugement. Il soutint une controverse avec Bossuet. On a de lui : Histoire de l’Eucharistie , Amsterdam, 1669; Réponse au livre de M. de Meaux (Bossuet) sur la Communion , 1683; Nouveau traité de la régale , 1685. — Son fils, Daniel de Larroque, 1660-1731, abjura après la révocation de l’édit de Nantes. 11 se fit mettre en prison pour avoir imputé à l’impéritie des ministres la famine de 1693. On a de lui quelques écrits, entre autres Vie de Mézeray, Amsterdam, 1720»

LASA

LASC

LARS, mot qui signifiait roi chez ’es Étrusques. Yoy. porsena et tolumnius.

LART1US FLAVUS (T.), consul l’an 501 av. J.-C., fut fait dictateur l’an 499; il est le premier qui ait été revêtu de cette charge. 11 vainquit les Fidénates et se démit du pouvoir avant l’époque prescrite.

LA RUE (Ch. de), jésuite, né à Paris en 1643, mort en 1725, voulait aller en mission au Canada, mais fut retenu par ses supérieurs ; prêcha avec succès dans les provinces, à Paris et devant la cour, et fut employé à la conversion des Calvinistes des Cévennes. 11 a composé des vers latins fort estimés ( Carminum libri IV, Paris, 1668), deux tragédies latines ( Lysimachus , Cyrus), et une tragédie en vers français ( Sylla ); des Panégyriques et Oraisons funèbres ; des Sermons de morale , dont les plus estimés sont : le Pécheur mourant, le Pécheur mort , le sermon sur les Calamités publiques. On dit que l'Ândrienne et l Homme à bonnes fortunes, données sous le nom de Baron, sont du P. de La Rue. On lui doit aussi des éditions estimées de Virgile et d’Horace, avec paraphrase et commentaires.

LARUNS, ch.-l. de canton (B.-Pyrénécs) , à 26 kil. S. E. d’Oléron; 1,890 hab.

LARVES. Vqy. lémures.

LASA, dite adksi Callirhoe , ville de l’Arabie Pétrée (Perée) , au S. E. du lac Asphaltite, formait la limite méridionale de la terre de Chanaan.

LA SABLIÈRE (madame de), dame distinguée par son esprit et sa bienfaisance, est un des ornements du xvir siècle. Elle savait la physique, l’astronomie, les mathématiques , et possédait plusieurs langues. La meilleure société se rassemblait chez elle; elle s’est immortalisée par la généreuse protection qu’elle accorda au voyageur Bernier (qui en reconnaissance fit pour elle V Abrégé de Gassendi ), et surtout par l’hospitalité qu’elle donna à La Fontaine. Elle avait épousé Ant. Rambouillet de La Sablière, fils d’un riehe financier, et administrateur des domaines du roi, qui mourut en 1680, à 65 ans. — Son mari était lui-même homme d’esprit : il composa de jolis madrigaux, publiés l’année même de sa mort (1680) par son fils, et réimprimés en 1825, dans la Collection des petits classiques français de Ch. Nodier.

LA SALE (Ant. de), vieux romancier français, né en 1398 à Tours, ou plutôt dans le comté de Bourgogne, mort vers 1462, visita l’Italie, fut secrétaire de Louis III, comte de Provence, et acheva sa carrière à la cour de Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne. On a de lui : V Histoire et plaisante chronique du petit Jehan de Saintré et de la jeune dame des Belles Cousines , Paris, 1517 ; la Chronique et généalogie des comtes d’Anjou de la maison de France , Paris, 1517, in-fol. ; un traite de morale, manuscrit (à la Bibliothèque du roi).

LA SALLE, ch.-l. de canton (Gard), à 8 kil. N. de 'St-Hippolyle ; 2,296 hab.

LASALLE (Robert de), voyageur, né à Rouen vers 1640, alla chercher fortune au Canada vers 1670, entreprit de découvrir l’embouchure du Mississipi, et obtint du marquis de Seignelay, à cet effet, une commission très étendue. Il descendit le fleuve en partant du Canada, et après avoir surmonté des obstacles de tous genres, il en découvrit 3’embouchure dans le golfe du Mexique, 1682. II prit possession au nom de la France d’une grande partie de la Louisiane, mais il fut assassiné dans le Texas actuel , en 1687, par des scélérats qui faisaient partie de sa troupe. On a publié le journal de son Voyage, Paris, 1723. *

LASALLE (le père J.-B. de), instituteur des Frères des Écoles chrétiennes, né à Reims en 1651, mort en 1719, était fils d’un conseiller au présidial de eette ville. Il entra dans les ordres, et fut pourvu d’un canonicat de l’église de Reims. 11 commença

en 1 6bl à s’occuper de la fondation des écoles chrétiennes, eut a lutter contre les maîtres d’école nui ui intentèrent de nombreux procès, se vit chasser ae 1 ans et réussit néanmoins, malgré mille obstacles, à faire adopter les nouvelles écoles à Reims a i ans et dans les principales villes. Il avait établi le siège du nouvel ordre dans la maison deSt-Yon à Rouen, d’où ses religieux sont souvent appelés Frè tes Saint-} on. On a de J. -R. Lasalle les Devoirs du chrétien , et la Civilité chrétienne , ouvrages qui sont encore classiques. Il fut canonisé en 1852.

lasalle (Antoine), né en 1754, mort en 1829, fils naturel d’un Montmorency, fut destiné d’abord à l’état ecclésiastique, puis au commerce , et finit par entrer dans la marine. De 1771 à 1778, il visita Terre-Neuve, les îles de l’Amérique, les Indes orientales et la Chine. De retour en France, il publia quelques ouvrages d’une philosophie hardie et originale : le Désordre régulier (1786, in-8), la Balance naturelle (1788, 2 vol. in-8), la Mécanique morale (1789, 2 vol. in-8), et fit paraître de 1800 à 1803 une trad. des Œuvres de Bacon, Dijon, 15 vol. in-8. La révolution , en le privant d’une pension qui formait son unique revenu, l’avait réduit au dernier degré de pauvreté et de dénûment, et il finit ses jours à l’Hôtel— Dieu. Lasalle possédait de vastes connaissances et une singulière vivacité de conception ; mais au lieu de gouverner son imagination, il s’y abandonna jusqu’à se jeter dans des hypothèses aventureuses, et souvent voisines de l’athéisme. Sa traduction de Bacon n’est ni complète ni fidèle.

lasalle (Ant. -Ch. -Louis, comte de), général de eavalerie, né à Meiz en 1775, était déjà officier lorsqu’éclata la révolution. Il entra comme simple soldat dans un régiment afin de gagner tous ses grades; se signala par sa bravoure en Italie, en Egypte, en Allemagne; fut fait général de brigade à Austerlitz, et périt sur le champ de bataille de Wagram, après avoir été nommé général de division. lasalle (Ant. de), vieux romancier. Foj/.lasale. LASCA (grazzini, dit il). Voy. grazzini. LASCARIS, célèbre maison grecque du Bas-Empire, a fourni à l’empire grec de Nicée plusieurs souverains et a produi t des savants distingués. La plus grande illustration de cette famille date de l’avénement de Théodore Lascaris. Il existait encore au dernier siècle, dans le comté de Nice, des seigneurs du nom de Lascaris, issus d’une fille de Jean de Lascaris, surnommé Ducas (empereur de Nicée en 1259 et 1260), qui avait été donnée en mariage à un comte de Yintimille à la fin du xme siècle.

lascaris (Théodore de), empereur de Nicée, était gendre de l’empereur Alexis l’Ange. Après la prise de Constantinople par les Croisés (1204), i! llla fui mer dans l’Aaîc — Mineure un nouvel état qui comprenait la Bithynie, la Lydie, la Phrygie, et dont Nicée devint la capitale. Il eut à combattre à la fois Alexis, son beau-père, et le sultan d’Iconium; mais il sut se délivrer de ses ennemis, et se maintint sur le trône jusqu’à sa m., en 1222. 11 avait épousé en2es noces une fille de P. de Courtenay, nommé emp. de Constantinople. — Il eut pour success. son gendre Jean Ducas, dit Vatace(Voz/. jeaniii), cl son petit-fils, Théodore Lascaris, dit le Jeune, qui régna de 1255 à 1259. Celui-ci, qui était sujet à des attaques d’épilepsie, tomba dans une mélancolie noire qui luifitcommettre d’horribles cruautés et qui abré- | geasesjours. — 11 laissa un fils, âgé de 6 ans, Jean de Lascaris, qui porta quelques instants le vain titre \ d’empereur , mais qui en fut bientôt dépouillé par \ Michel Paléologue (1260). Il mourut en 1284. \

lascaris (Constantin), un des savants grecs qui j contribuèrent à la renaissance des lettres en Eu- I rope, issu de la même famille que les empereurs de même nom , vint de Constantinople en Italie après la chute de l’Empire (1454), enseigna le grec

LASE — 1006 — LATH

à Milan où l’avait appelé François Sforze, puis à Rome, où il se lia avec Bessarion, à Naples où l’avait appelé le roi Ferdinand , et mourut à Messine en 1493. Il a laissé une Grammaire grecque, écrite en grec, Milan, 1476; c’est le premier livre qui ait été imprimé en caractères grecs. ,

LASCARis (Jean), dit Rhyndacenus (parce qu’il était né près du Rhyndacus en Phrygie), né vers 1445, mort en 1535, vint de bonne heure en Europe; fut d’abord accueilli à Florence par Laurent le Médicis qui l’envoya en Grèce à la recherche des manuscrits; puis fut appelé en France par Charles VI II, et jouit d’un grand crédit auprès de Louis XII et de François I , qui le chargèrent d’une ambassade à Venise; il eut aussi pour protecteur Léon X. Il enseigna le grec à Budé, â Danès, et ne dédaigna pas de corriger lui-même les épreuves de plusieurs ouvrages grecs ( Callimaque , Florence, 1492; V Anthologie, Florence, 1494, etc.). Il a laissé des épigrammes, des discours, etc.

LAS CASAS (Barthélemi de), évêque de Chiapa au Mexique, de l’ordre des Dominicains, né à Séville en 1474, mort à Madrid en 1566, s’est rendu immortel par son zèle infatigable en faveur des malheureux Indiens qu’opprimaient ses compatriotes. Embarqué avec Christophe Colomb, il accompagna dans leurs expéditions les premiers conquérants de l’Amérique, répara autant qu’il le put les maux de la guerre, et ne revint en Espagne qu’après avoir passé 50 ans dans le Nouveau-Monde (1551). On a de ce pieux évêque plusieurs ouvrages, tous dictés par un ardent amour de l’humanité ; le principal est .* lirevissima relacion de la destruccion de las Indias , Séville, 1552, in-4, trad. par Jacques de Miggrode, sous le titre de Tyrannies et cruautés des Espagnols , Anvers, 1679, in-4; c’est une réponse à un ouvrage de Sépulvéda qui soutenait que, d’après les lois de l'église, c’était un devoir d’exterminer quiconque refusait d’embrasser la religion chrétienne.

LASCY (Pierre, comte de), général au service de la Russie, né en 1678 en Irlande, mort en 1751, avait d’abord servi en France, en Autriche et en Pologne. Il se distingua sous Pierre -le -Grand à Pultawa, en 1709; ravagea la Finlande (1721), prit Azov sur les Turcs et fut fait maréchal et gouverneur de Livonie par l’impératrice Catherine I. — Son fils, Maurice de Lascy (1725-1801), prit de bonne heure du service en Autriche, se distingua à Breslau (1757), à Hochkirch (1758), fut nommé feld-maréchal par Marie-Thérèse, entra au conseil aulique et jouit de la confiance de Joseph IL 11 réformale système de fortifications adopté en Autriche.

LASER N A DE SANTANDER . bihliographe..

Vûy. SANTANDER.

LASERRE (J. puget de), écrivain médiocre, né vers 1606 à Toulouse, mort en 1665, vint de bonne heure à Paris, écrivit un nombre prodigieux de volumes, s’exerçant dans tous les genres : histoire, théâtre, morale, philosophie; fut bibliothécaire du duc d’Orléans, puis conseiller d’état et historiographe de France. Il fit représenter plusieurs tragédies en prose, dont quelques-unes ( Thomas Morus , 1641 ; le Sac de Carthage ; Chimène , etc.), quoique fort ridicules, eurent un succès prodigieux. Laserre n’est guère connu aujourd’hui que par les sarcasmes de Boilea,". et par la scène comique de Chapelain décoiffé, où le satirique feint que Laserre, irrité contre Chapelain qui ne l’avait pas fait pensionner par le roi, lui cherche querelle et lui arrache sa perruque.

laserre (J.-L. Ignace de), seigneur de Langlade, poëte dramatique, né à Cahors en 1662, mort à Paris en 1756, à 94 ans, se fit poète après avoir perdu au jeu 25,000 livres de rente, et vécut dans la plus étroite intimité avec mademoiselle de Lus-

san. Il a donné à l’Opéra Polyxène, 1706 ; Diomède, 1710; Polydore , 1720; Scander ber g, 1719, et aux Français une tragédie d 'Artaxare, 1718.

LASPIIRISE (papillon de), poète. Voy. papillon.

LASSA , ville du Thibet. Voy. l’hassa.

LASSAY, ch.-l. de cant. (Mayenne), à 17 kil. N. E. de Mayenne ; 2,807 hab. Bestiaux, volailles, fil, laine. — Titre d’un marquisat avant 1789.

LASSEUBE, ch.-l. de cant. (Basses-Pyrénées),, sur la Baise, à 10 kil. N. E. d’Oléron; 3,004 hab.

LASS1GNY, ch.-l. de cant. (Oise), à 18 kil. N. de Compiègne; 900 hab.

LASSOS (Pierre), médecin, né à Paris en 1741, mort en 1807, chirurgien de Mesdames, filles de Louis XY, puis chirurgien consultant de Napoléon, fut nommé en 1794 professeur d’histoire de la médecine légale, et, plus tard, de pathologie externe. On a de lui , outre des traductions d’ouvrages anglais ; Traité élémentaire de médecine opératoire , 1795 ; Pathologie chirurgicale , 1806.

LAST1C (J. bonpar de), grand-maître de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, élu en 1437, soutint deux fois dans Rhodes les attaques du sultan d’Égypte (1440-1444), et força l’ennemi à lever le siège et à fuir honteusement malgré la supériorité de ses forces. Après la prise de Constantinople , il refusa de payer tribut à Mahomet II. Il mourut l’année suivante, en 1454.

LA SUZE (Henriette de coligny, comtesse de), petite-fille de l’amiral de Coligny (1618-73), mariée d’abord (1643) à un Écossais, Thomas Hamilton, puis au comte de La Suze (de l’illustre maison des comtes de Champagne), se fit un nom par sa beauté, ses aventures et ses vers. Élevée dans la religion protestante, elle se fit catholique. Elle fut très malheureuse avec son second époux, obtint à force d’argent la cassation de son mariage et finit par être à peu près ruinée. Longtemps sa maison réunit les gens d’esprit et fut comme une succursale de l’hôtel de Rambouillet. On vantait fort ses vers; aujourd’hui ils sont oubliés. On a sous son nom un Recueil d'œuvres galantes en prose et en vers, Paris, 1684, 4 petits vol. in-12; mais il s’y trouve beaucoup d’écrits de Pélisson, et les pièces même qu’elle a signées étaient probablement retouchées par d’autres.

LATAK1EH ou LADIKIEH, Laodicêe de Syrie , Laodicœa ad mare en latin, ville de Syrie (Tripoli), sur la Méditerranée, à 133 kil. N. de Tripoli ; 5,000 hab. Jadis le meilleur port de la Syrie ; beaucoup de ruines antiques. Evêché grec, résidence de plusieurs consuls étrangers. Aux environs, coton et tabac très recherchés. — Dans l’antiquité, cette viPe porta d’abord le nom de Ramitha. Séleucus Nicatur la nomma Laodicêe, en l’honneur de sa mère, Lao» dice. Après les Séleucides, les Romains se plurent à l’embellir ; mais au moyen âge, elle fut ravagée par les Tartares, les Mongols et les Turcs. Enfin deux tremblements de terre (1796 et 1822) achevèrent sa ruine.

latakieh ou ladik, Laodicœa combusla , ville de la Turquie d’Asie, dans la Caramanie, à 44 kil. N. O. de Konieh ; 500 hab. Ruines nombreuies. LATERANUS. Voy. sextius lateranüs.

LATERZA, ville du roy. de Naples (Terre d’Otrante), à 41 kil. N. O. de Tarente; 3,250 hab.

LA THORILL1ÊRE (lenoir de), comédien de la troupe de Molière, puis de l’hôtel de Bourgogne, jouait les rôles de rois et de paysans. Il était gentilhomme et avait été capitaine de cavalerie. Il mourut en 1679. — Son fils, Pierre de La Thorillière, né en 1656, mort en 1731, fut élève de Molière et joua les valets et les comiques avec succès pendant plus de quarante-sept ans. 11 créa une foule de rôles., depuis Hector, dans le Joueur , en 1696, jusqu’à Pasguin, dans les Fi!singratsten 1728.

LATT — 1007 — LATO

LATÎCLAYE. Voy. prétexte (Robe).

LATIMKR (Hugues), évêque de Worcester, l'un des premiers auteurs du schisme d’Angleterre, était né dans le comté de Leicester en 1470. 11 déclama d’abord avec force contre Mélanchthon et ses innovations ; mais bientôt, de catholique zélé, il devint protestant fanatique. Accusé d’avoir tenu des discours offensants sur la cour, il fut conduit à la Tour, et détenu pendant les six dernières années du règne de Henri Vlll. L’avénement au trône d'Edouard VI lui rendit la liberté ; mais sous le règne de la reine catholique Marie, il fut condamné, avec son ami Ridley, à être brûlé vif, à cause de ses attaques contrele catholicisme, et futexécuté àOxforden 1555.

LATIN de Constantinople (empirej. Un donne ce nom à l’empire formé par les croisés français et vénitiens pendant la 4e croisade, lorsqu’ils eurent pris Constantinople et renversé du trône Alexis V (Ducas Murtzuphle) en 1204. Cet empire, ainsi nommé parce que tous les croisés étaient de race latine (Voy. latins), dura peu ;en 1261, Michel Paléologue parvint à rentrer dans Constantinople et reconstitua l’empire grec. Voici les noms des empereurs latins qui régnèrent à Constantinople : Baudouin 1, comte de Flandre, 1204

Henri, 1206

Pierre de Courtenay, 1216

Robert de Courtenay, 1219

Baudouin II, 1228-1261

Jean de Brienne , tuteur de Baudouin II,

est empereur de 1231 à 1237

LATINE (église). Anciennement on appelait ainsi Fune des deux grandes divisions de l’Eglise universelle, qui était a! ors partagée, d’après la différence des peuples et des langues, en Eglise latine ou d’ Occident, et ^Eglise grecque ou d’Orient. Les églises d’Italie, d’Espagne, d’Afrique, des Gaules et des pays du Nord appartenaient à l’ Egl. latine , qui n’a jamais été distinguée ni divisée de VÊgl. romaine. Auj. on se sert indistinctement de ces deux dénominations. On appelleaussi l’Égl. latine Egl. catholique, c.-à-d. universelle , parce qu’en effet elle comprend les Catholiques du monde entier, sans distinction de langues.

Les conciles de Lyon et de Florence travaillèrent, mains inutilement, à la réunion des Grecs et des Latins.

LATINI (brunetto). Voy. brünetto.

LATINS, habitants du Latium. Voy. latium. — Au moyen âge, on étendit le nom de Latins à tous ies peuples de l’Europe occidentale dont le pays avait fait partie de l’ancien empire romain d’Occident; on les nommait ainsi par opposition aux peuples de l’empire grec ou d’Orient: c’est dans ce sens que l’on dit V Empire latin.

LAT1NUS, roi d’un peuple de l’ïtalie, fils de Faune et de Marica, régnait vers l’an 1 300 av. J .-U. sur le pays qu’on a, de son nom, appelé Latium, et avait pour capitale Laurente. Il accueillit Énée dans ses états et lui donna sa fille Lavinie, que le prince troyen épousa après avoir tué Turnus, prince rutule, à qui elle avait d’abord été promise.

LATISANA, ville du roy. Lombard-Vénitien, sur le Tagliamento, à 40 kil. S. O. d’Udine ; 4,000 hab.

LATIUM, auj. Campagne de Home, contrée d’Italie, située le long de la mer Inférieure, entre l’Etrurie et la Campanie; on y distinguait : 1° le Vieux-Latium ou Latium proprement dit , au N. ; villes principales : Albe, Préneste, Pedum, Tibur, Algide, Frégelle, etc., qui formaient une confédération (le6 Herniques et Rome étaient classés géographiquement dans le Vieux - Latium , quoique n’y appartenant pas); 2° le Nouveau-Latium , au S.; peuples principaux : les Èques, les Volsques, les Rutules, les Ausones ou Aurunces; villes: Ana-

tnie, Suessa-Pometia, Ecètres, Vélitres, Antium, .nxur, Ardée, Suessa-Aurunca. Ce dernier pays ne faisait pas primitivement partie du Latium, et

il ne prit ce nom que lorsqu’il eut été conquis par les Romains. La soumission du Latium fut commencée par le3 Romains dès Romulus. En 664 ay. J.-C., les Romains subjuguèrent Albe. SousTarquinle-Superbe, la confédération latine, sauf Gables, reconnut la supériorité de Rome. Révoltée en 498* elle fut battue en 496. Les Eques et les Volsques sè soumirent en 367 ; reprirent les armes en 346 et 338, mais ils furent enfin écrasés en 314. Le Latium fut couvert par les Romains de colonies et de municipes. On nomma droit latin l’ensemble de divers privilèges qui étaient un acheminement au droit de cité, et qui tenaient le milieu entre ce droit et le droit italique. — Vulgairement on dérive le nom de Latium de latere (être caché), parce que, dit-on , Saturne, chassé du ciel, s’y cacha; cette étymologie n’a aucune vraisemblance.

LATMOS , montagne située sur les confins de l’Ionie et de la Carie, près de la côte, entre Milet et Héraclée, était le séjour d’Endymion et est célèbre en mythologie par les visites que Diane venait y faire à son berger favori. — Elle donnait son nom à une ville de Latmos et au golfe Latmique.

LATO. Voy. latopolis.

LATOFAO, dit aussi Lucofao, Leucofao , lieu que l’on place soit à Liffol. à 28 kil. S. E. de Joinville fH. -Marne) , soit à Laffaux, entre Soissons et Laon.

soit même prèsdeMoret(Seine-et-Marne), fut le théâtre d’une bataille gagnée par Ebroin, maire du palais, sur Pépin d’Héristal et Martin, chefs des Austrasiens, en 680. F rédégondey av. déjà battu Brunehaut en 596.

LATOMIES, Latomiœ , c.-à-d. carrières , anciennes carrières aux environs de Syracuse, devinrent ensuite des prisons. Denys-le-Tyran y avait, dit-on, fait ménager des tuyaux souterrains qui conduisaient à une chambre de son palais la voix des prisonniers : c’est ce qu’on appelait Y Oreille de De nys. Philoxène y fut enfermé [Voy. ce nom). — On y a bâti un couvent dans les temps modernes.

LATONE, fille du Titan Cœus et de Phœbé sa sœur, fut aimée de Jupiter. Junon, par jalousie, força la Terre à lui promettre de ne donner aucune retraite à Latone ; mais Neptune, touché de compassion, fit sortir du fond de la mer l’île de Délos, où Latone se réfugia ; elle y mit au monde Diane et Apollon, fruits de ses amours avec Jupiter. Un jour que, persécutée par Junon, elle se reposait en Carie au milieu de la campagne, des paysans auxquels elle demandait de l’eau la raillèrent amèrement; Latone, irritée, les fit changer en grenouilles par Jupiter. Les femmes en couche imploraient cette divinité dans leurs douleurs. Latone paraît être la même que la Bouto des Egyptiens.

latopolis, c.-à-d. ville de Latone , nom donné par les Grecs à plusieurs villes d’Égypte qui étaient consacrées à Bouto , déesse qu’ils identifiaient avec leur Latone. On connaît surtout sous ce nom une ville de la Thébaïde, au S. d’Hermonthis ; c’est auj. Esneh.

LATOUCHE-TRËV1LLE (Louis levassor de), vice-amiral, né à Rochefort en 1746, entra dans la marine à tre.ze ans, fut nommé capitaine de vaisseau en 1780, et soutint en 1781 sur F Hermione t de concert avec Z’ Astrée, que corn mandait La Pérouse, un combat de plusieurs heures contre quatre frégates etdeuxcorvettesanglaises. En 1789, il futdéputéaux Etats-Généraux et fit partie de l’Assemblée constituante. En 1799, il commanda la fiottille réunie à Boulogne, qu’attaqua deux fois en vain l’amiral Nelson (1801) ; en 1804, il fut fait vice-amiral, mais il mourut la meme année à Toulon.

LATOUCHE (GOIMOND DE). Voy. GUIMOND.

LATOUR, nom de plusieurs familles nobles, dont la plus connue est la maison des La Tour d’Auverjne, qui tire son nom delà petite ville de La Tour

LATO — 1008 — LATK

d’ Auvergne dans le Puy-de-Dôme. Les seigneurs de La Tour, connus dès le xne siècle, devinrent comtes d'Auvergne à la fin du xive(1389), par le mariage de Bertrand de La Tour, 4e du nom, avec Marie, héritière des comtés d’Auvergne et de Boulogne. Cette maison a formé plusieurs branches, entre autres celle des vicomtes de Turenne, des ducs de Bouillon, des barons de Murat [Vou. ces noms). — Lenom de La Tour a encore été porté : 1° par une famille de Lombardie, plus connue sous le nom de délia Torre , qui a longtemps fourni des podestats à Milan (1 oy* torre) ;

2°rpar une famille princière d’Allemagne, connue

sous le nom de La Tout et Taxis ( Thurn und Tassis), à laquelle l’Allemagne doit 1 établissement des postes;

30 par la famille dauphinoise des La Tour du Pin,

issue de la même maison que les derniers dauphins du Viennois, et à laquelle appartiennent les La Tour du Pin-Gouvernet, les La Tour du Pin- Montauban ; les De la Cliarce , les De Chambly, etc.

LATOUR (Maurice-Quentin de), peintre, né à Saint-Quentin en 1704, m. en 1788, peignait au pastel et réussissait surtout dans le portrait. Mme Pompadour et tous les seigneurs de la cour voulurent être peints par lui. Il fut reçu à l’Académie en 1746. 11 créa une école de peinture à St-Quentin, et fonda un prix de 500 fr. pour le meilleur tableau de perspective. La v. de St-Quentinlui a érigé une statue, 1856

LATOUR D’AIGUES, ville de France (Vaucluse), à 19 kil. S. E. d’Apt ; 2,312 hab.

LA TOUR D’AUVERGNE, ch.-l. de cant. (Puyde-Dôme), à 47 kil. O. d’issoire; 1,900 hab. Aux environs , ruines d’un château qui fut le berceau des La Tour d’Auvergne. Voy. ci-dessus la. tour.

LA TOUR D’AUVERGNE (Théophile-Malo corret de), surnommé le Premier grenadier de France, né en 1743 à Carhaix , issu d’un bâtard de l’illustre maison des La Tour d’Auvergne. Il se voua dès sa jeunesse au métier des armes, se distingua en Espagne, surtout au siège de Mahon, prit sa retraite à la paix ; rentra au service dans les premières guerres de la révolution ; fit, avec le grade de capitaine, la campagne de 1792 à l’armée des Alpes, et y commanda un corps de grenadiers qu’on avait surnommé* la Colonne infernale; il fut la terreur des ennemis en même temps qu’il était l’idole du soldat. Sans ambition, il ne voulut jamais accepter d’avancement, refusa le grade de général et plus lard le titre de membre du Coros législatif. Il s’était retiré de nouveau du service apres la paix de Bâle (1795) et se livrait à des travaux littéraires, lorsqu’il apprit que le dernier fils de son ami Le Brigant était enlevé par la conscription ; il' s’offrit pour partir à sa place, et se rendit à l’armée d'Helvétie où il entra ,omme simple grenadier. Après une lrecampag., qui vait été heureuse, il fu t tue a O ber -ha-useu pi èsdeNeubourg (27 juin 1800). Son cœur fut confié à la garde ' de la compagnie qu’il avait adoptée, et son nom resta sur les centrôles ; à tous les appels, un des grenadiers répondait : Mort au champ d'honneur. Peu avant sa mort, le premier consul lui avait décerné un sabre d’honneur avec le titre de premier grenadier de France. La Tour d’Auvergne était un savant distingué; il possédait toutes les langues de l’Europe. On lui doit de profondes recherches linguistiques qu’il consigna dans l’ouvrage intitulé : Nouvelles recherches sur la langue , l'origine et les antiquités des Bretons , Bayonne, 1792, réimpr. en 1801 sous le titre d 'Origines gauloises , etc. (avec un Éloge de La Tour d'Auvergne par Mangouril). Un arrêté des consuls avait décidé qu’un monument lui serait élevé iiln’aete exécuté qu’en 1841, à Carhaix. M.Caîoliar a publié à cette occasion une intéressante Notice.

LA TOUR DE FRANCE, ch.-l. de cant. (Pyrénées-Orientales), à 25 kil. N. E. de Perpignan-

î-A tour du pin, ch.-l. d’arr. (Isère), sur la

Bourbre, à 45 kil. N. O. de Grenoble; 2,484 liab., doit son nom au château de La Tour, bâti sur une éminence voisine (peu en celtique signifiait éminence), et a donné son nom à une famille noble. — L’arr. de La Tour du Pin a 8 cant. (Bourgouin, Crémieu, Saint-Geoire, Lemps, Morestel, Pont-de- Beauvoisin , Virieu, plus La Tour du Pin.), 125 communes et 129,809 hab.

LATOUR DU PIN-GOUVERNET (René de), né en 1543 à Gouvernelen Dauphiné, mort en 1619, fut, après Lesdiguières, un des chefs du parti protestant dans le Dauphiné, se signala surtout en Savoie par des actes de bravoure dignes des temps de la chevalerie, fut nommé maréchal-de-camp et conseiller privé par Henri IV dès qu’il fut monté sur le trône, et eut le commandement du Bas-Dau- -phiné. C’est de lui et de Jacques son frère que sortent toutes les branches de la famille La Tour du Pin qui existent encore.

la tour du pin-gouvernet (Jean-Fréd.), ministre de la guerre sous Louis XVI, né à Grenoble en 1727, avait brillé dans la guerre de Sept-Ans, était en 1789 lieutenant-général, commandant du Poitou et de la Saintonge, et fut député à l’Assemblée nationale par la noblesse du Poitou. Il embrassa les idées nouvelles et fut néanmoins appelé par Louis XVI au ministère ; il se vit obligé de se retirer en 1790. Appelé en témoignage dans le procès de la reine, il exprima hautement son respect pour l’infortunée princesse; celte marque de courage causa son arrestation et sa mort (1794).

LATOUR-MAUBOURG ^Marie-Vict. fay, marquis de), lieutenant-général, 1756-1850, d’une anc. famille qui tire son nom de La Tour en Velay, émigra en 1792, ne rentra en France qu’après le 18 brumaire, fit partie de l’expédition d’Egypte, combattit en Allemagne, en Espagne, en Russie ; fil une belle retraite àMojaïsk, 1812 : secouvrit de gloire à Dresde et à Leipsick où il perdit la cuisse (1813). A la Restauration, il fut appelé à la Chambre des Pairs et fut chargé en 1820 du portef. de la guerre, en 1822 du gouv. des Invalides, se démit en 1830, fut nommé en 1835 e-onv. du duc de Bordeaux , mais n’accepta pas.

LATRAN (palais de), palais bâti à Rome par un certain Lateranus Plautius, que Néron fit mourir pour s’emparer de ses biens. Ce palais fut donné par l’empereur Constantin au pape Melchiade et servit de résidence à ses successeurs jusqu'à leur départ pour Avignon (1308). Grégoire XI, à son retour en 1377, occupa le Vatican. — Près de ce palais, Constantin fil construire la basilique de Saint-Jean de Latran, première église patriarcale de l’Occident. Il s’y tint onze conciles, dont 4 œcuméniques ou généraux. Le premier de ceux-ci fut tenu en 1123 s. Calixte 11 (V. Investitures) ; le 2e s. Inn. 11. 1139; on y condamna Arnaud de Brescia ; >- le troisième sous Alexandre III en 1179: on y régla l’élection des papes; — le 4e en 1215 sous Innocent III : on y excommunia les Manichéens, les Vaudoisel les Albigeois. — Le dernier des conciles de Latran, tenu en 1 5 1 2 sous Jules II, est célèbre par l’aboli t ion de la Pragmatique sanction.

LATRE1LLE (P.-André), naturaliste, né à Brivea en 1762, mort à Paris en 1833, se consacra à l’étude de l’entomologie et fit faire de grands progrès à cette branche de la science. Après s’être fait connaître par d’excellents ouvrages, il fut nommé en 1820 professeur au Muséum d’histoire naturelle. 11 était membre de l’Académie des Sciences. On a de lui : Histoire naturelle des crustacés et des insectes, 1802 ; Histoire naturelle des fourmis, 1802 ; Généra crustaceorum et insectorum, 1808-1809, 4 vol. in-8 ; Cours d.' entomologie, etc. Latreille a composé la partie entomologique du Règne animal de Cuvier.

LA TRÉM01LLE ou LA TR1MOUILLE , illustre famille •> <dnsi nommée de la terre de La TrémoiUe

LATU — IC

en Poitou ; tire son origine de Pierre, seigneur de La Trémoille , qui vivait vers 1040 sous Henri 1. Elle acquit un grand nombre de fiefs et forma plusieurs branches : celles des princes de Talmont, des comtes d’Olonne, de Joigny, des ducs de Noirmoutiers, des vicomtes deThouars, etc. Les La Trémoille avaient des prétentions sur le trône de Naples. Voy. ci-après la trémoille (François de).

la iftÉMOiLLE (Gui de) , surnommé le Vaillant, servit avec gloire sous Charles V et Charles VI, défendit en 1380 la ville de Troyes contre les Anglais, et reçut des mains de Charles VI, en 1383, l'oriflamme de France ; il se signala dans les tournois et les fêtes galantes comme dans les combats. Il alla en Hongrie combattre les Turcs, et se trouva à la funeste bataille de Nicopolis (1396), où il fu fait prisonnier; il mourut en 1398, pendant qu’i revenait en France.

la trémoille (Louis II, sire de), vicomte de Thouars, prince de Talmont, né en 1460, gagna pour Charles VIII la bataille de Saint-Aubin (1488), montra du talent dans l’expédition d’Italie, commanda à la journée de Fornoue (1495); fut nommé lieutenant-général du Poitou et de l’Angoumois; conquit le duché de Milan en 1500 pour Louis XII, manqua la conquête du royaume de Naples, plutôt par suite des fausses directions données par la cour que par sa faute (1503); eut une grande part à la victoire d’Agnadel (1509) ; perdit la bataille de Novare (1513), se releva par sa belle défense de la Bourgogne (même année), fut un des héros de Marignan (1515), défendit la Picardie presque sans troupes (1522 et 23), et périt glorieusement à Pavie (1525). On l’avait surnommé le Chevalier sans reproche . Il avait pour devise une roue avec ces mots : Sans sortir de l'ornière.

la trémoille (François de), petit-fils du précédent, né en 1501, mort en 1541. Il épousa en 1521 Anne de Laval, fille du comte Gui de Laval, qui lui-même avait épousé Charlotte d’Aragon, princesse de Tarente, issue de Frédéric, dernier roi de Naples de la maison d’Aragon, détrôné en 1501 et réfugié en France. Par suite de ce mariage, les La Trémoille ont élevé des prétentions sur le trône de Naples; ils ont essayé de faire reconnaître leurs droits dans le xvne siècle aux congrès de Munster, de Nimègue et de Ryswyk, mais sans y réussir.

la trémoille ( Henri-Charles de), prince de Tarente, né à Thouars en 1620, mort en 1672, était calviniste. Il fit ses premières armes en Hollande sous le prince d’Orange, entra dans le parti de la Fronde contre Mazarin, fut arrêté et détenu à Amiens, puis relégué dans le Poitou; il alla servir en Hollande comme général contre l’évêque de Munster (1663); peu après il revint en France où il abjura le calvinisme. On a de lui des Mémoires publiés en 1767, in-12.

LATHONICO, ville du royaume de Naples (Basilicate), à 22 kil. E. de Lagonegro ; 3,300 hab.

L’ATTAIGNANT (l’abbé Gabriel-Ch. de), poète jovial, né à Paris en 1697, mort en 1779, fut chanoine de Reims et conseiller au parlement de Paris.

11 s’attacha à la poésie légère et se fit un nom par sa facilité à composer et à chanter des couplets. Cet abbé chansonnier se retira sur la fin de ses jours chez les Pères de la Doctrine. Ses Poésies ont été recueillies de son vivant en 4 vol. in-12,

1 757, et on a donné, après sa mort, ses Chansons et ses autres Œuvres posthumes. Millevoye a publié en 1810 un Choix de ses poésies, 1 vol. in-18.

LATUDE (H. mazers de ), né à Montagnac en Languedoc en 1725, fut renfermé à la Bastille sous Louis XV, à l’âge de 24 ans, pour avoir, dit-on, donné de faux avis à madame de Pompadour sur un prétendu complot formé contre sa vie, dans l’espérance d’obtenir, par ce zèle simulé, la protection

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