‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 64 sur 1261 · APOL · texte numérisé non relu

APOL

fraient à la joie et lui rendaient leurs hommages. On pense que c’est Osiris, dieu de l’agriculture, que l’on adorait sous cet emblème ; les Égyptiens croyaient qu’Osiris avait pris la forme d un bœuf et avait traîné la charrue lorsque tous les dieux, battus par Jupiter, se réfugièrent en Égypte, où ils se cachèrent sous mille formes diverses.

APIS, ancienne villed’ Égypte (Libye égyptienne), à l’O. de Parætonium, célèbre par le culte d’Apls.

APOCALYPSE, c.-à-d. révélation, du mot grec apokaluptô , découvrir, livre du Nouveau-Testament, écrit par saint Jean l’évangéliste , et qui contient les révélations que Dieu lui fit pendant son exil à Patmos. Cet ouvrage mystérieux , dont l’obscurité est devenue proverbiale, a donné lieu à une foule de comment., dont quelques-uns extravagants. On y a vu soit la description des persécutions que l’Eglise devait souffrir de la part des Juifs et des Gentils; soit l’annonce de la destruction de Rome (désignée sous le nom de Babylone), et le triomphe de l’Eglise régnant sur le monde entier, etc.

APOLDA, ville du grand-duché de Saxe, à 15 kil. N. E. de Weimar; 3,100 hab.

APOLLINAIRE, l'Ancien et le Jeune, père et fils,

Îrammairiens et rhéteurs grecs du iv® siècle après .-C., enseignèrent à Béryte et à Laodicée. Ils embrassèrent le christianisme, et Apollinaire-le-Jeune futévêq. de Laodicée. Ijuand la lect. des livr. païens fut interdite aux Chrétiens, ils composèrent pour les remplacer divers livres élémentaires, en prose et en vers. De leurs nombreux ouvrages, il ne reste que X Interprétation des psaumes , en vers grecs , et une tragédie, le Christ souffrant , Paris, 1552, et 1580, avec traduction latine. Apollinaire-le-Jeune fut ls chef d’une hérésie qui niait qu’il y eût rien d’humain dans l’âme de Jésus-Christ; il fut condamné par plusieurs conciles. 11 mourut vers 381.

APOLLINAIRE (SIDOINE). Voy. SIDOINE APOLLINAIRE.

APOLLINE (sainte), vierge et martyre. Elle vivait à Alexandrie et fut arrêtée en 248, sous le règne de Philippe-l’Àrabe, dans une sédition excitée contre les Chrétiens. Elle se jeta d’elle-même dans le bûcher préparé pour son supplice. On célèbre sa fête le 9 février.

APOLLINOPOLIS MAGNA, c.-à-d. la grande ville d'Apollon, auj. Edfou, ancienne ville d’Egypte (Thébaïde), sur le Nil, rive gauche, par 25° lat. N., à 110 kil. au N. de Syène. Plusieurs beaux temples, dont un surtout le disputait aux plus grands de l’Egypte par les dimensions, mais dont les bas-reliefs, exécutés du temps des Ptolémées, sont de mauvais style. On le voit encore presque en entier.

Apollinopolis parva, auj. Kous ou Sylfah, ville d’Egypte (Thébaïde), près du Nil, au N. de la précédente et à quelques kil. au S. O. de Coptos. — Ne la confondez pas avec Apollinopolis Minor, petite ville située sur la rive gauche du Nil, presque en face d’Antæopolis.

APOLLO , Juif originaire d’Alexandrie, embrassa le christianisme vers l’an 54 de J.-C., prêcha à Ephèse et à Corinthe, et s’acquit une telle réputation qu’on opposait son autorité à celle de saint Paul et de saint Pierre.

APOLLODORE, grammairien d’Athènes, qui vivait 160 ans av. J.-C., s’acquit une grande renommée pour l’explication des poêles. Parmi le grand nombre de ses ouvrages, il ne nous est resté que sa Bibliothèque, en 3 livres, contenant VHistoire des dieux et des héros jusqu’au retour des Hèraclides dans le Péloponèse , publiée par Æginus Spoletinus, grec-latin , Rome, 1550, trad. en français par M. Clavier, 1805, Paris, 2 vol. in-8. On croit que cette histoire n’est pas l’ouvrage même d’Apollodore , et qu elle n’est que l’abrégé d’un traité plus considérable composé par ce savant.

APOLLON ou PHOEBUS, dieu du soleil et de la lumière, des arts.des lettres et de la médecine, était fils

de Jupiter et de Latone, et frère jumeau de Diane ou la Lune. Il naquit dans l’île de Délos {Voy. latone). A peine sorti du berceau, il tua de ses flèches le serpent Python, qui, à l’instigation de Junon, avait persécuté sa mère. Dans la suite, irrité de la mort de son fils Esculape, que Jupiter avait foudroyé, il tua les Cyclopes qui forgeaient la foudre. Le maître des dieux, pour le punir, l'exila sur la terre. Il y garda quelque temps les troupeaux d’Admète, roi de Thessalie ; puis se mit au service de Laomédon, pour lequel il bâtit, avec Neptune, exilé comme lui, les murs de Troie. Après avoir encore quelque temps erré sur la terre, il fut rappelé au ciel, et chargé par Jupiter de conduire le char du soleil. Apollon fut épris d’un grand nombre de nymphes et de mortelles. Les plus connues sont Daphné, qui fut insensible à ses vœux; Cassandre, à laquelle il donna le don de prophétie; Coronis, dont il eut Esculape; Clymène, qu’il rendit mère de Phaéton. On le représentait sous les traits d’un beau jeune homme, tenant à la main tantôt un arc, tantôt une lyre, la tête ornée d’une chevelure longue et flottante, et ceinted’une auréole lumineuse. 11 dirigeait le chœur des Muses et habitait avec elles sur le sommet du Parnasse, du Pinde ou de l’Hélicon. Apollon avait un grand nombre de temples et d’oracles, dont le plus célébré est celui de Delphes. On célébrait en son honneur les jeux Pythiques.

ÀPOLLONIA, ville d’Afrique. Voy. amanahea.

APOLLON1E, Apollonia, nom de plusieurs villes grecques où se trouvaient des temples et des oracles d’Apollon. Les princip. sont : 1° en Illyrie, près de l’emb. de l’Aotls (Philippe V y fut battu par le préteur Lævinus, 2l4av. J.-C.) ; 2°en Macédoine, au S. O. de Thessalonique : c’est auj. Paleo-Chori ; 3° en Thrace, à l’entrée du golfe formé par le Pont-Euxin; on la nomma plus tard Sozopolis , d'où son nom moderne de Sizéboli; 4° dans la Cyrénaïque, auj. Marza- Souza, sur la mer, à quelques kil. au N. de Cyrène, à laquelle elle servait de port ; 5° dans l’île de Crète, nommée aussi Eleuthera, patrie du philosophe Diogène d’Apollonie ; 6° en Bithynie, à l’O., sur le lac Apo llomaies ; 7° en Palestine, près de Césarée, sur la mer ; on croit que c’est auj. Arzouf.

APOLLONIE (sainte). Voy. Apolline.

APOLLONIUS de Perge , géomètre grec, natif de Perge en Pamphylie, né vers 244 av. J.-C., florissait à Alexandrie sous Ptolémée Philopator , 205 av. J.-C., et fut, avec Euclide, Archimède et Diophante, un des créateurs des sciences mathématiques. On a de lui plusieurs écrits dont le plus remarquable est un traité en 8 livres des Sections coniques, doRt la meilleure édition est celle de Halley, Oxford, 1710. Apollonius fut commenté chez les anciens par Pappus.

Apollonius de Rhodes, poète grec, né à Alexandrie ou à Naucratis, v. 270, m. v. 196, élève de Callimaque, vint se fixer à Rhodes (d’où son surnom) , enseigna dans cette ville avec distinction la rhétorique, puis fut rappelé dans Alexandrie et fut chargé de la direction de la fameuse bibliothèque. Il avait composé de nombreux ouvrages ; il ne nous en reste qu’un poème sur l’expédition des Argonautes, ouvrage estimable et qui offre des beautés, mais qui est généralement froid. L ’ Argonautique a été publiée par H. Etienne, Genève, 1574; Shaw, Oxford, 1777; Brunck, Strasbourg, 1780; par Beck, Leipsick, 1797, avec traduction latine, et par A. Wellauer, Leipsick, 1828 , en grec seulement. Ce poème avait été imité chez les Romains par Valerius Flaccus ; il a été tra< duit en français par M. Caussin, 1797, in-8°.

Apollonius de Tyane , philosophe et thaumaturge, né à Tyane en Cappadoce peu d’années après J -C., embrassa de bonne heure la doctrine de Pythagore, *e soumit à toutes les austérités de cette secte, voyagea beaucoup, visita la Gilicie, la Pamphylie, An-

APPÎ - 91 - ÀPÜL

tioche , Êphèse, Babylone ; pénétra jusque dans l’Inde, accompagné de Damis, son disciple, puis se rendit à travers la Grèce en Italie, excitant partout l’admiration sur son passage et faisant des guérisons merveilleuses.il fut chassé de Rome par Néron. A son retour en Orient, il se lia avec Vespas'ien, dont il favorisa l’avénement, puis il établit à Ephèse une école pythagoricienne qui attira de nombreux disciples. On croit qu’il mourut dans cette ville, vers l’an 97 de J. -G., dans un âge très avancé. Ses contemporains le regardaient comme un homme extraordinaire et lui accordaient le don de prédire l’avenir et de faire des miracles. Quelques Païens ne craignirent même pas de le mettre en parallèle avec le Christ. On raconte qu’au moment où Domitien périt à Rome, Apollonius, qui était alors à Ëphèse où il faisait une leçon publique, s’arrêta tout à coup, et que s’adressant au meurtrier, il g’ écria : « Courage, Stephanus, tue le tyran.» Damis, le compagnon fidèle d’ Apollonius, avait écrit sur son maître des mémoires qui furent remis longtemps après à Philostrate : celui-ci a rédigé une Vie d' Apollonius, qui est remplie de fables incroyables. Cette vie a été traduite en français par Castilhon, Berlin, 1774, avec une préface de Frédéric II, et par Legrand d’Aussy, Paris, 1808. Ch. Blount en a donné une traduction anglaise, avec des notes remarquables par leur impiété. Apollonius avait composé plusieurs écrits : il ne reste de lui qu’une Apologie à Domitien , conservée par Philostrate , et 84 Lettres , publiées par Commelin, 1601.

Apollonius dyscole, c.-à-d. Chagrin , grammairien d’Alexandrie, ainsi surnommé à cause de son humeur morose, florissait sous Adrien et Antonin, et fut père du grammair. Hérodien. 11 est le premier qui ait réduit la grammaire en système. Il nous reste de lui 4 livres De syntaxi seu constructione , publiés avec la traduction latine d’Æmil. Portus par F. Sylburge, Francfort, 1590; c’est un des meilleurs ouvrages de ce genre que les anciens nous aient transirais. On lui attribue aussi un recueil d ’Historiœ coin mentiliœ, Leyde, 1620; l.eips., 1792. — Un autre Ap. d'Alexandrie rédigea au 1er s. un Lexicon homericum (publ. par Villoison, 1773 ; Bekker, Berlin, 1833).

APONUS, aquæ aponi, v. d’Italie, auj. abano.

APOTRES, Apostoli, c.-à-d. envoyés, premiers disciples de Jésus, furent chargés de répandre la religion de N. -S. sur toute la terre. Us étaient au nombre de 12, savoir: Pierre, André, frère de Pierre, Jean l’évangéliste, Philippe, Jacques-le-Majeur, Barthélemy, Thomas, Matthieu, Simon, Thadée ou Jude, Jacqueo-le-Mineur , Judas l’Iscariote, qui après sa trahison fut remplacé par Mathias. On compte également saint Paul parmi les apôtres, et on le nomme plus spécialement Y apôtre des Gentils, parce qu’il répandit la religion parmi les nations païennes ( per gentes). On y joint aussi Barnabé.

APPENRODE, village du Hanovre, à 4 kil. O. d’Ilefeld. Près de là est une fameuse grotte artificielle dite Kelle (la Cave),

APPENZELL, Abbatis cella, canton suisse, inclus dans celui de Saint-Gall. 11 est divisé en 2 parties indépendantes l’une de l’autre, lesRhodes intérieures et les Rhodes extérieures. Celles-ci ont alternativem. pour ch. -1. Trogen etHerisau; celles-là ont pour capitale Appenzell. Pop. de tout le canton, 52,000 âmes, dont 36,000 réformés. Le canton d’Appenzell est fort montagneux; ses cimes principales sont le Sentis, le Geyrenspitz , le Kamor. Ce canton est le 13e; il ne fut admis dans la confédération suisse qu’en 1513. — La ville d’Appenzell est sur la Sitter, et n’a guère que 1,500 hab.

APPIEN, Appianus, historien grec, né à Alexandrie au commencement du n* siècle, vint de bonne heure à Rome, vécut sous Trajan, Adrien, Antonin, exerça avec distinction la profession d’a™-

3at , et fut surintendant des affaires domestique* des empereurs. Il avait composé, sous le titre d’ Histoire romaine . un grand ouvrage en 24 livres, qui s’étendait depuis la ruine de Troie jusqu’au régné de Trajan ; il y racontait séparément l’histoire de chacun des peuples qui ont été en relation avec Rome. Il ne nous en reste qu’un petit nombre de livres entiers (savoir : 3 livres sur les guerres d’Espagne, d’Aunibal et de Carthage ; un sur celle de Mithridate, un sur celles d’illyrie, 5 livres sur les guerres civiles de Rome), et des extraits de la plupart des autres. Le tout a été publié par Schweighæuser, Leipsick, 1785, 3v. in-8, gr.-lat., et par Dübner, Paris, Didot, 1840, gr. in-8; trad. en fr. par Seyssel, Lyon, 1544, par Odet-Desmares, Paris, 1659. Les cinq livres des guerres civiles (liv. XIII à XVII) ont été traduits à part par Combes- Dounous, Paris, 1808, 3 vol. in-8. L’histoire d’Appien jouit d’une grande autorité; elle contient d’ailleurs sur plusieurs époques de l’histoire romaine les seuls renseignements que nous possédions.

APP1ENNE (voie), Via Appia, Via censorina , une des plus belles routes romaines, partait de Rome, passait par Capoue et se terminait à Brindes. Commencée par le censeur Appius Claudius Cæcus vers 311 av. J.-C., continuée par César, elle fut terminée par Auguste. On la surnommait Regina viarum.

APPll fokum, auj. Borgo-Longo, chez les Volsques, à 55 kil. au S. de Rome, sur la voie Appienne.

APPIUS CLAUDIUS. Voy. claudius.

APRAX1NE ( Fœdor-Matveïévitch), contre-amiral russe, né en 1671, mort en 1728, remporta plusieurs victoires sur les Suédois en lngrie et en Esthonie, et devint ainsi un des principaux instruments de 3a gloire de Pierre-le-Grand ; ce prince l’éleva à la dignité de sénateur, d’amiral-général de Russie et de conseiller privé.

apraxine ( Etienne-Fœdoroviteh , comte), feldmaréchal des armées russes, p.-ûls du préc., combattit d’abord contre les Turcs sous les ordres du maréchal Munich, aida le vice-chancelier Bestouchefàsupplanter le comte l’Estocq, favori de l’impératrice Élisabeth, et engagea cette princesse dans la guerre de sept ans. Il s’empara de Memel, battit les Prussiens à Gross-Jægerndorf (1757), mais ne sut point mettre à profit sa victoire. Accusé de trahison pour ce fait, il fut rappelé à Saint-Pétersbourg et mourut pendant qu’on lui faisait son procès.

APR1ÈS, roi d'Égypte, 595-570 av. J.-C., prit Sidon. Après un règne de 26 ans, il fut détrôné et mis à mort par Amasis, un de ses sujets. On le trouve aussi nommé Ephrée ou Hophra.

APS ou ALPS-EN-YTVARAIS, Alba Helviorum , puis Alba Augusta, village de l’Ardèche, à 11 kil. N. O. de Viviers. Jadis capitale des Helviens, et siège d’un évêché qui fut transporté à Viviers en 411.

APT, Apta Julia, ch.-l. d’arrond. (Vaucluse), sur le Calavon, à 55 kil. E. d’Avignon; 5,707 hab. Bougies et confitures. Collège com. Jadis capitale des Vulgientes. — L’arr. d'Apt a 5 cantons ( Bonnieux, Cadenet, Gordes, Pertuis, plus Apt), 50 communes, et 99,012 hab.

APTA JULIA, cap. des Vulgientes dans la Gaule Narbonnaise, auj. apt.

APUA ou APUANI, ville de l’Italie (Ëtrurie) ,

auj. PONTREMOLI.

APULÉE, Lucius Apuleius , écrivain latin et philosophe platonic., néàMadaureen 1 1 4, m. en 190, vint à Rome, où il exerça avec succès la profession d’avocat. De retour dans sa patrie, il rétablit sa fortune, qu’il avait fort diminuée par de fréquents voyages, en épousant une riche veuve. Accusé par les parents de cette femme d’avoir employé la magie pour s’en faire aimer, il se justifia en prononçant une éloquente apologie, qui nous a été conservée. On a d’Apulée la M6tamorphose, vulgairement appelée Y Ane d'or , en 11 livres, roman ingénieux, dans lequel sc trouve le fa-

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