MORT
et places aui Turcs, et les battit complètement (1687) près des Dardanelles. A son retour, il fut élu doge (1688). Il mourut en 1694.
MOROTOI (île), une des Sandwich. Voy. sandwich.
MORPETII, ville d’Angleterre ^Northumberland), à 20 kil. N. de Newcastle; 6,678 hab. Bien bâtie; grande place, marché; hôtel-de-ville, église, etc.
MORPHÉE, Morpheus , dieu du sommeil et des songes, fils de la Nuit, prenait toutes sortes de formes pour tromper les humains, d’où son nom (du grec morphê, forme, apparence). On lui donne pour attributs une plante de pavot, avec laquelle il touchait ceux qu’il voulait endormir, et des ailes de papillon.
MORRISTOWN, ville des États-Unis (New-Jersey), à 48 kil. N. 0. de New-York ; 3,800 hab.
MORTAGNE, ch.-l. d’arr. (Orne), près des sources de l’Huisne, à 36 kil. E. d’Alençon et à 148 kil. S. 0. de Paris; 6,692 hab. Toiles, calicot, faïence, grès ; charcuterie renommée. Commerce en grains, bestiaux, etc. Tribunal, collège. A 12 kil. au N. célèbre couvent de la Trappe, fondé en 1140. Jadis capitale du Perche; prise par Robert II, roi do France, en 997 ; elle souffrit beaucoup pendant les guerres de la Ligue. — L’arr. de Mortagne a 11 cant.(Mortagne, Bazoche, Bellesme, L’Aigle, Longny, Moulins-la-Marche, Noce, Pervenchères, Rémalard, Le Theil, Tourouvre), 170 comm., et 126,267 hab.
mortagne-sur-sèvre , ch.-l. de cant. (Vendée), sur la Sèvre Nantaise, à 14 kil. N. 0. de Mauléon ; 800 hab. Blanchisserie , teinturerie de toiles de coton, et eaux minérales. Combat entre les Républicains et les Vendéens (1793). — Plusieurs autres villes de France, moins importantes, portent le même nom.
MORTAIN, ch.-l. d’arr. (Manche), à 31 kil. E. d’Avranches; 2,521 hab. Collège. Dentelles, toiles, basanes. Commerce de bestiaux. Fontaine minérale. Jadis titre d’un comté. — L’arr. de Mortain a 8 cant. (Mortain, Barenton, Isigny, Juvigny, Saint-Hilairedu-Harcouet, Saint-Pois, Sourdeval-de-la-Barre , Le Teiltenl), 73 communes, et 74,421 hab.
MORTARA, ville des Etats sardes, à 12 kil. N. de Lumello, sur le canal de l’Agogna au Pô; 4,500 h. Malsaine. Prise d’assaut p. lesAutr., 21 marsl849.
MORTAY, une des Moluques. Voy. moluques.
MORTE (mer), lac Asphaltiie des Grecs et des Romains; en latin, mare Mortuum , lacus Asphaltites; en arabe Bahr-el-Loud (mer de Loth), lac de la Turquie d’Asie (Syrie), dans l’ancienne Palestine, au S. E. de Jérusalem, entre 30° 66 -31° 50’ lat. N. et 33° 30’ long. E. ; 100 kil. sur 25. Il reçoit au N. l’El- Charia (Jourdain) et à l’O. le torrent de Cédron. Les eaux de la mer Morte sont limpides, colorées; elles renferment beaucoup de sels, ce qui les rend très pesantes. Le fond du lac est couvert d’une vase noire, épaisse et fétide ; on voit flotter à sa surface l’asphalte ou bitume de Judée, et du milieu des eaux s’élèvent souvent des exhalaisons sulfur. Selon îa croyance commune, ce lac ne nourrit auc. poisson ; c’est ce qui lui a fait donner le nom de mer Morte. La Bible rapporte qu’on voyait jadis sur ses bords cinq villes riches et florissantes: Sodome, Gomorrhe, Àdama, Zeboïm et Ségor, mais que le feu du ciel les anéantit en punition des crimes de leurs habi-
de
ce lieu). Un traité y fut conclu en 1800 entre la h r . et les Etats-Unis. J ad is aux Condé , puis à Jnccnii MORTEMART, village de France (Hte-Vienne7 à 10 kil. S. O. de Bel lac ; 600 hab. ’’
MORTEMART (Gabriel de rochechouart, map, quis, puis duc de), né en 1600, mort en 1675, gou^ verneur de Paris, se fit remarquer par son esprit et son instruction. Il était un des seigneurs les plus aimables de la cour. 11 est surtout connu par ses enfants, le duc de Vivonne, de Montespan, la marquise de Thianges et l’abbesse de Fontevrault. L’esprit était héréditaire dans cette famille, de sorte que 1 esprit des Mortemari était devenu presque une expression proverbiale. Voy. rochechouart.
MORTEMER, Mortuum Mare , bourg de France (Seine-Inl'ér.), dans l’ancienne Normandie, à 9 kil, L. de Neufchâtel ; 300 hab. Jadis abbaye de l’ordre de Cîteaux. Bataille entre Guillaume-le-Bâtard, duc de Normandie, et Henri 1, roi de France (1054); ce dernier y fut vaincu.
MORTIER (Edouard-Adolphc-Casimir-Joseph) , duc de Trévise, pair et maréchal de France, né au Câteau en 1768, partit comme volontaire en 1791, fit avec distinction toutes les guerres de la république, s’empara du Hanovre en 1803, et fut nommé maréchal d’empire en 1 804 . En 1806, il soumit la Hesse-Cassel et entra dans Hambourg. Il passa ensuite àl’armée d’Espagneeteutunegr. partàlavictoire mémorable d’Ocana, 19 nov. 1809. 11 fit, partie de l’expédition de Russie, contribua à sauver les débris de la grande armée, et partagea le commandement de Paris avec Marmont en 1814. A la première restauration , il fut nommé pair de France, mais se rallia à Napoléon pendant les Cent-Jours ; en 1815, il refusa de juger le maréchal Ney et fut déchu de la pairie; il siégea à la Chambre des Députés de 1 8 1 6 à 1819, puis il fut élevé de nouveau à la pairie. En 1834, il accepta le portefeuille de la guerre avec la présidence du conseil ; il occupait encore ce poste, lorsque, à l’anniversaire des fêtes de juillet (1835), il fut tué par l’explosion de la machine infernale de Fieschi aux côtés mêmes du roi.
MORTIMER (Roger, comte de), puissant seigneur anglais, né vers 1287, fut pendant quatorze ans un des plus zélés serviteurs d’Edouard II, qui le nomma son lieutenant en Irlande; mais en 1320 il s’unit avec les barons mécontents contre les Spensers, favoris du roi, et leva l’étendard de la révolte. Il fut pris et enfermé à la Tour de Londres ; mais il parvint à s’échapper et se réfugia en France, où il rejoignit la reine Isabelle qui s’y était aussi retirée. II sut se faire aimer de cette princesse et lui fit bientôt oublier ses devoirs. Tous deux résolurent de rentrer en Angleterre de vive force, formèrent une petite armée avec les secours que leur donnait le comte de Hainaut, et débarquèrent à Suffolk en 1326. Ils réussirent à soulever le peuple, s’emparèrent de la personne du roi, que Mortimer fit assassiner dans sa prison (1327), et placèrent sur le trône le jeune Edouard III. Mortimer exerça pendant quelque temps sous le nom de ce prince un pouvoir absolu, sacrifiant tous ceux qui lui faisaient ombrage, même les comtes de Kent et de Lancastre, oncles du roi ; mais il finit par se rendre si odieux qu’ Edouard, dès qu’il put régner par lui-même, le fit arrêter eî
tants. — D’après des recherches récentes, le niveau juger. Il fut pendu en 1330 près de Smithfield. de la mer Morte serait inférieur d’environ 430| Le titre de duc de Mortimer fut plus tard porté par
mètres à celui de la Méditerranée.
MORTEAU, ch.-l. de cant. (Doubs), à 24 kil. N. E. de Pontarlier; 1,400 hab. Toile, teintureries renommées.Prèsdelàle Doubs forme une belle casca^ de. On y célèbre la fête dite fêle du Saut-du-Doubs.
MORTEFONTAINE ou MORFONTA1NE , vilge du dép. de l’Oise, à 8 kil. S. de Senlis; 400 hab. Magnifique château avec un beau parc remarqua-
hle par ses pièces d’eau et ses étangs (d’où le nom , entre les maisons d’York et de Lancastre. Ces dar
Edmond Mortimer, mort en 1381, qui épousa Philippine de Clarence, fille de Lionel, 2e fils d'Edouard III. — Roger, duc de Mortimer, son fils, fut déclaré héritier de la couronne en 1385; mais il mourut en 1399, ne laissant qu’une fille, Anne de Mortimer, qui on épousant Richard d’York transporta dans cette maison les droits de sa famille au trône d’Angleterre. De là la guerre des Deux-Roses
MGSG — 1230 — - MOSG
niers étaient issus de Jean de Gand, 3e lils d’Edouard III. Voy. LANCASTRE.
MORTIMER’S CROSS, Croix de Mortimer, lieu du comté d’Hereford, sur les bords du Lugg, est célèbre par la sanglante bataille qui s’y livra pendant la guerre des Deux-Roses, le 1 février 1461, entre les troupes d’Edouard IV d’York , commandées par Edouard en personne, et celles d’Henri VI de Laneastre , commandées par le comte de Pembroke. Cette victoire fut décisive et assura au roi Edouard la possession du trône d’Angleterre.
MORTON (Jean), archevêque de Cantorbéry, né dans le comté de Dorset en 1410, mort en 1500. Il fut d’abord professeur de droit civil, puis maître des rôles (1473); prit parti pour Henri VI et la maison de Lancastre dans la guerre des Deux-Roses, se soumit cependant à Édouard IV, qui le nomma évêque d’Ely(l477) et conseiller privé. Il fut obligé de quitter l’Angleterre sous le règne de Richard, duc de Gloeester. Il y rentra sous Henri VII, devint le confident et le principal conseiller de ce prince, réunit les deux partis par le mariage du roi avec la fille d’Edouard IV, fut nommé premier ministre, archevêque de Cantorbéry (i486), grand-chancelier (1487), enfin cardinal (1493).
morton (Jacques, comte de),néàDalkeithen 1530, étudia à Paris, revint en Ecosse en 1554, et y propagea la Réforme.Nommé chancelier par Marie-Stuart, il n’en prit pasunoins par t au meurtre de Rizzio, favori de la r., et de H. Darnley, sonép.; il renversa Bothwell, nouvel époux de Marie. En 1572 , il devint, par la protection d’Elisabeth, régent du royaume; mais il se rendit odieux par ses exactions et fut forcé de se démettre en 1578. 11 parvint néanmoins à se ressaisir de l’autorité; mais ayant encore abusé du pouvoir, il se vit en 1581 condamné, pour crime de haute trahison, à être décapité, et fut exécuté à Edimbourg.
MORTRËE, ch.-l. de oant. (Orne), à 13 kil. S. E. d’ Argentan; 1,000 hab. Toiles.
MORUNGEN. Voy. mohrungen.
MORUS (Thomas). Voy. more.
MORVAN , ancien petit pays de France, dans la Bourgogne et le Nivernais, auj. compris dans le S. O. du dép. de la Côte-d’Or, le N. O. du dép. de Saôneet-Loire et l’E. de celui de la Nièvre (ville principale, Château-Chinon), a donné son nom 5 une petite chaîne de montagnes qui séparent le bassin de la Seine de celui de la Loire, commence sur le versant occidental de la côte d’Or, vers les sources de l’Arroux, et se termine à l’origine de l’Yonne.
MORVEAU (guyton de), chimiste. Voy „ guyton.
MORVEN, mont d’Ecosse, dans le comté de Caithness. Les poèmes d’Ossian l’ont rendu célèbre, comme théâtre des exploits de Fingal.
MORV1EDRO. Voy. murviedro.
MORY1LL1ERS ou LIFFOL, dit aussi lïffol-legrand, bourg de France (Vosges) , à 8 kil. S. O. de Neufchâteau; 1,700 hab. Ville jadis importante. (On a cru y retrouver l’ancien Latofao.) Charles IV, .lue de Lorraine, y battit Du Rallier en 1641.
MORVILLIERS (Jean de), chancelier, né en 1506, avait embrassé l’état ecclésiastique. Admis au grandconseil, puis nommé ambassadeur à Venise, il devint en 1552 évêque d’Orléans. Il assista (1556) aux conférences d’Ardres, et parut avec éclat au concile de Trente (1562). 11 conclut l'année suivante un traité entre Charles IX et la reine Elisabeth. A la retraite de L’Hôpital il fut chargé des sceaux. Il mourut en 1577.
MOSA. fleuve delà Gaule, aui. la meuse.
MOSCHIQUES (Monts), Moschict , auj. Amasintha, chaîne de montagnes de l’ Asie-Mineure , formait deux branches, l’une qui s’étendait à l’E. de la Colchidc, l’autre qui, se prolongeant dans l’Artnénie, séparait laCatarzène et la Chorzène au N. delà Baflilifène, et de la Caranitidc au S.
MOSGHOPULE (Manuel) , nom de deux grammairiens grecs. Le plus ancien , né dans l’île de Crète, florissait sous l’empereur Manuel Paléologue vers la fin du xiv* siècle; le 2®, qui était de Byzance, fut du nombre des Grecs qui, après la prise de Constantinople, cherchèrent un asile en Italie. Moschopule de Crète est auteur d’une Grammaire , publiée en 1540 à Bâle, et de scholies sur Hésiode qui se trouvent dans l’ Hésiode de Heinsius. Moschopule de Byzance est auteur d’un Choix de mots atliques, Venise, 1524, Paris, 1632, chez Vascosan; on lui attribue aussi un traité de grammaire élémentaire , d’orthographe et de prononciation, connu sous le titre de Perischedôn , dont Robert Etienne adonné une magnifique édition en 1545, réimp. à Vienne en 1773 et en 1 807 . — Titze a donné à Prague, en 1 822, les Opuscula grammalica de Moschopule de Crète, d’après un nouveau manuscrit, avec une dissertation sur les deux Moschopule.
MOSCIHJS, poète grec, né à Syracuse, florissait vers 280 av. J.-C. 11 fut l’élève et l’ami de Bionde Smyrne et excella comme lui dans l’idylle. On ne sait rien de sa vie. Parmi le petit nombre de pièces qui restent de Moschus , on remarque l'Amour fugitif, l'Enlèvement d'Europe, et surtout l'Idylle sur la mon de Bion. Les poésies de Moschus se trouvent avec celles de Bion, Venise, 1746, grec-latin, cum notis variorum; Londres, 1795, édition de Bentley. Elles ont été traduites en vers français par Longepierre, 1686, et en prose par Gail, 1795.
moschus (Jean), moine grec du vi® siècle, vécu» sous les règnes de Tibère II et Maurice , et mourut en 620. 11 visita la Palestine, la Syrie, l’Egypte, et laissa, sous le litre de Leimon (pré ou verger spirituel), un recueil de vies des saints qu’il avait connus; il a été publié dans diverses collections et traduit en français par Arnauld d’Andilly.
MOSCOU ou MOSKOV, Moskva en russe, Mosqua en latin moderne, ville de la Russie d’Europe, ch.-l. du gouv. russe de Moscou et autrefois capitale de toute la Russie, sur la Moskova et 2 autres riv., à 770 kil. S. E. de St Pétersbourg et à 2,945 kii. N. E. de Paris par Vilna, par 35° 12' long. E., 55° 45’ lat. N.; 350,000 hab. Archevêché grec, siège du métropolitain. Moscou offrait jadis un aspect asiatique qui s'efface chaque jour ; elle est encore auj. remarquable par ses innombrables coupoles dorées ou peintes en vert , ses clochers, ses monuments de tous les âges et de toutes les architectures, et par ses quatre quartiers qui forment 4 cercles concentriques : la ville de Terre , la ville Blanche, la ville Chinoise, le Kremlin (citadelle, jadis palais des czars). Autres édifices : le Palais-Anguleux, les Enfanls-Trouvés, le Bazar, les palais des Antiquités, du Patriarche , du Sénat ; la tour d’Ivan-le-Grand (la plus haute de la ville, et où jadis était une cloche pesant 165,000 kilogrammes); l’arsenal, le théâtre, la grande salle pour l’exercice des troupes ; la cathédrale, les églises St-Michel, N.-D. de Kasan et de l’Annonciation; magnifiques hôpitaux. Superbes places, promenades publiques, canaux et ponts. — Université (auj. la lr* de la Russie); académie ecclé-* siastique, académie médicale; pension des nobles, école militaire (dite corps des cadets), éeoles arménienne, de commerce, des beaux-arts, vétérinaire; gymnase ; instituts de Lazarev, de Sainte-Catherine, d’Alexandre, etc. Société impériale des naturalistes, des sciences physiques et médicales , d’histoire et, antiquités russes , de littérature russe , d’économie rurale ; bibliothèque de l’université, jardin botanique, cabinets de physique et d histoire naturelle, musée anatomique. Industrie ; velours, satins, taf ! fêtas, rubans ; draps, chapeaux, papiers peints, pasj sementerie , tanneries , brasseries , etc. ; fonderie de canons. Commerce très actif. Moscou est ; domine l’entrepôt entre la Russie occidentale d’une