ASIE
v. d’Angl. (Lancastre), à 10 kil. E. de Manchester, sur un canal qui conduit à Manchester; env. 35,000 h. fen 1850). Houille, grandes manufactures de coton.
AS1AGO , ville du royaume Lombardo-Vénitien Vicence), à 28 kil. N. de Vicence, sur une mont. ; 2,750 h. Fabrication et grand comm. de chapeaux de paille d’Italie. Jadis chef-lieu de la républ. des Sept- Com mimes, qu’on croit d’origine cimbrique.
ASIE, A-sia, la plus grande des cinq parties du monde, située à l’E. de l’Europe et de l’Afrique, s’étend de 5° à75°lat. N., et de 25° long. E. à 175° long. 0. Elle a 9,700 kil du N. au S., 12,800 de l’E. à l’O., et compte environ 600,000,000 d’habitants. On la divise en neuf régions naturelles , savoir : au N., Russie d’Asie ou Sibérie; àl’O., Turquie d’Asie, Arabie; au S., région persique (Iran ou Perse, Caboul, ïïérat, Beloutchistan) , Inde en deçà et au delà du Gange; à l’E., Empire chinois, Japon; au centre, Turkestan et Tartarie. Mers principales : au N., l’Océan Glacial arctique; à l’E., l’Océan Pacifique; au S., la mer des Indes; à l’O., la mer Rouge, la Méditerranée , la mer Noire. Dans l’océan Pacifique sont comprises les mers de Behring, d’Okhotsk, du Japon, de Chine, et la mer Jaune; dans la mer des Indes, la mer ou golfe de Bengale, la mer d’Oman , avec les golfes Persique et d’Adel. On compte aussi deux mers intérieures, les mers Casienne et d’Aral, et plusieurs grands lacs, le Baïkal, le alkati, le Saïsan, etc. Détroits : les principaux sont, du N. E. au S. O., ceux de Behring, de Corée, de Malacca, d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb. Caps : ceux de Severovostochno'i, le plus au N. ; de Tamdjong- Bourou, à la pointe sud de la presqu’île de Malacca ; de Comorin, au S. de l’Inde; de Piasalgate, au S.E. de l’Arabie, etc. Iles principales : la Nouvelle-Zemble au N. ; les Aloutiennes au N. E. ; les Kouriles, les îles du Japon, Formose, Ha'inan, à l’E.; Nicobar, Ceylan, les Maldives et les Laquedives, au S.; Chypre, Rhodes, Samos, Chio, Mételin, dans la Méditerranée (les îles de la Sonde, Philippines, etc., sont auj. comprises dans l’Océanie). Grandes presqu’îles : Asie-Mineure ou Anatolie, à l’O. ; Arabie. Inde,àl’0. du Gange; Guzzerat, Inde, à l’E. du Gange, et Malacca, au S. ; Kamtschatka et Corée à l’E. On distingue en Asie huit grandes chaînes de montagnes, savoir : les Altaï, le Kouen-Lun, le Thian- Chan, les montagnes du Japon, l’Himalaya,les Gates, le Taurus, le Caucase et l’Oural; on trouve aussi en Arménie des montagnes, mais en général peu élevées. C’est dans l’IIimalaya que sont les plus hautes cimes connues (près de 9,000 m.) ; il y a des plateaux très-élevés, surtout en Mongolie et au Thibet, Le centre île l’Asie offre une grande dépression dont les mers Caspienne et d’Aral occupent le fond. L’Asie est arr^ée par un grand nombre de grands fleuves; quelques-uns ont jusqu’à 3,500 kil. de cours. Les principaux sont : au S., l’Euphrate, le Tigre, le.Sindh ou Indus, le Gange, le Brahmapoutra, l’Iraouaddy, qui se jettent dans la mer des Indes ; à l’E., le Kiang, l’Hoang-ho, l’Amour, dans le Grand- Océan ; au N., le Iénissei, la Léna, l’Obi, dans la mer Glaciale; au centre, l’Oural, le Kour, dans la mer Caspienne ; le Sir-Daria , dans la mer d’Aral. L’Asie centrale renferme beaucoup de steppes et de déserts : tels sont les steppes des Kirghiz, d’Ichim, de Barabra, le désert de Kohi, le désert central, ceux de Kharism, de Mékran, d’Adjmir et d’Arabie. Le climat et le sol varient comme les latitudes et les hauteurs. La partie méridionale est d’une richesse extraordinaire. L’Asie fournit les plus beaux diamants connus, des pierres précieuses, de l’or et de l’argent, les autres métaux s’y trouvent également en abondance. Les plantes indigènes les plus remarquables sont: l’arbre à thé, le cotonnier, le caféier, l’indigotier, le manguier, le camphrier, le canncllier, le mûrier, le noivrier, le muscadier, le giroflier, le sandal, la
canne à sucre, le cerisier, qui est originaire du Font ; le pêcher et l’oranger qui viennent de la Chine. Presque toutes les plantes aromatiques et les épices sont asiatiques. C’est aussi à l’Asie que semblent avoir appartenu primitivement le cheval (en Arabie), le chameau, le dromadaire, le chevreuil à musc, la chèvre du Thibet, l’hermine, le rhinocéros unicorne, l’éléphant, le tigre, etc. On compte en Asie trois races humaines principales : la caucasienne, la mongole et la malaise, auxquelles il faujoindre la Sibérique. On y parle une infinité de langues : l’arabe moderne, le turc, l’hmdoustan, le chinois, le mandchou, le japonais, etc. ; on y cultive aussi plusieurs langues mortes, le zend, le sanscrit et l’arabe ancien. Cinq différentes religions: le christianisme , le mahométisme, le sabéisme, le bralimisme et le 'bouddhisme y dominent. — On reconnaît l’Asie pour ie berceau du genre humain: la Chine, l’Inde, la Chaldée, se disputent l’honneur d’avoir été la première contrée civilisée. On trouve en effet la plupart des arts en Asie de temps immémorial : l’acier, la pourpre, la porcelaine, l’art de faire des tapis, l’imprimerie, la boussole, y sont connus depuis des siècles. C’est là aussi que se sont formés les plus grands empires connus, ceux d’Assyrie, de Babylone, de Perse, l’empire d’Alexandre, ceux des Arabes, des Ottomans, des Mogols; mais la plupart de ces puissances colossales se sont écroulées aussi vite qu’elles s’étaient élevées. L’Asie n’a été connue des Européens que par degrés. Longtemps les Grecs ne connurent que l’Asie-Mineure, la Colcliide, là Syrie ; les relations des Grecs avec les Perses et les conquêtes d’Alexandre étendirent ces connaissances. Au ixe siècle commencèrent les pèlerinages au tombeau du Christ; à la fin du xie, les croisades; aux xme et xive siècles eurent lieu les voyages scientifiques de Marco Paolo, Rubruquis, Duplan de Carpin, etc. Au xve siècle, Vasco de Gama arriva à l’Inde en doublant le cap de Bonne-Espérance (1497), et bientôt après on connut la Chine, le Japon, etc. Mais ce n’est qu’au xvme siècle, et dans ces derniers temps, que toutes ces contrées, et surtout l’Asie centrale, ont commencé à être vraiment explorées.
asie ancienne. Les bornes de l’Asie connue des anciens étaient à l’O. le Tanaïs (Don), le Palus Mœotis (mer d’Azof) , le Pont-Euxin (mer Noire) , la mer Egée (Archipel) ; au S. le golfe Arabique et la mer Erythrée (mer d’Oman). Us connaissaient la mer Caspienne et le lac Chorasmias (mer d’Aral); à l’E. et au N., ils n’avaient guère pénétré plus loin que l’Inde et la Scytliie (Tartarie). Le pays des Sères ou Sinœ (Chine) n’était connu que de nom. L’Asie, ainsi restreinte, avait pour principales montagnes : le Caucase, le Taurus, les chaînes du Liban, l’Ararat, le Paropamisus, le Zagros et l’Imaüs. Les principaux fleuves étaient : l’Euphrate, le Tigre, le Jourdain, l’Hydaspe, l’indus, le Gange, l’Oxus et l’Araxe. On distinguait dans l’Asie environ 12 grandes régions, savoir l’Asie-Mineure ( Voy . cidessous), l’Arménie , la Parthie, la Mésopotamie, la Baby Ionie ou Chaldée, l’Assyrie, la Syrie, la Colchide, l’Arabie, la Perse, l’Inde, la Scytliie oi. Sarmatie. — L’Asie romaine ne s’étendait guère au delà de l’Asie-Mineure; elle forma d’abord 11 provinces et porta le nom d’Asie proconsulaire. Plus tard elle s’accrut de la Syrie et de quelques portions de l’Arménie et de l’Arabie. Sous Constantin et ses successeurs, i’Asie romaine fut partagée en trois diocèses : diocèse d’Asie, subdivisé en Hellespont (Mysie), Lydie, Carie, deux Phrygies, Lycaonie, Pisidie, Pampliylie; diocèse de Pont, subdivisé en Bithynie, Ilonorie , Paphlagonie, 2 Ponts, 2 Cappadoces, 2 Arménies, 2 Galaties; et diocèse (l’Orient, subdivisé en 2 Cilicies, Osroène, 3 Syries, 2 Phénicies, 3 Palestine*, 2 Arabies. L’Asie
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indépendante comprenait tout le reste de l’Asie.
àsie-mineure, Asta Minor, auj. Anatolie, nom donné par les Romains à la presqu’île la plus occid. de l’Asie, pour la distinguer du continent, qui s’appelait Asie- Majeure, Asia Major. Elle était bornée à l’E. par l’Arménie et la Syrie ; au N. par la mer Noire ; à l’O. par la mer Egée , et au S. par la Méditerranée. L’Asie-Mineure est traversée par plusieurs chaînes de mont, détachées du Taurus et du Caucase ; elle est arrosée par le Méandre, l’Hcrmus, le Sangarius, l’Halys et l’Iris. On y distinguait 1 1 contrées principales, savoir : à l’O., la Mysie, la Lydie, la Carie, laLycie ; au N., la Bitliynie, la Paphlagonie, le Pont; au S„ la Pamphylie, la Pisidie et la Cilicie; au centre, la Phrygie et la Cappadoce. Tout le rivage occid. était occupé par les colonies grecques : les Éoliens au N., les Ioniens dans la Lydie, les Doriens au S., y avaient fondé des villes qui le disputaient, pour la richesse, la civilisation et la puissance, à celles de la Grèce : telles étaient Éphèse, Phocée, Milet, Halicarnasse, Lampsaque et Cnide. Les autres villes importantes de l’Asie-Mineure étaient : l’antique Troie, capit. de la Troade, dans la Mysie; Amisus, Pergame, Pruse, Cyzique, Amasie, SLnope, Nicée, Nicomédie, Chalcédoine, au N. ; dans la Phrygie, Ancyre , A pâmée et Laodicée ; dans la Cappadoce , Césarée, Sébaste, Mélitène; au S., Stratonice, Telmesse, Tarse et Séleucie. Les îles principales qui dépendaient de l’Asie-Mineure Bont celles de Lesbos, Chios, Cos, Samos, Rhodes, sur la côte occid., Cypre au S. Toutes ces îles furent occupées et colonisées par les Grecs. — L’Asie-Mineure a été connue de toute antiquité. Elle a vu fleurir les empires de Troie (du xve au xii* siècle av. J.-C.) et de Lydie (du xe au vi*), les colonies grecques d’Ionie, d’Éolie et de Doride , puis les roy. de Bithynie, de Paphlagonie, de Pont et de Cappadoce, qui, après avoir été longtemps indépendants, furent tous réunis à l’empire du roi de Perse. Sous la domination persane, l’Asie-Mineure forma quelquefois une seule satrapie et comme une espèce d’apanage, notamment sous Artaxerce-Mnémon (4C4-401), qui la donna à son frère Cyrus-le-Jeune. Conquise par Alexandre, elle échut après sa mort à Antigone; et après la mort de ce dernier, elle passa sous le joug des Séleucides ; néanmoins il s’y forma bientôt plusieurs royaumes indépendants : Pont, Cappadoce, Bithynie, Pergame, Galatie, Paphlagonie, etc. Ces royaumes subsistèrent jusqu’à la conquête de l’Asie- Mineure par les Romains , qui y pénétrèrent pour la première fois l’an 189 av. J.-C., et qui la soumirent tout entière au Ier siècle de notre ère. Au iv8 siècle, lors du partage de l’empire , l’Asie-Mineure fut comprise dans l’empire d’Orient, où elle composait le diocèse d’Asie et la plus grande partie des diocèses de Pont et d’Orient (Voy. Asie ancienne). Les califes en conquirent une partie au vu8 siècle, et les Turcs Seldjoucides s’y établirent au xi*. Ils y fondèrent l’empire de Roum ou d’Iconium (Konieh), ne laissant aux empereurs grecs qu’un tiers de 1Asie-Mineure; Après 1204, l’Asie grecque forma les deux empires de Nicée et de Trébizonde. A la chute des Seldjoucides, 10 petites principautés s’établirent sur leurs débris dans la partie turque. Enfin de 1381 à 1387, Amurat I, fils d'Othman, soumit l’Asie-Mineure , qui depuis ce temps appartient aux Turcs. Elle forme aujourd’hui six pachaliks : Anatolie, Roum ou Siwas, Trébizonde, Caramanie, Selefkeh et Adana, Marach. Voy. anatolie, etc.
ASINARA, Htrculis insula, petite île près de la côte N. O. de la Sardaigne, a 28 kil. de long sur 8 de large. Déserte auj., mais peuplée au temps des Romains et jusqu'aux guerres de Pise et de Gênes.
ASINARUS, auj. le Nolo, petite riv. de Sicile, au S. E.. tombait dans la mer Ionienne près d’Hélore. Les Athéniens y perdirent, l’an 413 av. J.-C., une
bat. qui fit échouer leur expédit. de Sicile : Nieias* leur gén.,y fut pris par Gylippe, gén. des Syracusains. ASINIUS POLLIO (C.). Voy. pollio.
ASIONGABER, Bérénice , ancienne ville de l’Arabie (Hedjaz), dans l’Idumée, sur le golfe d’Ælana, C’est de là que partaient les flottes de Salomon qui se rendaient à Ophir. Voy. akaba.
ASMODÉE, démon dont parle l’Écriture dans l’histoire de Tobie (v, 3 et 6), obsédait Sara, fille de Raguel, et fit périr ses sept premiers maris. Les rabbins le nomment le prince des démons et en racontent des choses merveilleuses. Ils le regardent comme le feu de l’amour impur.
ASMON ou ASAMON, petite ville de la Palestine, dans la tribu de Siméon, donna son nom à l’illustre famille des Asmonéens (les Machabées).
ASMONÉENS, nom donné à la famille des Machabées, soit à cause du bourg d’Asmon d’où l’on suppose qu’ils étaient originaires, soit à cause d’Asmonée ou Assamonée, un de leurs ancêtres.
ASNIÈRES, village du dép. de la Seine, arr. de Saint-Denis, à 6 kil. N. 0. de Paris, sur la Seine ; 800 hab. Il est traversé par le chemin de fer de Paris à Saint-Germain. On y élevait jadis des ânes : c’est de là qu’il a pris son nom , ainsi que beaucoup d’autres villages en France qui sont nommés de même.
ASOLA, ville forte du roy. Lombard-Vénitien, à 31 kil. N. O. de Mantoue ; 3, 500 hab. Elle fut, dit-on, fondée par le Gaulois Adula, 1728 ans av. J.-C.; puis détruite par Brennus, et rebâtie par Asolus, son neveu, qui lui donna son nom.
ASOLO, petite ville du roy. Lombard-Vénitien,, à 28 kil. N. O. de Trévise ; 1,050 hab. Très a ns cienne, et d’origine gauloise.
ASOPUS, nom commun à plusieurs cours d’ea? et lieux de la Grèce ou pays voisins. Les principaux sont : 1° une riv. de Béotie, auj. Asopo, oui sortait du Cithéron, traversait le territoire de Platée, et tombait dans la mer vis-à-vis d’Érétrie ; — 2° une ville de Laconie, sur le golfe Laconique, près de Cyparisse.
ASOR ville de Syrie. Voy. arzouf.
ASOS ou ASSOS, ville de l’Asie-Mineure, dans l’Ëolie, sur la mer, àl’entrée du golfe d’Adramytte.
ASPADANA, auj. Ispahan, ville de Perse, dans la Parétacène, était fort petite au temps d’Alexandre.
ASPALATHOS, ville d’illyrie, auj. spalatro.
ASPAR, gén. goth et patrice romain, fut envoyé en Italie par l’empereur Valentinien contre le rebelle Jean, qu’il réduisit (425). Six ans après il fut battu en Afrique par Genséric, roi des Vandales. Après la mort de l’empereur Marcien (457), Aspar mit la couronne sur la tête de Léon, et obligea ce prince à donner à un de ses fils le titre de césar ; n’étant pas encore satisfait, il conspira contre sa vie ; mais l’empereur en fut instruit, et le fit mettre à mort avec son fils Ardaburius (471).
ASPASIE, femme célèbre par sa beauté et son esprit, naquit à Milet et vint se fixer à Athènes où sa maison fut bientôt le rendez-vous des hommes les plus distingués de la Grèce : il se tenait chez elle des conférences où se traitaient les plus haut questions de philosophie, de politique et de littérar ture. Socrate, Périclès, Alcibiade, y étaient des plui assidus. Périclès conçut pour elle une si vive passion, qu’il répudia sa femme pour l’épouser ; Aspasie prit sur lui la plus grande influence, et eut ainsi beaucoup de part aux affaires de la Grèce : on prétend même que c’est elle qui suscita les guerres de Samoa, de Mégare et du Péloponèse. Les ennemis de Périclès accusèrent Aspasie d’impiété ; son époux la défendit avec chaleur devant l’Aréopage, et fut réduit pour la sauver à répandre des larmes devant ses juges. Après ia mort de Périclès, elle s’attacha 4 un jeune homme inconnu, Lysiclès, et elle eut encore