‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 859 sur 1261 · P1TT · texte numérisé non relu

P1TT

parlement en 1735, et se plaça dès son début au premier rang des orateurs et des hommes politiques. Il eomLattit énergiquement le ministère de Robert Walpole , et contribua puissamment à le renverser (1743). Trois ans après (1746), il entra luimême dans 1 administration , et fut nommé par Georges 11 vice-trésorier d'Irlande , puis conseiller privé et payeur général des troupes ; il se démit de tous ses emplois en 1755 , afin de combattre librement des actes qu’il désapprouvait , rentra un instant au pouvoir en 1756 avec le titre de secrétaire d’état , et fut peu de mois après placé à la tête du ministère de coalition, dans lequel se trouvaient avec lui Fox et lord Newcastle. Ici commence la glorieuse période, dite administration de Put. Il réorganisa les finances, assura par de sages mesures les succès des armes anglaises contre la France, en Allemagne et en Amérique, et rétablit la prospérité publique; mais à lavénement de Georges 111, il perdit de son crédit, et n'ayant pu faire adopter les mesures énergiques qu’il avait proposées contre l’Espagne à la suite du pacte de famille , il se retira du cabinet (octobre 1 76 1 ). Il fut rappelé en 1766, et reçut à la même époque le titre de comte de Chatham. Chargé de former un nouveau ministère, il n’y admit que des hommes d'un talent reconnu, et ne réserva pour lui-même que le titre de garde des sceaux ; mais, aecablé d'infirmités, il ne pouvait déjà plus prendre une part très active à l’administration ; il la quitta définitivement en 1768. Dans sa retraite, il ne cessa de suivre avec le plus vif intérêt les affaires de sa patrie, et combattit avec force à la tribune toutes les mesures qui lui paraissaient contraires à la justice ou à l’honneur national. En 1778, étant déjà près de mourir, il se fit transporter au parlement pour protester contre la proposition de reconnaître l’indépendance des Américains; mais, après un premier discours, les forces lui manquèrent, et il fallut l’emporter; il expira peu de jours après (H mai). Le parlement lui fit ériger un monument dans l’abbaye de Westminster. Pitt n’avait de rival à la tribune que Fox. Si cet orateur l’égalait en véhémence , il restait bien en arrière pour la correction du style et la beauté de la forme. Pitt a laissé, outre ses discours, quelques petits poèmes et des Lettres à son neveu (lord Camelford), qui ont été publiées en i804 par lord Grenville.

PITT (William), célèbre ministre anglais, deuxième fils du précédent, né en 1759 dans le comté de Kent, fut reçu avocat en 1780, entra à la chambre des communes en 1781 , y combattit les ministres INorth et Rockingham, fut appelé dès l’année suivante, quoiqu il n eût que 23 ans, au ministère que venait de quitter Charles Fox , fils du l*r Fox, y remplit les fonctions de chancelier de l’échiquier, fut renversé en 1783 avec ses collègues, rentra dans l’opposition et fit échouer le bill indien de Fox, fut rappelé à la fin de la même année, avec les titres de 1 *r iord de la trésorerie, de chancelier de l’échiquier, et commençant son administration par un coup d'état, brisa une majorité hostile en faisant prononcer la dissolution du parlement; obtint par d’habiles manœuvres une majorité favorable, triompha de l’irritation publique, remplit le trésor vide, régularisa la dette, réprima la contrebande, mit des taxes sur le luxe, fit de grandes économies, établit le fonds annuel d’amortissement, puis formula son célèbre bill indien, chef-d’œuvre de sagesse et de olitique suivant ses admirateurs. Héritier de la aine de son père pour la France, il fit conclure contre elle, en 1788, la triple alliance de l’Angleterre, de la Prusse et des Provinces-Unies ; laissa grandir ou même fomenta en 1789, 90, 91 les troubles civils en France, se gardant bien d’unir ses efforts à ceux de la Prusse et de l’Autriche pour sauver Louis XVI et anéantir la révolution ; mais il rompit avec la répu-

Page 1