‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 676 sur 1261 · MALE · texte numérisé non relu

MALE

il adressa à Louis XV de sévères Remontrances sur l’établissement de nouveaux impôt* et pour la défense des prérogatives parlementaires; comme di recteur de la librairie, il favorisa la liberté de la presse. La Cour des aides ayant été supprimée avec les anciens parlements (1771), Malesherbes, qui était président de cette cour, fut exilé; mais il reprit ses fonctions à l’avénement de Louis XVI; son retour fut un triomphe, et il jouit alors de la plus grande popularité. Le roi l’appela au ministère avec Turgot, son ami (1776), et lui confia le département de l’intérieur. Il voulut faire abolir les lettres de cachet, et s’éleva contre les dépenses excessives de la cour ; mais ses conseils ne furent point écoutés, et il se retira du ministère avec Turgot (1776). II y fut rappelé en 1787, mais se vit bientôt obligé de se retirer de nouveau , et alla vivre dans la solitude. 11 y cultivait en paix les lettres, lorsque Louis XVI fut traduit devant la Convention. Bien qu’âgé alors de 72 ans, il demanda et obtint le dangereux honneur d’assister le roi comme conseil. II s’acquitta de ce soin de la manière la plus courageuse et la plus touchante ; mais tous ses efforts étaient inutiles. En 1794, des envoyés du comité révolutionnaire vinrent l’arracher de sa solitude et le conduisirent, avec toute sa famille, à l’échafaud. La postérité a placé Malesherbes au nombre des citoyens les plus vertueux et des plus grands magistrats. Outre ses Remontrances, Malesherbes a laissé •• Mémoire sur le mariage des Protestants , 1785 et 87 ; Mémoires sur les moyens d'accélérer les progrès de l’économie rurale en France, 1790; Mémoires pour Louis XVI, 1792; Mémoires sur la librairie et sur la liberté de la presse, publiés par M. Barbier, 1809. On a donné à Paris en 1809, sous le titre d Œuvres choisies de Malesherbes, un extrait de ses Remontrances. La Vie de Malesherbes a été écrite par Gaillard, 1805, et par Boissy-d’Anglas, 1 8 1 8.

MALESTROIT, ch.-I.de cant. (Morbihan), à 15 kil. S. de Ploërmel ; 1,800 hab.

MALET (Claude-François de), général français, né à Dôle en 1764, fit avec distinction les campagnes de la révolution , devint général de brigade en 1799, et fut nommé par Masséna gouverneur de Pavie en 1805; mais il était républicain et par conséquent suspect aux yeux de Napoléon, qui le fit incarcérer à Paris en 1808 par mesure de sûreté. Profitant des facilités que lui laissait sa translat. dans une maison de santé, il organisa contre l’Emp. une conspiration qui avait pour but de le renverser du trône, et dans laquelle entrèrent avec lui les généraux Guidai et Lahorie. Il s’échappa de sa prison dans la nuit du 23 au 24 octobre 1 8 1 2, parcourut les casernes de Paris en répandant le bruit de la mort de Napoléon, et surprit les autorités en leur présentant des ordres fabriqués; il était sur le point de réussir, lorsque la résistance du général Hulin, qui commandait l’état-major de la place, fit tout échouer. Malet fut traduit devant une commission militaire et fusillé le 29 octobre 1812; il subit la mort avec courage.

MALEVILLE, bourg de France (Aveyron), à 8 kil. N. E. de Villefranche ; 2,300 hab.

MALEVILLE (Jacques de), jurisconsulte, né en 1741 à Doinne (Périgord), mort en 1824, plaida d’abord comme avocat à Bordeaux, siégea en 1796 au Conseil des Cinq-Cents, fut longtemps membre du tribunal de cassation, et coopéra à la rédaction du Code civil. 11 devint sénateur en 1806, et pair en 1814. On a de lui : une Analyse raisonnée de la discussion du Code civil au conseil d’Êtat, 1 804-5, et un traité du Divorce, 1801 et 1816. — Son fils, P.-Joseph, marquis de Maleville, né en 1778, mort en 1832, fut membre de la Chambre des Représentants (1815), puis de la Chambre des Députés où il se signala par son royalisme ; fut nommé pré

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