‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 672 sur 1261 · MAIN · texte numérisé non relu

MAIN

rétablir les droits de la puissance active et volon taire, méconnue par ses maîtres. Il débuta par un Mémoire sur l’influence de l'habitude , qui fut couronné par l’Institut en 1802 ; donna en 1805 un mémoire sur la Décomposition de la pensée , également couronné ; envoya aux académies de Copenhague et de Berlin des travaux non moins remarquables ; rédigea pour la Biographie universelle l’article Leibnitz , et composa peu avant sa mort (1821) ses Nouvelles considérations sur les rapports du physique et du moral , ouvrage qui renferme son dernier mol. M. Cousin a publié les Œuvres philosophiques de Maine de Biran, Paris, 1841, 4 vol. in-8. M. Naville, de Genève, va publier son Essai sur les fondements de la psychologie , resté Mss. f 1847)-

MAINFROI ou MANFRED, roi de Naples et de Sicile, fils naturel de l’empereur Frédéric II, fui, à la mort de son frère Conrad, en 1254, chargé d’administrer le royaume pendant la minorité du fils de ce prince, Cooradin. il fut un instant forcé de céder à une révolte et aux efforts du pape Innocent IV, qui prétendait aussi à la tutelle du jeune prince; néanmoins, il parvint l’année suivante à reconquérir le royaume, et s’en fit couronner roi en 1258, au préjudice du jeune Conradin, son neveu. Le pape Urbain IV l’excommunia, prêcha une croisade contre lui et donna ses états à Charles d’Anjou, frère de saint Louis. Mainfroi périt en combattant contre ce prince, dans la plaine de Grandella, près de Bénévent, en 1266. Ou lui impute la mort de son père et de son frère Conrad.

MAINLAND, la plus grande des îles Shetland , dans l’Océan Atlantique, par 69° 45’-60° 55’ lat. N., et 3° 30’-4* 26* long. O.: 138 kil. sur 55; 16,000 hab. Ch.-l., Lerwick. Montagnes. Fer, euivre.

mainland, une des îles Orcades. Voy. pomona.

MAINOTES. Voy. maïna.

MAINTENON, ch— 1. de canton (Eure-et-Loir), à 9 kil. O. d’Epernon ; 1800 h. Gbât. et domaine donné en 1674 par Louis XIV à la veuve de Searron. Collin-d’Haryille naquit près delà (à Mévoisiüs).

MAINTENON (Françoise d’aubignE, marquise de), petite-fille de Théodore-Agrippa d’Aubigné, ami de Henri IV et chaud partisan de la réforme, naquit en 1636 dans la prison de Niort, où ses parents étaient détenus et y fut baptisée; elle resta ae bonne heure orpheline. Après avoir été successivement catholique et protestante, elle s’attacha définitivement au catholicisme et se fil remarquer par une grande dévotion. Elle vécut dans un état voisin de la misère jusqu’en 1662, époque où le poète Searron, louché de ses infortunes, l’épousa, quoique vieux et infirme, dans le seul Lut de lui servir de protecteur. Sa maison fut pendant quelque temps le rendez-vous de ce qu’il y avait de plus spirituel dans Paris. Devenue veuve dès 1660, elle allait retomber dans la misère quand la cour, instruite de ses malheurs, lui assura une pension de 2,000 francs. Chargée par Louis XIV d’élever secrètement les enfants nés de son commerce avec madame de Montespan (1669), elle s’acquitta de ce soin avec zèle et succès, et acquit de jour en jour plus de crédit auprès du roi , qu’elle charmait surtout par l’agrément et la solidité de sa conversation; elle finit par faire oublier madame de Montespan. Le roi lui donna dès 1674 la terre de Maintenon, qu’il érigea pour elle en marquisat. Après la mort de la reine (1683), Louis XIV s’unit avec Mme de Maintenon par un mariage secret ; on rapporte ce mariage à l’année 1684 ou 86. Madame de Maintenon fonda en 1685, à St-Cyr, une maison religieuse pour l’éducation des jeunes filles nobles et pauvres; Racine, à sa prière, composa pour cet établissement Esther et Athalie. A la mort de Louis XIV (1715), elle se retira à St-Cyr, el elle y resta jusqu’à sa mort (17 19), livrée aux exercices d’une piétié austère. Madame de Maintenon eut

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longtemps une grande part aux affaire s : on lui reproche d’avoir conseillé de mauvais choix, tels que ceux de Chami llard et de V i I leroi . et d’avoir appuyé des mesures impolitiq. On a d’elle qq. écrits (Esprit de l’Institut des fil les de St-Louis, 1699, des Proverbes, publiés par Monmerqué, 1849), des Lettres , publ. par Labeaumelle, 1752, par Auger, 1807, par Th. Lavallée, 1856, etune Corresp. avec Mme des Ursins, 1826,4 v. in-8. On doit à Labeaumellede curieux Mémoires sur Mmc de Mamtenon, 1756, 6 vol. in-12, et au duc de Noaillesune Hist. estimée deMme deM., 1848, 2v.8°.

MAIPO, lieu du Chili, à 70 kil. S. 0. de Santiago, près du fleuve Maipo. San-Martino, chef des indépendants, y battit les royalistes, le 15 avril 1818.

MA1RAN (J. -J. dortous de), physicien, mathématicien et littérateur, né à Beziers en 1678, mort en 1771, était membre de l’Académie des Sciences depuis 1718, et devint après Fontenelle secrétaire perpétuel de cette compagnie.il fut chargé avec Varignon de proposer un procédé de jaugeage pour les vaisseaux qui prévînt les fraudes et les réclamations ; ils visitèrent ensemble les principaux ports de la Méditerranée; leur projet fut accueilli par l'Académie, et sanctionné par le roi. On a de lui : Dissertation sur la glace, Paris, 1749; Traité de l'aurore boréale, 1731; Lettres au P. Parennin, Paris, 1770; Eloges des membres de l’Académie des Sciences, Paris, 1747 ; Lettres à Malebranche. Voy. malebranche.

MAIRES DU PALAIS, Majores domus, officiers de la couronne, sous la première race, étaient primitivement chargés du gouvernement intérieur du palais. En 575, Gogon, m. d’ Australie, fut chargé du gouv. du pays ; en 614, Warnachaire, m. de Bourg, obtint de Clotaire II que cette charge fût inamovible et que l’élection des maires appartînt non plus au roi, mais aux grands vassaux. Sous les suc- * cesseurs de Dagobert on remarque Erchinoald , Ebroïn, saint Léger, Pépin d’Héristal, Charles- Martel qui ajoutèrent de plus en plus au pouvoir des maires. En Austrasie, dès 687, il n’y eut plus de rois, et le gouvernement appartint tout entier aux maires sous le titre de ducs ou princes des Francs. Enfin Pépin-le-Bref, maire des trois royaumes, non content d’exercer le pouvoir d’un véritable roi, voulut en avoir le titre; il déposa en 752 le faible Childéric III, et se fit proclamer roi à sa place par le pape Zacharie et par les grands du royaume. La charge de maire du palais eut peu d’importance sous la deuxième race ; elle a été définitivement abolie sous Hugues Capet.

MAIRET (Jean), poëte tragique, né à Besançon en 1604, mort en 1686, est le premier qui ait donné sur notre théâtre des tragédies régulières; il jouit d’une grande réputation jusqu’au moment où parut Corneille qui ne tarda pas à l’éclipser. 11 fut employé par ses compatriotes comme résident de la Franche-Comté auprès de la France, et conclut un traité de neutralité, qui fut utile à son pays. A la paix des Pyrénées, il présenta à la reine-mère un sonnet sur la paix qui lui valut mille louis. Il se retira de bonne heure du théâtre, ne pouvant lutter contre le grand Corneille. La meilleure de ses tragédies est Sophonisbe, 1629; on estime aussi sa Cléopâtre , 1630.

MAISON (Nicolas-Joseph) , maréchal de France, néàEpinay (S.etO.) enl771, m. enl840, fitavecdistinction les guerres de la république et de l’empire, prit Lubeck en 1806, fut fait général de division en Russie après la victoire d’Oboyarzovà (1812), protégea pendant la retraite le passage de laBérésina, fit des prodiges de valeur à Leipsick, fut, après cette bataille, chargé du commandement en chef de l’armée du Nord , et lutta longtemps en Belgique contre des forces supérieures. Après l’abdication de l’empereur il se rallia au nouveau gouvernement qui le combla de faveurs; déjà créé comte sous j’Èmpire, il fut pair et marquis, il o nserva néanm.

son indépendance, et refusa de juger le maréchal Ney. Il fut chargé en 1828 du commandement de l’expédition de Morée, et y obtint un plein succès (Voy. morée) ; il fut en récompense créé maréchal de France (1829). En 1830, il fut un de3 commissaires qui accompagnèrent Charles X à Cherbourg; il fut depuis appelé au ministère des affaires étrangères (1835), et envoyé comme ambassadeur à Ye-

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MAISON DE DIEU (Ligue de la) ou LIGUE CA- DËE, petite république de Suisse, formant la partie S. E. du canton des Grisons. Ch.-L, Coire.

MAISONNEUVE (J.-B. simonnet de), né à Saint Cloud en 1750, mort en 1819, est auteur de plusieurs pièces de théâtre dont la meilleure est la tragédie de Roxelane et Mustapha , représentée avec succès en 1785, et de plusieurs autres poésies; ses Œuvres ont été publiées par Chéron, 1824, in-8.

MAISONS-ALFORT. Voy. alfort.

maisons-sur-seine, village du dép. de Seine-et- Oise, à 7 kil. N. de Saint-Germain; 1,100 hab. Superbe château , bâti par Mansard ; parc magnifique.

MAISSOUR (écrit Mysore par les Anglais), primitivement Porragherry , ville de l’Inde, capitale du royaume actuel de Maïssour, à 15 kil. S. de Seringapatam, par 12° 19’ lat. N., 74« 21’ long. E. Citadelle. Fort ancienne; fortifiée au xvie siècle, souvent prise; rasée en 1787 par Tippou-Saëb, qui transporta le siège du gouvernement à Seringapatam.

maïssour (royaume de) , un des états médiats de l’Inde anglaise, au S. du Balaghat, au N. du Koimbatour, au N. E. du Malabar et du Kanara, peut avoir 390 kil. en tous sens, 69,000 kil. carrés de surface, et 3,000,000 d’hab. Capitale, Maïssour. C’est un vaste plateau, élevé de 1,000 mètres audessus de la mer, entouré des Ghattes tant occidentales qu’orientales, et d’où descendent la Kaveri, laToumbedra, la Bhadri, etc. On y recueille du riz et toutes les productions des régions chaudes. On y exploite des mines de fer. Les Anglais occupent les places fortes et perçoivent la moitié des revenus. — Le Maïssour avait depuis plusieurs siècles des radjahs héréditaires, lorsque le pouvoir fut usurpé par Haïder-Ali (1760); sous ce prince et sous son fils Tippou-Saëb, ce royaume devint avec l’empire dea Mahrattes l’état le plus puissant du Décan. La capitale était alors Seringapatam. Outre le Maïssour, il comprenait le Koimbatour, le Kanara, une parti du Malabar, Bednor, Colar, Sera, Anantpour, le Balaghat, le Kaddapa. Tous ces pays font aujourd’hui partie de l’Inde anglaise immédiate et sont compris dans la présidence de Madras. Le royaume de Maïssour a cessé d’exister avec Tippou-Saëb en 1799. Depuis ce temps les Anglais ont placé sur le trône un descendant des anciens radjahs du pays, qui n’a qu’une autorité nominale : ils sont les maîtres de fait.

MAISTRE (le comte Joseph de), célèbre écrivain, né en 1753 à Chambéry, d’une famille d’origine française, mort en 1821, fut chargé parle gouvernement sarde de plusieurs négociations, accompagna dans l’île de Sardaigne le roi Charles-Emmanuel lors de l’invasion de ses étals par les Français, et se rendit à Saint-Pétersbourg en 1803 comme ministre plénipotentiaire de ce prince. Forcé en 1817 de quitter la Russie lors de l’expulsion des Jésuites, parce qu'il avait embrassé la cause de l’ordre proscrit, il fut nommé dans ôa patrie régent de la chancellerie, et reçut toutes sortes de distinctionshoRorifiques‘1! s’est fait un nom en combattant lesdoctr. subversives dequelques philos, du xvm's. en soutenant la suprématie temporelle du pape et la théocratie. Ses principaux écrits sont : Considérations sur la France, Lausanne, 1796; Du Pape , Lyon, 1809; De l'église gallicane, Paris, 1821, où il attaque les libertés de l’église de France; les Soirées de Saint-Pétersbourg , ouvrage posthume, Pâli. 70

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