ARTA
44 kil. S. 0. de Tanger; 1,000 hab. Château-fort. Ville importante sous les Romains.
ARSINOÉ, princesse égyptienne, fille de Ptolémée I, épousa, vers l’an 300 av. J.-C. Lysimaque, roi de Thrace, puis Ptolémée Céraunus, qui bientôt égorgea les enfants qu’elle avait eus de son premier mari et la relégua en Samothrace (290). Ptol. Philadelphe, son frère, qui l’ai niait, la recueillit et l’épousa.
arsinoé, fille de Ptolémée Aulète et sœur de la célèbre Cléopâtre. César, nommé tuteur des enfants de Ptolémée, donna l’Égypte à Cléopâtre et l’île de Cypre à Arsinoé. Celle-ci ayant essayé de ravir le trône à sa sœur, les Romains prirent la défense de Cléopâtre, et Arsinoé, faite prisonnière, orna à Rome le triomphe de César. Elle fut ensuite renvoyée en Orient ; mais Antoine la fit mourir pour complaire à Cléopâtre. — Plusieurs autres princesses de ce nom ont régné en Égypte, entre autres la sœur de Ptol. Philopator, que ce prince épousa , elle l’accompagna à la bat. de Raphia (21 7 av. J.-C.). Elle fut néanm. mise à mort parce roi cruel en 207.
ARSINOÉ , nom commun à plusieurs villes anciennes, ainsi nommées en l’honneur de quelqu’une des princesses d’Égypte. Les plus importantes sont : 1° Arsinoé ou Cleopatris, auj. Suez , sur l’isthme de ce nom, près de la mer Rouge; 2° Arsinoé ou Crocodilopolis, ville de l’Heptanomide près du lac Moeris ; 3° Arsinoé ou Teuchira, dans la Cyrénaïque, au N. O., sur la côte. — Trois villes de l’île de Chypre, dont une (auj. Poli ) est à 30 kil. N. de Paphos, ont aussi porté ce nom.
ARSISSA palus, auj. lac de Van, en Arménie. Il y avait sur ce lac une vilie de même nom, auj
ARDJICH.
ARSLAN. Ce mot, qiw signifie lion , a été porté par plusieurs princes turcs, dont le plus célèbre est le sultan de Perse Alp-Arslan ( Voy . ce nom). Les autres sont Àrslan-Schah, sultan turc de Perse 11161-1177); Kilidje-Arslan I, sultan turc d’Iconium (1092-1107) ; Kilidje-Arslan II (1155-1192).
ART, bourg de Suisse (Schwitz), sur le lac de Zug, à 13 kil. S. de Zug ; 1,300 hab. Bassin immense, creusé dans un bloc de granit. Art donne son nom à une vallée pittoresque.
ARTA, Ambracic, ville de la Turquie d’Europe, dans la Basse-Albanie, à 50 kil. S. de Janina, sur le golfe de l’Arta (golfe d’Ambracie), et sur une riv. du même nom (l’ancien Arèlhon), qui sépare la Turquie de la Grèce actuelle; 8,000 hab. Archevêché grec.
arta, ville d’Espagne (Palma), dans l’île Majorque; 8,000 hab. Grotte et labyrinthe curieux.
ARTABAN, fils d’Hystaspe et frère de Darius T, s’opposa à l’expédition de ce prince contre les Scythes, et à celle de Xerxès contre la Grèce. Après la mort de Darius, les deux fils du roi, Xerxès et Artabazane, s’en remirent à lui pour savoir quides deux occuperait le trône. Il décida en faveur du premier.
artaban, Hyrcanien, capitaine des gardes de Xerxès, assassina ce prince, et imputa ce crime au fils aîné de Xerxès, qu’il fit condamner comme meurtrier. Artaxerce , frère de ce dernier, allait aussi devenir sa victime ; mais ayant découvert le piège, Il tua lui-même Artaban. Ce scélérat avait occupé le trône quelques mois (472 av, J.-C.).
artaban i, roi des Parthes, de 216 à 196 av. J.-C., repoussa Antiochus III, le força à faire alliance avec lui, et l’aida dans une expédition contre la Bactriane.
artaban il, roi des Parthes, 127-124 av. J.-C., périt dans une bataille contre les Scythes.
artaban iii, monta sur le trône vers Tan 1 8 de J.-C , en détrônant Vononès avec l’appui de Germanicus. Artaban ayant indisposé les Romains contre lui, Tibère mit à sa place Tiridate (36), qu’il sut bientôt renverser du trône. Il mourut Tan 44. artaban iv, monta sur le trône Tan 216 de J.-C.,
AKTE
soutint la guerre contre Caracaila et Macrin, et força ce dernier à acheter la paix. 11 fut lui-même battu et détrôné par Artaxerce, Tan 226 de J.-C. En lui finit la dynastie des Arsacides chez les Parthes.
ARTABAZE ou ARTAVASDE, général perse, se révolta contre Artaxerce Oclrns, 356 av. J.-C., puis rentra en grâce, et fut un des principaux généraux de Darius Codoman. Il resta fidèle à ce malheureux prince jusqu’à la mort. Alexandre le nomma satrape de la Bactriane.
artabaze, roi d’Arménie, causa par ses perfides conseils le désastre de Crassus àCarrhes (53 av. J .-C.). Quelques années après, Antoine le fil prisonnier et l’emmena en Égypte, où il fut mis à mort, 30 av. J.-C.
ARTABRUM promontorium, auj. cap Finistère, en Espagne, chez les Callaïci. On nommait Artabri les peuples qui habitaient cette côte.
ARTAG1CERTA, auj. Ardis, ville d’Arménie, au S., sur le Tigre, près de sa source.
ARTAJONA, ville d’Espagne (Pampelune), à 17 kil. N. O. d’Olite ; 2,000 hab. Mines de cuivre.
AFTAVASDE. Voy. artabaze.
ARTAXATE, Ariaxaia, auj. Ardech, capit. de l’Arménie entière, dans l’Otène, fut bâtie par le roi d’Arménie Artaxias, d’après le conseil d’Annibal, Tan 187 av. J.-C., et reçut de là le nom de Carthage d'Arménie; elle fut détruite par Gorbulon, rebâtie par Tiridate qui lui donna le nom de Nerotiia en l’honneur de Néron; abandonnée au iii* siècle, et relevée à diverses reprises. Elle n’est plus, depuis 798. qu’un bourg peu considérable.
ARTAXÉRCE I, dit Longue-Main, roi de Perse, 471-424 av. J.-C., était fils de Xerxès, et commença son règne par l’exécution d’ Artaban, qui avait aarsassiné Xerxès. Il fit la guerre aux Bactriens, gouverna avec justice et modération, et reconquit l’Égypte que les Athéniens avaient excitée à la révolte. On le surnomma Longue-Main parce qu’il avait la main droite plus longue que l’autre.
artaxerce ii, dit Mnémon, à cause de sa mémoire extraordinaire, fils de Darius II et petit-fils du précédent, monta sur le trône 404 ans av. J .-G. Son règne est célèbre par la révolte du jeune Cyrus, son frère, qu’il battit dans leu plaines de Cunaxa (401), et par la retraite des 10,000 Grecs qui suivaient Cyrus et que ramena Xénophon, ainsi que par le traité d’Antalcidas, 387.11 mourut en 362.
artaxerce iii, ou ochus, c.-à-d. bâtard, fils du précédent, se fraya le chemin du trône en faisant assassiner ses frères aînés (362 ans av. J.-C.), et signala son règne par la mort de 80 de ses proches. Il soumit (en 349) l’Égypte qui s’était déclarée indépendante, détruisit Sidon et ravagea la Syrie. Il se fit détester par sa cruauté, et mourut empoisonné par l'eunuque Bagoas, 338 av. J.-C.
ARTAXERCE OU ARDÉCHYR-BABEGAN, fils de SaSSan, fut le fondateur du deuxième empire des Perses et de la dynastie des Sassanides. Il avait d’abord servi comme simple soldat dans les troupes d’ Artaban IV, dernier roi des Parthes. A la tête de quelques hommes déterminés , il souleva la Perside, marcha contre Artaban, mit son armée en déroute, et le tua lui-même, 226 après J.-C. Il éleva, sur les débris de l’empire des Parthes, ce second empire perse qui fut si fatal aux Romains. Maître de la Médie, de la Perse et de la Parthiène, il envahit l’empire ; mais il fut battu par Alexandre-Sévère ; il allait recommencer la guerre quand il mourut, Tan 238 de J.-C.
ARTAXIAS, général d’Antiochus-le-Grand , se rendit maître de l’Arménie, Tan 189 av. J.-C.. et en forma un état indépendant. Il donna un asile à Annibal, et bâtit par ses conseils Artaxate, dont il fit la capitale de son empire. Il régna jusqu’en 159. — Trois autres rois d’Arménie moins connus ont aussi porté ce nom.
ARTEDI (P.), médecin et naturaliste suédois,
ÀBTH — 1
contemporain et ami de Linnée, né en 1705, a laissé une Ichthyologie estimée, imprimée en latin àLeyde, 1738, et à Grypswald, 1788-1792. Il mourut à 30 ans, en se noyant dans un des canaux d’Amsterdam.
ARTÉM1DORE, écrivain grec, natif d’Ëphèse et contemporain d’Antonin ou de Marc-Aurèle , est auteur d’un Traité des songes ( Oneirocriticon ), publié avec trad. latine, Paris, 1603; Leipsick, 1792, et trad. en français par Ch. Fontaine, Rouen, 1664, sous le titre de Jugements astronomiques des Songes. — Un autre Artémidore est auteur d’un Périple dont il ne reste que des fragments (dans les Geographi d’IIudson), Oxford, 1698. Il vivait 100 av. J.-C.
ARTLMISE I, reine d’Halicarnasse , accompagna Xerxès dans son expédition contre les Grecs, 480 av. J.-C., et se signala à Salamine par sa valeur; ce qui fit dire que dans cette affaire les hommes s’étaient conduits comme des femmes, et les femmes comme des hommes.
àrtémise il , reine d’Halicarnasse , épousa Mausole, son frère, et se rendit célèbre par son amour pour ce prince ; l’ayant perdu de bonne heure , elle lui fit élever, l’an 355 av. J.-C., un magnifique - tombeau ; d’où cette espèce de monument a pris le nom de mausolée.
ARTEMISIUM promontorium, capdel’îled’Eubée, vers le N., au-dessus d’Orée, est célèbre par la défaite de la flotte de Xerxès, l’an 480 av. J.-C.
ARTENAY. ch. - 1. de cant. (Loiret) , à 20 kil. N. d’Orléans; 1,200 hab. Coutellerie renommée.
ARTEPHIUS , philosophe hermétique , vivait vers 1130, et prétendait avoir vécu plus de 1,000 ans. Il est auteur de plusieurs ouvrages sur l’alchimie, entre autres, d’un Traité sur la pierre philosophale , trad. en français par P. Arnauld, et imprimé avec ceux de Synesius et de Flamel, 1682, in-4. On y trouve des contes absurdes.
ARTEVELD ou ARTEYELLE (Jacques), brasseur de Gand, fit révolter ses concitoyens contre le comte de Flandre (1336), força ce seigneur à quitter ses états, et se rendit pendant quelque temps maître absolu en Flandre. Se voyant près d’être réduit, il voulut donner la souveraineté de la Flandre au prince de Galles, fils d’Êdouard III, au préjudice du comte de Flandre ; mais il échoua dans ce projet et fut massacré à Gand par le peuple, en 1345. — Philippe Arteveld, fils du précédent, fut choisi pour chef par les Gantois révoltés, en 1382; chassa Louis, comte de Flandre, et ven-
Î;ea la mort de son père. Mais le comte appela les français à son secours, et Philippe fut taillé en pièces avec les siens par Charles Yi , à la bataille de Rosebecque (1382).
ARTHEZ, ch.-l. de cant. (B.-Pyrénées), à 11 kil. S. E. d’Orthez ; 2,000 hab.
ARTHUR ou ARTUS, roi delà Grande-Bretagne au vi® siècle, fameux dans les romans de la Table-Ronde. La vie de ce personnage est tellement mêlée de fables , que son existence même est problématique. Selon les traditions , il était fils naturel d'Uther , pendragon ou chef des Bretons ; il succéda à ce prince vers 516, avec l’aide de l’enchanteur Merlin qui lui donna une épée magique ; vainquit les Saxons, les Pietés, les Ecossais, soumit l’Irlande, se signala par mille exploits sur le continent même ; épousa la belle Geneviève, sa parente ; établit le christianisme dans ses états ; institua l’ordre de chevalerie si connu sous le nom de la Table- Ronde , et mourut sur un champ de bataille vers 542, après un règne glorieux. L’histoire d’Arthur est racontée dans la chronique intitulée : Brut d Angleterre. Ce roi a en outre fourni le sujet de plusieurs romans fort anciens , dont les principaux sont : Le Roman fait à la perpétuation des vertueux faits et gestes de plusieurs nobles et vaillants chevaliers qui furent au temvs du roi Artus , Rouen ,
15 — ARUN
1488 ; Le petit Artus, ou le preux et vaillant chevalier Artus de Bretagne, Paris, 1493.
Arthur, duc de Bretagne , fils posthume de Geoffroy, qui lui -même était le 3® fils du roi d’Angleterre Henri II, et de Constance, héritière du duché de Bretagne, naquit en 1187, et fut reconnu en naissant duc de Bretagne ; il devait monter sur le trône d’Angleterre à la mort de Richard I son oncle (1199); mais Jean-sans-Terre, frère de Richard , le dépouilla de ses états , l’enferma dans une tour à Rouen et le fit tuer , ou même, selon quelques-uns , le tua de sa propre main, en 1203 ( Voy . jean-sans-terre.)
ARTIACA, ville de Gaule, auj. arcis-sur-«ajube.
ARTIBONITE, riv. d’Haïti, passe à Banica, Mirebalais, et tombe dans la mer par la côte 0. Il donne son nom à un dép. qui a pour ch.-l. les Gonaves.
ARTOIS, à peu près le pays des Atrebates, ancienne prov. et grand-gouvernement de France, borné au N. par la Flandre française, à l’E. par le Hainaut et le Cambrésis, à l’O. par le Boulonnais, au S. par la Picardie, avait pour capit. Arras, et pour villes principales Bapaume, Avesnes, Hesdin, Saint-Pol, Aubigny, Lens, Béthune, Lilliers, Aire, Saint-Omer. L’Artois forme auj. la plu3 grande partie du dép. du Pas-de-Calais. — Le comté d’Artois, après avoir été longtemps possédé par les comtes de Flandre, sous la suzeraineté de la France, fut réuni à la couronne par Philippe-Auguste en 1180, et donné en 1237 par saint Louis à Robert, son frère puîné. A Robert I, succéda Robert II (1250-1302). Trois femmes, Mahaud, Jeanne I, Jeanne II, portèrent le comté dans 3 maisons différentes, dont la dernière était celle des ducs capétiens de Bourgogne. A l’extinction de ceux-ci , Marguerite I, sœur de Jeanne 11 et fille de Jeanne 1, le transmit à Louis de Mâle (13821, et la fille de Louis de Mâle le fit entrer, en meme temps que les comtés de Flandre et de Nevers, dans la maison des ducs capétiens- Valois de Bourgogne (1384); enfin, après la mort de Charles- le -Téméraire ( 1477), Marie de Bourgogne le fit passer à la maison d’Autriche
Ear son mariage avec Maximilien. Les conquêtes de ouis XIV et le traité de Nimèguc (1678) le restituèrent à la France. Le titre de comte d’Artois fut donné par Louis XV à un de ses petits-fils, Charles-Philippe, 2® frère de Louis XVI, depuis roi sous le nom de Charles X. Voy. Charles X.
ARTUS, ARTUR. Voy. Arthur.
ARUDY, ch.-l. de cant. (B.-Pyrénées), à 22 kil. S. O. de Pau ; 900 hab.
ARULA, riv. d’Helvétie, auj. I’aar.
ARULÆ, bourg des Pyrénées-Orient., auj. Arles. ARUNDEL, Aruniina, ville d’Angleterre (Sussex), à 13 kil. E. de Chichesler, sur la petite riv. d’Arun; 2,600 hab. Commerce de bois et de tan. Jadi3 très forte ; prise par le roi Henri 1 sur Montgomery, comte d’Arundel.
ARUNDEL (Th. howard, comte d’), maréchal d’Angleterre sous les règnes de Jacques 1 et de Charles I, né vers 1580, mort en 1646, fut un ami zélé des arts et s’appliqua un des premiers à former des collections de monuments antiques. 11 envoya dans le Levant à la recherche des antiquités Guillaume Petty qui découvrit dans l’île de Paros les célèbres marbres connus sous le nom de Chronique de Paros ou Marbres d’Arundel, et les apporta en Angleterre en 1627. Ces monuments précieux renferment les principaux événements do l’histoire de la Grèce depuis 1 582 jusqu’en 264 av. J.-C. Jean Selden les a publiés en 1629, in-4 avec traduction latine et commentaire; Prideaux, en 1676, in-folio; Maittaire, en 1732, in-fol., etChandler, en 1763, in-folio. On appelle encore ces précieux débris Marbres d'Oxford, parce que le petit— fils du comte d’Arundel en fit don à l’université d’Oxford en 1667. Les Marbres d’Arundel ont été traduits en français par