PROC — 1452 — PROC
listes du temps ; il fut le rival des Carrache c « 2° J ules-César, frère de Camille, né en 1548 , mort en 1626, le plus grand peintre de cette famille; — 3° Charles-Antoine, le plus jeune des fils d Hercule, paysagiste et peintre de fleurs, de fruits ; — 4° Hercule le jeune, neveu des précédents, né en 1596, mort en 1676, habile aussi, mais dont la manière se ressent de la décadence de l’art ; — 5° André, né à Rome en 1667, mort en 1734, qui fut employé par Clément XI, puis par le roi d’Espagne.
PROCAS, roi d’Albe (817-796 av. J.-C,), fut père de Numitor et d’Amulius , qui , après sa mort, se disputèrent le trône.
PROC1DA (île), Pithécuse , puis Prochyta chez les anciens, île de la Méditerranée, sur la côte S. O. du roy. de Naples, entre l’île d’ischia et le continent : 10 kil. de tour: 7,000 hab. Ch.-l., Procida, sur la côte S. E. Air sain, sol fertile, fruits exquis.
PROCIDA (Jean de), gentilhomme italien, seigneur de l’île Procida, né vers 1225, s’acquit par son habileté comme médecin la faveur de l’empereur Frédéric II, de Conrad IV, de Mainfroi, qui le comblèrent de biens et l’élevèrent aux dignités. S’étant vu dépouillé par Charles d’Anjou ( après la mort de Conradin ) , il résolut de faire passer la couronne sur la tête de Pierre 111, roi d’Aragon, et ourdit avec un art et des peines infinies une vaste conspiration contre Charles en 1282 , provoqua le massacre connu sous le nom de Vêpres siciliennes , et enleva la Sicile aux Français. 11 devint depuis le conseiller fidèle des princes aragonais de Sicile et mourut très vieux.
PROCLÈS, roi de Sparte, fils d’Aristodème, un des Héraclides qui conquirent le Péloponèse. Il régna conjointement avec son frère Eurysthène à partir de l’an 1186 av. J.-C. Ses descendants prirent de lui le nom de Proclides. On les nomme aussi Eurypontides, d’Eurypon, un des success. de Proclès.
PROCLIDES. Voy. proclès.
PROCLUS, surnommé Diadochus (c.-à-d. successeur), philosophe néoplatonicien, né en 412 àXanthe eu Lycie, selon les uns; à Byzance, suivant son biographe Marinus; alla de bonne heure étudier à Alexandrie, vint à l’âge de 20 ans dans Athènes, où il eut pour maîtres Plutarque, fils de Nestorius, et Syrianus, compléta son instruction par des voyages, succéda, vers 450, à Syrianus dans la direction de 1 école d’Athènes (d’où son surnom de Diadochus ), et attira un grand nombre d’auditeurs. Il mourut en 485. Proclus était également versé dans la philosophie, dans les mathématiques et dans la jurisprudence. Dans la philosophie, il associait aux doctrines de Platon celles d’Orphée, de Pythagore, de Plotin, de Porphyre et de Jamblique, et il cherchait à relever le paganisme par des explications allégoriques ou mythiques. 11 disait que le philosophe est l'hiérophante ou le prêtre de la nature entière, et il célébrait à la fois dans ses hymnes les divinités des nations les plus diverses. Cependant, il combattit avec violence le christianisme. Initié aux pratiques de la théurgie, il donnait dans un mysticisme exalté, plaçait la révélation au-dessus de la science, et substituait à la raison l’extase et la foi ( pistis ). Il accordait une réalité substantielle aux idées de Platon. Proclus avait composé un grand nombre d’ouvrages dont la plus grande partie est perdue : les principaux de ceux qui restent sont : des hymnes (dans les Analecta de Brunck); des traités de la Providence , de la Liberté et du Mal (dont il n’existe que la traduction latine par Guill. de Mœrbeka); Institutions théologiques , Théologieplatonicienne; des Commentaires sur le Timée (incomplet), sur le Premier Alcibiade , Bur ie Parménide , sur la République (quelques fragments), sur le Cratyle; des traités du Mouvement , de la Sphère; des Positions astronomiques ; des Scho- »i€S sur Euclide. Il n’existe aucune édition com¬
plète de? Œuvres de Proclus. La Théologie platonicienne et les Institutions théologiques ont été publiées à Hambourg, gr.-lat., 1618. M. Cousin a publié en 6 vol. in-8, 1819-27, plusieurs de ses ouvrages inédits : les traités de la Providence , de la Liberté et du Mal , ainsi que les Commentaires sur le Premier Alcibiade et le Parménide , etc. Marinus, disciple de Proclus, a écrit sa Vie ; c’est un tissu de merveilles. On doit à Burigny une Vie de Proclus. M. Berger a donné une excellente analyse de Proclus (Paris, 1840).
proclus (saint), patriarche de Constantinople (434-446), fut lié avec saint Jean Chrysostôme, dont il fit transférer les cendres à Constantinople, combattit Nestorius, et jouit d'un grand crédit auprès de l’empereur Théodose II. On le fête le 24 octobre. On lui a par erreur attribué quelques-uns des écrits de Proclus le néoplatonicien.
proclus, chimiste, brûla en 515 la flotte de Vitalien, avec des flèches enduites d’une composition inconnue, dite soufre vif , et qui peut-être n’était autre que le feu grégeois (Ce feu pourtant ne fut un peu connu que vers 668).
PROCONESE, Proconesus,'&\\). Marmara , île de la Propontide, au N. E. de Cyzique , était ainsi nommée à cause du grand nombre des daims (en grec prox ) qu’elle nourrissait, et doit son nom moderne à l’abondance de ses marbres.
PROCONSUL, de pro consule , magistrat romain faisant fonction de consul en certaines provinces. Le premier proconsul fut T. Quinctius Barbatus, en 464 av. J.-C. Sous la république, ce fut longtemps un consul sortant de charge; sous l’empire, c’était presque toujours un personnage étranger au consulat. En droit, il ne devait y avoir au plus que deux proconsuls, comme il n’y avait que deux consuls, et la durée du proconsulat ne pouvait dépasser un an ; mais on finit par augmenter le nombre des proconsuls et par prolonger la durée de leurs fonctions. César fut nommé pour 5 ans proconsul en Gaule; Pompée reçut pour 3 ans le proconsulat des mers. Les proconsuls donnèrent trop souvent l’exemple des concussions, des cruautés et d’une morgue sans égale : leur nom est auj. proverbial en ce sens.
PROCOPE, historien grec, de Césarée en Palestine, tint école de rhétorique à Constantinople, suivit Bélisaire comme secrétaire en Asie, en Afrique, en Italie, devint sénateur et préfet de Constantinople en 562 , et mourut vers 565. On croit qu’il était chrétien. On lui doit 1° une Histoire de son temps, en 8 livres, où il fait le plus grand éloge de Justinien et des personnes de sa cour ; 2° 1 Histoire anecdote (c.-à-d. inédite ou secrète), dans laquelle il désenchante le lecteur sur le compte de Justinien, de Bélisaire, et surtout de l’impératrice Théodora, qu’il avait loués précédemment ; 3° six Discours sur les monuments élevés par Justinien. Tous ces ouvrages sont extrêmement précieux pour qui cherche les faits et non les jugements qu’en porte Procope. Les Œuvres de Procope (grec-lat., 2 vol. iu-foi., 1662 et 63) font partie de la Byzantine Martin Fumée a trad. en franç. i "Histoire et les Monuments, Par. , 1587; M. Lambert, l ’Hist. secrète, 1856.
procope de gaza, théologien et rhéteur grec, qui vivait vers 520, a laissé, entre autres écrits, une Explication des Proverbes de Salomon, un Commentaire sur Isaïe, des Scholies sur les Rois et sur les Paralipomènes , etc.
procope le Grand ou le Tondu , et procope le Petit , fameux chefs hussites, commandaient l’nn aux Taborites, l’autre aux Orphanites. Le premier avait été aide-de-camp de Ziska; souvent il eut le second sous 6on commandement. Parmi ses incursions en Allemagne il faut remarquer surtout celle de 1430: il emmena un butin immense. En 1431, il remporta la victoire de Tauss sur les troupes de l’empire. Son aspect seul faisait fuir l’ennemi. En
PROG — 1453 — PROP
1433, il parut au concile de Bâle. En 1434, enfin, après la séparation des Utraquistes, qui diminuait de beaucoup leurs forces, les deux Procopes furent défaits et tués à Bœhmischbrod.
procope couteau (Michel coltelli, dit), médecin né à Paris en 1684, d’une famille noble de Palerme, mort en 1753, fut destiné à l’état ecclésiastique, embrassa la médecine, mais ne pratiqua guère et fit quelques pièces de théâtre ( Arlequin Balourd , l'Assemblée des Comédiens , les Fées , Pygmalioti, la Gageure , les Deux Dasiles ), et beaucoup de pièces fugitives. — Son père, Fr. Procope, avait établi à Paris, dans la rue de l’Ancienne-Comédie, sous le nom de Café-Procope, le premier établissement de ce genre ; ce café fut longtemps le rendez-vous des gens de lettres.
PROCRIS, épouse de Céphale. Voy. céphale.
PROCRUSTE, fameux brigand de l’Attique, faisait étendre ses hôtes sur un lit de fer, leur coupait l’extrémité des jambes lorsqu’elles dépassaient le lit, et, à l’aide de cordes, allongeait les jambes de ceux qui les avaient plus courtes jusqu’à ce qu’elles atteignissent la longueur du lit. Thésée délivra la terre de ce monstre.
PROCULÉIENS, école de jurisconsultes romains, née au 1er siècle après J.-C. , devait son nom à Proculus, savant jurisconsulte, élève de Labéon, qui vivait sous Néron ; elle avait pour antagonistes les Sabiniens ou Cassiens. Ce qui la caractérise, c’est sa physionomie philosophique et stoïcienne ; elle n’admettait comme base du droit que les principes éternels de la raison, ne marchait que par déductions sévères et absolues, et tendait, comme les stoïciens, à regarder toutes les contraventions à la règle comme égales. Elle n’en rendit pas moins de grands services à la jurisprudence.
PROCULUS, jurisconsulte. Voy. proculéiens.
PROCURATEURS, fonctionnaires romains envoyés par l’empereur : 1° dans les provinces sénatoriales pour y administrer les domaines propres du prince ; 2° dans les provinces impériales considérables, pour y lever les impôts et régir les finances, et dans les provinces impériales moins importantes pour les gouverner à la place d’un propréteur. La Judée avait des procurateurs.
PROCUSTE. Voy. procruste.
PRODICUS, sophiste d’Iulis, dans l’île de Céos, disciple de Protagoras, tint école d’éloquence à Athènes, vers 430 av. J.-C., et n’eut de rival que Gorgias. Il mourut après Socrate. 11 n’existe de ses ouvrages qu’un fragment ou analyse d’une harangue contre la crainte de la mort (dans Y Axiochus de Platon). C’est de lui qu’est l’apologue d’Hercule sollicité à la fois par le Vice et la Vertu.
PROETIDES, filles de Prœtus, ayant osé se comparer à Junon, furent frappées de délire : elles se crurent métamorphosées en génisses. Mélampe seul put les guérir : il exigea pour prix de cette cure ies deux tiers du royaume d'Argos.
PRŒTUS, roi d’Argos, fils d'Abas et frère puîné d’Acrisius. Ennemi mortel d’Acrisius, il lui disputa le trône à la mort de son père, et l’occupa un instant ; mais enfin il en fut chassé et se retira à la cour d Iobate, roi de Lycie, dont il épousa la fille Sthénobée. Revenu ensuite en Grèce, il fit la guerre à son frère, conquit une partie de l’Argolide, et enfin s’empara de Tirynthe où il régna jusqu à la fin de ses jours. Il eut de Sthénobée trois filles nommées Prœtides, et un fils appelé Mégapenthe. On place son règne de 1498 à 1462 av. J.-C.
PROGNÉ, fille de Pandion, roi d’Athènes, et sœur de Philomèle, épousa Térée, roi de Thrace, dont elle eut un fils nommé Itys. Térée ayant fait violence à Philomèle, et lui ayant arraché la langue afin qu’elle ne pût raconter son crime. Progné, qui en fut néanmoins instruite, égorgea le fils qu’elle
avait eu de lui et le lui fit manger dans un festin. Les Dieux la métamorphosèrent en hirondelle.
PROMËTHEE, un des Tilanides, filsde Japetet de Clymène ou de la Terre, et père de Deuealion. Selon les uns, il fit l’homme d’argile et l’anima avec le feu du ciel qu’il avait dérobé; selon d’autres, Jupiter ayant privé les hommes de l’usage du feu, Prométhée ravit le feu céleste au soleil et le rendit aux hommes. Jupiter, pour empocher les hommes d’être ies rivaux des dieux, créa Pandore et l’envoya, munie de sa boîte fatale, à Prométhée ; mais celui-ci, soupçonnant un piège, ne voulut pas la recevoir. Epiméthée, son frère , fut moins prudent, et la boîte ouverte laissa s’échapper la nuée des maux sur l’univers. En punition de l’audace qu’il avait eue de rivaliser avec les dieux en créant l'homme Prométhée fut lié par ordre de Jupiter sur le Caucase, où un vautour lui rongeait le foie, qui toujours renaissait; Hercule vint enfin le délivrer. Eschyle , auteur d’une trilogie de Prométhée , peint ce personnage sous les traits d’un civilisateur.
PRONECTUS, villede Bithynie,auj.KARAMOUSSAL,
PRONIA, riv. de la Russie d’Europe, naît dans le gouv. de Riazan qu’elle arrose , ainsi que celui de Toula, et tombe dans l’Oka, après 225 kil. de cours.
PRONY (Gaspard riche, baron de), ingénieur et mathématicien, né en 1755, à Chamelet près de Lyon , mort en 1839, étudia à l’Ecole des ponts et chaussées, concourut en 1787 à la construction du pont Louis XVI, fut choisi en 1793 par la Convention pour composer de nouvelles tables logarithmiques suivant le système décimal , fut nommé professeur de mécanique à l’Ecole polytechnique dès la fondation, puis directeur de l’Ecole des ponts et chaussées; fit de 1803 à 1812 d’importants travaux en Italie , améliora les ports de Gênes , Ancône, Venise, tenta le dessèchement des Marais Pontins ; s’occupa aussi avec succès de prévenir les débordements du Rhône (1827), et reçut en récompense le titre de baron (1828). Prony était membre de l’Académie des Sciences. Ses principaux ouvrages sont : Architecture hydraulique , 1790- 1796, 2 vol.in-4; Mécanique philosophique, 1800; Cours de Mécanique concernant les solides y 1813; Description hydrographique et historique des Marais Pontins , etc.
PROPAGANDE ou Congrégation pour la propagation de la foi catholique , établissement fondé à Rome en 1622 par Grégoire XV, et composé de 13 cardinaux, trois prélat» et un secrétaire. Elle a la direction des missionnaires , et de tout ce qui peut intéresser l’extension de la foi chrétienne. A celte congrégation a été joint par Urbain VIII le séminaire apostolique, dit Collège de la Propagande , grande pépinière de missionnaires, et rendez-vous de séminaristes géorgiens, persans, nestoriens, jacobites, melehites, coptes, abyssins et arméniens.
PROPERCE, Sext.Aur.Propertius, né, à ce qu’on croit, à Mévanie (Ombrie),v. 52 av. J.-C. , m. l’an 12 av. J.-C., était fils d’un proscrit qui périt victime des guerres civiles. Il étudia légèrement le droit à Rome et fut destiné au barreau, mais il préféra la poésie. Il acquit l’amitié de Mécène, qui le chargea de composer une épopée à la gloire d Auguste; mais, peu fait pour un genre si élevé, il ne composa guère que des élégies, et immortalisa dans ses \ers sa maîtresse Cynthie. Properce est plein de feu , de vivacité , mais la multitude des comparaisons, des métaphores, des allusions savantes fatigue le lecteur et le rend très difficile à lire. Ses Élégies forment 4 livres ; elles ont été publiées pour la première fois à Home en 1472. La meilleure édition est celle de Hetzberg , Halle , 1843 (qu’avaient précédée les éditions de Brouckhusius , 1702; Burmann, 1780; Kuinœl,1805;Lachmann,18l6).Les JPtëg.ontététrad. en prose par Delongchamps, 1772 et «801 ; par La 8 oussaye, 1 785, J . Genouille. 1 834 (dans la Bibliothè -