‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 850 sur 1261 · IV. Personnages divers · texte numérisé non relu

IV. Personnages divers

Philippe, médecin d’Alexandre-le-Grand, le guérit de la maladie qu’il avait contractée en se baignant dans le Cydnus. Dénoncé par Parménion comme vendu au roi de Perse, il inspira néanmoins assez de confiance à Alexandre pour que ce prince bût sans hésiter un breuvage qu’il lui présentait.

Philippe de Thessalonique , poète grec qui vivuiî probablement sous Trajan et Nerva, est connu par quelques épigrammes pleines d’esprit et de grâce, et surtout par le recueil poétique appelé Anthologie de Philippe ou Deuxième anthologie. On trouve ce recueil dans les grandes éditions de X Anthologie de Planude {Voy. anthologie).

Philippe (saint), un des douze apôtres, né à Rethsaïde en Galilée , fut appelé un des premiers par Jésus et le suivit jusqu’au jardin des Oliviers. Après la descente du Saint-Esprit, il alla prêcher l’évangile dans la Phrygie et y mourut vers l’an 80, dans un âge avancé. Sa fête est célébrée le l«r mai avec celle de saint Jacques le mineur.

Philippe (saint), diacre, un des sept disciples que les apôtres choisirent pour remplir les fonctions de diacre. Après l’ascension de J.-C., il prêcha l’évangile à Samarie, où il fit de nombreuses conversions. 11 mourut à Césarée en Palestine vers l’an 70. On le fête le 6 juin.

PHIL

PH IL

Philippe de néri (saint). Voy. NÉRI.

PHÎLIPPES, Philippi , d’abord Datos et Crenides , auj. Filibè? ville de Macédoine (jadis de Thrace), chez les Edones, fut prise par Philippe II (de Macédoine) , qui la fortifia, en fit un des boulevards de son royaume et lui donna son nom. Aux environs de cette ville Brutus et Cassius perdirent contre Octave (a bataille décisive qui laissait le parti républicain sans défenseurs (42 av. J.-C.). Cette ville fut une des premières à embrasser le christianisme. Nous avons une lettre de saint Paul aux habitants de Philippes (ad Philippenses)

PHILIPPEVILLE, ville forte de Belgique (Namur), à 4 1 kil. S. O. de Namur; 1,100 hab. C’était d’abord un bourg appelé Corbigny. Charles- Quint l’agrandit en 1555 et lui donna le nom de son fils (Philippe II). En 1578, elle fut prise par don Juan d’Autriche sur les Hollandais. Le traité des Pyrénées (1659) la céda à la France qui l’a conservée jusqu’en 1815. Elle fut alors unie aux Pays-Bas.

PHILIPPEVILLE, ville et port de l’Algérie (Constantine), sur la rade de Stora, près de l’embouchure de l’Oued-el-Kebir, a été construite par les Français en 1839 , sur les ruines de l’ancienne Rusicada; 6,000 hab. Ainsi nommée en l’honneur de Louis- Philippe. Commerce de peaux et de laines.

PH1LIPP1CUS ou PH1LÉPIQUE, d’abord nommé Vardan (Bardanes), emp. grec, Arménien de naissance, était entré au service de l’empire d’Orient. Sur la foi d’un astrologue, il se persuada qu’il arriverait à l’empire ; mais ayant osé le dire, il fut exilé à Céphalonie par Tibère 111 (701), puisàCherson par Justinien II (710). Il fut en effet proclamé empereur par les habitants de Cherson, et entra sans coup férir dans Constantinople (7 1 1). Il se rendit bientôt odieux par son ardeur pour le monothélisme et méprisable par ses vices et son indolence. Il perdit la couronne, fut privé de 1 1 vue en 713, et in. de misère en exil

PHILIPPINE de Hainaut. Voy. Edouard III.

PHILIPPINES (îles), grand archipel de la Malaisie, entre 114° et 124° long. E., 5° et 20° lat. N.; environ 325,000 kil. carr. La plus grande est Luçon (capit. Manille); ensuite viennent Mindanao, Soulou, Palaouan, etc. Les petites îles qui entourent Luçon (Samar oulbaba, Leyte, Panay, Mindoro, les Calamiane8, etc.}, sont souvent nommées Bissayes , du nom de leurs principaux hab. L’Espagne possède une partie de Luçon et de Mindanao, plus quelques points des autres îles, et se regarde comme maîtresse des Philippines. Réunies aux Mariannes, les Philippines forment la capitainerie-gén. espagnole des Philippines. Ces îles sont hautes et montueuses; Luçon a plusieurs volcans. Climat agréable et chaud, mais malsain , grands ouragans. Sol très fertile, riz et autres grains, cannes à sucre, coton et denrées coloniales de toute espèce, fruits exquis , bois précieux (aloès, cèdre, sandal, campêche, ébène, bois de fer) ; camphre, bétel, etc. Or, mercure, vermillon, plomb, fer, soufre ; marbre, pierres précieuses. — La population se compose de Malais et de Papous (ceux-ci dans les mont.), de Chinois, d’Espagnols, de métis: beaucoup de Malais de cet archipel sont pirates et infestent les côtes. — Les Philippines, découvertes dès 1521 pour l’Espagne par les vaisseaux de Magellan, furent ainsi nommées en l’honneur de Philippe IL Elles ne reçurent d’établissement espagnol qu’en 1568. La colonie prospéra, et beaucoup de Chinois vinrent s’y fixer. Effrayés de leur nombre, les Espagnols les massacrèrent (1639). Luçon a été prise par les Anglais en 1762 et rendue en 1764. PHILIPPINES (NOUVELLES-). Voy. CAROLINES.

PHIL1PP1QUES, nom commun à 4 célèbres discours de Démosthènes contre Philippe, roi de Macé-

PHILIPPOPOLI ou FIL1BÊ, Philtppopolis , ville murée de la Turquie d’Europe (Roumélie), sur 1 a Maritza, à 130 kil. N. O. d’Andrinople; 30,000 hab. Fabriques de draps, d’étoffes de soie et de coton, de maroquin. — Fondée Dar Philippe II, père d’Alexandre. Saccagée par les Goths en 250. Elle forma sous les empereurs latins de Constantinople un duché désigné souvent par les écrivains du temps sous le nom corrompu de duché de Finépople. Elle fut presque anéantie par un tremblement de terre en 1818.

PHILIPS (Ambroise), poëte anglais, né dans le comté de Leicester , composa des Pastorales que quelques-uns mettent à côté de celles de Pope, et trois tragédies, qui eurent du succès, et qui sont restées au théâtre. Il contribua à la rédaction d’une feuille périodique, intitulée: The free Thinker. Il fut nommé au parlement de Dublin représentant du comté d’Armagh en Irlande, et mourut à Londres en 1749, à 78 ans. — Les Anglais citent encore Edouard et Jean Philips, neveux de Milton : Edouard a laissé un Thealrum poetarum et une Vie de Millon ; — Jean, poëte (1676-1708), est auteur de poëmes intitulés Splendid Shilling; Blenheim (en l’honneur de la victoire de Marlborough) ; le Cidre, etc.

PHILIPPSBOURG, ville du grand-duché de Bade, sur la Sulzbach, à 2 kil. du Rhin, à 26 kil. N. de Carlsruhe; 1,200 hab. — Cette ville se nommait jadis Udenheim ; elle prit le nom de Philippsbourg lorsqu’elle eut été fortifiée au commencement de la guerre de Trente-Ans par Philippe-Christophe, évêque de Spire. Philippsbourg fut, aux xvii* et xviii* siècles, une des forteresses les plus importantes de l’empire. Elle fut prise par les Suédois en 1633, par les Impériaux en 1635, par les alliés en 1675, et par les Français en 1644, 1688 et 1734. Le maréchal de Berwick fut tué sous ses murs en 1734. La paix de Westphalie l’avait donnée à la France ; celle de Nimègue la donna à l’empereur; en 1782, elle revint à l’évêque de Spire. Les Français la reprirent encore en 1799. En 1802, elle fut comprise dans le duché de Bade.

PHILISBOÜRG ou GRANDE-BAIE, ch.-l. de la partie hollandaise de l’île Saint-Martin, à l’extrémité méridionale. Bon mouillage.

PHILISTE, Philistus, historien et homme d’état, né à Syracuse en 481 av. J.-C., servit Denys-le- Tyran, qui pourtant finit par l’exiler, revint après sa mort à Syracuse, y fut avec Aristippe le chef de la faction des courtisans opposée à celle de Dion et de Platon, eut part à la chute de celle-ci, mais fut vaincu sur mer par Dion, en 411. Suivant les uns, il se tua ; selon les autres , il eut la tête tranchée. Il avait écrit Y Histoire de Denys et V Histoire de la Sicile en 13 livres; il n’en reste que des fragments, conservés par S. Clément d’Alexandrie, Diodore, etc.

PHILISTINS, petite nation de la Syrie, occupait sur la côte une longueur de 80 kil. environ, entre la tribu de Dan au N., la tribu de Siméon à l’E. et l’Egypte au S. Ils avaient pour villes principales Gaza, Ascalon,Azoth,Accaron,Anthédon et formaient une fédération de très petits états qui pour la plupart étaient régis par des rois. Ils furent sans cesse en guerre avec le peuple juif : unis aux Ammonites, ils le tinrent dix-huit ans asservi (1261-1243); seuls, ils lui firent subir (de 1212 à 1172) un autre esclavage dont les délivra Samson. En revanche, ils furent soumis par David, et malgré de fréquentes révoltes ne recouvrèrent leur indépendance que sous les derniers rois de Juda. Ils avaient eu aussi à combattre les Egyptiens. Azoth soutint contre Psammétique un siège de vingt-neuf ans (le plus long dont parle l’histoire), et fut enfin prise. Sous les Séleucides et les Romains, le pays des Philistins ne fut plus distinct

Pliîl — 1394 — PHIL

PH1LLIP (Artliur), navigateur anglais, né à Londres en 1738, mort en 1814, fut gouverneur-général de la Nouvelle-Galles du Sud de 1788 à 1793, choisit Port-Jackson au lieu de Botany-Bay pour ch.-l. de l’établissement anglais dans la Nouvelle-Hollande, jeta les bases de la prospérité à laquelle parvint depuis la colonie anglaise, et reçut à son retour le grade de vice-amiral. On a de lui un Voyage à Bo lany-Bay, Londres, 1789, in-4, traduit en français, Paris, 1791, in-8.

PH1LOCTÈTE, héros grec, fils de Pœan (qui régnait sur les ïhessaliens de l’OEta), et ami d'Hercule. Le héros en mourant lui laissa ses flèches, jn lui défendant de jamais les livrer à personne. Philoclète en fit le serment. Mais dans la suite, cédant aux sollicitations des Grecs, qui ne pouvaient vaincre Troie qu’avec les flèches d’Hercule, il leur indiqua, en frappant la terre du pied, le lieu où elles étaient cachées. 11 s’embarqua ensuite pour Troie. Mais en route une des flèches lui tomba sur le pied, et, comme elles étaient empoisonnées, il fut dangereusement blessé ; il se forma à 6on pied un ulcère qui répandait une odeur si fétide, qu’on fut forcé de l’abandonner dans l’île de Lemnos. Ce ne fut qu’au bout de dix ans qu’on vint l’y chercher, parce que ses flèches étaient nécessaires pour mettre fin à la guerre. Machaon et Podalire le guérirent. Après son retour de Troie, ïl passa en Calabre où il fonda Pétilie et Thurium. — Les malheurs de Philoctète ont fourni à Sophocle le sujet d’une belle tragédie, qui a été imitée par Laharpe.

PHILODÈME, philosophe épicurien grec, de Gadara en Célésyrie , vivait dans le premier siècle av. J.-C. Il vint à Rome et y compta au nombre de ses disciples Calpurniu3 Pison, avec lequel il resta lié. Il avait écrit sur la morale , sur la rhétorique, sur la musique, etc., et l’on a trouvé à llerctilanum plusieurs fragments de ses écrits , qui se trouvent dans les volumes déjà publiés de la collection d Herculanum. M. E. Gros a donné à part les fragments sur l’art oratoire, sous le titre de Philodemi rhetorica, avec, un savant commentaire, Paris, 1840. On trouve dans les Anthologies, sous le nom de Philodème, des épigrammes licencieuses qui sont probablement du même auteur.

PHILOK1A ou F1LOKI , Argos Amphilochium , ville de l’État de Grèce (Hellade occid.), à 25 kil. S. E. d’Arta.

PHILOLAUS, philosophe pythagoricien, deCrotone, selon les uns, de Tarente, selon les autres, naquit vers l’an 600 av. J.-C., et put recevoir les leçons de Pythagore. Il habita successivement Crotone, Mé- L ponte, Héraclée, passa quelque temps à Thèbes, où il eut pour disciples Siuimias et Cébès, et mourut vers l’an 420 av. J.-C. Il est le premier pythagoricien qui ait écrit sur la doctrine de son maître ; il avait composé sur la nature trois livres dont Platon faisait tant de cas qu’il les acheta de ses héritiers cent mines (plus de 9,000 fr. de notre monnaie) ; il reste de ses écrits quelques fragments qui jettent beaucoup de lumières sur les doctrines pythagoriciennes (ils ont été recueillis par Bœckh, Berlin, 1819). Philolatis passe pour être le véritable auteur du système astronomique qui fait tourner la terre et les autres planètes autour du soleil.

PHILOMÈLE, Philomela, fille de Pandion, roi d’Athènes, fut victime du brutal amour du roi de Thrace, Térée, son beau-frère, qui ensuite lui fit couper la langue pour l’empêcher de révéler son crime, et la tint étroitement enfermée. Ayant réussi à s’évader, avec le secours de Progné, sa sœur, elle se Yengea en égorgeant le fils de Térée, Itys, et en servant le corps de cet enfant à son père. Philomèle échappa à la fureur de Térée par la rapidité de sa course, et fut dans sa fuite changée en rossignol. Progné, sa complice, fut métamorphosée en hirondelle.

philomèle, Philomelus, général phocéen, pilla ie temple de Delphes, et fit ainsi éclater la guerre sacrée. Il obtint d’abord quelques succès et força même la Pythie à rendre des oracles en sa faveur ; mais se voyant battu par les Béotiens, il fut réduit, pour ne pas tomber entre leurs mains, à se précipiter du haut d’un rocher, l’an 354 av. J.-C. Il fut remplacé dans le commandement par son frère Onomarque. PHILOMÉTOR. Voy . ptolémèf. vi et àttale iii. PHILON de larisse, philosophe de la nouvelle Académie, devintlechefde cette école à Atlù nesaprès Clilomaque, la dirigea de 100 à 88 avant J. -G., se réfugia à Rome lors de l’invasion de Mithridate en Grèce, et compta Cicéron parmi ses disciples. 11 mitigea le scepticisme d’Arcésilas et de Carnéade, et fut considéré comme le chef d’une 4e académie.

philon de bvzance , ingénieur du nr siècle av. J.*C., visita Rhodes et Alexandrie, poussa très loin l’étude de l’architecture et de la mécanique, et laissa entre autres ouvrages une Poliorcélique dont nous possédons les livres 4 et 5 (imprimés dans les Veterum malhemalicorum opéra, Paris, 1693, in-fol.),. On a aussi sous son nom (mais non entier): De septem orbis miraculis, publié par Léon Allatius avec version latine et notes, Rome, 1640, in-8.

philon le juif, philosophe platonicien, né vers l’an 30 av. J.-C. , à Alexandrie , était de la race sacerdotale des Juifs. Il étudia profondémentla philosophie des Grecs , et fut surnommé de son vivant le Platon juif. Vers l’an 40 de J.-C. il fut député par les Juifs d’Alexandrie à Rome auprès de Caligula , pour demander en leur faveur le droit de cité romaine, mais il ne put réussir dans cette demande. Ou ne sait en quelle année il mourut. Philon avait composé un grand nombre d’ouvrages, qui se rapportent, les uns à la théologie hébraïque, les autres à l’histoire, d'autres à la philosophie; les plus importants sord. : De mundi creatione secundum Mosen; De vilâ Mosis; De vitâ comtemplativâ ; De mundo. Il avait aussi écrit l’histoire de son ambassade à Rome, mais elle s’est perdue. En théologie, Philon explique la Bible par des allégories ; en philosophie, il suit les doctrines de Platon et veut les concilier avec la religion des Juifs. 11 admet deux principes éternels, Dieu et la matière ; Dieu est la lumière primitive dont toutes les intelligences inférieures émanent comme autant de rayons; en Dieu sont enfermées de toute éternité les idées de toutes choses, monde idéal ou intelligible, d’après lequel a été formé le monde sensible. Il personnifie ce monde idéal sous le nom de Logos (ou Verbe) et de Fils de Dieu. Les meilleures éditions de Philon sont celle de Thomas Mangey, Londres, 1742, 2 vol. in-fol., et celle de Leipsick, 1828, 8 vol. in-8. J. -B. Aucher a retrouvé quelques morceaux de Philon dans des traductions arméniennes, et les a publiés à Venise, 1822 et 1826.

philon de byblos (herenniüs) , grammairien et historien, né à Byblos ver3 l’an 24 de J.-C., publia, entre autres écrits , une traduction grecque de Y Histoire phénicienne de Sanchonialon ; Eusèbe nous en a conservé quelques fragments. (Voy. sanchoniaton). On a annoncé en 1836 qu’on avait trouvé cette traduction dans un couvent du Portugal, mais celte annonce n’a pas été confirmée.

philon (Publilius). Voy. publilius.

PH1LOPOEMEN, général grec, de Mégalopolis en Arcadie, se distingua de bonne heure dans les armées de la ligue achécnne, fut nommé général de la cavalerie, écrasa les Ëtoliens à la bataille de Larisse en 208 av. J.-C., puis fut élu préteur (ou chef de la ligue), gagna sur Machanidas la victoire décisive de Mantinée, tua le tyrav. de sa main, et força Nabis son successeur à lever le siège de Messène ; battu sur mer par ce prince, il prit bientôt sa revanche à la journée de Gythium, entra vainqueur dans Sparte fit accéder à la ligue cette puissance, qui jusqu’alors

PIIIN — 1395 — DI OC

en avait été l’ennemie , punit deux fois sa révolte, démantela ses murailles , déporta la plus grande partie de sa population et abolit les lois de Lycurgue (188 av. J. -G.). Chargé de repousser une incursion des Messéniens dans l'Arcadie, il alla offrir la bataille à leur chef Dinocrate, mais accablé par le nombre il la perdit. Etant tombé de cheval, il fut pris et conduit à Messène, où il mourut empoisonné par Dinocrate (183). Ses restes furent transportés en grande pompe àMégalopolis. Au génie militaire, Philopœmen joignait les vertus civiques : on l’a surnommé le dernier des Grecs. Plutarque a écrit sa Vie. PH1LOPON (jean). Voy. jean philopon.

PH1LOSTÜRGE, historien ecclésiastique, né au IV* siècle de notre ère, vers 364, en Cappadoce, vécut longtemps à Constantinople et fut arien zélé. Il avait écrit une Histoire de l'Eglise (de 1 avènement de Constantin à la mort d’Honorius), qui ne nous est connue que par un abrégé de Photius ( publié par Godefroy, Genève, 1642, in-4, gree-lalin).

PHILOSTRATE, rhéteur, natif de Lemnos , selon les uns, d’Athènes, selon d’autres ; enseigna la rhétorique à Rome dans le iir siècle de J.-C., et fut un des protégés do Julie, femme de l’empereur Septime-Sévère. 11 a laissé, entre autres ouvrages, la Vie d' Apollonius de Tyane (trad. en français, par Le Grand d’Aussy , Paris, 1808, 2 vol. in-8) ; les Héroïques ; un Dialogue entre Vinitor et Phénix (édit. Boissonade , Paris , 1806, avec scholies grecques et remarques) ; les Tableaux , description de 76 peintures qui ornaient le Portique de Naples (trad. enfr. par Dlaisede Vigenère, 1 6 1 4 , in-fol.); les Vies des Sophistes ; 73 Lettres galantes (éd. par Bois- ■maale, Leipsick et Paris, 1842): — Son neveu , Pliilostntt 'c-Jeune, a aussi composé des Tableaux. — L’oncle et le neveu ont été publiés ensemble par Olearius ,1 709; parKayser, 1844-46, 2v.in-4.On est. les Lectiones Philostrateœ d’Hamaker, Leydc, 1816. En 1840, M. Kayser a publié un nouveau fragment de Philostrate, De Gymnasticâ. — Voy. blount.

PHILOTAS, fils de Parménion , partageait avec eon père la faveur d’Alexandre. Son crédit ayant excité la jalousie, ses envieux l’accusèrent d’avoir conspiré avec Dymnus contre le roi. Mis à la question, il avoua tout ce qu’on voulut, fut condamné, quoiqu’aucun témoin ne le chargeât, et périt lapidé.

PH1LOXENE, poète dithyrambique du iv* siècle av. J.-C., né à Cythère, mort à Ephèse vers l’an 380 av. J.-C., avait longtemps vécu à la cour de Denys, Envoyé par le tyran aux carrières pour lui avoir dit trop franchement son avis sur ses vers , il ne tarda pas , quand il en fut sorti , à se voir encore coneulté par Denys sur le mérite d une nouvelle pièce ; au lieu de répondre, il se contenta de dire : « Qu on me reconduise aux carrières » ; Denys ne put s'empêcher de rire de cette saillie et pardonna.

PHiLOXÈNE , dit aussi Xenaias , écrivain syriaque , de la secte des Monophysites ou Jacobites syriens, né à Tabal en Susiane, fut créé en 485 évêque d’Hiérapolis en Syrie, combattit les décisions du concile de Chalcédoine, et fut exilé en 518 par l’emp. Justin 1 à Gangres en Cappadoce, où on le fit périr, en 622. Les Jacobites le regardent comme un martyr. 11 a laissé un grand nombre d'ouvrages, entre autres une version syriaque des quatre évangiles, faite en 608, qui est la seule que lisent ks Jacobites; elle a été publiée par J. White, Oxford, 1778.

PHINÉE, roi de Salmydesse en Thrace , au temps des Argonautes , fit crever les yeux à ses deux fils, sur de fausses accusations intentées par leur bellemère. Les dieux, pour le punir, le frappèrent de cécité, et le livrèrent à la persécution des harpies, qui enlevaient les viandes sur sa table, et infectaient tout ce qu’elles touchaient. Dans la suite, Calais et Zélhès, fils de Borée, le délivrèrent des poursuites

de ces monstres; mais il resta toujours aveugle, phinée , frère de Céphée et oncle d’Andromède était fiancé à sa nièce, lorsqu’elle lui fut ravie pour être exposée à un monstre marin. Sauvée par Persée, Andromède accepta la main du héros. Alors Phinée prit les armes pour l’enlever à Persée ; mais il fut pétrifié par la tête de Méduse.

PHINËÈS, fils d’Eléazar et petit-fils d’Aaron, fut le 3e grand -prêtre des Juifs. 11 montra un grand zèle contre ceux qui s’étaient rendus coupables de fornication, et tua Zambri, l’un des chefs d’Israël, qui avait mené une Madianite dans sa tente.

PHING-LIANG, ville de Chine (Kan-sou), par 36e 35’ lat. N., 104° 19’ long. E.; ch.-l. de dép.

phing-yang, ville de Chine (Chan-si) , par 36° 6' lat. N., 119° 12’ long. E.; ch.-l. de dép.

fhîng-youéï, ville de Chine (Kouéï-tehéou) , par 26° 37’ lat. N., 103° 22’ long. E.; ch -1. de dép.

PHINT1AS , auj. Alicata , ville de la Sicile ancienne, colonie de Géla, sur le bord du fleuve Himère, près de son embouchure. — Près de là se voyait une fontaine remarquable parce que, dit-on, tout ce qu’on y jetait y surnageait.

PH1NTIAS, ami de Damon. Voy. damon.

PH1SELDECK, historien. Voy. schmidt (Christ.). THLEGÉTHON (d e phlegéthein, brûler) ,fh desEn fers, environnait le Ta r tare., et roulait des flammes. PHISOÎS (P/i««e?),undesfleuvesderÉden.F.ÉDEN. PHLÉGON, historien grec du il* siècle, natif de Tralles, affranchi d’Adrien , mourut sous Antoninle-Pieux. Tl avait écrit une Histoire de Sicile , une Description de la Sicile , et un Traité des fêles des Romains , qu’on a perdus ; mais on a de lui trois opuscules .- De rebus mirabilibus , De longœvis, De Olympiis , publié par Guill. Xylander, Bàle, 1568 (édition princeps), etdepuis par G. Franz, Halle, 1776.

PHLËGRÉENS (champs) , c.-à-d. campagnes ardentes (du grec phlégein, brûler), campagnes voisines deCumes, dans lesquelles Hercule aida, dit-on, les dieux à terrasser les géants. Cet endroit est rempli de soufre, et souvent couvert de flammes produites par la combustion naturelle du soufre.

P1ÎLEGYAS, roi de Phlégyade (petite ville de Béotie, près d’Orchomène), devait le jour à Mars, et eut pour fille Coronis, que séduisit Apollon; pour se venger de cet outrage il mit le feu au temple de Delphes. Apollon le tua de ses flèches. Aux Enfers, le malheureux Phlégyas voit sans cesse pendre ar dessus de sa tête un rocher prêt à l’écraser. PHLEGYENS, petit peuple de Phoeide.V.pnoRBAS. PHL1ASIE, petit état du Péloponèse, au S. de la Sieyonie, à TO. de la Corinthie, se réduisait au territoire de Phlionte.

PIILIONTE, Phlius , ville du Péloponèse, à quelques kil. S. de Sicyone. Son territoire formait la Phliasie. — 11 y avait une autre Phlionte en Argolide.

PIIOCAS, empereur grec, était exarque des centurions sous Maurice , lorsqu’il fut proclamé en 602 par l'armée cantonnée au N. du Danube. 11 marcha sur Constantinople et fit trancher la tête à Maurice ainsi qu’à #es six fils. Il se montra lâche, voluptueux, rapace, cruel, se laissa enlever par Chosroès, roi de Perse, TOsroène, la Mésopotamie, l’Arménie, la Syrie et une partie de l’Asie-Mineure. II réprima trois conjurations (604, 606, 610), mais fut enfin détrôné par Héraelius, après la bataille navale de Constantinople, et fut décapité sur le tillac du vaisseau de ce prince (610). Phocas avait fait traduire en grec le Digeste et le Code , et avait fait paraphraser les Irutitutes par Théophile

phocas (saint), martyr au temps de Dioclétien, vivait du produit d’un petit jardin près de Sinope, quand il fut décapité en 303. On le fête le 3 juillet.

pHOCÉE, Fokia , ville de TAsie-Mineure, comprise dans la confédération ionienne, sur la côte de JaMïsie, au S„ et s’ir. le golfe de CumeB, àl’embou-

PHOR — 1396 — PHRA

chure du Caïque. Elle avait deux ports, Naustathme et Lamptère. Très florissante jadis ; elle envoya en Gaule et en Espagne des colonies dont la principale fut Marseille. — La ville actuelle de Fokia, située à 42 kil. N. O. de Smyrne, fait encore quelque commerce ; elle a 4,000 hab.

PHOCÉENS. On nomme ainsi les habitants de Phocée et ceux de la Phocide. Voy. phocide.

PHOCIDE, région de la Grèce ancienne, entre la Béotie à l’E., l’Etolie à l’O., la mer d’Eubée au N. E., le golfe de Corinthe au S., avait autour d’elle \es trois Locrides, l’Opontienne et l’Epicnémidienne au N., la Loeride Ozole au S. Elatée en était la capil. et la ville la plus forte. Delphes, qui s’y trouvait enclavée, y formait comme une république à part. La Phocide formait un corps qui envoyait ses députés à l’Amphictyonie des Thermopyles. Le pays était montueux et médiocrement fertile. C’est dans la Phocide qu’était le Parnasse. Ses habitants, très pauvres, étaient très braves. Dans la seconde guerre sacrée, ils tinrent tête à Thèbes et à ta ligue formée contre eux (355-346 av. J.-C.). Enfin, é'crasée par Philippe II (de Macédoine), la Phocide perdit son siège aux Amphictyons ; ses villes furent démantelées.

phocide (locride-et-), un des dix nomes du moderne roy. de Grèce, a pour ch.-l. Salona, pour autres villes Galaxidi, Zeitoun, Lidoriki, Talanti.

PHOCION, homme d’état et général athénien, né vers 400 av. J.-C., d’une famille obscure, étudia la philosophie sous Platon et Xénocrate, se distingua à la fois à l’armée et à la tribune, et devint le chef du parti aristocratique d’Athènes. Il ne cessa de recommander la modération à l’égard des alliés, la paix et une stricte surveillance à l’égard de Philippe, l’économie dans l’administration et le retour aux vieilles vertus. Il déplut par sa rigidité au peuple d’Athènes, qui ne l’en estimait pas moins, et qui, recourant toujours à lui au jour du danger, le nomma 45 fois général en chef. Phocion rendit des services éminents pendant la guerre sociale contre Athènes ( 359-356 ) , réussit à soustraire l’Eubée aux attaques de Philippe, força ce prince à lever le siège de Byzance. Après le sac de Thèbes, il fut député vers Alexandre pour proposer le maintien de la paix, et mérita l’estime du prince macédonien, qui lui fit, à plusieurs reprises, les offres les plus brillantes : il les refusa toujours. Phocion s’opposa à la guerre lamiaque ; toutefois, il accepta un commandement dans cette guerre, quoique âgé de plus de 80 ans ; il battit les Macédoniens sur la côte de l’Attique. Quand Athènes eut été occupée par Polysperchon, il fut, à l’instigation de ce général, condamné à mort par la populace égarée, et but la ciguë en 317. Peu après, ses concitoyens, honteux de cette injustice, lui érigèrent une statue. Démosthènes, dont Phocion combattait les projets belliqueux, l’appelait la cognée de ses discours. Sa vie a été écrite par Plutarque et Cornélius Népos.

PHOCYLIDE, poète gnomique, de Milet, vivait vers la fin du vi* siècle. Il avait composé des poèmes héroïques, des élégies, etc. Il ne nous reste de lui qu’une suite de sentences morales en 2 1 7 vers (imprimés avec Théognis et autres gnomiques, édités à part, Leipsick , 1751, in— 8 ; et traduits par Duché, 1698; par Lévesque, 1782; par Coupé, 1798).

PHOEBÉ, PHOEBLS. Voy. diane et Apollon.

PHOEB1DAS, général lacédémonien qui, l’an 382 av. J.-C., prit Thèbes en violant la foi des traités. Il fut cassé et mis à l’amende comme ayant agi sans ordre ; mais les Lacédémoniens ne continuèrent pas moins à occuper la ville de Thèbes. Dans la suite, il fut rétabli dans le commandement et renvoyé en Béotie ; les Thébains l’assiégèrent dans Thespies, et il fut tué dans une sortie.

PHORBAS, fila d’ Argus, régnait à Argos vers l’an 1790 av. J.-C. 6

phorbas, petit-fils du précédent, délivra les Rhodiens d’un dragon qui ravageait leur île. Il fut, après sa mort, placé dans le ciel avec le dragon qu’il avait tué, sous le nom d' Ophiuchus.

phorbas, chef des Phlégyens ( en Phocide) > homme cruel et violent, s’étant saisi des avenues qui conduisaient à Delphes, forçait tous les passants à se battre contre lui, et, après les avoir vaincus, les faisait mourir dans de cruels tourments. Apollon se présenta au combat déguisé en athlète et assomma Phorbas d’un coup de poing.

PHORCYS, dieu de la mythologie primitive des Grecs, naquit de Pontos et de Gæa (la Mer et la Terre), épousa Céto, en eut les Grées, les Gorgones, le dragon des Hespérides, Scylla, Thoosa. — Phorcys et Céto ( orcce , kêiè, c.-à-d. cétacés) sont des personnifications de la vie ne se manifestant encore que dans les êtres inférieurs.

PHORONEE , Phoroneus , fils et successeur d’Inachus, et deuxième roi d’Argos (1920-1896), fut père de Niobé, d’Apis et d’Argus ; nommé arbitre dans une querelle entre Junon et Neptune , il prononça en faveur de Junon , qui depuis protégea Argos. Il donna des lois à ses sujets et les initia aux bienfaits de la civilisation; il eut aussi à soutenir de grandes guerres contre les Telchines et les Curètes. Après sa mort, Phoronée fut divinisé et donna son nom au Phoronée, petite rivière de l’Argolide. Son nom rappelle les Pharaons (d’Egypte) , et confirme les traditions relatives aux émigrations égyptiennes dans la Grèce primitive.

PHOTIUS, patriarche de Constantinople, né dans cette ville, avait été déjà ambassadeur en Perse et premier -secrétaire de l’empereur Michel, quand il fut porté, bien que laïque , au patriarchat de Constantinople, à la place d’Ignace, qui venait d’être déposé, en 857. D’odieuses violences signalèrent son intrusion, à laquelle s’opposa le pape Nicolas I. Photius futanathématisé par le pape dans un concile; il réunit des évêq. et anathématisa le pape à son tour ; ce qui donna naissance au grand schisme grec, 858. Basile le Macédonien rétablit Ignace , et Photius ne reprit ses fonctions qu’après la mort du patriarche ; mais il se brouilla encore avec le pape, qui l’excommunia de nouveau. Néanmoins, Photius se maintint sur son siège jusqu’à l’avénement de Léonle-Philosophe, qui l’exila; il mourut en exil, dans un couvent d’Arménie , en 891. Photius joignait à un esprit rare et pénétrant l’érudition la plug vaste. On a de lui, sous le titre de Bibliothèque (ou Myriobiblon ), une précieuse compilation qui contient une infinité d’extraits d’auteurs que noui ne connaissons que par elle (la meilleure édition est de Genève, 1611, in-fol., grec-latin; Bekker en a donné une toute grecque, Berlin, 1824 , in-4). Photius a laissé de plus des Lettres (Londres, 1651, in-fol.) ; le Nomocanon ou Accord des lois impériales et des canons (en tête du recueil des Canons ecclésiastiques , Paris, 1551, in-fol.) ; un Lexique grec (publié par Hermann, Leipsick , 1808, in-4, et par Rich. Porson, Londres , 1822) , et divers écrits théologiques, entre autres: Adversus latinos , De processione Spiritus sancti.

PHOU-TCHEOU, ville de Chine (Chan-si), à 400 kil. S. 0. de Thaï-youen ; ch.-l. de dép.

PHRAATACE , roi parthe , s'unit à sa mère Thermusa pour faire périr son père Phraate IY en l’an 9, et fut égorgé par ses sujets révoltés l’an 14.

PHRAATE, nom commun à 5 rois des Parthes, dont le vrai nom est Hradad :

phraate i, qui régna de 182 à 164, subjugua les Mardes. — phraate ii, 1 39-1 27 , vit Antiochus VII (Sidétès) envahir ses états, fut vaincu dans trois grandes batailles, perdit Babylone, Séleucie, Ecbatane, et fut quelque temps réduit à la Parthie primitive ; mais bientôt, aidé par les Scythe», il surprit

PHRY — 1397 — PHYS

les troupes syriennes , et les tailla en pièces dans une bataille où périt Anliochus.

phraate ni, 70-61, fut tour à Uur l’allié et l’ennemi des Romains, et périt par un complot de ses deux fils Mithridate 111 et Orodes. é

phraate iv, monta sur le trône l’an 37 av. J.-C., après avoir massacré ses frères ; fit avec quelque succès la guerre à Marc-Antoine, mais fut forcé de fuir devant ses sujets rebelles , alla chercher des secours chez les Scythes, battit avec leur secours Tiridate, qui s'était emparé du trône, fit ensuite la paix avec les Romains, et rendit à Auguste les prisonniers et les drapeaux pris sur Crassus. 11 fut tué l’an 13 de J.-C. par Phraatace, son fils.

phraate v, un des fils de Phraate IV , était en otage à Rome quand Tibère le remit (l’an 35 de J .-C.) à des ambassadeurs parthes pour exciter des troubles contre Artaban 111. Mais il mourut à peine arrivé.

PHRANZA ou PHRANTZÈS (George) , historien byzantin , né à Constantinople en 1401, fut chambellan et secrétaire de Manuel 11 (Paléologue), gouverneur deMoréeen 1446, enfin grand-logothète. 11 fut pris par les Turcs en 1453, vendu , puis mis en liberté, et mourut dans un couvent de l’île de Corfou. On lui doit une Chronique de Constantinople (de 1259 à 1477 ), publiée par Fr.-Ch. Alter, Vienne, 1796 , in-fol. , et dans la Byzantine de Venise.

PHRAORTE, roi des Mèdes, fils et successeur de Déjocès , régna de 690 à 655 ou de 657 à 634 av. J.-C. , conquit plusieurs régions, mais fut vaincu

{irès de l’Euphrate et du Tigre par les Assyriens. 1 mourut peu après et eut Cyaxare 1 pour successeur. PHRIXUS. Voy. phryxus.

PHRYG1E, Phrygia , région del’Asie-Mineure dont les bornes ont beaucoup varié. La Phrygie primitive s’étendait le long de la mer, depuis l’embouchure du Méandre jusque près de celle du Parlhénius, et par conséquent était baignée par trois mers (la mer Egée , la Propontide , le Pont-Euxin) ; elle avait pour bornes à l’E. l'Halys, au S. les monts de Pisidie et de Lycaonie. Dès l'an 1900 av. J.-C., diverses peuplades vinrent s’établir en Phrygie, les Thyni et Maryandyni près du Pont-Euxin, les Dardani et Mysi en Troade, les Mœones au S. des derniers, et resserrèrent les bornes de ce pays ; cependant il portait encore au temps d Homère le nom de Phrygie. Vers l’an 500 av. J.-C., la Phrygie ne comprenait plus la Lydie, la Méonie, la Bithynie. Jointe à la Paphlagonie et à la Cappadoce, elle formait la 3* satrapie de l’empire des Achéménides, et se distinguait en Petite Phrygie ou Phrygie de V Hellespont (la Troade anc.), au N., sur les trois mers, dont les villes principales étaient Dascylium , Pessinonte , Gordium , Ancyre ; et en Grande Phrygie ou Phrygie proprement dite, au S. de la précédente, et toute dans l’intérieur des terres; celle-ci avait pour bornes à l’O. la Mysie et la Lydie, à 1 E. la Cappadoce ; malgré son nom, c’était la moins grande. — On nommait encore Phrygie épictète (ou surajoutée ) la partie N. de la Grande Phrygie, et Phrygie parorêade (c.-à-d. montagneuse) la partie limitrophe de la Pisidie : elle était en effet très montagneuse. En 27 8 av. J .-C., la Petite Phrygie disparaît ; un tiers de son territoire (le tiers entre les montagnes et le Pont-Euxin) grossit la Bithynie; un autre tiers (entre la Propontide et la Mysie) passe aux mains des rois de Pergame; le dernier tiers est joint à l ancienne Grande Phrygie, à laquelle on avait précédemment ajouté la Lycaonie au S. Le nouveau pays ainsi composé s’appelle simplement Phrygie : Dorylée, Synnade , Célènes, Colosse , Thymbrée, lconium, Sagalassc, Larande en étaient les villes principales. Cette Phrygie répondait à peu près aux livahs actuels de Konieh, Ak-seraï, Ak-ehehr, Koutaïeh, Kara-hissar (les trois premiers en Caramanie, les deux derniers en Anatolie). — La Phrygie au

iv* siècle fut partagée en Phrygie salutaire, au N., capitale Synnade ; Phrygie pacatiane , au S. , capitale Laodicée ; lsaurie, au S. de celle-ci ; Lycaonie au S. E. de la Pacatiane. — Le9 habitants de la Phrygie se nommaient Phryges ou Briges; ils se prétendaient autoehthones ; cependant on peut croire qu’ils venaient de la Thrace. Dans des temps très anciens Célènes fut, ou la capitale, ou une des capitales de la Phrygie ; c’est là que régnait Midas. Probablement le pays formait plusieurs états; il passa ensuite successivement sous la domination des rois de Lydie, des Perses, d’Alexandre, de3 Séleucides ; elle se trouva vers 278 av. J.-C. divisée en quatre portions, dont une seule garda le nom de Phrygie (Voy. plus haut) ; cette Piirygie ainsi réduite fut en 190 av. J.-C. ajoutée par les Romains au royaume de Pergame, et, après l’extinction de ce roy. (134-126), elle échut aux Romains, qui la comprirent dans la province d’Asie. Les Phrygierts passaient pour mous, serviles et peu guerriers. La population était faible, l’industrie nulle; Cybèle était la déesse par excellence de la Phrygie ; on y joignait Atys. Leur culte était environné de mystères. Deux siècles av. J.-C., ce culte fut porté à Rome, et sous l’empire il y partagea la vogue avec d’autres superstitions. Les Amazones, Marsyas, Midas, Gordius font aussi partie des légendes mythologiques de la Phrygie.

PHRYNÉ, de Thespies , une des courtisanes les plus célèbres de la Grèce , vivait au iv* siècle av. J.-C. Le sculpteur Praxitèle était un de ses amants : elle lui servit de modèle pour ses statues de Vénus. Elle était si riche qu’elle offrit, dit-on, de rebâtir Tiièbes à ses frais, mais à condition qu’on placerait sur les murs cette inscription: Alexandre a détruit Thèbes et Phryné l'a rebâtie ; son offre fut refusée. |

PHRYNICHUS, d'Athènes, poète tragique du vies av. J.-C., auteur de 9 tragédies perdues, fut couronn [ en 51 1 . Il introduisit les rôles de femmes, l’usage du masque etl’iambe tétramètre. — Autre tragique, auteur de la Prise de Müet. — Poète comique contemporain d’Aristophane; on a de lui quelques fragments (dans les recueils de G. Morel, de Grotius, etc.).

phrynichus arrhabius, grammairien bithynien. auteur d’un recueil des mots du dialecte attique, dont on a encore l’abrégé , Eclogœ nominum et verborum atlicorum, Rome, 1517; Leipsick, 1820.

PI1RYN1S, de Mitylène, poëte et musicien, né vers 480 av. J.-C. ; rival de Timothée, ajouta deux cordes aux sept qu’avait déjà la cithare , et mit en vogue un mode efféminé.

PHRYXUS, fils d’Athamas et frère d’Hellé, avait inspiré à sa belle-mère un amour coupable qu’il dédaigna, fut calomnié par elle et condamné à mort ; mais il se Bauva avec Hellé, sa sœur, porté sur un bélier à toison d’or que Jupiter leur envoya, et parvint en Colchide, où il immola le bélier et offrit sa toison au dieu Mars. Voy. hellé.

PHTHA, divinité égyptienne. Voy. fta.

PHTH1E, Phthia , ville de Thessalie, capitale de la Phthiotide, à l’0., près de Pharsale, avait perdu toute importance dans les temps historiques.

PHTH10T1DE, Phthiotis , petit état de la Thessalie au temps de la guerre de Troie, comprenait toute la partie méridionale de cette région , et renfermait la nation des Maliens et celle des Enianes ; la na tion dominante se nommait Phthiotes , et avait pour ch.-l. Phlhie. Achille était roi des Phthiotes.

PHUL ou SARDANAPALE 11 , fils de Sardanapalel, roi d’Assyrie. Après la chute de Sardanapale et le démembrement de l’empire d’Assyrie, Phul ne conserva que le roy. de Ninive, où il régna de 759 à 742 ; il fit la guerre aux Juifs: le roi Manahem acheta de lui la paix 1,000 talents. Voy. nabonassar,

PHURNUTUS. Voy. cornutus.

PI1YSCON (ptolémée). Voy. ptolémée.

PIAZ — 1 3

PHY5CUS, v. de ï’ Asie-Min eure, auj. màrbiorice. PIADA ou PIDAVRÀ, l’ancienne Epidaure, ville de la Grèce moderne (Argolide), à 35 kil. N. E. de Nauplie. Il s’ytint en 1822 la lre assemblée nationale dans laquelle la Grèce fut déclarée indépendante.

PI ALI , capitan- pacha, était Hongrois de naissance, et fut dans son enfance trouvé sur le champ de bataille de Mohacz par des Turcs, qui le sauvèrent (1526). Il fut élevé au sérail par ordre de Mahomet Ü, parvint au grade de eapitan-pacha, prit, avec la flotte tu rco- française, Messine et Reggio, ravagea Majorque, Minorque, Iviça, battit en 1559 la flotte de Philippe 11, assiégea en vain Malte (1565), et conduisit l'expédition de Chypre; mais il fut disgracié avant le succès, par Sélim II.

PIANOZA, Planasia , île de la mer Tyrrhémennc, sur les côtes de la Toscane, au S. O. de l'île d'Elbe ;

8. kil. sur 4. Quelques familles de pêcheurs. C’était un lieu d’exil sous les Romains.

P1ARISTES ou Pauvres de la mere de Dieu des écoles pieuses , congrégation érigée en 1624 par Grégoire XV. Joseph Calasanzio en avait donné la première idée dès 1021 en rassemblant de rue en rue les enfants des pauvres pour les instruire chez lui. Les Piaristes fout vœu d’instruire gratuitement les enfants des pauvres. Ils sont surtout répandus en Autriche et en Hongrie, où ils ont plusieurs collèges.

PIASINA, riv. de Sibérie (Tomsk), coule au N. O. et se jette dans l’Océan Glacial par 73° 10’ lut. N.; cours, 450 kil.

PIA8T , tige de la dynastie polonaise des Piasts, était un simple paysan de la Cujavie. Ses concitoyens, appréciant ses vertus, lui confièrent le suprême pouvoir avec le titre de duc (842) ; il fit pendant 19 ans (842-61) le bonheur delà Pologne. Il résidait à Gnesne et eut son fils Ziémovit ou Zemowitz pour successeur.

PIASTS (dynastie des), dynastie polonaise qui régna de 842 à 1370. Le chef de cette dynastie fut un duc des PolèneB nommé Piast, et le dernier fut Casimir-le-Grand (1370). Après les Piasts, la couronne de Pologne fut momentanément réunie à celle de Hongrie, et peu après commença la dynastie des Jageîlons (1386). Une branche des Piasts conserva le duché de Silésie jusqu’en 1675. — Pendant l’anarchie polonaise (1572 et années suiv.), on nomma Piasts le par ti qui voulait placer sur le trône un prince indigène , parce que plusieurs des compétiteurs se prétendaient issus des Piasts. Ce parti n’eut pas une grande puissance ; cependant on peut citer plusieurs choix piasts: Wisnioviecki, Sobieski, Leczinski, Stanislas Poniatowski. La plupart de ces choix furent faits sous l’influence de l’étranger.

PIAUHY, riv. du Brésil, naît dans les ments Piauhy, coule 500 kil. au N., tombe dans la Parnahyba, par 6° 8’ lat. S., et donne son nom à la prov. de Piauhy. — La prov. de Piauhy, prov. du Brésil, par 3°- 11° lat. S., entre la mer et les prov. de Ceara, de Pernambouc, de Goyaz et de Maranhao, a 970 kil. du N. E. au S. O. sur 565 ; 50,000 hab. Ch.-l., Oeiras; autres villes, Parnahyba, Piraruca, etc. Très montagneuse à l’O. et au S. Vastes plaines à l’extrémité. Climat très chaud, 6ol fertile; le bétail est sa principale richesse. Mines.

PIAVE, Plavis, riv. du roy. Lombard-Vénitien, naît dans les Alpes Noriques, coule au S. O. en arrosant PieYe-di-Cadore et Bellune, tourne au S. E., traverse les prov. de Trévise et de Venise, et se jette dans l’Adriatique par 2 branches. Cours très rapide, de 225 kil. Dans le roy. d'Italie, elle donnait son nom à un dép. dont Bellune était le chef-lieu.

PIAZZA, ville de Sicile (Girgenti), à 28 kil. S. E. de Calatanisetta; 13,500 hab.

PIAZZ1 (Joseph), astronome , né en 1746 à Ponte (en Vakeline), mort à Naples en 1826, entra chez les Théatins, professa les mathématiques à Malte, la

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