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LESPARRE, ch.-l. d’arr. (Gironde), à 61 kil. N. O. de Bordeaux; 1,000 hab. Lainages communs. Comra. de vins de Médoc, sel, grains. Capit. de l’ancien Médoc. — L’arr. a 4 cant. (Pauillac, Saint- Laurent, Saint-Vivien et Lesparre), 30 communes et 37,61t b. Fief appart. jadis à la maison de Foix.
L’ESPINASSE (mademoiselle de), née en 1732, était fille adultérine d’une femme du grand monde séparée de son mari. Ayant perdu sa mère à 1 6 ans, elle se vit forcée d’entrer comme gouvernante chez le mari de sa mère qui l’abreuva de dégoûts; elle fut recueillie par madame du Défiant, mais après dix ans d’intimité les deux amies sc. brouillèrent et se séparèrent. La maison de mademoiselle de L’Espinasse devint alors , comme celle de madame du Défiant, un centre de réunion pour les gens d’esprit; d’Alemberl vécut dans une étroite intimité avec elle, et vint habiter sa maison. Malgré sou attachement pour le géomètre, mademoiselle de L’Espinasse eut d’autres passions qui troublèrent sa vie [Voy. guibert). Elle mourut en 1776, à 44 ans. On a publié en 1809 des Lettres de mademoiselle de V Espinasse au comte de Guibert , qu’elle avait aimé ; ces lettres peignent bien cette âme passionnée.
LESSART (Antoine de valdeg de), ministre de Louis XVI, né en Guyenne en 1742, passait pour fils du président de Gasq. Ami et confident de Neeker, il devint lui-même contrôleur-général des finances (1790), puis fut chargé du ministère de l’intérieur (1791) et de celui des affaires étrangères. Ayant tenté de s’opposer à la guerre avec l’Autriche que les républicains voulaient faire déclarer, il fut décrété d’accusation , transféré aussitôt à Orléans , puis à Versailles, où on l’assassina le 9 sept. 1792.
LESSAY, ch.-l. de canton (Manche), à 19 kil. N. de Coutances; 1,800 hab. Salines aux environs.
LESSER (Frédéric-Christophe), théologien et naturaliste, né en 1692 à Nordhausen, mort en 1754, fut pasteur de différentes églises à Nordhausen, à Frauenberg, à Halle, et devint dans celte dernière ville administrateur de l’hospice des Orphelins. Dans plusieurs ouvrages pleins d’intérêt, il a fait servir toutes les branches de la science à prouver l’existence de Dieu et la sagesse de la providence ; tels sont : la Lithothèologie ou Théologie des pierres , 1735; De sapientia divina ex partibus inseelorum cognoscenda, 1735; Théologie des Insectes , 1738; Théologie des Tes lacés, etc.
LESSER (CREUZÉ DE). Voy. CREÜZÉ.
LESS1NES, ville de Belgique (Hainaut), à 41 kil. N. O. de Mons; 3,800 hab. Moulins à tan, à huile; teintureries, savon, clouterie; houille.
LESSINfi (Gotthold-Ephraïrn) , littérateur allemand, né en 1729 à Camentz (Lusace), mort en 1781. Après avoir étudié à Leipsick, il alla à Berlin où il se fit d’abord connaître par des Fables qui sont devenues classiques (1753), donna des pièces de théâtre d’un genre original , et publia des Lettres sur la littérature, qui exercèrent une puissante influence sur le goût de ses compatriotes. Pressé par le besoin, il aocepta en 1760 une place de secrétaire du gouverneur de Breslau ; mais il quitta bientôt cet emploi, qui lui convenait peu, et revint à Berlin reprendre ses travaux littéraires. Il y publia en 1765 Laocoon , ou traité des Limites de la peinture et de la poésie (traduit par Vanderbourg, 1802), ouvrage d’une critique supérieure; Minna de Bam- Ae/w, comédie (1767). Appelé en 1767 à Hambourg, il y réforma le théâtre par ses judicieuses critiques et composa à cette occasion sa Dramaturgie , 1767- 1768 (traduite par Mercier et Junker, 1786), ouvrage qui peut être regardé comme la théorie du genre romantique. 11 fit l’année suivante une entreprise de librairie, mais il se vit bientôt obligé d’y renoncer. En 1770, il fut nommé bibliothécaire de Woifenbutvel et donna peu après (1772) la tra-
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gédied 'Emilia Galotti, qui fit une grande sensation * i enfin il publia en 1779 le drame de Nathan-le - I Sage, son chef-d’œuvre. Lessing s’était beaucoup | occupé de religion; il excita de grands troubles parmi les théologiens par ses Fragments d'un inconnu (1774), où il exprime de3 doutes hardis; il prît également place parmi les philosophes par son livre de l 'Éducation du genre humain. Cet écrivain est en quelque sorte le Diderot de l’Allemagne. Il est un des principaux auteurs du mouvement littéraire imprimé à ce pays depuis 1750. Ses œuvres complètes ont été publiées à Berlin en 30 vol. in-8, 177 1-94. Ses meilleures pièces se trouvent traduites dans les Chefs-d'œuvre des Théâtres étrangers, 1822.
LESSIUS (Léonard), casuiste, de l'ordre des Jésuites, né à Brecht près d’Anvers, en 1654, mort en 1623, enseigna la philosophie et la théologie à Douai et à Louvain, et excita de vives disputes par ses opinions sur la prédestination et la grâce. On a de lui ; De Justilia ; De licito usu œquivocalionurti et mentalium restriclionum ; De gratia ejjicaci ; De prœdestinatione , etc. Ses œuvres ont été publiées à Anvers, 1625, 2 vol. in-fol.
LEST1NES, bourg de Belgique (Hainaut), à 20 kil. S. O. de Charleroi. Résidence de plusieurs rois de France de la lre race. Concile en 743 pour la réforme du clergé et pour la restitution des biens ecclesiastiques usurpés par Charles-Martel ; Carloman et Pépin, fils de Charles, consentirent à cette restitution.
LESTOCQ (hermann, comte de), premier médecin de l’impératrice de Russie , Elisabeth, né dans le Hanovre en 1692, mort en 1767, était fils d’un barbier. 11 se rendit à Saint-Pétersbourg avec le titre de chirurgien, et parvint à se faire nommer chirurgien de la princesse Elisabeth (depuis impératrice). Plusieurs fois il eut l’occasion de lui montrer sa fidélité, et il le fit même au péril de sa vie; enfin il réussit à la placer sur le trône, en 1741. Alors il fut nommé premier médecin de l’impératrice, conseiller intime, et jouit d’un grand crédit; mais deux ennemis puissants , Bestucheff et le comte Apraxine, l’avant calomnié auprès d’Elisabeth, celleci le fit arrêter et enfermer dans une forteresse, d’où il ne sortit qu’à l’avénement de Pierre III.
LESTREM, ville de France (Pas-de-Calais), à 7 kil. S. d’Estaires; 3,504 hab.
LESTRYGONS, Lœstrygones , peuple mythologique, habitait, dit-on, la Sicile orientale (vers Catane et Léontium). Il était voisin des Cyclopes. On en fait des géants et des anthropophages. D’après l’Odyssée, Ulysse aborda chez ce peuple inhospitalier et y perdit beaucoup de ses compagnons qui furent dévorés par les habitants. On attribue aux Lestrygons la fondation de Formies en Campanie.
LESUEUR (Eustaehe) , surnommé le Raphaël français, peintre célèbre, né à Paris en 1617, étudia sous Vouet, et se fit de bonne heure remarquer du Poussin. 11 ne chercha point à s’introduire à la cour et ne peignit que pour des particuliers et des couvents. Persécuté par des envieux et dégoûté du monde par la perte de sa femme, il se retira dans un cloître de Chartreux; il y mourut en 1655, n’étant âgé que de 38 ans. Il est le premier peintre de l’école française sous Louis XIV. Lebrun, son rival, est loin de l’égaler pour la grâce, la vigueur, la noblesse et l’art de disposer un sujet. Son Œuvre , gravé au trait et publié par Landon (Paris, 1811), se compose de 1 10 pièces; mais il n’est pas complet. Ses tableaux les plus importants sont : la Vie de suint Bruno , en 22 tableaux, pour le couvent des Chartreux; les tableaux de Y Histoire de saint Martin et de celle de saint Benoît; Saitu Paul guerissatu les malades devant Néron; Saint Paul prêchant à Ephèse; la Salutation angélique; le Martyre de saim Lauret/]; Saint Gervais et saint Pr olais\Tobie donnent </ •«• mrtructions à son fils. etc.
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lesueur <J.-F.) , célèbre compositeur , né près d’ÀbbeviJîe en 1763, mort en 1837, obtint à 23 ans la maîtrise de la métropole de Paris, et fut plus tard attaché au Conservât, comme prof, et insp. 11 donna en 179.3 àl’Op.-Comiq. la Caverne e t Paul et Virginie, et en 1804 au gr. Opéra les Bardes , son chef-d’œuvre.
LESU1RE (Robert-Martin), littérateur, né en 1737 à Rouen, mort en 1815, fut lecteur de l’infant duc de l’arme , professeur de législation à l’école centrale de Moulins, et vint enfin se tixer à Paris. On a de lui des poésies, entre autres : Epître à Voltaire , 17G1 : la Vestale Clodia à Titus , héroïde , 1767; le Nouveau monde , poëme en 26 chants, 1782 ; haac et Bébecca , poëme en prose, 1777; et des romans : V Aventurier, 1782, qui eut du succès; le Philosophe parvenu , 1788, etc.
LESERA mons, auj. le mont Lozère.
LESCR0OE (Joseph), né à Douai en 1763, fut condamné à mort en 1796 comme coupable d’un assassinai commis sur la personne du courrier de Lyon, l’eu après on découvrit le vrai coupable ; 1; singulière ressemblance du malheureux Lesurque avec l’assassin avait été cause d’une fatale méprise.
LESZSKO, ducs ou rois de Pologne. Voy. leck.
LETELLIER (Michel), homme d’état, né en 1603, mort en 1685, était lils d'un conseiller à la Cour des Aides, et dut son élévation à Mazarin. Nommé, par le crédit du cardinal, secrétaire d’état au département de la guerre (1643), il contribua puissamment à terminer les troubles de la régence et à rétablir l’autorité royale; il reçut les sceaux des mains de Louis XIV en 1677. 11 avait dès 1666 résigné les fonctions de ministre de la guerre en faveur de son (ils aîné, le célèbre Louvois. Malgré son grand âge, Leteilier déploya dans les fonctions Je chancelier un zèle ardent, qui môme parut quelquefois porté à l’excès : il fut un des principaux instigateurs de la révocation de l’édit de Nantes, et scella peu avant sa mort l’ordonnance relative à cette mesure. Bossuet et Fléchier ont prononcé l’oraison funèbre de cet homme d’état. — Son fils puîné, Ch.-Mauriee Leteilier, fut archevêque de Reims (1671) et présida l’assemblée générale du clergé en 1700. 11 se fit détester par ses manières hautaines. Il légua à l’abbaye de Sainte-Geneviève sa bibliothèque , qui contenait 50,000 vol.
letelliek (Michel), jésuite, dernier confesseur de Louis XIV, né à Vire (Basse-Normandie) en 1643, entra dans la Société en 1661, professa les humanités et la philosophie, puis fut chargé de la rédaction de plusieurs écrits polémiques, et fut élevé à la dignité de provincial. Leteilier fut chargé après le P. Laehaïse (1709) de diriger la conscience du roi. Il déploya dans ces fonctions un zèle âpre et inflexible qui le rendit généralement odieux. Il poursuivit les Jansénistes à outrance et fit détruire l’abbave de Porl-Royal-des-Champs. A la mort de Louis XIV, il fut exilé de la cour; il mourut en 1719 à La Flèche. Entre autres écrits, on a de lui: Histoire des cinq propositions de Jansénius, 1699, et Le P. Quesnel séditieux et hérétique, 1705.
leteluer (Constant), né en 1762 à Boulogne, mort à Paris en 1841, tint longtemps un pensionnat florissant à Paris, et publia divers ouvrages élémentaires, qui sont encore classiques; les plus estimés sont une Grammaire française , souvent réimprimée, et un Traité des participes.
LETIiÉ , c.-à-d. 1 oubli, une des rivières des enfers chez les Païens; ceux qui s’y désaltéraient oubliaient les événements passés. — Le Guadalete, rivière d’Espagne, dans la Bétique, s’appelait anciennement Léthé. — Plusieurs autres fleuves portaient aussi ce nom ; en Béotie, en Crète, etc.
LET111ERS (Guillaume-Guillon), peintre, né en 1769 à la Guadeloupe, mort en 1832, remporta le grand prix en 1786 fut envoyé comme pension¬
naire à Rome, devint en 1807 directeur de l’Académie française de peinture à Rome, et entra en 1818 à l’Institut. On a de lui : Junius Brutus condamnant ses fils, Philociète gravissant les rochers de Lemnos , Homère chantant, le Jugemem de Pâris.
LETI (Gregorio), écrivain italien, né à Milan en if»30, mort en 1701, était neveu d’un évêque. Après avoir dissipé sa fortune dans les plaisirs, il abandonnasarelig. pour embrasser leprotestantisme, se réfugia à Genève où il enseigna l’italien, se fit chasser de cette ville pour quelques traits satiriques (1679); alla en Angleterre, fut forcé de quitter ce pays pour la même cause (1682), et se fixa enfin à Amsterdam, où il reçut le titre d’historiographe. Gregorio Leti a beaucoup écrit; on a de lui, entre autres ouvrages: Histoire de Sixte-Quint, Lausanne, 1669; — de Philippe II, 1679; — d’Angleterre, 1682; — de Genève, 1686; — de Belgique, 1690 ; — de Cromwell, 1692 ; — d'Elisabeth, 1693 ; — de Charles-Quint , 1700; et des libelles pleins de violence. Partial et inexact, cet historien mérite peu de confiance. Tous ses écrits sont condamnés à Rome.
LÉTINES. Voy. lestines.
L’ETOILE (Pierre de). Voy. étoile.
LETOURNEUR (P.), écrivain, né à Valognes en 1736, mort à Paris en 1788, se voua au genre de la traduction, et y obtint un grand succès. Son style a de l’harmonie , de la facilité, mais n’est pas exempt d’un peu d’emphase et de recherche. Letourneur est le premier qui ait fait connaître Shakgpeare à la France; mais on lui reproche d’avoir professé pour cet auteur un enthousiasme qui le rendit injuste envers notre littérature nationale. On distingue parmi ses traductions : les Nuits et Œuvres diverses d'Voung, Paris, 1769-70 ; Méditations sur les tombeaux, par Hervey, 1770 ; Histoire de Richard Savage, 1771 ; Théâtre de Shakspeare , 1776 el ann. suiv., 20 vol. in-8 ; Ossian, fils de Fingal, poésies galliques , 1777 ; Clarisse Harlotve, 1784-87, 10 vol. in-8.
LETTERE, ville du royaume de Naples (Naples) , à (8 kil. N. O. de Salerne ; 4,000 hab. Evêché. Cathédrale remarquable.
LETTIA, nom latin de la lithiianie.
LETTONS, peuple de la Russie Baltique , forme encore le fond de la population en Lithuanie , en Esthonie , en Gourlande , en Sémigalle , surtout dans les campagnes. 11 appartient à la race lithuanienne. La langue lettonne a 2 dialectes principaux , le letton pur, le sémigall. Les Lettons sont très superstitieux. — On a longtemps nommé Lettonie la partie méridionale de la Livonie ( où se trouvent Riga et Lutzen).
LETTRE DOMINICALE. Dans le comput ecclésiastique, chacun des 7 jours de la semaine est désigné par une des 7 premières lettres de l’alphabet, le premier jour de l’année portant toujours la lettre A. On appelle lettre dominicale (c.-à-d. du dimanche), celle de ces 7 lettres qui tombe sur le dimanche de l’année courante. Elle change nécessairement chaque année. La lettre dominicale forme un cycle de 28 ans, après lesquels tout se retrouve au même point, les dimanches reprenant les mêmes lettres : c’est ce que l’on appelle cycle solaire. — Les années bissextiles ont deux lettres dominicales.
LETTRÉS. Voy. chine et mandarins.
LEU (saint) ou LOUP, évêque de Sens, sous le règne de Clotaire II , était d’une maison alliée à la famille royale. Il mourut en 623. On le fête le lft sept. — Un autre S. Leu, de Baveux, est h.lelcvaoût.
LEUBEN, ville d’Allemagne. Voy. lï'oben.
LEUGA , ville de l’Italie ancienne (lapygie), àl’E., près du cap lapygium. Détruite au xie siècle pat les Barbares, et remplacée par Àlessano. Voy. ales-