‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 86 sur 1261 · ASSE · texte numérisé non relu

ASSE

ASSASSINS, sectaires ismaéliens qui s’établirent dans les montagnes de la Perse septentr.,en 1090, sous la conduite d’Haçan-Ben-Sabath-Homaïri, formaient une espèce d’ordre religieux et militaire. Leur nom, dont la forme véritable est Hasc/tischins, vient de l’arabe haschich , boisson enivrante, à l’aide de laquelle leur chef, qu’on appelait le Vieux de la Montagne (Voy. haçanj , les jetait dans une sorte de délire, pendant lequel ils s’imaginaient trouver un avanb-goût des félicités éternelles. Ce chef élevait des jeunes gens dans un dévouement si absolu à ses volontés , qu’ils allaient sans crainte exécuter ses arrêts de mort contre les rois et les princes ses ennemis. Les Assassins prirent un accroissement rapide ; ils s’emparèrent d’un grand nombre de forteresses et formèrent plusieurs établissements, dont deux principaux : l’un au N. de la Perse, où leur cheflieu était la forteresse d’Alamout ; l’autre en Syrie, dans les montagnes de l’Anti-Liban , où ils possédaient la forteresse de Masyat ou May sut , entre Antioche et Damas. Les meurtres que commirent ces fanatiques rendirent quelque temps redoutable la puissance de leur chef; mais vers 1260, la grande invasion mongole, conduite par Houlagou, mit fin à leur existence en Perse. Ceux de Syrie furent exterminés quelques années après, par Bibars , Soudan d’Egypte. La puissance des Assassins avait duré environ 180 ans. Leurs chefs les plus célèbres, après Haçan, sont Kia-Buzurgomid, Ala- Eddyn ou Aladin, et Rockneddyn. C’est d’eux qu’est venu le nom d 'assassin donné depuis à de lâches meurtriers. Parmi leurs victimes les plus remarquables on cite un calife de Bagdad, un calife du Caire, et Conrad, marquis de Montferrat.

ASSAWAMPSIT-POND , petit lac des États-Unis (Massachussets) , à 53 kil. S. de Boston. On a découvert (1747) et l’on exploite des mines de fer au fond de ce lac.

ASSAZIE, riv. de la Guinée, naît dans le roy. d’Orkandi, et tombe dans l’Atlantique près du cap Lopez (1° 20’ lat. S.). On l’a remontée l’espace de 900 kil.

ASSCHE, ville de Belgique (Brabant mérid.) , à 12 kil. N. O. de Bruxelles; 3,900 hab. Lin, houblon.

ASSEM-KALASSI, lassos , ville de l’Anatolie, sur la côte O., au fond d’un petit golfe de même nom.

ASSEMANI (Joseph - Simon) , savant orientaliste, né en 1687, mort en 1768, était un Syrien maronite. Il fut préfet de la bibliothèque du Vatican, et publia entre autres collections précieuses : Bibliotheca orientais Clemenlino-Vaticana , Rome, 1719- 1728, 4 vol. in-fol. — Son neveu et successeur, Evode Assemani, a donné le Catalogue des manuscrits orietïtaux de la bibliothèque Mèdicèo-Laurentine , Florence, 1742, 2 vol. in-fol. — Un autre membre de la même famille, Simon Assemani , né en Syrie en 1752, mort à Padoue en 1821, a donné un Catalogue des manuscrits orientaux de la bibliothèque du comte de Nani, Padoue, 1787, 2 vol. in-4, et un Essai sur les Arabes avant Mahomet.

ASSEMBLÉE CONSTITUANTE. Voy. ci-après ASSEMBLÉE nationale.

assemblée des notables , nom jadis donné en France à des réunions où figuraient , avec les princes du sang, les principaux de la noblesse, de la magistrature et du clergé. C’est le roi qui les convoquait. Elles n’étaient que consultatives, et donnaient moins d’ombrage à la royauté que les états-généraux. Les notables furent assemblés à Tours en 1470, à Cognac en 1526, à Fontainebleau en 1560 , à Saint- Germain en 1561, à Moulins en 1566 , à Rouen en 1596, à Paris en 1626, à Versailles en 1787 et 1788. Ces deux dernières assemblées sont les plus connues; elles eurent lieu, la 1™, du 22 février 1787 au 25 mai de la même année ; l’autre, du 6 novembre 1 788

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au 12 décembre suivant. Louis XVI convoqua la première pour obtenir des subsides de la partie de la nation qu’elle représentait, et qui avait été jusque-là exempte de tout impôt. Les principaux points auxquels consentirent les notables furent l’impôt territorial, l’impôt du timbre et la suppression des corvées; mais le parlement refusa d’enregistrer ces impôts,

Î>rétextant qu’aux états-généraux seuls appartenait e droit de les établir. La cour, après avoir tenté quelques actes de violence contre le parlement, et en avoir reconnu l’inefficacité, se résolut à convoquer des états-généraux. Ce fut pour traiter quelques questions préliminaires sur l'organisation de ces états - généraux que le roi convoqua la seconde assemblée des notables. Il s’agissait de savoir quel y serait le rôle du tiers-état, s’il obtiendrait une représentation égale en nombre à celle des deux premiers ordres, la noblesse et le clergé ; si on délibérerait par tête ou par ordre , et si le tiers-état n’aurait qu’une seule voix contre les deux voix de la noblesse et du clergé. L’assemblée des notables se déclara contre le doublement du tiers ; mais la cour, cédant avec sagesse à l’opinion publique, décida le contraire.

ASSEMBLÉE législative. D’après la constitution donnée par l’Assemblée nationale, le pouvoir législatif devait être délégué a une assemblée de députés temporaires et librement élus par le peuple , composée de 746 membres; cette assemblée prit le nom d 'Assemblée législative. Elle se réunit le 1er octobre 1791, le lendemain même du jour où se sépara l’Assemblée nationale, et siégea jusqu’au 21 septembre 1792. Cette assemblée décida, entre autres choses : 8 novembre, que les émigrés seraient déclarés coupables de conspiration , poursuivis comme tels, et punis de mort, s'ils ne rentraient avant le 1er janvier 1792; 20 avril 1792, que la guerre était déclarée à l’empereur François II ; 26 mai, que les ecclésiastiques qui refuseraient de se soumettre à la constitution civile du clergé seraient déportés ; 1 1 juillet, que la patrie était en danger, et que dès lors les séances seraient permanentes, que toutes les municipalités et tous les conseils de district et de département siégeraient sans interruption, que toutes les gardes nationales seraient mises en mouvement; 10 août, que le roi était suspendu de ses fonctions, et qu’une nouvelle assemblée serait convoquée, sous le nom de Convention. Cette nouvelle assemblée commença en effet à siéger immédiatement après la clôture de la législative, le 21 septembre 1792. Les partis de la Montagne et de la Gironde se formèrent dans l’Assemblée législative.

ASSEMBLÉE NATIONALE OU CONSTITUANTE. La noblesse et le clergé ayant refusé, lors de la convocation des états-généraux en 1789, de siéger avec le tiersétat, les députés de cet ordre se constituèrent d’euxmêmes en assemblée délibérante, et prirent le nom d 'Assemblée nationale (17 juin). Louis XVI tenta d’abord de la dissoudre et fit fermer la salle où elle bc réunissait à Versailles ; mais les députés, s’étant rendus au jeu de paume, jurèrent de ne se séparer qu’après avoir donné une constitution à la France, et le roi, désespérant de vaincre leur résistance, invita les deux autres ordres à se joindre à eux (27 juin). Voici l’indication des principaux actes de cette célèbre assemblée : 4 août 1789, abolition de tous les privilèges féodaux ; 23 et 24, décret pour la liberté des opinions religieuses et la liberté de la presse; 12 octobre, décret pour la translation de l'assemblée nationale à Paris ; 2 novembre, déclaration que les biens du clergé sont mis à la disposition de l’état comme biens nationaux , P décembre, création d’un papier-monnaiesousle nouuV assignats; 16 janvier 1790, division du royaume en 83 départements; 17 mars, décret pour la vente des biens

nationaux jusqu’à concurrence de 400 millions: 19 juin, suppression de tous les titres de noblesse; 27 novembre, décret relatif à la prestation de serment de tout ecclésiastique fonctionnaire public ; 5 juin 1791, décret qui ôte au roi le droit de faire grâce ; 16 juillet, déclaration que le roi sera suspendu de ses fonctions jusqu’à ce qu’on lui ait présenté l’acte constitutionnel; 30, abolition des ordres de chevalerie. Le 3 sept. 1791, la constitution est terminée, et, le 13, le roi l’accepte. Cette constitution, élaborée et discutée pendant les années 1789, 1790 et 1791, déterminait le pouvoir du roi et le pouvoir de la nation. Elle créait une assemblée législative, qui seule faisait les lois, et elle accordait au roi, sous le nom de veto , le droit de suspendre l’exécution des volontés nationales. L’Assemblée constituante se sépara le 30 septembre 1791, et fut immédiatement remplacée par l’Assemblée législative. Les personnages qui eurent le plus d'influence dans cette assemblée sont : Mirabeau, Barnave, Cazatès, Maury, Duport, Lafayeite, Lameth, etc.

ASSEN, ville de Hollande (Drenthe), ch.-l. delà prov., sur le Horn-Diep, qu’un canal met en communication avec le Zuyderzée, à 110 kil. N. E. d’Amsterdam; 1,100 hab.

ASSÉNÈDE, ville de Belgique (Flandre orient.), à 19 kil. N. E. de Gand ; 3,160 hab.

ASSENHE1M, ville du gr.-duché de Hesse-Darmstadt, à 8 kil. S. E. de Friedberg ; 4,000 hab.

ASSENS, petit port du Danemarck, dans l’île de Fionie , à 33 kil. S. O. d’Odensée , sur le Belt; 1 ,460 h. Christian lllybatt. ses suj. insurgés, 1536.

ASSER, célèbre rabbin, né à Babylone l’an 353 de J.-C., mort en 427, fut dès l’âge de 14 ans président de l’académie deSora sur l'Euphrate et compta un grand nombre de disciples. Il est l’auteur du Talmud de Babylone, que l'on doit distinguer du Talmud de Jérusalem. C’est une compilation qui contient les traditions sur la loi et la religion juive. Le Talmud d’Asser a été imprimé à Amsterdam en 1744, avec ses commentaires, 12 vol. in-folio.

ASSI, riv. de Syrie. Voy. aasi.

ASSINIB01L ou ASSIN1BOINE, riv. de l’Amérique du Nord, a sa source par 105° long. O., 52° 15’ lat. N. ; court au S. E., reçoit le Calling, le Mouse, la Rivière-Rouge, et tombe dans le lac Ouinipeg, après un cours très sinueux de 700 kil.

ASSINIBOkLS ou ASSIN1BOINS, nation américaine de la famille des Sioux-Osages, a donné son nom à la riv. d’Assiniboil ; ils habitent à l’O. du lac Ouinipeg, et au N. des Dakotas, dont ils sont les ennemis acharnés. Commerce de fourrures.

ASSINIE, riv. et contrée d’Afrique. Voy. issi.nie.

ASSISE, Assist en italien , Asisium chez les Latins, ville des États ecclésiastiques, à 19 kil. S. E. de Pérouse, sur une mont.; 4,000 hab. Evêché. Patrie de saint François d’Assise. On y conserve son corps.

ASSISES de Jérusalem, recueil de lois rédigées en 1099 par Godefroi de Bouillon, roi de Jérusalem, de concert avec les principaux seigneurs croisés, réunis en assises. Ces lois, destinées à régir l’état chrétien de Palestine, furent anéanties en même temps que la domination des Croisés. Cependant, plusieurs de leurs dispositions furent introduites dans le royaumede Chypre parGuy de Lusignan (1192), dans l’empire latin de Constantinople (1204), et dans plusieurs autres parties de la Grèce. La bibliothèque de Venise en possède un exemplaire manuscrit. M. Pardessus a recueilli un grand nombre d'extraits de ces règlements M. le comte Beugnot a pub. lesAsmea, 1S41- 44,in-f. (dans le recueil des Historiens des Croisades).

ASSOMPTION (fête de 1’), nom donné par l’Eglisp à la fête célébrée en l’honneur de la translation de là Ste Vierge au ciel. On la célèbre le 15 août. Celte fête était établie dès leve siècle; mais le voeu de Louis XIII ajouta beaucoup en France à sa solennité.

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