‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 68 sur 1261 · ARAB · texte numérisé non relu

ARAB

Maskate, etc. L’Arabie n’a que très peu de mont., excepté au N. O., où l’on trouve le mont Sinaï et le mont Horeb, et au S. O., dans l’Yémen. Dans cette dernière région, coulent le Meïdam et le Chabb, les seuls fleuves de l’Arabie qui aient un cours permanent. Le reste de l’Arabie n’olTre que d’immenses plaines sablonneuses et désertes, où règne continuellement le souffle ardent du simoun ou vent du désert. Dans les parages maritimes la fertilité est très grande; on y cultive beaucoup de plantes aromatiques et d'épices, le café Moka, l’aloès, le baume, le coton, le cocotier, le grenadier, le maïs, etc. On trouve en Arabie la plus belle race de chevaux qui existe, des chameaux, des buffles, des moutons à grosse queue, etc. ; mais les déserts sont remplis d’animaux féroces et d’insectes malfaisants. Les Arabes appartiennent à la famille sémitique ; ils sont petits, maigres, basanés. Ils sont d’un caractère grave, spirituels, souvent hospitaliers, mais toujours prêts à piller les caravanes. Ils mènent presque tous, surtout les Arabes Bédaouisou Bédouins, une vie nomade, réunis en tribus et obéissant au gouvernement patriarcal de leurs cheiks ou vieillards. Les Arabes, au temps de leur puissance, ont cultivé avec le plus grand succès la poésie, la philosophie et les sciences mathématiques et naturelles. Leurs savants les plus célèbres sont Al-Kendi, Al-Farabi, Avicenne, Averrhoës, Algazel, etc. On leur attribue l’invention des chiffres, de l’algèbre; ils avancèrent l’alchimie. Presque seuls au moyen âge, ils avaient conservé les connaissances de l’antiquité, et c’est en grande partie par eux qu’elles ont été transmises à l’Occident. Ils sont, depuis longtemps, retombés dans leur ignorance première. Méhémet-Ali a depuis quelques années fait d’heureux efforts pour les en tirer. — L’Arabie a presque toujours été indépendante. Sous Trajan, les Romains en conquirent une très faible partie, celle qui fut depuis appelée Arabie-Pétrée, du nom de Petra, son ch.-l. Au vne siècle, Mahomet, fondateur de l’islamisme, créa l’empire arabe (622), qui grandit rapidement et s’accrut en suivant les progrès de la religion musulmane. Il embrassa successivement l’Arabie entière (624-632), la Syrie (632-638), l’Égypte (638-640), la Perse (636- 652), T Afrique septentrionale (692-708), l’Espagne (710-714). La France même fut un instant menacée par l’invasion arabe (721-739). Mais dès 750 ce vaste empire perdit son unité. Bagdad vit s’élever, sur les ruines du califat desOmmiades, celui des Abbassides. Peu après, les Aglabites à Kairwan (800), les Thoulounides (883), puis les Fatimites en Egypte (909), se rendirent indépendants, tandis que les califes de Cordoue, derniers restes des Ommiades, se séparaient entièrement des califes d’Orient. Ce morcellement continua jusqu’au xne siècle environ. A cette époque, les Maures en Espagne et en Afrique, les Turcs et les Mongols en Orient, avaient enlevé aux Arabes toutes leurs conquêtes. L’Arabie elle-même avait déjà cessé depuis longtemps d’appartenir aux califes; elle redevint alors indépendante. Les Arabes, par la nature de leur vie nomade, résistèrent aux invasions mongoles et tartares, et aux attaques des Turcomans. Au xvne et au xvme siècle une grande partie de l’Arabie fut soumise à la domination des Wahabites, tribu arabe, qui avait son berceau dans le Nedjed ; mais ce nouvel empire eut peu de durée : les Wahabites ont été refoulés dans leurs premières limites par les armes du pacha d’Egypte, Méhémet- Ali, et de son fils Ibrahim (1818). Auj. FHedjaz et la Mecque reconnaissent l’autorité du sultan. Quant au reste de l’Arabie, elle est tout à fait indépendante. Quoique la domination des Arabes ait depuis longtemps cessé, cependant leur langue se parle encore dans une grande partie de l’Asie et de l’Afrique, et ils forment dans ces pays une portion notable de la population.

ARABIQUE (mer ou golfe), Sinus Àrabicus. Voy. rouge (mer).

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