POLO — 1423 — POLO
POLLA (la), ville du roy. de Naples (Principauté Citérieure) , sur le Tanagro ou Negro , à 15 kil. N. O. de Sala; 5,700 hab.
POLLENT1E, Pollentia, auj. Polenza , ville de Ligurie, chez les Statiellates, au S. O. d’Asia et d ’Alba Pompeia , était célèbre par la beauté de ses laines noires (pullœ ). Stilicony battit Alaric en 403. — Une autre Pollentia, auj. la Pollenza , était dans l’île de Majorque.
POLLENZA (la), Pollentia , ville de l'île de Majorque, dans la partie N. E. , à 10 kil. O. d’Alcudia; 7,225 hab. Baie vaste et sûre. Draps noirs; vin, huile. — • fondée, à ce qu’on croit, par le consul Metellus Balearicus.
POLLION , C. Asmius Pollio, orateur romain, passa du parti de Pompée à celui de César, servit Antoine, fut consul en 39 av. J.-C., prit Salone aux Dalmates révoltés, ce qui lui valut les honneurs du triomphe; il chercha vainement à réconcilier Octave et Antoine, et, las des caprices et de l’orgueil de ce dernier, 11 abandonna la carrière politique et se voua aux lettres. Le premier dans Rome il établit une bibliothèque publique. Il mourut l’an 3 de J.-C. à 80 ans , laissant des discours , des lettres , des tragédies , un livre contre Salluste et l’Histoire des guerres civiles de Rome , en 27 livres; on n’a conservé de lui que trois lettres à Cicéron. Pollion fut, comme Mécène, le protecteur et l’ami de Virgile et d’Horace, qui l’ont immortalisé dans leurs écrits : c'est à lui que Virgile adresse sa 4e églogue et Horace la lr* ode du 2' livre.
POLLION (TRJEBELLI US). Voy. TREBELLIUS.
POLLÜX, frère de Castor. Voy. castor.
pollux, Julius Pollux , sophiste et grammairien grec du il* siècle, natif de Naucratis en Egypte, se fit un nom à Rome, et fut un des précepteurs de Commode. Il remplaça comme professeur d’éloquence à Athènes Adrien de Tyr. On lui doit un Lexique en 10 livres, dit Onorhasticou , dont la meilleure édition, due aux soins de Léderlin et Hemsterhuys, a été publiée par Wetstein , Amsterdam, 1706, 2 vol. in-fol. Dans V Onomasticon les mots sont disposés, non dans l’ordre alphabétique, mais selon l’analogie du sens. — Un autre J. Pollux, historien grec qui vivait sous l’empereur Valens en Orient (364), a donné : Historia physica seu Chromcon ab j origine mundi usque ad Valenlis lempora, Munich, 1792, in-8 (trad. en latin par Bianconi, 1799, Ln-f.).
POLO (Marco) ou MARC-PAUL, fameux voyageur vénitien, né vers 1250. Dès 1271, il suivit son père dans une longue eicursion en Asie, et visita aussi la Tartarie, la Chine, diverses contrées de l’Inde, la Perse et l’Asie-Mineure. De retour en Europe, il commanda une des galères vénitiennes pendant la guerre de Curzola, fut pris par les Génois et ne revint dans sa patrie qu’après plusieurs années de captivité. Il dicta pendant ce temps ou fit rédiger la relation de ses Voyages en dialecte vénitien et mourut en 1323. La Relation de MaRco-Paolo est un des plus précieux monuments géographiques que nous possédions, et classe son auteur au niveau des plus illustres voyageurs qui aient jamais existé. Elle a été traduite en latin, en portugais, en espagnol, en italien, en français, en allemand, en anglais. La meilleure traduction française est celle qui forme le tome l du Recueil des Voyages et Mémoires de la Société de géographie publié en 1824, in-4. La lre édition (latine) est présumée être de Venise ou de Rome, 1484, mais elle ne porte ni date ni indice de lieu. La lre édition italienne est de Venise, 1496.
POLOGNE, ancien État de l’Europe, dont les bornes ont beaucoup varié, avait l’ Allemagne à l’O., la Russie à l’E., la Baltique et une partie de la Prusse au N., la Hongrie et la Turquie au S. et s’étendait entre 47° et 58° lat. N., 13° et 30° long. E. : 1 ,2000 kilom. sur 1 ,000 environ (y compris la
rt
Courlande). Il avait pour capitale Varsovie, et comp. tait de 11 à 12 millions d’hab. Outre la Courlande, qui, bien que régie par des ducs, était un fief pololonais, et la Prusse occident. {Voy. prusse), on y distinguait trois grandes masses : la Grande-Pologne, la Petite-Pologne, la Lithuanie, lesquelles étaient subdivisées ainsi qu’il suit :
Posnanie (palatinat de),
Gnesne (palat. de),
Kalich (palat. de),
Sieradie (palat. de),
Vieloun (pays de),
Lentchits (palat. de),
Rava (palat. de),
Brzests en Coujavie (palat. de),
Inovrotelav (palat. de),
Mazovie (palat. de),
Plotsk (palat. de),
Dobrzin (palat. de),
iPomérellie,
Culm,
Marienbourg,
Cracovie (palat. de),
Sandomir (palat. de),
Lublin (palat. de),
Sévérie (duché de),
Podlachie ou Bielsk (pal. de),
Khelm (pays de),
Podolie (palat. de),
Bratslav (palat. de),
Kiev (palat. de),
Volhynie (palat. de),
Vilna (palat. de),
Troki (palat. de),
Minsk (palat. de),
Polotsk (palat. de),
Vitebsk (palat. de), %,
Mstislav (palat. de),
Novogrodek (palat. de),
Brzests en Polésie (palat. de),
Samogitie (duché de),
De cette dernière partie, les palatinats de Vilna et Troki formaient la Lithuanie propre ; les 4 suivants, la Russie Blanche ; Novogrodek, la Russie Noire. — La Pologne n’est guère qu’une plaine immense ; elle est arrosée par plusieurs grands fleuves : la Vistule (grossie par la Varta et le Boug), le Niémen, le Dniestr et le Dniepr (grossi par le Pripeta et la Bérésina). L’air y est froid, mais sain; le sol est inégalement fertile : au S. E. les grains abondent ; la Lithuanie a d’immenses forêts, la Samogitie produit du lin en quantité. Beaux pâturages, bétail, gibier ; élans, bisons, buffles (en Lithuanie et Mazovie), beaucoup de chevaux sauvages (en Ukraine); castors, loutres, ours, loups-cerviers, etc. Cuivre, plomb, fer, houille, immenses mines de sel ( à Bochnia et Wielicza) ; albâtre, marbre, soufre, salpêtre, pierres à chaux et à bâtir. Industrie et commerce à peu près nuis. La population de la Pologne se divisait en nobles (ou ordre équestre), bourgeois, paysans. Ceux-ci étaient presque tous serfs ; les nobles avaient sur eux droit de vie et de mort, et pouvaient seuls posséder des terres. La plupart des nobles pourtant étaient fort pauvres et réduits à vendre leur vote et à s’attacher à la haute noblesse. La forme du gouvernement de la Pologne, dans les derniers siècles de son existence, était très vicieuse; la couronne, d’abord héréditaire, finit par devenir élective (là7 Z) ; elle pouvait se donner à des étrangers; le roi n’avait point le droit de lever des années, de conclure la paix, de former des alliances, de faire de guerre, d’ériger des tribunaux, etc. ; lesloiset l’impôt étaient votés par les diètes, formées de nonces ou députés; l'élection du roi était faite dans des diètes qui se tenaient à cheval, et où tout noble adulte pouvait
Posen.
Gnesne.
Kalich.
Sieradie.
Vieloun.
Lentchits.
Rava.
Brzests.
Inovrotslav.
Varsovie.
Plotsk.
Dobrzin.
Dantzick.
Cuira.
Marienbourg,
Cracovie.
Sandomir.
Lublin.
Siewierz.
Bielsk.
Khelm.
Kamienietz.
Bratslav.
Zitomierz.
VlodzYQiirGrSi
Vilna.
Troki.
Minsk.
Polotsk.
Vitebsk.
Mstislav.
Novogrodek.
Brzests.
Rossiena.
i>OLO — 1424 — POLO
venir et voter ; un seul vote négatif empêchait toute proposition de passer (c’est ce qu’on appelait le vélo, le liberum veto). De là les élections doubles, les nombreuses insurrections dites rokoss. Le sénat, plus puissant que le roi, n’avait lui-même que peu d’autorité. Après ce corps venaient les palatins, les Btarostes et les caslellans qui, peu dépendants du pouvoir central , n'avaient eux-mêmes qu’un pouvoir assez restreint dans les provinces et districts. La religion dominante était la catholique, mais on comptait beaucoup de dissidents (Luthériens, Sociniens, Grecs non unis), qui longtemps furent traités avec intolérance, et surtout beaucoup de Juifs, qui au contraire jouissaient d’une assez grande liberté; aussi a-t-on surnommé la Pologne le Paradis des Juifs. Le clergé catholique était fort riche (il possédait les deux tiers des terres). La langue polonaise est une langue slave.
Histoire. Les pays qui formèrent depuis la Pologne étaient vaguement compris par les anc. dans la Germanie septentr. et laScythie d’Europe. Aux vi*et vu* siècles, ces pays furent envahis par des tribus slaves connues sous les noms de Lettones et de Lèches , qui plus tard furent réunies sous le nom de Polénes ou Polonais , c.-à-d. Slaves de la plaine. Ce n’est guère qu’au vin® siècle que la Pologne commence à former un état unique et à part. A partir de l’an 842, elle est gouvernée par des ducs particuliers, du nom de Piast , qui, plus tard, s’étant soustraits à la suzeraineté de l’empire d'Allemagne, prennent le titre de rois sous Boleslas 1, 1001 ? Le christianisme y avait été introduit auparavant par Miécislas I (vers 965). Le nouveau royaume commençait à prospérer; mais les partages perpétuels du territoire entre les fils des princes, l'anarchie de 1037 à 1042, la guerre civile de Zbignev, la séparation de la Silésie (1168), et la lutte entre Lech-le-Blanc et Miécislas 111 ou son fils (1195-1207), vinrent compromettre son existence. La Pologne se relevait de ces maux, quand l’invasion mongole (1241-1287) lui fit souffrir des pertes incalculables, que suivirent de nouveaux troubles (1295-1306) après la mort de Lech-le-Noir. Sous Vladislas-le-Nain et surtout sous Casimir 111, la Pologne s’agrandit et prospéra. Avec le dernier, finit la ligne aînée des Piast. Louis-le-Grand , son gendre, joignit la Hongrie à la Pologne ; mais après lui, ses deux filles Iledwige et Marie se virent réduites chacune à l’une des deux couronnes. Hedwige, à qui était échue la Pologne, amena la réunion de la Lithuanie et de la Pologne en épousant (1386) le grand-duc de Lithuanie Jagellon, qui se convertit et prit le nom de Vladislas V. Cette réunion, qui ne fut consommée qu’en 1444 et même eu 1569 ( Voy . lithüanie), aida beaucoup à la grandeur de la Pologne : elle en doublait le territoire. La période des lagellons (1386-1 572) fut, avec les quatre-vingts années qui la précédèrent (sous Lech VI, Casimir III et Louis-le-Grand), la plus belle de la Pologne. Pendant ce temps, cette nation donna des rois à la Bohême, à la Hongrie, réunit à la couronne d’anciens grands fiefs qui s’en étaient détachés ; acquit la moitié de la Prusse (la Prusse occident, ou royale), avec suzeraineté sur la Prusse orient, ou ducale, plus la Livonie (1560), qui lui fut assurée par la paix de Kieverova-Horka (conclue avec Ivan IV), puis établit sa suzeraineté sur la Courlande (1 561). Après la chute de l'empire grec, la Pologne résista glorieusement aux tentatives des Turcs, ses nouveaux voisins du Bud. Malheureusement, la féodalité acquérait déplus en plus de force en Pologne : après l’extinction des Jagellons dans les mâles (1572), la royauté fut déclarée élective : Henri de Valois (Henri 111) fut le premier élu; mais, à chaque élection, de nouvelles restrictions, sous le nom de pacta conventa , affaiblissaient de plus en plus le pouvoir; de là, point d’impôt suffisant, point de suite, de concert, ni de secret
dans les délibérations, point d’armée réelle, pas même de fortifications. Les querelles religieuses, qui fur. suscitées par les fauteurs du Protestantisme, îâtèrent encore la décadence de la Pologne : en vain a diète de Wilna (1563) avait-elle décrété la tolérance et accordé aux dissidents les mêmes droits qu’aux catholiques; ce décret fut violé sous les Wasa, et aboli sous Wisnioviecki. Le dernier acte de missance de la Pologne fut son intervention dans es troubles de la Russie à propos d'Otrepief (1605), a prise de Moscou (1611), et le traité de Divilino 1618). Depuis, elle ne fit que rétrograder; elle verdit la suzeraineté de la Prusse orientale ou dusale en 1657; la Livonie en 1660, par la paix d’O iva ; Smolensk, l’Ukraine occid. et la Sévérie en 1667, par le traité d’Andrussof ; la Podolie et Kiev, en 1686, par le traité de Moscou. Suivit la guerre de Carlowitz et la grande guerre du Nord : la première rendit la Podolie à la Pologne, et Sobieski, son roi, y joua un rôle brillant en délivrant Vienne; mais, d’un autre côté, les fautes croissantes de la noblesse et du sénat empêchèrent l’état d’y rien gagner. Pendant la grande guerre du Nord (1700-1721), l’invasion de Charles XII, la lutte entre deux compétiteurs au trône, Auguste (que soutenait le czar Pierre) et Stanislas Leczinski (que soutenait Charles Xll), achevèrent la ruine de la Pologne. Enfin, à la faveur des discordes qui armaient les uns contre les autres les catholiques et les dissidents , les Russes occupèrent la Pologne, et Catherine fit violemment proclamer roi Stan. Poniatowski, son ancien amant (1764). 11 se forme alors contre l’influence russe un rokoss de patriotes, dit Confédération de Bar (1768) ; Louis XV et la Porte prêtent leur appui aux confédérés, mais la chute de Choiseul en France, et les défaites des Turcs rendent vain l’héroïsme des patriotes, et le premier démembrement de la Pologne est décidé. Ce démembrement eut lieu en 1772. La Galicie orientale fut donnée à l’Autriche ; toutes les anciennes conquêtes des Lithuaniens sur les Russes (Russie Blanche, Russie Noire, Livonie polonaise) furent données à la Russie ; la Prusse royale et ses annexes devinrent le lot de la maison de Brandebourg. Ce qui restait porta encore le titre de roy. de Pologne, mais fut de fait province russe. En 1790, pendant la guerre des Suédois et des Turcs contre la Russie, les patriotes polonais opérèrent une révolution, et en 1 79 1 ils promulguèrent une constitution sage, qui abolissait l’absurde veto et fortifiait la royauté; mais la Russie suscita contre eux la conféd. de Targowice (1792), composée de mécontenta polonais, qui prirent les armes au nom de l’ancienne constitution et des anciennes libertés. A la faveur de ces dissensions, un 2e partage eut lieu, en 1793, entre la Russie et la Prusse. Un nouvel effort des Polonais en 1794 amena une troisième lutte plus inégale encore, dans laquelle Kosciusko fit vainement de» prodiges de valeur ; et un 3e et dernier partage s’effectua en 1795. L’Autriche y eut part cette fois, aussi bien que la Russie et la Prusse. La Pologne resta ainsi anéantie pendant douze ans. Après sa première campagne de Prusse (1807), Napoléon, par le traité de Tilsitt, fit de toute la Prusse polonaise et de plusieurs autres provinces de l’ancienne Pologne , le grand-duché de Varsovie (Voy, ce mot), qui comprenait environ les deux cinquièmes de l’ancien royaume de Pologne, et le donna au roi de Saxe, Frédéric-Auguste, petit-fils d’Auguste II, qui avait été déjà élu roi par les patriotes de 1790, mais n’avait point accepté. Depuis cette époque, les Polonais, espérant toujours le rétablissement de leur nationalité, se montrèrent dévoués à l’empereur; ■ leurs soldats combattirent constamment dans les rangs de l’armée française, où ils formaient un corps d’élite (Voy. dombrowski, Jos. poniatowski). Quand Napoléon fut tombé, le congrès de Vienne (1815)