III. Empereurs d' Allemagne et rois d' Espagne
Philippe de souabe, empereur d'Allemagne, fils de Frédéric Barberousse , né en 1178, eut en apanage la Souabe et la Toscane à la mort de son père, et fut élu empereur en 1 198 , à la mort de son frère Henri VL Innocent III se déclara cuutn II eut à comba tre,d abord Berthold, duc de Zæhringen, dont il Huit par acheter les droits, et ensuite Othon de Brunswick, qui fut vaincu en 1206, après une guerre sanglante. Philippe régnait depuis deux ans, lorsqu’il fut assassiné en 1208 par Olhon de Wittelsbach. Othon IV de Brunswick hiî iuccéda.
Philippe i, dit le Beau, chef de la maison autrichienne qui régna sur l’Espagne, était fils de l’empereur Maximilien et de Marie de Bourgogne. Il porta d’abord le litre d’archiduc d’Autriche , devint en 1482 souverain des Pays-Bas par sa mère, puis roi de Castille par sa femme, Jeanne la Folle, fille de Ferdinand, roi d’Aragon, et d’Isabelle, reine de Castille. Il épousa cette princesse en 1496, et l’infant don Michel, héritier de la couronne, étant mort peu de mois après, il fut, ainsi que Jeanne, déclaré dans la même année héritier présomptif dei deux couronnes, par les états de Tolède et de Saragoase. En 1504 à la mort d’Isabelle, il fut, malgré les intrigues de Ferdinand, qui voyait la «’égp.oce, proclamé roi de Castille. Sa conduite fut d abord populaire. Il adoucit les rigueurs le l’inquisition, mais bientôt il déposa les fonctionnaires castillanu pour donner leurs places à des Flamands ; enfin, il voulut faire enfermer comme folle Jeanne sa femme,
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dont la raison était égarée par la jalousie. Ses débauches et son intempérance abrégèrent sa vie; il mourut en 1508, à 28 ans. Charles-Quint, son fils, régna sur l'Espagne âpre.- Ferdinanü-ie-Calholique. * Philippe il, roi d’Espagne, etc., né en 1527, était ûls de Charles-Quint. Due de Milan dès 1540, il devint, par l’abdication de son père, d’abord roi de Naples et de Sicile ( J 554), peu de mois après souverain des Pajs-Bas (25 oct.l555),et enfin roi d'Espagne (1556). 11 avait dès 1554 épousé Marie, reine d’Angleterre , mais sans avoir aucune autorité sur les Anglais. Ardent défenseur de la foi catholique, Philippe II lutta pendant tout son règne contre les progrès de la Réforme. Il la poursuivit chez les Anglais, qui, à son instigation, furent sévèrement réprimés par la reine Marie, mais qui lui firent la guerre sous Élisabeth ; dans les Pays-Bas, où ses rigueurs excitèrent la révolte ; en F rance, où il soutint la Ligue et les Guises; en Espagne, où il protégea puissamment l’inquisition. Dans les premières années de SOI! règne, Philippe continua la guerre avec la France, remporta en 1557 la victoire de Saint-Quentin , mais il ne sut point profiter de son succès, et conclut en 1559 la paix de Cateau-Cambrésis, qui fut suivie de son mariage avec Elisabeth , fille de Henri 11. Ayant voulu introduire l’inquisition dans les Pays- Bas, il excita une violente révolte dans ces provinces, et, après une guerre désastreuse, il les perdit définitivement en 1581. En 1588, une tempête détruisit X Invincible Armada qu’il avait armée contre la reine d’Angleterre Elisabeth. Après avoir longtemps entretenu en France la guerre civile, dans l’espoir de s’emparer du trône, il se vit contraint de signer avec Henri IV la paix deVervins, en 1598. Il mourut cette même année. Les pertes qu’il eut à supporter dans ses élats du Nord furent compensées par l’acquisition du Portugal, dont il s’était emparé à la mort du cardinal et roi Henri, malgré la France et malgré les Portugais eux-mêmes, en 1580. Sous son règne, les colonies espagnoles de l’Amérique et des Indes rapportèrent immensément d’or et d’argent, mais Philippe consuma follement toutes ces richesses dans ses vains projets de monarchie uni- j verselle, et à sa mort le trésor était vide et obéré. Un accuse ce prince sombre et soupçonneux de n’avoir pas mêmeépargné sa famille; on lui imputa la mort d’undesesfils,don Carlos,qui périt dans un cachot. Cependant il protégea les lettres et les arts: I’Escurial lui doit sa fondation ; c’estlui qui litde Madridla capitale desEspagnes.il eut d’habiles génér., auxq. ildutses succès, entre au i res le ducd’ Albe, le d. de Parme (Alex. Farnèse) et le duc de Savoie (Emtn. Philibert) . 11 y a peu de princes dont on ait dit plus de bien et plus de mal ; les Caiho'iques le peignent comme un second Salomon; les Protestants comme un autre Tibère.
Philippe iii, fils de Philippe 11, régna de 1598 à 1621. Le duc de Lerme, son ministre, gouverna sous son nom et chercha à pacifier le royaume. Un traité fut conclu avec T Angleterre en 1604 ; une trêve de 12 ans fut signée avec les Pays-Bas en 1609; enfin, une alliance avec la France donna pour épouse à Louis XIII l’infante Anne d’Autriche, fille de Philippe 111. Pour prévenii lesoulèv. desMauresconvertis, il les chassa de ses étais en 1609, faisant ainsi perdre à l’Espagne ses sujets les plus industrieux; le nombre des exilés s’élevait à plus de 200,000 individus. La misere du pays fut encore accrue par des variations continuelles dans la valeur des monnaies.
flippe iv, fils de Philippe 111, lui succéda en 1621, âgé de 16 ans, et fut pendant la plus grande j partie de son règne sous la tutelle de son premier j ministie le comte d Olivarès. La guerre, reprise avec Jes P ro vinces-U nies, fut heureuse pour l'Espagne jus-
g/âce au lalcnt de SPinoia; mais de- Ur 6 devint désastreuse, et la Hollande fut i definitivement perdue pour Philippe. Ce prince !
s’engagea ensuite dans la lutte de la maison d’Autriche contre Richelieu, et perdit plusieurs provinces. La Catalogne se souleva, et le Portugal reconquit son indépendance (1640). Découragé de tant de revers , Philippe IV signa le traité de paix dit des Pyrénées , par lequel il cédait à la France le Roussillon, l’Artois, et tous ses droits sur l’AlsaceJ1659); ce traité fut cimenté par le mariage de l’infante Marie-Thérèse avec Louis XIV. 11 mourut en 1665, après un règne de 45 ans, qui fut presque constamment malheureux. Son fils Charles II lui succéda.
Philippe v, cnef de la maison aes Bourbons d Espagne, né en 1688, était fils du dauphin Louis de Fiance et pet i.t-l\ls de Louis XIV, et porta d’abord le titre de duc d’Anjou, En 1700, il fut appelé au trône d’Espagne par le testament de Charles II. Il se rendit en Espagne, y fut reçu sans opposition et sut bientôt se concilier l’amour de ses sujets. Mais l’archiduc Charles réclamait la couronne d’Espagne , et l’Europe , inquiétée par la puissance de Louis XIV, forma, pour soutenir les droits du prétendant, une grande ligue, dans laquelle entrèrent l’Autriche, l’Angleterre, la Hollande, la Prusse et le Portugal. La guerre qui s’engagea est connue sous le nom de guerre de la succession d'Espagne. Les Français et les Espagnols furent vaincus en Italie par le prince Eugène, en Allemagne par Marlborough. Chassé un moment de l’Espagne par les Autrichiens, Philippe V fut rétabli par la victoire que remporta Berwick à Almanza ea 1707, tandis que Marlborough s’emparait de toute la Flandre. Vendôme affermit le trône des Bourbons d’Espagne par sa victoire de Villa-Viciosa en 1710. Enfin la paix d'Utrecht, signée en 1713, reconnut Philippe V, en le forçant, toutefois, à renoncer à tous ses droits 6ur la couronne de Fiance, et à céder à l’Angleterre Gibraltar et Minorque; au duc de Savoie, la Sicile ; à l’Autriche , le royaume de Naples, le Milanais , la Sardaigne et les Pays-Bas. Philippe V se laissa successivement gouverner par la princesse des Ursins, et par sa seconde femme: Elisabeth Farnèse. Les plans gigantesques de son ministre Albéroni auraient pu l’engager dans une guerre contre la France et l’Angleterre ; il le sacrifia. Philippe V avait abdiqué la couronne en 1724 ; il la reprit sept mois après, à la mort de son fils, Louis, et conclut en 1725 la paix avec l’Empire. Il mourut en 1746. Son fils, Ferdinand VI, lui succéda.
Philippe (don) , duc de Parme. Voy. PARME.