LERI
lier par lea yeux dans leur esprit, au moyen du dessin et de l’alphabet manuel, ce qui est entré dans le nôtre par les oreilles. 11 réussit au-delà de ses espérances, et résolut dès lors de se consacrer au soulagement de ce genre d’infortune. Seul, sans appui, avec ses propres deniers, il parvint à fonder une institution de sourds-muets, la première qui ait existé, et se plaça ainsi au rang des bienfaiteurs de l’humanité, il sacrifia pour ses élèves sa modique fortune, et dépensa des sommes considérables pour rétablir dans ses droits un jeune sourd-muet, héritier d’une famille opulente, que d’avides parents avaient dépouillé. On a de lui : Véritable manière d'instruire les sourds-muets , Paris, 1784, in-12. Il eut pour disciple et pour successeur l’abbé Sicard. Versailles lui a élevé une statue.
LEPELLETIER (Claude), né en 1630 à Paris, se distingua comme prévôt des marchands en 1668, remplaça Colbert comme contrôleur général des finances de 1683 à 1689, et passa le reste de ses jours dans la retraite. C’est lui qui fit construire le quai dit Pelletier. On lui doit le Corps de droit canon, Y Ancien Code ecclésiastique, des Observations sur le Code et les Novelles, etc. Il fut le protecteur de Rollin dans sa jeunesse et resta toujours 60n ami.
LEi'ELLETiER de saint-fargeau (Michel), de la famille du précédent, né à Paris en 1760, avait été avant la Révolution avocat-général et président à mortier au parlement de Paris. Député aux États- Généraux par la noblesse de Paris en 1789, il y défendit d’abord la cour; puis, par une transition brusque qu’on attribua à la peur, il devint un des plus chauds défenseurs du peuple, et fut porté en 1792 à la Convention ; il y vota la mort de Louis XVI. Ce vote lui fut fatal . le 20 janvier 1793, veille de l’exécution du roi, il fut assassiné par un ancien garde-du-corps nommé Paris, chez un restaurateur, au Palais-Royal. Son corps fut porté en pompe au Panthéon, et la Convention adopta sa fille, âgée de 8 ans. — Son frère, Félix Lepelletier, né en 1767, mort en 1837, fut aussi un zélé partisan de la révolution; après le meurtre de Michel Lepelletier, il prononça son oraison funèbre au Panthéon. Impliqué dans la conspiration de Babeuf, il fut sur le point d’être déporté, il devint membre de la Chambre des Représentants pendant les Cent- Jours, fut banni en 1 8 ï 5, rentra en France en 1820 et vécut depuis dans l’obscurité.
LEPIDUS (M. Æmilius) , triumvir avec Octave et Marc-Antoine. Il s’éta,t d’abord attaché à la fortune de César, qui se 1 adjoignit dans le consulat (46 av. J.-C.) et le nomma général de la cavalerie pendant sa dictature. Après la mort du dictateur, Lépidus s’unit à Octave et à Marc-Antoine, et partagea l’empire avec eux. Il eut d’abord l’Espagne
et la Gaule Narbonaise: puis ses collègues, qui le méprisaient, le réduisirent à l’Afrique. 11 ne se montra pas moins cruel que ses collègues, et livra à leur vengeance son propre frère Paulus. Après la défaite de Sextus Pompée en Sicile, Octave séduisit les troupes de Lépidus, lui enleva tout pouvoir, ne lui laissantquele vain titre de grand-pontife, et le relégua à Circeii, où il mourut dans l’obscurité, l’an 13av J.-C.C’estÆm.Lepidusquiouvritla grande voie dite, de son nom de famille, voie Emilienne.
LEPONT1ENS, Lepontii, peuple ancien établi moitié en Rhétie, moitié dans la Cisalpine, entre les monts nommés auj. Rosa et Bernardino, a donné son nom à cette région des Alpes; il avait pour villes principales : Oscelum (Domo d’Ossola), Summum Penninum (au N. d’Aoste), Eudracinum (Euiranne), etc.
LÉPONTINES (alpes). Voij. alpes.
LEPOHEIIJM, nom latin de la ville d’ALBRET.
LEPRUNCE DE BEAUMONT (Mm*), femme-au¬
teur, née à Rouen en 1711, morte en 1780, épousa en premières noces un M. de Beaumont, fit annuler en 1745 ce mariage qui avait fait son malheur, passa en Angleterre, s’y fit connaître par ses écrits, fut chargée de plusieurs éducations, se remaria à Londres, et quitta celte ville en 1764 pour habiter la Suisse. Elle se fixa à Chanavod près d’Annecy et consacra ses dernières années à l’éducation de ses enfants. On a d’elle, entre autres ouvrages, le Magasin des enfants ou Dialogues entre une sage gouvernante et ses élèves, Londres, 1757, 4 yoL in-12; le Magasin des adolescents, qui fait suite à 1 ouvrage précédent, 1760; le Magasin des pauvres, — des gens de la campagne, Lyon, 1768. On trouve dans ces ouvrages une instruction abondante jointe à une saine morale, et présentée avec agrément. — Son frère, Jean Leprince, était un peintre distingué ; il réussit surtout dans le paysage.
LEPSINA, l’anc. Eleusis , village de Grèce, à 17 kil. N. O. d’Athènes, sur le golfe d’Egine.
LEP T1NE, LEPTINES, v. de Belgique. K.lestineS.
LEPTINE, fils d’Hermocrate et frère de Denys l’ancien, fut envoyé contre le Carthaginois Magon, l’an 396 av. J.-C., et perdit par son imprudence la flotte qu’il commandait. Leptine, disgracié d’abord, recouvra cependant la faveur de Denys et épousa sa fille. Il périt à la bataille deCronium en Sicile (383 av. J.-C.) — Orateur athénien, contemporain de Dérnosthènes. il avait proposé, pour flatter le peuple, de supprimer des impôts indispensables. Démpsthènes combattit cette proposition.
LEPTiS LA GRANDE, Leptis major , auj. Lebedah, ville d’Afrique, en Tripolitaine, sur la mer, à 10. du Cinyps, avait été fondée par les Phéniciens, et fut la patrie de Septime Sévère.
leptis-la-petite, Leptis minor, auj. Lepta , ville de Byzacène, sur la côte, entre Adrumète etThapse.
LÈ KAGOIS (l’abbé), fut nommé, par la protefction de Mrae de Maintenon, précepteur du duc du Maine, et rédigea pour l’usage du prince : Instruction sur l'histoire de France et sur l'histoire romaine , par demandes et par réponses, 1 684, in-12 , ouvrage très médiocre et qui pourtant a été très souvent réimprimé.
LERAY ou LÉRE, ch.-l. de cant. (Cher), à 15 kil. N. de Sancerre; 1,400 hab.
LEBEBOURS (N.-J), opticien, membre du bureau des longitudes, néàMortain (Manche)en 1762, mort à Paris en 1840, a exécuté des instruments de mathématiques et d’optique d’une admirable précision. On lui doit les meilleures lunettes de l’Observatoire de Paris, un microscope d’Amici dont le pouvoir amplifiant est de 2,300 fois, etc.
LÉR1DA, Ilerda , ville d’Espagne (Barcelone), sur la Sègre, à 20 kil. S. O. de Balaguer ; 13,000 hab. Evêché. Murailles, deux châteaux-forls. Peu de commerce. — On croit que cette ville fut fondée par les Carthaginois. Elle était la capitale des llergètes ; avant la conquête de l’Espagne par les Romains, elle avait des princes particuliers, entre autres Mandonius et Indibilis. Scipion défit près de cette ville le Carthaginois Hannon (216 av. J.-C.}5 et César hatlit sous ses murs Afranius et Pétréius, lieutenants du grand Pompée (49). Sous les Romains, elle eut le rang de ville municipe. Elle fut longtemps la résidence des rois d’Aragon (depuis 1149). Prise par les Français sous Louis XIII, puis perdue par le maréchal La Mothe- Houdancourt (1644). Le grand Condé \ assiégea vainement en 1647; le duc d’Orléans la prit en 1707 pour Philippe Y; les Français la prirentde nouveau en 1810.
LÉRIN, Itunsa, ville d’Espagne (Pampelune), à 14 kil. S. d’Kstella; 2,600 hab. Jadis place forte et litre d’un comté. Palais des anciens comtes
LERINS (îles de), Lerina et Planasia , îles de la Méditerranée, sur la côte du dép. du Yar, vis-à-vis
LEIiO
de la pointe qui termine à l’E. le golfe de Napoule. On en compte deux, Sainte-Marguerite et Suint- Iionorat. Dans la première est une fameuse citadelle qui sert de prison d’état (le Masque-de-Ker y fut renfermé); dans la seconde, était un célèbre couvent fondé par saint Honorât vers 400. André Doria prit ces îles en 1536, et les Espagnols en 1635.
LERME, Lerma en espagnol, ville d’Espagne (Burgos), à 33 kil. S. de Burgos ; 1,400 hab. Jadis ch.-l. d’un duché. Palais des ducs de ce nom.
LERME (François de roxas de sandoval, duc de), ministre de Philippe 111, roi d’Espagne, jouit d’une autorité sans bornes de 1598 à 1618. 11 conclut la paix avec l’Angleterre et la Hollande, encouragea l’agriculture en créant pour les laboureurs un ordre de chevalerie ; mais il multiplia les emplois à l’infini, et greva ainsi le trésor. 11 se fit nommer cardinal à la mort de sa femme, croyant par là consolider son pouvoir ; ce fut pourtant ce moment même que ses ennemis choisirent pour le renverser (1618). A leur tête était son propre fils, le duc d'Uzeda, qui le supplanta dans la faveur du roi, et l’envoya mourir dans une solitude (1625). Lesage a très bien fait connaître le caractère de ce ministre dans son roman de Gil Blas (liv. 8 et 9).
LERNE, canton de l’Argolide, célèbre par un lac ou marais qui se trouvait dans le voisinage. C’est dans ce lac que les Danaïdes jetèrent les têtes de leurs époux après les avoir égorgés ; c’est là aussi que se trouvait l’Hydre tuée par Hercule. Voy. hydre.
LEROY (Louis), en latin Regius, écrivain français, né à Coutances vers 1510, mort à Paris en 1577, est un des premiers qui donnèrent du nombre et de l’harmonie à la prose française. Il fut quelque temps attaché à la chancellerie, puis fut nommé en 1572 professeur de langue grecque au collège de France. On a de lui des traductions de divers ouvrages de Platon, d’Aristote, de Démosthenes, de Xénophon ; on lui doit des traités de la Vicissitude et variété des choses, Paris, 1576; de l'Origine et excellence de l'art politique, etc., Paris, 1567 ; de l'Excellence du gouvernement royal, etc., 1576, et quelques écrits latins, entre autres une Vie de Budée.
leroy (Pierre), chanoine de la cathédrale de Rouen et aumônier du jeune cardinal de Bourbon, e3t, avec P. Pithou , un des principaux auteurs de la Satire Ménippêe. il est seul l’auteur de la Vertu du catholicon d'Espagne qui parut à Tours en 1593, un an avant l’ Abrégé de la tenue des états de la Ligue (Voy. ménippée). On sait que cet écrit singulier, en attaquant les Ligueurs avec l'arme du ridicule, fit autant de mal à leur cause que les victoires de Henri IV.
leroy (Julien), horloger, né à Tours en 1686, mort en 1759, perfectionna les montres à répétition et les pendules, inventa les horloges publiques dites horizontales, et fut nommé en 1739 horloger du roi. — J. Leroy laissa plusieurs fils : Pierre Leroy (1717-85), l’aîné, qui se distingua comme lui dans l’horlogerie et perfectionna les montres marines; — Charles Leroy (1726-79) , médecin, professeur à Montpellier; — J. -David Leroy (17 28— 1803), architecte, à qui l’on doit les Ruines des monuments de la Grèce, et de belles recherches sur la marine des anciens.
leroy (Ch. -Georges), lieutenant des chasses du parc de Versailles, né en 1723, mort en 1789, profita de sa position pour étudier les mœurs des animaux et publia sur ce sujet dans divers journaux du temps (1762-1765), sous le pseudonyme d’un physicien de Nuremberg, des lettres qui offrent des observations curieuses; elles ont été réunies sous le titre de : Lettres philosophiques sur l'intelligence et la perfectibilité des animaux, Paris, 1802. On lui doit aussi plusieurs articles de l'Encyclopédie (nolamme, ni Fermier, Forêt , Garenne), et
LESB
une défense du livre De l'Esprit d’HelvétiuB 1760
leroy (Henri), médecin d Utrecht. Voy. regius!
leroy (Sylvain), cartésien. Voy. régis.
LESAGE (Alain-René), célèbre écrivain, né à Sarzeau près de Vannes en 1668, mort en 1747 étudia chez les Jésuites à Vannes, fut quelque temps employé dans les finances en Bretagne, vint à Paris eài 1692, s'y livra kftit entier aux lettres, et ne vécut que du produit de sa plume. Il refusa plusieurs propositions avantageuses, afin de conserver sa liberté. Il commença par traduire ou imiter quelques pièces espagnoles; fit représenler en 1707 Crispin rival de son maître, comédie fort gaie et qui est tout entière de son invention; publia la même année le Diable boiteux , roman dont le sujet est tiré de Guevara ; composa en 1708 Turcaret, excellente comédie, où il livre au ridicule les traitants ou fermiers, et qui ne fut représentée qu’après une vive opposition ; il mit le sceau à sa réputation par son roman de Gil Blas, dont la première partie parut en 1715, et la suite en 1724 et 1735. S étant brouillé avec les comédiens français, il travailla pour les théâtres de la Foire, et pendant plus de vingt ans (17 12-35) il fit pour ces spectacles secondaires une foule de petites pièces et d’opérascomiques qui eurent une grande vogue, mais qui sont pour la plupart oubliés aujourd’hui (on les trouve dans le Théâtre de la Foire, qu'il fit imprimer lui-même, 9 vol. in-12, 1721-37). On a encore de Lesage : les Aventures de Guzman d’ Alfarache, imité d’Aleman, 1732; les Aventures de Robert , chevalier de Beauchêne , 1732 ; Histoire d’Eslevanille Gonzalès, 1734 ; le Bachelier de Salamanque, 1736; la Valise trouvée, 1740 ; mais ces ouvrages, fruits de sa vieillesse, sont bien inférieurs aux premiers. Gil Blas est considéré comme le chef-d'œuvre du genre ; outre que d’un bout à l’autre ce roman étincelle d’esprit, et qu’il offre une extrême variété de scènes et un intérêt soutenu, on y trouve la peinture vraie du siècle dans lequel vivait l’auteur, et le tableau fidèle de la vie humaine en général. Ou a contesté à Lesage l’entière propriété de cet ouvrage ( Voy. isla). 11 a été fait de Gil Blas mille éditions, illustrations, traductions, imitations. Les éditions les plus complètes des Œuvres de Lesage sont celles de 1821-22, 12 vol. in-8, et 1828, 12 vol. in-8. On doit à M. Patin un excellent Eloge de Lesage (couronné en 1822). — Lesage eut plusieurs enfants dont l’aîné, connu sous le nom de Montménil, fut acteur et eut la vogue. M. en 1743.
lesage (George-Louis), physicien, né à Genève en 1724 de parents français, mort en 1803, étudia d'abord la médecine à Paris, resta plusieurs années dans celle ville comme précepteur, puis retourna dans sa patrie où il se livra à l’enseignement des mathématiques depuis 1750. Il s’occupa toute sa vie à chercher la cause de la pesanteur; mais il ne paraît pas qu’il ait réussi à la déterminer; on lui doit aussi une théorie des iluides élastiques. 11 fut lié avec les principaux savants de son temps, surtout avec Bonnet. On a de lui : Lucrèce newtonien, dans les Mémoires de l'Académie de Berlin, 1782, et de précieux fragments publiés à Genève, 1805, avec une notice sur sa vie par Prévost.
LESBONAX, philosophe et rhéteur de Mitylèrie, qui florissait du temps d’Auguste, dans le 1er siècle, composa plusieurs ouvrages qui ne sont pas parvenus jusqu’à nous. On lui attribue deux harangues conservées dans le Recueil des anciens Orateurs, Venise, Aide, 1513; Paris, H. Etienne, 1575.
lesbonax, grammairien de Constantinople, d’une époque incertaine, est auteur d’un traité De figuris giammaticis , publié avec Ammonius, par Walckemaêr, Leyde, 1739.
LEvSBOS, auj. Mételin, île de la mer Egée, sur la côte d’Asie, entre Ténédos au N. et Chio au S.,