‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 657 sur 1261 · LU CI — 1077 — LUCI · texte numérisé non relu

LU CI — 1077 — LUCI

1810, n’étant âgé que de 44 ans. Sa vie fut abrégée par son goût excessif pour le plaisir. 11 a laissé plusieurs tragédies dont la meilleure est Hector, 1805; des poésies diverses, un poème d'Achille à Scyros , imité de Staee ; Folliculus , satire fort spirituelle contre le journaliste Geoffroy , etc. Collin de Plancy a publié ses œuvres en 1826, 2 vol. in-8.

LUCÉ (le grand-). Voy. grand-ll'cé.

LUCENA , Ehsana , ville d’Espagne (Cordoue), à 49 kil. S. E. de Cordoue; 19,800 hab. Environs fertiles. Bons chevaux, industrie.

LUCENAY-L’EYÉQUE, ch.-l. de canton (Saôneet-Loire) , à 14 kil. N. d’Au'un ; 900 hab.

LUCENTE, Lucenium , aaj. Alicante , ville d’Hispanie (Carthaginoise) , sur la mer, chez les Conteslani , au S. O. du promontorium Dianium.

LUCERA , Luceria ou SSuceria Apulorum , ville murée du royaume de Naples (Capitanate) , à 20 kil. O. de Foggia. Evêché, forte citadelle , belle cathédrale gothique. Fondée , dit-on , par Diomède. — L’ancienne Lucérie faisait partie de l’Apulie, et était fameuse par la beauté de ses laines. Les Romains la détachèrent de la ligue samnite en 323 ; la reprirent en 320. Détruite au IVe siècle par Constance ; rebâtie au temps de l’empereur Frédéric 11 par des Sarrasins.

LUCERNE, v. deSuisse, ch.-l. ducant.deLucerne, et, jusqu’eu 1848, Lune des troiscapitales de la Confédération, sur le lac de Lucerne et la Reuss, à 94 k . S. E. de Bàle, par 5° 28’ long. E., 47° 3' lat. N.; 10,000 hab. Rues droites et larges en général ; jolie église de St-Leodegar (Saint-Léger); bibliothèque, lycée, gymnase, séminaire ecclésiastique. Industrie assez active. Commerce de grains , etc. Aux enviions sites délicieux. — Lucerne, doit, dit-on, son nom à un fanal ( lucerna ) élevé jadis sur son emplacement pour servir de guide aux voyageurs. La ville date du vin* siècle ; elle appartint d’abord aux abbés de Murbach, qui au xmc siècle la vendi rent à la maison de Habsbourg; en 1332 les Lucernois se rendirent indépend. Le gouvcrnem. y fut oligarchiquejusqu’àlafindu xvm°s.:nne tentative de révolut. démocrat. faite en 1764 avait avorté. Prise par ies Français en 1798 , Lucerne fut un instant capitale de toute l’Helvétie. En 1802 elle fut le principal foyer de la guerre civile qui éclata en Suisse. — Le canton de Lucerne est entre ceux de Zug, Schwitz, Underwald, Berne, Argovie; il a 61 kii sur 52 , et 133,000 hab. ( tous catholiques ). Il s’y fait un grand commerce de transit. 11 entra dans a confédération en 1332 ; c’était le 4e. — Le lac de Lucerne n’est proprement qu’un golfe du lac des Quatre-Cantons, au N. O. ; ^pendant on étend souvent le nom de Lucerne au lac tout entier.

LUCHÉ, ville de France (Sarthe), à 10 kil. E. de LaF'lèche, au confluent de l’Orne eV du Loir; 2,500 hab.

LUCHON (bagnères-de-). Voy. bàgnères.

LUCIfc! (sainte) , vierge et martyre , mise h mort l’an 304 à Syracuse. On la fête le 13 décembre.

LUCIEN, Lucianus, écrivain grec, né à Samosaie vers l’an 120, vécut sous les Antonins. 11 fut d’abord avocat et suivit le barreau d’Antioche, mais il abandonna bientôt celte carrière pour la profession de rhéteur et de sophiste; parcourut l’Asie, la Grèce, la Gaule, l’Italie, récitant partout ses discours et ses déclamations. Vers l’âge de 40 ans il renonça à cet art frivole pour se consacrer à la philosophie : il combattit dans ses écrits les vices, les travers et les préjugés de ses contemporains. Commode lui confia vers l’an 180 une place importante dans l'administration de l’Egypte ; il mourut dans un âge avancé vers l’an 200 Lucien a laissé un grand nombre d’écrits: les plus connus sont les Dialogues des Dieux , les Dialogues des Morts , le Songe ou le Coq , Timon , les Sectes à l'encan , Pè-

fégrinus, VAne (abrégé de Lucius de Fatras), De la Manière d'écrire l’histoire. Lucien s’y montre moraliste enjoué, satirique plein de sel; mais il semble aussi professer un scepticisme universel et affiche un cynisme révoltant ; il n’épargne dans ses attaques ni les dieux du paganisme , ni les croyances des Chrétiens, ni les doctrines et les prétentions des philosophes. Les meilleures éditions des Œuvres de Lucien sont celles d’Hemsterhuys et Reitz, avec traduction latine, Amsterdam, 1743-46, 4 vol. in-4; des Deux-Ponts, 1789-93, 10 vol. in-8; de Lehman, Leipsick, 1821-31, 10 vol. in-8; celle de M. G. Dindorf , dans la Bibliothèque des auteurs qrecs de MM. Firmin Didot, Paris, 1840, 1 vol. en 2 parties grand in-ô. Lucien a été trad. en franç. pat d’Ablancourt, 1708, et par Belin de Ballu, 1788, 6 t. in-8. M. Talbot en prépare une traduction nouvelle.

Lucien (saint), martyr, né à bamosate, subit le martyre sous le règne de Dioclétien (3 12), et mourut en adressant à ses juges, pour toute défense, une apologie de sa religion. 11 reste de saint Lucien un fragment de lettre écrite de sa prison aux fidèles d’Antioche; il avait donné une édition grecque de la Bible , dans laquelle il avait corrigé de nombreuses inexactitudes. On l’hon. les 7 janv. et 15 oct. — Un autre saint Lucien, apôtre de Beauvais, est fêté, le 8 Janvier. 11 subit le martyre à Beauvais en 290.

LUCIEN BONAPARTE, prince de Canino, frère puîné de Napoléon, né en 1775 à Ajaccio, mort en 1840, à Viterbe, vint en 1793 habiter la Provence a* ec sa famille exilée de Corse, et remplit d’abord des fonctions subalternes dans l’intendance militaire. Nommé en 1797 membre du Conseil des Ginq- Gents, il se fit remarquer par son éloquence, et devint président de l’assemblée. Il prépara avec son frère le renversement du Directoire, et assura !c succès du 18 brumaire. Bonaparte, premier consul, l’appela au ministère de l’intérieur (1799); mais, d’un caractère trop indépendant, Lucien ne farda pas à tomber en disgrâce. Il fut néanmoins envoyé comme ambassadeur en Espagne : il y fit prévaloir l’influence française contre le parti anglais, et regagna par là les bonnes grâces du premier consul; mais s’étant marié contre la volonté de son frère (il avait épousé Mme Jouberthon, veuve d'un agent de change), il fut de nouveau disgracié (1804). 11 se retira à Rome auprès du pape Pie VII dont il s’était concilié l’amitié dès 1801 en défendant le Concordat ; puis se fixa près de Viterbe, dans la terre de Canino, que le pape érigea pour lui en principauté: il se décida plus tard (1810), pour éviter tout contact avec Napoléon, à s’embarquer pour les États-Unis: mais il fut pris en mer par les Anglais, qui le gardèrent prisonnier jusqu’en 1814. Dans les Cent Jours, il revint en F'rance pour solliciter l’évacuation des États du Pape, que Murat avait envahis, et fut retenu par son frère , qui l’obligea à siéger à la Chambre des Pairs. Il fut un des premiers à proposer l’abdication de l’empereur en faveur du roi de Rome. Après le départ de Napoléon pour Sainte-Hélène, il retourna en Italie, où il vécut en simple particulier. Lucien est le seul des frères de Napoléon qui ne se soit pas assis sur uq trône et qui ait refusé d’être l’instrument doeila des volontés de son frère. Il cultivait les lettres et composa deux poèmes épiques: Charlemagne et la Cyrnéide ou la Corse sauvée. 11 avait été admis à l’Institut dès 1803. V. Bonaparte, au Supplément.

LUCIENNES ou LOUVEC1ENNES , village de France (Seine-et-Oise), à 7 kil. N. de Versailles, près de la grande route de Paris à Saint-Germainen-Laye; 1,100 hab. Plusieurs belles maisons de campagne, entre autres le château construit par Louis XV en 1772 pour la comtesse Dubarry, et d’où l’on jouit d’une vue délicieuse.

LUCIFER, c.-à-d. qui apporte la lumière , uom

LUÇO

donné par les portes à la planète de Vènn» ou étoile du matin ; le, païen, en faisaient un JJ ^ Jupiter et de l’Aurore. — - Dans les Ecritur.J saintes, Lucifer est le nom du premier ange rebelle, qui fut précipité du ciel aux enler»; c était le plus brillai:*, mais aussi le plus orgueilleux des anges. Son nom est devenu synonyme du démon.

Lucifer, évêque schismatique de Caralis (Cogliari ), en Sardaigne, soutint la cause de saint Athanase avec tant de véhémence au concile de Milan, en 354, que l’empereur Constance l’envoya en exil. Rappelé sous Julien, Lucifer se rendit à Antioche, alors déchirée par le schisme «les Eustathiens et des Méléciens, et se déclara pour les premiers. D’un rigorisme excessif, il interdisait tonte espèce de communication avec les schismatiques, n mourut dans son diocèse, lan 370. Ses disciples, appelés Lucifériens, continuèrent le schisme, surtout en Sardaigne. Lucifer a laissé des écrits (en latin).

LUCIFERIENS, disciples de l'évêque Lucifer.

LUCILE, poète romain. Voy. luojlius.

LUCILIBURGUM, nom latin de Luxembourg.

LUCILIUS (C.), le plus ancien des poêles satiriques latins, né à Suessa dans le Latium l’an 149 av. J.-C., d’une famille de chevaliers fut l’ami de . Scipion Emilie n , accompagna ce héros au siège de Numance, et mourut à Naples l'an 103 av. J.-C à l’âge de 46 ans. Il avait écrit 30 satires ; il n’en reste que quelques fragments. Son style, au jugement d’Horace, était encore dur et grossier, mais il ne manquait pas de force. Les fragments de Lucilius ont élé réunis par Douza, Leyde, 1507, et par Cornet, avec trad., dans la collect. Panckoucke.

LUC1NE (de lux, lumière), déesse qui présidait aux accouchements des femmes et à la naissance

,078 - LÜCR

vers le centre et sur les hauteurs, très humide qis de ailleurs. Air très pur. Sol éminemment fertile en produits coloniaux (café, sucre, colon coco, bétel, etc.!, et en produits de l’Europe méridionale. Superbes forêts. Mines d’or. — Luyon, comme les Philippines, fut découverte en 1521 par Magellan; elle fut conquise par Michel Lopez en 1571. >oy. PHILIPPINES et MANILLE.

luçon, ville de France, ch.-l. de cant. (Vendée), à 26 kil. 0. de Fontenay, à 5 kil. de la mer, avec laquelle elle communique par un canal ; 3,761 hab. Évêché (Richelieu en fut évêque). Petit port. Cathédrale gothique. Collège. Cette ville fut saccagée en 1568 par les protestants. Les Vendéen! y furent défaits les 28 juin et 1er octobre 1793.

LUCQUES, Luca en latin, Lucca en italien, ville d'Italie dans la région toscane, capitale du duché naguère indépendant de ce nom , sur l’üzorra (bras du Serchio), à 55 kil. N. 0. de Florence par 8° Vf I long. E., 43° 49’lat.N.; 22,000 hab. Archevêché. I Cathédrale gothique, palais public. La ville est pavée en dalles. Très industrieuse et commercante (draps, soieries, etc.). — Lucques est très ancienne: on croit qu’elle fut fondée par les Tyrrhéniens ou les Lydiens; elle devint colonie romaine l’an 178 av. J.-C. Au moyen âge elle fut une des républiques guelfes de la Toscane. En proie ensuite aux querelles des Blancs et des Noirs, elle eut une foule de maîtres, entre autres Caslruccio Castracani (1314-1328); fut vendue à Mastino délia Scala, 1335, puis aux Florentins, 1341; subit le joug de Piseen 1342; fut rendue à la liberté par l’empereur Charles IV, 1365, mais ne demeura en républi que que jusqu’en 1400. Paul Guinigi la gouverna 29 ans avec gloire (1400-1429). A sa mort, Lucques

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des enfants. On la confond tantôt avec Junon, tan- ! (iu! avec Florence une longue guerre, à la suite de

tôt avec Diane. On la fait aussi fille de Junon.

LUCIUS, prénom très fréquent chez les Romains, s’écrivait en abrégé L. — On connaît surtout sous ce nom le 2* fils d’Agrippa. Voy. agrippa.

Lucius de Patras, écrivain grec, natif de Palras en Achaïe, vivait sous Antonin. On le regarde comme l’auteur du conte de l'Ane d'or, dont on trouve un extrait dans Lucien, sous le titre de Lucius, ou la Métamorphose. Voy. COURIER.

Lucius, papes. Voy. luce.

LUCK ou LOUTSK, ville de la Russie (Volhynie), à 44 kil. N. O. de Doubno ; 2,500 hab. (la plupart Juifs). Evêché grec-uni. Importante sous le gouvernement polonais ; elle était le siège d’une diète. Brûlée en 1752.

LUCKENWALD, ville des États prussiens (Brandebourg), sur le Nathe, à 33 kil. S. de Potsdam; 4,200 hab. Bière, papier, eau-de-vie de grains. LUCK N AU ou LUCKNOW. Voy. luknow.

LUCKNER (Nie.), maréchal de France, né en 1722 à Campen (Hanovre), fut d’abord au service du roi de Prusse et se distingua pendant la guerre do Sept-Ans. Quelque temps avant la paix de 1763, il passa en France où il obtint le grade de lieutenant-général. Il adopta les principes de la révolution, fut nommé maréchal en 1791, et commanda quelque temps l’armée de Flandre et celle de la Moselle ; mais ayant excité quelques soupçons, il fut suspendu de ses fonctions, puis traduit devant le tribunal révolutionnaire, et décapité en 1794.

LUÇON ou MANILLE, dite quelquefois Nouvelle - Castille, la plus grande et la plus septentrionale ifles îles Philippines, par 117° 30 -121° 50’ long. E., 12°-19° lat. N., a 800 kil. de long sur une largeur qui varie de 50 à 420; 1,400,000 hab. Capitale, Manille. Luçon se divise en partie espagnole et partie indépendante ; la première forme 16 provinces. Ses côtes, profondément échancrées en quatre endroits, en font comme quatre presqu’îles, et prélentent de bonnes rades. Le climat est chaud, sec

laquelle son indépendance fut reconnue. Elle l’a toujours gardée depuis, même sous l’Empire français. Elle fut donnée par Napoléon à sa sœur Elisa comme étal indépendant, sous le titre de grandduché de Lucques et de Piombino. En 1815, le gr. -duché, redevenu duché, fut attribué a l’anc. reine d’Étrurie, Marie-Louise d’Esp. Son fils, Ch. -Louis, y régna de 1824 à 1847, puis le céda à la Toscane.

lucques (dnché de), sur le golfe de Gênes, entre le duché de Modène, le grand-duché de Toscane et le duché de Massa : 40 kil. sur 32 ; 1 , 120 kil. carrés : 145,000 hab. Pour l’historique, Voy. lucques.

lucques -et -piombino (grand -duché de). Voy. lucques.

LUCRÈCE, Lucretia, Tille de Sp. Lucrétius, préfet de Rome, et épouse de Tarquin Collatin , ayant été déshonorée pur Sextus , lils de Tarquin-le- Superbe, fit l’aveu de son malheur à son mari en présence de son père, de Brutus, et de quelques amis, et se donna la mort sous leurs yeux en leur demandant vengeance (509 av. J.-C.). Ce fut là I’op casion du renversement de la royauté et de î’élablissem. delà république. Arnaull en 1792, M. Ronsard en 1 843 ont mis en scène 1r malheur rie Lucrèce..

Lucrèce, T. Lucrétius Carus, poète îatin, né vers l’an 95 av. J.-C., d’une famille «le chevaliers, était contemporain et ami d’AUicus, de Cicéron, de Catulle, de Memmius. 11 s’attacha à la philosophie épicurienne et la chanta dans un poème célèbre. De natura rerum ( De la nature des choses ) , en six chants. On ne sait rien de certain sur sa vie; il se donna*la mort à 44 ans; on dit qu’il se porta à cet acte de désespoir dans un accès de frénésie, maladie à laquelle il était sujet et qui provenait d’un philtre que lui avait donné une maîtresse jalouse. Lucrèce est loin de Virgile pour l’élégance et la pureté du style; on croirait même qu’un long intervalle de temps s’est écoulé entre deux poètes qui ne 6ont guère séparés que par une génération ; mais Lucrèce a plus d’énergie. Son

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pobme offre des beautés du premier ordre; il est à regret ter que tant de génie ne soit consacré qu’à soutenir les doctrines désolantes du matérialisme et de l’athéisme. Les meilleures éditions de Lu*crèee sont celles d’Havercamp, cum nous variorum , Leyde, I725,in-4:de Bentley etWakefield, Londres, 1796; de M. A. Lemaire, Paris, 1835, 2 vol. in-8. 11 a été traduit en prose par Lagrange, 1768, et en vers par Pongerville, 1828. Le cardinal de Polignac a réfuté les doctrines impies de Lucrèce dans un poème latin célèbre, i Ami-Lucrèce.

LUCRET1LE (mont), Lucretilis mons , auj. monte orgualeto ou Pennechio, montagne de l’Italie anc., dans le pays des Sabins, au N. de l’Anio, voisine de Tiburetd’Ustica,où se trouvait la campagne d Horace.

LUCRIN (lac), Lucrinus, en Campanie, au N. O. de Naples, près de Putéoles, communiquait avec la mer, et était célèbre par ses parcs d huîtres. Un tremblement de terre (30 septembre 1538 ) a remplacé le lac par une mont, de 350 mètres de haut, au sommet de laquelle sc voit un cratère ; ce n’est plus guère auj. qu’un étang.

LUCULLUS (L. Lieinius), Romain aussi célèbre par sa magnificence et son luxe que par ses talents militaires, né l’an 1 1 5 av. J .-C. , fut d’abord questeur en Asie, puis préteur en Afrique par la protection de Sylla et remporta sur Amilcar, dans cette dernière province, deux victoires navales. Consul en l’an 74, et changé de faire la guerre à Mitliridate, il le battit soit par lui-même, soit par ses lieutenants, dans plusieurs rencontres , entre autres sur le Granique, à Cyzique , à Lemnos, le força en 7i à se retirer chez Tigrane, roi d’Arménie, son gendre. L’année suivante, il passa en Arménie, après avoir subjugué le Pont, remporta une victoire mémorable sur Tigrane, prit Tjgranocerte , capitale de son royaume, et Nisibe. En 68, Lucullus, queson inflexible sévérité avait rendu odieux aux soldats, se vit obligé de céder à Pompée la facile gloire d’achever la soumission de l’Asie. De retour à Rome, il y obtint les honneurs du triomphe. Il passa le reste de ses jours dans un faste et un luxe jusqu’alors sans exemple, et mourut l’an 49 av. J.-C. Lucullus cultivait les lettres; il fut un des premiers à introduire à Rome la philosophie grecque. Selon Ammien Marcellin, c’est lui qui apporta le cerisier de Césaronte à Rome. Plutarque a écrit sa Vie.

LUCUMON, mot étrusque qui paraît avoir été synonyme de chef ou prince , désigne spécialement : 1° un guerrier étrusque qui vint secourir Romulus dans la guerre eontre les Sabins; 2° le père de Tarquin l’Ancien ( Voy . tarquin). — On donnait aussi le nom de Lucumonies aux douze cités qui formaient la confédération étrusque.

LUCUS ASTURUM, auj. Oviedo, ville d’Hispanie (Tarraconaise), capitale des Astures.

lucus augusti, auj. Lugo, ville d’Hispanie (Gallécie), sur le Minius. — Ville de la Gaule Narbonaise, chez les Voconces, auj. luc-en-diois.

lucus ou forum lucium, ville d’Italie, auj. lugo.

LUDAMAR, contrée d’Afrique, habitée par des Foulahs, est bornée au N. parle grand désert du Sahara, au S. par le Kaarta et le Bambara. Ch.-L, Benoum. C’est dans ce pays que Mungo-Park fut captif et que le major Houghton succomba.

LUDE (le), ch.-l. de canton (Sarthe), sur le Loir, à 17 kil. S. E. de La Flèche; 3,335 hab. Beau château. Tanneries.

LUDE (Jacques de daillon, sieur du), né dans le XVe siecle, fut conseiller et chambellan de Louis Xll et de François 1, sénéchal d’Anjou, puis gouverneur de Brescia; il se distingua dans les campagnes d’Italie, soutint 13 mois un siège contre les Espagnols dans Fontarabie , et mourut en 1522.

LUDE (Henri de daillon, duc du), né vers 1640, premier gentilhomme de la chambre* gouvernea -

des châteaux de St-Germainet de Versailles, grandmaître de l’artillerie, lieutenant-général,' duc et pair. Î1 se distingua aux sièges de Tournai, Douai et Lille en 1669; aux sièges de Maastricht, Besançon, Dôle, Limbourg, Cambrai et Garni, et mourut à Paris en 1685, sans postérité. Madame de Sévigné parle souvent de lui dans ses lettres, et Ménage le cite comme bel-esprit.

LUDEW1G (Jean-Pierre de), jurisconsulte et publiciste allemand, né dans la Souabe en 1668, fut successivement professeur de philosophie et d’histoire, chancelier de l’université de Halle et du duché de Magdebourg, et mourut en 1743, laissant entre autres ouvrages : Peliguice manu scriptortim omnis œvi diplornalum ac monumeniorum ineditorum , Halle, Francfort et Leipsick, 1720-1746^ 12 vol. in-8; Vitœ J usiiniani aique Theodorœ , nec non Triboniani, etc.. Halle, 1730, in-4.

LUDGER (saint), premier évêque de Munster, en 802, mourut en 809. On le fête le 26 mars.

LUDIUS, peintre romain, du temps d'Auguste, substitua la fresque à l’encaustique et obtint par là une grande vogue, en mettant les peintures de luxe, qui jusque-là avaient été très dispendieuses, à la portée du plus grand nombre.

LUDLOW, llravinum , ville d’Angleterre (Shrop), à 41 kil. S. de Shrewsbury; 5,250 hab. Belle église, hôtel-de-ville, halle. Murs flanqués de tours, ancien château-fort.

LUDLOW (Edmond), un des principaux chefs du parti républicain dans les guerres civiles du règne de Charles 1, né en Angleterre, dans le comté de Wilts, vers 1620, fut un des juges qui condamnè- ' renl Charles 1 , et s’opposa de tout son pouvoir à Cromwell dès qu’il entrevit scs projets ambitieux; mais le rusé Protecteur sut toujours Pécari er. A l’époque de la Restauration, Ludlow quitta son pays, et se retira d’abord à Genève, puis à Vevay, où il mourut en 1693. Il a laissé des Mémoires qui ont paru à Vevay en 1698-99, 3 vol. in-8; et à Londres, 1751, in-fol. Ils ont été traduits en français dès 1699 et se trouvent dans les Mémoires relatifs à la révolution d' Angleterre, par M. Guizot.

LUDOLF (Job), orientaliste, né à Erfurt en 1624, mort en 1704, s’est surtout distingué par ses travaux sur la langue éthiopienne. 11 fut précepteur des fils de l’ambassadeur de Suède eu France, puis des enfants du duc de Saxe-Gotha; fut nommé parce duc conseiller aulique, puis résident de Saxe-Gotha à Francfort-sur-le-Mein. On a de lui : Historia anhiopica, Francfort, 1681-93, dont on a donné un extrait en français, Paris, 1693 ; Grarnmaiica linguæ æthiopicœ , 1704 ; Lexicon ælhiopico-latinum , 1699. Il avait voyagé dans presque toute l’Europe et était en relation avec les principaux savants .- sa correspondance avec Leibnitz a été publiée par Michaëlis, Gœttingue, 1755, et dans les Œuvres de Leibnitz, tome VL — Son neveu, Henri-Guillaume Ludolf, 1655-1710, a donné, entre autres ouvrages, une Grarnmaiica russica. Oxford, 1693.

LUDOLPHE, dit de Saxe, chartreux, prieur de la Chartreuse de Strasbourg, né en Saxe vers 1300, mort à Mayence en 1370, a écrit en latin une Explication des Psaumes , et une Vie du Christ, souvent imprimée et trad. en franç. par Le Menand, cordelier, dès 1490. Quelques auteurs lui attribuent l’ Imitation de J.-C.

LUDOVIC LE MAURE ou LE MORE, duc de Milan. Voy. sforze (Ludovic).

LUDOVICI (Charles gunthep.) , Ludovicus, né à Leipsick en 1707, professa la philosophie dans sa ville natale de 1734 jusqu’à sa mort (1778): il était aussi archiviste de l’université, et bibliothécaire de la société de langue allemande et des beaux-art» établie à Leipsick. 11 eut beaucoup de part à la rédaction de V Encyclopédie allemande. Ses principaux ouvrages

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fîOiit : Plan Sune Histoire de la philosophie de Wolf, Leipsick, 1735: Plan d'une Histoire de la philosophie de Leibnitz , 1 f37 ; Remarques sur la philosophie de leibnüz et de Wolf, 1738. — Un autre Ludovici, de Baruth en Lusace, 1670-1724, est auteur de divers ouvrages historiques et théologiques.

LUDOVICUS, traduction latine de Louis. Voy. LOUIS, et aussi LUDEWIG, LUDWIG, LUDOVICI.

LUDOVISI. Voy. Grégoire xv.

LUDWIG (Chrétien-Théophile), botaniste, né en Silésie en 1709, mort en 1773, s’occupa presque en même temps que Linnée de réformer la botanique, et rendit aussi des services à la science. Il ht un voyage scientifique en Afrique, 1732, et lut nommé en 1747 professeur de médecine à Dresde. On a de lui : De sexu plantarum , Leipsick, 1737; Aphorismi botanici, 1738 ; Definiliones plantarum , 1747; Instituiiones regni vegetabilis , 1747 et 1767, ouvrage loué par J. -J. Rousseau.

ludvvig, jurisconsulte. Voy. ludewig.

LUDWIGSBURG, ville du Wurtemberg. Voy.

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