MERC
il fit paraître en 1781 le Tableau de Paris , composition indigeste et volumineuse, qui néanmoins obtint la vogue, grâce à d’excellentes remarques sur les mœurs et sur des réformes utiles; poursuivi pour cet ouvrage, il se réfugia en Suisse, où il en acheva la publication. De retour en France au moment de la Révolution, il rédigea les Annales patriotiques, journal libéral, mais modéré; fut député à la Convention, puis entra au Conseil des Cinq-Cents. Il fut nommé membre de l’Institut et professeur d’histoire à l’Ecole centrale lors de la création de ces établissements. Mercier avait la manie du paradoxe ; non content d'attaquer Boileau, Corneille, Racine, Voltaire, il voulut aussi réfuter le système de Newton qu’il ne comprenait pas ; 41 déclama contre la philosophie et les sciences, et fut pour cela surnommé le Singe de Jean-Jacques. On trouve dans ses écrits un néologisme révoltant. Outre les ouvrages cités, on a de lui , son Théâtre (dans lequel on remarque l’Habitant de la Guadeloupe, la Brouette du Vinaigrier, Jean Hcnnuyer), 4 vol. in-8, 1778-84 ; Néologie ou Vocabulaire de mots nouveaux , 2 vol. in-8, 1801, etc.
mercier de saint-légf.r (l’abbé), bibliographe, né à Lyon en 1734, mort à Paris en 1799, entra chez les Génovéfains, fut nommé en 1760 bibliothécaire à Sainte-Geneviève, quitta celte place en 1772 et tomba dans l’indigence par suite de la révolution. On a de lui : Supplément à l'histoire de l’ Imprim. de Pr osper Marchand, Paris, 1775, Lettres au baron de IJeiss sur des éditions rares du XV* siècle, 1783; il a travaillé aux Mémoires de Trévoux, à l'Année littéraire, au Journal des Savants, etc.
MERCOEUR, petite ville de l’ancienne Auvergne, auj. ch.-l. de canton du département de la Corrèze, à 31 kil.S.E. de Tulle ; 1,000 hab. — Elle a donné son nom à une ancienne maison d’Auvergne qui remonte au x« siècle , dont lc3 biens finirent par passer dans la maison de Bourbon. Confisqué sur le connétable de Bourbon , ce domaine fut donné par François I à Antoine, duc de Lorraine, qui avait épousé Renée de Bourbon (sœur cadette du connétable); il fut érigé en duché par Charles IX en faveur de Nicolas de Lorraine, fils d’Antoine (1569). Ce duché était possédé en 1789 par le prince de Conti.
MERCOEUR (Phil.-Ernm. de lorraine, duc de), l’un des plus vaillants capitaines de son siècle, fils de Nicolas de Lorraine, comte de Vaudemont et 1er duc de Mercœur (Eoj/. l'article précédent), né à Nomeny en 1548, épousa Marie, unique héritière de Sébastien de Luxembourg , due de Penthièvre, et fut nommé peu de temps après gouverneur de la Bretagne. Il entra dans la Ligue, et, après l’assassinat des Guise (1588), se déclara le chef des Ligueurs en Bretagne. 11 traita directement avec les Espagnols, leur livra le port de Blavet, et fit la guerre aux royalistes. Il signa une trêve avec Henri IV en 1595, et se soumit entièrement en 1598. En 1601 , il alla prendre en Hongrie le commandement de l’armée de Rodolphe II, attaqué par les Turcs, et obtint quelques succès. 11 mourut à son retour, à Nuremberg, en 1602. Il avait marié »a fille unique au duc de Vendôme, bâtard du roi.
MERCURE, Mercurius , fils de Jupiter et de Maia, est le dieu de l’éloquence, du commerce et des voleurs ; il remplissait aussi les fonctions de messager des dieux et conduisait les âmes des morts aux enfers. Dès son enfance, il se signala par son adresse , déroba le trident de Neptune, l’épée de Mars, la ceinture de Vénus; fut pour ces méfaits exilé sur la terre, et garda, avec Apollon, les troupeaux d’Admète. Il changea Battus en pierre de touche, déroba les armes et la lyre d’Apollon, et se servit de cette dernière pour endormir Argus; :’i délivra Mars de la prison où Vulcain