NAPO
cet échec par une suite de victoires éclatantes, et maître d’Ulm , de Vienne, il acheva d’écraser les Austro - Russes à la bataille d’Austerlitz (1805). Cette campagne fut terminée par la glorieuse paix de Presbourg, qui ajoutait au royaume d'Italie les Etats de Venise (cédés en 1798 et 1801 à l’Autriche) , et qui créait les royaumes de Wurtemberg et de Bavière en faveur des alliés de Napoléon, le grand-duché de Berg en faveur de Murat, son beau-frère. Le roi des Deux-Siciles, Ferdinand IV, dépouillé du roy. de Naples (1806) , céda la place à Joseph Napoléon et alla régner en Sicile. Louis Napoléon devint roi de Hollande. La Confédération du Rhin prit naissance; quatorze princes y accédèrent, l’empire d’Allemagne cessa, et Napoléon, sous le titre de Protecteur, fut officiellement reconnu président perpétuel de cette agglomération de princes, qui tous devaient prendre part à ses guerres , et l’appeler à leur secours en cas d’attaque. Cette création si importante, l’occupation du Hanovre enlevé dès 1803 aux Anglais par la France, les subsides fournis par les Anglais, les promesses des Russes, déterminèrent la Prusse à tenter une contre-confédération , puis à prendre les armes. Napoléon détruisit cette quatrième coalition par ses deux campagnesde 1806 et 1807, l’une en Allemagne, l’autre en Pologne ; les victoires d’iéna et d’Auerstædt signalèlèrent la première ; les sanglantes batailles d'Eylau, de Friedland, la deuxième ; la paix de Tilsitt, signée par Alexandre et Napoléon, mit fin à la guerre, et en ôtant à la monarchie prussienne la moitié de ses provinces , donna à Jérôme Bonaparte le roy. de Westphalie (formé du Hanovre et de quelques autres pays), changea la Saxe en royaume, et de la Prusse polonaise fit le grand-duché de Varsovie, conféré au roi de Saxe. Des articles secrets autorisaient la Russie à s’emparer de la Finlande, la France à s’adjuger l’Espagne, et équivalaient au fond au partage de l’Europe, moins l’Angleterre et la Turquie. Alexandre promit aussi de favoriser le système continental, imaginé en 1806 par Napoléon, qui croyait par là porter le coup mortel à l’Angleterre. Bientôt 1a Toscane est occupée (1806) , le Portugal envahi (1807), Flessingue réuni à l’empire. Vers la môme époque, Napoléon institue une noblesse héréditaire; 11 crée l’Université (17 mars 1808). Cependant à la faveur du traité fallacieux de Fontainebleau, Murat et 80,000 hommes s’étaient introduits en Espagne; Ils y excitent des séditions et poussent la famille royale à Bayonne. Charles IV et ses fils prennent Napoléon
Eour arbitre de leurs querelles, le rendent témoin de onteux débats, abdiquent «t restent prisonniers. Napoléon déclare son frère Joseph roi d’ Espagne, et donne Naples à Murat. Mais l’Espagne résiste. La défaite et ia capitulation de Dupont à Baylen, celle de Junot à Cintra, commencent nos revers. Bien que Napoléon, par sa présence (déc. 1808), rétablisse un moment les affaires, et malgré les glorieux efforts de Soult, de Masséna, de Suchet, l’Espagne, aidée de l’Angleterre , couverte de guérillas, animée par ses juntes et ses moines, lutte opiniâtrement, et centfois vaincue, dévore en cinq ans (1808-1813) plus de 400,000 soldats, Français, Allemands, Italiens et Polonais. Profitant de l’affaiblissement produit par tant de pertes et de l’impopularité causée en Europe par cette guerre, l’Angleterre suscite en 1809 une 5e coalition, dans laquelle entrent l’Autriche et la Prusse. Napoléon triomphe encore r il gagne les batailles d’Abensberg, d’Eckmühl, de Ratisbonne; bombarde et prend Vienne, obtient à Essling un avantage chèrem. payé.remp. la vict. décisive de Wagrain, qui suit 1 armistice de Znaym en (Moravie); mais au lieu de diviser la monarchie autrichienne en plusieurs petits Etats, il se contente de lui prendre les provinces illy viennes (Styrie, Carinthie, Carniole , Frioul autrichien, Dalwatie, Cattaro),et
de stipuler son mariage avec l’archiduchesse Marie- Louise, sans égard pour Joséphine, qui est forcée de consentir au divorce. Dès ce moment, Fouché, Bernadotte et plusieurs autres, tendent à s’isoler de lui; le pape Pie VII, qu’il veut dépouillerde sesétats, l'excommunie, et les violences dont il devient l’objet ne font que susciter de nouvelles difficultés; enfin le système continental ruine le commerce et produit un malaise universel (1809-1811). Malgré cet état de choses, Napoléon ne craint pas de s’engager dans une guerre formidable contre la Russie, sans même s’être assuré de l’appui de la Turquie et de la Suède. A la tête de 450,000 hommes , la plus belle armée qui ait jamais été, U passe le Niémen, s’empare de Vilna, Vilebsk, Smolensk, poursuivant l’ennemi sans l’atteindre; rencontre enfin Koutousov à Borodino, et, resté maître du terrain anrès une lutte opiniâtre entredans Moscou ( 14 sept. 1812); mais lesRusses en le quittant l’avaient incendié. Au bout d’un mois et plus passé à attendre des ouvertures de paix do Saint-Pétersbourg, le froid oblige Napoléon de battre en retraite. Harcelée par des troupes innombrables, privée de tout, l’armée française reste presque tout entière ensevelie dans les neiges , ou périt dans les eaux de la Bérézina , d’où le génie de son chef ne peut sauver que des débris. Pendant ce temps, la conspiration de Malet à Paris révélait de graves dangers à l’intérieur. De retour en France, l’empereur , en un clin d’œil et comme par enchantement, se créa de nouvelles et vastes ressources; il ouvrit la campagne d’Allemagne par de beaux succès, fut vainqueur à Lutzen, Bautzen, Wurtchen ; mais la Prusse, alliée douteuse en 1812, était avec les Russes en 1813; la Suède, qui avait porté au trône Bernadotte, en fit autant. L’Autriche elle-même, après le congrès de Prague, prit parti contre Napoléon, et malgré la victoire de Dresde , après les échecs de Vandamme à Kulm , de Ney à Dennevitz, cet exemple fut suivi par la Bavière, le Wurtemberg et les Saxons, que leur vieux roi essaya en vain de retenir dans l’alliance française. La désastreuse bataille de Leipsick ( 1 8 et 19 octobre) , dite bataille des Nations, refoula enfin Napoléon sur le territoire de la France qui fut partout envahi. Dans une dernière et admirable campagne, l’empereur tint encore la fortune en suspens. De brillants succès à Brienne et à la Rothière amenèrent l’inutile congrès de Châtillon, suivi des victoires de Champaubert, Monlmirail, etc. Napoléon voulait tourner et envelopper les ennemis pris entre lui et la capitale; mais Paris, après deux jours de combat, ayant ouvert ses portes, les vainqueurs annoncèrent qu'ils rétabliss. les Bourbons (3 1 mars 1 8 1 4). Napoléon abdiqua à Fontainebleau ( 4 avril) et reçut l’île d’Elbe en souveraineté. 11 s'y rendit , non sans courir quelques dangers pour sa vie au milieu des populations du midi. Mais il n’y resta que quelques mois ; le 1er mars 1815 ilreparut en France, et parvint de Cannes à Paris sans trouver de résistance. Aussitôt la coalition qui l’avait détrôné se renoua. Mal secondé par le parti républicain qui exigeait des concessions, mais entouré de troupes braves et enthousiasmées, Napoléon putl olfensiveet battit les Prussiensa Ligny 16 juin) ; mais, trahi par Bourmont, il fui vaincu par Wellington et Bliieher à Waterloo, le 18; après quoi il rentra en France, et s'enferma à T Elysée- Bour bon où il abdiqua en faveur de son fils, qui d(J^ vait prendre le nom de Napoléon II (22 juin 1315) ce nouveau règne avait duré cent jours . Il se rendi alors au port de Rochefort sur le navire anglais ’i Bellérophon , comptant que l’Angleterre lui accorderait l’hospitalité. Mais le cabinet anglais le déclara prisonnier de la coalition , et fut chargé par les alliés de le garder à Sainte-Hélène. Napoléon y vécut encore cinq ans, abreuvé de dégoûts et d’humiliations , qui probablement avancèrent te terme
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de ses jours. 11 mourut le 5 mai 1821, et fut enterré à Sainte-Hélène. Ses cendres, ramenées en France en 1840, reposent maintenant sous le dôme des Invalides, au milieu des guerriers témoins de ses victoires. Napoléon est compté, avec Alexandre, César et Charlemagne , au nombre des plus grands hommes que la terre ait produits : il posséda au plus haut degré le génie du guerrier et celui de l’administrateur ; il mit un terme à l’anarchie, reconstitua la société, releva les autels, donna le Code, et plaça la France à la tête des nations : cependant, on lui reproche une ambition démesurée et un trop vif amour pour la guerre, qui entraînèrent le pays dans des malheurs incalculables ; en outre, il étouffa la liberté politique, et, dans plusieurs circonstances, ne craignit point, pour assurer son pouvoir, d’avoir recours aux mesures les plus violentes : l’exécution du duc d’En ghien , les mauvais traitements exercés con tre le pape Pie Vil (V. cesnoms), sont des taches ineffaçables. — Napoléon laissa un fils qui reçut en naissant le titre de roi de Rome (20 mars 1811) et qui fut proclamé empereur en 1815 sous le nom de Napoléon 11 ; transféré en Autriche sous le titre de duc de Reichstadt [Voy. ce nom), ce prince y est mort le 22 juillet 1832. — Napoléon écrivit dans sa jeunesse quelques opuscules : Lettre à Matteo Buttafuoco , le Souper de Beaucaire. Ses Proclamations et Bulletins, en grande partie rédigés et dictés par lui, figurent parmi les documents les plus remarquables de notre histoire. On a publié sa Correspondance inédite, officielle et confidentielle , 1818-20 , 7 vol. in-8. Les Mémoires de Las-Cases, connus sous le nom de Mémorial de Sainte - Hélène , qu’on donne comme écrits sous sa dictée, contiennent beaucoup de lui, mais ont été arrangés et fort souvent interpolés ; dans les Mémoires de Montholon, dictés de même, les altérations sont moins nombreuses et moins graves. 11 a été publié un grand nombre d 'Histoires de Napoléon , notamment par MM. Arnault. de Norvins, Tissot, Tiners {Hist. du Cons. et de l’Empire , etc.'
NAPOLEON (Terrede).Fo?/.FREYciNET (.Terre de).
NAPOLÉON-VILLE. Voy. PONT1VY.
NAPOLÉON-VENDÉE. Voy. BOURBON-VENDÉE.
NAPOL1. Voy. naüplie et naples.
NAPOULE (la), Athenopolis , village du dép. du Var, près de Draguignan, sur un enfoncement de la mer dit golfe de Napoule.
NAPPER-TANDY (Jacq.) , un des chefs de l’Utfion irlandaise, qui en 1796 et 98 voulait soustraire l'Irlande à l’Angleterre, avait été négociant. Il tenta vainement, avec les secours de la France, d’opérer une révolution en Irlande (1796-98); mais il échoua et se réfugia en France, où il fut nommé colonel.
Il mourut à Bordeaux en 1803.
NAR, auj. Nera , rivière d’Italie, sortait du mont Fiscellus, coulait entre l’Ombrie et la Sabine, passait à Narnia, et tombait dans le Tibre.
NARAYONGONDGE , ville de l’Inde anglaise (Bengale), sur le Sitol-Lokia (affluent du Brahmapoutre); 16,000 hab. Commerce de sel, grains, tabac, chanvre, etc. Les environs sont presque inondés dans la saison des pluies.
NARBO ou NARBO-MARTIUS , ville de Gaule.
Voy. NARBONNE.
NAR BON AISE, Narbonensis , nom donné sous Auguste à l’ancienne prov. romaine de Gaule dont Narbo était la capitale. Elle fut au iv* siècle divisée en 5 prov. dites: Narbonaise lre, Narbonaise 2e, Viennoise, Alpes Graies-et-Pennines , Alpes Maritimes.
narbonaise lr*, le Languedoc, à 10. du Rhône, bornée à l’E. par ce fleuve et la Méditerranée, à l’O. par les 3 Aquitaines, au S. par l’Espagne, avait pour ch.-l. Narbo et comprenait 6 peuples principaux, les Tectosages , les Arecomici , les Sardones , les Tolosates , les Alacini, et les Umbranici.
NARBONAISE 2e, partie de la Provence et du Dau¬
phiné, à l’E. du Rhône, mais à quelque distance de ce fleuve, se trouvait entre la Viennaise et la prov. dite Alpes Maritimes, et par conséquent n’étail point contiguë à la Narbonaise lr«. Elle comprenait , entre autres peuples, les Albiœci , les Commoni, les Salyes ; v. princip. Aquœ Sextice (Aix).
NARBONNE, Narbo ou Narbo Martius, dite aussi Julia Paterna ou Colonia Decumanorum, ch.-l. d’arr. (Aude), sur le canal de Narbonne (qui se lie à la Méditerranée par l’étang deSigean), à 48 kil. E. de Carcassonne et à 866 kil. S. de Paris (par Carcassonne et Toulouse) : 10,782h. Ane. archevêché. Cathé- I drule. Société d’agriculture, école de navigation, musée, petit théâtre. Vert-de-gris, sel marin, huiles, esprits, etc. Commerce de blé, vin, soude, riz. Miel renommé. — Narbonne fut fondée par les Alacini ; Martius y conduisit une colonie romaine l’an 118 av. J.-C., d’où lui vint le nom de Narbo Martius. Narbonne fut la principale place d’armes des Romains en Gaule jusqu’au temps d’Auguste ; elle fut sous l’empire ch.-l. d’abord de la Narbonaise entière, puis de la Narbonaise lre, et ne tomba au pouvoir des Wisigoths qu’après une longue résistance (462). Au moyen âge, il y eut des vicomtes de Narbonne, relevant du comté de Toulouse. Le dernier vicomte, Guillaume III, fut tué sous les murs d’Ivry en 1424. Gaston, comte de Foix, ayant acquis cette vicomté, l’échangea avec Louis XII contre le duché de Nemours, et depuis elle est restée réunie à la couronne. On trouve à Narbonne beaucoup d’antiquités romaines. — L’arr. de Narbonne a 6 cant. (Narbonne, Coursan, Durban, Ginestas, Lesignan,Sigean), 70 comm., et 66,965 hab.
NARBONNE (le comte Louis de), né à Colorno (Parme) en 1755, vint en France en 1769, entra de bonne heure au service, étudia en même temps f la diplomatie, et fut chargé, depuis le 6 décembre > 1791 jusqu’au 10 mars 1792, du portefeuille de Ia( guerre. 11 avait adopté plusieurs des idées nouvelles, ! et croyait que l’exécution franche de la constitution pouvait seule sauver la monarchie. Décrété d’accusation après le 10 août, il s’enfuit à Londres, et là écrivit en faveur de Louis XVI un Mémoire justificatif qu’il envoya à la Convention. De retour à Paris en 1800, il reprit du service en 1809, suivit Napoléon comme aide-de-camp en Russie, fut ambassad. a Vienne en 1813, prit part au congrès de Prague, puisalla négocier à Torgau , où il m. la même ann .
NARCISSE, Narcissus , fils du fleuve Céphise et de la nymphe Liriope, était d’une beauté admirable. 11 méprisa l’amour de la nymphe Echo, qui en sécha de douleur; peu après il devint amoureux de sa propre image, et de chagrin de ne pouvoir la posséder, se noya dans la source où il l’apercevait.
narcisse, Narcissus, affranchi et favori de Claude, devint immensément riche, surtout du produit des confiscations. Il fut pour beaucoup dans la chute de Messaline, et donna l’ordre de sa mort. Agrippine eut l’art de le faire exiler; il se tua de désespoir l’an 54 de J.-C. — Un saint de ce nom, apôtre d’Augsbourg, est fêté le 6 août; — unautre,le29oct.
NARDO, Neritum, ville du roy. de Naples (Terre d’Otrante), à 24 kil. S. de Lecce ; 3,500 hab. Evêché.
NAREDA, fils de Brahma et de Saraçouati, est l’inventeur de la lyre indienne appelée vina, et le messager des dieux. C’est le Mercure indien.
NARENTA, Narona , ville de la Turquie d’Europe (Bosnie), à 24 kil. S. O. de Mostar, sur la Narenta; 500 maisons. Jadis puissante. Habitée au x« s. par des pirates que les Vénitiens extermin.en 987.
NAREW, riv. de Russie, naît danslegouv. deGrodno, et tombe dans la Vistule après un cours de 500 kil.
NARINO (Ant.), de Santa-be-üe- Bogota, prit part à diverses insurrections de la Nouvelle-Grenade contre la métropole, de 1794 à 1811; fut nommé président de la nouvelle république ; mais finit par