‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 87 sur 1261 · ASIE · texte numérisé non relu

ASIE

ASSOMPTION, Assuniçaô des Portugais, capitale du Paraguay, sur la rive gauche du Paraguay, par 25° 17’ lat. S., et 60° long. 0., à 1,050 kil. N. É. de Buénos-Ayres; 12,000 hab. Résidence du dictateur; évêché. Peaux, tabac, maté. Fondée en 1535.

Assomption (notre-dame de l’) , Fortaleza, Villa do Forte ou Céara, v. du Brésil, par 40° 48’ long. 0., et 3° 31’ lat. S., sur la Céara, près de son embouch.; chef-lieu de la prov. de Céara. Port sur l’Atlantique.

Assomption, chef-lieu de l’île Marguerite (Venezuela'), par 66° long. 0., et 11° lat. S., sur la côte E.

Assomption (île de 1’), une des îles Mariannes, par 143° 34’ long. E., 19° 45’ lat. N. ; a 17 kil. de tour. Volcan au centre. Mauvais mouillage. Riz, arbre à pain, cocotier, etc. — Voy. aussi Anticosti.

ASSOS, ville de Troade. Voy. asos.

ASSOUAN ou AÇOUAN,;Svette, v. et île de la haute Egypte, sur la rive droite du Nil, à 97 k. S. d’Edfou, par 30° 35’ long. E., 24° 5’ lat. N., est très-voisine du iropique; aussi, le jour du solstice, l’ombre y est-elle presque nulle. C’est laque se trouve la lre catar. du Nil.

ASSOUCY (Ch. coypeau d’), poète burlesque, surnommé le Singe de Scarron , né à Paris en 1604, mort en 1679, mena une vie fort désordonnée, s’échappa dès son enfance de la maison paternelle, se fit empirique, puis joueur de luth, fut, en cette dernière qualité , attaché pendant quelque temps à la cour de Savoie et à celle de Louis XIII, et amusa par ses facéties l’enfance de Louis XIV; puis se remit à voyager comme chanteur ambulant, et se fit emprisonner en Italie, dans les cachots de l’inquisition, pour une satire contre un prélat romain. De retour en France, il fut encore nus en prison pour mauvaises mœurs. D’Assoucy a traduit en vers burlesques les Métamorphoses d’Ovide, sous le titre d'Ovide en belle humeur , ainsi que le Ravissement de Proserpine de Claudien, et a composé un grand nombre d’autres poésies. Il eut quelque vogue en son temps, comme le prouve ce vers de Boileau :

Et, jusqu’à d’Assoucy, tout trouva des lecteurs.

ASSOIIR. Voy. achour.

ASSUAY. Voy. asuay.

ASSUERUS, roi de Perse, qui, selon la Bible, épousa la J uive Esther. On croit que c’est le même que Darius, fils d’Hystaspe, ou qu’Artaxerce-Longuemain.

ASSUR, fils de Sem, et contemporain de Nemrod, fut, selon la Bible, le fondateur du royaume d’Assyrie, et bâtit Nimve. On place son règne vers 2640 av. J.-C.

ASSYRIE, Assyria, vaste contrée de l’Asie ancienne, située à l’E. du Tigre, et qui répond au Kourdistan actuel. Elle était bornée au N. par l’Arménie, à l’O. par la Mésopotamie, à l’E. par la Médie, au S. par la Rabylonie. Villes principales : Ninive (capit.), Gaugamèle, Arbèles, Larisse, Opis, Àrtémite. Le Tigre, l’Àrbis, le Gorgus et le Zabus arrosaient l’Assyrie. — On donne quelquefois le nom d’Assyrie à la réunion de l’Assyrie proprement dite, de la Babylonie et de la Mésopotamie. — Assur, fils de Sem, fonda Ninive vers 2640 avant J.-C., dans le même temps où Nemrod jetait les fondements de Babylone, et donna son nom à l’Assyrie. On ne sait rien de certain sur l’histoire de cette contrée jusqu’à Bélus , qui, en 1993 avant J. -G., chassa les Arabes, alors maîtres du pays, et créa le premier empire d’Assyrie , en réunissant le royaume de Babylone à ceiui de Ninive. Ninus, fils de Bélus (1968-1916), vainqueur de l’Arménie et de la Médie, soumit tous les peuples de l’Asie septentr. jusqu'à la Bactriane et au pays des Saces. Sémiramis, sa veuve, étendit l’empire des Assyriens jusqu’à l’Indus , et remplit Babylone des monuments les plus magnifiques (1916-1374). Elle eut pour fils et pour successeur Ninyas , après lequel on ne trouve sur l’histoire d’Assyrie que des traditions vagues et incertaines, d’immenses lacunes et de longues séries

de rois inconnus. Le dernier prince de cette dynastie, Sardanapale , n’est célèbre que par sa mollesse : il fut détrôné par ses sujets vers l’an 759 avant J.-C. Des débris du premier empire d’Assyrie se formèrent les royaumes particuliers de Médie, de Babylone et de Ninive. Ce dernier, fondé par Phul, appelé aussi Sardanapale II, est connu sous le nom de second empire d’Assyrie. Téglath-Phalasar, fils de Phul (742), et Salmànasar (724), soumirent les rois de Juda et d Israël ; Sennachérib (712) ravagea l’Egypte, assigea Jérusalem et triompha des Babyloniens , mais il mourut assassiné (707). Assarhaddon, fils de Sennachérib, s’empara de Babylone (680) ; mais sous ses successeurs Saosduchéus ( Nabuchodonosor ) et Chinaladan (Sarac), l’empire d’Assyrie s’affaiblit considérablement. Enfin , en 625 , Nabopolassar, rode Babylone , renversa Sarac et détruisit le second empire d’Assyrie, en le réunissant à celui de Babylone. Depuis lors, l’Assyrie passa avec la Babylonie sous la domination de Cyrus (538); considérée désormais comme une province de la Perse, elle subit toutes les vicissitudes de cet empire.

ASS\rZ-RAS, pointe de terre dans la mer Rouge, par 36° long. E., 18° 24’ lat. N., qu’on croit être la Ptolémaïs Therôn de Ptolémée.

ASTA, v. de laGauie Cisalpine ^Ligurie), auj. asti.

asta regia, auj. &erès de la F router a , ville d’Ilispanie, dans l’üWTartesse , sur un bras (auj desséché) du Iiœtis.

ASTABÈNE,portionde l’ancien empire perse (Hyrcanie), au S. E. de la mer Caspienne, correspond à peu près au Daghestan, et avait pour hab. les Dakæ.

ASTABORAS , riv. de l’Ethiopie, auj. YAtbarah ou Tacazzé. Voy. atbarah.

ASTACUS, auj. Korfa , ville de Bitliynie, sur la Propontide (mer de Marmara), près et à l’O. de Nicomédie, donnait son nom à V Astacenus sinus (auj. golfe d ’lsmkmid ou deNicomédie). Détruite par Lysimaque.

ASTAPA, Estepa la Vieja, ville de la Bétique, sur les confins des Bastuli Pœm.

ASTAPUS, fleuve d’Ethiopie, auj. le badr-ee-

AZREK.

ASTARAC (comté d’), partie de l’ancien comté d’ Armagnac (bas Armagnac), comprenait Miranda , Simorre , Roquelaure et Pavie.

ASTARAII, ville de la Russie d’Asie (Chirvan), sur une rivière de môme nom , à 4 kil. de la mer Caspienne, et à 57 kil. N. E. d’Ardebyl. Petit port. Résidence du khan des Talicliahs.

ASTAROTH. On connaît sous ce nom deux villes de Palestine , situées toutes deux dans la demi-tribu de Manassé à l’E. du Jourdain; l’une était la capitale d’Og , roi de Bazan , et l’autre la patrie de Job.

ASTAROTH, divinité phénicienne. Voy. astàrté.

ASTARTÉ, divinité des Phéniciens et des Syriens, parait être la personnification du ciel et de l’immense armée des étoiles; les Grecs l’ont identifiée avec leur Vénus céleste ou Uranie. Elle est nommée dans la Bible Astaroth.

ASTER, habile archer d’Amphipolis. Pour se venger de Philippe, roi de Macédoine, qui avait refusé ses services, il lui perça l’œil droit, au siège de Méthone, avec une flèche sur laquelle étaient, dit-on, ces mots : « A l’œil droit de Philippe. » En réponse , le roi fit jeter dans la place une flèche avec ces mots : a Si la ville est prise, Aster sera pendu. » Il le fut en effet.

ASTERABAD ( Ville de Y Étoile), v . d’Iran (Mazenderan ;, sur le Gourgan, par 36° 50’ lat. N. et 52° 5’ long.E., près de la Caspienne ; 12,000 h. On croit que c’est Pane. Ta mbrax ou Thambraces, cap.de l’Hyrcar nie. Elle fut ravagée par Tamerlan, et n’est plus qu’ut grand village qui sert de résid. au khan des Kadjars. Garance excell., qui donne aux étoffes de Perse leur cél. couleur rouge. Manuf. d’étoffes de soie et de coton.

ASTÉR1US (saint), évêque métropolitain d’Amasie, dans le Pont fut élevé à ce siège à la fin du

ASTR

IV* siècle. Il se montra fort zélé pour la pureté de la foi, et fut vénéré dans tout l’Orient. On a de lui des Sermons, qui ont été pub. par Combefis, gr.-lat.,

648, et trad. en franç. par Bellegarde et Maucroix.

ASTI, Asta Colotiia et Asta Pompeia , ville des États sardes, sur le Tanaro et le Belbo, à 40 kil. S. E. de Turin; 21,000 hab. Evêché. Vins muscats renommés. Manufactures d'étoffes de soie. Ville très forte sous les Romains ; république au moyen âge ; elle forma ensuite un duché. C’est la patrie d’Alfieri.

ASTICA, petit canton de Thrace, au S. E., près du Pont-Euxin, ainsi nommé des Astes, ses habitants. Villes principales, Byzie, Salmydesse.

ASTOLPIIE, roi des Lombards (749-756), conquit en 752 l’ exarchat de Ravenne ; il allait s’emparer des terres de l’Église, lorsque le pape Étienne II implora le secours de Pépin, roi de France, qui passa en Italie, délit Astolphe, reprit Ravenne et en fit don au pape. Il eut pour successeur Didier.

ASTORGA, Asturica Augusta , ville d’Espagne X-éon), à 2 kil. du Tuerto, et à 40 kil. S. O. de Léon ; 4,000 hab. Près delà est le lac de Sanabria, au milieu duquel s’élève le fieux château des comtes de Benavente. Prise par les Français en 1810.

ASTORIA, v. des États-Unis, ch.-l. de l’Orégon.

ASTRACAN ou ASTRAKHAN, ville de la Russie d’Europe, ch.-l. du gouvernement d’Astrakhan , dans une île de la mer Caspienne, à l’embouchure du Volga, à 188 myriamètres S. E. de Pétersbourg ; 70,000 hab. Archev. grec et arménien ; nombreuses églises; beaux vergers, vignobles; mais la ville est irrégulière et mal bâtie. Cest le port le plus fréquenté de la mer Caspienne; il sert d’entrepôt au commerce de la Russie avec la Boukharie, la Perse et l'Inde. Ses 3 bazars, destinés à trois classes de marchands, les Russes, les Hindous, les Asiatiques non Hindous, lui donnent un aspect curieux. Astracan était jadis la capitale du khanat d’ Astracan; elle appartient aux Russes depuis 1554, époque où Ivan IV s’en empara ; elle fut en vain assiégée par les Turcs (1569). — Le gouvernement d’Astracan, l'un de ceux de la Russie d’Europe, est situé entre lesgouv. de Saratov, d’Orenbourg, du Caucase, la mer Caspienne et le steppe des Kirghiz, et s’étend de 40° 40’ à 49° 42' long. E., et de 45° à 52° lat. N.; 223,000 hab., en grande partie nomades. Plusieurs grandes riv. (Volga, Oural, Gachoumi, les deux Ouzens). Tabac, maïs, riz, vin, etc.; pêche. On y élève beaucoup de bétail.

ASTRÉE, Astræa, déesse de la justice, habita la terre dans l’âge d’or ; mais les crimes des hommes dans les âges d’airain et de fer la firent remonter au ciel ; elle forme le signe de la Vierge dans le zodiaque. On la confond avec Thémis.

ASTRONOME (l’), nom sous lequel on désigne un écrivain inconnu, du ix® siècle, auteur d’une Vie de Louis-le-Dêbonnaire, en latin, traduite par le président Cousin ( Histoire de l'empire d' Occident), et qui jouit d’une grande autorité. Son nom lui vient des connaissances qu’il possédait en astronomie.

ASTRUC (J.), célèbre médecin français, né en 1684 à Sauves près d’Alais, mort à Paris en 1766, étudia à Montpellier, et devint successivement professeur de médecine à Toulouse (1710), à Montpellier, au collège de France et à la faculté de médecine de Paris. Le roi de Pologne l’attira auprès de lui, en le nommant son premier médecin (1729); mais il ne resta qu’un an à cette cour, et revint en 1730 à Paris, où Louis XV le choisit pour médecin consultant. Astruc avait adopté le système mécanique de Boerhaave. Ses principales œuvres sont De morbis venereis libri VI, Paris, 1736 et 1740, traduit en français par Jault, 1743; Traité des tumeurs ,

1 769; des Maladies des femmes, 1761-1765. Il s'occupait avec goût de métaphysique : il a publié en ce genre des dissertations De Sensatione , Montpellier, 1720; De Imaginatione , Montpellier, 1723 ; Sur l'im-

ATAB

mortalité, V immatérialité et la liberté de l'âme 1755. On a aussi de lui des Conjectures sur la Genèse.

ASTURA, Astura, ville de l’Etat ecclésiasti tue à 60 k. S. de Rome, à l’emb. de l’Astura. Cicéron y avait une villa; il fut tué près de là. Lejeune Conradin, battu à Tagliacozzo, y fut pris (1268).

ASTURES, peuple de l’Hispanie, entre les Cal* laici et les Cantabri, habitait les Asturies actuelle et la partie septentrionale du royaume de Léon. Soumis le dernier de l’Hispanie par les Romains, il fut divisé par eux en Transmontani au N., et Augustani au midi. Ils avaient pour chef-lieu Asturica Augusta.

ASTURICA AUGUSTA, ville d’IIispanie, ch.-l. des Astures, est auj. àstorgà.

ASTURIES, contrée d’Espagne, dont on a formé l’intendanco d’Oviédo, avait pour bornes au N. la mer, au S. le roy. de Léon, à l’E. la Vieille-Castille, à 10. la Galice; 355,000 hab. Ch.-l., Oviédo. Beaucoup de mont, et de vallées. Céréales, maïs, grande quantité de cidre; fer, cuivre, houille, etc. ; sur les côtes, ambre et corail. On y élève beaucoup de mulets. On distinguait jadis deux Asturies, l’Asturie d’Oviédo et l’Asturie de Santillane, ainsi nommées de leurs chefs-lieux. — Les Asturies sont le berceau de la monarchie espagnole chrétienne; c’est dans les montagnes des Asturies que se réfugièrent les Goths en 712 et 713, et que Pélage, proclamé roi à Cavadonga (718), remporta la victoire de la Deba en 719. Le fils aîné des rois d’Espagne porte le titre de prince des Asturies. — Voy. oviédo et Léon.

ASTYAGE, dernier roi des Medes, fi U do Cyaxare, régna de 596 à 560 av. J.-C., et fut, selon Hérodote, détrôné par Cyrus, son petit-fils. Xénophon ne confirme pas cette version.

ÀSTYANAX, fils d’Hector et d’Ândromaque, fut, après la prise de Troie, précipité du haut des mura de la ville, parce que Calchas avait prédit aux Grecs qu’il leur serait plus funeste que son père. Selon une autre tradition, il fut sauvé et suivit sa mère en Épire.

ASTYDAM1E, épouse d’Acaste, roi d’iolcos, conçut un amour coupable pour Pélée ; se voyant dédaignée, elle l’accusa d’avoir voulu lui faire violence, afin de le faire périr. Mais Pélée échappa à la mort, et se vengea par le supplice d’Acaste et d’Astydamie.

ASTYPALÉE, auj. Stampalia, une des Cycladcs, au S. E.

ASUAY, dép. delà Colombie, dans l’Amérique du Sud (Équateur), au S. O. et à l’E. des Andes, 30 divise en trois provinces: Cuença, Loja, Jaen, et a pour ch.-l. Cuença.

ASYLUM, ville des États-Unis (Pensylvanie) , à 22 kil. N. de Towanda, et à 132 kil. N. E. de Philadelphie.

ATABALIBA ou ATAIIUALPA , dernier roi du Pérou, de la famille des Incas, fut chargé de chaînes, contre la foi du serment, par Pizarre, dans une conférence à laquelle ce général l’avait attiré, puis fut étranglé par ses ordres, l’an 1533.

ATABEK, c.-à-d. père du prince, nom que prirent chez les Turcs, dans les xie et xri® siècles, plusieurs émirs qui, chargés du gouvernement dfcs provinces de l’Iran par les sultans seldjoucides, avaient usurpé le pouvoir suprême, mais n’osaient prendre le titre de sultan. Il3 formèrent quatre dynasties principales : 1° les atabeks de l’Irak , qui eurent pour fondateur Omad’Eddin-Zenghi, le plus célèbre des atabeks , et que les Croisés appelaient Sanguin; ses successeurs régnèrent de 1127 à 1218; 2° les atabeks du Farsistan, qui possédèrent la Perse de 1148 à 1264 et en furent chassés parHouiagou; 3° les atabeks de l’Aderbidjan , de 1169 à 1225; 4° les atabeks du Laristan, dont le der ici-., nommé Rokneddin, mourut en 1339.

ATER — 124 — ATHE

ATAGÀMA , ville de Bolivie, ch.-l. d’une contrée du même nom , par 72° 6’ long. 0. et 21° 62’ lat. S.

ATAC1NI, peuple de la Gaule (Narbonnaise 1 re), entre les Sardones et les Volcœ Arecomici, ainsi nommés de l’Afa;r(Aude)quibaignaitleurpays.Ils avaientpour capit. Atacinus vicus (Aussière), village situé près du ruisseau d’Ausson, à 12 kil. de Narbonne. Patrie de Térentius Yarron. Les Atacini occupaient une portion du dép. de l’Aude, aux environs d’Aleth.

ATAHUALPA, le dernier des Incas. Voy. àtabaliba.

ATALANTE, fille de Schœnée, fils d’Athamas, est célèbre dans la fable par son agilité. Pour éluder les instances des jeunes princes qui demandaient sa main, elle leur promit d’épouser celui qui la vaincrait à la course, mais à condition que tous ceux qu’elle dépasserait recevraient la mort. Plusieurs avaient déjà péri lorsqu’Hippomène entra dans la lice, et obtint par ruse le prix proposé, en jetant devant Atalante des pommes d’or qu’elle ramassa dans sa course, et qui la retardèrent. — Une autre Atalante , célèbre chasseresse, prit part à la chasse du sanglier Calydon, porta le premier coup au terrible animal, et reçut la hure du sanglier des mains de Méléagre, son amant.

ATARBÉCHIS ou APHRODITES , ville de la Basse-Égypte , à 9 kil. S. de Byblos, sur un bras du Nil qui tombait dans le lacus Buticus , ot qui recevait le nom de branche Atarbéchique.

ATAULPHE , beau-frère d’Alaric, roi des Visigoths, lui succéda en 412. Il avait sous le règne

Srécédent puissamment contribué à la prise de .orne, et avait emmené captive Placidie , fille de l’empereur Théodose, et sœur de l’empereur Honorius. Il se fit céder par Honorius la Gaule et l'Espagne, et épousa Placidie. 11 fut assassiné en 416 à Barcelone par un de ses officiers , à l’instant où il allait faire la conquête de l’Espagne.

ATAX, riv. de la Gaule, auj.l’AUDE.

ATBARAH ou TACAZZÊ, l'Astaboras des anciens, riv. d’Abyssinie, un des principaux affluents du Nil ; traverse le Tigré , le pays des Changallas, la Haute-Nubie; reçoit à droite l’Aregua et le Mareb , et tombe dans le Nil par la droite , après avoir formé avec le Bahr-el-Azrek la fameuse île de Méroé.

ATCHAFÀLAYA , bras occidental du Mississipi (Amérique du Nord), traverse beaucoup de lacs, entre autres celui de Chetimache, et communique avec le Mississipi par plusieurs bras. Il a 190 kil. de cours.

ATÉ, c.-A-d. en grec malheur , divinité malfaisante, fille de Jupiter. Son occupation est de troubler l’esprit des hommes et de les exposer au malheur. Chassée du ciel par son père, elle parcourt sans cesse la terre , suivie des Prières , filles boiteuses de Jupiter , qui s’efforcent de réparer les maux qu’elle a faits (Homère, i/.,xix, 91).

ATEK, ville de l’Inde. Voy. attok.

ATEL, ancien nom du volga et de balangiar. ATELLA, Averse ou S.-Arpino, v. de l’Italie ancienne (Campanie), au S. U. et près de Capoue , est célèbre pour avoir donné son nom aux drames osques, dits alellanes. Ces pièces avaient quelque rapport avec les pièces satyriques des Grecs, mais on n'y voyait point figurer de satyres. Les alellanes disparurent, dit-on, lors de l’introduction des tragédies régulières; cependant on les revit encore longtemps comme intermèdes.

ATÉNOLPHE , duc de Bénévent, était d’abord prince de Capoue ; il conquit en 900 le duché de Bénévent sur Radelgise 11 qu’il chassa de ses états. À sa mort (910) , ses deux fils, Landolphe et Aténolphe II, régnèrent conjointement et reconnurent la suzeraineté des empereurs d’Orient. Aténolphe 11 ai o a rut en 940.

ATERGATA ou ATERGAT1S, déesse des Asca-

lonites, avait le visage et la tête d’une femme et le reste du corps d’un poisson.

ATERNUM, auj. Pescara, ville de l’Italie anc., chez les Prœlulii, sur l’Adriatiq. , à l’emb. de YAlernus.

ATESSA, ville du roy. de Naples (Abruzze Citér. ) , à 17 kil. S. de Lanzano; 6,000 hab. Patrie du poëte Cardone, religieux dominicain.

ATESTE, Ateste, ville de Yénétie, auj. este.

ATFIEH, Aphroditopolis , ville de la Moyenne- Égypte, chef-1. de province, à 2 kil. de la rive droite du Nil, à 71 kil. S. E. du Caire.

ATH, ville de Belgique (Hainaut), sur la Dender, à 24 kil. N. O. de Mons; 7,800 hab. Nombreuses manufactures. — Ath faisait partie du Hainaut autrichien. Elle fut prise en 1667 et en 1697 par les armées de Louis XIV ; elle fut rendue aux Impériaux par le traité de Ryswick. Les Hollandais s’en emparèrent en 1716, et Louis XV en 1745.

ATHALAR1C, roi des Ostrogoths, petib-fils de Théodoric, fut, quoique mineur, reconnu pour roi à la mort de ce prince, et porta la couronne huit ans (526-534) ; sa mère Amalasonte régna sous son nom.

ATHALIE, reine célèbre par ses crimes, fille d’Achab, roi d’Israël, et de Jézabel , épousa Joram, roi de Juda, et en eut Ochosias. Après avoir perdu son époux et son fils, qui périt assassiné par Jéhu, elle fit elle-même massacrer tout ce qui restait de la race de David, et se plaça ainsi sur le trône, 876 av. J.-C.; mais Joas, le plus jeune des fils d Ochosias, ayant échappé au massacre, le grandprêtre le conserva dans le temple, le proclama roi 6 ans après devant les Prêtres et les Lévites et fit tuer Athalie que le tumulte avait attirée, 870. Athalie avait établi à Jérusalem le culte de Baal.

ATHAMAN1E, petite contrée de l’Ëpire rnérid.. sur les confins de l’Acarnanie.

ATI1AM AS, roi d’Orchomènes en Béotie, épousa en premières noces Néphélé ou Thémisto, qui le rendit père de Phryxus et de Hellé ; puis en secondes noces Ino, fille de Cadmus, dont il eut Léarque et Mélicerte. Sa seconde épouse, jalouse des enfants du premier lit, décida Athamas à les faire périr. Ce père barbare allait en effet les massacrer, quand Jupiter leur envoya un bélier à toison d’or, sur lequel ils s’échappèrent. Athamas fut puni de sa cruauté par la perte de la raison ; prenant alors les enfants d Ino (Léarque et Mélicerte) pour des lionceaux, il les écrasa contre une muraille. Revenu de son égarement, et honteux de ce nouveau crime, il s’exila dans un canton de l’Épire, qui prit de lui le nom d’Athamanie.

ATHANAGILDE, roi des Visigoths d’Espagne, 554~5tr, fit de Tolède la capitale de ses états. Il maria sa première fille, Galsuinde, à Chilpéric, roi de Soissons ; et Brunehaul. la deuxième, à Sigebert, roi d'Austrasie. 11 avait détrôné Agila.

ATHANASE (saint) , l’un des premiers pères de l’église grecque, ne à Alexandrie vers l’an 296, devint patriarche de cette v. en 326, après S. Alexandre, et s’opposaavec force aux innovations d’Arius : ce qui l’exposa auxpersécutions des sectateurs de l’hérésiarque. Déposé par le conciliabule de Tyr (335), il fut rétabli par les conciles de Rome et de Sardique (347). Alternativement exilé et rappelé par Constantin, Constance, Julien, Jovien, il finit par triompher, et termina glorieusem. ses jours à Alexandrie en 373 . Il reste de lui des Commentaires sur la Bible , etun grand nombre d’autres ouvrages, écrits la plupart contre les Ariens, parmi lesquels on remarque son Apologie à l'empereur Constance. Ses Œuvres ont été publiées par Montfaucon , grec-latin, Paris , 1698, 3 vol. in-fol. On l’honore le 2 mai.

ATHELARD. Voy. adelard.

ATHELSTAN , roi d’Angleterre, 925-941, se distingua par son courage et ses vertus. 11 vainq. en 938 , à Brunanbur (Chester), les Danois, Constan-

ATHE

tin , roi d’Écosse , les princes de Galles et de Cornouailles, qui s’étaient ligués contre lui avec les Danois. Délivré de ses ennemis, il fit régner la justice et ne s’occupa que du bonheur de ses peuples. Ses trois sœurs furent mariées, l’une à l’empereur Othon I , l’autre à Charles-le-Simple , roi de France, et la troisième à Hugues-le-Grand.

ATHËNAGORAS, philosophe platonicien, ou plutôt éclectique, né dans le il® siècle à Athènes, se fit Chrétien , et alla s’établir à Alexandrie. 11 adressa une Apologie de la religion chrétienne à Marc-Aurèle et à son fils Commode. On a aussi de lui un Traité tur la Résurrection. Les meilleures éditions de ces deux traités sont celles d’Oxford, 1706, in-8, et de Leipsick, 1774, in-8. Ils se trouvent aussi dans la Bibliothèque des Pères. Ils ont été traduits par Arnaud Duferrier, 1577; le Traité de la Résurrection a été traduit parP.-L. Renier, Breslau, 1753.

ATHËNAIS ou EUDOXIE, Voy. eudoxie.

ATHÉNÉE, Athenæus, célèbre grammairien grec, né à Naucratis en Égypte, vécut sous Marc-Aurèle et ses successeurs jusqu’à Alexandre-Sévère. On a de lui un ouvrage rempli de renseignements curieux, intitulé Deipnosophistœ, ou les Sophistes (c.-à-d. les Savants ) à table, en 15 livres. Malheureusement il nous manque les deux premiers livres, une partie du troisième, et la plus grande partie du dernier. Casaubon a donné une édition estimée de cet ouvrage, avec tr. lat. de Dalecliamp et notes, Lyon, 1597-1600, in-fol. Schweighæuser en a donné une édition collationnée sur de nouveaux manuscrits, en 14 vol. in-8, Strasbourg, 1801-1807. Dindorf a publié letexte grec en 1827, à Leipsick, 3 vol. in-8. Athénée a été traduit en français par l’abbé de Marolles, Paris, 1680, et par Lefebvre de Villebrune, Paris, 1789-1791, 5 vol. in-8. M. Ad. Hubert a donné des Morceaux choisis du Banquet des Savants, Paris, 1828, 1 vol. in-8°, gr.-franç., avec notes.

ATHÈNES, Athenæ , Sètines chez les Turcs, anc. capit. de l’Attique et auj. ch.-l. de la Grèce orientale, par 21° 25’ long. E.,37° 58’ lat. N., à 8kil.de lamer. Elle n’a guère que 20,000 hab. Athènes était beaucoup plus grande autrefois : elle a pu compter jusqu’à 80,000 hab. Elle avait 3 ports: Phalère. Munychie, le Pirée dit depuis Porto-Leone , 13 portes, 7 quart, principaux : l’Acropole ou quartier de la citadelle , l’Aréopage, l’Académie, le Céramique, le Prytanée, le Lycée, le Théâtre. On y admirait une foule de monuments, parmi lesquels il faut remarquer l’Aréopage, le Prytanée, l’Odéon, le Pécile, l’Académie, le Lycée, tous détruits, et le Parthénon, la tour octo-

§one ou temple des Vents, le temple de Jupiter 'lympien, le temple de Thésée, le temple de la Victoire, ia porte d’Adrien, le théâtre de Bacchus, celui d’Hérode Atticus, l’Erechtheum, etc., dont les ruines Bont encore debout. Des fouilles récentes ont fait découvrir le Pnyx, ou place des assemblées populaires. Presque tous ces monuments étaient ornés, les uns des chefs-d'œuvre de la sculpture et de la peinture, les autres d’inscriptions; aussi les ruines dont le sol est couvert ont-elles fourni beaucoup d’antiquités aux curieux. Aux environs d’Athènes coulaient 2 ruisseaux, I’Ilissus et l’Eridan ; dans l’enceinte de l’Acropole était la fontaine de Pan, récemment retrouvée ; 2 longs murs joignaient le Pirée à la ville. — Athènes fut fondée, dit-on, vers 1643 av. J.-C. par une colonie égyptienne que conduisait Cécrops; elle devint bientôt le centre de l’Attique, qui jusque-là était divisée en bourgades indépendantes : son nom vint de celui d 'Athéna, Minerve, à laquelle elle était consacrée. On lui donne pour rois, après Cécrops I, Cranaiis, Amphictyon, Erichthonius, Pandion I, Erechthée, Cécrops Il.Pandion II, Égée, Thésée, Ménesthée, Démophoon, Oxyntès, Aphidas, Thymète, Mélanthe, Codrus, qui périt l’an 1132 av. J.-C. A cette période monarchique succède ia

ATHE

période aristocratique, qui se subdivise en 3 épo ques : 1° les archontes perpétuels, de 1132 à 754; 2° les archontes décennaux, jusqu’en 684 ; 3° enfin les archontes annuelset le gouvernement tyrannique ou des Pisistratides (5G0-510). Après la chute d’Hippias et avec les lois de Clisthène commence la période de la démocratie pure, qui va jusqu’à la réduction de la Grèce en prov. romaine, 146 av. J.-C. La puissance exécutive était partagée entre les 9 archontes : la nomination de ces magistrats et de tous les fonctionnaires importants, le droit de paix et de guerre , les mesures financières, les lois, appartenaient aux assemblées populaires ; le droit de suffrage était universel ; tout citoyen pouvait siéger à son tour comme juge. Les habitants étaient divisés en trois classes : citoyens ; habitants non citoyens, mais libres ; esclaves. L’amour des Athéniens pour les beaux-arts et la littérature est connu. — Les faits principaux de l’histoire d’ Athènes et de l’Attique sont, après la fondation de la ville, l’abolition de la royauté et l’établissement de l’archontat, 1132; la législation de Dracon, 624; celle de Solon, 594; la tyrannie de Pisistrate, 560; l’expulsion d’Hippias, 510; les trois guerres médiques, 492-449 (Athènes devient à cette époque la première puissance de la Grèce; elle domine principalement sur mer; elle a des colonies, des comptoirs et des villes sujettes hors del’Attique); l’administration de Périclès, 461-429; la guerre du Péloponèse, 431-404; à la suite de cette guerre Athènes est prise par les Lacédémoniens ; la suprématie passe alors à Sparte. Le retour triomph. deThrasybule,403,mit fin à la domination lacédémonienne ; mais depuis lor3 Athènes fit de vains efforts pour reconquérir le premier rang ; elle résista quelque temps à Philippe ; toutefois elle finit par être assujettie à la Macédoine malgré l’éloquence de Démosthène, 338. Son histoire offre encore quelques alternatives d’indépendance et d'asservissement pendant le partage de l’empire d'Alexandre et sous les rois de Macédoine, 323-168. Elle fut soumise aux Romains, avec le reste de la Grèce, dès 146; ayant voulu secouer le joug lors de la guerre de Mithridate, elle fut assiégée, prise et ruinée par Sylla, 87 av. J.-C. Athènes, anéantie dès lors comme puissance , demeura longtemps encore l’asile des sciences et des lettres. La philosophie et l’éloquence surtout y eurent de dignes représentants et de célèbres écoles : Alexandrie seule lui disputa ce mérite. L’histoire d’Athènes disparaît dans celle des empires romain et grec jusqu’en 1205. A cette époque, par suite de la conquête de Constantinople par les Latins, elle forma avec Thèbes une seigneurie, puis un duché vassal de la principauté d’Achaïe, et qui appartint successivement aux de La Roche et aux Brienne. En 1312, peu après le meurtre de Roger de Flor, leur chef, les Catalans l’enlevèrent à Gautier de Brienne; en 1326, ils se soumirentauroideSicile, Fréd. II. Vers 1370, Renier Acciajuoli de Florence le conquit à l’aide des Vénitiens et d’Amurat I. Enfin Mahomet II dépouilla François Acciajuoli d'Athènes en 1456, de Thèbes en 1460. Athènes est depuis ce temps restée aux Turcs jusqu’à l’insurrection de 1821 : elle. était assez florissante à cette époque. La guerre l’a horriblement dévastée , mais elle se relève de ses ruines. Elle est auj. la capitale du nouvel état de Grèce et la résidence du roi Othon.

Athènes ou athens. Plusieurs villes des Etats- Unis , dans les prov. de Géorgie , Ohio , Alabama, New-York, Maine, Pensylvanie, portent ce nom.

ATHÉNION, esclave de Cilicie, se mit à la tête des esclaves révoltés en Sicile, soutint quatre ans la guerre contre les Romains, et fut tué par le consul Aquilius, 101 av. J.-C.

ATHÉNOPOLIS, colonie de Marseille, devait être située aux environs de Saint-Tropez.

ATLA — 126 — ATM

ATHERSTONE, ville d’Angleterre (Warwick), à 18 kil. N. de Coventry, sur le canal de Coventry; 3,000 hab.

ÀTHERTON ou CHOWBENT , ville d’Angleterre (Lancastre), à 18 kil. N. O de Manchester; 4,200 hab.

ATI! ËSIS, fleuve de la Gaule Cisalpine, auj. I’adige.

ATH1S, ch.-l. de cant. (Orne), à 25 kil. S. 0. de Falaise; 3,850 hab. Fabriques de draps.

ATHLONE, ville et port d’Irlande, dans le comté de Westmeath (Leinster), à 40 kil. S. O. de Mullingar. Prise par les Orangistes en 1691.

ATHOR, déesse égyptienne . femme ou sœur de Fta (dieu du feu et de la lumière), fait partie de la trinité de l’Égypte et préside à l’eau et à la mer. — On la confond quelquefois aussi avec la Vénus des Grecs et avec la planète Vénus.

ATHOS , auj. Hagion oros ou Monte Sanio , (e.-à-d. montagne sainte ), montagne de la Roumélie, par 22° long. E., 40° 9’ lat. N., s’avance en forme de presqu’île entre les golfes de Contessa et de Monte-Santo; elle a 115 kil. de circonférence à la base; 1,940 mètres d’élévation. On v trouve de nombreux couvents qui possèdent des bibliothèques riches en manuscrits. — L’Athos était célèbre chez les anciens, qui le croyaient une des mont, les plus élevées de la terre. Xerxès y fît percer un canal. L’architecte Dinocrate proposa de le tailler de manière à lui donner la figure d’Alexandre. Du temps de Strabon il renfermait 5 villes : Dion, Olophyscus, Acroathon, Zyssus et Cleonæ.

ATHRIBIS, Atrib, ville d’Égypte, dan3 le petit Delta, sur la rive droite du bras du Nil nommé Athribitique. Ce bras séparait le grand Delta d’avec le petit, et tombait dans la Méditerranée sous Tamiathis par la bouche Phatmétique.

ATINA, ville du roy. de Naples (Terre de Labour), à 17 kil. S. E. de Sora; 4,200 hab. Évêché supprimé par Eugène III. Cette ville est très ancienne; elle appartenait aux Volsques et fut une des premières à s’armer contre les Troyens à leur arrivée en Italie.

ATLANTES, grand peuple que les anciens plaçaient en Afrique, dans la partie orient, de l’Atlas, et supposaient s’étendre indéfiniment vers l’O. et le S. Ils nous les montrent comme étant toujours en guerre avec des Troglodytes.

atlantes, habitants de l’île imaginaire de l’Atlantide. Voy. ATLANTIDE.

ATLANTIDE, île ou vaste continent, qui, selon des traditions antiques conservées par Platon (dans le Timée et le Critias), était situé dans l’Océan Atlantique, en face desColonnes-d’Hercule. Les habitants de l’Atlantide avaient conquis une grande partie de l’Afrique et de l’Europe occid., lorsque leur pays fut anéanti par des tremblements de terre suivis d’un déluge. Du reste , l’Atlantide n’est peut-être qu’une île imaginaire. On a voulu voir dans l’Atlantide le continent américain.

ATLANTIDES, filles d’Atlas. Voy. atlas.

ATLANTIQUE (Océan), portion de l’Océan qui s’étend entre l’Europe et l’Afrique à l’E., l’Amérique à l’O. Ce nom ne fut d’abord donné par les anciens qu’à la partie de l’Océan qui baigne l’ extrémité occidentale des monts Atlas. Dans sa longueur cette mer va d’un pôle à l’autre ; sa largeur varie de 3,500 à 6,700 kil. Elle forme à l’E. les golfes de Guinée , de Gascogne , la Manche , la mer du Nord, la mer d’Irlande ; à 10., la mer du Mexique, la mer des Antilles et la mer d’Hudson. Division naturelle, 3 régions : 1° Océan Atlantique boréal, 2° Océan Atlantique austral , 3* Océan Atlantique équinoxial (ce dernier entre les tropiques). Ou y distingue deux grands courants : le courant équinoxial, qui se dirige de l’E. à l’O., depuis le Sénégal jusqu’à l’Yucatan ; le courant dit Gulf-Stream, qui se dirige vers le N. O. CVoy. gulf-stream.)

ATLAS, roi de Mauritanie, fils de Japet et de Clymène, fut, selon la fable, transformé en montagne pour avoir pris parti pour les Titans contre Jupiter, ou pour avoir refusé l’hospitalité à Persée, et fut obligé de porter le ciel sur ses épaules. Cette fable vient, selon les uns, de ce que le roi Atlas était savant en astronomie ; selon les autres, de ce que les anciens regardaient le mont Atlas, qui se trouvait dans les états de ce prince, comme la plus haute montagne du globe, et croyaient qu’il touchait au ciel. On lui donne pour filles les Ilespérides, les Hyades, les Pléiades , dites toutes Atîantides .

ATLAS, célèbre chaîne de montagnes d’Afrique, comprend toutes les hauteurs de la région du Maghreb ou états barbaresques. La ligne principale court du cap Noun, sur l’Atlantique , jusqu’à la grande Syrte, traversant ainsi l’état de Sydy-IIescham, celui de Maroc, l’Algérie, les états de Tunis et de Tripoli. Les sommets les plu3 hauts semblent se trouver à l’E. de Maroc et au S. E. de Fez. Diverses chaînes secondaires se détachent et vont du S. au N. (entre autres celle qui se termine à Ceuta, vis-à-vis de Gibraltar). On divise l’Atlas en deux grandes branches : le grand Atlas, le plus méridional et le plus voisin du désert (il s’étend du cap Noun à la grande Syrte) ; le petit Atlas, plus au N. et plus rapproché de la Méditerranée. Ces deux chaînes sont presque parallèles, et sont unies entre elles par plusieurs chaînons transversaux dont les plus connus sont le Jurjura à TE. d’Alger, et les monts Errifs entre Fez et Maroc. L’Atlas offre plusieurs passages ou portes, dont les plus célèbres sont à 10. le Bebaouan qui conduit à Tarodant dans l’état de Maroc; à TE. le Biban ou Porte-de-Fer, défilé étroit et dangereux, qui conduit d’Alger à Constantine à travers le Jurjura. Les sommets les plus élevés de l’Atlas, situés dans l’empire de Maroc, ne dépassent pas 4,000 mètres. Viennent ensuite les montagnes de l’Algérie, savoir, l’Ouaranseris, 2,800 mètr. ; le Jurjura et le Felizia, environ 2,400. — L’Atlas était fort connu des anciens ; ils le regardaient comme la montagne la plus élevée de la terre, ce qui leur fit imaginer qu’ Atlas portait le ciel sur ses épaule*. Ils connaissaient surtout le Jurjura actuel.

atlas minor, prom. d’Afrique, auj. le cap càntin.

ATOSSA, fille de Cyrus, épousa successivement son frère Cambyse, le mage Smerdis, et enfin Darius, fils d’Hystaspe, dont elle eut Xerxès et Arta» bazane. On la croit la même que la Wasthi de la Bible. — Une autre Atossa, fille d’Artaxerce-Mnémon, inspira à son propre père une passion incestueuse.

ATOUNIS, Arabes qui habitent entre la vallée ds Cosséir et l’isthme de Suez.

ATRATO, riv. de Nouv.-Grenade, confondue à tort avec le üarien, sort des m. de Cboco, coule au N. et tombe dans la mer des Antilles; cours, 350 kil. Elle roule un sable aurifère. Il était défendu sous peine de mort de naviguer sur cette rivière.

ATRËBATES, peuple de Belgique 2*, vers le N., entre les Morini, les Nervii , les Ambiani , les Veromandui, occupaient une partie du dép. actuel du Pas-de-Calais. — On nommait encore Atrebates le ch.-l. de ce pays, dit aussi Nemetacum , auj. arras.

ATRÉE, fils de Pélops, pèredePiisthèneetaïeu d’Agamemnon et de Ménélas, régna sur Argos et My cènes (de 1307 à 1280 av. J.-C.). Thyeste, son frère, avait séduit Erope-son épouse ; Atrée la chassa de sa cour, et pour se venger de son frère, il tua les deux enfants qui étaient nés de ce commerce criminel et les lui fit servir dans un festin. Il succomba lui-même sous les coups d’Egisthe, fils de Thyeste.

ATR1, Hadria , ville du roy. de Naples (Abruzze ultérieure 2*1, à 28 kil. S. E. de Térarno, sur un mont escarpe ; 4,500 hab. Fondée par Adrien au ne siècle , possédée successivement par les Gotlis 1 les Normands et les rois de Naples. Evêché, duché.

ÀTTE — 127 — ATTI

ATRIDES, nom donné aux descendants d’Atrée, et spécialement à ses 2 petits-fils , Agamemnon et M énélaa

ATROPATÈNE, auj. YAderbidjan, province de

l’ancien empire perse, dans la Médiesepl. , reçut son nom d’ Atropatus, lieutenant d’Alexandre le Grand, qui s’y rendit indépendant. Ce pays avait pour ville princ. Gaza ou Gazaca (Tauris). Yoy. àderbidjan.

ATROPOS, une des Parques, tenait le ciseau fatal. Voy. PARQUES.

ATTAKAPAS, ou Mangeurs d'hommes, peuple de l’Amérique du Nord, habitait jadi3 en Louisiane, le long du golfe de Mexique. Aujourd’hui, ce peuple ne compte plus qu’une centaine d’individus. Ils ont donné leur nom à un comté de la Louisiane, à 10. de l’Atchafalaya.

ATTALE 1, roi de Pergame, 241-198 av. J.-C., succéda à Eumène, et agrandit son royaume aux dépens des rois de Syrie. Lors de la guerre de Philippe, roi de Macédoine, contre les Romains, il embrassa le parti de ceux-ci, et resta toujours leur fidèle allié. Attale aimait les lettres : il fonda la uélèbre bibliothèque de Pergame.

ATTALE il, Philadelphe , fils du précédent, monta sur le trône après Eumène son frère aîné, 157 av. J.-C., repoussa Prusias, qui menaçait ses états, rétablit Ariarathe sur le trône de Cappadoee, et bâtit Attalie, Philadelphie, et quelques autres villes. Dans sa vieillesse, il se livra entièrement aux plaisirs de la table, et abandonna les affaires à Philopœmen, un de ses favoris. 11 mourut à 82 ans, l’an 137 av. J.-C., empoisonné par Attale Philométor, son neveu.

attale ni, Philométor, neveu du précédent, monta sur le trône par un crime, 137 av. J.-C., et se souilla de meurtres et de cruautés. Il eut cependant des succès, et repoussa Nicomède, roi de Bithynie. Mais il renonça bientôt aux affaires pour se livrer à son goût pour l’agriculture et le jardinage. Poursuivi au milieu de ses occupations paisibles par »e remords de ses crimes, il perdit la raison, s’enferma dans son palais, ne se revêtant jamais que d’habits de deuil, et mourut misérablement après 5 ans de règne. N’ayant pas d’enfants, il légua son royaume au peuple romain. — Les Attales passaient pour être fort riches, et les richesses attaliques étaient devenues proverbiales.

attale (flavius), sénateur romain, préfet de Rome sous Honorius. Alaric, maître de Rome, le fit élire empereur pour l’opposer à Honorius, 409 ; mai3 il ne tarda pas à le dépouiller de la pourpre. Il tomba en 414 entre les mains d’Honorius, qui lui fit couper les doigts et l’envoya mourir à Lipari.

ATTALIE, auj. Satalieh, ville considérable de l’Asie-Mineure, bâtie par Attale II sur un promontoire de la côte de Pamphylie.

ATTAMAN, chef des Cosaques. Voy. hetman.

ATTANCOURT, village de France (H. -Marne), sur la Biaise, à 11 kil. de Vassy; 400 hab. Eaux minérales,

ATTËR (lac d’), le plus grand lac de l’archiduché d’Autriche , au S. O. de Vocklabruck. 11 donne naissance à l’Ager.

ATTERBURY (François), évêque de Rochester, né àMiddleton en 1662. En 1687, il écrivit une violente Apologie pour Martin Luther , contre les Catholiques

Tomains. Il fut chapelain du roi Guillaume, puis de la reine Anne, et devint évêque de Rochester en 1713; mais s’étant déclaré pour le prétendant, il fut enfermé dans la tour de Londres en 1722, et condamné par la cour des pairs a l’exil. Il se retira en France, et mourut à Paria en 1732. 11 a laissé des Sermons en anglais et d’autres ouvrages estimés. Atterbury fut lié avec les hommes les plus distingués de l’Angleterre, particulièrement avec Pope, nvec lequel il correspondit aürès son exil.

ATTICHY, Auipiacum, ch.-l. de csfaf. (Oise),

40 kil. N. E. de Senlis ; 850 hab.

ATTICUS (T. pomponius), chevalier romain, célèbre par sa liaison avec Cicéron, né à Rome 11(3 ans av. J.-C., mort l’an 33 av. J.-C. Il fut élevé avec Cicéron et resta son ami pendant toute sa vie. Témoin, dès sa jeunesse, des guerres civiles de Marius et de Sylla, il s’éloigna de Rome afin de ne prendre aucune part aux troubles publics, et alla se fixer à Athènes, où il se livra tout entier à l’étude. 11 parvint à parler si purement le grec, qu’on lui donna le surnom d ’Auicus, sous lequel il est principalement connu. Il ne revint à Rome que quand le calme y fut rétabli. Il refusa toujours les emplois publics et resta constamment lié avec les hommes les plus éminents, quoiqu’ils fussent divisés entre eux, tels que Sylla et Cinna, Pompée et César, Antoine et Cicéron, Brutus et Octave. Il eut pour gendre Agrippa. Il jouissait d’une grande fortune et d’un grand crédit, et 11 n’en usa que pour faire réparer les injustices, et pour secourir les victimes des guerres civiles. Il se la;3sa mourir de faim pour se soustraire aux douleurs d’une maladie aiguë. Atticus avait composé des Annales qui ne nous sont pas parvenues; on ne trouve auc. lettre de lui dans le recueil des lettres de Cicéron. Cornélius Népos a écrit sa vie.

atticus tnÉRODE), rhéteur grec, né à Marathon, vers l’an 1 1 0 après J .-C., m. en 186, était fils de Julius Atticus, Athénien qui s'était enrichi tout d’un coup par la découverte d’un immense trésor. Il enseigna avec éclat dans Athènes, et obtint une telle réputation qu’Antonin le choisit pour être précepteur de Marc-Aurèle et de L. Vérus, ses deux fila adoptifs. Il fut fait consul l’an 143, et fut chargé du gouvernement d’une partie de l’Asie et de la Grées. Tl embellit Athènes de monuments magnifiques, notamment de VOdéon, dont il reste de belles ruines. H. Atticus excellait dans l’improvisation. Il avait composé un grand nombre de discours, qui ne nous sont pas parvenus; on trouve une déclamation sous son nom dans le recueil publié à Hanau par Gruter, 1609.

ATTIGNY, Atiiniacum, ch.-l. dccant. (Ardennes), à 11 kil. N. de Vouziers; 1,000 hab. Une des résidences des Mérovingiens de Neustrie. 11 s’y tint plusieurs conciles, entre autres celui dans lequel Louis-le-Débonnaire fit pénitence publique (822).

ATTILA, chef ou roi des Huns, surnommé le Fléau de Dieu , commença à régner en 434, conjointement avec son frère Bléda, dont il se défit au bout de dix ans; se mit en 441 à la tête des Huns qui étaient venus s’établir dans la Pannonie, commença par ravager l’empi/e d’ürient, rendit Théodose-le-Jeune tributaire, puis traversa la Germanie, entra dans les Gaules en 451 , à la tête d’une armée de 500,000 hommes, et pénétra jusqu’à Orléans ; mais li fut repoussé par les troupes réunies d’Aétius , général romain; deMérovée, roi des Francs, et de Théodoric, roi des Goths ; peu de temps après , ces mêmes chefs lui livrèrent, dans les champs catalauniens (près de Châlons en Champagne), une bataille sanglante , où il perdit plus du quart de son armée. Il passa avec le reste en Italie, 452, ruina Aquiléc et plusieurs villes, et marcha sur Rome. Mais le pape S. Léon, étantallé au-devant de lui, l’arrêta tou t à coup par son éloquence et sa majesté. Après avoir exigé un tribut de Temp. Valentinien III, Attila consen tit à ne pas pousser plus loin ses conquêtes, et retourna en Pannonie. Il y m. en 453, la nuitde ses noces. Sa Vie a été écrite p. Olaüs, arcli. d’Upsal, et p. Am.Thierry, 1855.

ATT1QUE, Attica (du grec acté , rivage), contrée de la Grèce, la plus orientale de toutes, entre la mer Égée, la Mégaride et la Béotie , est terminée au S. E. par une pointe qu’on nomme cap Sunium. Athènes en était la capitale. L’Attiqus avait beaucoup de montagnes, des mines d’or tau

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mont Laurlum), de beau marbre (au mont Pentélique). La côte S. O. offrait de beaux ports (' Voy . Athènes). Climat chaud, sec; peu de grains, quantité d’oliviers , figues excellentes. L’Attique ainsi nommée d ’Atthis, fille de Cranaüs, ou d'Actè, rivage, prit le nom d’Ionie quand les Ioniens s’y furent établis. Avant Cécrops, on ne la distinguait guère de la Béotie, et ces deux pays ensemble formaient l’Ogygie ou domaine d’Ogygès.

ATTOK ou ATEK, Taxila, ville de la confédération des Sikhs (Afghanistan), sur le Sindh,qui a dans cet endroit 260 mètres de large, à310kil. de Kaboul. Château-fort bâti par Akbar, 1581. C’est là qu’Alexandre, Timour et Nadir ont passé le Sindh {Indus).

ATTUARII. Voy. chassuarii.

ATUATUCA, ville de Germanie, nommée depuis Tungri , auj. tongres.

ATURES , ville d’Aquitaine , nommée depuis Vieus Julii, auj. aire (Landes).

ATURUS, riv. de Gaule, auj. I’adour.

ATWOOD (Georges), physicien anglais, né vers 1745, mort en 1807, professa la physique à l’université de Cambridge. Il a laissé un Traité sur le mouvement rectiligne et la rotation des corps , 1784; un Cours sur les principes de la physique , 1784, et des Recherches sur la théorie du mouvement des balanciers des horloges , etc, dans les Transactions philosophiques. Il est l’auteur de l’ingénieuse machine qui porte son nom , et dont on se sert pour rendre sensibles aux yeux les lois de la chute des corps.

ATYADES, rois de Lydie. Voy. atys.

ATYS, jeune et beau Phrygien, fut aimé de Cybèle, qui lui confia le soin de son culte, et lui fit jurer de garder la chasteté. Ayant violé son vœu, a déesse, pour le punir, lui inspira une telle fureur, qu’il se mutila lui-même. Il mourut peu après, mais Cybèle lui rendit la vie.

atys , roi de Lydie, vécut dans le xvi® siècle av. J.-C., et fut le chef de la dynastie des Atyades, qui régna de 1579 à 1292, et qui fut remplacée par celle des Héraclides.

AUBAGNE , Albania , ch.-l. de eant. (B.-du- Rhône), à 13 kil. E. de Marseille; 6,900 hab. Excellents vins. L’abbé Barthélemy naquit près de là.

AUBAINE (droit d’), droit en vertu duquel lo souverain recueillait la succession de tout étranger ( aubain , alibi natus ) qui venait à mourir dans ses états sans avoir été naturalisé. Ce droit barbare, qui existait dès les premiers temps de la monarchie française, a été aboli en 1790 par l’Ass. nationale.

AUBAlS(Gard),prcsde Nîmes. Pat.de Desvignoles. AUBE, Alba, riv. de France, naît près de Praslay .-Marne), arrose la Ferté-sur-Aub-0,, Clairvaux, r-sur-Aube, Brienne, Lesmont, Arcis-sur-Aube, etgrossit laSeineàConflans-sur-Aube;cours, 182 kil.

aube (dép. de 1’), entre ceux de la Marne au N., de la Côte-d’Or et de l’Yonne au S. , de Seine-et-Marne à l’O., de la H.-Marne à l’E. : 6,050 kil. carrés; 253,870 hab. Ch.-l., Troyes. Il est formé de la Champagne propre, et d’une petite partie de la Bourgogne. Sol plat, sauf au N. et à l’O. ; presque stérile dans la partie N. qui ne se compose guère que de craie, et qui formait l’ancienne Champagne Pouilleuse ; très fertile au S. Vins, chanvre, navette. Forêts assez vastes. Bétail, moutons, volailles. Pierres de taille, grès à paver, marbre lumachelle, etc. Industrie : tissus divers, draps communs, tricots, oordes de boyau, papeteries, chamoiseries. Commerce en vins, bois de chauffage. — Ce dép. se divise en 5 arr. (Troyes, Bar-sur-Aube, Arcis-sur-Aube, Bar-sur-Seme, Nogent-sur-Seine) ; il a 26 cant. et 447 comm.; il appartient à la Ie division militaire, et à la cour impér. de Paris; il a un évêché, à Troyes.

ÀUBENAS, Albinatium, ch.-l. de cant. (Ardèche), sur l’Ardèche, à 20 kil. S. O. de Privas ; 3,607 hab. Commerce de marrons et de vins. Coll, communal.

AUBENTON, ch.-l. de cant. (Aisne), à 20 kil. g. de Vervins ; 1,200 hab.

AUBER1VE, ch.-l. de cant. (H.-Marne), à 20 kil. S. O. de Langres ; 500 hab. Forges.

AUBERT (l’abbé), fabuliste et critique, né à Paris en 1731, mort en 1814, se fit connaître dès 1756 par un recueil de fables qui eut un grand succès. Voltaire disait des fables intitulées le Merle , le Pa triarche et les Fourmis : « C’est du sublime écrit avec naïveté. » Non moins bon critique que poëte ingénieux, il rédigea, depuis 1752 jusqu’en 1772, la partie critique et littéraire des Petites Affiches, et fl longtemps la fortune de ce journal ; il travailla en suite au Journal des Beaux-Arts et dirigea depuis 1774 la Gazelle de France. En 1773, on créa pour lui, au collège de France, une chaire de littérature française qu’il occupa jusqu’en 1784. L’abbé Aubert publia en 1774, en 2 vol. in-8, une édition de ses Fables, fort augmentée, et accompagnée de ses Œuvres diverses; on y remarque des Contes moraux 6ii vers

AUBÉRV1LLIERS ou NOTRE -DAME- DES - VERTUS, village du dép. de la Seine, à 7 kil. N. de Paris; 1,900 hab. Raffinerie de sucre. Bataille sanglante en 1814. On y voyait une image de la Vierge à laquelle on attribuait des miracles, d’où le nom de Notre-Dame-des-Vertus. Fortconstr. en 1842.

AUBERY (Antoine), écrivain savant et laborieux, né en 1616, à Pari3, mort en 1695, a composé: Histoire des Cardinaux, 1642; Histoire de Richelieu, 1660, qu’il fit suivre de Mémoires sur le cardinal de Richelieu, 1660; Histoire de Mazarin, 1695. Il avait publié en 1667 un traité Des justes prétentions du roi de France sur l'Empire , qui excita des réclamation de la part des princes d’Allemagne ; pour les apaiser, on mit un instant l’auteur à la Bastille.

AUBESP1NE (Claude de l’L baron de Châteauneuf, d'une famille noble de Bourgogne, habile diplomate, fut chargé de plusieurs négociations sous François I et ses successeurs, fut un des plénipotentiaires de France au traité de Cateau-Cambrésis, et attacha son nom à l’assemblée de Fontainebleau où fut rendu un édit de tolérance pour les Réformés (1560), ainsi qu’à la reddition de Bourges (1562). Il mourut en 1567.

aubespine (Ch. de l’), marquis de Châteauneuf, entra dans les ordres , remplit diverses ambassades, et fut fait garde des sceaux par Richelieu en 1630; il servit la vengeance du cardinal en votant la mort des maréchaux de Marillac et de Montmorency. Néanmoins, Richelieu lui ôta les sceaux en 1633 ; jeté en prison , il y resta jusqu’à la mort de Louis XIII. Anne d’Autriche le tira de captivité, et lui rendit les sceaux; mais elle l’exila deux ans après, ce qui le fit entrer dans le parti de la Fronde. Il se réconcilia ensuite avec la cour et fut obligé de céder à Mazarin. Mort en 1653.

AUBETERRE, ch.-l. de cant. (Charente), non loin de la Dronne, à 41 kil. d’Angoulême; 750 hab.

AUBETTE, petite riv. du dép. de la Seine-Inf., se jette dans la Seine à Rouen, après un cours de 13 kil. Ses eaux sont excellentes pour la teinture.

AUBIGNAC (François hédelin, abbé d’), né à Paris en 1604, mort à Nemours en 1676, fut choisi par le cardinal de Richelieu pour être précepteur du duc de Fronsac, son neveu, et fut peu après pourvu de l’abbaye d’Aubignac, dont il conserva le nom. Il se livra à la littérature, et fut en relation avec les plus beaux esprits de son temps. On a de lui la Pratique du Théâtre, 1657, souvent réimprimée, sorte de commentaire de la Poétique d’Aristote, où sont soutenues les trois unités; des romans, et quelques pièces de théâtre, entre autres une tragédie en prose, Zénobie, qui fut représentée sans succès. Il est surtout connu par ses querelles avec Corneille, dont U critiqua avec passion les tragédies, et avec

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Ménage, contre lequel il publia Térence justifié. D’Aubignac est un des premiers qui aient soutenu qu’Iiomère est un personnage chimérique, et que les poëmes qu’on lui attribue ne sont qu’un recueil de pièces détachées

AUBIGNÉ( Théodore-Agrippa d’), un des favoris de Henri I V, néen 1521 au château de St-Maury, près de Pons en Saintonge, était zélé calviniste, et se lia de bonne heure avec le jeune roi de Navarre, qui le prit d’abord pour écuyer ou aide-de-camp et le nomma dans la suite maréchal-de-camp, gouverneur d'Oléron et de Maillezais, et vice-amiral de Guyenne et de Bretagne. 11 est un de ceux qui contribuèrent le plus par leur valeur à placer Henri IV sur le trône; mais il n’en fut pas fort généreusement récompensé. Il avait une franchise et une causticité qui convenaient peu à un courtisan , et il conserva pour le calvinisme un attachement qui semblait condamner la conversion de son maître. Ecarté de la cour après la mort de Henri IV, il composa dans sa retraite plusieurs écrits, dont le principal est! une Hist. depuis 1550 jusqu'en 1601, Maillé, 1616-20 et 1626, 3 vol. in-fol., ouvrage où il parle avec beaucoup de hardiesse. Cette histoire ayant été condamnée par le parlement, d’Aubigné se retira à Genève (1620). Il y mourut en 1638. On a de lui des mémoires sur sa vie sous le titre d 'Hist. de Théodore-Agrippa d’Aubigné, par lui-même. C’estàluiqu'ilfautattribuerles Aventures du baron de Fœneste , 1617, et la Confession catholique du sieur de Saticy (dans le journal de l’Étoile) , satires mordantes contre plusieurs personnages de son temps. 11 avait aussi fait des vers dans sa jeunesse, entre autres un long poëmc satirique intitulé Tragiques , dans lequel on trouve une singulière vigueur. On cite de d’Aubigné un trait semblable à celui de Régulus. Fait prisonnier par Saint-Luc pendant la guerre civile (1585), il obtint sur parole d’aller passer quelques jours à •a Rochelle ; dans l’intervalle, il apprit que Catherine de Médicis avait donné l’ordre de sa mort; il n’en revint pas moins au jour dit. — D’Aubigné fut grand-père de la célèbre Maintenon ; elle était fille de Constant d’Aubigné, son second fils. Ce Constant d’Aubigüé encourut la disgrâce de son père en abjurant le calvinisme et en révélant les secrets du parti.

AUBIGNY, ch.-l. de cant. (Cher), à 44 kil. N. de Bourges, sur la Nère ; 2,600 hab. Truites renommées. Draps communs, etc. Commerce de laine, toile, fils, cire, cuir. Cette ville fut brûlée sous le roi Jean par les Anglais; c’était le ch.-l. d’un ancien comté , qui fut érigé en duché-pairie par Louis XIV en faveur d’un fils naturel de Charles II d’Angleterre et de la comtesse de Portsmouth.

Aubigny, ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais), à 13 kil. E. de St-Pol; 660 hab. Fabriques de calicots.

AUBONNE, jolie petite ville de Suisse (Vaud) , sur une rivière de même nom,àl7kil. S. O. de Lausanne; 1,600 hab. Tombeau de Duquesne.

AUBR1ET, peintre d’histoire naturelle, né en 1651 à Châlons, mort à Paris en 1743, accompagna Tournefort dans le Levant , fit les dessins de ses Éléments de botanique et les figures de son Voyage. A son retour .1 succéda à J. Joubert comme peintre au Jardin-du-Roi, et continua la collection de dessins de plantes sur vélin commencée par Nie. Robert.

AUBR10T (Hugues), intendant des finances et prévôt de Paris sous Charles V, né à Dijon, décora Paris de plusieurs monuments, fit construire le pont au Change, le pont St-Michel , et fit bâtir, entre autres édifices, la Bastille (1369). Il fut lui-même enfermé un des premiers dans cette prison comme suspect d’hérésie. 11 en fut tiré en 1381 par les Maillotins, qui voulurent le mettre à leur tête ; mais il refusa ce dangereux honneur. Il mourut en 1382.

AUBRY (François), conventionnel, né à Paris

en 1750, servit d’abord dans l’artillerie, fut député à la Convention par le département du Gard, en 1792; devint, après la chute de Robespierre, membre du comité de salut public , et dirigea en cette qualité les opérations militaires. Le 18 fructidor an v (4 septembre 1797), il fut déporté à CayenDe par le Directoire ; il parvint à s’échapper, mais il mourut en route, à Démérary (1799).

aubry de Montdidier , chevalier français , fut assassiné en 1371, près de Montargis, par un de ses compagnons d’armes, Richard de Macaire. Le crime, resté quelque temps inconnu, ne fut découvert que par les poursuites opiniâtres du chien de la victime qui s’était attaché aux pas du meurtrier. Le roi Charles Y ordonna un combat en champ-clos entre Macaire et le chien(àl’îleLouviers). L’ass. succomba.

AUBURN , v. de l’état de New-York, à 400 L N. O. de N. -Y. Pénitencier, trav. en comm.H silence.

AUBUSSON, Albutio , ch.-l. d arr. (Creuse), à 40 kil. E. de Bourganeuf, sur la Creuse ; 4,465 hab. Collège. Ancien château, où fut enfermé Zizim. Manufact. royale de tapis, fabrique de gros draps, etc* — L’arr. d’Aubusson a 10 cantons ( Evaux, Auzance, Crocq , la Courtine, Gentioux.Fclletin, St-Sulpice, Chenerailles, Bellegarde, Tdusxâuhusson),115 comm. et 105,106 hab.

AUBUSSON (Pierre d’), grand-maître de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem , né dans la Marche en 1423, mort en 1503, se mit d’abord au service de l’empereur Sigismond et se signala en Hongrie contre les Turcs ; il accompagna ensuite Charles VII au siège de Montereau. Reçu chevalier à Rhodes, il fut élu grand-maître en 1476; il fit aussitôt bâtir plusieurs forts pour la sûreté de l’île, menacée par les Turcs, et soutint en 1480 ce fameux siège auquel Mahomet II employa 100,000 hommes, et que les Ottomans furent obligés de lever après une perte considérable. En récompense de ses services, il fut fait cardinal par Innocent VIII. A la fin de sa vie, il devait commander une nouvelle croisade contre les Turcs; mais l’entreprise ne s’exécuta pas. D’Aubusson a été surnommé le Bouclier de l’Église.

aubusson (François), duc de la Feuillade. Voy.

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