‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 69 sur 1261 · A K AG — 94 — ARAL · texte numérisé non relu

A K AG — 94 — ARAL

ARAB-KIR, Arabrace, ville de la Turquie d’Asie (Asie-Mi neure) , à 180 kil. S. E. de Siwas ; ch.-l. d'un livah de même nom.

ARACAN, ville de l’Inde transgangétique, jadis capit. du roy. d'Aracan, auj. ch.-l. de la prov. de ce nom, par 90° 45’ long. E., 20° 40’ lat. N. r grande, mais réduite à l’état le plus triste pendant la domination birmane, 1783 , etc. C’est dans Aracan que fut prise la fameuse statue colossale de Goutama, placée dans le temple principal d’Amarapoura; Aracan aussi avait le fameux canon de 10 mètres de long. Environ 10,000 h.

aracan , prov. de l’Inde anglaise , s’étend le îong de la côte E. du golfe de Bengale, des bords du Nauf jusqu’au cap Negrais, et a pour ch.-l. Aracan. Jadis roy. indépendant, souvent ravagé par les Mongols et les Pégouans; conquis par les Birmans, 1783, eten 1824 par les Anglais. La popul. s’élevait à 260,000 hab. environ , mais la guerre contre les Birmans et les émigrations ont dû réduire beaucoup ce chiffre. On trouve dans l' Aracan une longue chaîne de mont, et plusieurs riv. Climat brûlant, insalubre. Riz, bois de construction. On y rencontre de l’or et de l’argent.

aracan, principale riv. du roy. de ce nom, se jette dans le golfe de Bengale , au S. de la ville d’Aracan.

aracan (archipel d’), dans le golfe de Bengale, à l’E., sur les côtes de la prov. d’Aracan. Ses 2 îles les plus remarquables sont Ramri etTchedaba; on y trouve des volcans qui vomissent de la vase.

ARACATY, ville du Brésil (prov.de Céara), à l’embouchure du Jaguaribe ; 8,900 hab. C’est la plus peuplée et la plus commerçante de la province.

ARACHNË (c.-à-d. Araignée) , jeune femme de Colophon, qui travaillait avec tant de perfection à la broderie, qu’elle ne craignit point de proposer un défi à Minerve : elle l’emporta ; mais la déesse, irritée de sa défaite, frappa de sa navette la tête d’Arachné; celle-ci se pendit de désespoir, et fut changée en araignée.

ARACHOS1E , prov. de l’empire perse, au N. E. de la Gédrosie et à l’O. de l’Inde ; avait pour ch.-l. Arachosia, appelée primitivement Cophe , et dont on attribuait la fondation à Sémiramis. Cette prov. fait auj. partie du roy. de Caboul sous le nom de Seistan.

ARAD, nom commun à 2 villes de Hongrie qu’on distingue en Vieil-Aradet Neuf-Arad, et qui donnent leur nom à un des l2comitats au-delà de la Theiss, situé à l’O. de la Transylvanie; elles sont sur le Maros, presque en face l’une de l’autre, l’une sur la rive* droite, l’autre sur la rive gauche, à 40 kil. N. de Temeswar. Place forte, prise par les Autr. en 1849.

ARAÜUS, Arek, île de la côte de Phénicie, jointe au continent par un pont, avait une ville de même nom (auj. Raad). — Vis-à-vis de File d’Aradus était la ville d’Antaradus, bâtie sur le continent.

ARAFAT, mont. d’Arabie, à 24 kil. S. de la Mecque, objet de haute vénération et de pèlerinage chez les Mahométans.

ARAGON, gr. prov. d’Espagne, une des 12 capitaineries-générales du roy., est située entre celles de Vieille-Castille et de Navarre à l’O., de Catalogue à l’E., de Nouvelle-Castille au S., et touche à la France par la frontière sept.; Saragosse en est la capit. On la divise en 3 prov.: celles de Saragosse, de Huesca et de Téruel. Etendue, 320 kil. sur 200; 665,000 hab. On y trouve des mont, au N. et à l’E., des plaines sablonneuses et arides au centre, et de nombreuses riv. ( Kbre, Gallego, Xalon, Guadalaviar, etc.). L’Aragon n’est qu’une partie de l’anc. Tarraconaise , dont il a conservé le nom avec une légère altération , et répond à peu près à la Celtibérie des anciens. Il passa en 470 de la domination des Romains sous celle des Goths, fut conquis par les Maures en 714, leur fut repris par les rois de Navarre, et.

forma un comté sous leur dépendance jusqu’en 1035. A cette époque, la mort du roi de Navarre, Sanche III (ou Sanche-le-Grand), occasionna un partage entre ses 4 üls ; le comté d’Aragon échut à Ramire, l’un d’eux, et fut érigé en royaume. Le roy. d’Aragon était alors fort resserré ; il ne possédait rien au S. de l’Ebre; et même au N. , Saragosse, Barbastro, Huesca, et beaucoup d’autres villes , appartenaient aux Maures. 11 s’agrandit par des conquêtes, 1096-1137, s’augmenta du comté de Barcelone par l’avénemeni de la dynastie barcelonaise, 1137 ; acquit Montpellier, 1204; les îles Baléares, 1229-1233, es trois quarts du roy. de Valence, 1238 ; obtint, par échange avec saint Loui‘s, la souveraineté du comté de Barcelone , 1258 ; fit en 1282 l’acquisition de la Sicile, qu’il perdit en 1294 ; acquit la Sardaigne en 1326; mais céda Montpellier à la France, 1349 ; réunit définitivement la Sicile, 1409; acquit la couronne de Naples, 1435, et finit par s’unir à la Castille pour former la monarchie d’Espagne. Cette union, préparée par le mariage de Ferdinand, héritier d’Aragon, et d’Isabelle, héritière de Castille, 1469; avancée par l’avénement de Ferdinand au trône d’Aragon, 1479 ; remise en question par la mort d’Isabelle, 1504, fut consommée par F avènement de Charles- Quint, 1516. Depuis ce temps, les couronnes d’Aragon et de Castille sont restées unies. La couronne d’Aragon comprenait en 1 5 1 6 : 1° en Espagne, l’Aragon , la Catalogne, le Roussillon (ces deux pays formaient l’ancien comté de Barcelone) , le roy. de Valence, celui de Murcie; 2° hors de la péninsule, les Baléares, la Sardaigne et les Deux-Siciles.

Les rois d’Aragon se sont succédé dans l’ordre

suivant :

1* Dynastie de Navarre. Alphonse III. 1285

Ramire I. 1035 Jayme II. 1291

Sanche-Ramire I. 1063 Alphonse IV. 1327

Pèdre 1. 1094 Pèdre IV. 1336

Alphonse I. 1104 Juan I. 1387

Ramire II. 1134 Martin. 1395

2° Dynastie de Barce - 3° Dynastie de Castille.

lone. Ferdinand I. 1412

Raymond. 1137 Alphonse V. 1416

Alphonse II. 1162 Juan 11. 1458

Pèdre II. 1196 Ferdinand II. 1479

Jayme I. 1213 Charles-Quint, roi de

Pèdre III. 1276 toute l’Espagne. 1516

aragon, riv. d’Espagne sur le versant S. des Pyrénées, coule à 10., puis au S., arrose Jaca, Sanguesa, et tombe dans l’Èbre près d’Alfaro, après avoir traversé l’Aragon et la Navarre. Cours, 135 kil. ; affluents, la riv. de Tafalla et i’Arga.

ARAGON A, ville de Sicile, à 12 kil. N. de Girgenti, sur une colline; 6,000 hab.

ARAGUAY, riv. du Brésil, sort de la Serra Seiada, reçoit par la droite le Claro Diamantino, le Vermelho de Goyaz, le Crixas; par la gauche, le Das Mortes, le Farto, l’Aquiqui, et se jette dans le Tocantin , après avoir formé la grande île Ste-Anne ou Bannanal. Cours total , 1,500 kil.

ARAL (mer d’), grand lac de l’Asie centrale, dans le Turkestan, par 54°-59°long. E., 42°-46° lat. N., a 450 kil. de long, 240 de large, et reçoit le Sir, l’Oudjani, F A mou. Eau peu salée, côtes basses. — Les anciens ignoraient l’existence de la mer d’Aral, et comme ils faisaient de l’Amou ( Oxus ) un tributaire de la mer Caspienne, on a prétendu que de leur temps les deux mers n’en faisaient qu’une. Suivant plusieurs modernes, la mer d'Aral serait ce qu’ils nommaient le lac C horasmias (lac de Khovaresm).

A RALES, nom donné collectivement aux Uzbeks, aux Tureomans et aux Karakalpaks qui vivent aurla côte S. de la mer d’Aral et sur les bords de l’Amou; ils forment une population de plus d'un million d’âmes; ils professent le mahométisme, et parlent le turc. Ils habitent un camp immense.

ÀRAT — 95 — ARBE

ARAM, nom donné dans la Genèse à la Syrie, détendait aussi à la Mésopotamie, à la Chaldée , à l’Assyrie et à l’Elam; il dérivait d’Aram, 5e ûls de Sem, dont les descendants peuplèrent la Syrie et la Mésopotamie. On appelait Araméens les habitants de ce pays. On nomme encore auj. langues araméennes les langues parlées dans l’ancien pays d’Aram , c.-à-d. le syriaque et le chaldéen.

ARAM (Eugène), savant anglais, né à Ramsgill, au comté d’\ork, vint en 1734 s’établir à Londres. Il travaillait à la composition d'un Dictionnaire comparé des langues celtique, anglaise, latine, grecque et hébraïque, et jouissait de l’estime générale, lorsqu’il fut arrêté eu 1768, et convaincu d’avoir, 14 ans auparavant, assassiné Daniel Clark, cordonnier : il fut condamné et exécuté à York en 1769. La jalousie lui avait fait commettre ce crime.

ARAMÉENS. Voy. àram.

ARAM1TZ, ch.-l. de canton (B.-Pyrénées), à 12 kil. S. O. d’Oloron; 1,260 hab.

ARAMON, ch.-l. de canton (Gard), sur le Rhône, à 27 kil. N. E. de Nîmes; 2,602 hab. Oliviers.

ARAN (val d’), en Espagne, dans les Pyrénées, sur le versant N., par 2° 20’ -2° 40’ long. E., 42° 26’ - 42° 40’ lat. N. La Noguera et la Garonne y rennent naissance à 60 pas l’une de l'autre. Les abitants sont presque tous pâtres, bûcherons ou contrebandiers. — Le val d’Aran était jadis aux Convenez ou Garumni , peuple de la Gaule. 11 a ensuite fait partie du comté de Comminges. L’Espagne le possède depuis 1192. Ch.-l., Yiella.

ARAN DA DE DUEHO, ville forte d’Espagne (BurgOS),à 66 kil. de Bur^os, sur le Duero; 3 , 600 hab.

ARANDA (don abarca de bolea, comte d’), diplomate espagnol, né en 1719, mort en 1799. Il suivit d’abord le parti des armes, puis devint ambassadeur de Charles 111 près d’Auguste 111, roi de Pologne; il fut ensuite capitaine-général à Valence, peu après président du conseil de Castille, 1766, enfin ambass. en France, d’où il revint en 1784. En 1792 il fut nommé premier ministre, mais il fut bientôt remplacé par Godoï.llav. en 1767 fait bannir les Jésuites.

ARANJUEZ, ville d’Espagne (Tolède), sur le Tage, rive gauche, à 44 kil. S. de Madrid; 9,000 hab. Superbe maison royale, séjour de la cour depuis Pâques jusqu’à la fin de juin. Beaux palais des Infants et de Médina-Céli. — Là eut lieu l’insurrection dite d 'Aranjuez contre le prince de la Paix, Manuel Godoï (1808); elle força Charles IV à abdiquer en faveur de son fils Ferdinand.

ARANYOS, riv. de Transylvanie, sort dn mont Kalymiasza, passe à Thorda. Aranyos-Cyères, et se jette à St-Marton dans le Maros; cours, 130 kil. Elle roule des paillettes d’or ( arany en hongrois). L’Aranyos donne son nom à une petite juridiction enclavée eutre les eomitats de Thorda et d’Albe-lnférieure, et qui a 6,000 hab.

ARAPIL.ES ébatüitte des). Voy. Salamanque (bataille de).

ARAR ou ARARIS, riv. de Gaule, auj. la saône.

ARARAT, auj. Macis ou Agri Dagh, mont. d’Arménie, à 66 kil. S. O. d’Erivan, par 42° 16’ long. E., 39° 30’ lat. N., est la plus haute mont, de l’Arménie. Elle dépasse 4,000 mètres, et son sommet est couvert de neiges éternelles. C’est sur cette mont., selon la Genèse (ch. VI 1 1 . v. 4) et selon les traditions arméniennes, que s’arrêta l’arche de Noé.

ARAS, Araxes , riv. d’Asie, sort du mont Teckdagh, court au N. E., fertilise l’Erivan, le Mogan, le Chirvan, et tombe dans le Kour près de Djabat, après un cours de 670 kil. L’Araxe était jadis un des fleuves les plus importants de l’Asie; il était surtout remarquable par l’impétuosité de son cours ; ce qui a fait dire à Virgile : Poniem indignais Araxes (Æn. Vlll, 728).

ARATOR, poète latin chrétien, né en Ligurie

vers l’an 490, mort en 666, était secrétaire et intendant des finances d’Athalaric, roi des Goths. Il a mis les Acier, des Apôtres en vers. Ses poésies se trouvent dans la Bibliothèque des Pères ; elles ont été pu« bliéesà part par OthonArtzenius, Zutphen, 1769, in-8,

ARATUS, général de la ligue Achéenne, né à Sicyone vers l’an 272 av. J -C., chassa le tyran Nicoclès qui opprimait sa patrie, fit entrer Sicyone dans la ligue Achéenne et en fut nommé chef (261). 11 prit Corinthe ( 243 ) , en chassa Antigone, roî de Macédoine, et remporta de grands avantages. 11 fut cependant battu par Cléomènes, roi de Sparte. Philippe V, roi de Macédoine, avec lequel il avait fait alliance, le fit empoisonner (213), après avo;r séduit sa tille. Aratus avait composé une Histoire de la ligue Achéenne qui ne nous est pas parvenue.

aratus, poète et astronome, né à Soles en Cilicie, vers l’an 272 av. J.-C., contemporain de Théocrite, vécut à la cour d’Antigone Gonatas, roi de Macédoine. Il a composé sur l’astronomie un poème intitulé les Phénomènes, que Cicéron, Germanicus et Avienus ont traduit en vers latins, et qui a été commenté par Hipparque, Eratosthènes et Théon. La meilleure édition de ce poème est celle de Théodore Buhle, Leipsick, 1793-1801 . Hugo Grotius a réuni, sous le titre de Syntagma Arateorum (Leyde, 1600), les traductions latines d’Aratus faites par les anciens. Pingré en a donné une traduction française à la suite des Astronomiques de Manilius, Paris, 1786, 2 vol. in-8.

ARAU, ville de Suisse. Voy. aàrau.

ÀRAUCANIE, ou pays des ARAUCANS, contrée de l’Amérique du S., à 10. des Andes, au S. du Chili, entre le Biobio, le Valdivia et la mer, de 36° 44’ à 39° 50’ lat. S. Les Araucans, dont le vrai nom est Aucas ou Molouches , sont la principale nation indigène de la famille chilienne. Deux traits surtout les distinguaient : leur civilisation et leur haine implacable pour les Espagnols. De 1565 à 1773, ils ont fait rude guerre à ce peuple, et souvent ont été les agresseurs. Les Jésuites avaient tenté leur conversion : en 1720, une révolte générale mit ces tentatives au néant. Par un traité avec l’Espagne en 1773, ils obtinrent d’avoir un résident à Santiago. Les Araucans forment une confédération composée de 4 états qui se subdivisent eux-mêmes en 81 prov., et qui ont des chefs héréditaires : ils ont une constitution fort analogue au gouvernement féodal. Les Araucans sont les héros du poème épique de X Araucana, par Aionzo de Ercilla.

ARAUCO, ville et fort du Chili, à l’embouchure du Tucapel, à 44 kil. S. de la Conception, a été bâtie pour arrêter les incursions des Araucans. — On nomme aussi Arauco la partie mérid. du Chili, entre les Cordillières et la mer.

ARAURIS, riv. de Gaule, auj. I’hérault.

ARAUS10, ville de Gaule, auj. orange.

ARAXE , fl. de l’Asie ancienne, dans la Parthiène, auj. l’Ara*. — Cap d'Achaïe. auj. Kalogria.

ARBACE, gouverneur des Mèdes sous Sardanr,pale, roi d’Assyrie, conspira contre ce prince efféminé avec lechaldéen Bélésis, partagea ses états avec les principaux conjurés, et obtint le royaume des Mèdes, vers l’an 769 av. J.-C.

ARBE, Arba, île des États autrichiens, sur la côte de Dalmatie, par 12° 31’ long. E., 44° 47' lat. N. (20 kil. carrés); ch.-l. Arbe, évêché.

ARBÈLES , Arbelœ, auj. Erbil, dans le Kourdistan, ville d’Assyrie, à l’E. de Ninive, près du Lycus, a donné son nom à la victoire qu'Alexandre remporta sur Darius aux environs de cette ville, dans la plaine de Gaugamèle (331 av. J.-C.). Cette bataille porta le dernier coup à la monarchie persane : Darius, obligé de fuir, fut tue par Dessus.

ARBERG ou aauberg, v. de Suisse (Berne), entre deux bras de FAar, à 15 kil. N. 0. de Berne. Pont.

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