ANTO
1576 , in-folio, et plusieurs fols réimprimés. On célèbre sa fête le 1 3 juin, ajntoine de bourbon, roi de Navarre fils de Charles de Èourbon, duc de Vendôme, devint roi de Navarre par son mariage avec Jeanne d'Albret, héritière de Navarre ( 1 548). A la m.du roi de France François II, il fut nommé lieut.-gén. du royaume. Il soumit Biois, Tours, et fut blessé à mort par les Protestants au siège de Rouen (1562). 11 avait du courage dans le cœur et de la faiblesse dans le caractère. Né au sein de la réforme, il s’était attiré la haine des Protestants qu’il avait abandonnés, et il fut
Beu regretté des Catholiques. Il donna le jour à enri IV.
Antoine, prieur de Crato, roi titulaire de Portugal, était fils de l’infant don Louis, duc de Béja, et d’Yolamde de Cornez. Fait prisonnier par les Maures à la bataille d’Alcaçar-Quivir, en 1578. il trouva le moyen de s’échapper, revint à Lisbonne, prétendit que don Louis son père avait épousé secrètement Yolande sa mère, et se fit proclamer roi (1580). Mais il fut complètement battu par le général de Philippe 11, le duc d’Albe. Forcé de quitter le Portugal, il erra dans les pays étrangers et finit ses jours à Paris en 1505, âgé de 64 ans.
ANTOINE de Lebrixa, Antonius Nebrissensis, littérateur espagnol, né en 1444 à Lebrixa, dans l’Andalousie, obtint des succès brillants dans l’enseignement à l’université de Salamanque, puis à celle d’Alcala ; devint l’un des plus utiles collaborateurs de la Bible polyglotte, entreprise sous les auspices du cardinal Ximénès, et mourut en 1522. Il a composé un gTand nombre d'ouvrages, tous fort rares, dont les principauxsont: / atroductioneslatinæ, Salamanque, 1481, in-fol. ; l’auteur y développe des vues nouvelles sur l’enseignement de la langue latine ; Grammatica sobre la lengua castellana, 1492, in-4 : c'est la lr« grammaire qui ait paru en espagnol; Lexicon latino-hispanicum, eihispanico-lalinum, 1492, 2 vol. in-fol. ; Juris civilis Lexicon , Salamanque, 1506, in-f°,ouvr. qui restaura l’étude dudroitenEsp. Antoine (Marc-), graveur. Voy. Raimondi.
Antoine (Clément-Théodore), roi de Saxe, né en 1755, mort eu 1836, monta sur le trône, en 1827, après la mort de son frère Frédéric-Auguste. Le règne de ce prince, peu fertile en événements politiques, a été consacré tout entier à l’amélioration de l’administration intérieure, et au bonheur des Saxons.
ANTOINE (religieux de Saint-). En 1070, Gaston, gentilhomme dauphinois, ayant fait un pèlerinage à St-Didier, près de la Tour-du-Pin (hère), où l’on conservait les reliques du saint, y institua des religieux de l’ordre de Saint-Antoine, pour soigner les malheureux atteints de la maladie appelée feu sacré ou feu de Saint- Antoine. Cet ordre prit un accroiss. assez considérable. Il fut aboli en France en 1790. ANTOINETTE d’Autriche. Foi/.marie-antoinette. ANTON1N-LE-PIEUX, Tit. Aurel. Fulvius Antoninus Pius, un des meilleurs empereurs romains, né à Lanuvium l’an 86 de J.-C., fut adopté par Adrien et lui succéda l’an 138. Monté sur le trône, il ne s’occupa que du bien de ses sujets : il rebâtit les villes détruites pendant les dernières guerres, mit un frein à la rapacité des gouverneurs des provinces, et fit cesser les persécutions contre les Chrétiens. Quoiqu’il n’aimât pas la guerre, il combattit avec succès les Maures, ies Daces et les Germains (140). 11 mourut, universellement regretté, en 161, après avoir nommé Marc-Aurèle pour son successeur. On a sous le nom d’Antonin un ouvrage int. Itinerariwti provinciai'um (publ. par G. Torin, chez IL Étienne, 1512; par Wesseling, Arnst., 1735; par Parthey, Berl., 1848), précieux pour la géographie anc. Il n’est pas constant qu’il soit de l’empereur : il est probable qu’il fut seulem. rédigé par ses ordres. antonin (Marc-Aurèle-). Voy. aurèle (marc-).
ANVE
ANTON INE, femme de Bélisaire, n’est fameuse que par ses débordements. Voy. Bélisaire.
ANTON1NUS L1BERAL1S, écrivain grec, que l’on dit avoir vécu sous les Antonins vers l'an 150, est auteur d’un recueil de métamorphoses, publié sous le titre de Transformationum comjeries, avec une traduction latine de Xylander, par Th. Munckerus, Amsterdam, 1674, etaveenotes, par Verheyk, Leyde,
ANTONIO (Nicolas), bibliographe espagnol, né à Séville en 1617, mort à Madrid en 1684, fut chanoine à Séville, et fut envoyé à Rome comme agent de Philippe IV. On a de lui : Bibliotheca hispana vêtus, Rome, 1696, 2 vol. in-fol., réimprimée à Madrid en 1788, 2 vol. in-fol., et Bibliotheca hispana nova, Rome, 1692, 2 vol. in-fol.; Madrid, 1788,2 vol. in-fol. Ces deux ouvrages sont estimés et rares.
ANTONIUS (Marcus). Voy. Antoine.
antonius musa, médecin d’Auguste, Grec de nation, avait d’abord été affranchi. Ayant guéri l’empereur d'une maladie dangereuse, il fut comblé d’honneurs par le sénat et par le prince. 11 reste de lui : De Herba botanica , De luenda valetudine , Venise, 1547.
antonius primus, général romain , natif de Toulouse, était lieutenant de Vespasien. 11 assura l’empire à ce prince par son activité, et remporta sur les partisans de Vitellius la victoire de Bédriac. Au génie d’un grand général, il joignait les talents de l’orateur et du poète. Supplanté par Mucien dans la faveur de Vespasien, il se retira à Toulouse et y mourut en 99, âgé de 75 ans, loin des affaires et cultivant les lettres.
ANTONNE, bourg de France (Dordogne), à 13 kil, E. de Périgueux ; 470 hab. Patrie de Lagrange- Chancel.
ANTONY, village du dép. de la Seine, à 13 kil S de Paris, sur la Bièvre et près de Sceaux; 1,200 habr Plâtre aux environs.
ANTRAIGUES, ch.-l. de cant. (Ardèche), & 13 kil. N.d’Aubenaa; 1,500 hab. Voy. Entraigues.
ANTRA1N, ch.-l. de cant. (Ille-et-Vilaine), suri* Couesnon. à 24 kil. N. O. de Fougères ; 1,550 hab.
ANTREMONTou entremont, vallée de la Suisse, dans leValais, arrosée par laDrance et traversée par là routedu gr. S. -Bernard. Bellecasradede la Valsorey.
ANTRIM, comté de l’Irlande (Ulster), sur la côte E., entre ceux de Down et de Londonderry, compte 315,000 habit., et a pour villes principales Antrim, (2,065h ),sur le lacNeagh, Belfàst,Lisburn,Carrickfergus, Ballymoney. Sur la côte N., on admire une série de colonnes basaltiques gigantesques, connue SOUS le nom de Chaussée des Géants.
ANTBU8TTON8. V> o lfudes.
ANTUERPIA. Voy. Anvers.
ANTUNNACUM. Voy. andernach.
ANUB1S ou ANÉBO, dieu égyptien, était représenté avec le corps d’un homme et la tête d'un chien. Les uns le font frère, les autres fils d’Osiris. Anubia était un dieu des enfers; il présidait au crépuscule, au passage du jour à la nuit, au moment qui sépare la vie de la mort. Comme l’Hermès (Mercure) des Grecs, il conduisait les âmes jusqu à la porte des enfers.
ANVEBS, Antwerpen en flamand, Antuerpia et Handoverpia en latin moderne, ville de Belgique sur l'Escaut, ch.-l. de la prov. d'Anvers, à 44 kil. N. de Bruxelles, par 2° 4’ long. E., 51° 13’ lat. N. ; 60,000 h. Place forte , vaste port , bel arsenal , magnifiques chantiers de construction. On y remarque la bourse, l'hôtel-de-ville, l’église Notre-Dame, dont la tour est le plus haut édifice de Belgique. Athénée, académie de peinture, académie des sciences ; école* de navigation, de chirurgie, etc. Fabriques de draps, chapeaux , étoffes de soie, de coton ; futaines, siamoises, tapis, ouvrages d’or et d’argent; savonneries, raffineries , etc. Très grand commerce (d’en-
ANZI — 88 — APAM
trepôt, de commission ) ; armements. — Anvers a été le siège principal de l’école flamande de peinture. Saccagée par les Normands, 836, puis désolée par les pestes, les incendies, les orages, Anvers n’en devint pas moins aux xii*, xme et xive siècles une des principales places marchandes du globe. Elle fit partie de la Hanse, et eut ju3qu’à200,000 liab. La prospérité croissante d’Amsterdam lui porta des coups funestes. Elle fut assiégée par le duc de Parme, 1676; prise par les Fr., 1746,1 792, 1 7 94 ; défendue contre les alliés par Carnot, 1814 ; prise par les Français pour les Belges en 1832. Elle fut, sous l’empire, le ch.-l. du dép. des Deux -Nèthes. Anvers doit immensément à Napoléon, qui voulait en faire la rivale de Londres. Patrie des peintres Van-Dyck, Jordaens, Téniers, du géographe Ortelius et du philologue Grutenséj. de Rubens. — La prov.. born.au N. par le Brabant sept., au S. par le Brabant mérid. , compte 296,000 h., et a pour ch.-l. Anvers. Elle formait à peu près sous l’empire le dép. des Deux-Nèthes. Autres places : Malines, Turnhout, Lier, Herrenthal, Hoogstræten.
ANY1LLE (J .-B. Bourguignon d’), célèbre géographe, de l’académie des Inscriptions , né à Paris en 1697, mort en 1782, conçut de bonne heure un goût très vif pour les recherches géographiques, obtint avant l’âge de 22 ans le brevet de 1 er géogra-
Îhe du roi, entra de bonne heure à l’académie des nscriptions, et fut nommé adjoint géographe de l’académie des Sciences. 11 a fait faire à la géographie de grands pas, par le soin avec lequel il a déterminé la véritable étendue des mesures de longueur dans les différents pays, et par l’exactitude de ses cartes. Il eut la gloire de voir conûrmer par des observations directes les conjectures qu’il avait faites, principalement sur la géographie de la Grèce, de l’Italie et de l’Égypte. Il a dressé un très grand nombre de cartes nouvelles, en les accompagnant de mémoires justificatifs. On estime surtout sa Géographie ancienne abrégée, 3 vol. in-12, 1768; ses cartes pour X Histoire ancienne et X Histoire romaine de Rollin ; son Traité des mesures anciennes et modernes ; son Traité des états formés en Europe après la chute de l’empire d’ Occident, 1771 ; son Allas de la Chine , de la Tarlarie et du Thibet , 1737 ; ses Mémoires sur l'Égypte ancienne et moderne , 1766. M. Demanne se proposait de donner les œuvres complètes de d’Anville en 6 vol. in-4.; deux seulement avaient paru en 1820.
ANWEILER , ville de Bavière (cercle du Rhin), surlaQueich, à 10 kil. O. de Landau; 2,600 hab. On y voit les ruines du château où fut enfermé Richard-Cœur-de-Lion (1192).
ANXUR, nom primitif de terracine.
ANYSIS, roi d’Égypte, régnait vers le commencement du vme siècle av. J.-C. Quoiqu’il fût aveugle, les prêtres égyptiens l’avaient élevé sur le trône ; il en fut chassé par Sabacus, roi d’Ethiopie.
ANYTUS, rhéteur d’Athènes , ennemi de Socrate, le joignit à Mélitus pour accuser ce philosophe et le fit condamner à boire la ciguë, 400 ans av. J.-C. L’innocence de Socrate ayant été reconnue, Anytus fut forcé de fuir d’Athènes et se retira à Iléraclée dans le Pont, où il fut, dit-on, lapidé.
ANZÂRBA, jadis Anazarbe et César ée , v. de la Turquie d’Asie (Marach), à 50 kil. N. E.d’Adana. Elle faisait autrefois partie de la Cilicie ; au moyen âge elle devint la capitale d’un prétendu roy. d’Arménie formé par les Grecs ( Xoy. Arménie) , 1095-1182. Rhodoam dÀlep battit Boémond 11, prince d’Antioche, devant Anazarbe en 1130.
ANZI, ville du roy. de Naples (Basilicate), à 18 kil, S. E. de Potenza, sur une montagne; 3,000 hab.
ANZ1CO, état de la Nigritie mérid., connu seulement par des relations du xvie siècle, est probablement identique avec le Sala. Il avait pour capit. Monzel, à lf300 kil. des côtes.
ANZIN, bourg du dép. du Nord, à 2 kil. de Valenciennes ; 4,000 hab. Mines de houille, qui sont les plus riches de la France; elles emploient jusqu’à 16,000 ouvriers et produisent 4 millions de quintaux.
ANZIO, anzo, Antium , v. de l’Etat ecclésiast., è 30 kil. S. de Velletri, près du cap Anzio, où les Vénitiens battirent la flotte génoise (1378). Belles ruines.
AOD ou AHOD, juge d’Israël, de 1385 à 1305 av. J.-C., ou, selon l'Art de vérifier les dates, de 1496 à 1416, délivra les Hébreux de la servitude qu’ils subissaient sous Eglon, roi des Moabites, et tua ce prince.
AONES, nom des plus anciens hab. connus de la Béotie. Ils furent dépossédés par les Phéniciens de Cadmus. De ce peuple vient le nom d’Aonie donné anciennement à la Béotie.
AORNE, c.-à-d. sans oiseaux , fort d’Asie, sur un roc escarpé, aux limites de l’Inde et de la Bactriane, ou suivant d’autres aux environs du Gange , passait pour inexpugnable , et cependant fut pris par Alexandre. — Un lieu plein de marais infects en Ëpire (Thesprotide), près des monts Cérauniens, portait aussi le nom d’Aorne : on présume que c’est de ce nom que les Latins ont fait Averne.
AOSTE ou AOUSTE, Augusta Prœloria ou Augusta Salassiorum , ville des États sardes, dans la vallée dite val d’Aoste, sur la Doire, rive gauche, au pied des Alpes (600 mètres au-dessus du niveau de la mer), à 79 kil. N. 0. de Turin et à l’entrée des deux vallées du Grand et du Petit-Saint-Bernard ; 5,000 h. Evêché. Pat. de St Anselme. Restes d’amphitéâtres , arc de triomphe, etc. — Elle donne son nom à une prov. des Etats sardes, qui a titre de duché. — Fondée sous Auguste par des prétoriens.
AOUDE, Oude des Anglais , ville de l’Inde, dans le roy. d’Aoude, sur la Gograh, par 26° 48’ îat. N. et 79° 44’ long. E., est célèbre dans les vieilles an nales et la mythologie hindoues, sous le nom d’Ayodhyia, comme capitale de Rama.
aoude, royaume de l’Inde septentrionale, entre le Népal , le Bahar , l’Allahabad, l’Agrah , le Delhi; 3,700,000 hab. Capit. Luknow ou Lacknau. Climat chaud , mais tempéré par les vents du midi ; sol fertile en beaucoup d’endroits , mais mal cultivé. Forêts pleines de tigres , d’éléphanta et de rhinocéros. On y trouve la fameuse pierre appelée lapis-lazuli. — L’Aoude était une des provinces de l’empire mogol; ce fut longtemps l’état indigène le plus riche et le plus puissant de l’Inde. D’abord vassal des Anglais, il a été annexé à leur empire en 1856.
AOUS, Ÿoiussa, riv. d'Epire, coule du S. au N., et tombe dans l’Adriatique, au S. d’Apollonie. Philippe V, roi de Macédoine , fut défait sur les bords de l’Aoüs par les Romains, 198 av. J.-C.
ÀOUST-EN-DIOIS, Augusta Tricastinorum, bourg du dép. de la Drôme , à 27 kil. de Die et près de Crest; 1,100 hab. Papeterie, etc. Source minérale. — C’est une des colonies romaines fondées par Auguste.
AOUT (dix), nom sous lequel on connaît la funeste journée du 10 août 1792, dans laquelle le peuple de Paris s’empara des Tuileries et massacra les Suisses. Louis XVI fut obligé de chercher un asile dans la salle de l’assemblée législative, qui le suspendit de Bes fonctions et convoqua une convention nationale.
APACHES , nation indigène du Mexique, habite entre 30° et 34° lat. N., depuis le Rio Colorado de la Californie jusqu’au Rio Colorado du Texas. Elle est sans cesse en guerre avec les Espagnols. APALACHES (monts). Voy. alleghany.
APAMÉE, Apamea, nom commun à beaucoup de villes anciennes, entre autres : 1° l’ancienne Digba , en Assyrie, aujourd’hui Corna (au confluent du Tigre et de l’Euphrate); 2°uneville auj. ruinée sur l’Euphrate, vis-à-vis de Zeugma; 3° une ville de l’île de Mésène (dans le Tigre), en Mésopotamie:
APEN — 89 — APIS
4° v. de Syrie, au S. E. (F. famieh);5» Apamea Cibotos , aujourd hui Afioum Karahissar , au conCueDt du Marsyas et du Méandre (peuplée aux dépcns de Célènes par Antiochus Soler, qui lui donna îe nom d’Apamée, sa mère); G0 v. de Bithynie, auj. Moudania.
APANAGE, d’un mot de la basse latinité, apanare, c’est-à-dire donner le pain. Dans l’origine, on désignait sous ce nom les possessions territoriales que tous les hauts seigneurs donnaient à leurs puînés pour les dédommager de ce que leurs aînés seuls devaient succéder au fief principal. Plus tard, ce mot a spécialement désigné les fiefs affectés aux princes du sang. Ces apanages royaux ne datent que de la troisième race. Sous les deux premières, les fils du roi mort partageaient également entre eux l’héritage de leur père. Les apanages étaient presque toujours concédés à charge de retour à la couronne à défaut d’hoirs (héritiers). En 1790, l’assemblée constituante abolit les apanages réels et les remplaça par des rentes apanagères. Un sénatusconsulte de 1810 les rétablit, mais ils ne représentèrent plus alors qu’un revenu assis sur des propriétés territoriales.
APC1IÉRON , presqu’île de Géorgie, moitié dans la Russie d’Europe, moitié dans la Russie d’Asie, par 47°30’ long. E., 40° 21’ lat. N., s’avance dans lamer Caspienne : ch.-l. Bakou. Sol imprégné de gaz sulfureux et inflammable.
APELLES, peintre célèbre, de Cos, d’Éphèse ou de Colophon, disciple de Pamphyle, florissait vers 332 av. J.-C. 11 vécut à la cour d’Alexandre, puis à celle de Ptolémée. Il ne passait pas un seul jour sans travailler, et il exposait ses ouvrages en public pour recueillir les jugements des curieux. On connaît le trait de ce savetier qui, après avoir critiqué une sandale, voulut juger du reste du tableau ; Apelles l’arrêta en lui disant : « Que le savetier ne s’élève pas audessus de la chaussure, ne sutor ultra crepidam. » Alexandre, admirateur des talents d’Apelles , ne permit de faire son portrait qu’à lui seul, et il eut pour lui une telle amitié qu’il lui céda Campaspe, une de ses maîtresses, dont le peintre était devenu éperdument amoureux en faisant son portrait. Les meilleurs tableaux d’Apelles étaient Alexandre tonnant, Vénus endormie et Vénus Anadyomène , c.-à-d. sortant de la mer.
APELLICON, de Téos, Péripatéticien , mort vers 85 av. J.-C., est célèbre pour avoir retrouvé et restauré les ouvrages d’Aristote et de Théophraste, qui étaient restés longtemps enfouis et oubliés. 11 forma à Athènes une très riche bibliothèque, que Sylla fit transporter à Rome.
APENNINS (monts), Apetininus , longue chaîne de mont, qui traverse l’Italie dans toute sa longueur, se détache des Alpes à Cassino, trace un demi-cercle autour du golfe de Gênes, court à l’E. jusqu’à la Bocchelta, puis se dirige vers le S. E. et va se terminer en Sicile, formant ainsi 4 régions principales : 1° l 'Apennin septentrional, dans les Etats sardes, qui finit à la Bocchetta et au mont Coronaro; 2° l 'Apennin central, qui va jusqu’au mont Yelino et duquel partent le Sub-Apennin romain et le Sub-Apennin toscan; 3° l 'Apennin méridional, qui se fourche en deux près d’Acerenza, pour courir d’une part dans les terres de Bari et d’Otrante et finir vers le cap Santa-Maria di Leuca, de l’autre dans les Calabres et jusqu’au cap des Armi sur le détroit de Messine ; 4° Y Apennin insulaire, en Sicile : c’est dans cette dernière région qu’est situé l’Etna. Le Vésuve et tout le terrain volcanique environnant font partie de la région méridionale. Les principaux sommets sont l’Etna, 3,400 mètres; le Monte Cavalloou Monte Corno, entre les 2 Abruzzes ultérieures, 2,9G0; le Monte Amaro, dans l’Apennin mérid'onal, 2,840; le Monte Vetora, 2,340. L’Apennin a longtemps servi de refuge aux vaincus,
aux bannis, aux brigands, et ceux-ci y trouvent encore un repaire.
APENRADE, ville de Danemarck (Sleswig), à 30 kil. N. de Flensborg; 3,000 hab. Port peu profond et rade peu sûre.
APER(M.), orat. Iat. du Ier siècle, Gaulois de naissance, mort vers l’an 85 de J.-C., se fixa à Rome où il fit admirer son éloquence; il devint successivement sénateur, questeur, tribun et préteur. 11 est un des principaux interlocuteurs du Dialogue des orateurs, que l’on attribue à Quintilien ou à Tacite, et dont quelques savants croient qu’il est lui-même auteur.
aper (Arrius), préfet du prétoire sous l’empereur Carus, fit périr ce prince ainsi que Numérien, son successeur, et chercha à se faire déclarer empereur ; mais il fut mis à mort par Dioclétien, en 284.
APliRODISIA ou APHROD1S1UM (c.-à-d. de Vénus) , nom de plusieurs villes anciennes, dont les principales sont : 1° en Carie, au N. E., près des frontières de la Lydie, patrie du commentateur Alexandre, dit d’Aphrodisie ; 2° dans la Cilicie Trachéotide; 3° en Phrygie, non loin d’ Apamea Cibotos.
APHRODITE , nom grec de venus.
APHROD1TES, ville d’Égypte. Voy. atarbéchis.
aphrodites hormos, c.-à-d. port de Vénus , plus communément myoshormos. Voy. ce nom.
APHROD1TOPOLIS, c.-à-d. ville de Vénus, nom commun à 3 villes d’Égypte : l0dansl’Heptanomide, sur la rive droite du Nil, au S. de Memphis : c’est auj. Atfieh; 2° dans la Thébaïde, sur le Nil, près de Latopolis, au N. O. de cette ville : c’est auj. Itfou ; 3° dans la Thébaïde, à quelques kil. au S. O. d’Autœopolis, sur un canal latéral au Nil.
APHTHONIUS, rhéteur grec du me siècle après J.-C., natif d’Antioche, est auteur d’une rhétorique intitulée Progymnasmata qui a été longtemps en usage dans les écoles et qui a été publiée et traduite en latin, Amsterdam, 1665, in-12. On a aussi d’Aphthonius des Fables, publiées avec celles d’Esope et d’Abstemius, Francfort, 1610, in-8.
API A tellus, c.-à-d. terre d’Apis, nom primitif du Péloponèse, dérivé d Apis, fils de Phoronée, un des plus anciens rois de cette contrée.
APIC1US , gourmand et gastronome célèbre, vivait à Rome du temps d’Auguste et de Tibère. On dit qu’après avoir dépensé plus de 100 millions de sesterces (environ 20 millions de francs) pour satisfaire sa passion gloutonne, il se donna la mort parce qu’il ne lui restait plus que dix millions de aesterces (environ deux millions de francs), somme qui ne lui suffisait plus pour vivre. — 11 a existé deux autres gourmands du même nom, l’un du temps de Sylla, l’autre du temps de Trajan. — On a, sous le nom de Cœlius Apicius, un traité De re culinaria, intitulé aussi De obsoniis, etc., Londres, 1705; Lubeck, 1791, ouvrage fort ancien, mais qui n’est probablement d’aucun des trois Apicius.
AP1DANUS , auj. Épideno , fleuve de Thessalie , a sa source au montOthrys 11 passait près de Pharsale et se jetait dans le Pénée.
AP10N, grammairien d’Alexandrie, né en Égypte, fut député par les Alexandrins à Caligula pour se plaindre des Juifs. Apion avait composé une Histoire d’Égypte et un traité Sur les Juifs , que Josèphe a réfuté ; il ne nous en reste rien.
APIS, divinité que les Égyptiens adoraient sous la forme d'un bœuf. On reconnaissait le bœuf Apis à divers signes particuliers : par exemple, il devait être noir par tout le corps et avoir sur le côté droit une marque blanche semblable au croissant de la lune. La durée de son existence était limitée à 25 ans. Au bout de ce temps, les prêtres le noyaient solennellement dans le Nil, puis ils l’embaumaient et lui faisaient des funérailles magnifiques. Ils le pleuraient ensuite, et en cherchaient un autre pour le remplacer. Lorsqu’ils l’avaient trouvé , ils se li-